Pour distraire les Français confinés, la télévision repasse des films distrayants comme la trilogie de "La 7ème compagnie" dont les deux premiers épisodes sont censés se dérouler en juin 1940. Dans les circonstances actuelles, qui a remarqué que ces diffusions ont lieu alors que nous sommes juste à quatre-vingts ans de l'invasion de la France par l'armée allemande, commencée le 10 mai 1940?
Encore beaucoup moins de personnes se souviennent que, à ce moment-là, depuis le 21 mars 1940, le gouvernement français était dirigé par Paul REYNAUD.
Pourtant, les Poggiolais devraient s'en souvenir car, dans ce dernier gouvernement de la "drôle de guerre" (cette période sans véritable combat commencée avec la déclaration de guerre du septembre 1939), il y avait Noël PINELLI.
Noël Pinelli devant la chambre des députés (juin 1936) (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)
Or, il est à ce jour le seul enfant de Poggiolo à avoir été député (élu à Paris en 1936) etmembre d'un gouvernement: Paul REYNAUD, lui aussi originaire d'un département de montagne (il était né à Barcelonnette), l'avait nommé sous-secrétaire d'Etat à la marine marchande le 21 mars 1940. Il ne resta à ce poste que cinquante jours, l'attaque allemande entraînant le 10 mai un bouleversement du gouvernement qui devient plus resserré.
Noël (ou plus exactement Jean-Noël-François) PINELLI fut avocat, commissaire de la marine, combattant en 1914-1948 et eut de nombreuses autres activités. Mais il resta toujours attaché à Poggiolo où il revint souvent. Sa vie a été l'objet d'un article paru sur ce blog voici quatre ans et auquel nos lecteurs peuvent se référer.
Cette année, les circonstances rendent difficile la possibilité de se souvenir de lui mais, dès qu'une vie normale reviendra, il serait bon que la commune de Poggiolo se souvienne de son enfant (même s'il est né à Clermont-Ferrand). On pourrait envisager une plaque sur la maison PINELLI. D'ailleurs, un membre éminent de cette famille vient d'être élu au conseil municipal.
La devinette qui était proposée demandait le lien entre Poggiolo et Clermont-Ferrand. A priori, la cité industrielle et auvergnate de Clermont-Ferrand n'a aucun rapport avec le village montagnar...
La crise sanitaire qui bloque presque toute la population chez soi a un bon côté:
le confinement actuel peut être une occasion de faire du tri dans les archives familiales.
Articles, lettres, affiches, photographies, films, diplômes, décorations, petits objets du quotidien, cahiers d'écoliers, de chansons, de comptes, etc., tous ces témoignages peuvent servir à mieux faire connaître le passé de la famille et de Poggiolo, de Guagno-les-Bains et des villages voisins.
L'animateur du blog avait été sollicité plusieurs fois sans donner suite à cette demande. Elle est assez particulière car il s'agit de la recherche d'un parent anonyme.
La demande venant d'être publiée dans le groupe Facebook "Village d'Orto", il n'est plus nécessaire d'en repousser la publication.
Marie, une jeune fille de 24 ans, recherche son grand-père, le père de sa mère. Celle-ci est née en 1963 mais sous X. Elle a été ensuite élevée dans le Jura. Marie a pu retrouver sa grand-mère en Saône-et-Loire mais elle est décédée deux mois après leurs retrouvailles sans avoir donné l'identité de l'homme avec qui elle a eu un enfant.
C’est grâce à ses recherches généalogiques durant plusieurs années (avec l’ADN) que Marie sait avec certitude que les parents de son grand-père habitaient un village des Deux Sorru.
Mais lequel? Et quel famille?
Pour l'identifier, elle a une photo qui est peut-être celle de ce grand-père.
Tous les autres renseignements sont sur la pancarte montrée par Marie.
Possible photo du grand-père.
La mère de Marie, Nathalie, née en 1963.
Les indices sont minces mais Marie compte sur vous tous:
S’il vous plait, aidez nous à faire voyager ce message de régions en régions, posez des questions à vos grand parents, montrez leur! Nous vous garantissons l’anonymat si vous le souhaitez ☀️ c’est peut être grâce à vous que je le retrouverai 💙rien ne me ferait plus plaisir! 🤞🏻
L'actuelle pandémie de coronavirus réveille toutes sortes de craintes et fait remonter des souvenirs historiques. Elle fait penser à 1918.
Cette année est connue pour être la dernière de la première guerre mondiale. Mais, dans le bilan de la guerre, on oublie souvent les victimes de l’épidémie de grippe, appelée alors grippe espagnole, qui affecta pratiquement le monde entier.
"Entre 25 et 40 millions de personnes sont mortes de la grippe espagnole d'avril 1918 au printemps 1919, davantage de victimes que celles causées par la Grande Guerre" (Claude Quétel, "L'Histoire", n°449, juillet 2018).
Malades de la grippe dans un hôpital du Kansas, région où les premiers cas mortels furent enregistrés.
Pour sa part, la France eut à déplorer 240.000 morts.
Des célébrités comme Edmond Rostand et Guillaume Apollinaire moururent de cette maladie.
La Corse ne fit pas exception et fut touchée fin juillet 1918.
"L'on dénombra quatre-vingts morts à Sartène, quarante à Levie et Zevaco, et soixante à Sollacaro. Mais le triste record reste dans la cité paoline", c'est-à-dire Corte, où il y eut 136 morts, écrit Daniel CERANI dans "Corse-Matin" du 7 août 2018.
A Corte, la grippe dura du 4 août à fin septembre.
La grippe dans le canton de Soccia
La tradition orale rapporte que, pendant l’été 1918, il y eut plusieurs victimes dans le village voisin de Soccia et que l’on entendait tous les jours les cloches des enterrements. Par contre, Poggiolo aurait été épargnée. S'agit-il d'une légende ou de la réalité?
Pour répondre, il faut étudier la mortalité de ces communes pendant l'année 1918, ce qui est possible avec les tables décennales d’état-civil disponibles sur internet.
Elles montrent effectivement une forte poussée de mortalité àSocciaen septembre et octobre 1918 avec dix-huit décès pour ces deux mois, soit autant que dans l’ensemble de chacune des années précédentes.
APoggiolo, il n’y eut que deux décès pour la même période, sur un total annuel de onze, soit moins qu’en 1917 où l'on avait compté quinze morts.
Il semble queGuagnoait également été touché par l’épidémie car on enregistra dix-neuf morts en octobre 1918, soit exactement la moitié du total de l’année pour cette commune. Il n'y avait eu que onze morts pour toute l'année 1917.
Le tableau ci-dessous compare mois par mois la mortalité en 1918 des quatre communes du canton: Poggiolo, Soccia, Guagno et Orto.
POGGIOLO
SOCCIA
GUAGNO
ORTO
janvier
1
0
0
0
février
0
2
1
0
mars
0
0
4
1
avril
3
0
2
1
mai
2
1
1
1
juin
0
1
2
1
juillet
0
0
1
2
août
0
1
2
1
septembre
1
8
2
0
octobre
1
10
19
0
novembre
1
3
4
1
décembre
2
2
0
0
total 1918
11
28
38
8
La hausse des morts en septembre et octobre pour Soccia et Guagno est évidente. Même si tous les décès ne viennent pas de cette maladie, la grippe espagnole a bien été présente dans ces deux villages.
A première vue, on pourrait croire que Poggiolo ait été épargné, ainsi qu'Orto. Mais les deux décès poggiolais d'octobre (Paule MARTINI, 4 ans) et novembre (Antoinette MARTINI, 11 ans) concernent deux filles de Paul MARTINI et de son épouse Marie-Thérèse, née VINCIGUERRA. Des témoignages familiaux attribuent leurs morts à la grippe espagnole.
En revanche, leur sœur Xavière (1905-1981) et leur frère Pierre (1910-1988) survécurent.
La grippe à l'armée.
Il se peut qu'à l'armée certains Poggiolais mobilisés aient été atteints par le virus mais aucun n’en mourut. Le seul cas certain de malade est François Antoine Demartini.
Né à Poggiolo en 1899, il avait été incorporé au 111e régiment d'infanterie le 18 avril 1918. Touché par la maladie, il en réchappa. Il vécut jusqu'en 1975.
L'épidémie de coronavirus se répand peu à peu. La Corse vient d'être atteinte. L'inquiétude grandit, souvent de façon exagérée, mais des habitudes changent.
Il est conseillé d'éviter les contacts avec les personnes. Du coup, poignées de mains et embrassades sont proscrites, alors qu'elles font partie depuis longtemps de la vie quotidienne et sociale.
Dans les insouciantes années 60, ces frayeurs n'existaient pas. Quand ils arrivaient pour les vacances, les Poggiolais du continent devaient accomplir des corvées de bises auprès de tous les vieux du village avec lesquels ils avaient plus ou moins des liens de parenté. Garçons et filles, les jeunes Poggiolais s'embrassaient entre eux mais pas tous les jours; le plus souvent au moment d'un grand départ ou de retrouvailles.
Ce film est un montage de trois séances d'embrassades: à Poggiolo en 1965, à Ajaccio en 1968 et à Marseille en 1967.
Il est aussi l'occasion de revoir certains disparus.
Quel que soit le système de retraite auquel on est soumis, il est fondamental de pouvoir reconstituer sa carrière. Actuellement, la Caisse d'assurance Retraite conserve en principe les traces des salaires versés depuis le premier emploi. Mais, avant la création de la Sécurité Sociale, les preuves étaient parfois difficiles à retrouver.
Pour les prêtres, leur diocèse conserve les éléments de leur activité, comme dans le document que le blog présente aujourd'hui. Aimablement communiqué par la famille CHABROLLE, il donne les étapes de la vie religieuse du chanoine Charles DESANTI.
la carrière du chanoine Desanti.
Ce document a été écrit par le Père STEFANI, vicaire général de l'évêque Augustin SIMEONE, né à Marseille en 1863, qui avait été nommé à Ajaccio en 1916.
Il est tout à fait officiel avec l'en-tête de l'Evêché d'Ajaccio et le cachet de l'évêque avec son seul prénom d'Augustin. Il date du 4 juin 1918.
Augustin Simeone, évêque d'Ajaccio (1916-1926)
Charles DESANTI est né à Poggiolo le 25 mai 1844 et déclaré à la mairie le 26 par son père Jean DESANTI, né en 1808 et décédé en 1883. Sa mère était Julie ANTONINI (1808-1851), l'épouse de Jean.
Cliquez sur les images pour les agrandir.
Le couple donna naissance à un autre garçon, Pierre François, qui eut plusieurs enfants dont Jean Hyacinthe (1889-1944), lequel fut le grand-père de Rose-Marie CHABROLLE et de Jean José et François BARTOLI. Charles était donc leur arrière-grand-oncle.
D'après le document épiscopal, Charles DESANTI fut ordonné prêtre le 17 décembre 1870, à l'âge de 26 ans. Après 47 ans de carrière ecclésiastique, il démissionna en 1917, à 73 ans.
Ce certificat ne précise pas que, étant élève du grand séminaire d'Ajaccio, il fut, conformément à la loi de l'époque, dispensé du service militaire le 6 mai 1865 (précision trouvée dans les registres de matricule militaire).
La carrière de Charles débuta comme vicaire à Renno. Puis, après avoir été professeur au pensionnat St Louis de Bastia, il monta en grade: administrateur d'une paroisse, desservant d'une autre, puis curé en 1893. Son affectation la plus courte fut Zicavo (moins d'un mois en 1896) et la plus longue Bastelica (15 ans et demi, jusqu'à sa retraite).
La carte de ses nominations montre que, à part son professorat à Bastia, il est resté dans la partie occidentale de la Corse, du côté d'Ajaccio.
Nous ne connaissons pas encore sa date ni son lieu de décès et nous espérons recevoir plus de précisions sur sa vie.
En tout cas, il est un bon exemple de ces Poggiolais dont les familles (Desanti, Franceschetti, Martini, Pinelli, ...) tenaient, jusqu'au début du XXe siècle, à avoir, presque à chaque génération, un de leurs membres sous l'habit religieux.
Nous avons le plaisir d'annoncer que mardi 21 janvier à 6 h 25, à l'hôpital Notre Dame de la Miséricorde à Ajaccio, est né Victor (Antoine Bernard) FRANCESCHETTI, fils de Sophie DESNAULT BURLE et de Jean-François FRANCESCHETTI.
Comme il est de rigueur, la mère et l'enfant se portent bien.
Carla est heureuse d'avoir un petit frère, et ne parlons pas des grands-parents paternels Bernard et Marie-Claude FRANCESCHETTI !
Nos félicitations à tous, sans oublier Brigitte et Bernard, les grands-parents maternels.
- en 1820 ou 1821, Giovan-Antonio Pinelli devient curé de Soccia (avec sous son autorité les prêtres desservants de Guagno, Orto et Poggiolo) et garde jusqu'à sa mort en 1832 une forte influence sur le monde politique et intellectuel corse. Il avait constitué la plus riche bibliothèque de la Corse.
- le 14 février 1820: Théodore Poli, de Guagno, tue le gendarme Petit et prend le maquis. Il commet de nombreux larcins et assassinats, surtout dans les Deux Sorru, jusqu’à sa mort en février 1827.
délimitation de la forêt domaniale de Libio-Tritorre (orthographe de l'époque) entre Poggiolo et Rosazia, provoquant de nombreuses contestations jusqu'en 1887.
le conseil général, en butte à l'hostilité des Guagnais, demande le rattachement de Guagno-les-Bains à Poggiolo, ce qui sera accordé par Louis-Napoléon Bonaparte en 1852.
des habitants de Rosazia incendient des cabanes de bergers poggiolais à Libbiu. Les gendarmes interviennent le lendemain pour empêcher une bagarre générale.
- Septembre 1870: Poggiolo, dont le maire est Pierre Martini, fait partie des 19 municipalités corses qui proclament leur adhésion à la République proclamée à Paris le 4 septembre.
après l’institution d’un adjoint spécial à Guagno-les-Bains au sein du conseil municipal, la station thermale a désormais ses propres registres d'état-civil.
A Ajaccio, François Pinelli, né en 1889, est le dernier Poggiolais déclaré décédé « des suites de la guerre ». Comme son père Baptiste, il fait partie des 30 inscrits sur le monument aux morts.
le conseil municipal vote une gratification de 150 francs pour l'instituteur Bernard PAOLI en récompense de son "zèle et dévouement" envers les élèves et pour les succès obtenus au certificat d'études.
incidents lors de l'élection municipale. L'urne est projetée hors du bureau de vote. Elle est transportée par les gendarmes à Ajaccio, puis à Nice, pour procéder au dépouillement. Les résultats, proclamés le 9 avril à Nice, sont annulés par le Conseil d'Etat le 13 février 1931.
- 21 mars 1940:Noël Pinelli nommé sous-secrétaire d'Etat à la Marine marchande dans le ministère présidé par Paul Reynaud. Il est le seul Poggiolais à avoir été élu député (à Paris en 1936) et à avoir fait partie d'un gouvernement. Il le reste jusqu'au 10 mai 1940.
- 12 juin 1940: à Nogent l'Arthaud (Aisne), mort au combat de Pierre Canale, premier des six morts poggiolais de la seconde guerre mondiale. Né à Guagno-les-Bains en 1917, il était sergent-chef dans la 5ème compagnie du 144ème RIA.
- 27 juillet 1940: l’armistice avec l’Allemagne ayant été signé à Rethondes le 22 juin, fermeture de l’entrepôt municipal créé le 24 septembre 1939, à la suite de la déclaration de guerre, par le conseil municipal pour assurer le ravitaillement du village. Il avait été placé dans le magasin de la maison Martini.
- 28 janvier 1945: François Mathieu ORAZI, soldat à la 10e compagnie de tirailleurs algériens, meurt à Cité Amélie (Haut-Rhin) des suites de ses blessures.
- 23 avril 1945: mort au combat en Allemagne de Paul Vinciguerra, dernier des six morts poggiolais de la seconde guerre mondiale. Né à Poggiolo en 1924, il était soldat dans le 1er régiment de spahis algériens de reconnaissance.
- 23 septembre 1945:Martin Paoli est élu conseiller général du canton de Soccia sous l'étiquette du parti socialiste SFIO. Il le reste jusqu'à sa mort en mai 1968.
:
blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).