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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 17:19

Geneviève MORACCHINI-MAZEL vient de disparaître vendredi 14 février.

Cette archéologue de grande valeur avait révélé la richesse du patrimoine architectural médiéval de la Corse.

L'article paru dans "Corse-Matin" du 15 février, reproduit ci-dessous, donne plus de renseignements sur son œuvre (cliquer sur l'image pour l'agrandir).

Dans son livre sur les églises romanes de Corse, référence incontournable, elle mentionnait Sant'Anorilla (déformation de Santa Maria), qui fut sans doute le premier édifice chrétien de Sorru in Sù et dont il ne reste plus rien que quelques pierres réutilisées dans des murs de clôture, du côté des Trois Chemins.

On nous a signalé sur place, notamment le chanoine A. M. Pastinelli, curé de Soccia, le lieu-dit Sant'Anorilla, très bien situé au centre de la vallée à une croisée de chemins muletiers. Les petites pierres taillées que nous y avons vues dans les murs des propriétés alentours sembleraient effectivement indiquer un édifice du Xème siècle.

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Le chanoine Ange-Mathieu Pastinelli, fut curé de Soccia de 1928 à 1955.

Les églises romanes corses ont perdu leur protectrice
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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 18:13

Une des bases essentielles du bon fonctionnement de la vie municipale est la publicité des réunions et des décisions des élus.

Mais ce principe est parfois oublié. Ce fut le cas à Poggiolo au XIXème siècle.

Une lettre envoyée au Préfet le 9 mai 1895 nous l'apprend. Elle fut écrite par Jean Dominique MARTINI, dit CITARINU, qui naquit en 1833 et mourut en 1895. Il était alors conseiller municipal mais opposé au maire Jean Noël CECCALDI (1850-1925) qui dirigea la commune de 1894 à 1901. 

 

UNE SÉANCE TARDIVE

L'auteur de la lettre signala au représentant de l'Etat qu'une séance extraordinaire du conseil municipal poggiolais avait eu lieu le 28 avril à huit heures du soir. Il ajouta que "ce fut avec calcul que la séance avait été fixée à huit heures du soir". La suite du texte permet de comprendre que le choix de ce moment avait pour but de l'écarter.

Jean Dominique MARTINI put participer aux délibérations qui n'épuisèrent pas tout l'ordre du jour, l'étude de la construction d'une fontaine étant renvoyée au 1er mai, et encore le soir.

Mais, cette fois-ci, CITARINU ne put venir, "étant un peu indisposé et à mon âge très avancé, ce n'est pas sans beaucoup de peine que l'on peu (sic) marcher la nuit". Il avait alors 62 ans.

Une semaine plus tard, le 9 mai, il demanda à la mairie de lui fournir un extrait de la délibération.

 

DEUX ILLÉGALITÉS

Il y avait un grand intérêt car il était "propriétaire de la source que l'on veut captiver" (sic). Le maire lui répondit de s'adresser à la Préfecture. Cette attitude du premier magistrat communal n'était pas du tout conforme à la loi. En effet, l'article numéroté actuellement L. 2121-26 dans le Code des collectivités locales (mais qui existait alors avec les mêmes termes) déclare clairement:

"Toute personne physique ou morale a le droit de demander communication des procès-verbaux du conseil municipal, des budgets et des comptes de la commune et des arrêtés municipaux. Chacun peut les publier sous sa responsabilité.

La communication des documents mentionnés (...) peut être obtenue aussi bien du maire que des services déconcentrés de l'Etat".

Autre infraction dénoncée dans la lettre: les compte-rendus des deux dernières réunions n'étaient pas affichées (contrairement à ce que dit l'article numéroté maintenant L. 2121-25).

Mais, au-delà de cette querelle, Jean Dominique MARTINI révéla au Préfet la façon de procéder de Jean Noël CECCALDI: " C'est un Maire qui aime beaucoup à travailler en cachette on dirait qu'il a honte de faire connaitre ses actes" (ponctuation et ortographe respectées).

Cet incident avait fortement perturbé une santé délicate et joua peut-être dans le décès de Jean Dominique quatre mois plus tard, le 6 septembre 1895.

La commune de Poggiolo inaugura la fameuse fontaine en 1898.

Il est évident que de telles méthodes autocratiques furent rarissimes à Poggiolo. 

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Tout cela appartient à une époque révolue depuis longtemps…

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Les documents de cet article sont consultables aux Archives Départementales d'Ajaccio.
Péripéties municipales: le maire aime le secret
Péripéties municipales: le maire aime le secret
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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 17:24

La passion des Poggiolais pour les élections a toujours été très grande. Ils tiennent tellement à voter qu'il a même fallu, une fois, enlever l'urne pour échapper à la horde des citoyens voulant absolument déposer leurs bulletins.

Cet épisode se déroula le jour des élections municipales du 13 janvier 1878.

UN CURIEUX RAPPORT DE GENDARMERIE

Il est raconté par les gendarmes Paul François BOROSSI et Paul Vincent LUCCIONI, des brigades de Soccia et de Vico, dans le procès-verbal, consultable aux Archives Départementales d'Ajaccio, qui fut établi ce jour-là "à trois heures du soir". Ce P.V. constatait: 

"Elections de Poggiolo suspendues par le maire de cette localité, par suite d'incident survenu par le Mr. ANGELI Jean, âgé de 66 ans, laboureur, demeurant aux bains de Guagno, lequel voulait voter sans être porté sur la liste électorale."

Le texte, disponible en entier ci-dessous, raconte que le maire, Martin DEMARTINI, s'était présenté aux gendarmes pour leur déclarer que Jean ANGELi avait voulu voter et que le maire avait ajourné les élections et emporté l'urne chez lui.

Ce rapport est assez curieux:

- curieux que le maire ait décidé d'emporter l'urne chez lui au lieu de la laisser dans le bureau de vote fermé à clef

- curieux qu'il ait été forcé de prendre cette décision à cause de l'attitude d'un seul homme

- curieux que le maire n'ait pas appelé ces gendarmes "se trouvant à cinquante pas environ de cette maison" où se devait se dérouler le scrutin

- curieux que les gendarmes de Guagno-les-Bains (un caporal et trois hommes) présents dans la salle ne soient pas intervenus.

Péripéties municipales: une urne très convoitée

GUAGNO-LES-BAINS ET LES BONAPARTISTES

En fait, Jean ANGELI n'était pas seul à avoir voulu voter sans être inscrit. La lettre écrite le 23 janvier 1878 au préfet par Jean PAPADACCI mentionnait, en dehors de Jean ANGELI (1799-1881):

- Antoine Joseph RICCI

- Alexandre de la ROCCA

- Jean-Baptiste DEBIENVILLE

Tous étaient de Guagno-les-Bains.

Le signataire, "cordonnier aux Bains de Guagno", basait sa réclamation sur une "décision du Juge de Paix du Canton de Soccia rendue le 17 février 1877" qui lui avait donné le droit de voter à Poggiolo avec les quatre autres nommés.

Après avoir mentionné le refus du maire à les faire voter, PAPADACCI terminait en espérant "que vous reviendrez sur cette détermination qui a été sans doute prise par suite de renseignements inexacts et que vous ne voudriez pas priver des citoyens d'un droit qu'ils ont légalement acquis".

Ici, il faut donc comprendre que l'attitude du maire ait été dictée par une décision préfectorale.

Des explications se trouvent dans deux lettres de Martin DEMARTINI décrivant les incidents au Préfet de la Corse. Toutes deux sont datées du 13 janvier 1878, jour du scrutin écourté.

On y apprend que le maire était arrivé à 8 heures du matin dans le bureau de vote qui était la salle de l'école. Mais le bâtiment appartenait à Etienne PINELLI, "bonapartiste" et "notre adversaire".

Cette salle était remplie de "bonapartistes armés de toute espèce d'armes" et aussi par "un groupe d'électeurs des Bains de Guagno qui n'avaient aucun droit à voter". Il n'est pas question du seul Jean ANGELI contrairement au rapport de gendarmerie. Ces perturbateurs avaient eux-mêmes composé le bureau avec:

Valère CECCALDI, ancien maire

Dominique François FRANCESCHETTI

Charles Marie FRANCESCHETTI

Ils tentèrent de s'emparer de l'urne. Le maire essaya de les raisonner et finit par "enlever la séance". Il n'informait pas le Préfet du transport de l'urne à son domicile et il demandait l'autorisation "de faire les élections municipales dans la salle de la Merie (sic) que tout le monde (sic) peut circuler dans danger". En tout cas, il n'évoque aucune violence physique.

Les membres du bureau auto-proclamé se justifièrent, d'après DEMARTINI, car "ce que le dernier Préfet avait fait était faut (sic), et qu'ils voulaient se faire droit d'eux-mêmes".

Il faut alors resituer la pagaille poggiolaise dans la situation politique de ce moment.

Péripéties municipales: une urne très convoitée

LE RÔLE DU PRÉFET

La Corse venait de connaître une rapide succession de préfets, liée au contexte national. Le 17 mai 1877, le duc de BROGLIE avait pris la tête d'un gouvernement d'ordre moral favorable à la monarchie. Dès le 26 mai, Emmanuel Louis GRANDVAL avait été nommé pour représenter l'Etat et cette politique dans l'île. Le 25 juin, la dissolution de la Chambre des Députés par le président de la république, le maréchal MAC-MAHON, avait été la dernière tentative des monarchistes pour garder le pouvoir en France. Mais les élections législatives des 14 et 28 octobre donnèrent la victoire aux républicains.

Le nouveau gouvernement dirigé par Jules DUFAURE nomma le 27 décembre le nouveau préfet de Corse en la personne d'Eugène SCHNERB. Cet ardent républicain, qui fut ensuite préfet de Maine-et-Loire puis directeur de la sûreté générale (poste éminemment politique), prit immédiatement des mesures contre les conservateurs dans la perspective des élections municipales de janvier 1878. Certaines d'entre elles entraînèrent des modifications des listes électorales. Les membres du bureau auto-proclamé faisaient bien allusion à ces radiations en disant "ce que le dernier Préfet avait fait était faut (sic)".

Aussi bien les trois personnes de ce bureau que les cinq électeurs des Bains étaient tous mentionnés sur les listes électorales des années 1871 et 1874 (documents se trouvant aux Archives Départementales d'Ajaccio) et, le 13 janvier 1878, ils ne pouvaient plus voter !

Mais ils n'étaient pas du bon côté de la force.

Valère CECCALDI (né en 1816 ou 1817 et décédé en 1889), Dominique François FRANCESCHETTI (le seul membre de cette famille à avoir eu ces prénoms semble avoir été celui qui fut curé d'Arro et vécut de 1827 à 1892) et Charles Marie FRANCESCHETTI (1833-1904) faisaient partie des bonapartistes armés qui avaient investi l'école.

Valère CECCALDI avait déjà été accusé l'année précédente par Martin DEMARTINI d'être "mené par des bonapartistes" (voir l'article "Péripéties municipales: le maire n'est pas là").

Dans le "groupe des cinq", on relève Alexandre de la ROCCA (1837-1880) qui était le directeur de l'établissement thermal et parent de Jean de la ROCCA, bonapartiste convaincu (dont il a été question dans l'article: Jean a-t-il triché?).

Un cocktail explosif était donc réuni:

- opposition entre républicains et bonapartistes

- sentiment des habitants des Bains d'être mis à l'écart

- modification des listes électorales au dernier moment et radiation d'électeurs anciens.

Tout semble avoir été fait pour empêcher certains d'avoir le droit de voter.

Heureusement, tout cela appartient à une époque révolue depuis longtemps.

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P.S.: Les élections de janvier 1878 donnèrent 56% des communes de Corse (dont Poggiolo) aux républicains. Eugène SCHNERB avait bien travaillé.

Le triomphe de la République

Le triomphe de la République

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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 18:03

Les élections municipales sont le scrutin préféré des Corses car ils peuvent voter pour des gens qu'ils connaissent en fonction des questions de leur vie quotidienne. Le maire a l'avantage d'être tout proche, notamment dans les villages. Mais, s'il n'est pas là, la commune ne peut plus fonctionner.

Lisons la plainte envoyée le 17 janvier 1877 par Valère CECCALDI, adjoint au maire de Poggiolo. Maçon et cultivateur, il était né en 1816 ou 1817 et mourut le 6 janvier 1889.

Il écrivait au préfet de la Corse (qui était alors Antoine Charles Léon DAUNASSANS) pour signaler "la situation, anormale, résultant des procédés de M. le Maire de Poggiolo et les inconvéniants (sic) qui en résultent".

CECCALDI indiquait au représentant de l'Etat que le tout nouveau maire (qui n'est pas cité mais il s'agit de Martin DEMARTINI)

"habite, la plus part (sic) du temps, sa maison de campagne située sur le territoire de Murzo à plus de 6 kilomètres du village, et laisse les archives et le sceau dans la maison de l'ancien Maire qui continue à être, seul, le véritable administrateur de la commune."

En réalité, la distance entre les deux villages est de 10 kilomètres mais la route n'avait pas tout à fait le même tracé qu'aujourd'hui.

L'ancien maire mentionné est Pierre MARTINI qui avait présidé le conseil municipal les dix années précédentes. Sans en avoir le titre, il continuait donc à exercer les mêmes prérogatives.

Du coup, le premier adjoint ne pouvait rien faire, même pas, en l'absence des deux maires, assister avec écharpe et drapeau à des cérémonies officielles.

Cette dénonciation avait pour but "que la loi cesse d'être violée et que, comme partout, l'adjoint seul remplace le Maire".

On peut compatir à la détresse de cet adjoint abandonné !!!

Quelques jours après, Martin DEMARTINI, sans s'expliquer sur les faits incriminés, répondit au Préfet que son adjoint était "mené par des bonapartistes". L'accusation était grave: la France avait alors une majorité républicaine à la Chambre des Députés et un président du Conseil républicain (Jules SIMON) mais un Sénat et un Président de la République (le maréchal de MAC-MAHON) royalistes. Le 16 mai 1877, MAC-MAHON renvoya Jules SIMON et décida la dissolution de l'Assemblée le 25 juin. Ce coup de force échoua en octobre avec la victoire républicaine aux nouvelles élections législatives.

Et, justement, ce fut le 17 octobre que Valère CECCALDI devint maire de Poggiolo, mais pour très peu de temps. Il céda ensuite la place à nouveau à Martin, puis à Jean-Baptiste DEMARTINI.

En tout cas, il était assez étrange d'apprendre que le maire n'habitait point Poggiolo et que l'adjoint ne pouvait rien faire.

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Mais tout cela appartient à une époque révolue depuis longtemps… 

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Les documents de cet article sont consultables aux Archives Départementales d'Ajaccio.

Péripéties municipales: le maire n'est pas là
Péripéties municipales: le maire n'est pas là
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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 18:00

L'histoire de Poggiolo est en partie liée à la personnalité et à l'action de ses maires. Afin de faire connaître ces personnages, Xavier PAOLI avait dressé la liste des premiers magistrats de la commune et de leurs premiers adjoints. Elle fut publiée dans le numéro d'avril 2008 du mensuel "L'INFO U PIGHJOLU". Elle est reproduite ici.

Elle était précédée d'un historique du mode de désignation des édiles.

 

Péripéties municipales: tous les maires de Poggiolo

Avant l'annexion de 1768, la gestion des communautés villageoises était régie par les "Statuts civils et criminels de la Corse", textes mis au point par l'administration génoise.
Sous le généralat de Pasquale Paoli, la communauté était gérée par un Podestat élu par les chefs de famille (qu'ils soient homme ou femme), assisté par 2 pères du commun. L'administration était complétée par un huissier et un chancelier et, en cas de contestation sur la valeur d'un bien, d'un "Stimadore" (élu pour 2 ans).
L'Ancien Régime conservera en gros les mêmes structures administrative et ce n'est qu'en 1789 que les Constituants créeront les "communes".
Les conseillers municipaux seront élus, selon les époques, soit au suffrage universel, soit au suffrage censitaire. Sous l'Empire, le conseil municipal reste élu, mais le Maire est nommé par le Préfet, même s'il n'est pas conseiller municipal.
Ce n'est vraiment que sous la IIIème République, en 1884, que le suffrage universel sera adopté définitivement.

Péripéties municipales: tous les maires de Poggiolo
Péripéties municipales: tous les maires de Poggiolo

Plusieurs enseignements peuvent être retirés de ce tableau.

Tout d'abord, les noms des maires sont ceux des familles existant depuis pratiquement l'origine du village:

  • 6 s'appelaient MARTINI,
  • 4 FRANCESCHETTI,
  • 4 CECCALDI,
  • 3 PINELLI,
  • 2 DEMARTINI,
  • 2 PAOLI
  • et 1 DESANTI.

Les mêmes noms apparaissent dans la liste des adjoints, avec en plus PAPADACCI et COLONNA.

L'orientation politique n'est pas indiquée mais POGGIOLO a été très tôt marquée à gauche (voir l'article: Les records de Poggiolo).

L'édile qui resta le plus longtemps à la tête de la municipalité fut Jean-François CECCALDI avec 38 ans (22 avant guerre et 16 après la Libération).

Le mandat le plus court fut celui de Anto Francescu MARTINI avec 2 mois en 1848, année troublée par l'avènement de la Seconde République et ses déchirements.

A la date du 16 janvier 2014, le maire actuel, Angèle PINELLI, était en place depuis 21 ans.

Péripéties municipales: tous les maires de Poggiolo
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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 18:00

L'article sur "L'or vert de Guagno et de Poggiolo" montrait l'étendue des terrains situés sur la commune poggiolaise et qui sont propriétés de la région. Il existe également des surfaces appartenant au conseil général de Corse-du-Sud.

Il est connu par tous que l'établissement thermal est départemental mais ce n'est pas le cas de ce seul bâtiment. La carte ci-dessous est extraite de "Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme", livre écrit par François VAN CAPPEL DE PRÉMONT, architecte du Patrimoine.

Le chiffre 1 désigne l'hôtel des Thermes et le chiffre 2 montre l'établissement thermal. Mais la partie de couleur jaune, qui représente tout ce qui est propriété du conseil général, est bien plus grande, s'étendant de la chapelle St Antoine (où se trouvait l'hôpital militaire) jusqu'au pont qui enjambe le Fiume Grosso.

Les terrains départementaux à Guagno-les-Bains

fUne telle emprise foncière résulte de l'histoire très compliquée de la source sulfureuse. En voici la chronologie très simplifiée.

Avant la Révolution, l'ermitage de St Antoine près duquel se trouvait la source dépendait du curé de Poggiolo. Au XVIème siècle, Sampiero Corso, dans sa correspondance, nommait l'endroit les bains de SORNU pour Sorru.

 Après 1789, le terrain revient à la commune de Guagno qui en 1822 vend le terrain au Vicolais Jean Multedo pour qu'il y construise un hôpital militaire.

Mais, le 7 septembre 1840, une ordonnance du roi Louis-Philippe déclare d'utilité publique les travaux d'agrandissement. Le préfet est autorisé à acquérir les terrains de la commune de Guagno nécessaires à ce travail. La municipalité refuse et finit par être expropriée par un jugement du 3 mars 1841. Multedo obtient à perpétuité la propriété du quart des eaux et des terrains de l'établissement thermal, le reste étant cédé au Ministère de la Guerre (arrêté préfectoral du 6 novembre 1841).

L'opposition guagnaise, sous forme de protestations du conseil municipal et de mise en culture des terrains par les habitants, provoque de multiples incidents qui ne sont peut-être pas étrangers à la décision gouvernementale d'attribuer les terrains dits de "l'enclave de St Antoine" à la commune de Poggiolo, en septembre 1852.

Le 26 décembre 1924, le Ministère de la Guerre renonce à sa propriété au profit du département. Celui-ci décide le 20 mai 1932 de racheter le quart restant aux demoiselles Peraldi de Commène, héritières de Multedo et de Jean de la ROCCA (dont il a été question dans l'article "Jean a-t-il triché?") puis de sa veuve.

Mais, entretemps, en 1923 et en 1930, plusieurs aliénations au profit de personnes privées avaient été consenties. Cela explique la présence de parcelles de couleurs blanches à l'intérieur des parties jaunes sur le plan.

Depuis, la situation foncière est restée la même. Il n'en est pas de même pour l'exploitation des eaux mais ceci est une autre histoire.

En tout cas, la région, avec ses forêts, et le département, avec Guagno-les-Bains, sont des propriétaires bien plus importants que la municipalité de Poggiolo.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 16:00

Le moment de Noël est habituellement un jour de joie et, à Poggiolo, comme dans d'autres endroits, l'habitude est de partager un verre à l'issue de la messe de la Nativité. Cette année, avec les tout récents décès, il n'en était pas question.

Mais, pour marquer le coup et faire un partage, des paroissiens ont eu l'excellente idée de donner à chacun, à la fin de la cérémonie religieuse, une reproduction de l'image de l'ancienne église de Saint Siméon qui avait été publiée ici à la mi-décembre. Un moyen également de se souvenir de ses racines.

Un cadeau de Noël pour les Poggiolais
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1 janvier 2014 3 01 /01 /janvier /2014 17:44

L'année 2013 a été une année très enrichissante pas du point de vue financier mais du côté de la culture:

- des réunions de travail ont préparé le terrain,

- des conférences ont montré l'avancée des recherches,

- des archéologues sont venus,

- des terrains ont été déblayés et examinés minutieusement.

- Finalement, un inventaire complet des vestiges historiques a pu être dressé et une grande partie du passé du village a été ressuscitée.

Ne vous trompez pas en lisant ces phrases. Le village concerné n'est pas POGGIOLO mais LETIA.

L'association LETIA-CATENA, présidée par Martin ARRIGHI, avait demandé, en décembre 2012, une demande de Prospection-Inventaire pour la commune auprès des instances culturels du Parc et de la CTC.

La méthodologie et les résultats de cette entreprise originale sont exposés dans le compte-rendu d'activité publié le 10 décembre dernier par LETIA-CATENA.

Le texte intégral a été reproduit parmi les Pages de ce blog: Un exemple de travail de recherche patrimoniale: Letia

Une année très enrichissante

Une telle entreprise peut servir de modèle aux communes qui veulent bien connaître leurs racines et garder leur identité.

Ainsi, grâce aux points 13 et 18 de ce texte, on apprend que des enregistrements vidéo de la tradition orale ont été réalisés. Il est urgent de multiplier ces entretiens avant que les témoins aient tous disparu. Chaque décès équivaut à la disparition de plusieurs livres de la bibliothèque de notre passé. Ne pourrait-on pas sauver ce que savent Fosca, Julie OLIVA et quelques autres Poggiolais?

Le point 16, qui décrit la redécouverte de l'ancienne église de Letia, peut faire rêver à une éventuelle recherche des traces de l'église de Sant'Anorilla, près des Trois Chemins, mentionnée par Geneviève MARACCHINI-MAZEL dans son ouvrage sur "Les églises romanes de Corse" publié en 1967.

Le compte-rendu traite également des découvertes d'anciens hameaux de Letia. A Poggiolo, il serait bon de retrouver, vers les Case Suprane, près de Saint Siméon, les restes des plus vieilles maisons du village.

Il serait également nécessaire de pouvoir mettre un peu d'ordre dans les connaissances sur l'époque la plus ancienne de Guagno-les-Bains.

Poggiolo n'est pas un lieu sans passé. Mais, pour retrouver ce passé, il faut de l'organisation et de la volonté.

En attendant, il faut lire le rapport LETIA-CATENA. Un exemple de travail de recherche patrimoniale: Letia

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 17:59
Le saint des hauteurs

Véronique EMMANUELLI, dans "La Corse-Votre hebdo" du 20 décembre, présente le nouveau livre "Tempi fà. Fêtes religieuses, rites et croyances populaires de Corse, deuxième tome" (annoncé dans ce blog par l'article Le livre des traditions).

Elle insiste sur le fait que "Tout au long de l'année, saints et saintes font irruption dans le cœur des insulaires, pour susciter une étincelle d'amour divin, exacerber les quêtes de sens et relier à des moments d'exception".

Chaque ville ou village est protégé par un saint particulier, différent selon les parties de la Corse.

Dans son dernier paragraphe, la journaliste donne l'exemple de saint Elisée, bien connu dans nos vilages sorrinesi:

Ce sont les randonneurs, les voyageurs et autres itinérants qui seront les plus sensibles à la parole de san Eliseu. Il y a toujours un trajet à faire pour atteindre "le prophète qui aurait vécu au VIIIe siècle avant JC".
Et pour cause, le saint est "vénéré de manière systématique sur les hauteurs". Dans l'île, il s'est installé "sur le chemin qui menait les bergers de la piève des Deux-Sorru vers le plateau du Camputile".

Chapelle saint Elisée

Chapelle saint Elisée

Il y a une autre chapelle, une autre statue et d'autres messes à "1.555 mètres d'altitude dans une zone d'estive des bergers du Venacais".
Dans tous les cas, il est bienveillant à l'égard des gens de la montagne. "Les bergers sont reconnaissants et ils savent que tant qu'ils seront sous la protection de san Eliseu, ils pourront vivre en paix et heureux", témoigne Catalina Cesari.

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 16:11

Si vous n'avez pas terminé les courses de Noël, pensez au nouvel ouvrage de la série "Tempi fà" que publient les Editions Albiana.

Les deux premiers volumes, consacrés aux arts et traditions populaires de Corse, ont été un très grand succès. Le premier était sorti en 2007 (il avait eu le Prix de la Collectivité de Corse 2008) et le tome 2 en 2009.

Pierre-Jean LUCCIONI, journaliste à France 3 Corse depuis trente ans, s'était associé à Ghjasippina GIANNESINI, docteur en anthropologie, professeur certifiée et auteur d'une importante collecte sur le patrimoine immatériel de la Corse, pour préparer le tome 3 sur les "fêtes religieuses, rites et croyances populaires" (voir l'article paru le 2 décembre 2010:  Y aura-t-il le tome 3 au marché de Noël?).

Tous deux viennent de produire:

"Tempi fà. Fêtes religieuses, rites et croyances populaires de Corse, Deuxième tome : de la San Ghjuvanni (24 juin) à la Sant’Andria (30 novembre)"
Illustré par 660 photographies, ce livre offre une double vision, anthropologique et journalistique, des croyances et des rites religieux de la Corse.

Avec le même souci du partage et de la restitution fidèle que les autres ouvrages de la série Tempi fà, les auteurs proposent de rappeler combien la religion fut et reste présente dans le cœur des insulaires et combien elle recouvre des aspects souvent méconnus, curieux, singuliers. Avec ce deuxième tome, c'est l'univers spirituel qui baigne une grande partie de la culture insulaire qui est mis en valeur, venant compléter avec bonheur le travail entamé dans le précédent ouvrage.

Une sélection de pages du livre peut être feuilletée à l'adresse:

http://issuu.com/editions_albiana/docs/tempi_f__

La commande peut être faite directement sur le site des Editions Albiana:

http://www.albiana.fr/Religion-%E2%80%93-Spiritualite/Tempi-fa-br/-Fetes-religieuses-rites-et-croyances-populaires-de-Corse-2.html

Le livre des traditions
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.

 

Mardi 4 août:

bénédiction des maisons à Poggiolo.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

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