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17 mars 2024 7 17 /03 /mars /2024 18:01

 

Pour mieux connaître l'activité pipière de Guagno-les-Bains, déjà évoquée, on peut se référer à un article de Xavier PAOLI.

 

Xavier, qui était la personne connaissant le mieux l’histoire de la communauté poggiolaise, avait rédigé sur les moulins d'autrefois un texte, accompagné d’un croquis de sa main, qu’il avait eu la gentillesse de confier au Blog des Poggiolais. Il fut publié le 23 juin 2013.

 

En voici la première partie.

 

---------------------------------------------

 

"Le 7 juillet 1828, le maire de Poggiolo Charles François PINELLI répond à une enquête économique de la préfecture :

« … il existe un moulin à farine sur le territoire de la commune sur le « Liamone » (sic) au lieu-dit « FANGO ». Il a été construit il y a environ cent ans. Il fonctionne avec un homme et appartient à Jules MARTINI. Les dépenses annuelles sont de 94 francs et les revenus de 141 francs… ».

Sur le cadastre de 1857, ce moulin est nommé : «Moulin du COTICCIO» et appartient à :

- MARTINI Pierre (de Paul) 2/6 – 12 francs

- FRANCESCHETTI François (maire) 1/6 – 6 francs

- MARTINI Jules César (meunier) 3/6 – 18 francs

Sa surface est de 37 m2.

 

Au début du XXème siècle, il sera transformé en scierie par Jean ARNAUD et son beau-frère PINO qui fournissaient Saint-Claude (dans le Jura) en ébauchons de pipes en bruyère.

 

En fait, il existait un autre moulin qui, en 1828, était déjà à l’état de ruine et devait l’être depuis longtemps.

Sur le cadastre, il est nommé «Moulin de LUCCIACCIA» 

 

En se reportant au croquis, on s’aperçoit que nos ancêtres avaient très habilement utilisé un coude du Fiume Grosso et, de plus (ce qui n’apparaît pas sur le plan), le terrain à cet endroit est plat et donc facilement aménageable."

(à suivre)

Autrefois, la rivière permettait d'avoir la farine et les pipes

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Sur la carte ci-dessous, le terrain représenté par le croquis de Xavier est circonscrit par un trait rouge. L’espace plat est représenté par la distance séparant la rivière (d’altitude 460 mètres) et la courbe de niveau des 470 mètres.

 

Autrefois, la rivière permettait d'avoir la farine et les pipes

 

 

Dans ce texte, Xavier PAOLI montrait l'importance économique de la rivière. La force de l'eau permettait de faire fonctionner aussi bien des moulins que des scieries.

 

Il est à noter que le moulin du Coticcio fut d'abord destiné à produire de la farine à partir de seigle, orge, froment, "bled de barbarie", preuve supplémentaire que l'activité agricole poggiolaise n'était pas dominée par l'élevage (voir "L'histoire abrégée du village avant 1914", autre texte de Xavier PAOLI disponible sur ce blog).

 

La scierie ARNAUD employait des personnes qui n'étaient pas toutes Corses et pouvant venir de loin, comme ce fut le cas pour Guillaume CUBE, venu de Perpignan.

 

En 1921, les Russes Blancs réfugiés de leur pays tombé aux mains des communistes fournirent une nouvelle main-d'œuvre pour les scieries. Même s'ils installèrent un véritable petit village, ils ne restèrent pas. Dans l’entretien accordé par Mimi COLONNA à «INSEME», en avril 1998, on peut lire:

 

«Comment se fait-il que la colonie de Russes Blancs n’ait pas fait souche ici ?
- Non, il ne reste personne sauf Véronique, la fille de Léonard qui était contre-maître chez ARNAUD et qui ensuite a travaillé à Sagone».

 

Jean-Toussaint ARNAUD se souvient qu'un autre bâtiment, au Genice, avait sa place dans l'activité pipière. Il s'agissait de l'endroit où les racines de bruyère étaient bouillies. En effet, il fallait les mouiller pour qu'elles ne se fendent pas et les bouillir pour éliminer la sève.

 

Guagno-les-Bains fut une localité industrielle et pas seulement thermale et touristique.

 

 
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17 mars 2024 7 17 /03 /mars /2024 08:00

 

Fiche 15-CECCALDI Jean Noël

 

Né le : 10/10/1886- Décédé le : 30/4/1959 à Créteil.

 

Parents : Jean Noël CECCALDI et Toussainte PAOLI.

 

Lors du conseil de révision, habite 24 rue Traversière à Paris et est employé de banque.

 

Appelé le 8/10/1907 au 28e RI. Termine son service en septembre 1909 avec le grade de caporal.

 

Devient publiciste financier à la Côte de la Bourse de Paris

 

Rappelé le 4 août 1914 au 31e RI., puis au 46e.

 

Sergent en mai 1915. Croix de guerre en 1915.

 

En décembre 1916, déclaré inapte à l’infanterie et à l’artillerie par suite de congestion pulmonaire, est affecté à la 22esection d’infirmiers.

 

Démobilisé en avril 1919, il fonde la Maison CECCALDI, 9-11 avenue Daumesnil (fournitures des administrations en textiles et ameublement).

 

Marié en 1924 à Paris avec Helena FEINSTEIN.

 

Pendant la seconde guerre mondiale et jusqu'en 1946, est membre du comité des prisonniers et déportés du 12e arrondissement de Paris.

 

Président des Fêtes corses de Paris, président de l'Union Sportive de Créteil et de différents comités d'assistance de cette commune, il obtient la Légion d’honneur en 1950 au titre de la Jeunesse et des Sports.

 

Les Poggiolais en 14-18. Fiche 15: CECCALDI Jean Noël, la légion d'honneur... à titre civil

Toutes les fiches des Poggiolais en 14-18 sont accessibles par le lien 

http://poggiolo.over-blog.fr/tag/guerre%2014-18/

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16 mars 2024 6 16 /03 /mars /2024 08:00

 

14-CECCALDI Jean Martin

 

Les Poggiolais en 14-18. Fiche 14: CECCALDI Jean Martin, à la fois à Tunis et à la mairie de Poggiolo

 

Né le : 27/4/1883- Décédé le : 29/4/1918.

 

Parents : Noël CECCALDI et Toussainte PAOLI.

Frère de Jean-François (fiche 12), Joseph Marie (fiche 16) et Valère (fiche 17).

 

Taille : 1,64 m.

 

Est élève-maître à Tunis quand il passe le conseil de révision. Est affecté en octobre 1904 à la 25e section de commis et ouvriers d’administration, puis est mis en disponibilité le 16/10/1905.

 

Marié à Jeanne PAOLI, née à Coggia, il est le père d’Antoine CECCALDI, dit "Bébé", né en 1912 et décédé le 11 septembre 1968 dans l’accident de la Caravelle Ajaccio-Nice. Antoine était le père de Jeanne, épouse GRIMALDI, et de Martine, épouse BOUDET.

 

Devenu instituteur, Jean Martin est élu maire de Poggiolo en juin (ou août ?) 1912. Son métier d'enseignant ne lui permettant pas d'être présent dans la commune en-dehors des vacances scolaires, la plupart des actes d'état-civil des deux premières années de son mandat était dressée et signée par son premier adjoint, Philippe FRANCESCHETTI (1857-1921) (fiche 50), officier retraité, arrière-grand-père de Jean-Pierre, Bernard, Michel, Monique et Marie-Claude.

 

Réformé le 15 août 1914 pour « bacillose pulmonaire » (tuberculose).

 

Jean Martin CECCALDI meurt à Poggiolo le 29/4/1918 « d’une longue et douloureuse maladie ».

 

Enterré à Tunis.

 

Son frère Jean-François (fiche 12) lui succède à la mairie de Poggiolo.

 

 

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15 mars 2024 5 15 /03 /mars /2024 18:00

 

Les villages de Soccia, Ortu, U Pighjolu et Guagnu s'associent pour l'organisation du Carnaval du canton le 4 mai !

 

Chaque village confectionnera son char sur le thème Disney/Marvel pour le défilé qui se terminera par un goûter à la salle des fêtes d'U Pighjolu.

 

Petits et grands sont invités à participer à la fabrication du char de leur village.

 

Les organisateurs, à savoir le Comité des fêtes de Soccia, le Comité des fêtes U Pighjolu-I Bagni, l'Associu Crena/Ortu et Angélique Gaffory pour Guagnu, communiqueront plus d'information dans les semaines à venir.

 

Ci-dessous des images du carnaval de 2010 qui avait pour thème le printemps et qui s'était terminé à Guagno-les-Bains où se trouvait alors la maison de retraite Jeanne d'Arc. Deux versions: une courte et une longue. Recherchez les visages connus.


carnaval 2010 - Kizoa Movie Maker
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15 mars 2024 5 15 /03 /mars /2024 08:00

 

13-CECCALDI Jean Jules

 

 

Né le : 4/6/1889- Décédé le : 11/12/1959 à Créteil.

 

Parents : Noël CECCALDI et Toussainte CECOLI.

 

Taille : 1,61 m.

 

Engagé le 7/1/1909 au 46e RI. Sergent en 1910.

 

A la fin de son service, s’installe à Paris, 24 rue Traversière.

 

Rappelé le 1er août 1914 au 306e RI. Sergent-major le 6 mai 1916.

 

Le 1er juillet 1917, reçoit la croix de guerre avec étoile de bronze et est cité à l’ordre du régiment (le 332e RI) : « Le 9 mai 1917, chef d’une corvée de ravitaillement dans un secteur violemment bombardé a réussi par son sang-froid et son courage à assurer le ravitaillement des unités en première ligne bien que plusieurs de ses hommes aient été blessés et a organisé malgré le danger l’évacuation de ces blessés sur le poste de secours régimentaire ».

 

Croix de guerre avec étoile de bronze (une citation).

Croix de guerre avec étoile de bronze (une citation).

 

Combat en Italie en octobre et novembre 1918.

 

Démobilisé en février 1920. Pensionné à 60 % pour bronchite chronique.

 

Participe à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale.

Médaille militaire en 1951.

 

 

Toutes les fiches des Poggiolais en 14-18 sont accessibles par le lien 

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14 mars 2024 4 14 /03 /mars /2024 17:55

 

Depuis 1661, les Ajacciens honorent la Madunnuccia dans une grande procession (voir l'annonce ci-dessous).

 

La même Notre Dame de Miséricorde fait l'objet d'une cérémonie dans le village d'Orto. 

 

Cette année, la Madunnuccia d'Orto aura lieu samedi 16 mars à 15 heures. 

 

A Madunnuccia à Ajaccio et à Orto

 

L'origine de ces deux cérémonies a été publiée dans un article du blog des Poggiolais qu'il est conseillé de lire.

 

A Madunnuccia à Ajaccio et à Orto
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14 mars 2024 4 14 /03 /mars /2024 08:00

12-CECCALDI Jean François

 

Né le : 2/11/1876- Décédé le 7 septembre 1968.

 

Parents : Noël CECCALDI et Toussainte PAOLI.

 

Taille : 1,65 m.

 

Frère de Jean Martin (fiche 14), Joseph Marie (fiche 16) et Valère (fiche 17).

 

Engagé le 12 mars 1895 au 4e RTA (régiment de tirailleurs algériens). Campagne en Tunisie (1895-1900).

 

Marié en 1901 avec Hélène Marguerite ARNAUD dont il a trois enfants (Agathe, Toussaint et Valère).

Après le décès de Hélène Marguerite, Jean François épouse en 1913 sa sœur Anne ARNAUD (dite "tante Anna") (1889-1972).

Les frères de ses deux épouses étaient François ARNAUD (fiche 2b) et Jean André ARNAUD (fiche 2c), qui combattirent en 1914-1918.

 

En 1903, sergent surveillant à la prison militaire de Nantes, puis d’Aïn Beïda (Algérie) et, en 1906, de Tunis. Sergent-major comptable en 1910. A la retraite en 1912.

Réintégré comme sous-lieutenant au 373e RI en 1913, puis au 173e le 2 août 1914.

 

Lieutenant de réserve en 1915, est affecté dans plusieurs unités nord-africaines.

 

Les Poggiolais en 14-18. Fiche 12-CECCALDI Jean François, héros de la guerre et maire pendant 38 ans.

 

Blessé le 17 novembre 1915 au mollet gauche par un éclat d’obus.

 

Cité à l’ordre du régiment le 15 juin 1916 : « Sur le front depuis le début des hostilités, a fait preuve en toutes circonstances d’énergie, de sang-froid et d’un courage calme. A en particulier du 20 au 29 mai assuré dans les circonstances les plus difficiles et souvent même les plus périlleuses, le service du ravitaillement en matériel des bataillons en première ligne sous un bombardement des plus violents ».

 

Chevalier de la légion d’honneur le 3 mai 1916, chevalier le 6 novembre 1956.

 

En décembre 1916, entre à l’état-major du corps d’occupation du Maroc.

 

Croix de guerre. Décoré du Nicham Iftikar.

 

Démobilisé le 17 septembre 1919, il se retire à Poggiolo où il succède à son frère Jean-Martin (fiche 14) comme maire de décembre 1919 à 1941 et de 1943 à 1959.

Le rez-de-chaussée de la maison CECCALDI, au bord de la route, servit de mairie pendant ses mandats.

 

C'est au retour de ses obsèques que, le 11 septembre 1968, son petit-fils Jean-François et son neveu Antoine (père de Jeanne GRIMALDI et de Martine) disparurent dans la catastrophe de la Caravelle Ajaccio-Nice. Voir les détails dans les articles du 9 septembre 2018 (il y a 50 ans: la catastrophe de la Caravelle) et du 11 septembre 2018 ("Jeanne et Valère parlent de la Caravelle").

 

 

Toutes les fiches des Poggiolais en 14-18 sont accessibles par le lien 

http://poggiolo.over-blog.fr/tag/guerre%2014-18/

Les Poggiolais en 14-18. Fiche 12-CECCALDI Jean François, héros de la guerre et maire pendant 38 ans.

 

C'est au retour de ses obsèques que, le 11 septembre 1968, son petit-fils Jean-François et son neveu Antoine (père de Jeanne GRIMALDI et de Martine) disparurent dans la catastrophe de la Caravelle Ajaccio-Nice. Voir les détails dans les articles du 9 septembre 2018 (il y a 50 ans: la catastrophe de la Caravelle) et du 11 septembre 2018 ("Jeanne et Valère parlent de la Caravelle").

 

 

Toutes les fiches des Poggiolais en 14-18 sont accessibles par le lien 

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13 mars 2024 3 13 /03 /mars /2024 08:00

 

11-CECCALDI François-Marie dit « U Messicanu »

 

Les Poggiolais en 14-18. Fiche 11: CECCALDI François-Marie "le Mexicain"

 

Né le 4 janvier 1869 à La Piedad, dans l'État de Michoacan, au Mexique. Décédé le 12 novembre 1931 à Poggiolo.

Fils de Marc Antoine CECCALDI et de Thérèse COLONNA

Le prénom François-Marie lui a été donné en souvenir du frère de son père, tué en 1859 dans une bagarre à Soccia.

 

Taille : 1,65 m

 

Son surnom vient de sa naissance au Mexique, où son père vécut plusieurs années.

Inscrit sur les listes françaises de recensement militaire, il est déclaré insoumis le 30 juin 1891 pour ne pas s'être présenté au conseil de révision. Mais il obtient un non-lieu en se présentant volontairement au bureau de recrutement d'Ajaccio le 3 juin 1893. 

 

Carrière dans les troupes coloniales jusqu'au 3 mai 1909 : 4e et 13e régiments de marine, puis 22e régiment d'infanterie coloniale. 

 

Il participe à la seconde campagne de conquête de Madagascar, d'avril 1895 à juin 1900. Il reçoit la médaille commémorative « Madagascar » 1895-1896 et la médaille coloniale agrafe « Madagascar ». Il sert à La Martinique de 1901 à 1906.

 

Six mois après avoir quitté l'armée, il se marie le 30 octobre 1909 avec Angèle Françoise MARTINI (1867-1928), dite "Mozza", veuve de Xavier VINCIGUERRA (1850-1905), de qui elle avait eu plusieurs enfants.

 

Rappelé le 1er août 1914, il est versé dans l’infanterie, puis dans l’artillerie. Le 23 février 1917, il bénéficie du statut de "détaché agricole comme propriétaire exploitant à Poggiolo".

 

Libéré de toute obligation militaire le 1er décembre 1918, il rentre vivre à Poggiolo jusqu'à son décès le 12 novembre 1931. 

 

 

Toutes les fiches des Poggiolais en 14-18 sont accessibles par le lien 

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12 mars 2024 2 12 /03 /mars /2024 18:00

 

Le tabac produit en Corse (voir l'article "Le tabac, richesse poggiolaise") a longtemps été consommé beaucoup plus dans les pipes que sous forme de cigarettes, et ces pipes furent surtout de fabrication locale.

 

Coll. Ange Tomasi.

Coll. Ange Tomasi.

 

La pipe était toujours présente dans les veillées où l'on écoutait un conteur parler de sorcières et de revenants.

 

"Comme le disait Austin de Croze, témoin de ces mémorables veghje (veillées) au début du XXème siècle: "En Corse, la fumée est l'horloge des veillées campagnardes". La fumée du fucone ajoutée à  celle des pipes des hommes s'épaississait tant qu'on avait beau s'accroupir, se tasser, venait le moment où elle finissait par atteindre toutes les têtes. Alors on se levait en silence, chacun se serrait la main et, reprenant son fusil à l'aveuglette, quittait les lieux que le maître aérait un instant pour y rentrer dormir avec les siens" ("Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997).

 

Les belles pipes de Soccia et de Guagno-les-Bains

 

Les pipes corses furent d'abord en terre, puis en buis et enfin en bruyère. Les qualités de cet arbuste pour la consommation de tabac furent découvertes vers le milieu du XIXème siècle, ce qui fit la richesse de Saint-Claude dans le Jura. Les fabricants de pipes jurassiens utilisèrent beaucoup la scopa corse.

 

Il se raconte qu'un Corse détenu dans le Jura avait été employé en prison à travailler sur les souches de bruyère et que, à sa libération, il incita des artisans de son village à fabriquer des pipes. Ainsi s'expliquerait que cette activité fut très importante à Valle d'Orezza.

 

En 1918,  les usines d'ébauchons faisaient vivre 860 personnes en Corse.

La scopa (souche) provenant de l'erica arborea (bruyère arborescente) était extraite de la terre entre octobre et mai. Elle était débitée en ébauchons dans des scieries. Au début du XXème siècle, il y en avait une à Vico et une à Guagno-les-Bains où elle était exploitée par la famille ARNAUD.

 

Les ébauchons sont "de petits cubes de racine de bruyère grossièrement ébauchés, prêts à être travaillés par le fabricant de pipes", d'après le dictionnaire Larousse.

Les belles pipes de Soccia et de Guagno-les-Bains
Les belles pipes de Soccia et de Guagno-les-Bains

 

Il faut les mouiller pour qu'elles ne se fendent pas et les bouillir pour éliminer la sève.

 

Une bruyère met trente ans pour former une souche de trois kilos. Les pipiers achetaient les ébauchons prêts à l'emploi, souvent en Italie.

A Soccia, les flancs de montagne dominant l'ancien hameau de l'Aghja produisaient des racines de bonne qualité. 

 

Vers 1955, Gino CAPRINO arrachait de quoi produire près d'un quintal de souches par jour.

 

Un artisan socciais eut une célébrité peu enviable.

Jean SANTONI était né à Soccia en 1866. Il eut un frère, Joseph Antoine, né en 1877, qui devint prêtre en 1904 et termina sa carrière comme curé d'Orto de 1922 à 1952. Jean était armurier à Cargese quand il creva un oeil à un camarade de beuverie. Après cinq ans de prison (1893-1898), il s'établit dans son village de naissance comme forgeron puis comme scieur d'ébauchons et fabricant de pipes, dont il avait peut-être appris la technique en détention.

 

S'étant querellé le 28 juillet 1907 avec le maréchal des logis Jean MICHEL, il le blessa d'un coup de fusil et tua le gendarme Marius LATOUR le 2 janvier 1909. Le 6 janvier, Jean SANTONI fut tué par d'autres gendarmes lors d'une embuscade qu'il avait organisée à Guagno-les-Bains.

 

Plus de renseignements dans l'article "Du sang à Guagno-les-Bains"

 

On trouva dans son atelier un millier d'ébauchons et de pipes plus ou moins finies.

 

Petit à petit, la fabrication locale de pipes disparut.

 

Certains de nos lecteurs auraient-ils chez eux des exemplaires de cet art disparu?

 

Photo Pierre-Jean Luccioni.

Photo Pierre-Jean Luccioni.

 

 

Cet article a été rédigé grâce aux documents suivants:

- notes de Jean-Baptiste PAOLI et du Père DOAZAN

"La Corse" 20/12/1989

- "Tempi fà, Arts et traditions populaires de Corse" par Pierre-Jean LUCCIONI, Albiana, 2007

- "Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997.

 

Article déjà publié le 7 juin 2017.

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12 mars 2024 2 12 /03 /mars /2024 08:31
Deuil à Guagno (Blanche Marie CAVIGLIOLI)

 

TOUTES NOS CONDOLÉANCES !

 

Deuil à Guagno (Blanche Marie CAVIGLIOLI)
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

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Jeudi 4 juin:

A 15h30, vernissage de l'exposition de photos "A quoi tu penses" au FAM de Guagno-les-Bains.

 

Samedi 6 juin:

 à 11h, au cimetière de Poggiolo, cérémonie civile pour l’inhumation des cendres d’Edouard Martini, décédé à Chambéry le 26 novembre 2025. Un apéritif amical suivra au bar de Poggiolo.

 

 

5, 6 et 7 juin:

Salon des éditeurs de Corse à Allauch.

 

Lundi 8 juin:

à 19h, messe des Corses célébrée par le cardinal Bustillo à la cathédrale de la Major à Marseille.

Dimanche 14 juin:

messe à Soccia en présence du cardinal Bustillo.

 

Vacances d'été:

à partir du samedi 4 juillet.

 

Messe et procession de saint Roch:

Dimanche 16 août après-midi.

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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