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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 08:10

Parmi les fours qui sont présentés dans le diaporama publié le 8 novembre, il en manque au moins deux: celui d'Archange et celui de Fosca.

 

Sur la propriété d'Archange COLONNA, se trouve un four construit à l'ancienne en 1983/84 par le maçon FORNERO. Les images du four en fonctionnement datent de Pâques 1987 à l'occasion de la cuisson des "cacavelli" .


four Colonna4

 

four Colonna3

 

four Colonna2

 

four Colonna1

(Merci à Paul VINCETTI pour ces photos)

 

Les cacavelli ont fait l'objet d'un article et d'un reportage vidéo publiés en mars dernier (cliquez ICI).

 

Pour le moment, nous n'avons pas de photo du four de Fosca mais nous espérons en avoir bientôt.

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 20:11

Listincone (230 m), San Bastiano (411 m), Saint Antoine (490 m), Sorrù (624 m), voici les quatre cols qui jalonnent la route joignant Ajaccio à Poggiolo.

 

 

  La date d'aujourd'hui 14 novembre est liée à un de ces cols. 

Capazza maintenant

 

  Dans sa chronique historique parue dans "La CORSE-HEBDO" du 11 juin 2010 et intitulée "Un retour opportun de Louis CAPAZZA", Paul SILVANI propose de s'arrêter devant la stèle érigée au sommet de San Bastiano.


  Ce monument de deux mètres de haut en  granit d'Appietto et au sommet pointu (et non pas arrondi comme l'écrit Monsieur SILVANI qui pense à la première version de la construction) porte le profil en bronze de Louis CAPAZZA et un autre sans nom mais qui est celui d'Alphonse FONDÈRE. Les automobilistes ne remarquent pas cet édicule très abîmé, tout occupés qu'ils sont à profiter du magnifique panorama du golfe de Sagone.

 

 

 

panorama Sagone

  Alanu MORI a tenté de faire sortir ces deux héros de l'oubli avec son livre "Louis Capazza, héros corse de l'aéronautique" (ed. Anima Corsa) dont Paul SILVANI fait le compte-rendu.

  CAPAZZA, originaire de Bastia, était passionné d'aéronautique et, après plusieurs exploits, il réussit la première liaison aérienne entre le continent et la Corse.

  Le 14 novembre 1886 (voici donc exactement 124 ans aujourd'hui), CAPAZZA (âgé de 24 ans) et son compagnon Alphonse FONDÈRE (21 ans) (qui fit ensuite carrière dans l'administration coloniale) s'élevèrent dans les airs dans un ballon depuis la plaine St Michel (aujourd'hui place Jean Jaurès, mais appelée toujours la Plaine) à MARSEILLE. Partis à 16 heures, ils touchèrent le sol au début de la nuit près du col de San Bastiano après 5 h 30 de trajet. Le berger qu'ils rencontrèrent ne parut pas impressionné par leur exploit car il s'inquiétait plutôt de ses brebis qui, affolées par le ballon, s'étaient éparpillées dans la nature!!!


Capazza timbre

  Ce succès fut amplement célébré et, bien plus tard, le 28 octobre 1928, cette stèle fut inaugurée par le préfet et les autorités civiles et religieuses de la Corse.

  Une belle erreur existe sur le monument: le décès de CAPAZZA est daté de décembre 1925 alors qu'il eut lieu en décembre 1928, après l'inauguration.


  Ce monument a un frère à MARSEILLE. A la Plaine, dans un coin qui a pris le nom de carrefour CAPAZZA,  une très haute plaque placée sur une façade rappelle cette aventure. Œuvre du sculpteur  BOTTINELLY et de l'architecte CASTEL, elle a été inaugurée le 16 novembre 1930 (voici pratiquement 80 ans) par COSTES et BELLONTE, les aviateurs français vainqueurs de l'Atlantique le 2 septembre précédent. Hommage du "plus lourd que l'air" au "plus léger que l'air".

Mais ce monument est lui aussi quasi-inconnu malgré sa taille et malgré la nombreuse circulation de ce quartier commerçant. De temps en temps, les adeptes du tag y mettent leur signature.

D'ailleurs, qui, à Marseille, même parmi les riverains, sait pourquoi il existe (dans le 4ème arrondissement) une rue CAPAZZA et une rue FONDÈRE?

 

Capazza Plaine

Renseignements extraits du "Dictionnaire historique des rues de Marseille" d'Adrien BLÈS.

Un article plus développé se trouve à l'adresse: http://corsicanostra.free.fr/capezzaetfondere.htm

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13 novembre 2010 6 13 /11 /novembre /2010 18:41

Pour la 6e année consécutive, l'association artistique et culturelle de Sorru in Sù organise le grand marché de Noël des arts et de la culture.

L'événement est prévu le dimanche 5 décembre prochain à Poggiolo. Plusieurs centaines de visiteurs sont attendues dans la salle polyvalente où plus de 80 stands seront installés.

 

Marché de Noël 2009

 

Ce sera l'occasion de rencontrer de nombreux artisans exerçant leur art dans différents domaines : bijouterie, art floral, joaillerie, peinture, sculpture, coutellerie, jouets en bois, etc. Les producteurs locaux seront également de la partie, avec leurs confiseries ou de la farine de châtaigne.

A signaler : la mise en place d'un important stand librairie tenu par La Marge, avec la présence annoncée de plusieurs auteurs.

Enfin, cette année encore, La Poste s'associera à la manifestation et proposera notamment des enveloppes personnalisées avec les photos des villages de Sorru in Sù.

Qui dit Noël dit également crèches, santons et villages miniatures. Il y aura du choix dans ce domaine aussi.

Sans oublier le stand de photos de la microrégion et ses calendriers 2011.

On le voit, les responsables bénévoles de ce 6e marché de Noël ont tout prévu pour que les visiteurs puissent réaliser leurs achats en un même lieu, à des prix attractifs et en cultivant un lien étroit avec les productions locales.


Renseignements au 04.95.24.58.87 ou au 06.37.46.33.62.

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 21:47

    Comme toutes les communes, Poggiolo a connu sa cérémonie de remise du diplôme d’honneur aux anciens combattants de la seconde guerre mondiale.

    Dans le cadre du 70e anniversaire de la seconde guerre mondiale, Hubert FALCO, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants, a souhaité rendre hommage aux quelques 250.000 anciens combattants de la seconde guerre mondiale encore en vie par la remise d’un diplôme d’honneur.
    Les maires doivent remettre le diplôme au moment qu’ils jugent opportun: le 8 mai, le 18 juin, le 14 juillet, le 11 novembre ou lors d’une commémoration liée à l’histoire locale.

    Ce geste symbolique de la gratitude du pays a eu lieu au village. Sur les cinq anciens combattants habitant Poggiolo, quatre (Barthélémy CANALE, Archange COLONNA, Charles TRAMINI et Yvette TRAMINI) avaient eu le diplôme à leur domicile.

    Le cinquième, Jean-Martin FRANCESCHETTI, était bien présent, devant le monument aux morts, jeudi 11 novembre.

11 nov lecture

Après la lecture du message  du secrétaire d'Etat par le premier adjoint, Jean Silius PAOLI, le dépôt d'une gerbe et la minute de silence, le Maire Angèle PINELLI lui remit le diplôme.


11 nov remerciement   

En remerciement, Jean-Martin FRANCESCHETTI a prononcé la déclaration suivante:

 

    "Madame le Maire, je vous remercie, ainsi que le conseil municipal, de me remettre en ce 11 novembre 2010 le diplôme de reconnaissance.

    Ce diplôme ne m'appartient pas. C'est un "devoir de mémoire" que je dédie à mon père Jean-Antoine, à mon beau-père Emilien QUAIRÉ, tous deux combattants de la guerre 1914-1918 et plusieurs fois blessés lors des combats.

    Je le dédie à mes camarades d'enfance poggiolais morts pendant la deuxième guerre mondiale 39/45, sans oublier Félix PINELLI et Marcel ANGELINI, morts à ce jour. 

    Je le dédie aussi à mes camarades de combat des Forces Marseille occupéejpgFrançaises de  l'Intérieur et des Milices Socialistes qui ont laissé leur vie lors de la Libération de Marseille et la prise de Notre-Dame de la Garde.

    Je le dédie aussi à ma belle-sœur Jeanine qui, du 5 au 25 août 1941, à la ligne de démarcation de la zone occupée, a fait transiter dans la région de Solutré les enfants orphelins juifs, les sauvant d'une mort certaine, et ce grâce au groupe des Eclaireurs de France de Marseille auquel nous appartenions tous les deux.

    Je le dédie enfin à mon frère Philippe qui, malgré lui, au travers du S.T.O., a connu en Allemagne les affres du nazisme hitlérien et le fascisme aveugle de ses alliés.

    Je vous remercie tous."


juin 44

  Photo du groupe de résistance des Eclaireurs de France à la permanence du Quai du Vieux Port

(actuel Cours Jean Ballard) à Marseille le 1er juin 1944. Jean-Martin FRANCESCHETTI est à l'extrême-gauche.


 

certificat résistance

  Après cette sobre et émouvante cérémonie, les habitants présents se réunirent autour du pot de l'amitié.

11 nov 2


(merci à Marie OTTAVY pour son reportage photo)

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 16:12

Si ce blog a publié un compte-rendu sur la fête des bastelle à Poggiolo (pour le relire, cliquer ici), l'article publié dans le "Corse-Matin" d'aujourd'hui 10 novembre a le mérite de la situer dans le contexte plus grand du maintien de cette tradition dans l'ensemble du haut-canton.


bastelle Soccia Poggiolo

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 19:39

  Chaque village corse possède des fours privés ou communaux. POGGIOLO vient de faire démarrer celui que la municipalité a fait édifier près de la salle des fêtes. Certains ont pu trouver sa forme un peu particulière mais les fours de notre île ne sont pas d'un style standardisé.

four municipal

 

La variété des fours est énumérée dans un livre qui fait autorité: le tome 1 de "Tempi  fà (arts et traditions populaires de Corse)" de Pierre-Jean LUCCIONI (éditions Albiana):

 

les types de four

Le four était un élément central de la vie Tempi fa 1communautaire. Chaque ville, chaque village disposait de nombreux fours à pain, communaux ou privés.

La vie était organisée autour et ils fonctionnaient toute l'année. Immuablement, on les allumait le vendredi soir pour cuire la provision de pain de la semaine. Ils étaient utilisés aussi pour la cuisson des aliments ou diverses galettes à base de farine de blé ou de farine de châtaigne.

La fabrication du four obéit à des règles précises. On commence d'abord par la sole (a zigha), c'est-à-dire la surface sur laquelle on posera le pain. Elle est composée d'un mélange d'argile (terra rossa) compacté ou de briques rouges. Sur la sole obtenue est édifié un dôme en pierres, couvert de terre pour en assurer l'étanchéité.

Ces fours, réalisés par des artisans, sont de véritables petits chefs-d'œuvre d'architecture traditionnelle insulaire. En Corse, on rencontre quatre types de fours:

1- Le four de plein air n'ayant aucune protection que l'on retrouve surtout sur les lieux habités épisodiquement par les bergers (plaine d'Aleria, désert des Agriate, Sartenais, etc.). Ce modèle simple et dépouillé est aussi relativement fréquent dans les villages.

2. Le four couvert qui se trouve au milieu des habitations. Il dispose d'un auvent permettant de cuire le pain par tous les temps.

3. Le four intérieur, dont le dôme est collé à une maison d'habitation. L'ouverture se trouve à l'intérieur de la demeure.

4. Le four à l'intérieur de la maison. 

 

 

De quels types sont les fours poggiolais? Regardez bien le diaporama ci-dessous pour le déterminer.

 

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 21:39

Le maire Angèle PINELLI et le conseil municipal invitent la population de POGGIOLO à participer aux cérémonies de jeudi 11 novembre.

A 12 heures, dépôt de gerbe au monument aux morts de la guerre 1914-1918, suivi de la remise de diplômes, par Madame le Maire, aux anciens combattants de 1939-1945.

Puis, un apéritif sera offert à tous, par la municipalité, au bar "le Belvédère".

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 22:19

Dimanche 31 octobre, le four construit voici quelques mois par le conseil municipal de Poggiolo a été inauguré à l'occasion de la fête des bastelles.

four municipal

Malgré un temps épouvantable (il a plu toute la journée), une soixantaine de personne étaient présentes  à la salle des fêtes.
Les bastelles avaient été confectionnées la veille, mais il fallait bien les cuire !

bastelle 2010-1

 

bastelle 2010-2

 

Il faut remercier les courageux  cuisiniers qui ont bravé les intempéries pour s'affairer autour du nouveau four: le résultat a été à la hauteur de leurs efforts, car les participants ont fait honneur, tout au long de l'aprés midi, aux bastelles de la Toussaint dans une ambiance trés conviviale.

bastelle 2010-3

(photos de J-M F)

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 18:14

Après la célébration de la Toussaint, les villages de montagne se préparent à l'arrivée de l'hiver et paraissent somnoler. Une vie y existe toujours mais elle n'a rien à voir avec l'agitation des villes.  

Une très belle description de ce moment de l'année a été donnée voici exactement unCorsarmoricaine an, le 4 novembre  2009. L'auteur en est une infirmière alors installée à Vico où elle est restée six mois et qui est maintenant à Ajaccio. Peut-être parce qu'elle venait de l'extérieur, elle a pu bien rendre la façon dont se passe la journée sur la place de Vico, quand les touristes ne sont pas là. Bien sûr, à Poggiolo, la réalité n'est pas tout à fait la même.

Son blog (http://corsarmoricaine.hautetfort.com/), qui s'appelle "Corsarmoricaine" et est sous-titré "Journal d'une infirmière en Corse", ne contient pas beaucoup d'articles mais ils sont bien écrits et montrent une grande sensibilité. Les articles de décembre 2009 (sur la mort d'une patiente, le décès d'un ami et une messe d'enterrement à Vico) sont également à lire.

 

Voici le texte:

 

L'AGHJA

Mot Corse, l’aghja désigne une surface plane le plus souvent exposée au vent, près d’une vieille maison, où l’on battait le blé.

La place de mon village ressemble à un théâtre antique à la Woody Allen… J’emprunte juste à mon auteur new yorkais favori sa référence au chœur antique, totalement détourné dans « MAUDITE APHRODITE », puisqu’à la fois le chœur y tient le rôle d’un personnage à part entière et à la fois, en soulignant l’intrigue, il remplit son rôle de catharsis, avec une grande légèreté comique. Oui, Aristote se reconnaîtrait dans ce qui se joue sous les fenêtres de ma demeure ancestrale et néanmoins cossue – construite par un comte italien, l’ai-je déjà dis ? Il s’y déroule une vie intense dont les codes pour beaucoup m’échappent encore. Mais je perçois combien chaque fait et geste est commenté à haute voix par ceux qui à leur tour, deviennent l’objet des commentaires d’autres… 

Tout d’abord le décor. Cette place s’organise autour casanellid’une fontaine, dont le clapot  berce mes nuits montagnardes, surmontée d’un homme d’église, gelé dans le bronze, bras levé dans une posture que j’imagine être celle de la bénédiction, au vu de ses deux doigts tendus un peu comme le « V » de la victoire respectueusement inclinés vers le sol, mon éducation religieuse ne me permettant guère une analyse des plus fines. Deux arbres, pour l’ombre, deux bancs publics, pour s’asseoir, deux jardinières municipales faméliques, pour décorer ? Et quelques places de parking. Huit pour être précise. Deux manœuvres et c’est l’embouteillage.
Autour, on ne dénombre pas moins de trois cafés, dont un se targue également de restaurer ses clients, une épicerie - fleuriste, un marchand de journaux, une boulangerie, une ancienne boucherie – galerie d’art reconvertie en traiteur 3 ou 4 jours par semaine, un cabinet d’architecte-maçon, et un office de tourisme que je n’ai jamais vu ouvert à ce jour.


La vie s’éveille très tôt, pour une infirmière qui se couche très tard… Dès 6 heures, le moteur du car de ramassage ronronne un bon moment sous mes fenêtres. Il fait le plein de village en village pour acheminer les lycéens à Ajaccio. Le premier bar ouvre ses portes. C’est un ballet de camion et 4x4 qui prend alors le relais. Employés municipaux ou de l’Etat, cantonniers, postiers, livreurs, il me semble que tout ce que le village compte d’actifs se retrouve autour d’un café. Ca s’appelle, ça discute, ça magagne, ça rit, ça klaxonne. Dès le matin, le Corse a le verbe haut, ce qui fait que dans mon demi-sommeil, j’ai l’impression d’assister à un pugilat matutinal. Il n’en est rien. C’est juste la façon sudiste de s’exprimer. Le week-end, ce sont les aboiements et les grelots des chiens qui me réveillent. Les hommes vont à la chasse… Les sangliers n’ont qu’à bien se tenir.


 Quelques quarts d’heures plus tard, les femmes qui investissent la place. La boulangère assise sur le banc, un œil rivé sur la porte de la boutique pour surveiller le client, papote avec celles qui veulent bien s’asseoir un instant près d’elle. La place a rarement le temps de refroidir. Et bli et bla… Tout y passe. Les nouvelles fraîches, comme ce matin un décès, le troisième du mois d’octobre !, dont l’annonce se répand de porte en Vico vue par fenêtreporte à la vitesse de l’éclair, et madame unetelle qui a fait ça, qui a dit ça… Dans l’épicerie se tient encore un autre forum, ainsi que dans chacun des bars. Tous les pia-pias se croisent et s’entremêlent au gré de celles qui passent, cabas sous le bras.

Puis, selon le jour de la semaine, les commerçants ambulants font leur ronde : à qui le poisson frais du joli port de Sagone, station balnéaire du village, à qui la charcuterie… A midi et demi, l’agitation cesse peu à peu. Les tenanciers baissent le rideau, l’un après l’autre. C’est le temps du repli, l’heure de s’alimenter et de sacrifier au repos post-prandial. La vie ne reprendra son cours qu’à partir de 16 heures. Avec la sortie des écoles, résonnent les cris et les rires des enfants. La halte à la boulangerie est de mise. Suivra l’apéro à rallonge, où l’on tape le carton dans la tiédeur épaisse d’une salle de café éclairée au néon, qui fait office également de refuge pour quelques mouches apathiques et insistantes, en quête de chaleur humaine dans cet automne humide.

Et moi, au milieu de tout ça ? C’est l’heure où ma journée d’infirmière du soir commence. Je traverse la place comme une scène de théâtre, les regards fixés sur moi. Curieux et bienveillants. D’où elle vient ? Que fait-elle ? Les volets sont encore fermés ? A cette heure ? Je suis l’attraction, la nouvelle. Je suis sollicitée à chaque terrasse. « Assieds-toi prends un café. Parlons un peu… » L’accueil semble très chaleureux et sympathique pour une primo arrivante. Mais chaque mot prononcé sera gravé et utilisé. J’ai mon rôle à tenir, en tant que « belle-fille d’Angèle ». J’ai été rapidement « casée », car la filiation fait tout dans les villages. Il me fallait une «racine vicolaise ». Je l’ai adopté sans états d’âme, parce qu’Angèle est un amour de femme avec un caractère trempé dans l’airain. Comme j’aime. Grâce à sa générosité, j’habite et je fais vivre l’ancienne Maison du Peuple, où l’aïeule de mon compagnon prodiguait soins, conseils et réconfort aux villageois. Je ne pouvais rêver plus belle carte de visite !

Alors je me la joue discrète. Souriante et polie. Mais discrète tant dans le verbe que la tenue. Je me réfugie derrière le travail et les murs du grand jardin pour échapper à la convoitise villageoise. Je me sens déjà assez exposée en passant de maison en maison pour prodiguer mon art. Et je garde pour Ajaccio mes extravagances. Vivons heureux. Vivons caché.


P.S. Dans le rôle de la statue : Mgr Xavier Toussaint Raphaël Casanelli, né à Vico en 1794, évêque d’Ajaccio de 1773 à 1775

Merci à François, dont le Café National et l'accès WIFI me permet d'avoir un vaste et sympathique bureau au coeur du village. www.cafenational-vico.com

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 20:54

   Pendant longtemps, les Poggiolais défunts ont été inhumés dans l'arca (voir l'étude détaillée publiée sur ce sujet).

    Quand le cimetière communal a été mis en service, certaines familles ont préféré enterrer leurs morts dans des caveaux édifiés sur leurs propres terrains proches de l'église.

 

P0423.jpg

 

caveau Bartoli

 

    A gauche de l'église Saint-Siméon, près du début de l'ancien chemin conduisant à ORTO, il n'est pas facile de remarquer qu'il existe aussi un véritable cimetière privé.

La parcelle, entourée de murs, en vert sur le plan ci-dessous, n'apparaît pas comme bâtie ni comme cimetière sur le plan cadastral.

cadastre cimetière

  

Il contient une douzaine de tombes portant les noms de DEMARTINI, DESANTI et MARTINI. Les dates de décès  encore déchiffrables se situent entre la fin du XIXème siècle et 1945. Certaines sont surmontées d'une pierre gravée, la plupart d'une croix métallique. Les croix en bois sont très abîmées. Elles sont décorées par des fleurs artificielles. L'ensemble a été heureusement déboussaillé il y a quelques mois. 

    Voici quelques photos pour ne pas oublier les ancêtres reposant là.

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
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