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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 18:00

   Des guerres des seigneurs de Cinarca et de la répression génoise, le témoignage architectural le plus proche de Poggiolo est le château de ZURLINA. Les vestiges ne sont que l'ombre de ce que fut ce dernier lieu de la résistance.

    Antoine Claude Pasquin Valery, dans "Voyages en Corse, à l'île d'Elbe, et en Sardaigne" publié en 1837, écrit que, à cette époque, "sur la route de Vico à Guagno, entre Musso (Murzo) et Boccasorro (le col de Sorro), on aperçoit les ruines du château de Zurlina", lesquelles ruines "s'élèvent pittoresquement sur un mamelon de rochers, et de leur sein s'élancent de grands arbres qui les couronnent majestueusement".

    Ces restes sont visibles de la route, quand on descend de Sorru vers Murzo (photo Philippe Franceschetti, août 2011).

Zurlina photo   De son emplacement, la forteresse surveille toute la haute vallée du Liamone et du Fiume Grosso.
    Elle peut être devinée depuis Vico et depuis Soccia.
    Voir l'image ci-dessous utilisée dans la brochure "Sevi-Sorru Cruzzini-Cinarca, Découvrir le patrimoine bâti" (CRDP de Corse).

Zurlina CRDP  

   Zurlina est exactement en face de LETIA, comme le montre très bien cette photo publiée sur Wikipedia (auteur: Liamone). 

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f4/Letia_et_le_fort_de_la_Zurlina_qui_domine_la_vallée_du_Liamone.jpg

 

   Afin de se rendre compte directement de ce qu'il reste, un chemin existe. Il est dessiné par des pointillés sur la carte de l'IGN tandis que le fort est représenté par les lettres "Rne" (au S-E de cet extrait).

Zurlina IGN2

 

   Le journal "Corse-Matin" du 11 août 2007 avait publié un article intitulé "La Zurlina et la forêt de Libio". Laurent Chabot écrivait que "cet ancien chemin muletier est la plus belle façon de monter sur le haut-plateau de la forêt haut-perchée de Libio!". Voici sa description:

"Le départ du sentier se situe au bord de la route, à droite 1,5 km après sortie de Murzo (pont de TEVE, pas de panneau mais le chemin est bien visible).

C'est d'abord un  beau muletier, avec les vestiges de marches "en pas d'âne", comme sur les anciens ponts génois, et toute une série de virages en lacets. La montée est assez soutenue et marque enfin une pause sur une ligne de crête environ _ d'heure (une erreur typographique rend ce renseignement incompréhensible) où le chemin, bien appareillé à cet endroit, trace comme un trait sur l'arête rocheuse. On voit alors apparaître le piton de la Zurlina sur la gauche, avant d'attaquer la montée dans les grands pins. A 950 m d'altitude (1h15 environ), on trouve un autre replat: gagner le sommet de la butte herbeuse sur sa gauche pour une vue saisissante sur le nid d'aigle accroché à son piton rocheux (compter un détour d'1/2 h aller-retour pour y descendre)."

   Le texte décrit ensuite la promenade jusqu'à Libio. Il est illustré par une photo qui permet de "voir encore un important pan de mur de cette époque à la base du piton rocheux".

 

Zurlina Corse Matin

 

   Une petite erreur existe dans le texte donnant l'historique de la Zurlina. Laurent Chabot écrit que Gian Paolo de Leca aurait été "perdu paraît-il par ses amourettes avec une belle fille de Vico", alors que l'amoureux imprudent était son fils Orlando (voir l'article sur "la fin de la Cinarca").

 

   Pour vous plonger dans cette époque troublée des dernières guerres cinarchese, et pour accomplir un bon effort physique, rien de tel que d'aller voir la Zurlina de près!


    Afin de vous aider, voici, d'après Google Maps, d'où part le chemin (photo de novembre 2008).

Zurlina pont de Teve

 

 

 

Fin du feuilleton de l'été

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 18:08

Les castelli cinarcais  

   En dehors du château de la Cinarca (décrit ici), plusieurs châteaux jouèrent un rôle important dans les luttes contre la domination génoise. Cette carte, déjà publiée dans un article précédent, permet de localiser ceux qui furent édifiés dans notre partie de la Corse.


castelli


 

    Ces constructions du XVème siècle avaient une fonction essentiellement militaire contre les troupes génoises:

"Erigées à l'intérieur des terres, elles concentrent sur des surfaces exiguës les éléments défensifs fondamentaux: tour, citerne et remparts percés de meurtrières. Mais c'est surtout le relief naturel, très spectaculaire - des pitons rocheux élevés et très escarpés - qui fait la force de ces castelli.

Au moins cinq sont construits ou reconstruits dans la région: Sia, Foce d'Orto, Geneparo, Zurlina et Leca.

Perchés sur de haut sommets, très difficiles d'accès, ils ne dépassent pourtant pas quelques dizaines de mètres carrés de superficie et sont mal armés.

(...)

Ces châteaux du XVème siècle apparaissent plus comme des lieux de repli que comme des positions stratégiques destinées à contrôler un territoire. Malgré leur localisation sur des sites particulièrement escarpés, ils ne peuvent résister bien longtemps aux sièges menés par les troupes de l'Office de Saint-Georges, bien ravitaillées et disposant d'une artillerie moderne, leur principale faiblesse résidant dans le peu de réserves dont ils disposent en cas de siège et surtout dans le peu de capacité qu'ont les seigneurs de monter des opérations d'envergure capables de secourir les assiégés."

(extrait de "Sevi-Sorru Cruzzini-Cinarca, Découvrir le patrimoine bâti", CRDP de Corse). 

 

    Le plus proche de POGGIOLO est le Fort de ZURLINA qui est le seul témoignage archéologique de cette époque dans notre micro-région. 

    Son fondateur est Rinuccio della Rocca, cousin du fameux GIAN PAOLO, qui fortifie un mamelon rocheux au-dessus de Murzo fin 1487- début 1488,

       Il occupe une position stratégique sur la route de Vico à Guagno, entre MURZO et le col de SORRU. 

Zurlina photo

Les ruines de Zurlina: photo de Philippe Franceschetti (août 2011)


La Zurlina dans la guerre de 1488-1489

    En 1488, Rinuccio se joint à Giovan Paolo qui revient en Corse pour détruire le joug ligure. Les deux cousins assiègent le château de Cinarca dans lequel le Génois Ambroggio de Negri est en mauvaise posture après la défaite à Bocognano d'une armée de secours.

    L'arrivée de nouveaux renforts commandés par Filippino de Fieschi contraint Rinuccio à se réfugier dans la place de la Zurlina. Rinuccio résiste bien au siège. Il a une vingtaine de soldats avec lui, des provisions et une fontaine (qui gèle en hiver). L'édifice est de petite taille (une douzaine de mètres de haut), sur deux niveaux, surmonté de deux terrasses, avec aussi deux tours. Et, surtout, le lieu est sur une hauteur inaccessible aux assaillants.

    C'est alors qu'un événement va changer la donne: le castellu de Foce d'Orto, au-dessus de Piana, où s'était réfugiée une partie des familles des deux seigneurs, tombe aux mains des Génois commandés par Filippino de Fieschi. Giovan Paolo doit lever le siège de Cinarca et se met à parcourir le pays avec ses partisans.

    Mais, isolé et découragé par la perte de Foce d'Orto, Rinuccio est trompé par la promesse de Fieschi de lui permettre de retrouver son fils Francesco, prisonnier des Génois. Rinuccio quitte Zurlina le 29 avril mais, dès son arrivée à Vico, il est capturé par Fieschi qui l'envoie à Gênes où il meurt.

    Sans cette ruse, les assiégeants auraient dû abandonner car il ne leur restait que 100 mines de grains, soit dix jours de vivres, d'après une lettre d'Ambroggio de Negri copiée dans l'article sur les archives de la Banque de St Georges publié dans "Corse historique" (1er et 2ème trimestres 1962). De plus, il semble que les villageois de Murzo avaient de grandes réticences à obéir aux réquisitions génoises. 

 

La Zurlina génoise

    Ensuite, les Génois utilisent quelque temps le fort.

   Ainsi, en 1490, le Commissaire Raffaele de ODONO écrit qu'il est nécessaire de construire une citerne d'eau. A ce moment, la garnison de la Zurlina n'a qu'une demi-douzaine de soldats, sous la direction d'un "castellano".

   En 1493, le fort est confié à un pievan de COGGIA pro-génois. Il est réparé et réarmé en 1494 et sert de dernière défense à Giovan Paolo en 1501.

     En 1502, l'armement se compose de:

- une bombarde et une escopette (arme à feu à canon évasé) de bronze

- deux nouvelles escopettes (de fer et de bronze)

- un fauconneau (bombarde allongée)

- huit balistes ou arbalètes

- cinq pertuisanes (grande lances)

(d'après "Etude des inventaires des châteaux de Cinarca" par Antoine-Marie GRAZIANI, dans "Patrimoine d'une île", 1995).

    Mais entre 1530 et 1533, le fort est mal en point par manque d'entretien et il finit par être totalement abandonné.


La Zurlina a vécu.

(à suivre)

 


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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 18:00

1501 est le début d'une longue troisième année zéro

 

  La nouvelle tentative de Giovan Paolo en 1501 exaspère encore plus les Génois. Elle est très dangereuse pour eux mais ne dure que quelques mois (en lire le récit en cliquant ici). La répression, parfaitement planifiée, est appliquée par Niccolo DORIA, qui débarque à Ajaccio début 1503 avec son cousin Andrea, 800 fantassins et 100 cavaliers. La disabitazione atteint un degré supérieur à celui de 1489.

   Elle est clairement décrite dans le rapport envoyé le 5 août 1507 par Niccolo à l'Office de Saint-Georges:

"J'ai expulsé les habitants, semé la ruine totale et détruit tous les arbres fruitiers et les vignes dans les pieve de Carbini et d'Attala, ainsi que dans les habitats qui sont au nombre de vingt environ. Comme ce qui subsiste dans cette région permet à peine de se rendre compte qu'elle a été habitée, les habitants s'en sont allés. Je leur ai donné jusqu'au milieu du présent mois pour emporter tous les biens; aussitôt passé ce terme, j'assignerai, aussi bien aux hommes qu'aux bêtes, un délai au-delà duquel ils ne devront ni ensemencer ni paître sous peine de sévères punitions. Et je ferai veiller à l'observation stricte de ses décisions."

 

   Le doute n'est pas permis: les Génois veulent transformer les pièves révoltées en véritables déserts. Ils sont aidés par quelques Corses qui avaient été hostiles à Giovan Paolo, comme Rainero et Battista de Cristinacce qui habitaient Vico et obtinrent toutes sortes "d'avantages pour avoir aidé Niccolo Doria à expulser les habitants du Niolo, de Sevidentro, de Letia et de Sorroinsù" (note d'Antoine-Marie GRAZIANI dans "Histoire de la Corse" de Marc Antonio CECCALDI).

 

http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg


   Il y eut pourtant certains villageois qui échappèrent à cette déportation et survécurent dans les hauteurs de la montagne avec des abris de fortune.

    Un document très important, un manuale (manuel) du 5 juillet 1513, montre l'instinct de survie de nos ancêtres.

   Ces six pages nous font connaître une liste de gens étant revenus semer chez eux ou sur des territoires interdits:

- des gens de Lopigna installés à lo Corsolino sous Rosazia;

- des gens de Lopigna et Rosazia à Rosazia;

- des gens de Salice, de Sarri, de Sant'Andrea et de Rezza à Salice;

- des gens de GUAGNO à GUAGNO;

- des gens d'ORTO et de GUAGNO à ORTO;

- des gens de GUAGNO, des SOPRANE, de Lonca, de POGGIOLO, d'ORTO, de Murzo et de SOCCIA aux SOPRANE (1) et à POGGIOLO;

- des gens des SOPRANE, de Letia, de Murzo, de Chigliani et de Vico à Murzo;

- des gens de Letia et de Renno à Letia;

- des gens du Niolo, de Renno, de Balogna et de Cristinacce à Cristinacce;

- des gens de POGGIOLO, d'Evisa et de Tasso à Evisa;

- des gens de POGGIOLO, de Letia, de Vignale et de Tasso à POGGIOLO;

- des gens de Chidazzo et de Marignana à Marignana,

- diverses personnes dans la pieve de Sia, à Vico, à Corrano et à Bocognano.

(Archivio di Stato de Gênes, Banco di San Giorgio,  Primi Cancellieri di San Giorgio, liasse 16, pièces 601-63).

   Ce texte donne l'identité précise des trente-sept paysans (parmi lesquels des Poggiolais) qui ont osé semer dans la zone interdite(2). Il donne "les quantités exactes utilisées, en blé, en orge et en seigle, pour un  montant total de 441 mezini, correspondant donc à une surface de l'ordre de deux cents hectares en tout."  (François PAOLI, "Letia et la région de Vico", p. 37).

  On y apprend aussi que la plupart de ces irréductibles vivent dans des baraques en bois ou dans des cabanes.

   Il semble que les contrevenants n'aient finalement eu que des amendes à payer. Il est vrai que, pour les Génois, le danger s'éloignait.  Rinuccio della Rocca était mort en 1511 et Giovan Paolo de Leca en 1515.  La disabitazione avait foudroyé leurs partisans.


80px-Armoiries_G-nes.png

    En 1516, le repeuplement fut autorisé dans la pieve de Sia (Ota). En 1517, une lettre du chanoine de Sagone, Giovan Francesco delle Cristinacce, demande que Letia en bénéficie également. Elle semble avoir reçu un accueil favorable, et on peut supposer que les villages voisins, comme POGGIOLO, en ont profité.

   La preuve du renouveau est en tout cas fournie par Agostino GIUSTINIANI, évêque de Nebbio depuis 1515, qui,  en 1530, dans sa "Description de la Corse", parle du village de "Podiolo" et d'un autre plus petit, les "Soprane".

 

   Cette vivacité justifie l'antienne que plusieurs générations ont entonnée:

Poggiolo est bâti sur roc,

Poggiolo ne périra pas.

 

   Mais combien de familles poggiolaises ont-elles complètement disparu?  Combien sont-elles à être revenu es de ces exils? Combien de Poggiolais d'aujourd'hui ont-ils des ancêtres qui vivaient au village avant ces "années zéro"?


P.S.: Pour SOCCIA, Jean-Baptiste PAOLI, dans "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", relève que le registre des tailles de 1537 compte vingt-trois feux, ce qui montre que ce village avait alors lui aussi retrouvé son importance.

 

(à suivre)

 


(1) les Soprane étaient une partie de Poggiolo dont il reste encore une petite trace dans le maquis  au-dessus du village actuel et qui comptait 14 feux sur le registre des "taglie" de 1537.

(2) Malheureusement, les ouvrages qui ont servi à rédiger cet article n'en recopient pas la liste.

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 18:00

La seconde année zéro se produisit trente ans après la première, en 1489.

  

    Un degré supplémentaire dans la violence génoise est atteint en 1489, devant la persistance de l'agitation dans la "Terre des seigneurs".

  A la suite du soulèvement suscité par Giovan Paolo di Leca pendant l'été 1488, le Génois Ambroggio de Negri, nommé commissaire dans Outre-Monts, débarqua à Bastia en octobre.  En mars 1489, après la prise de Foce d'Orto et de la reddition de Ranuccio à la Zurlina, au-dessus de Murzo, l'armée génoise est maîtresse du terrain (voir l'article "La fin de la Cinarca").

    Aussitôt, avant même le nouvel exil de Giovan Paolo, Ambroggio de Negri alla plus loin que Spinola. Il révéla son programme:

 "il faut dépeupler la région de Cinarca et peupler Aiacciu (ville fondée par les Génois pour contrôler l'Au-Delà des Monts), construire une forteresse dans la ville, et éliminer complètement la race des Leca".

    Il appliqua sauvagement la politique de disabitazione qui visait à détruire les villages cinarcais et à déporter leurs populations. Poggiolo en est victime, comme tous les villages de Sorro-in-sù. 

 

http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg

    Les archives de la Banque de Saint Georges conservent plusieurs lettres sur ce sujet (reproduites dans la revue "Corse historique", 1er et 2ème trimestres 1962).


- En mars 1489, Ambroggio écrit que "finit le terme assigné dans le commandement" qu'il "a fait aux habitants de Sorno-in-sù (Sorro-in-sù) et de Crutino (Cruzzini) d'avoir à quitter leurs montagnes pour venir habiter Celavo et Cinarca". Les Protecteurs (dirigeants de la Banque) indiquent qu'ils ont appris "la "dépopulation" de tout le pays depuis Sorno-in-sù, à savoir de Goalvi et d'autres villages de la piève de Croce, d'Evisa et des Chrestianaghe".

- Le 30 avril, Ambroggio demande "d'expédier des outils pour détruire les maisons des pièves qu'ils vont faire évacuer".

- Le commissaire n'a pas besoin de beaucoup de temps pour dressser son tableau de chasse. Il écrit que l'on a dépeuplé les pièves de Sevinentro et de Sorro-in-sù, ainsi que celle de Crutino, dont les populations ont été dispersées par toute la Corse. La piève de Vico a été traitée de la même façon. En tout, quatre pièves comprenant environ 1.200 feux, en y incluant Chioni, Filasormo et Liciola, dont les terres ont été dévastées et la population transplantée.

- Il en est de même dans la piève de Cinarca: "De la Pieve di Cinarcha abiamo dessabitato Sari et Lopigna et Arro che sono foco cento cinquanta", ce qui signifie que 150 familles furent chassées de la montagne vers la marine. Même chose pour les villages de Tavacho, Vero et Murcho, dans la piève de Celavo.

 

    Grâce à de tels états de service, Ambroggio de Negri pourra bénéficier d'une faveur exceptionnelle. Les Protecteurs de Gênes décidèrent le 4 mars 1490 l'érection d'une statue (la première dédiée à un Génois vivant) au palais San Giorgio, qui fut commandée au sculpteur Michele d'Aria.

80px-Armoiries_G-nes.png

    Les habitants survivants revinrent plus ou moins vite. Ainsi, en 1491, le gouverneur génois signale que Sagri (Sari), avait été reconstruit sans autorisation après la destruction de ses maisons en 1489 ("La Corse au XVe siècle" d’A Franzini, Ed. Piazzola).

(à suivre)

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 18:00

"Allemagne année zéro" est un film de Roberto Rossellini, sorti en 1948. Il évoque la tragédie des Allemands déboussolés par la défaite de 1945 et survivant avec difficultés dans un pays dévasté, une Allemagne qui n'existe plus et qui n'a plus d'avenir.

Le feuilleton de l'été - Poggiolo, les années zéro: 1459 (1/3)

      La même situation a existé pour les Poggiolais à la suite des guerres des seigneurs de la Cinarca, à la fin du Moyen Age. On peut même distinguer trois années zéro. 

 

    La première année zéro, en 1459, fut la répression qui suivit la révolte de Raffé de Leca.

   L'idée de base en est donnée par le blog casa di a memoria:

"Si les Génois de l'office avaient dû comparer les Cinarchesi à un végétal, ils auraient sans aucun doute choisi le chiendent, a rimigna. Cette plante a la facheuse habitude, alors qu'on la croit exterminée, de repartir d'un minuscule bout oublié de sa racine blanche pour réoccuper le terrain en quelques mois. Celui-ci reverdit entièrement mais plus rien n'y pousse hors cet envahissant gazon sauvage. Le seul moyen de s'en débarrasser est d'en oter le plus de racines possible puis d'y planter des légumes riches en amidon."

   Jean-Ange Galletti, dans "Histoire illustrée de la Corse", décrit ainsi cette répression:

"En 1459, la Compagnie de Saint-Georges envoya en Corse Antoine Spinola; homme rapace et perfide, qui laissa sur tout son passage les traces de sa férocité. Les pièves de Niolo, de Sia, de Cruzini, de Sevedentro et Sorrinsù furent dévastées de fond en comble, surtout celle de Sia, dont les habitants furent obligés de quitter pour toujours leurs habitations."

  A la page 33 de son livre "Letia et la région de Vico", François PAOLI précise: "Parmi les villages ainsi dévastés et brûlés, se trouvaient forcément ceux de Evisa, Tasso, Marignana et Cristinacce, et, en même temps que les différents hameaux de Vico, les villages de Renno, Balogna, Letia et Murzo. Sans préjuger d'autres destructions, ici ou là".

http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg

   L'auteur fait remarquer qu'incendier les maisons était facile car elles "avaient l'essentiel de leurs murs en bois, et leurs toits de scandole également en chêne ou en châtaignier"Rien n'interdit de penser que Poggiolo ait fait partie des villages victimes

    Le cataclysme fut violent mais bref. Les Génois ont utilisé les brutalités habituelles du temps: massacres des adversaires, incendies des maisons, confiscation de la nourriture... 

   Antoine Spinola promulga ensuite une amnistie mais le mal avait été fait: les communautés de Sorrù in Sù se retrouvaient dans des champs de ruines.

 

(à suivre)

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 18:02

    Un tournant  important de l'histoire corse se produit en 1453 quand la Sérénissime République de Gênes cède ses droits sur l'île à une banque privée: l'Office de Saint Georges. Cet organisme va utiliser les moyens les plus brutaux pour s'imposer.

 

Le piège de Vico

   En 1459, exaspéré de l'agitation persistante en Cinarca, l'Office  envoie Antonio Spinola comme commissaire extraordinaire. Celui-ci invite les familles de Leca et della Rocca à un festin de réconciliation à Vico. Une fois arrivés, 23 d'entre eux sont arrêtés et exécutés, décapités ou pendus. Seul, le jeune neveu de Raffé, Giovan Paolo de Leca, né en 1445, échappe au traquenard.

 

Giovan Paolo, de la collaboration à la révolte

    Ce même Giovan Paolo s’affirme ensuite dans les années 1470 comme le plus puissant des Cinarchesi. En se soumettant d'abord à l’Office, il domine un vaste territoire qui s’étend de la Cinarca à la Balagne.

 

castelli

 

    Mais en 1486, il rentre en révolte ouverte avec ses bienfaiteurs et se fait proclamer comte de Corse lors d'une "veduta" en janvier 1487. Il se heurte à son cousin Rinuccio della Rocca qui se met du côté des Génois. Une armée de 1.500 fantassins, avec 18 chevaux et des canons (peut-être les premiers à avoir été utilisés en Corse) débarque à Sagone le 1er avril 1487. Elle est commandée par le Français de FALCON et le Génois Damiano CANAZZO. Le 31 mai, le château de Cinarca, assiégé depuis le 5 mai, capitule. Vico tombe en juin, puis, en octobre, les châteaux de Leca, Arbori et Sia. Dès septembre,  Giovan Paolo s'est exilé en Sardaigne.


 Giovan Paolo

Giovan Paolo haranguant ses partisans ("Mémorial des Corses", tome 1)

 

 

La guerre de 1488-1489

    En août ou septembre 1488, Giovan Paolo revient et retrouve Rinuccio qui s'est réconcilié avec lui et qui a construit le château de Zurlina, près de Murzo et en face de Letia. Le Génois Ambroggio de Negri débarque à Bastia à la mi-octobre et arrive à Vico dès le 28 octobre.

   Giovan Paolo et Rinuccio, d'abord présents à Sari d'Orcino, gagnent Murzo puis passent à l'attaque. De Negri est assiégé au château de Cinarca. Les 300 hommes de renforts qu'il attendait, commandés par Andrione, capitulent à Bocognano. Ces prisonniers, ne pouvant être gardés, sont envoyés désarmés à Bastia, puis à Calvi. Là, ils se joignirent aux nouveaux renforts commandés par Filippino de Fieschi. Rinuccio, battu le 10 février 1489 à Arro, se réfugie dans la place de la Zurlina. De Negri entre à Vico le 12 mars (d'après "Archives de St Georges", dans "Corse historique", 1er et 2ème trimestres 1962).

    "Une partie de l'armée génoise, conduite par Filippo Fieschi, attaque le castellu de Foce d'Orto, simple petit col, situé au nord-est de Piana, que Giovan Paolo avait fait fortifier à la hâte à la fin de 1488. Située entre des aiguilles rocheuses jugées inaccessibles, cette place-forte, défendue par une quarantaine de ses parents et de ses partisans les plus fidèles, tombe en deux heures, le 29 mars, alors qu'elle paraissait inexpugnable. Un détachement de vingt-cinq hommes, conduit par un cousin de Giovan Paolo de Leca qui lui était hostile, prend en effet les occupants à revers après avoir emprunté un itinéraire périlleux en surplomb. Seuls deux défenseurs parviennent à se soustraire aux attaquants et avoir la vie sauve, selon la chronique. Certains meurent au cours de cet engagement ; une vingtaine d'autres sont exécutés après avoir été capturés." (site http://www.corse.culture.gouv.fr/inventaire/publications/2sevi/2sevi-3.htm).

    Découragé et attiré à Vico par la promesse de Filippino de Fieschi de lui permettre de retrouver son fils Francesco, prisonnier des Génois, Rinuccio capitule et quitte la Zurlina le 29 avril. Il est envoyé à Gênes et y meurt en prison en juin ou juillet. En octobre, Giovan Paolo s'exile en Sardaigne.

 

http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg


    Dès l'été, les Génois appliquent sauvagement la politique de disabitazione qui vise à détruire les villages cinarcais et à déporter leurs populations. Poggiolo en est victime. Un prochain article décrira les ravages génois dans notre piève.

   L'emblématique château de Cinarca est détruit en 1494-1495.

 

 

1501, la dernière tentative

    Giovan Paolo revient en Corse en 1498 et connaît un échec rapide face au même Ambroggio de Negri.

  Il fait une nouvelle tentative au début de l'année 1501. Il débarque à Aleria avec une dizaine d'hommes et traverse l'île pour retrouver les Deux Sorrù, tout en ralliant des partisans grâce à son réel charisme.

   "Avec deux cents hommes environ, prenant la route de Vico, il arriva au point du jour et fit mettre à sac quelques boutiques de marchands génois qui y négociaient" (Marc Antonio CECCALDI, "Histoire de la Corse (1464-1560)", traduction et notes par Antoine-Marie GRAZIANI). 

   Une lettre existant dans les Archives de St Georges prouve qu'il se trouve à Soccia le 19 mars.

   Les effectifs de ses troupes atteignent 7.000 hommes et 200 cavaliers, recrutés dans les villages dévoués des Deux Sorrù (et donc sûrement à Poggiolo). Mais l'arrivée de l'été et des moissons entraîne de nombreuses désertions de ces soldats-paysans. Il doit alors se replier sur le château de la Zurlina (certains, comme François-Guillaume ROBIQUET, dans "Recherches historiques et statistiques sur la Corse" écrites en 1831, parlent de la Forcina, juste au-dessus). Le site était inexpugnable mais les Génois font prisonnier son fils Orlando entre Murzo et Vico (où il se rendait pour une intrigue amoureuse). Giovan Paolo capitule de nouveau et repart en Sardaigne. Il décéda à Rome en 1516.

  Avec sa mort et celle de Rinuccio della Rocca en 1511, disparaît la dernière grande maison féodale de l’île et s'achèvent les guerres cinarchese.

   L'ordre génois règne.

 

(à suivre)

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 17:58

    A la suite de la bataille navale de La Meloria (1284),

http://www.herodote.net/Images/Meloria.jpg

Pise est définitivement éliminée de Corse par Gênes, malgré la résistance de Giudice de Cinarca.

   Le Génois Luccheto Doria, nommé vicaire général, obtient le rapide ralliement de tous les nobles corses à la République.

 

L'anarchie des XIVème et XVème siècles

     Le XIVème siècle est plutôt calme dans l'Au-Delà et permet aux Cinarchesi de s'enrichir grâce aux impôts sur leurs sujets.

   Cependant, "en 1393, des membres de la faction populaire, lassés des désordres engendrés dans la seigneurie de Leca, alors limitée aux pièves du Vicolais et au Sia (Ota), par la rivalité opposant le seigneur cinarchese, Nicolo de Leca, à son cousin Ghilfuccio et par l'assassinat de ce dernier, ont à nouveau recours à Gênes. L'intervention du gouverneur génois Battista de Zoaglio, auquel le parti populaire du nord de l'île prête son concours, met fin au pouvoir de Nicolo et entraîne, notamment, la destruction du château de Leca (à Arbori). Mais ce territoire retombera vite dans une anarchie commune à l'ensemble de l'île." (d'après: http://deuxsevienvironnement.e-monsite.com/)

 

80px-Armoiries_G-nes.png

blason de Gênes

 


 

    Le siècle suivant, le XVème, est une période de véritable anarchie où s'affrontent Gênes, l'Aragon, le Milanais, le duché de Piombino, les caporaux (notables locaux du nord), les évêques, etc, etc.

    Les alliances sont nouées et détruites continuellement. Les combats et les exécutions les plus cruelles sont incessants. Les châteaux sont pris et repris, détruits et reconstruits.

 

Vincentello et Raffé

    Vincentello d'Istria (à droite, statue édifiée à Biguglia), débarque à Sagone en 1404

http://www.colonnadistria.net/GaleriePhotos/Vincentello_d_Istria/Carrefour_Ceppe.JPG

et devient comte de Corse (en 1407), puis vice-roi d'Aragon (en 1420). Son principal adversaire est Rinuccio de Leca qui fait ériger, de 1413 à 1414, sur le dernier contrefort de la crête d'Andatone (Ota), le château ou castellu di Rocche di Sia commandant la basse vallée du Porto. 

   Après l'exécution de Vincentello le 27 avril 1434, sur les marches de l'escalier du palais ducal de Gênes, Rinuccio prend possession du château de Leca (près de Vico, entre Arbori et le Liamone) restauré par Vincentello, et étend sa seigneurie aux pièves du Vicolais. Il est tué dans une escarmouche en 1445.


    Son fils Raffé (Raffaello) de Leca se soulève en 1454. Il est assiégé dans le château de Cinarca (voir épisode précédent), entre le 18 août et le 30 novembre, par les Génois qui engagent d'importantes troupes soutenues par quatre bombardes. Il obtient une reddition honorable. Mais il se révolte de nouveau et il est capturé dans son château, par les troupes d'Antonio Calvo, "en même temps que vingt et un de ses frères et cousins germains. Tous sont mis à mort, le même jour, et son cadavre sera même coupé en quatre morceaux, pour être exposés à Biguglia, Bonifacio, Calvi et Corte, alors que sa tête, salée, est envoyée à Gênes." (François PAOLI, "Letia et la région de Vico", p. 32).

 

http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg


    Ce massacre s'accompagne d'une répression brutale dans toute la région. "Parmi les villages ainsi dévastés et brûlés, se trouvaient forcément ceux de Evisa, Tasso, Marignana et Cristinacce, et, en même temps que les différents hameaux de Vico, les villages de Renno, Balogna, Letia et Murzo. Sans préjuger d'autres destructions, ici ou là" (F. PAOLI, op. cit., p. 33). Rien n'interdit de penser que Poggiolo ait fait partie des villages victimes


 

Mais le pire était encore à venir.


(à suivre)

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 18:01

   Poggiolo apparaît très rarement dans les documents concernant l'histoire de la Corse. Pourtant, le village se trouve dans un territoire qui joua un grand rôle au Moyen Age. Ces  articles vont résumer cette période en indiquant en quoi les Poggiolais ont pu y participer.

   Poggiolo faisait alors partie de la Terre des Seigneurs.


    La Corse est divisée en deux départements depuis 1975. La limite administrative correspond à la ligne de partage naturel des eaux. Elle est également une coupure historique entre En-Decà des Monts (Di quà da i monti) et l'Au-Delà des Monts (Di là da i monti). Ces dénominations ont été données par rapport à l’Italie péninsulaire ou «Terre Ferme».

    L'Au-Delà était appelé aussi la Terre des Seigneurs car des nobles y firent longtemps sentir une puissance qui eut du mal à s'imposer de l'autre côté et disparut au XVème siècle.

   Les plus puissants de ces seigneurs furent le plus souvent ceux de Cinarca dont la zone d'influence comprit Poggiolo.

    L'histoire de ces seigneurs est très compliquée et, pour le début du Moyen Age, les documents font défaut.

   Dans ces trois articles, nous n'allons pas en raconter tous les détails mais nous insisterons sur ceux impliquant les Deux Sorru.


http://rapaggio.free.fr/photos/carte_de_Corse.jpg

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Les seigneurs de la Catena

 

    La tradition fait remonter les seigneurs corses au IXème siècle, quand le pape Etienne IV lança une expédition, commandée par le comte romain Ugo Colonna, pour reprendre la Corse aux Sarrasins, peut-être en 816.

    "L’île libérée, Ugo Colonna institua en l’an 818, son neveu Orlandino seigneur de la contrée de Vico. Orlandino Colonna fit construire un Château, à Letia, appelé le castello della Catena, et un autre, à mi-chemin entre Sia et Salognu qu’il appela Geneparo. Le castello de la Catena était bâti sur un arc naturel de pierre qui surplombe deux précipices ce qui le rendait aisément défendable. Les études archéologiques confirment le récit de Giovanni della Grossa en indiquant que les ruines du Castello remontent au IXe siècle." (extrait du site http://letia-catena.fr). Giovanni della Grossa écrivit au xve siècle le premier grand texte historique et littéraire corse.

http://letia-catena.fr/images/zurlina/catena.jpg(vestiges du castello della Catena)


    Après l'an 1.000, "sans nous donner, malheureusement, de dates précises, la chronique de Giovanni della Grossa relate comme un fait exemplaire la rébellion des Rolandinacci de Vico contre leurs cousins Cinarchesi, eux-mêmes très divisés entre eux. Elle évoque, un peu plus loin, une prise de possession du château de la Catena par ces mêmes Rolandinacci. Avant que les Amondaschi, probablement des montagnards venus de villages pas très éloignés," (alors pourquoi pas de Sorro in Sù?) "ne viennent démolir le château, quelque temps après. Il faudra, une nouvelle fois, le reconstruire" (François PAOLI, "Letia et la région de Vico du Moyen Age à 1950", p. 23).

    Après une période de chaos, vers 1112, deux héritiers des Cinarchesi, de la famille de Leca, Arrigo et Diotaiuti, exilés en Sardaigne, débarquent dans l'île et s'en emparent avec l'accord de Pise, gestionnaire de la Corse depuis la décision papale de 1077. Diotaiuti ajoute le Vicolais à ses possessions de la Cinarca.

 

Le château de la Cinarca

    La Cinarca est le territoire du golfe de la Liscia et de Sagone. Le château, dont la première mouture datait du IXème siècle, dominait l'actuel village de Tiuccia du haut de sa butte de 222 mètres d'altitude d'où tout le golfe et la vallée du Liamone peuvent être surveillés. Le castellu, bordé par des à-pics vertigineux, avait une très bonne position défensive et n'avait pas besoin de fossés creusés par les hommes. On peut encore en apercevoir les restes depuis la route.

 

carte Cinarca


Casteddu-Capraghja

panorama Cinarca 1

panorama Cinarca 2

photos extraites du site: http://randonnee.cinarca.free.fr/Casteddu/Casteddu-di-Capraghja.htm

 

   Sur la partie supérieure, se trouvaient un petit donjon carré et un autre de forme circulaire (la torre bianca), à trois étages, avec des murs de trois mètres d'épaisseur. Une citerne d'eau de pluie et un palazzo de deux niveaux se trouvaient entre ces deux tours. La garnison comprenait 23 soldats au XVème siècle, et même 120 lors du siège de 1454.

casteddu 16s smallReconstitution du castellu à la fin du XVème siècle 

http://www.educorsica.fr/storia_di_a_corsica/moyen_age.html

 

   Les différents seigneurs qui voulurent prendre le titre de comte de Corse devaient être maîtres de ce lieu, dont la charge symbolique était très forte.


    Les Génois prenant progressivement pied en Corse, le pape Innocent III partage en 1133 les évêchés. Aleria, Ajaccio et Sagone dépendent de l'archevêque de Pise, les autres de celui de Gênes. Les Pisans ne se préoccupant pas des rivalités seigneuriales, qui multiplient combats et assassinats, les seigneurs de Cinarca s'imposent. 

   L'histoire, très compliquée, de ces seigneurs est racontée avec de nombreux détails dans   l'excellent blog casa-di-a-memoria de Sari d'Orcino.


(à suivre)

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 18:00

    En automne dernier, le blog de Poggiolo a publié un feuilleton sur la répression du banditisme corse en 1931, sous le titre générique "L'épuration du maquis". Les  épisodes ont eu un certain succès.


80px-Armoiries_G-nes.png


    En ce début d'été, pour le mois de juillet, nos lecteurs vont bénéficier d'une nouvelle série historique en huit épisodes.

   Le voyage dans le temps nous transportera à la fin du Moyen Age, quand les seigneurs de la Cinarca luttaient contre la domination génoise. Poggiolo et les villages voisins ont été entraînés dans ces conflits. Ils ont été victimes de la répression cruelle des Génois et ils ont bien failli disparaître complètement.


http://queenofshadow.q.u.pic.centerblog.net/lrdspba7.jpg

    Ces textes utiliseront des livres historiques et des articles de revues en les synthétisant pour rendre la lecture abordable à tous et afin que l'on connaisse la réalité de temps qui furent très dures pour les communautés villageoises de ce coin de Corse.

   La série se terminera par la présentation du seul vestige historique proche de Poggiolo qui témoigne de cette période troublée.


    A demain pour le premier épisode!

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 17:43

Le mystère du train de Soccia est résolu. Jean-Pierre FONDEVILLE, de l'hôtel U Paradisu de Vico, a eu la grande gentillesse de faire parvenir au blog de Poggiolo des cartes postales anciennes parmi lesquelles se trouve la carte présentée dans l'article précédent.

Il y a aussi des cartes de Baloga, Guagno, Orto et Renno, décorées de fleurs et d'oiseaux.

Ces cartes étaient effectivement pré-imprimées et les mairies ou les revendeurs avaient la possibilité de les sigler au nom de leur village comme l'indique le verso illustré d'une des cartes, qui était aussi un bon de commande.

Pour être vendues, il leur fallait des illustrations passe-partout, d'où les fleurs et les oiseaux. Le train était aussi devenu tellement habituel qu'il était proposé dans la gamme.

Il serait intéressant de savoir qui a voulu imprimer le train socciais, et s'il l'a fait en toute connaissance de cause car, comme l'écrit Jean-Pierre, "cela a pu mener à des aberrations éventuelles ou aux magagne di i Monta Sega......"


Un grand merci à Jean-Pierre pour ces documents.

 

souvenir de Balogna

souvenir de Guagno

souvenir de Orto

 

 

souvenir de Renno

 

souvenir de commande

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.

 

Mardi 4 août:

bénédiction des maisons à Poggiolo.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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