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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 18:08

voceri   Le livre du docteur A. L. A. FÉE sur les voceri (voir article "Voceru sorrinesu") comprend une première partie intitulée "Une excursion", dans laquelle l'auteur décrit la visite qu'il fit en Corse pendant l'année 1845.

   Vico y est décrit avec sympathie. Par contre, pour Guagno-les-Bains, les bâtiments sont qualifiés de "mesquins, groupés sans symétrie et généralement incommodes". La cure est efficace mais il y a peu de distractions pour les baigneurs et, en partant, "on a connu l'ennui mais point le regret". Décrivant la population locale, Monsieur FÉE écrit au sujet des femmes: "j'ai vu peu de jolies figures". Même s'il atténue la critique en ajoutant: "mais les traits sont réguliers et les yeux ont de l'expression et de la vivacité", la critique est dure.

   Heureusement, le jugement sur la gent féminine de chez nous n'a pas été le même dans tous les écrits de cette époque.


   En 1900, est paru "Soixante ans de la vie d'un prolétaire", écrit par X. EPAGEL prolétaire(pseudonyme de Constant LEPAGE), qui racontait sa propre vie.

   Né en 1825 au HAVRE, fils de riche industriel, il passa par de très nombreux métiers avant de finir professeur de dessin. Ce qui nous intéresse est le moment où, engagé dans l'armée et en garnison à Belfort, il fut atteint de malaises. Le médecin l'envoya suivre une cure de six mois à Guagno-les-Bains où il arriva en mai 1846, un an après A. L. A. FÉE. Cette prescription prouve la renommée nationale qu'avait alors la station thermale. 


   Il ne s'y ennuya pas car, à partir de l'hôpital militaire de St Antoine, il faisait une promenade quotidienne de l'autre côté "d'une petite rivière, charmante dans ses allures pittoresques et traversée par un pont conduisant de l'autre côté à un monticule assez élevé aussi (aussi élevé que celui où se trouvait l'hôpital militaire) et garni de sapins. Cet ensemble offrait une perspective de toute beauté. Il y avait un endroit d'où la vue était admirable". Ceux qui connaissent les lieux pourront chercher à retrouver cette émotion.


   Un jour, avec un zouave de ses amis, il arriva dans une petite ferme. Sa localisation n'est pas donnée mais elle n'était pas très loin car l'auteur indique qu'il existait, à proximité du hameau, un "cordon de limite", c'est-à-dire un périmètre que les soldats n'avaient pas le droit de dépasser.

   "Dans la ferme où nous sommes entrés, la mère et ses filles n'avaient pour tout vêtement qu'une longue chemise de toile écrue, allant jusqu'aux pieds: l'aînée des filles avait bien dix-huit ans (...).

   Ce petit peuple est hospitalier. On nous reçut très bien dans cette ferme (...). L'aînée des filles était grande et belle et contrastait singulièrement avec son entourage, elle me faisait l'effet d'une perle perdue dans un fumier! Plus d'une fois, elle est revenue dans mes souvenirs lorsque, jeune artiste, j'étais à la recherche d'un type accompli.

   Aujourd'hui, vieux philosophe, elle m'apparaît encore comme le plus bel idéal que j'aie pu rêver. Pure imagination! me direz-vous, puisque je ne l'ai pas vue dans le simple costume d'Eve? Peut-être! Laissez-moi à mes rêves!!!"


   Mais les rêves ne résistèrent pas à la réalité la plus matérielle. Sa cure terminée, notre héros rembarqua pour le continent. Il était chargé des provisions pour son groupe.

   "Si la jolie fille de Guagno avait frappé mon imagination, un magnifique homard, que j'avais payé trente-cinq centimes, avait touché ma sensualité; surtout quand je l'eus transformé, dans les réservoirs d'eau bouillante de la chaudière du bateau, en superbe cardinal de la mer!

    "Voilà deux souvenirs de Corse que je n'oublierai jamais: Une belle fille inestimable et un beau homard pour presque rien."

 

   Heureusement que la jeune fille n'en sut jamais rien. Elle aurait eu le cœur brisé de se savoir préférer un homard!

http://imblog.aufeminin.com/blog/D20080227/287112_143790840_coeur-brise_H153628_L.jpghttp://imblog.aufeminin.com/blog/D20080227/287112_143790840_coeur-brise_H153628_L.jpghttp://www.secrets-de-filles.fr/wp-content/uploads/coeur-brise.jpg

   En tout cas, nous pensons comme Enrico MACIAS: "Ah! Qu'elles sont jolies, les filles de mon pays".

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 17:31

Ce blog est centré sur la vie actuelle et passée de Poggiolo et des villages voisins. Il ne peut que se sentir concerné par les discussions qui concernent l'histoire et l'identité corse. Le grand problème, actuellement, est l'avenir du Musée A Bandera (1 rue général Lévie à Ajaccio).

 

    Jean-René LAPLAYNE l'a pris pour thème de son éditorial dans "Corse-Hebdo" du 20 janvier.

http://www.musee-abandera.fr/local/cache-vignettes/L111xH100/siteon0-08934.png   Ce musée privé est un enchantement pour tous les curieux de la Corse. Les collections exposées dans les diverses salles montrent toute l'évolution de l'île, de la Préhistoire à la seconde guerre mondiale, surtout du point de vue militaire.

   Le point faible est son emplacement, toujours forcément d'accès facile, près de la place du Diamant. Il devrait aller à la citadelle mais rien n'est décidé.

   En attendant, le nombre de visiteurs s'est réduit, de même que le nombre d'adhérents à l'association et le montant des subventions publiques. Les responsables, qui ont entamé un premier licenciement, lancent un appel au secours. "Nice-Matin" l'avait déjà relayé le 4 janvier. Voir l'article détaillé en cliquant ICI.

    Jean-René LAPLAYNE demande l'intervention des collectivités territoriales et propose: "Pourquoi ne pas en appeler à toutes les communes de l'île (elles sont 360) car, avec A Bandera, c'est leur propre histoire d'hier et d'aujourd'huh qui nous est contée?".

Une idée originale. Il ne s'agit pas d'un musée ajaccien mais du musée de l'histoire de tous les Corses. Il faudrait que quelques mairies soucieuses de la défense de notre identité fassent le premier pas. Y en aurait-il dans Sorru in Sù?

 

Site du musée officiel du Musée A Bandera:

http://www.musee-abandera.fr/

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 18:59

   La fête de Saint Antoine sera célébrée à Guagno-les-Bains mardi 17 janvier. 

 

    La chapelle, dominant le village, porte le nom de Saint Antoine le Grand, ermite d'Egypte, comme ce blog l'a déjà écrit, dans l'article Quel est le vrai Saint Antoine?

 

    La chapelle où il est célébré se trouve près de l'emplacement de l'ermitage de Cordeliers dont un membre, le Père Jean, fit construire les premiers bassins pour des curistes. Cette histoire se trouve dans l'article Notre Saint Antoine à nous.

 

    Le bâtiment religieux fut ensuite englobé par l'hôpital militaire que Joseph MULTEDO, originaire de Vico, obtint l'autorisation de construire par une décision du roi Louis XVIII le 26 juin 1822. Les logements des domestiques étaient adossés à ses murs. L'hôpital fut finalement fermé par un décret du 1er juin 1883 et tomba en ruines. Des articles ultérieurs décriront l'histoire de cet hôpital sur ce blog.

    La plate-forme où il se trouvait ayant été débarrassée de ses vieilles pierres, la chapelle est désormais dans un espace bien dégagé, près de la route qui, venant de Vico, se divise entre la partie qui continue vers Guagno et celle qui descend vers les Bains puis vers Poggiolo.

 

St Antoine des Bains

 

   APPEL: Un de nos lecteurs aurait-il la date de l'enlèvement des débris de l'hôpital?

 

    La carte postale ci-dessous (malheureusement sans date) montre bien les ruines en face de la source entourée de rocaille qui coule toujours de l'autre côté de la route. Et (clin d'œil ou simple coïncidence?) un groupe de cochons a bien sa place ici puisque Saint Antoine est souvent représenté avec un cochon (voir l'article Les dictons de saint Antoine).

 

 

St Antoine Google

 

Grâce à Google, la vue actuelle du même endroit montre bien que la grande différence est la disparition des ruines.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 18:24

    Un article précédent (voir ICI) émettait la suggestion d'apposer une plaque à la mémoire de la victime de l'attaque du 17 août 1931 à Guagno-les-Bains.

   Certains lecteurs de ce blog nous ont fait remarquer qu'il existe une plaque sur la façade de l'établissement thermal mais qu'elle doit comporter une erreur de date.

 

plaque Guagno les Bains

 

    Effectivement, les trois dernières lignes comportent la phrase: "Ici, l'impératrice Eugénie et l'empereur Napoléon III ont pris les eaux". Or, elles sont sous les gros chiffres de l'année "1808".

    L'anachronisme semble évident. Louis-Napoléon BONAPARTE, élu président de la République en 1848, organisa un coup d'Etat le 2 décembre 1851 et prit le titre de NAPOLÉON III le 2 décembre 1852. L'écart de date est important.

    L'examen de l'histoire de la station thermale permet de résoudre la contradiction.

    Les propriétés curatives de la source étaient connues depuis longtemps. Mais le décret impérial de NAPOLÉON Ier du 18 août 1808 (document ci-dessous) créa un contrôle médical et nomma un médecin inspecteur des eaux minérales. Ce fut Louis DEFRANCHI, de Soccia. Cette date est donc prise comme celle du démarrage réel de la station thermale.

    L'explication est facile à trouver mais la disposition des lettres et chiffres sur la plaque entretient une ambiguïté chronologique.

L'anachronisme de la plaque
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 19:06

cathédrale délabrée

Monsieur Alain VENTURINI, directeur des Archives départementales de Corse-du-Sud, vient de réagir à la   publication, dans le dernier numéro de "INSEME", de l'article sur les évêques de Sagone. Celui-ci reprenait le texte paru dans ce blog le 12 juillet sous le titre "Nous garderons notre évêque". Nous ne donnions aucun nom des anciens évêques de ce diocèse mais indiquions que la liste était consultable sur le site Cronica di a Corsica de Ours-Jean Caporossi.

C'est ce sujet qui a fait réagir le responsable des Archives. Alain Venturini a envoyé au blog de "Inseme" le message que nous reproduisons.

 

 

Juste une petite réaction, dans ma partie, l’Histoire, après  lecture du bulletin de septembre et notamment du sujet « Mais oui nous avons un évêque ! ».
Après le nouveau partage de la Corse en plusieurs évêchés au tournant des XIe et XIIe siècles,  André (Andreas) est le premier évêque dont nous connaissions le nom (il est cité pour la première fois le 21 novembre 1175). Mais, auparavant, le pape Calixte II avait, dans les années 1121-1123, consacré un évêque de Sagone dont nous ignorons malheureusement le nom.
 
Quant au premier diocèse de Sagone, il n’y a jamais eu d’évêque du nom de « Martino Tomitano » en 551 (même si Ours-Jean Caporossi a cru bon de reprendre cette billevesée sur son site Cronica di a Corsica ; on la cherchera par contre en vain dans l’ouvrage de l’abbé Casta sur le diocèse d’Ajaccio).  Nous connaissons un visiteur apostolique, Leo, en août 591 et un évêque, Montanus, à la date du 5 octobre 600.  Il n’y a pas d’évêque de Sagone présent au concile du Latran de 649 : ou bien le titulaire ne s’est pas déplacé ou bien le siège était alors vacant.
 
Cordiales salutations
 
Alain VENTURINI
Directeur des Archives départementales
de la Corse-du-Sud
Rue François-Pietri
Les Salines
20090 AJACCIO
alain.venturini@cg-corsedusud.fr

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 19:23

     En l'absence du chemin de fer (voir article sur "le train-fantôme"), comment pouvait-on circuler en Corse autrefois?

 

LES TEXTES

    "Il y a quatre manières de voyager en Corse: à pied, à cheval, en diligence, en calèche. A pied, il n'y faut pas penser; à cheval, l'étranger doit y renoncer; en diligence, il faut bien s'en garder. Il reste la calèche, sorte de véhicule étrange, ni fiacre, ni landeau, ni coupé, traîné par de vigoureux chevaux attelés quelquefois avec des harnais, souvent avec des cordes, et dont le serre-frein est toujours un vieux soulier."    

    Voici le texte, fort peu encourageant, qu'écrivait le Dr Adrien ANDREI dans son ouvrage "A travers la Corse" publié en 1892, et cité par François PAOLI dans "Letia et la région de VICO".                           

 

    De son côté, un peu plus tôt, le Guide écrit par Paul JOANNE sous le titre "Itinéraire général de la France" et publié chez Hachette en 1884, se méfiait de la Corse et des Corses.

   A l'intention des touristes voulant admirer le paysage, il énumèrait lui aussi les moyens possibles: "On doit renoncer absolument à utiliser les services de voitures publiques qui, n'ayant qu'une seule place d'impériale et partant généralement dans la journée ou le soir, ne permettent ni de voir le pays, ni de s'arrêter là où on voudrait le faire. Il faut donc louer une calèche à deux chevaux et voyager à petites journées. (...) Voyager à pied serait peu coûteux, mais beaucoup plus long, et il serait impossible de trouver un guide. Voyager à cheval, sur des chevaux  qui pointent et se cabrent, et qui sont difficiles au montoir, n'est pas très praticable, d'autant qu'il faudrait alors avoir avec soi un homme également à cheval, qui ne voudrait aller que d'un point à un autre."

    Il préconisait de s'établir dans des centres d'excursion, parmi lesquels il citait VICO et GUAGNO, et d'où l'on pouvait rayonner. Mais attention: "Pour les chevaux ou les mulets, chargez votre hôtelier ou quelqu'un du pays de vous en procurer, mais ne cherchez pas vous-même, vous réussiriez à payer le double, si toutefois vous pouviez en obtenir. Si vous êtes connu ou avec quelqu'un de connu, vous payerez chaque mulet 2 fr, pour une journée." 


Concrètement, avons-nous des renseignements précis pour notre micro-région?

 

LES TÉMOIGNAGES

Tout le monde sait que les ânes et les mulets ont toujours été utilisés par les Corses, comme ici, sur le pont qui traverse le fleuve SAGONE.

Sagone pont

Une voiture à chevaux a été photographiée en 1898, un peu plus loin que ce même pont, près de la tour génoise.

         Sagone route 1898


Il existe aussi un témoignage littéraire sur ce moyen de déplacement.

L'été précédant cette photo, en 1897, l'écrivain royaliste Charles MAURRAS avait utilisé ce véhicule et ne s'en était pas plaint. Dans son texte sur "Les Cargésiennes" (évoqué dans l'article publié ICI), il reconnait que :"Il est des courses plus faciles. L'aller et le retour veulent quatorze heures de diligence."

Mais il ajoute : "Je les affrontai et fis bien."
Il évoque ses "compagnons de banquettes", les chevaux qu'il qualifie de "
robustes petits coureurs" et le fouet du conducteur qui lui présente les ruines de Paomia. Contrairement aux réticences des guides cités ci-dessus, il est enthousiasmé par le voyage. Mais il retrouvait à chaque détour du chemin des souvenirs de la Grèce et, pour lui, rien n'était supérieur à cette similitude. Le voyage devenait un enchantement.


Tout fut différent quand arriva l'automobile (suite dans le prochain article de cette série).        

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 18:50

Si l'annuaire de 1938 recopié par les éditions Albiana affirmait faussement qu'il existait une gare à Poggiolo (voir article sur ce livre), il n'en est pas moins vrai qu'un projet de chemin de fer reliant Ajaccio à Vico a bien existé. Il a été mis en avant par le conseil général de la Corse en 1886 mais n'a jamais eu le moindre début de commencement.


Ce projet est décrit par François PAOLI dans son récent livre "Letia et la région de Vico dans l'histoire de la Corse", à la page 222. Nous le citons en entier en ajoutant une carte tirée de la revue "A mimoria" de mai 1994 qui donne des renseignements supplémentaires sur le projet de ce train-fantôme (voir à l'adresse: http://chemindefercorse.free.fr/amimoria.pdf).

 

 

    A la fin des années 1870, le 7 décembre 1879, nous avons vu donner le premier coup de pioche pour le train devant relier Ajaccio à Bastia. Le projet était, à cette époque, de construire, un peu comme en Sicile, un chemin de fer qui ferait le tour de l'île. Mais ce n'était pas, pour autant, le seul projet. Dès le 24 septembre 1886, le conseil général vote une somme de 3.000 francs pour les études préliminaires «d'une ligne Ajaccio-Vico, chemin de fer d'intérêt local», et le rappelle dans une délibération du 25 septembre 1887, Ainsi, le 1er octobre 1887, le préfet prie l'ingénieur «de procéder d'urgence à ces études préliminaires», en autorisant les divers agents utiles à ces études à pénétrer, si nécessaire, dans les propriétés privées.
    Les communes concernées sont Sarrola-Carcopino, Afa, Appietto, Calcatoggio, Saint-André d'Orcino, Casaglione, Ambiegna, Arro, Lopigna, Azzana, Salice, Rosazia, Murzo, Letia et Vico, soit plus de 60 kilomètres de ligne, en pays accident. Un rapport sera établi à la date du 11 juillet 1888, rendant compte des difficultés rencontrées, du fait «de pluies persistantes d'une abondance jusqu’à présent inconnue en automne. ».
    Partant un peu après la station de la Mezzana, le tracé envisagé traversait la RN 193, puis le canal de la Gravona, Afa et Piscia Rossa, avant de franchir, par un petit tunnel, le col de Listincone, puis, par un grand tunnel de 600 mètres, celui de San Bastiano, pour atteindre Calcatoggio. De là, on aurait gagné Saint André d'Orcino et Cannelle, pour monter ensuite vers Sari. Sept gares étaient nécessaires pour arriver à Sari, et, «Au-delà, il n'était fait qu'une reconnaissance du terrain.».
    Le col d'Ambiegna, à 349 mètres d'altitude, étant franchi, on redescendait sur Ambiegna, Arro et Lopigna, où deux petits tunnels étaient nécessaires, puis on passsait sur la rivière Cruzzini, pour remonter, et franchir le Liamone près du gué de Traghetta alla Rena, à 299 mètres d'altitude. Il restait 4.500 mètres à parcourir pour arriver à Vico, à 389 mètres d'altitude, en passant par Murzo, et en franchissant de nouveau le Liamone en contrebas de Saint-Martin, La longueur totale du tracé serait finalement de 74.891 mètres, et l'estimation du coût des dépenses se monterait à la modique somme de dix millions de francs!train projet



    

    Le conseil général ne devait pas donner suite, mais il allait quand même renouveler les études préliminaires en 1890. Lors de la venue en Corse du président de la République, Sadi Carnot, en avril 1890, les conseils municipaux de la région de Vico devaient émettre de nouveaux vœux en faveur de ce projet, et, le 10 septembre 1911, le conseil municipal de Vico devait émettre:


... très énergiquement le vœu que les services compétents soient chargés de préparer dans les plus brefs délais un projet de chemin de fer Bonifacio-Sartène-Ajaccio-Calcatoggio-Sari-Arbori- Vico-Sagone-Cargèse-Piana-Calvi.

 

    L'ingénieur en chef Jeannin répondra, le 4 novembre 1911, que:

 

... dans la présente situation financière du département, ce vœu ne nous semble pas susceptible de recevoir actuellement une suite favorable.

 

Et ce fut tout...

 

D'autres renseignements se trouvent dans l'ouvrage de Paul SILVANI intitulé "Train de Corse, train rebelle" et publié... aux éditions ALBIANA

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 16:58

L'histoire de l'évêché de SAGONE a été évoqué dans des articles récents (voir ICI et ). Dans sa livraison d'août, le bulletin "INSEME" ajoute des renseignements intéressants sur l'évolution des recherches archéologiques près de la cathédrale. En page 9, dans la rubrique "Ils sont venus au couvent", deux jeunes archéologues, interrogées par Pascale CHAUVEAU, résument l'état de la recherche sur ce site.

 

Pendant un mois, une vingtaine de jeunes archéologues se sont installés au gîte du couvent(de VICO), devenu le quartier général des deux équipes qui ont travaillé sur le site de la «cathédrale» à SAGONE. Parmi eux, Flore DIVERREZ et Gaelle SOULARD ont attiré plus particulièrement notre attention, car, si la plupart des stagiaires qui interviennent sur le site tous les ans sont étudiants ou diplômés en archéologie, ces deux jeunes filles faisaient partie des cinq anthropologues venus sur le terrain.


PC : Comment avez-vous connu l'existence du site de Sagone?
Cathédrale golfe2
F.D. et G.S. : Le responsable de cette session de fouilles, Daniel ISTRIA, avait passé des annonces dans les facultés, et on pouvait aussi l'apprendre en consultant le site gouvernemental «archéo.fr», qui propose un «catalogue» des fouilles où l'on peut postuler. Il est évident que la Corse nous attirait particulièrement. En arrivant, nous avons été surprises car on s'attendait à un site plus grand avec plusieurs responsables de secteurs, mais finalement on n'est qu'une douzaine autour de Daniel, et c'est beaucoup plus convivial.

Inseme : Vous êtes ici en tant qu'anthropologues, cela signifie donc qu'on a découvert des ossements à la cathédrale?

F.D. et G.S. : Déjà à la première vague de fouilles, vingt squelettes avaient été déterrés. Une vingtaine de plus à la vague suivante, et cette année on en est au numéro 49. Nous étudions la position des corps, tâchons de déterminer le sexe, l'âge. A vue d'œil, on pensait que les squelettes dataient du XVIème siècle, mais la datation au carbone 14 a montré qu'en réalité ils remontent au XIème siècle. Et d'ailleurs, les derniers ossements mis à jour cette année ne sont pas en très bon état de conservation.

PC: Vous êtes titulaires d'un mastère, qu'allez-vous faire après cette session de fouilles en Corse ?

F.D. et G.S. : Il va déjà falloir rédiger notre rapport de fouilles qui complète le rapport principal établi par Daniel ISTRIA. Lui s'attarde principalement sur l'architecture de la tombe, et nous sur les ossements. Ensuite, nous sommes sur un gros projet qui nous amènera à parcourir, de mi-septembre à mi-mai, six pays d'Amérique du Sud à la découverte de l'archéologie andine, pour les transmettre ensuite au grand public, y compris les populations locales qui ne sont pas toujours sensibilisées à la richesse de leur patrimoine archéologique et à leur préservation. Ce qui est intéressant par ailleurs, c'est que notre travail sera suivi à distance par les élèves d'une classe de CM2 de la région parisienne pendant toute leur année scolaire (pour en savoir plus, consulter sur internet le site: http://panarcheo.e-monsite.com).

 

En conclusion, Flore et Gaëlle tenaient à dire à quel point elles avaient été enchantées de séjourner pendant plus d'un mois au couvent («quel plaisir d'apprécier la belle vue sur la Sposata le matin en se levant»), et voulaient remercier le père André «qui a été aux petits soins pour nous et pour toute l'équipe!».


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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 18:10


    Si le diocèse de SAGONE proclamait son indépendance par rapport à AJACCIO (voir article précédent), il aurait son évêque, Mgr MAMBERTI, qui a déjà le titre. Il lui faudrait aussi une cathédrale. Pas de problème: elle existe.
Cathédrale golfe2    La cathédrale Sant’Appianu (Saint APPIEN) est à SAGONE, sur la route à droite, après  le pont qui enjambe le fleuve. Bien qu'un panneau la signale, peu de visiteurs viennent la voir. Elle est d'ailleurs très mal en point.
    La cathédrale est bien placée, à 200 mètres d'une crique idéale pour les bateaux.


cathédrale vallée

 
  Elle est placée sur un replat de 10 m d'altitude qui la protège des crues du fleuve Sagone.


   Par cette vallée fluviale, on peut facilement communiquer avec le Liamone et les Deux Sorru.                                        

                                       
      Une basilique a été construite sur l'emplacement d'une ancienne villa romaine. Elle n'a pu être datée précisément mais le baptistère est en revanche bien du dernier quart du VIe siècle. Or, le siège épiscopal est attesté à partir de 591 par deux lettres du pape Grégoire Ier.

   Second bâtiment au même endroit: la cathédrale Sant'Appiano est édifiée au XIIème siècle, quand l'évêché, supprimé pendant quatre siècles, est réactivé.

cathédrale menhir

 

    Une statue-menhir a été remployée dans un des murs.




    La cathédrale a été abandonnée en 1569, au profit de la pro-cathédrale de VICO, à cause, en plus de la malaria, des raids barbaresques qui pillaient les villages et capturaient les populations pour les vendre comme esclaves (fléaux bien oubliés aujourd'hui!). 


    En 1728, Mgr Pier Maria Giustiniani, évêque de Sagone, décida de bâtir une chapelle à l’emplacement du chœur des édifices antérieurs.
    Mais très vite, l’édifice est à nouveau désaffecté et, dès les années 1820-1830, il est utilisé comme entrepôt de foin alors qu’une maison est aménagée dans la nef romane.
    Depuis 1963, des fouilles, menées de façon très irrégulière, ont peu à peu fait renaître cette construction.
    Le baptistère a été retrouvé, ainsi que plusieurs sépultures avec parfois des offrandes de coquillages.

Ce monument si vénérable, symbole de l'ancien diocèse de Sagone, ne mériterait-il pas de recevoir la visite de Mgr MAMBERTI, son évêque?

   ATTENTION: Une messe sera célébrée à la cathédrale de Sagone dimanche 17 juillet à 10 h 30 et une autre samedi 30 juillet à 19 heures. 

  Un excellent dossier sur la cathédrale Saint Appien de Sagone se trouve à l'adresse:
http://www.sagone-archeo.fr/

 

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 18:36

Le blog des Poggiolais fait appel aux Poggiolais!


Avec les vacances, on pense avoir un peu de temps pour ranger ses affaires. Il faut en profiter pour chercher les albums de photos familiales et pour aller au grenier ouvrir les malles. C'est l'occasion de découvrir ou de redécouvrir des documents qui évoquent le temps passé.

Ces témoignages familiaux sont également des souvenirs de la vie poggiolaise et ils seraient utiles à toute la communauté de notre village. Ils pourraient être publiés sur ce blog. Des photos de la vie quotidienne, de personnages ou de paysages seraient tout aussi intéressants. Mais des papiers (diplômes, médailles, articles de journaux...) seraient très utiles.

Il n'est pas nécessaire de chercher des productions centenaires. Une ancienneté de vingt ou trente ans suffit parfois.

Il serait dommage que le fonds documentaire du blog s'assèche bientôt alors que chaque Poggiolais se doit de transmettre les richesses de nos racines aux nouvelles générations.


Les documents ou les suggestions sont à envoyer à : larouman@gmail.com


MERCI D'AVANCE!

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.

 

Mardi 4 août:

bénédiction des maisons à Poggiolo.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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