Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 17:53

La cérémonie du 11 novembre à Poggiolo fait l'objet d'un article dans le "Corse-Matin" du 14 novembre:


 

Simple et émouvante cérémonie du souvenir



    En cette matinée du 11 novembre, la quasi-totalité des Poggiolais était rassemblée au monument aux morts autour du maire Angèle Pinelli et de ses adjoints et conseillers municipaux. Un moment de recueillement en hommage aux soldats morts dans les divers conflits mondiaux. Une cérémonie simple dépourvue de tout apparat.

   Après une brève allocution du maire, le premier adjoint Jean-Silius Paoli a donné lecture du message de Concorde et de paix, adressé à toutes les communes de France, par le ministre des anciens combattants.

   Après un dépôt d'une gerbe au pied du monument aux morts sur lesquels sont gravés les noms des 37 Poggiolais morts pour la France lors des conflits 1914-1918, 1939-1945, ou champs extérieurs, ce fut la minute de silence.

   À l'issue de la cérémonie, la municipalité a reçu les habitants au cours d'un apéritif dînatoire. Cette manifestation de l'amitié s'est déroulée dans une ambiance familiale, créant un lien entre toutes les familles vivant toute l'année dans Sorru in Sù.

 

   Comme nous n'avons pas de photos de Poggiolo, nous vous proposons le diaporama réalisé par Marthe Poli et publié sur son blog (http://marthepoli.blog.club-corsica.com/). Le reportage est complet sur l'hommage et sur le verre partagé dans le village de Guagnu.

 

Partager cet article

Repost0
14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 17:58

   Les lecteurs de ce blog peuvent publier des commentaires à chaque article et ils n'utilisent pas assez cette possibilité.

   Mais le commentaire qui suit le texte du 31 octobre sur les fours vaut la peine d'être relayé. Comme pour notre dernier article sur les photos de Letia, il s'agit ici de demande de documents.

   Cet appel avait déjà été publié mais il contenait une erreur qui a été rectifiée.


   L'auteur du texte est Dominique VERVACKE:

 

   "Bonjour, c'est trés agréable lorsque nous sommes loin du village de voir et revoir des photos ou articles qui tissent un lien encore plus fort entre nous tous.
    Je voudrais faire une demande aux nombreuses personnes qui visionnent ce site. Je suis depuis maintenant assez longtemps à la recherche de photos ou souvenirs en tout genre de ma famille LECA Marie Dominique (Miniquel) et des autres membres de ma famille: Julie, Pierre Toussaint, François et Noël, mais pour lui j'ai Josiane.
    Merci d'avance à tous."

 

   Pour répondre, vous envoyez un texte sous forme de commentaire à cet article et il sera retransmis.

Partager cet article

Repost0
12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 18:00

    Jean-Pierre et Rose-Marie CHABROLLE ont fait voici quelque temps un voyage à Salers, dans le Cantal. Et ils ont eu une révélation:

    "Nous avons découvert, dans le musée, une pharmacie avec des pots de pharmacie et l'un nous a intrigué... Il était indiqué "mousse corse"...Or cette mousse corse, nous la voyons tous les jours sur la plage de Sagone... ces algues en motte...  Bref, comment ces algues s'étaient-elles trouvées dans la pharmacopée?... Internet est alors sollicité et, oh surprise... j'apprends qu'il s'agit d'un vermicide-fuge... son utilisation thérapeutique nous vient des Grecs... et elle fut importée en Corse... à Sagone... Et si on relançait son utilisation ?"

(pharmacie du musée de Salers) (site de la mairie de Salers)

 

   Une mousse corse en pharmacie? Essayons d'éclaircir ce mystère.

 

Un remède antique

mousse de corse, mousse de mer, coralline  

La mousse de Corse, Alsidium helminthocorton, ou mousse de mer, (en fait, une algue) se récoltait d'abord en Grèce, en raclant les rochers des côtes. On ramenait ainsi un mélange de près de vingt espèces différentes qui avait de grandes qualités comme vermifuge. Du thalle central, rouge sombre, partent des filaments rampants, entrelacés, dressés, cylindriques, charnus, violet foncé (description sur le site de phytoréponse).

   Dans l'Antiquité, "Théophraste et Dioscoride indiquent son emploi médical, et le muscus marinus de Pline et des vieux auteurs ne serait autre que notre mousse", écrit P. LEMAY dans son article « Un remède oublié : la mousse de Corse » (Revue d’histoire de la pharmacie, n°144, année 1955).

   Elle était surnommée dentelle de Vénus car « on raconte qu’un jour Vénus voulut se baigner ; elle quitta ses vêtements légers, un coup de vent survint et ses dentelles tombèrent dans les flots » (site de phytoréponse).

  

   Complètement oublié depuis l’Antiquité, ce remède est remis à l'honneur au XVIIIème siècle. Pierre-Alexandre MARTIN, avant de succéder à son père comme apothicaire du roi Louis XV en 1767, fait connaître l'emploi de de la mousse de Corse en décembre 1755, par une note insérée dans les "Mémoires littéraires, critiques, etc." de GOULIN (article de Maurice BOUVET sur  « Les apothicaires royaux », Revue d’histoire de la pharmacie, n°70, année 1930).

  

   Le Lyonnais J-B LANOIX, élève de LAVOISIER et célèbre pour ses travaux sur le gaz et sur l'utilisation du charbon de terre, devenu maître apothicaire en 1764, exploite un sirop vermifuge à base de mousse de Corse ("Les pharmaciens français et l'invention du gaz d'éclairage" par René Deroudille et Maurice Bouvet, Revue d'histoire de la pharmacie, Année   1956, Numéro   148).

 

Une redécouverte en Corse

   Mais le renouveau de ce remède est dû surtout à l'action de Dimo STEPHANOPOLI. Il est le petit-fils d'un des chefs des Grecs Mainotes installés à Paomia par les Génois. Il voit le jour en 1729 à Ajaccio où ses compatriotes se sont réfugiés après avoir été chassés par les habitants des deux-Sorru. Docteur en médecine, médecin de la famille Bonaparte, il devient chirurgien-major au Royal-Corse en 1777, puis à l’hôpital militaire d’Ajaccio en 1780, d’après la fiche du CHTS, reprise par Orsu-Ghjuvanni CAPOROSSI.

   Il s’intéresse aux plantes, ce qui lui permet de découvrir en 1782 un procédé pour teindre en noir les étoffes avec de l’écorce de chêne. Surtout, ses origines lui permettent de retrouver les vertus des algues qu’il appelle Lémithochorton au lieu de helminthocorton. Il décrit cette découverte dans le mémoire annexé à «Voyage de Dimo et Nicolo Stephanopoli en Grèce pendant les années V et VI (1797 et 1798)», rédigé par Antoine Sérieys:

 

 

 

    voyage de Dimo

« La colonie grecque dont je fais partie, établie en Corse depuis cent vingt ans, venue des côtes de la Laconie, avait conservé l'usage du Lémithochorton; mais elle ne l'avait point étendu au-delà de ses limites. Depuis quatre-vingt-cinq ans qu'elle habitait cette île, jamais aucun Corse n'avait soupçonné les vertus, ni même l'existence de cette plante, lorsqu'en 1760, exerçant la chirurgie dans ce pays, où les maladies vermineuses et les fièvres putrides sont très-communes, je sentis la nécessité d'un vermifuge assuré, assez puissant pour en détruire les causes. Le Lémithochorton de la grande espèce, qui m'était connu comme aux autres Grecs, devint l'objet de mes recherches. J'en séchai et j'en préparai une certaine quantité, je l'employai en poudre, en infusion, en décoction et en sirop, de toutes les manières. Ses heureux effets surpassèrent mes espérances. La simplicité de ce remède qu'on peut employer dans tous les cas, et sans craindre aucun inconvénient, les occasions fréquentes que j'ai eues de l'administrer dans le cours de plusieurs années, m'ont mis en état de connaître, par ses effets, toute l'étendue de ses vertus, et comme vermifuge et comme calmant.

    Il est constant que ce remède fait rendre les vers dans les vingt-quatre heures, et que la propriété vermifuge lui est inhérente, comme celle de concilier le sommeil est inhérente à l'opium, comme celle d'évacuer les humeurs est inhérente à la manne, à la rhubarbe, au jalap , etc.

    Ainsi, le Lémithochorton détruisant promptement la cause de la maladie, le malade se trouve parfaitement rétabli dans les vingt-quatre heures. »

   Il ajoute qu'il peut guérir aussi la coqueluche et le rhume.

 

Un propagandiste zélé

   Ayant trouvé que cette plante se trouvait sur les côtes corses, surtout entre Ajaccio et Cargese, Dimo STEPHANOPOLI en fait adopter l’utilisation par l’hôpital d’Ajaccio, puis quitte celui-ci pour faire connaître ce fabuleux remède sur le continent.

   Il imprime un mémoire et, en 1776, il va rencontrer les médecins du continent, à qui il remet son prospectus avec des échantillons, surtout en Provence. Son dynamisme impressionne :

« Dans l'espace de dix-huit mois, je parcourus les villes d'Aix, d'Orgon, d'Avignon et tout le Comtat, celles de Tarascon, de Beaucaire, d'Arles, etc. Par-tout les personnes de l'art me prodiguèrent des éloges sur l'efficacité de ce nouveau remède. »

   Arrivé à Paris en 1788, il se présente à la faculté de médecine qui le félicite et lui permet d’avoir une prime gouvernementale de 3.000 livres.

   Sous son impulsion, de nombreuses études sont alors consacrées à la mousse corse.

   Le travail de STEPHANOPOLI est vite utilisé pour gagner de l'argent, comme le montrent une affiche apposée sur les murs de Carpentras par l’apothicaire CHAPUY (citée par Charles GUYOTJEANNIN dans "Documents inédits sur la pharmacie et les apothicaires de Carpentras", Revue d'histoire de la pharmacie, année 1951, numéro 129), ou le prospectus du Marseillais JACQUART (qui ne fait aucune référence à la Corse et prétend que ce remède lui vient d’un « chef des Sauvages de la Guiane Française ») dans l'article de LEMAY  déjà cité. 

  

  

Le succès se poursuit sous la Révolution : en août 1793, la note de frais de l’apothicaire ROBERT montre que le « petit Capet », fils de Louis XVI, enfermé à la prison du Temple, reçut des lavements composés de mousse de Corse, citron et huile d’olive ("Les pharmaciens fournisseurs de la famille royale au Temple (1792-1794) par Maurice BOUVET, Revue d'histoire de la pharmacie, année 1958, numéro 158). Le remède corse n'empêcha pas le petit Louis XVII de mourir en captivité.

 

Retour chez les ancêtres

   Inquiet de la forte consommation et des faibles réserves de cette erba greca ou murzu marina, STEPHANOPOLI entreprend en 1797 et 1798 un voyage en mer Ionienne, avec son neveu Nicolo, pour trouver de nouveaux fournisseurs.

 http://www.greecetraveler.com/uploads/images/KalamataAndEnvirons/17th-centuryTurkishKelefaCastlebeyondItiloVillage.jpg

​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(vue de Vitylo aujourd'hui)

 

Une première tentative échoue à cause de l’attaque de pirates.

   Une seconde est transformée sur l’ordre de Napoléon BONAPARTE en une mission de renseignement en Albanie et Grèce. Elle permet à Dimo de visiter la région de Mani  et de Vitylo d’où venaient ses ancêtres (raconté dans «Voyage de Dimo et Nicolo Stephanopoli en Grèce pendant les années V et VI (1797 et 1798)», déjà cité).

   Mais, les années suivantes, l’engouement diminue assez rapidement et devient « une curiosité de droguier » (P. LEMAY).

 

   Les vertus de la mousse corse existent pourtant toujours. L’été, à Sagone, on peut se délasser en se baignant. On devrait penser aussi à se soigner en se frictionnant avec les algues du lieu ou en faire une récolte pour préparer des décoctions. Le syndicat d'initiative pourrait le recommander aux nombreux touristes.

   Et, à une époque où l’on veut retrouver les produits naturels, pourquoi ne pas se remettre à commercialiser ce produit original, à la fois si grec et si corse?

Partager cet article

Repost0
9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:00

momument aux morts.jpeg   

Le rituel du 11 novembre permet d'honorer les Français tués pendant la guerre de 14-18 et même les morts  de toutes les guerres. Les élus et la population se rassemblent autour du monument aux morts où sont écrits les noms des héros. Mais ces noms n'évoquent souvent pas grand-chose aux gens d'aujourd'hui.
    Sur ce blog, deux articles avaient déjà été consacrés au monument de Poggiolo. L'un était une synthèse sur l'ensemble de ces hommes (cliquer ici) et un autre à trois particulièrement caractéristiques (cliquer ici). Nous revenons avec plus de détails sur Jean LOVICHI.

   Jean LOVICHI est particulier car il n'est pas né à Poggiolo et n'y a pratiquement vécu que pour les vacances scolaires. Son nom n'est pas d'origine poggiolaise. Enfin, il aurait pu ne pas être soldat.
    Les renseignements réunis ici viennent de la brochure "L'oncle Jean, Correspondance de Jean LOVICHI", extraite de "Soldats par habitude, Etre soldat de 1720 à 1920", étude publiée par son neveu Romain DURAND (décédé en juin 2010).


La famille LOVICHI
    Lovichi Charles

Jean-Paul LOVICHI, le grand-père de Jean, est né en 1822 à Azzana-Vignamayo (mais le foyer patronymique des Lovichi est Monacia d'Aullène). Instituteur à Poggiolo, Jean-Paul a épousé en 1851 dans notre village Angèle Françoise Eugénie Pinelli (1827-1885). Ils ont eu neuf enfants dont Charles-Désiré-Gabriel-François né à Poggiolo en 1862.
    Charles (photo ci-contre) fait ses études au séminaire d'Ajaccio, passe le baccalauréat de lettres et obtient un emploi de rédacteur à la préfecture de Constantine (Algérie). Il est nommé en 1894 secrétaire particulier du chef de cabinet du préfet, administrateur de commune mixte en 1896, administrateur principal de la commune mixte de l'Edough (avec résidence à Bône) en 1912, sous-préfet en 1918, maintenu à titre exceptionnel jusqu'en 1930, il se retire à Alger où il meurt en 1942. Il était chevalier de la Légion d'honneur, officier d'Académie, chevalier du mérite agricole, officier du Nicham Iftikar.
    Il a épousé à Sèvres, en 1892, Odile Delon, professeur de lettres, fille de Charles  Delon (1839-1900), écrivain et pédagogue. De ce mariage, naissent quatre enfants: l'aîné Jean en 1893, puis ses soeurs Fanny, Charlotte et Odile. 
 

Le philosophe qui voulait se battre
    Lovichi enfants

Jean Ary Francois Léon LOVICHI (photo ci-contre de Jean avec deux de ses sœurs) est né le 10 novembre 1893 à Constantine, en Algérie. Il fait ses étudesau lycée de Constantine et au lycée Henri IV de Paris où il est l'élève d'Alain, le philosophe qui  était alors l'inspirateur de la Troisième République radicale. Agé d'à peine 18 ans, il est licencié de philosophie à la Sorbonne. Diplômé de philosophie, Jean est empêché par la guerre de présenter le concours de l'École normale supérieure. 

    L'article "1914: la fin d'un bel été", publié ici en août 2010, raconte comment Jean, en vacances à Poggiolo, et tous les Poggiolais apprirent la nouvelle de la déclaration de guerre.

    Jean prépare son agrégation comme répétiteur au lycée de Philippeville. et il aurait pu être le plus jeune agrégé de France. Il avait été réformé en 1913 pour sa faible constitution. Mais, patriote, il se porte volontaire à l'appel de la classe 15. De nouveau jugé inapte au service armé, il refuse d'être réformé. Son père, qui préside le conseil de révision, tranche en sa faveur: "C'est mon fils, prenez-le. Il a le droit de vouloir. C'est un cœur et un cerveau qui s'offrent au pays: sa volonté et son amour de la patrie maîtriseront son corps. Service armé!". Contrairement à d'autres, il n'a pas eu un passe-droit pour éviter l'armée mais pour y aller.

    Il rejoint l'école des élèves-officiers d'Alger-Ben-Aknoun. Comme il l'écrit alors à ses parents: "J'ai presque dépouillé le vieil homme et n'aspire plus maintenant qu'à me redresser de toute ma taille de défenseur de la Patrie". A un de ses amis, Joseph ANGELINI-BENEDETTI, rédacteur en chef de "L'Echo de la Corse", il précise: "j'aurais été, si je n'avais pas été appelé, réduit aux sophismes et à la vie misérable. Maintenant une vie nouvelle commence, de force et de responsabilité". L'armée a changé l'intellectuel.

 

La folie des Dardanelles

   Il est affecté aux zouaves du 2e RMA (régiment de marche d'Afrique) qui comprend des Français d'Algérie et de Tunisie. Son unité part aux Dardanelles où elle arrive le 12 mai 1915.  

   Le 24 avril, les troupes alliées (Français et Anglais, Australiens et Néo-Zélandais) avaient débarqué sur la pointe de la presqu'île de Gallipoli qui commande le passage de la mer de Marmara, entre la mer Egée et la Mer Noire. Le but était de s'emparer d'Istanbul, la capitale de l'Empire ottoman allié de l'Allemagne. Attendues par les soldats turcs, les forces de l'Entente se trouvèrent bloquées sur le cap Helles, entre la mer et les collines tenues par leurs ennemis. 

Dardanelles-carte

   Contrairement aux vastes espaces de la Marne ou de Verdun, ici le front est très étroit: 7 kilomètres sur 3. Les combats se concentrent sur les rives du ravin, large et profond, dans lequel coule le Kérévés-Dér et où les Alliés ont creusé des tranchées pour contrer les attaques turques venus de Krithia.

   Dans ses lettres, Jean LOVICHI ne donne pas de détails sur les dures conditions de combat (censure oblige!). Il affirme souvent qu'il est bien nourri mais il demande constamment que sa famille lui envoie de nouvelles lettres.

   Pour les intellectuels comme lui, mais aussi comme Jérôme CARCOPINO, François CHARLES-ROUX ou Jean GIRAUDOUX, eux aussi présents sur ce champ de bataille, les Dardanelles sont un lieu exceptionnel car ils sont très proches du site de l'ancienne Troie. De l'autre côté du détroit, se trouve le lieu des exploits de PRIAM, ACHILLE, HECTOR, ULYSSE et des autres héros chantés par HOMÈRE. Jean demande d'ailleurs l'Iliade et l'Odyssée, ainsi que les oeuvres de MONTAIGNE, dans sa lettre du 30 juin.

 

Mort d'un héros

    Les Français attaquent les 21 et 22 juin et remportent un grand succès: ils avancent de... 200 mètres! et ils perdent 2.500 hommes. Jean reçoit une citation: "Aspirant LOVICHI. A entraîné vaillamment sa section à l'assaut et, pendant près de quinze heures, n'a cessé de commander seul et de donner le meilleur exemple aux défenseurs de la tranchée conquise par lui". Il doit accéder au grade de sous-lieutenant.

     Les combats deviennent terribles à partir du 12 juillet. Le 14 juillet 1915, Jean est tué. Extrait de la lettre du brancardier ZANETACCI à ses parents: "Blessé au visage par des éclats vers 7 heures du soir, puis à l'épaule vers 9 heures par une balle, il persistait à vouloir diriger lui-même l'assaut de sa compagnie déjà privée de tous ses officiers; c'est en allant dans un boyau pris en enfilade par des Turcs qu'une balle l'a frappé au front".

    Il aura une nouvelle citation  (J.O. du 1er octobre 1915) et sera décoré de la Médaille Militaire à titre posthume (décret du 20 octobre 1919).

Lovichi dernière lettredernière lettre de Charles LOVICHI à son fils, arrivée après son décès et renvoyée à l'expéditeur

 

   En dehors de sa famille, sa mort eut un certain retentissement en Algérie où des journaux la mentionnèrent. Joseph ANGELINI-BENEDETTI prononça à Paris le 28 novembre 1915 une conférence reproduite dans la revue "L'Echo de la Corse", organe des Corses de Paris. Il y déplora, dans le style de l'époque, qu'une balle ait anéanti "ce puissant cerveau, remarquable produit du génie français".

Lovichi conférence(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

Quel souvenir?

   Romain DURAND, fils de Charlotte, sœur de Jean, termine sa brochure avec une conclusion qui pourrait s'appliquer à d'autres disparus:

 

   "Il ne reste de l'oncle Jean qu'un léger souvenir qui disparaîtra avec la dernière de ses sœurs. Pour les neveux et nièces qu'il n'a pas connus, il y a une photographie sur laquelle un officier imberbe croise les bras. On a fixé au cadre la Médaille Militaire et la Croix de guerre avec une palme et une étoile.

   Au village, les vieux disaient: "Ah! votre oncle Jean!", et c'était tout. Grand-père et grand-mère ne disaient rien, mais chaque jour, vivement, ils regardaient la photo. Jean est resté au cimetière français de Gallipoli, face au tombeau d'Achille. Son nom est gravé sur le monument aux morts de Poggiolo avec vingt-six autres: la moitié de ceux qui sont partis".

4066874743_a2af4519d2_b.jpg

  Cimetière militaire francais de Seddul-Bahr (presqu'île de Gallipoli). Jean repose dans la tombe N° 269.

 

P.S.: 1) la dernière sœur, Odile, est décédée en 2004. La maison LOVICHI appartient maintenant à Marie-Ange et Xavier PAOLI.

         2) le nom de Jean LOVICHI se trouvait aussi sur le monument aux morts de Bône qui a été détruit après l'indépendance de l'Algérie

         3) un autre Poggiolais est mort aux Dardanelles: Pierre Toussaint MARTINI (plus de renseignements ICI)

Partager cet article

Repost0
8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:58

Le prix Goncourt a été attribué à Jérôme FERRARI, professeur de philosophie d'origine corse, pour un roman se déroulant en Corse. Le fait est suffisamment important pour que le blog de Poggiolo le relève.

Ci-dessous, un article extrait du blog  de "Corse-Matin".

Jérôme Ferrari sacré par le prestigieux prix Goncourt

http://static.ladepeche.fr/content/photo/biz/2012/11/07/photo_1352304925937-5-0_zoom.jpg

Jérôme Ferrari a été couronné mercredi par le prestigieux prix Goncourt pour son roman "Le Sermon sur la chute de Rome" (Actes Sud), qui fait d'un bar corse l'épicentre d'une fable superbe sur les espérances déçues, les frustrations et l'inéluctable fugacité des mondes.


Jérôme Ferrari a affirmé avoir ressenti en apprenant la nouvelle "une chute de tension qu'on peut considérer comme une définition correcte de la joie".

"Bien sûr, c'est une consécration". Assailli par les photographes et les caméras, il a aussi confessé se sentir "un peu comme un lapin dans les phares".

L'attribution du Goncourt à un écrivain corse, originaire de Sartène, a été accueillie avec enthousiasme dans l'île de Beauté.

"C'est exceptionnel! C'est un acte fondateur pour la Corse, comme le fut, dans le domaine sportif, la participation de Bastia à la finale de la Coupe d'Europe de football en 1978", a estimé le libraire bastiais Sébastien Bonifay.

"Dans une langue magistrale, Jérôme Ferrari atteint des sommets de beauté et de lucidité sur cette île natale qui le hante, ce monde corse disparu, métaphore de la famille, du sens de la vie, de la mémoire et de la mort", a salué la ministre de la Culture Aurélie Filippetti.

Né en 1968 à Paris, père d'une fillette de 4 ans, Jérôme Ferrari est professeur de philosophie et conseiller pédagogique au Lycée français d'Abou Dhabi depuis la rentrée, après avoir enseigné au lycée international d'Alger puis au lycée Fesch d'Ajaccio.


Montagne corse

Plus encore que dans ses précédents romans, "Dans le secret" (2007), "Balco Atlantico" (2008), "Un dieu un animal" (2009) ou encore "Où j'ai laissé mon âme" (2010), le quadragénaire envoûte par la beauté de son écriture, imprégnée du souffle des sermons antiques et terriblement moderne.

Le sermon de saint Augustin a été prononcé en 410, dans la cathédrale disparue d'Hippone, devant des fidèles désemparés après le sac de Rome. Augustin les rassure: "Le monde est comme un homme: il naît, il grandit, il meurt".

http://media.rtl.fr/online/image/2012/1107/7754391958_le-sermon-sur-la-chute-de-rome-de-jerome-ferrari.jpgCe seul passage et les têtes de chapitre du roman sont extraits du Sermon.

Le livre emporte le lecteur dans la montagne corse. Un vieil habitant, Marcel Antonetti, est rentré au village ruminer ses échecs. A la surprise générale, son petit-fils Matthieu renonce à ses études de philo pour y devenir patron du bar du village, avec son ami d'enfance, Libero.

Leur ambition ? Transformer ce modeste troquet en "meilleur des mondes possible". Mais l'utopie vire au cauchemar. C'est l'enfer qui s'invite au comptoir. Les ex-apprentis philosophes sont frappés par la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient.

Le romancier a mûri pendant six ans cet ouvrage vendu jusqu'ici à près de 90.000 exemplaires.

"La Corse est mon milieu naturel de fiction littéraire", a-t-il confié à l'AFP, racontant s'être enflammé à 20 ans pour le nationalisme et avoir été rédacteur dans un journal indépendantiste. Il est aussi traducteur du corse.

"J'ai d'abord écrit des bribes d'histoires. Le titre a été le déclic et le Sermon la clé de voûte du roman". Dans ce livre "se retrouvent plusieurs figures d'un même mécanisme qui s'applique aux empires, au bar d'un village et au coeur des hommes".

"S'il y a quelque chose de contemporain dans ce roman, dit-il, c'est que beaucoup ont l'impression aujourd'hui d'un monde qui s'effondre".

 

PS: de nombreux commentaires sur ce livre se trouvent sur le site BABELIO.

Partager cet article

Repost0
7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 18:00

La population poggiolaise a répondu présent à l'appel de la municipalité pour partager les bastelles vendredi 2 novembre.

Malgré une fraîcheur piquante, les diverses familles se sont retrouvées autour du four, sur l'esplanade de la salle des fêtes.

On a pu admirer le savoir-faire des préposés à la cuisson et déguster en buvant, discutant et jouant aux boules.

Un très bon moment à renouveler.


 

 

Il faut remercier Marie-Ange qui a fourni les photos.

Partager cet article

Repost0
6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 17:52

11 nov 2011-5  Pour le 94ème anniversaire de l'armistice de 1918, les habitants de POGGIOLO et de GUAGNO-LES-BAINS sont invités dimanche 11 novembre à la cérémonie qui débutera à 11 h 30.

   Après le dépôt de gerbes au monument aux morts, la population est invitée au traditionnel pot de l'amitié.

 

   A GUAGNO, messe à 11 h, dépôt de gerbes au monument aux morts à 12 h, suivi du pot de l'amitié offert par la municipalité.

 

   A VICO, messe à 10 h 30, dépôt de gerbes au monument aux morts à 11 h 30, puis pot de l'amitié offert par la municipalité.

Partager cet article

Repost0
2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 18:00

  Le pèlerinage de Notre-Dame du Grand Retour, juste après la seconde guerre mondiale, eut un énorme succès en Corse, ainsi qu'il en a été question dans un article déjà paru sous le titre "La barca di a Madonna à Guagnu"

    Un autre témoignage de cet événement se trouve dans les documents annexes de la publication diffusée par l'association Letia-Catena: "Patrimoine religieux de la communauté de LETIA". Quatre photos permettent de savoir que la statue qui faisait alors le tour de l'île fut honorée à Letia le 16 mai 1948.

   Sur deux d'entre elles, les Letiais entourent le chariot qui traîne la statue de la Vierge Marie et de l'Enfant Jésus dans la barque qui échoua à Boulogne.

Letia Gd Retour 1

   Deux autres témoignent encore plus de la ferveur populaire de ce jour-là. Devant les petits garçons endimanchés et à côté du porteur du crucifix, s'avance le maire ceint de l'écharpe tricolore. La laïcité a souvent été appliquée d'une façon très particulière en Corse. Le cortège passe sous une banderole dont on devine le texte par transparence et à l'envers: "Sancta dei genitrix".

 

 

Letia Gd Retour2

  

   Comment se fait-il que des photos permettent de faire revivre cet événement à Guagno et à Letia et que nous n'en ayons pas de Poggiolo qui a pourtant partagé ce pélerinage en mai 1948? Où sont les photos?

   De façon plus générale, où sont les photos qui permettraient de mieux connaître la vie poggiolaise d'autrefois?

   Nous savons que des centaines de clichés existent. Il faut les sortir des tiroirs, des malles et des albums pour en faire profiter l'ensemble de notre communauté. Qu'il s'agisse de fêtes, de moments de la vie quotidienne ou de souvenirs familiaux, toutes ces images peuvent trouver leur place sur ce blog. Les moyens techniques contemporains permettent de les reproduire sans les détériorer.

   Faites vos propositions en cliquant sur le mot "Contact" au bas de cette page.

   Jean-Pierre FONDEVILLE, Marie-Thérèse et Jacques-Antoine MARTINI ont déjà envoyé des documents. Qu'ils en soient remerciés. Merci d'avance aux autres Poggiolais qui pourront ainsi permettre de faire progresser ce blog.

Partager cet article

Repost0
31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 18:00

Pour la fête des bastelle qui aura lieu vendredi 2 novembre, le four municipal sera mis à contribution. Construit voici deux ans sur l'esplanade de la salle des fêtes, il est l'un des plus récents de Poggiolo.

 

four municipal

Mais il ne faut pas oublier qu'il y a eu des fours dans tous les villages. Ainsi, à Guagno-les-Bains, comme le montre cette ancienne photo (d'entre les deux guerres mondiales). Connaissez-vous cet endroit? Existe-t-il encore?

Rappel: un diaporama, déjà diffusé, montre les divers fours de Poggiolo. Les images y sont nombreuses mais le film est incomplet: il ne comprend pas le four construit dans la famille Michelangeli.

Partager cet article

Repost0
29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 19:30
La municipalité poggiolaise organise une réunion bastelle à la salle des fêtes vendredi 2 novembre à 13h.
Tous les habitants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains sont invités à venir avec leurs amis pour cuire et partager ce plat typique de la Toussaint corse.

L'article suivant avait été publié le 1er novembre 2009. Il est republié maintenant, en 2012, avec deux modifications de détail, car il est d'actualité chaque année, à la Toussaint. D'autre part, il est consulté très souvent pendant toute l'année. Le mois dernier, il a été regardé près de 150 fois.


    Parmi les productions gastronomiques corses, on cite rarement la bastelle alors qu'elle est  de consommation  courante, notamment dans les Deux Sorrù. Une bastelle est un délicieux chausson aux oignons, aux blettes ou à la courge (il en existe aussi à la pomme de terre) et au brocciu. La recette complète peut être lue ICI, sur le site Marmiton.

    Si la bastella se déguste maintenant toute l'année et se trouve facilement dans les deux boulangeries de VICO, la tradition est d'en fabriquer à la Toussaint. En dehors des Deux Sorru, elle est appelée scaccia et elle parsemée de raisins secs.

    A Bastia, on confectionne pour la Toussaint, un gâteau particulier, en forme de S (puisque c'est le gâteau d'I Santi), de 20 à 30 centimètres de long, la Salviata. Il est fait à base de farine de blé, d'œufs, de beurre, de liqueur d'anis et de sucre.

    Pourquoi ces gâteaux de la Toussaint que l'on s'échange et que l'on mange en famille?


    L'origine de ce "pain des morts" (bastella di i morti) est racontée dans la légende suivante (extraite de "L'almanach de la mémoire et des coutumes" de Claire TIEVANT et Lucie DESIDERI, Albin Michel, 1986):

Un soir du 2 novembre, un homme, passant à cheval près de la sépulture commune (l'arca) (1) d'un village, entendit les voix des défunts de sa famille. Ils se plaignaient de n'avoir eu que très peu comme repas: une corbeille de châtaignes, une gourde de vin, un croûton de pain noir... Arrivé à destination, le cavalier jura que chaque année, à cette date, il ne manquerait pas de donner aux pauvres et à chaque famille du village une belle fougace (scaccia). Ainsi, morts et vivants seraient  rassasiés.
(1) l'arca a ensuite été l'objet d'un article particulier
(voir ici).

    En 2008, les Poggiolais s'étaient regroupés pour préparer en commun les bastelle et pour les faire cuire dans le four de Philippe et Hélène DUBREUIL (un diaporama sur les fours poggiolais a été publié dans l'article "Du four au moulin").
    Thierry CALDERONI avait saisi l'occasion pour réaliser, sur la fabrication et la cuisson des bastelle, un superbe reportage diffusé en deux films sur internet (et qui ont été cités sur plusieurs sites comme "cuisine corse").

 Regardez-les:


Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

Calendrier des messes de janvier et février dans les Deux Sorru:

cliquer ici.

 

 

 

FÊTE DE ST ANTOINE ABBÉ

Messe samedi 16 janvier à 15 heures

chapelle de Guagno-les-Bains.

 

Fête de Saint Siméon:

messe à Poggiolo

samedi 20 février

à 15 heures. 

 

VACANCES SCOLAIRES DE FÉVRIER

fin des cours: 

samedi 13 février

reprise des cours:

lundi 1er mars

 

La nouvelle formule du mensuel "INSEME":

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

Un bulletin indispensable

  le bulletin des paroisses des Deux Sorru.

 

En-tete-inseme-copie-1.jpg

.

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Votre blog est maintenant sur Facebook. https://www.facebook.com/pages/ Poggiolo/167056470125907