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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 17:48
Saint Roch peut vous "en faire baver"

Les messes et les processions en l'honneur de Saint Roch se déroulent d'année en année sans anicroche et sans surprise. Il est donc étonnant d'écrire que l'on peut "en baver" à cette occasion.

Pourtant, cette expression a bien été accouplée au protecteur de Poggiolo par Ghjuvan-Ghjaseppiu FRANCHI dans les colonnes de "La Corse, Mon Hebdo" le 30 avril 2010. Dans le cadre du dictionnaire français-corse qu'il remplissait semaine après semaine, l'écrivain, ancien directeur de la revue "RIGIRU", en était arrivé au verbe "baver" qui, de façon familière, donne l'expression "en baver" et "en faire baver à quelqu'un" qui se dit: "falli vede a San Roccu in lu stagnarone". Littéralement: "lui montrer Saint Roch dans un récipient étamé".

Pour comprendre cette curieuse expression, le rédacteur citait l'explication donnée par le grand universitaire Fernand ETTORI (1919-2001) dans son ouvrage: Anthologie des expressions corses, éd. Rivages, Marseille, 1984.

Saint Roch peut vous "en faire baver"

"Aux fêtes patronales, arrivaient des ermites portant sur la poitrine, suspendu au cou, une sorte de petit cadre en bois dans lequel était exposée, sous verre, l'image du saint qu'ils servaient, le plus souvent saint Roch. Ces cadres s'appelaient "paci" (paix); d'où le nom de "paciaghji" (porteurs de paix) donné dans le sud de la Corse à ces ermites qu'on appelait ailleurs "rimiti".

Moyennant aumône, chacun était admis à baiser l'effigie du saint, tandis que l'ermite effaçait, à chaque fois, avec un chiffon la trace des lèvres. On glissait l'aumône dans une sorte de tronc en fer blanc appelé "stagnalonu" par analogie avec le seau du même nom.

Vénérer ainsi saint Roch était gage de prospérité, mais si quelque jeune impertinent faisait mine d'esquiver l'aumône, l'ermite, furieux, menaçait de le prendre par les cheveux et de lui plonger la tête dans le bidon pour lui faire voir saint Roch".

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 07:59

Cette année, des animations et des jeux pour enfants sont prévus pour le 16 août à partir de 9 h 30 devant la salle des fêtes de Poggiolo . La messe aura lieu à 17 h.

Du nouveau pour saint Roch

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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 18:01
Les 15 et 16 août dans les villages

La fête de la Vierge Marie et le jour de Saint Roch sont l'occasion de nombreuses fêtes dans nos villages à la mi-août.

Vendredi 15 août, des messes de l'Assomption seront notamment célébrées à Vico et à Soccia à 11 h, avec une procession à 21 h 30.

Samedi 16, la Fiera di San Roccu di Rennu débutera par la messe traditionnelle à 10 h. Pour le programme des deux jours de cette Foire, consulter le programme à l'adresse:

http://inseme-bulletin.hautetfort.com/media/02/02/3378024614.jpg

.

MAIS SURTOUT N'OUBLIONS PAS POGGIOLO:

SAMEDI 16 À 18H: MESSE ET PROCESSION

SUIVIE D'UN BON MOMENT DE CONVIVIALITÉ:

- APÉRITIF OFFERT PAR LA MUNICIPALITÉ

- ACCOMPAGNEMENT SALÉ ET SUCRÉ À L'INITIATIVE DES HABITANTS DE POGGIOLO ET DE GUAGNO-LES-BAINS.

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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 18:00

Les lacs ne sont pas toujours les repaires des démons. Même le lac de Crena (ou de Creno), après que Satan en eut été chassé (voir l'article Les légendes de chez nous (1/7): Le lac de Satan), abrite plusieurs fées dont la reine intervient dans le conte ci-dessous.

Cette histoire était racontée dans plusieurs endroits de Corse. Elle a donc plusieurs versions. Certaines localisent la famille de Francescu à Orezza et non pas dans le Niolu. D'autres citent la localité de Cervione, au lieu de Mariana, comme la ville du jeu. Mais il est évident que la seule véritable version que peut être que celle qui concerne les Deux-Sorru!

Le texte est celui de l'"Almanach de la mémoire et des coutumes de la Corse" écrit par Claire TIÉVANT et Lucie DESIDERI (Albin Michel, 1986) et dont sont extraites les deux premières illustrations.

FRANCESCU RENCONTRE LA FÉE

Les légendes de chez nous (7/7): la fée du lac

Un beau jour, en temps de disette dans le Niolu, un pauvre père de famille dut déclarer à ses douze enfants qu'ils devaient quitter la maison paternelle pour aller gagner de par le monde le pain que le pays ne pouvait leur procurer. Le pauvre petit Francescu, cadet de la famille, se mit à pleurer à chaudes larmes. Comment pourrait-il suivre ses frères, lui qui était boiteux? Le père consola l'enfant, fit promettre à ses fils aînés de ne jamais abandonner leur petit frère et la mort dans l'âme, dit adieu à ses enfants. Ceux-ci décidèrent de gagner Bunifaziu (Bonifacio) afin de s'embarquer pour la Sardaigne. La route était longue et Francescu les retardait. Ils convinrent donc de l'abandonner. Lorsqu'ils atteignirent Bunifaziu, le temps se couvrit. Ils embarquèrent et la tempête se leva. Le bateau fit naufrage et les onze frères périrent en même temps. 

Les légendes de chez nous (7/7): la fée du lac

Mais retrouvons Francescu qui, délaissé en chemin, avait tant pleuré ses frères qu'il s'était endormi. Lorsqu'il s'éveilla, une vieille femme était assise à ses côtés et il réalisa soudain que sa jambe était miraculeusement guérie. Il comprit alors que la vieille femme avait profité de son sommeil pour lui frotter la jambe avec des herbes merveilleuses, et il lui manifesta une émouvante reconnaissance.

Touchée par la bonne nature de ce garçon, la vieille femme reprit donc son apparence de fée et, avec une grâce infinie, avoua à Francescu qu'elle était la reine des fées du lac de Creno, et proposa, avant de disparaître, de lui accorder deux bienfaits. Francescu obtint ainsi un sac dans lequel pouvait entrer tout ce qu'il désirait, et un bâton qui faisait toutes ses volontés. A peine les avait-il en main que la belle fata disparut. Francescu demanda à son sac une perdrix rôtie qu'il dégusta séance tenante.

Une fois restauré, le garçon décida que ses pas le mèneraient à Mariana. Combien de fois n'avait-il pas entendu raconter que là-bas, tous les joueurs de Corse et d'Italie venaient jouer leur fortune? On disait encore que le diable, sous l'aspect d'un élégant jeune homme, y était le maître du jeu et que nulle victime, attirée là par l'appât du gain, ne savait lui résister. Ainsi donc, le diable achetait son âme et chaque jour, il trouvait une nouvelle proie. 

LA PARTIE DIABOLIQUE

Fort de son sac et de son bâton, Francescu se dirigeait d'un pas sûr en direction de Mariana. Arrivé aux portes de la ville, Francescu commanda : « Cent mille écus dans mon sac ! » et aussitôt les écus pesèrent de tout leur poids dans le sac. Le diable qui avait l'apparence d'un beau jeune homme n'avait pas tardé à repérer Francescu aux tables de jeu. Il lui proposa de jouer avec lui et, trois jours durant, ne cessa de gagner.

Les légendes de chez nous (7/7): la fée du lac

Au bout de trois jours, le diable pensa que son adversaire était sur le point d'être ruiné. Il lui proposa donc, s'il voulait recouvrer sa fortune perdue, d'aller violer la jeune fille qu'il lui désignerait. Ainsi achetait-il les âmes ! 
« Saute dans mon sac », s'écria Francescu. Et le diable se retrouva aussitôt prisonnier dans le sac magique. Alors Francescu ordonna à son bâton de frapper le sac sans relâche. Le diable finit par crier grâce et accepta de rendre la vie à tous les jeunes hommes qui, ruinés par ses soins, s'étaient donné la mort de désespoir. Enfin, Francescu donna à chacun d'entre eux une petite somme d'argent pour quitter la ville et aller gagner honnêtement sa vie. Sa mission accomplie, Francescu décida de rentrer au pays. 

LE BON USAGE DE LA MAGIE

En chemin, il corrigea un certain docteur Brancaziu qui refusait de soigner un malheureux vieillard. Puis il arriva chez lui, dans le Niolu. Là, la famine qui l'avait jeté sur les routes avec ses frères continuait à sévir cruellement. Francescu ouvrit une auberge : grâce à son sac et son bâton, il put offrir deux repas par jour aux villageois, jusqu'à ce que l'abondance revînt. Alors il cessa ses largesses pour ne pas rendre son entourage paresseux. On ne peut dire que Francescu vécut heureux. Regrettant ses onze frères, il eut beau essayer de les faire rentrer dans son sac en les nommant un à un, il n'y recueillit que des os. 

Francescu vécut longtemps. Lorsqu'il fut très vieux, la mort vint le trouver. Mais souhaitant revoir une dernière fois la bonne fée qui avait favorisé sa vie, il demanda à la mort de lui accorder un délai. Devant son refus obstiné, le vieux Francescu usa une dernière fois de son pouvoir : 
« Saute dans mon sac », dit-il à la mort. Et celle-ci se trouva prisonnière dans le sac.

Les légendes de chez nous (7/7): la fée du lac

La reine des fées du lac de Creno lui apparut alors, toujours d'une égale beauté. «Tu as fait si bon usage du sac et du bâton, Francescu, dis-moi comment je puis te récompenser; je peux t'offrir la jeunesse, la richesse, le pouvoir, tout ce que tu désireras». Mais le vieux Francescu s'estimait rassasié de jours. Il demanda donc à la bonne fée que la Corse fût débarrassée à jamais des Sarrasins. Le vœu accordé, la fée disparut pour toujours. 

Quant à Francescu, il prépara un bon feu pour réchauffer ses pauvres membres déjà froids et, libérant la mort, il jeta son sac et son bâton dans le feu, craignant qu'on n'en fit mauvais usage. Et le feu n'était pas encore éteint que la mort était venue faucher la vie du brave Francescu. 

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9 août 2014 6 09 /08 /août /2014 18:02

Avec ses 41 kilomètres, le Liamone est un long fleuve pour la Corse. Prenant sa source près de Letia, sur le versant ouest du massif du Cimatella, il descend vers le golfe de Sagone après avoir traversé tout le canton des Deux Sorru. Le Fiume Grosso qui passe à Guagno-les-Bains est un de ses principaux affluents.

Ce cours d'eau qui paraît tranquille l'été connaît de fortes variations de débit en fonction des pluies et des saisons. Le phénomène de la fiumara est particulièrement impressionnant (voir l'article Gare à la fiumara).

Chaque année, les rives du Liamone connaissent des événements dramatiques (voir les articles Hélitreuillage à Zoicu et Mort dans le Fiume Grosso).

Mais savez-vous que l'origine de ces dangers vient d'un pacte avec le Diable?

Daniela RADUT le raconte dans son livre "Vivant entre deux mondes" paru en 2013 (ed. Société des Ecrivains).

 

 

Golu, Tavignanu et Liamone étaient trois frères, nés dans les montagnes de l’île.

Les légendes de chez nous (6/7): l'insouciance tragique du Liamone

Un jour, comme ils ne pouvaient plus se résigner à continuer à vivre dans le terrible froid qui s'était installé dans les montagnes, les trois frères ont décidé de descendre vers les plaines, à la recherche d'un endroit avec des températures plus douces et c'est pour ça qu’ils sont partis, chacun sur un chemin, pour se réunir de nouveau, tous les trois, à un certain point sur le rivage.

Golu et Tavignanu ne perdirent pas de temps, ils descendaient donc le plus vite possible de la montagne et, en un temps assez court, ils atteignirent le lieu de rencontre prédéterminé. Ce ne fut pas la même chose avec Liamone qui, après avoir erré à travers les montagnes et les vallées, tout à coup, s'est rendu compte qu'il était très en retard et ne serait pas en mesure d'atteindre le point de rencontre au bord de la mer, selon leur décision prise avant le départ. Alors, un grand désespoir l'envahit, car il ne savait pas comment tenir sa promesse envers ses frères. Ce fut pour Satan le moment propice, très attendu, et il s'est présenté immédiatement devant Liamone, lui proposant une transaction simple mais horriblement cruelle: lui, Satan, permettrait à Liamone d'arriver à temps au point de réunion avec ses frères sur le rivage et, en échange de cela, Liamone donnera à Satan une âme chaque année. N'ayant pas le choix, Liamone accepta l'accord.

Donc, c'est comme ça que la légende corse explique pourquoi, dans les eaux de la rivière Liamone, ou dans les eaux de l’un de ses trois affluents, Catena, Fiume Grossu ou Cruzzini, chaque année, se noie au moins une personne, son âme étant le prix payé par Liamone à Satan.

Malgré son pont ultra-moderne, l'embouchure du Liamone reste dangereuse.

Malgré son pont ultra-moderne, l'embouchure du Liamone reste dangereuse.

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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 17:55
San Lurenzu

Le patron du village de Murzo est saint Laurent. Le jour de la fête de ce saint, le 10 août, est donc toujours bien mis en valeur.

Les festivités commenceront samedi 9 août par une procession aux flambeaux à 21 h 30.

Dimanche 10 août, la messe sera à 10 h 30.

Des jeux pour enfants seront proposés à partir de 17 h 30.

La journée se terminera par un bal (D. J. Xavier Paoli) qui débutera à 22 h.

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 17:59

L'article sur "La nuit des mazzeri" (Les légendes de chez nous (4/7): la nuit des mazzeria mentionné Dorothy CARRINGTON. Il est indispensable de connaître cette grande dame qui joua un rôle important dans le lancement de l'archéologie et de l'ethnologie de la Corse.

Dorothy, l'Anglaise ensorcelée par la Corse

"Lady Rose, l'insulaire", un reportage de France 3 réalisé en 2006, montre la vie aventureuse de cette Anglaise de la haute société qui se voua à une île qui n'était pas la sienne jusqu'à son décès en 2002.

Cette vidéo de 52 minutes insiste sur le voyage de 1948 et le choc de la révélation des statues-menhirs de Filitosa, alors totalement inconnues.

Dessins de Francis ROSE, images de vieux villages, paysages de ce Niolu que Miss CARRINGTON sillonna si souvent à pieds, illustrent les passages de ses livres et d'anciennes interviews. Il faut voir (à partir de la 17ème minute) les extraits d'un film sur la foire de Casamaccioli en 1948.

Les mazzeri sont présentés au bout de 45 minutes. Pour l'infatigable Britannique fascinée par la Corse, le mazzérisme, auquel elle consacra un livre, n'est pas une légende mais la survivance d'une croyance traditionnelle.

 

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6 août 2014 3 06 /08 /août /2014 17:44

Dans les Deux Sorru, après le mois de juillet qui est dominé par le Festival de Musique, le mois d'août se caractérise par les "débats de l'été" qui se déroulent dans l'enceinte du couvent Saint-François de Vico. Dans ce haut lieu spirituel et intellectuel, des universitaires, des écrivains, des journalistes, des hommes politiques se rencontrent pour débattre entre eux et avec le public sur des questions qui concernent la Corse. 

Voici les thèmes qui vont alimenter la réflexion des participants de cette année:

 
- Vendredi 8 août à 21 h

 Soirée inaugurale sur le thème:

"QUELLE PLACE EN CORSE POUR UNE ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE?"

Intervenants:

 . Xavier Péraldi, économiste, maître de conférences à l'Université de Corse;

. Paul-Jo Caïtucolli, conseiller général, Président de la F.R.E.S.C.

 

- Mercredi 13 août à 21 h

"2014, ANNEE DU CENTENAIRE DE LA GUERRE DE 14-18. UNE MEMOIRE TOUJOURS VIVE."

Intervenants :

. Véronique Emmanuelli, journaliste;

. Pauline Vittori Sallembien, écrivain;

. Hubert Lenziani, écrivain.

Les débats de l'été 2014

- Vendredi 22 août à 21 h 

"OÙ EN EST LA DEMOGRAPHIE DE LA CORSE? CONSTATS ET PERPECTIVES."
Intervenants:

Jacques Orsoni, professeur émérite des universités, docteur d'Etat;

. Noël Pinzuti, écrivain, conservateur honoraire des Archives Départementales de la Corse du Sud. 

 

- Vendredi 29 août à 21h : soirée de clôture 

"LA NON-VIOLENCE ACTIVE, QUEL SENS POUR LA CORSE?".

Intervenant : Jean-François Bernardini, créateur du groupe l Muvrini, et créateur de la Fondation UMANI. 

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 17:02

Au Sud, face aux villages d'U Pighjolu et d'A Soccia, le sommet du Tretorre attire tous les regards. Il a la forme d'un grand rocher arrondi, si bien arrondi que des enfants le voyant pour la première fois le comparent souvent spontanément à la carapace d'une tortue.

Les légendes de chez nous (5/7): les trois tours du Tretorre
Les légendes de chez nous (5/7): les trois tours du Tretorre

Pourtant, ce nom de Tretorre, qui signifie "trois tours", se justifie. Les trois tours existent bien mais il faut être de côté, comme à Guagnu qui est plus au Nord-Est, pour apercevoir les différentes éminences provoquées par la jument guagnaise du Diable. On pourrait même en compter quatre mais trois reste le chiffre officiel.

Photo extraite du blog http://corse-sauvage.com/

Photo extraite du blog http://corse-sauvage.com/

Le récit de cette cassure se trouve dans l'incontournable "Almanach de la mémoire et des coutumes de la Corse" écrit par Claire TIÉVANT et Lucie DESIDERI (Albin Michel, 1986):

     Satan a laissé de nombreuses traces de son passage dans le paysage corse, comme c'est le cas au sommet du mont Tretorre : La légende raconte qu'à l'origine, le mont Tretorre, entre Azzana et Guagnu, avait un sommet d'une seule pièce. Ce fut le passage de Satan qui le divisa en trois grosses tours de granite. Voici comment cela se produisit:

     Dans la vallée du Cruzzini, au lieu-dit Pantanu, vivait un berger solitaire. Un soir, à la tombée de la nuit, alors qu'il se préparait à rentrer son troupeau, Orsu-Maria fut intrigué par l'attitude de son chien qui vint se blottir plaintivement contre lui. Une angoisse insaisissable monta en lui lorsque apparut au détour du chemin un cavalier fort élégant monté sur une superbe jument blanche. L'homme à la barbe rousse et aux yeux verts étincelants se rendait dans la pieve de Vivariu mais, surpris par la nuit, mandait à Orsu-Maria de bien vouloir lui accorder son hospitalité.

     Malgré sa méfiance, Orsu-Maria accepta de bon cœur: un Corse ne refuse jamais l'hospitalité. Il alluma un bon feu dans la bergerie et, mettant à l'aise son hôte, alla rentrer la jument à l'écurie. Quel ne fut pas son étonnement d’entendre l’animal proférer les paroles suivantes :

 « - Méfie-toi de mon maître, Orsu-Maria. Folle fille de mon vivant, moi, Bianca de Guagnu, en punition de mes péchés, je suis devenue le coursier de Satan. Demain, nous  emporterons en enfer les âmes des mauvais chrétiens. N'oublie pas de te signer ce soir, avant de partager ton lait de brebis et tes châtaignes! »

     Tout ébahi, Orsu-Maria retourna auprès de son hôte. Suivant le conseil de la jument, Orsu-Maria se signa avant de partager son souper. Alors, au même instant, l’élégant visiteur se métamorphosa et reprit sa forme de diable aux pieds fourchus et tête cornue. Fou de rage, il enfourcha sa monture en rugissant:

« Ah ! Bianca, garce sans cervelle, tu m’as trahi; je vais te donner la plus belle course de ta vie éternelle ».

     Sous les coups de trident et d'éperons, la malheureuse jument, la bouche en sang, bondit à travers la pinède et, entourée d'une nuée de lagramanti (les génies des tempêtes), de mazzeri (les âmes des magiciens et des sorciers) et de streghe aux ailes de chauves-souris, elle s'élança avec son cavalier fou, faisant ébouler d'énormes roches, imprimant sa cuisse dans la falaise du Lancone où coule une cascade, et finalement, atteignant le sommet du Tretorre sur lequel, en une dernière ruade d'une violence incroyable, elle fendit la roche en trois énormes blocs avant de disparaître dans un éclair fulgurant.

     Cette nuit-là, dans tous les hameaux, on pria avec ferveur. Et, au matin, on découvrit que le sommet de la montagne était divisé en trois blocs qui ressemblaient à des tours. On l'appela désormais Tretorre. 

Le Tretorre n'est plus diabolique et ses pentes raides n'empêchent pas les randonneurs comme Hervé Calderoni d'atteindre son sommet (photo du 15 août 2012).

Le Tretorre n'est plus diabolique et ses pentes raides n'empêchent pas les randonneurs comme Hervé Calderoni d'atteindre son sommet (photo du 15 août 2012).

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 18:00
Au dos de son âne

Vieilles pierres, panorama sur la montagne... bienvenue à Soccia. Dominique Corieras vous donne rendez-vous au-dessus du village, au lieu-dit « A Croce Maiò ».

Préparez-vous à monter pour découvrir le lac de Creno, l'un des plus beaux lacs de Corse. Pour vous, l'ascension se fera de façon très originale, puisqu'elle s'effectuera ni à pied, ni en cheval, mais à dos d'âne ! Dominique vous briefe sur votre comportement à avoir lors de la balade. Pas grand-chose à faire: votre compagnon vous berce au pas dans cette forêt de pins Larrici.

Le parcours est totalement ombragé, un véritable luxe en plein été. Vous profitez à l'extrémité du lac d'une vue imprenable sur la vallée. Après avoir dépassé quelques bergeries et la fontaine de Veduvella, vous faites une petite halte pour un pique-nique bien mérité sur les rives du lac. Autrefois, le site abritait un véritable petit hameau peuplé d'agriculteurs dont il reste encore les vestiges. De nombreux murs et des traces d'irrigation témoignent de la présence passée des cultures. C'est déjà l'heure du retour. Surtout n'oubliez pas de brosser votre âne à votre arrivée, histoire de le remercier!

(texte publié sur le site http://balado.planet.fr/idee-balade/corse/corse-du-sud/a-stalla/idb/9158)

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
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