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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 18:03

    L'article récent sur l'école poggiolaise au XVIIIème siècle faisait allusion à Grossu Minutu. Ce personnage, s'il est devenu une illustration quasi-mythique de l'humour corse, a pour origine un personnage bien réel.

   Pietro Giovanni est né en 1715 dans le petit village de Perelli-di-Alesani, entre Piedicroce et Cervione, non loin d'Orezza. Sa famille est très pauvre. Orphelin à douze ans, Pietro Giovanni est chétif et souffreteux, ce qui lui donne le surnom de Minutu. Il sombre dans une mélancolie dont il parvient à sortir grâce à un sens de la répartie qui lui permet de rire de son malheur et de se faire une réputation qui dépasse son village.

   Cette réputation lui permet de devenir le protégé de Pasquale Paoli alors qu'il avait été partisan de son adversaire Mariu Emmanuele Matra. Avec l'âge, il gagne un imposant embonpoint et l'adjectif de Grossu qui s'ajoute au précédent pour former Grossu Minutu (Gros-Petit). Il meurt à 86 ans en 1801.

   Les histoires, toujours très courtes (stalbatoghj), attribuées à Grossu Minutu ont été répétées, enrichies, réactualisées, si bien que, de 134 anecdotes recensées par Felice Matteo Marchi en 1866, on passe à 323 dans le recueil réalisé et illustré par Nicolas Carlotti et édité en 1996 par La Marge, avec présentation de Paul Silvani et Marie-Jean Vinciguerra.

   Le dessin utilisé dans l'article précédent, extrait de ce dernier livre, accompagne le texte suivant: 

grosso minuto écolePassendu di ghjunghju, per Corti, davanti à e finestre aperte di a scola, Minutu intese u maestru chi lighjia ad alta voce, l'enunciatu d'un problema:

"Le train Corte-Bastia arrive à destination, le matin à 9 h 10. Sachant que le voyage a duré 3 h 40, à quelle heure est-il parti de Corte?"

"O sgio maestru, lampo u Perellaciu, à chi pro scurticà (1) u ciarbellu di 'ssi zitelli! l'ora di a partenza, basta à dumandàlla à u sceffu di gara, o sinno, à leghjela annant'à "U Picculu Bastiacciu". Semplicemente!"

 

(1) à chi pro scurticà: à quoi bon décortiquer, écorcher...

 

   La popularité de Grossu Minutu est toujours suffisamment importante pour qu'une association ait été créée pour en défendre la mémoire.

L'association a organisé une journée dédiée à son héros en août dernier. Voir ici .

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 18:15

Mario Sépulcre a eu, ces dernières années, un rôle artistique important à Poggiolo, en restaurant ou en créant des œuvres dns le village. Il n'y a donc rien d'étonnant à signaler l'exposition de ses tableaux à Ajaccio, Espace Diamont, du 9 au 29 octobre.

Le texte ci-dessous a été écrit par Lucile CAITUCOLI et a été publié par "Corse-Matin" mardi 9 octobre.

 

http://www.mariosepulcre.fr/mesdoc/mario2.jpg   Le temps passe, Mario Sépulcre ne change pas. Ou si peu. Hier comme aujourd'hui, il donne toujours cette impression d'être sorti d'une toile de maître de la Renaissance pour atterrir sur terre, en 3D, face à vous. Le regard est aussi sombre que le personnage peu expansif. Comme souvent avec les artistes de génie.

    Le pinceau est inspiré, habité par un univers hors du commun. Envoûtant. Mystique. Personnel et confidentiel. Car l'essentiel est là: ce peintre, mi-homme, mi-extraterrestre n'obéit ni aux codes de la société, ni aux modes et courants éphémères. Mario Sépulcre propose au public de le découvrir ou redécouvrir, au gré de ses toiles, exposées jusqu'au 29 octobre à l'espace Diamant.(...)

   Pour l'heure, entretien "arty" avec un créateur et sa conception philosophique du Beau.

 

Déjà quatre ans d'absence des lieux d'exposition. Celle que vus présentez cet automne traduit-elle une évolution artistique?

   En effet, ma dernière exposition remonte à celle que le thème du citron m(avait inspirée. J'avais alors exposé mes toiles à la bibliothèque municipale d'Ajaccio. Les travaux que j'ai réalisés depuis, pour l'exposition qui démarre, représentent quatre années de ma vie. J'ai repris ce thème du citron. Mais en le faisant évoluer, en allant vers davantage de dépouillement dans ma peinture. Les objets flottent dans l'espace et quittent leur support. C'est ce qui a changé depuis la dernière exposition. La représentation du citron est la transposition symbolique de l'être humain.

 

Toujours le citron, sujet omniprésent chez vous. Par quel fil invisible est-il relié à l'humain?

   Tout cela est lié à la symbolique biblique et à la mythologie. Le citron est plongé dans l'obscurité, lui qui est, au contraire, le fruit solaire par excellence. Le recours au citron est pour moi une façon de mettre en exergue l'ambiguïté de l'homme et sa part d'ombre. Le citron n'est pas un fruit aussi neutre qu'on pourrait le croire. Il représente le Jardin d'Eden. Eve l'emporte avec elle, c'est un fruit du paradis.

 

Votre technique picturale est à votre image: étonnante et hors du temps.

   Je reconnais que l'on peut contempler mon œuvre et recevoir les mêmes émotions qu'en contemplant une œuvre ancienne. C'est une façon chez moi de questionner sur le passé, le temps. Ce n'est pas dénué d'intérêt, dans notre société qui a tendance à nous pousser en avant, au risque de nous faire tomber. C'est un arrêt sur image afin que l'homme prenne le temps de s'interroger.

 

Comment expliquer votre fascination pour la mythologie?

   La mythologie gréco-romaine va chercher des archétypes humains essentiels qui transparaissent tous les jours dans notre époque. Sauf que l'on ne dispose pas toujours des codes nécessaires à leur interprétation.

 

A quoi le titre de votre exposition, "Vanités", fait-il référence?

   C'est un trait commun de mon travail. Je rejoins ici la pensée qui avait cours, au XVIIe siècle, où l'on estimait que, puisqu'on était de passage, il fallait trouver "la lumière" avant de s'en aller.

 

Quel est le sens profond de la vie, selon vous?

   Le "Beau" rejoint la philosophie. L'art est la preuve même que, par la beauté, on peut faire le bien. L'homme possède en lui les outils pour devenir lumineux...

Sepulcre-panneau.jpgMario Sépulcre a un site http://www.mariosepulcre.fr/

et une page Facebook http://www.facebook.com/mario.sepulcre

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 09:30

Ce soir, mardi 9 octobre, le peintre Mario SEPULCRE (qui a restauré les églises de Poggiolo) commencera son exposition "Vanités" par un vernissage théâtralisé auquel chacun est convié à 18 h 30, Espace Diamant, bd Pascal Rossini.

Renseignements supplémentaires dans "Corse-Matin" de ce jour.


Sepulcre expo 2012

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 19:07

   Deux articles précédents (sur la rentrée scolaire et sur le bonheur d'enseigner) ont montré l'importance que les Poggiolais donnaient à l'école au XIXème et au XXème siècle. Egalement, au XVIIIème siècle, pendant le règne de Louis XVI,  l'instruction était bien organisée dans ce village comme dans ceux des environs. La piève n'était pas un désert culturel.

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782846980241.jpg    L'ouvrage de référence en la matière est l'excellente  "Histoire de l'éducation en Corse" publiée aux éditions Albiana sous la direction de Jacques FUSINA. Parmi ses 625 pages, un chapitre sur "La Corse du début des Temps Modernes à la Révolution française", dû à Antoine Laurent SERPENTINI, nous renseigne utilement.

    Il indique que, à la fin du XVIIIème siècle, un tissu de petites écoles existe bien dans les campagnes corses. En calculant le rapport entre le nombre d'élèves par communauté (ou village) au nombre de feux (ou familles) qui la composent, on arrive à 30% pour la province de Vico contre seulement 18,7% pour le diocèse d'Ajaccio. L'existence du couvent de Vico dans cette performance est certainement un facteur d'explication important.

    Il est également remarquable que, dans la province de Vico, tous les responsables communaux savent écrire puisqu'ils signent des rapports adressés à l'administration royale.

    La pièce centrale pour nous est justement le rapport de M. de Bestagne, subdélégué de la province de Vico, à l'intendant, M. de Boucheporn, sur la situation des écoles primaires, en date du 26 mai 1783.

    Ce texte contient les rapports envoyés par les responsables de chaque communauté au subdélégué qui en fit ensuite une synthèse.

    Pour POGGIOLO (orthographié PIOGGIOLO dans le document), le rapport est daté du 30 avril 1783 et porte les signatures de "Francesco FRANCESCHETTI, Podestat; Gio-Stefano PINELLI et Paolo MARTINI, padre del comune".

    Francesco FRANCESCHETTI (1750-1818) fut ensuite élu au Parlement anglo-corse, comme un précédent article l'a relaté (voir ICI). Les actuels FRANCESCHETTI descendent de son frère Anton Francesco.

    En 1783, POGGIOLO avait "une école dirigée par le diacono Giovan-Antonio PINELLI, et comptant 16 élèves, dont 3 étudiant les principes de la philosophie, 3 la langue latine avec traduction de Cicéron, des épîtres et du bréviaire; 5 apprennent à lire et à écrire, et 5 à lire seulement." Les niveaux étaient donc très variés mais le diacono (diacre) PINELLI semblait assez bien s'en sortir. Ce personnage eut d'ailleurs une grande importance, non seulement pour POGGIOLO, mais pour l'histoire de toute la Corse sous la Révolution et l'Empire. Un article prochain sera consacré à sa carrière.

   Ce maître était rétribué par "34 sous, 24 sous et 16 sous par mois, suivant les cours, sans aucun autre supplément".


     Que dit le rapport du subdélégué M. de Bestagne sur les villages voisins?

         - GUAGNO: 40 écoliers payant 20 ou 10 sous par mois selon leur niveau, et également 4 petits pains par semaine. Le directeur de l'école est Carlo-Maria LECA, prêtre desservant.

         - SOCCIA: "l'abbé, Giovan-Simone, DEFRANCHI, curé doyen, enseigne gratuitement à 4 élèves, ses parents, la philosophie et la théologie morale. De plus, le jeune abbé OTTAVJ Giovansilio, un des élèves de théologie du piévan, fait classe, comme adjoint, à 3 parents auxquels il enseigne la grammaire latine, et à 11 autres enfants du village auxquels il enseigne la lecture et l'écriture."

         - ORTO: aucun renseignement. Le document a dû être perdu.

   Même s'ils étaient de simples paysans, les habitants de nos villages savaient que l'école était importante. Ils n'auraient certainement pas interrompu un cours d'arithmétique comme le fit le populaire et mythique Grossu Minutu.

 

grosso minuto école

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 18:00

D'où vient mon nom de famille? Cette question que chacun s'est posé au moins une fois dans sa vie a été détournée de façon un peu provocatrice sous la forme : "Les noms de famille corses existent-ils?", dans une conférence dont "Corse-Matin" du Mercredi 3 octobre 2012 a rendu compte. Ce texte est suffisamment intéressant pour être publié sur le blog des Poggiolais, d'autant plus qu'il y est question de la famille FRANCESCHETTI très présente à Poggiolo.

 

Les noms de famille corses existent-ils ?

 

  Les noms de famille corses existent-ils? Jean Chiorboli s'efforce de répondre à cette question dans son ouvrage "La légende des noms de famille. Appellations d'Origine Corse. (incontrôlée)", aux éditions Albiana. C'était le sujet d'une conférence organisée par l'association Livia Via, à Levie.

http://www.continuitas.org/pics/chiorboli.jpg

    «La grande similitude entre les systèmes anthroponymiques corse et italien se traduit notamment par le fait que les noms de famille ont souvent la même forme des deux côtés de la mer Tyrrhénienne. Cela n'est pas surprenant étant donné les affinités au plan historique, linguistique et culturel, et surtout la formation de ce système sous l'égide de l'administration toscane puis génoise (qui a utilisé le toscan comme langue officielle). L'administration française qui a suivi n'a pas (profondément) changé les noms de familles corses devenus héréditaires et pratiquement immuables par la force de la loi .. »

 

            Noms et prénoms devenus noms de famille

 

    Ainsi l'auteur explique que, si l'on se base sur la forme écrite "officielle", les Corses ont porté des prénoms "latins" (type lacobus), puis "italiens" (type Giacobo), et aujourd'hui "français" (type Jacques). Cela ne dit rien sur l'origine des individus qui les portent, sauf pour certaines adaptations (exclusivement "corses" de prénoms supposés "intraduisibles" (type Quilicus). Cela est simplement révélateur de la nature des langues (et des classes) dominantes, notamment à l'époque où les (pré) noms individuels sont devenus noms de familles ...

 

    " On a souvent dit et écrit, y compris dans des ouvrages sérieux, que tous les noms de famille corses se retrouvent en Italie. Cette opinion ne correspond pas tout à fait à la réalité. La majeure partie des noms de famille a en effet la même forme en Corse et en Italie: soit parce qu'ils sont effectivement d'origine italienne, soit parce qu'ils ont été "traduits" en italien ou italianisés par l'administration de l'époque. Ainsi, en Corse, le prénom FRANCESCU, avec un diminutif FRANCISCHETTU, a donné un nom de famille attesté sous plusieurs formes: FRANCESCHETTI (toscanisé) s'est imposé, mais on a aussi FRANCISCHETTI (avec un vocalisme corse, de même pour FRANCISCHINI, FRANCISCONI dans les actes anciens). On a aussi FRANCISQUÈS (au XVIIIe s. dans les archives départementales des Bouches-du-Rhône). Malgré les " normalisations" successives, force est de constater que 20 % des noms de famille corses ne sont pas attestés en Italie ... Si la langue officielle en Corse avait été espagnole à l'époque où les patronymes se sont fixés, on aurait des noms de famille corses hispanisants: c'est ainsi qu'au nom de famille corse Santucci correspond chez certains Corses émigrés à Porto Rico la forme Santuchi, adaptation conforme à la graphie de l'espagnol. Il s'agit ici des petites différences "graphiques entre langues romanes", ajoute l'auteur Jean Chiorboli a communiqué sa passion de manière très conviviale, enjouée, ce qui n'a pas empêché un débat passionné. 

  A.-L. P

Pour en savoir plus consulter l'ouvrage:

La légende des noms de famille. Appellations d'Origine Corse (incontrôlée), aux éditions Albiana.

 

Vous pouvez en feuilleter les 29 premières pages avec le document ci-dessous (cliquez sur l'image pour l'agrandir).

 

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 18:00

"Un succès populaire", voici le titre choisi choisi dans "Corse-Matin" de lundi 1er octobre pour rendre compte de la version 2012 de "U Mele in Festa" de Murzo.

Si le texte de l'article n'est pas assez visible, cliquez sur l'image pour l'agrandir.                                                               

mele

 

mele 2

 

mele 3

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 17:56

Dans la cuisine corse, il existe plusieurs sortes de beignets. Les plus répandus et les plus faciles à réaliser sont les frappe. Cette variété est aussi le symbole de la convivialité et des moments agréables.

La recette reproduite dans cet article en a été fournie par le numéro de septembre du bulletin "INSEME"

 

RECETTE DES « FRAPPE»



frappi   Pendant le Festival de Sorru in Musica, nombreux sont les villages qui nous ont offert des frappe avant ou après les concerts. Si la plupart d'entre nous en connaissaient la recette, beaucoup d'autres nous l'ont souvent demandée. Il y a bien sûr différentes façons de les faire. Nous vous donnons une recette parmi d'autres qui devrait vous régaler.

    Ingrédients: 1 kg de farine, 300 g de sucre, 4 œufs, 1 sachet de levure, 100 g de beurre, 2 cuillères à soupe de rhum ou 3 cuillères à soupe de pastis, 2 sachets de sucre vanillé, 1 pincée de sel, 1 zeste de citron.

    Battre les œufs et le sucre. Y incorporer le beurre ramolli, le zeste de citron, la levure, le sucre vanillé, ainsi que la farine. Lorsque la pâte ne «colle plus» arrêter de la travailler et la laisser reposer deux heures à température ambiante. Fariner la table de travail et étendre la pâte au rouleau. Découper des losanges à l'aide d'une roulette. Inciser le milieu à l'aide de cette roulette et glisser une partie de la pâte à travers.

    Dans une poêle à larges bords, mettre de l'huile de friture à chauffer. Quand elle est chaude, plonger une quantité de «frappe» de façon à recouvrir toute la surface de la poêle et les laisser dorer, les retourner à l'aide d'une écumoire et les retirer de l'huile pour les laisser reposer sur du papier absorbant, une fois cuites. Saupoudrer de sucre et déguster tièdes ou froides.


AA

 

 

    Les frappe sont souvent présents à Poggiolo dans le verre de l'amitié qui suit le pèlerinage de St Roch le 16 août. Dans ce film réalisé en 2008, Jean-Marc TRAMINI propose un plat de frappe bien apprécié.

 


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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 18:00

    L'été vient d'être remplacé par l'automne. La saison touristique s'est prolongée en septembre. Mais, maintenant, Poggiolo et les autres villages de l'intérieur se retrouvent avec la seule population permanente et avec leur véritable identité.

    Jean Ferrat, qui a si longtemps vécu dans son village ardéchois, a très bien décrit la vie dans "La montagne" (voir l'article du blog Poggiolo en cliquant ICI). Il a aussi chanté ce changement saisonnier dans une très belle chanson moins connue: "Les touristes partis".


Après le départ des touristes, les habitants sont entre eux, comme le dit le refrain:

Les touristes, touristes partis
Le village petit à petit
Retrouve face à lui-même
Sa vérité, ses problèmes

 

La nature montre des couleurs différentes.

Les activités sont plus tranquilles.

Mais, que l'on reste toute l'année ou que l'on ne vienne que pour quelques journées estivales, on fait toujours partie d'une famille et d'une communauté:

Ici nul n'oublie jamais rien
Ni ce que fut votre grand-père
Ni ce que vous faisiez gamin
Quand vous alliez à la rivière


 

 

Texte complet: 


[Refrain] :
Les touristes, touristes partis
Le village petit à petit
Retrouve face à lui-même
Sa vérité, ses problèmes
Les touristes, touristes partis

La vie semble marquer la pose
Les belles n'iront plus au bois
Je vous aime métamorphoses
Des saisons vertes aux abois
De champignons et de châtaignes
De terre et de genêts mouillés
Le coin des cheminées s'imprègne
Du parfum des longues veillées

[Refrain]

Les vieux se chauffent en silence
Sur cette place sans un bruit
Un soleil pâle de faïence
Sur leurs épaules s'assoupit
On parle de pêche et de chasse
On joue aux dés ou aux tarots
Les enfants montent d'une classe
Les femmes changent de tricot

[Refrain]

Les rivalités de clocher
En de secrets conciliabules
Le long des ruelles cachées
Couvent au feu du crépuscule
Ici nul n'oublie jamais rien
Ni ce que fut votre grand-père
Ni ce que vous faisiez gamin
Quand vous alliez à la rivière

[Refrain]

Partout les hommes sont les mêmes
Ici sans doute comme ailleurs
Ils lancent au loin leur " je t'aime "
Le ventre noué par la peur
Le ventre noué par la peur
De l'avenir insaisissable
Toujours en quête d'un coupable
Toujours en quête du bonheur 

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 18:00

   La forêt de Libbiu, dont il a été question la dernière fois, avait autrefois un rôle économique important de par l'exploitation de ses arbres et de par l'élevage qui s'y pratiquait. Cette importance explique la poussée de fièvre qui, au XIXème siècle, opposa habitants de Poggiolo et de Rosazia.

   Après la création des communes par la Révolution Française, il fallut parfois du temps pour appliquer ce principe dans toute la Corse.

   Ce n'est qu'en 1835 qu'eut lieu la délimitation de la forêt domaniale de Libio-Tritorre (orthographe de l'époque et en partie encore utilisée par les cartes de l'IGN) mais la réclamation de Jean-Baptiste MARTINI entraîna un procès, premier épisode d'une opposition entre les deux villages sur l'attribution de ces terrains.

    En août 1863, le maire de Poggiolo Jean-Baptiste Etienne DEMARTINI (né en 1832 et décédé en 1897, maire de 1860 à 1867) se plaignit que les gens de Rosazia, mécontents du tracé intercommunal, aient, maire en tête, enclavé les terrains contestés derrière des clôtures qu'ils avaient édifiées.

    Le 1er juin 1865, l'escalade prit une tournure plus grave car les habitants de Rosazia mirent le feu à des cabanes de bergers poggiolais à Libbiu. 

    Voici ce qu'écrivit le maire de Poggiolo dans sa lettre au Préfet de Corse le 2 juin,  lettre conservée aux Archives départementales d'Ajaccio:

    "Je suis obligé pour le troisième fois de vous écrire pour vous faire connaître la conduite tenue par M. le Maire de Rosazia. Le 1er du courant il s'est rendu à la tête de ses habitants dans la montagne de Libio, propriété qui appartient de temps immémorial aux particuliers de Poggiolo, et a mis le feu aux cabanes et aux bergeries des bergers de Poggiolo bâties en pierre qui y existaient depuis plus de cent années. Les pauvres bergers ont vu consumer sous leurs yeux leurs abris et même le peu de mobilier qu'ils y avaient. Cet acte barbare a irrité les habitants de ma commune. Pour contenir leur indignation, j'ai été obligé à inviter la gendarmerie de Guagno à se rendre sur les lieux du dégât le deux du mois de juin où plus de cinquante hommes de ma commune s'étaient rendu pour demander raison à M. le Maire de Rosazia qui s'y trouvait avec ses habitants."

  lettre Libbiu(cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

    L'affrontement physique fut évité et l'affaire retourna entre les mains de la justice.

    En mai 1867, le tribunal d'Ajaccio donna gain de cause aux Poggiolais qui se plaignaient d'avoir à payer des impôts à Rosazia. Par là, les juges reconnaissaient que ces terrains étaient sur la commune de Poggiolo.

    La décision finale revint, en 1873, à la cour d'appel de Bastia qui fixa les limites de Libbiu entre les deux communes.

    Il fallut attendre décembre 1881 pour que le bornage fut réalisé.

   Sur cette carte, les lignes jaunes représentent les limites actuelles, désormais non contestées,  des communes. Sur les flancs du Ciarbellu, jusqu'au sommet, la forêt de Libbiu est bien poggiolaise. Les conflits sont apaisés.

 

 

 

La fièvre monte à Libbiu

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 18:00

  L'article sur "Le feu en face de Poggiolo" évoquait l'incendie qui eut lieu sur le Ciarvellu en 1929. Les pentes de ce mont sont recouvertes d'une superbe forêt qui est inscrite dans l’inventaire des Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type I: secteurs de grand intérêt biologique ou écologique. Ses 2.622 hectares s'étendent sur les communes de Poggiolo, Murzo et Guagno et abritent de nombreuses espèces animales énumérées ICI.

    Pour atteindre Libbiu, il faut près de trois heures de marche comme l'indique la pancarte qui est près de Guagno-les-Bains.

 

  chemin de Libbiu

    Il était donc difficile, en 1929, de mettre fin à un gros incendie. Maintenant, la Sécurité Civile a des moyens importants pour arrêter rapidement les sinistres, ce que montrent les trois vidéos suivantes. Elles ont été tournées par des pompiers à l'occasion de l'intervention des unités de Vico, Pastricciola et Piana le 31 mai 2009.

    La première permet d'apercevoir la forte densité de pins sur des pentes à fort pourcentage.

    Les deux autres font voir l'importance du rôle de l'hélicoptère.

   Et un grand merci aux soldats du feu pour le travail qu'ils accomplissent chaque été!

 

 

 

 

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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messe à Poggiolo

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reprise des cours:

lundi 1er mars

 

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