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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 18:00

Où se trouve cette petite croix en bois toute simple?

Elle ne se cache pas mais peu de personnes peuvent la voir.

 

croix sentier

Elle se trouve au bord d'un sentier, celui qui relie Poggiolo à Orto. Ce chemin débute juste à côté de l'église St Siméon. Il passe entre les deux cimetières, le communal et le privé, puis s'élève en direction du village voisin. Ce trajet a été emprunté pendant des siècles jusqu'à la fin du XIXème siècle. La route départementale fut alors creusée plus bas, par le Fragnu.

Ces chemins sont bien visibles sur cette carte d'Etat-Major.

sentier Orto état-major

La croix marque à peu près le lieu le plus élevé de la marche et se trouve proche de la bifurcation qui se dirige vers Soccia. Le chemin vers Soccia n'est pas toujours bien visible. La carte de l'IGN reproduite ci-dessous n'en montre qu'un morceau. Le trajet Poggiolo-Orto a été colorié en jaune par Michel Franceschetti.

sentier Orto

A vrai dire, l'énigme était biaisée car cette croix est peut-être plutôt sur le territoire d'Orto que sur la commune de Poggiolo.

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 18:00

"Tout au long de cette semaine, le journal de 13 h, présenté par Jean-Pierre PERNAUT sur TF1, s’intéresse à la mémoire - la mémoire collective, pour éviter que ne tombent dans l'oubli, les traditions et les histoires, petites et grandes.

Aujourd'hui, mardi 16 avril, en Haute-Vienne, l'histoire de plusieurs communes passée au crible par une association de bénévoles qui se plonge dans la vie des habitants, connus ou anonymes, et les activités marquantes au fil des siècles ou les lieux. Une recherche minutieuse que l'on peut retrouver sur internet en visitant un musée virtuel."


Ce texte introduit sur le site de TF1 le reportage sur les travaux historiques menés par des habitants du village de NIEUL en Limousin. Ils (ou plutôt elles car seules des femmes sont présentées) font des recherches sur le passé de leurs familles, se réunissent régulièrement pour mettre en commun leurs découvertes et publient leurs résultats sur internet, dans un musée virtuel très bien présenté.

Pour Poggiolo, ce blog que vous lisez ici veut mieux faire connaître les temps anciens mais s'occupe aussi de l'actualité la plus immédiate. Il gagnerait beaucoup à être relayé par toute une équipe de Poggiolais qui accepteraient de mettre la main à la pâte. Les articles consacrés à notre village devraient être regroupés et étayés. Les nombreux thèmes et périodes non encore couverts devraient être étudiés.

Les ressources existent mais elles ne sont pas assez utilisées et pas suffisamment harmonisées.

 

Pour avoir une idée de ce qui est possible, regardez ce reportage et allez visiter le musée virtuel à l'adresse:

http://www.nieuletalentoursenlimousin.fr

 

 

 

http://videos.tf1.fr/jt-13h/haute-vienne-un-musee-virtuel-sur-l-histoire-de-communes-rurales-7927537.html

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 18:08

     Jean-Baptiste MARY a eu les honneurs de la "une" et de la deuxième page de "Corse-Matin" mercredi 3 avril car il dénonçait les risques que faisait courir la construction projetée d'une villa sur un site d'intérêt historique (du XIIème siècle), près du hameau de Rondulino.

Cette situation fait penser au baptistère San Ghjuvà d'Ajaccio déjà évoqué dans un autre article récent. Le patrimoine corse est en danger.


http://www.corsematin.com/media_corsematin/imagecache/article-taille-normale-nm/image/protec/2013/04/03/20644834.jpg

(photo Corse-Matin, 3 avril 2013)


 

 

   Rondulino est un des hameaux qui constituaient le village de Paomia, maintenant dans la commune de Cargese.

   Jean-Baptiste MARY, chercheur étudiant en mastère d'archéologie, est habilité à faire de la prospection à Paomia. En dehors du cri d'alarme lancé dans "Corse-Matin", son travail est expliqué dans les pages 6 et 7 du bulletin "INSEME" d'avril (lire le texte entier de l'article en cliquant ICI et ICI). Ses découvertes de nouveaux sites et l'approfondissement des sites déjà connus l'ont amené à "remettre en question l'idée que le territoire de Paomia était désertée à l'arrivée des Grecs.".

   Quand, en 1676, les Génois accueillent des chrétiens grecs de Vitylo fuyant l'occupation turque (voir l'article sur la mousse corse), ils les installent entre Sagone et l'actuel Cargese (qui n'existait pas encore) sur des lieux que tous les historiens décrivent comme abandonnés à cause de la malaria et des raids des barbaresques pillards et chasseurs d'esclaves (voir l'article sur Louis XVI et les barbaresques). Mais, pour MARY, les Corses ont été chassés de leurs propriétés. "On peut donc penser aujourd'hui que l'attaque des Corses sur la colonie grecque, au XVIIIème siècle, n'est pas une forme de campanilisme, comme cela a été suggéré autrefois. Il s'agit en fait de vengeances ayant pour but de récupérer les terres dont ils ont été expropriés".

    Campanilisme signifie: attachement exclusif à sa terre d'origine et hostilité aux étrangers.

Paomia église

Paomia plaque

(photos Michel Franceschetti, juin 2011)


    Les raids contre ces étrangers protégés par l'Etat (génois puis français) ont eu lieu le 30 avril 1731, en 1793 et en 1814.

    Ils ont pris la forme de groupes armés nombreux (plus de deux mille en 1731) et rassemblant tous les groupes des habitants des villages de montagne. Quels villages? Vico, Letia, Renno et Balogna étaient concernés en premier lieu car ils étaient coupés de leur débouché littoral et des lieux de pâturage hivernaux où mener les troupeaux en hiver. Mais les textes mentionnent parfois des gens de Soccia et Guagno dans ces expéditions militaires.

   Rien n'interdit de penser que des Poggiolais se soient solidarisés avec le reste de la juridiction de Vico pour chasser les Grecs. Il y  a là matière à creuser, non pas la terre comme MARY, mais en dépouillant les vieux documents.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 17:41

    Poggiolo est un cas particulier dans la piève de Sorru in Sù. C'est une commune mais qui est composée de deux hameaux séparés par trois kilomètres: Poggiolo et Guagno-les-Bains. Mais le terme "hameau" n'est pratiquement jamais utilisé. Quand on parle du "village", il s'agit bien de Poggiolo.

   A la suite de péripéties assez compliquées entre Poggiolo, Soccia, Guagno et Vico, Guagno-les-Bains fut rattaché à la commune de Poggiolo. La délibération du Conseil Général de Corse du 17 septembre 1850 fut entérinée par le décret du Prince-Président Louis-Napoléon BONAPARTE en date du 19 septembre 1852 (voir article sur ce sujet ICI). L'enjeu était important car c'était l'époque où la station thermale prit son essor avec la création de l'hôpital militaire et le début du tourisme de cure. Guagno-les-Bains eut au cours du XIXème siècle une activité touristique et commerciale importante alors que Poggiolo était agro-pastoral.

   L'Etat reconnut la nécessité d'une administration particulière à la bourgade en créant, le 19 janvier 1897, au sein de la municipalité poggiolaise, un adjoint spécial s'occupant de l'état-civil et de l'exécution des lois. Il était un véritable "sous-maire" pour Guagno-les-Bains. Le décret du Président de la République Félix FAURE était contresigné par Louis BARTHOU, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Jules MÉLINE.

   On peut remarquer que le texte du décret publié dans le "Bulletin des Lois" emploie le terme de "section" pour désigner Guagno-les-Bains.

adjoint spécial

   Ce cas très particulier d'un adjoint spécial provoqua même un certain embrouillamini http://missiontice.ac-besancon.fr/college_le_rochat/site_hg/CONCRESISTANCE/image/PETAIN.jpgjuridique pendant la seconde guerre mondiale.

   Le maréchal PETAIN, ayant obtenu les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940, fit procéder à la dissolution de nombreuses municipalités jugées trop peu favorables à l'Etat Français et à son œuvre de Révolution Nationale. Il en fut ainsi pour le conseil municipal de Poggiolo présidé depuis 1919 par Jean-François CECCALDI. Il fut supprimé en septembre 1941 et une délégation spéciale dirigée par Antoine-Dominique MARTINI fut mise en place.

   Les membres de la délégation envoyèrent le 22 octobre suivant une lettre au préfet Paul Louis Emmanuel BALLEY (dont l'attitude pendant la guerre est décrite ICI) pour lui faire remarquer que la dissolution du mois précédent ne faisait pas allusion à l'adjoint spécial des Bains. Celui-ci, Joseph Antoine LECA, était donc, bien involontairement, resté en place. Mais, comme il se déclarait solidaire de l'ancienne équipe municipale, la délégation spéciale proposait sa révocation et son remplacement par Jules LECA, ce qui fut fait. Puis, à  son tour,  le 24 mars 1943, Pierre CASANOVA devint l'adjoint spécial.

   Nouveau changement avec la libération de la Corse. Comme l'écrit Ours Jean CAPOROSSI sur son site consacré à l'histoire de la Corse, "toutes les municipalités indignes sont déchues. Sur 365, seules 130 restent en place". Dès les premiers jours de septembre 1943, Jean-François CECCALDI reprit sa place à la tête du conseil municipal et changea l'adjoint.

   Guagno-les-Bains jouit toujours de sa "spécialité", même si l'état-civil n'est plus son grand souci. L'adjoint actuel est Christophe BATTESTI dont on sait l'attachement à sa "section" ou à son "hameau" (voir l'article intitulé "Christophe va-t-il vivre dans l'indigence?").

    Mais peu de nos contemporains savent que cette fonction a été créée voici 116 ans.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 17:48

L'équipe du CRDP de Corse était à l'honneur dans "Corse-Matin" de samedi 26 janvier avec le résumé de la conférence de presse tenue par la directrice Brigitte REQUIER. Celle-ci a insisté sur l'objectif principal du centre qui est de  s'engager résolument vers le numérique, au profit de la population scolaire (enseignants et élèves) mais aussi du grand public. Le site educacorsica est un portail de ressources documentaires sur la Corse incomparable.

La photo publiée par le quotidien montre, avec Mme REQUIER, onze chefs de projets parmi lesquels on peut reconnaître deux Poggiolais: Jean-Baptiste PAOLI et Jean Silius PAOLI (entourés en rouge ci-dessous).

 

Poggiolais CRDP


Notre micro-région, bien représentée au CRDP, a bénéficié d'une publication de qualité. Dans la collection "Découvrir le patrimoine bâti", la brochure de 40 pages "SEVI-SORRU-CRUZZINI-CINARCA", publiée en 2010  (et éditée à Gap!) présente l'histoire et les vestiges archéologiques de cette partie de Corse où se trouve Poggiolo. Les auteurs en sont Daniel ISTRIA et Mathieu HARNEQUAUX, avec la collaboration de Philippe COLOMBANI et d'Alain GAUTHIER.

Le texte est d'un excellent niveau et il utilise les dernières découvertes historiques. Les images sont nombreuses et bien choisies.

 

C'EST L'OUVRAGE DE RÉFÉRENCE POUR NOTRE HISTOIRE.

 

Chaque famille poggiolaise (mais aussi socciaise ou ortigaise ou guagnaise) devrait en avoir un exemplaire.

Vous pouvez le lire en le feuilletant ci-dessous.

 

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 17:16

En se retournant sur les mois passés, on peut se rendre compte que l'année 2012 a été très riche dans la zone des Deux Sorru. Un exemple en est fourni par les fouilles archéologiques de la cathédrale de Sagone. Le bilan en avait été donné très tôt, dès le 19 juillet, dans "Corse-Matin" d'où sont tirés le texte et les photos suivantes.

Daniel ISTRIA a lui-même présenté les fouilles qu'il dirige dans les pages 7 et 8 numéro d'août du mensuel "INSEME" que l'on peut consulter en cliquant ICI. Le chercheur signale que les objets découverts sur le site de Sant'Appianu sont déposés au Musée archéologique de Sartène.

 


http://www.corsematin.com/media_corsematin/imagecache/article-taille-normale-nm/image/protec/2012/07/19/17767528.jpg   Le squelette d'un enfant gît sur des tuiles, dans le fond de la tombe. Plus de seize siècles séparent les restes de ce petit garçon âgé de 4 ans, au moment de sa mort, de l'équipe d'archéologues qui vient de le découvrir. Et pourtant, l'émotion est palpable sur le site de l'ancienne cathédrale de Sagone. De la vie de cet enfant anonyme, les chercheurs ne sauront rien. Seules quelques traces de porosité sur son crâne trahissent la cause probable de son décès : une anémie thalassémique.

   Le sol autour de l'édifice religieux regorge de tombes et de témoignages des siècles. C'est bien ce que Daniel Istria est venu exhumer en terre des Deux-Sorru. Chargé de recherches au CNRS, il dirige une campagne de fouilles sur le site de Saint-Appien depuis 2007 en compagnie d'étudiants en archéologie venus d'universités continentales. Des fouilles programmées et autorisées par les services de la direction régionale des affaires culturelles (Drac).

Pourquoi un évêché à Sagone ?

   Comme sur chaque chantier, les questions se bousculent. L'une d'elles préoccupe Daniel Istria : comment un siège épiscopal a pu être installé au IVe siècle dans une zone rurale éloignée de tout ? Ici comme ailleurs, la réponse est dans le sol. Et ce dernier parle bien plus que l'on ne croit, même 1 700 ans plus tard. Une ancienne villa romaine, un baptistère et une nécropole ont commencé à livrer leurs secrets. Avec parcimonie.
http://www.corsematin.com/media_corsematin/imagecache/article-taille-normale-nm/image/protec/2012/07/19/17767527.jpg
   Les deux premiers éléments avaient déjà fait l'objet d'études à partir des années soixante. Devant la cathédrale ruinée, Daniel Istria explique l'histoire des lieux situés à 200 mètres du rivage : « Au IVe siècle, le site a vu la construction d'un établissement rural de type villa. Un peu plus loin, vers le littoral, se trouvaient des bains, des logements pour des esclaves et (ou) des paysans et une nécropole », développe le chercheur en montrant les alentours.

   Autour de la cathédrale, les archéologues ont commencé à remuer la terre… à coups de pinceau. Histoire de comprendre et de reconstituer l'organisation du site en douceur. Au Ve siècle, les abords immédiats de la bâtisse accueillent une nécropole avec un mausolée. L'espace privé était-il déjà de rite chrétien ? « Il est impossible de l'affirmer pour l'instant », regrette l'archéologue. Car ce n'est qu'entre le Ve et le VIe siècle que la première église voit le jour sur les ruines de la « villa ». Aucun doute n'est permis, l'établissement est dédié à Saint Appien, ancien évêque africain. Une inscription retrouvée sur une tuile le confirme : Sanctus Appianus iubante Deo Paulus fecit (Saint Appien, réalisé par Paulus, selon la volonté de Dieu). L'édifice annonce la fondation du siège épiscopal et donc de la cathédrale. Le pape Grégoire le Grand l'évoque dans une lettre adressée à Léon, futur évêque de Sagone, en 591. Pourquoi choisir Sagone pour édifier un évêché ? « Mariana et Aléria ne pouvaient pas couvrir toute la Corse. De plus Sagone est déjà un relais local, en particulier maritime, avec l'extérieur », ajoute Daniel Istria. Dans le baptistère cruciforme, pourtant déjà fouillé, l'équipe d'archéologues a mis au jour le trône épiscopal et pas moins de trente-huit monnaies de la fin du VIe siècle.

64 tombes étudiées

   Une fois le mausolée abandonné, les occupants du lieu ont eu la bonne idée d'y entreposer des poubelles. Une mine d'or pour les scientifiques. « L'année dernière, nous avons pu découvrir de la céramique de la région de Carthage, des monnaies, des perles, des boucles de ceinture ou des lampes en verre », précise Daniel Istria. Puis, à partir du VIIe siècle, plus rien. Le sentiment que l'activité s'est totalement arrêtée jusqu'au Xe siècle. C'est dans les strates de cette période que l'équipe a découvert soixante-quatre tombes.
http://www.corsematin.com/media_corsematin/imagecache/article-taille-normale-nm/image/protec/2012/07/19/17767453.jpg
   L'occasion pour Anne-Gaëlle Corbara, doctorante à Aix et spécialiste en archéoanthropologie, d'entrer en jeu. À chaque fois, les nombreux ossements d'adultes, enfants et adolescents sont nettoyés et examinés à la loupe. « Mais ils ne nous ont rien appris de nouveau pour l'instant », souligne-t-elle. Des morts qui ne demeurent pas silencieux car ils ont permis de découvrir une véritable économie liée aux pratiques funéraires.

   Malgré la « réactivation » du site religieux au XIIe siècle, Sagone a perdu sa cathédrale au profit de Vico. Elle ne la retrouvera jamais. Pourtant, son sol regorge de trésors témoignant de la grandeur de l'église primitive qu'il ne suffit pas d'exhumer. L'équipe de Daniel Istria s'emploie aussi à les faire parler.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 18:00

    Etait-ce parce que le président de la république française devait aller en voyage officiel en Algérie les 19 et 20 décembre ou était-ce un simple hasard?

   Toujours est-il que la chronique "Storia e storie" de Jean-Pierre GIROLAMI, dans "La Corse-Votre hedo" du 14 décembre, a pour titre "Louis XVI libère les Corses des barbaresques" et raconte comment le roi de France a fait libérer les Corses esclaves en Afrique du Nord..


    Pendant longtemps, la Corse a souffert de la piraterie et des raids barbaresques qui s'emparaient des habitants pour les vendre comme esclaves sur les marchés des ports du Maghreb.

http://web.ac-corse.fr/clg_porticcio/docs/histoire/barbaresques.jpg

    Les villages côtiers, trop exposés aux attaques, furent abandonnés du XVIème au XVIIIème siècle. A partir de 1569, l'évêque de Sagone dut même s'installer à Vico. Mais les pirates musulmans pouvaient parfois avancer loin à l'intérieur des terres, surtout à partir du golfe de Porto où ils préparaient leurs attaques avant la construction de la tour génoise. Des Poggiolais en furent peut-être victimes.

    Dans son étude sur "Letia et la région de Vico dans l'histoire de la Corse", François PAOLI donne des exemples bien précis sur les malheurs provoqués dans notre micro-région:

  "Cristinacce avait ainsi été la cible d'un raid terrible en 1550, à l'occasion duquel quatre-vingts personnes avaient été emmenées en captivité. En 1565, ce serait le tour d'Ambiegna, avec la prise de quarante-quatre habitants. Entre temps, en avril 1564, c'était au tour de Chidazzo et de Marignana de se trouver victimes d'une attaque. Celle-ci allait être victorieusement repoussée, grâce à l'alliance et l'intervention rapide des habitants des villages alentour, faisant plus d'une centaine de morts parmi les assaillants. Ceux-ci semblaient avoir été guidés par un renégat originaire de Renno, un certain Griscello. Il allait en être de même, au mois de mai suivant, à Appricciani, à côté de Vico.

A Letia, quand on étudie la liste des habitants établie pour le paiement des "tailles" en 1591, on ne trouve pas moins de deux "chefs de feu" prisonniers des Turcs."

 

 

    L'article de Jean-Pierre GIROLAMI raconte la fin de ces souffrances. En 1779, après http://www.visitvoltaire.com/images/louis_16_26k.jpgque le Roi de France eut payé une rançon de 250.000 livres au bey de Tunis et au dey d'Alger, un navire suédois ramena à Marseille cinquante-sept esclaves corses ainsi que vingt-quatre femmes et enfants provenant d'Alger et de Tunis. Ils avaient tous été capturés avant 1768, date du rattachement de  la Corse à la France. Un traité signé en 1770 obligeait les Tunisiens à rendre  immédiatement  les Corses capturés après ce rattachement.

    Le 19 août 1779, les Corses débarquèrent à Calvi, puis le 21 à Saint-Florent, puis à Bastia et les derniers, originaires du sud, arrivèrent le 2 septembre à Bonifacio et le 5 à Ajaccio. Ce retour fut accompagné de grandes cérémonies et d'acclamations qui en firent une excellente opération publicitaire pour le roi Louis XVI.

   Notre canton était concerné car deux des libérés, rachetés à Tunis, étaient originaires de Sagone:

- ROSSI (Georgio), capitaine, 47 ans, et "chef" du groupe des esclaves ramenés de Tunis (c'est lui qui a la liste de ses compagnons d'infortune). Accompagné de deux de ses filles. "Il fait part de son désir de servir sur mer, pour le roi, comme avant pour la nation corse"

- MARCHETTI (Sébastien), matelot, qui a 80 ans et qui détient le triste record de captivité au Maghreb: 41 ans!!!

 

   Si la Corse n'eut plus à en souffrir, la piraterie persista en Méditerranée jusqu'à la prise d'Alger par les troupes de Charles X en 1830.

 

   Mais tout cela est un passé très lointain...

 

   Renseignements complémentaires:

http://www.lafoliedix-huitieme.eu/les-lys-leur-eclat/topic2300.html

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 19:07

   Deux articles précédents (sur la rentrée scolaire et sur le bonheur d'enseigner) ont montré l'importance que les Poggiolais donnaient à l'école au XIXème et au XXème siècle. Egalement, au XVIIIème siècle, pendant le règne de Louis XVI,  l'instruction était bien organisée dans ce village comme dans ceux des environs. La piève n'était pas un désert culturel.

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782846980241.jpg    L'ouvrage de référence en la matière est l'excellente  "Histoire de l'éducation en Corse" publiée aux éditions Albiana sous la direction de Jacques FUSINA. Parmi ses 625 pages, un chapitre sur "La Corse du début des Temps Modernes à la Révolution française", dû à Antoine Laurent SERPENTINI, nous renseigne utilement.

    Il indique que, à la fin du XVIIIème siècle, un tissu de petites écoles existe bien dans les campagnes corses. En calculant le rapport entre le nombre d'élèves par communauté (ou village) au nombre de feux (ou familles) qui la composent, on arrive à 30% pour la province de Vico contre seulement 18,7% pour le diocèse d'Ajaccio. L'existence du couvent de Vico dans cette performance est certainement un facteur d'explication important.

    Il est également remarquable que, dans la province de Vico, tous les responsables communaux savent écrire puisqu'ils signent des rapports adressés à l'administration royale.

    La pièce centrale pour nous est justement le rapport de M. de Bestagne, subdélégué de la province de Vico, à l'intendant, M. de Boucheporn, sur la situation des écoles primaires, en date du 26 mai 1783.

    Ce texte contient les rapports envoyés par les responsables de chaque communauté au subdélégué qui en fit ensuite une synthèse.

    Pour POGGIOLO (orthographié PIOGGIOLO dans le document), le rapport est daté du 30 avril 1783 et porte les signatures de "Francesco FRANCESCHETTI, Podestat; Gio-Stefano PINELLI et Paolo MARTINI, padre del comune".

    Francesco FRANCESCHETTI (1750-1818) fut ensuite élu au Parlement anglo-corse, comme un précédent article l'a relaté (voir ICI). Les actuels FRANCESCHETTI descendent de son frère Anton Francesco.

    En 1783, POGGIOLO avait "une école dirigée par le diacono Giovan-Antonio PINELLI, et comptant 16 élèves, dont 3 étudiant les principes de la philosophie, 3 la langue latine avec traduction de Cicéron, des épîtres et du bréviaire; 5 apprennent à lire et à écrire, et 5 à lire seulement." Les niveaux étaient donc très variés mais le diacono (diacre) PINELLI semblait assez bien s'en sortir. Ce personnage eut d'ailleurs une grande importance, non seulement pour POGGIOLO, mais pour l'histoire de toute la Corse sous la Révolution et l'Empire. Un article prochain sera consacré à sa carrière.

   Ce maître était rétribué par "34 sous, 24 sous et 16 sous par mois, suivant les cours, sans aucun autre supplément".


     Que dit le rapport du subdélégué M. de Bestagne sur les villages voisins?

         - GUAGNO: 40 écoliers payant 20 ou 10 sous par mois selon leur niveau, et également 4 petits pains par semaine. Le directeur de l'école est Carlo-Maria LECA, prêtre desservant.

         - SOCCIA: "l'abbé, Giovan-Simone, DEFRANCHI, curé doyen, enseigne gratuitement à 4 élèves, ses parents, la philosophie et la théologie morale. De plus, le jeune abbé OTTAVJ Giovansilio, un des élèves de théologie du piévan, fait classe, comme adjoint, à 3 parents auxquels il enseigne la grammaire latine, et à 11 autres enfants du village auxquels il enseigne la lecture et l'écriture."

         - ORTO: aucun renseignement. Le document a dû être perdu.

   Même s'ils étaient de simples paysans, les habitants de nos villages savaient que l'école était importante. Ils n'auraient certainement pas interrompu un cours d'arithmétique comme le fit le populaire et mythique Grossu Minutu.

 

grosso minuto école

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 18:00

   La forêt de Libbiu, dont il a été question la dernière fois, avait autrefois un rôle économique important de par l'exploitation de ses arbres et de par l'élevage qui s'y pratiquait. Cette importance explique la poussée de fièvre qui, au XIXème siècle, opposa habitants de Poggiolo et de Rosazia.

   Après la création des communes par la Révolution Française, il fallut parfois du temps pour appliquer ce principe dans toute la Corse.

   Ce n'est qu'en 1835 qu'eut lieu la délimitation de la forêt domaniale de Libio-Tritorre (orthographe de l'époque et en partie encore utilisée par les cartes de l'IGN) mais la réclamation de Jean-Baptiste MARTINI entraîna un procès, premier épisode d'une opposition entre les deux villages sur l'attribution de ces terrains.

    En août 1863, le maire de Poggiolo Jean-Baptiste Etienne DEMARTINI (né en 1832 et décédé en 1897, maire de 1860 à 1867) se plaignit que les gens de Rosazia, mécontents du tracé intercommunal, aient, maire en tête, enclavé les terrains contestés derrière des clôtures qu'ils avaient édifiées.

    Le 1er juin 1865, l'escalade prit une tournure plus grave car les habitants de Rosazia mirent le feu à des cabanes de bergers poggiolais à Libbiu. 

    Voici ce qu'écrivit le maire de Poggiolo dans sa lettre au Préfet de Corse le 2 juin,  lettre conservée aux Archives départementales d'Ajaccio:

    "Je suis obligé pour le troisième fois de vous écrire pour vous faire connaître la conduite tenue par M. le Maire de Rosazia. Le 1er du courant il s'est rendu à la tête de ses habitants dans la montagne de Libio, propriété qui appartient de temps immémorial aux particuliers de Poggiolo, et a mis le feu aux cabanes et aux bergeries des bergers de Poggiolo bâties en pierre qui y existaient depuis plus de cent années. Les pauvres bergers ont vu consumer sous leurs yeux leurs abris et même le peu de mobilier qu'ils y avaient. Cet acte barbare a irrité les habitants de ma commune. Pour contenir leur indignation, j'ai été obligé à inviter la gendarmerie de Guagno à se rendre sur les lieux du dégât le deux du mois de juin où plus de cinquante hommes de ma commune s'étaient rendu pour demander raison à M. le Maire de Rosazia qui s'y trouvait avec ses habitants."

  lettre Libbiu(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

    L'affrontement physique fut évité et l'affaire retourna entre les mains de la justice.

    En mai 1867, le tribunal d'Ajaccio donna gain de cause aux Poggiolais qui se plaignaient d'avoir à payer des impôts à Rosazia. Par là, les juges reconnaissaient que ces terrains étaient sur la commune de Poggiolo.

    La décision finale revint, en 1873, à la cour d'appel de Bastia qui fixa les limites de Libbiu entre les deux communes.

    Il fallut attendre décembre 1881 pour que le bornage fut réalisé.

   Sur cette carte, les lignes jaunes représentent les limites actuelles, désormais non contestées,  des communes. Sur les flancs du Ciarbellu, jusqu'au sommet, la forêt de Libbiu est bien poggiolaise. Les conflits sont apaisés.

 

 

 

La fièvre monte à Libbiu
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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 18:00

    En Corse, les traditions locales (et plus exactement les fêtes de la Nativité de la Vierge) sont la cause d'une rentrée scolaire décalée par rapport au continent. Cette année, la rentrée scolaire des enseignants a été fixée au vendredi 7 septembre et celle des élèves au lundi 10 septembre. Mais il faut que les bâtiments aient été préparés pour ce jour et que le matériel ait été renouvelé. Cette préoccupation a toujours été, depuis Jules Ferry, celui des municipalités qui ont la responsabilité des écoles primaires.

    Poggiolo s'en est souvent soucié, comme le montre le devis qui est publié ci-dessous.


    Comment? Il n'existe plus d'école à Poggiolo depuis plus de quarante ans?


   C'est exact (voir article sur les instituteurs de Poggiolo en cliquant ici) mais ce document date de 1884. D'ailleurs, ce "devis estimatif des objets mobiliers nécessaires à l'école", qui se trouve aux Archives Départementales d'Ajaccio, concernait seulement celle de Guagno-les-Bains qui, comme il est écrit sur cette feuille, est un "hameau de POGGILOLO (sic)".


Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

devis école 1884

    NICCI Antoine Joseph, qui se qualifiait de "fournisseur", s'engageait à fournir 11 articles indispensables au bon fonctionnement de l'école, à savoir:

 

1° Une carte de France

2° Une carte d'Europe

3° Un planisphère ou carte Mappemonde

4° Une carte de la Corse

5° Un boulier-compteur

6° Une méthode de lecture par Néel

7° Un tableau du système métrique par Linarès

8° Un bureau-table avec siège

9° Une collection de 40 ardoises quadrillées pour dessin

10° Une collection de bons points

11° Une pendule œil-de-bœuf.

 

    Les lignes 12 et 13 concernaient les taxes à verser pour ce document.

    On peut remarquer que cette liste donnait la quasi-totalité du matériel dont une école de l'époque avait besoin: quatre cartes pour la Géographie, une méthode pour la lecture, un boulier et un tableau du système métrique pour les Mathématiques, des ardoises "quadrillées pour le dessin" mais aussi pour l'écriture et l'orthographe. Les méthode Néelbons points  étaient absolument indispensables pour récompenser les bons élèves.  


    La méthode Néel qui était précisée dans la commande substituait, au manuel de lecture simple, le livre unique qui permettait de lier la lecture, l’orthographe, l’écriture et les leçons de choses.


   Il est à remarquer que la commande portait sur 40 ardoises. Correspondait-elle au nombre d'élèves, en comptant plusieurs ardoises de réserve pour remplacer celles qui se détérioreraient? Ce n'est pas invraisemblable car une lettre du maire dénombrait, en 1886, 32 garçons et 26 filles à l'école de Poggiolo.


    L'instituteur devait avoir un bon bureau puisque celui-ci coûtait 40 francs sur un devis total de 150,10 francs. Il pouvait aussi connaître l'heure en permanence grâce à l'horloge (coût: 35 francs).

   L'année précédente, l'instituteur de Poggiolo avait déjà eu droit à un peu de confort comme l'indique le devis établi par DESANTI François-Marie, menuisier, le 25 janvier 1883: "une estrade avec table et chaise pour le maître" coûtait 35 francs. La commande portait aussi sur "un tableau noir" (13 francs).

 

Cliquer pour agrandir

 

devis estrade 1883

    Il est difficile de donner une équivalence précise entre le franc-or de l'époque et l'euro actuel mais on peut évaluer 1 franc entre 2,5 et 3 euros.

   Les devis furent acceptés par le maire DESANTI Jules Martin (né en 1831 et décédé en 1910) qui dirigea la commune de 1880 à 1888.

   Instituteur et élèves furent comblés. Mais il est permis de se demander si la rentrée eut vraiment lieu dans les meilleures conditions: à cette époque-là, la scolarité reprenait le 1er octobre; or, le devis de NICCI fut présenté durant ce mois et on peut supposer qu'il fallut  quand même du temps pour que tout le matériel fut livré.

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  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.

 

Mardi 4 août:

bénédiction des maisons à Poggiolo.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

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Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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