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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 19:15

Les personnes qui ne viennent à Poggiolo que l'été ont une certaine vision du village. Mais les douze mois de l'année donnent des couleurs et des images différentes selon les saisons.


La végétation a des teintes différentes.

vue du monument été

 

vue du monument hiver

 

Les clôtures ne sont plus les mêmes.

Grimaldi clôture printemps

(maison Grimaldi en été...

Grimaldi clôture hiver2

... et en hiver).

 

Des maisons ne sont plus cachées par les feuillages.

début stretta été

 

début stretta hiver

 

D'autres (comme la maison Joffre) sont toujours masquées par l'abondance des branches.

Joffre été

 

Joffre hiver

Malgré l'humidité, la température ne permet pas d'avoir une herbe abondante l'hiver

Martini place hiver

(place Martini en hiver...

 

Martini place printemps

... et au printemps).

 

Mais la mousse peut bien prospérer, comme sur le mur de la maison Chabrolle.

Chabrolle portailChabrolle mousse1

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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 19:00

 

  Au tout début de janvier, chacun adresse ses vœux pour l'année nouvelle. Les élus et les politiques n'y manquent pas. Le maire de Poggiolo a respecté cette coutume. Il est normal que le blog de Poggiolo s'en fasse l'écho. Nous y ajoutons les vœux de François COLONNA, conseiller général du canton des Deux-Sorru.

 


 

Angèle maire

Le maire, Angèle PINELLI, et le conseil municipal de Poggiolo-Guagno-les-Bains présentent à tous les administrés de la commune, résidents et forains, leurs vœux sincères et chaleureux de nouvel an. Avec une pensée particulière aux anciens et à ceux que le deuil et la maladie n'ont pas épargnés. "Que l'année 2011 soit porteuse de santé, de joie et de prospérité pour tous. Pace e salute a tutti".

 

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   L'arrivée d'une nouvelle année rappelle à chacun de nous que nous sommes de passage. Chaque année qui s'achève emporte avec elle son lot d'êtres chers, ayons à leur intention une pensée émue.
    Avec ce changement d'année, nous pouvons espérer tourner la page d'une période qui a pu être difficile pour certains, mais qui nous laisse l'espoir de changer tout ce qui ne va pas. Ne pas oublier le passé, pour avoir la certitude que le plus important demeure l'avenir, et à travers lui toutes nos attentes.
François Colonna   Au delà de nos espérances de changement, de renaissance, de guérison, je souhaite que nous gardions a l'esprit que l'essentiel est encore de mieux vivre tous ensemble. Vivre mieux dans notre Corse, dans notre Canton, dans nos Villages, en gardant présentes a l'esprit ces valeurs de ruralité, de proximité, de solidarité, qui sont le socle de notre identité.
    Pour ma part, je serai encore plus vigilant a ajouter dans mon action quotidienne cette part de proximité pour faire en sorte que la solidarité entre les personnes et les territoires joue pleinement son rôle. Je m'attacherai toujours a rassembler les forces qui nous unissent, plutôt que de laisser aller les instincts qui divisent, pour construire au jour le jour une société plus belle et plus fraternelle, et faire en sorte que personne ne reste sur le bord du chemin.
    Parce que cet avenir doit aussi être individuellement partagé, je souhaite à chacune et à chacun d'entre vous, mes chers amis, par-delà vos âges, vos métiers, vos sensibilités et vos difficultés, mes voeux les plus respectueux, les plus chaleureux et les plus sincères. Que l'année 2011 vous apporte beaucoup de satisfactions, et si vous courez après le bonheur, n'oubliez pas pour autant d'être heureux face à des petits riens quotidiens qui méritent votre enthousiasme.
    Allora, cari amichi, di i Dui Sorri, e di Vicu, ricivitte i me auguri fidi di Pace e Salute, in grazia di Diu. Inseme spiremu in l'avvene schiaritu di i nostri belli loci.

François COLONNA
Conseiller général du canton des DEUX SORRU, et Maire de VICO

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 16:04

  Le tournoi intervillages 2010 de belote contrée vient de se terminer.

  Existant depuis cinq ans, cette compétition anime nos villages pendant la période hivernale. Pendant plusieurs mois, des tournois préliminaires, réunissant deux centaines d'équipes d'hommes et de femmes de toutes générations dans une ambiance très sc0002743001.jpgconviviale, ont eu lieu dans tous les villages de Sorro in Sù.

 Les seize équipes qualifiées pour la phase finale se sont affrontées samedi 22 février dans  le bar "Le Belvédère" de Poggiolo. C'est à deux heures du matin que, après des parties très disputées et d'une haute technicité, Alexis CHITI et Jean-André CANAVELLI, battant une équipe vicolaise, ont été sacrés vainqueurs.  Félicitations aux nouveaux champions.

  Félicitons également l'association des jeux de société de Sorro in Sù et sa présidente Laurine CASANOVA pour la parfaite organisation de ce tournoi.

 L'association organise également pendant l'année le challenge de jeu de dames Toussaint MICHELANGELI et un vide-grenier le 16 août, jour de la Saint Roch.

  En route pour le tournoi 2011!

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 15:15

Pierrette

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 18:55

   Comme tous les habitants de Sorru in sù, les Poggiolais eurent à subir les exactions de Théodore POLI (précédents articles sur Théodore: ICI, et encore ICI). Il leur fallait se méfier en empruntant les routes et il était préférable de se regrouper. Cette précaution n'était pas toujours suffisante, comme le montra l'embuscade de 1824 où un voltigeur et un Poggiolais furent abattus (voir l'article du  22 décembre). Le maire dut même véritablement mobiliser ses concitoyens. L'épisode est conté à la fois par PIERHOMME et ROBIQUET.

embuscade

   Le 29 juillet 1822,  M. POZZO DI BORGO, payeur de la Corse, se trouvait à GUAGNO-LES-BAINS (qui est appelé POGGIOLO-LES-BAINS dans le livre de PIERHOMME!). Il devait se rendre à VICO porteur d'une grosse somme. Mais il avait reçu plusieurs messages de plus en plus menaçants du BRUSCO, le principal lieutenant de Théodore, qui voulait le racketter (le mot n'existait pas encore mais la réalité oui).

 

    D'après PIERHOMME, le maire de POGGIOLO, "se méfiant à juste titre de l'insécurité qui régnait dans la région, eut l'idée d'escorter le payeur avec une quarantaine de montagnards armés et résolus".

    Si son nom n'est pas donné, on peut supposer que cet édile courageux et prévoyant, était, d'après la liste publiée par Xavier PAOLI dans "L'info u Pighjolu" d'avril 2008, Carlo Francescu Pasquale PINELLI. Nommé alors par le préfet, ce maire resta en place de 1822 à 1847. A partir de 1841, il eut comme adjoint Antoine-François FRANCESCHETTI. 

    Le maire mobilisa donc une forte escorte (le recensement de 1821 donnait alors une population de 170 habitants dans la commune).

   THÉODORE et BRUSCO s'étaient postés derrière un rocher, sur la route de Sorru, "à une lieue environ" de GUAGNO-LES-BAINS, soit 4 km. En voyant arriver la troupe, les bandits renoncèrent à lancer l'assaut. Ils se contentèrent de tirer quatre balles qui tombèrent aux pieds des paysans et ils s'enfuirent en montrant le poing tandis que les Poggiolais leur criaient, d'après ROBIQUET: "Pourquoi fuyez-vous? Venez ici si vous  l'osez !".

   Mais de tels actes furent rares et Théodore poursuivit sa carrière jusqu'à sa mort en 1827.

(à suivre ICI et ICI)

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Note: Carlo Francescu Pasquale PINELLI naquit vers 1795 et décéda le 14 avril 1849. Il était notaire, greffier. Ces renseignements peuvent être connus grâce aux dépouillements des actes d'état-civil de Poggiolo pour la période 1820-1971 effectués par Pierre LECCIA et publiés sur GENEANET.

 

 

 

 

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 19:40

L'année 2010 s'est terminée avec une impressionnante vague de froid. Le mois de décembre a été le plus froid depuis 1969.

Aussi, pour bien commencer l'année 2011, Joël CALDERONI nous apporte un peu de chaleur avec des photos prises en octobre lors de la dernière éruption volcanique sur l'île de La Réunion. (mettez le son)


Pour avoir encore plus chaud, cette série peut être complétée en revoyant le reportage publié le 13 janvier 2010 (cliquez ICI).

 

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 15:26

 L'assemblée générale statutaire de l'AACSIS (association artistique et culturelle de Sorru In Sù) s'est tenue Dimanche 9 janvier, salle de la bibliothèque.

 

Pierre GRIMALDI a été élu à l'unanimité trésorier en remplacement de Françoise MATTEI à qui l'assemblée souhaite un prompt rétablissement.

 

Après le compte-rendu des activités 2010, de nombreuses décisions ont été prises pour le calendrier des manifestations artistiques et culturelles 2011:

- sortie patrimoine au village miniature de la plaine de CUTTOLI-CORTICCHIATO le samedi 12 mars

- marchés aux puces: en avril, mai et juillet

- salon de peinture les 6 et 7 août (vernissage le 5 août)

- marché de Noël le dimanche 4 décembre

- séances cinématographiques: une fois par trimestre (en alternance à POGGIOLO, SOCCIA et ORTO), en liaison avec la FALEP et le Centre de CORTE. Lucie OTTAVI-OTTAVY s'occupera de la programmation).

Par ailleurs, l'association participera:

- à la réunion trimestrielle de l'ensemble des associations du canton le vendredi 28 janvier à la mairie de VICO

- à la soirée pulenta du comité des fêtes de POGGIOLO, salle polyvalente samedi 19 février

- au carnaval le samedi 5 mars à GUAGNO-LES-BAINS avec un char

- à la fête des associations avec un stand le 1er mai à SAGONE


Toutes ces dates sont rassemblées dans la partie "N'oubliez pas le calendrier" de ce blog (colonne de droite) et resteront en place jusqu'à l'échéance de chaque événement.

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 19:51

    A Guagno-les-Bains, la chapelle Saint Antoine, qui domine le village, n'est pas souvent ouverte. Mais samedi 15 janvier, elle sera le lieu d'un office particulièrement important pour fêter le saint dont elle porte le nom. Il ne s'agit pas de Saint Antoine de Padoue dont la fête est en juin. Le saint de Guagno-les-Bains est Saint Antoine le Grand, ermite d'Egypte. Deux articles de ce blog lui ont déjà été consacrés (cliquez sur les titres pour les lire):

 

           - Quel est le vrai Saint Antoine?

 

           - Les dictons de Saint Antoine

 

    Ce "saint au cochon" a eu une grande célébrité en Corse. A Guagno-les-Bains, il a eu un rôle indirectement important.

    A côté de la chapelle actuelle, existait un ermitage dont l'origine se perd dans la nuit des temps (et dans l'insuffisance des archives). Longtemps, des ermites de l'ordre des Cordeliers y vécurent (chichement) de la perception de la moitié des récoltes de châtaignes recueillies sur les terrains environnants. En échange, ils offraient l'abri et le couchage aux personnes venant prendre des bains aux sources voisines, jaillissant sur ce terrain (Caldane et Degli Occhi). La vertu des eaux de Guagno était déjà attestée dans "L'Histoire de la Corse" d'Anton Pietro FILIPPINI, éditée en 1594.St Antoine des Bains

 

    Un ermite pensa qu'un tel bienfait devait profiter à un plus grand nombre.

    Jean ROCCA (en fait, Jean de la ROCCA, déjà cité dans l'article sur "la battue de prêtres") décrit cette réalisation dans "Bains de Guagno", brochure publiée à Ajaccio en 1851:

 

     "Un Cordelier, nommé le Père Jean, conçut le louable projet d'y faire construire un certain nombre de bassins.

    Les Cordeliers ne sont pas riches, et la difficulté était de trouver de l'argent. (...)

    Le bon père ne se décourage pas pour si peu, il tenait à ses bassins. Un beau jour, il se lève plus matin qu'à l'ordinaire, met autour de ses reins sa ceinture de corde, prend à la main un bâton et le voilà en route...

    Il s'en va quêter de porte en porte, de village en village, mesurant, portant ses demandes sur l'avoir des personnes, et ne quittant jamais le seuil d'une maison les mains vides. Il amassa ainsi sou à sou, baioque à baioque (1), une somme assez ronde, et l'employa à la construction de trois bassins: un pour les hommes, un pour les femmes et un autre pour les moines.

    Ces bassins étaient en granit. Dans l'un pouvaient se baigner à la fois trois personnes, dans l'autre huit, et dans le troisième treize. Ils furent construits de 1709 à 1711."

 

    Grâce à Saint Antoine et surtout grâce à l'ermite de Saint Antoine, l'histoire de Guagno-les-Bains put ainsi débuter.

 

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(1) baioque: ancienne petite monnaie des Etats pontificaux.

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 07:15

C'est lundi matin 10 janvier 2011, à Marseille, que Madeleine a rendu le dernier soupir.

Avec 101 ans et demi, Marie-Madeleine POLI était la doyenne de Sorro in Sù. Guagno, son village natal, avait fêté son centenaire dans l'été 2009. A cette occasion, le blog des Poggiolais avait publié un article dont la plus grande partie est recopiée ci-dessous, illustrée d'une image extraite du diaporama qui fut alors composé par Marthe POLI.

 

Les obsèques auront lieu à l'église Saint Nicolas de Guagno vendredi 14 janvier à 15 heures.

Toutes nos condoléances à ses enfants et à toute sa famille.

 

Madeleine centenaire

"La fête qui a eu lieu à Guagno pour les 100 ans de Marie-Madeleine POLI amène deux remarques:

- Tout d'abord, Marie-Madeleine contribua à l'encadrement de l'empire colonial français, comme beaucoup d'autres Corses de l'époque chassés par la misère. Née à Guagno le 22 juin 1909, elle est devenue institutrice et s'est mariée le 27 août 1929 à Sébastien POLI à Bizerte. Le couple et ses enfants,
Angèle, Etienne, Santa et Marie-Flore, vécurent à Bizerte et Sfax jusqu'à l'indépendance de la Tunisie.

- Marie-Madeleine eut aussi un rôle dans l'histoire poggiolaise. L'article publié dans "Corse-Matin" le 14 juillet révèle que "de 1941 à 1944, c'est à Poggiolo qu'elle effectuera, avant l'heure, ce qu'on découvre aujourd'hui: "le soutien scolaire". Nombre de Poggiolais  ont bénéficié de ses conseils pédagogiques avisés, avec succès."  L'école était alors à classe unique et le dévouement de l'institutrice en poste ne suffisait pas  toujours  à aider chaque enfant."

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 17:54

Si des gendarmes et des voltigeurs corses tombèrent sous les balles de Théodore POLI (voir les articles précédents ICI et LÀ), les prêtres furent victimes d'une autre façon du "Roi de la Montagne".

 

PUNIR LES MAUVAIS BERGERS

 

Henri PIERHOMME (de son vrai nom PIERANGELI) rapporte que Théodore aurait expliqué le sens de sa stratégie en disant: "je vise certains prêtres qui sont de mauvais serviteurs de Dieu et qui, par leurs paroles impies, dressent leurs ouailles contre les "frères du malheur" que nous sommes. Ils prèchent la pauvreté et la bonté au nom de Jésus, qui était pauvre et bon, mais ils vivent dans l'abondance et accumulent les écus tout en attisant contre nous la fureur de nos ennemis. Il convient que nous punissions ces mauvais bergers et que nous prélevions sur eux le trésor de guerre qui nous permettra de défendre notre liberté et notre vie... Nous sommes avec Dieu contre ses méchants serviteurs!"

Il est piquant de se rappeler que, d'après la tradition, Théodore POLI descendrait de Lario POLI ou Hilaire (écrit aussi Hylaire), curé de GUAGNO, qui avait bénéficié de faveurs de la part de Théodore de NEUHOFF, roi de Corse en 1736. En souvenir, le curé aurait prénommé son fils (car de nombreux prêtres corses eurent des enfants jusqu'à la fin du XVIII° siècle) Théodore. Le prénom serait passé ensuite à son petit-fils qui fut le "roi de la montagne".

Théodore avait créé une véritable organisation de bandits, régie suivant ce que l'on appella les "Constitutions d'Aïtone". Afin d'alimenter le trésor de guerre, des groupes de 5 à 7 personnes armées se déplaçaient de village en village pour racketter certains habitants. Ces percepteurs opérèrent dans le SORRU, le SEVI, le CRUZZINI, le NIOLO et jusqu'en BALAGNE. Le 22 juillet 1822, loin de leur champ d'action habituel, Théodore et plusieurs complices assaillirent le curé de PIEDIGRIGGIO (près de PONTE LECCIA) dont la maison fut entièrement pillée.

 

LA LETTRE AU CURÉ DE POGGIOLO

Le plus souvent, le prêtre recevait une première injonction à payer. S'il ne s'exécutait pas, il en recevait parfois une seconde avant d'être agressé physiquement.

En avril 1823, Théodore et d'autres contumaces firent sommer les deux prêtres MASSIMI, desservants, l'un de POGGIOLO, l'autre d'ORTO, de leur fournir une somme de 300 francs. A l'époque, le prêtre de SOCCIA était le seul avec le titre de curé et il avait autorité sur les prêtres de Sorro in sù (POGGIOLO, GUAGNO et ORTO) et sur ceux du Cruzzini (AZZANA, PASTRICCIOLA, ROSAZIA, SALICE et SCANAFAGHIACCIA qui prendra le nom de REZZO en 1921) qui n'étaient que ses desservants. La somme demandée n'ayant pas été payée à la date déterminée, ces ecclésiastiques reçurent la lettre suivante :


« Aussitôt que vous recevrez la présente, nous vous ordonnons de venir avec celui qui vous la remettra, et d'apporter la somme de 600 livres, au lieu-dit la Serriciola, territoire d'ORTO. Nous vous prévenons que, si vous ne versez pas cette somme aujourd'hui, conformément à l'avis que nous vous avons déjà donné, votre vie en répond ainsi que vos biens, les animaux comme les choses inanimées. Nous exterminerons tout sans aucun égard. Peine de mort pour quiconque ira chercher des subsistances pour les deux curés.
Nous vous saluons, et vous tiendrons parole. Le temps expire aujourd'hui. »

 

On ignore quelle suite fut donnée à ce texte mais la réputation de Théodore était telle que l'on s'exécutait par tous les moyens.

Ainsi, l'abbé LECA, desservant de PASTRICCIOLA, reçut le 7 février 1825 une lettre lui demandant 50 fr. L'ecclésiastique ne put rassembler  que 10 fr qu'il remit à l'envoyé de Théodore. Il reçut bientôt un second message accompagné de telles menaces qu'il dut emprunter 10 fr et les envoya en renouvelant ses excuses. Cet effort ne l'empêcha pas d'être de nouveau rançonné le 10 novembre 1826 par Théodore et son frère qui, après l'avoir garrotté, dévalisèrent son logement.

 

LA LETTRE AU CURÉ DE GUAGNO

Théodore tenait une comptabilité rigoureuse des contributions qu'il recevait. Le plus souvent, ses envoyés gardaient le numéraire et lui remettaient les objets précieux qu'il écoulait ensuite. La lettre ci-contre, datée du 18 juillet 1823, est adressée au curé de GUAGNO LEMPERONI qui lui servait de boîte aux lettres. Parmi les informations de cette missive, on apprend que le curé principal SANTI a versé 100 scudi (monnaie italienne de faible valeur) au lieu de 100 francs et qu'Antonio PELLEGRINI n'a encore rien versé. Par contre, Antonio DALTORI, doyen de COGGIA-SAGONE, est en règle.

 

  Théodore lettre1Théodore lettre2

 

Cliquez sur les images de la lettre pour les lire en grand.

 

 

Mais les prêtres ne furent pas toujours résignés à être tondus.

 

LA RÉSISTANCE DES CURÉS

Henri PIERHOMME écrit avec amusement que la première réaction des prêtres fut "d'appeler sur Théodore les malédictions du ciel" mais que "cette méthode de défense s'était révélée inefficace". Une attitude plus active fut nécessaire.

Barthélémy GAFFORY,  curé de CASTIFAO, ayant reçu un premier ordre pour payer la taxe, mobilisa ses paroissiens. Quand Théodore et cinq complices vinrent taper à sa porte, ils furent accueillis par une fusillade venant des fenêtres du presbytère. L'un d'eux fut blessé et la bande préféra déguerpir. 

A CASTIGLIONE, l'abbé COLONNA utilisa la même tactique. Théodore reçut une balle dans l'épaule.

 

La résistance des curés, et l'écho qu'elle eut auprès des paroissiens, commença à marquer le début des difficultés du "Roi de la montagne".

(à suivre)

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
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