Autrefois, il n'était pas exceptionnel de voir un ou plusieurs forgerons ou maréchaux-ferrants dans les villages. Pour Poggiolo, a déjà été évoquée la figure de Félix DESANTI.
Pour Soccia, des renseignements nombreux et précis ont été fournis dans A Mimoria, bulletin de l'association du même nom, qui avait son siège aux Archives départementales d'Ajaccio et qui se définissait comme un "atelier de recherches en histoire locale en Corse". Le regretté Jean-Baptiste PAOLI y a souvent écrit.
Dans le numéro 44 paru en 2002, Dominique OTTAVI avait présenté la liste des "maîtres du feu" de Soccia, d'après les actes d'état-civil et d'après ses souvenirs. Il mentionnait quelques vestiges existant encore dans le village mais peut-être ont-ils maintenant totalement disparu. Nous accepterions volontiers des photos de ces personnes et de ces lieux.
Cette étude est suivie d'une note de L. AMBROGI sur "l'activité des Maestri ferrari" qui donne des renseignements utiles sur le travail de ces personnes essentielles dans la vie d'autrefois.
I MAESTRI FERRARI DI A SOCCIA
Par Dominique OTTAVI
Au fond d’un atelier, rien n’est plus noble à voir,
Qu’un front tout en sueur, un visage tout noir,
Un sein large et bronzé que la poussière souille,
Et deux robustes bras tout recouverts de rouille.
Description poétique d’un forgeron que nous récitions en classe à Soccia.
Quels ancêtres pouvaient bien répondre à ce portrait ?
En 1773, les registres paroissiaux font état de la naissance d’une fille de MAESTRO LORENZO.
Il s’agit là, certainement, du plus vieux « maestro ferraro » recensé à Soccia.
La forge des SANTONI :
Elle est située près de l’église. A ce jour, les murs tiennent toujours mais la toiture est effondrée. Le matériel a été dispersé après la cessation d’activité.
Quels étaient les maîtres des lieux ?
LORENZO SANTONI : né vers 1758, fils de SALVATORE DE GIACOMO ALFONSO. Il épouse en 1786 ANGELA SANTA MAINETTI. En 1818, âgé de 60 ans, il exerce toujours sa profession. Il a deux garçons : PADEVANTONIO, né en 1794 et décédé en 1820, et l’aîné SALVATORE, né le 5 août 1787. C’est ce dernier qui exerce à son tour la profession de maestro ferraro comme cela résulte de l’acte de décès de son frère en 1820 (déclarant : SALVATORE SANTONI, fratello ; maestro ferraro).
SALVATORE SANTONI : il épouse en secondes noces MARIA LECA.
Ils eurent 9 enfants (6 garçons et 3 filles).
Il est décédé en 1875. En 1851, il est recensé comme forgeron. Son fils Laurent est décédé en 1862 et son aîné Padevantonio est recensé comme propriétaire. Il héritera de la forge mais ne fera pas retentir le marteau sur l’enclume. La forge Santoni sera silencieuse après 1875.
OTTAVIO OTTAVJ, dettu OTTAVIONE, probablement en raison de sa forte stature.
Le 25 juillet 1810, à la naissance de son fils Francesco Marie, il est déclaré MAESTRO DI FOCO, mais à son décès, le 2 avril 1821, il est MAESTRO MURATORE. Ces deux activités n’étaient pas contradictoires, comme nous le verrons plus loin.
VALERIO OTTAVJ.
En 1819, à la naissance de GIODOMENICO, son père VENERIO est MAESTRO STAZZONARO et en 1821, à la naissance de MARIA, son père est appelé VALERIO et il est MAESTRO FERRARO.
Au recensement de 1846, OTTAVJ VALERE, âgé de 53 ans, exerce toujours la profession de forgeron. Son atelier est situé au lieu-dit TEGGIA (Maison Battesti-Bonafos actuellement). Mais il est surtout connu comme entrepreneur de chemin royal sous la monarchie de Juillet (construction de la route Vico-Guagno-les-Bains). Ses affaires le retiennent loin de Soccia et en 1839, pour le mariage, il est retenu à Vico, mais consentant à l’union. Il en est de même pour le mariage de sa fille Marie Françoise (l’aïeule de notre ami Jean PAOLI) avec PAOLI Jean de Letia.
Statistiquement, il y avait à Soccia, à cette époque, deux ateliers de forgerons.
Au recensement de 1861, on retrouve deux forgerons : SANTONI Sauveur, âgé de 75 ans, et COLONNA Jean Silius, né en 1821, dont l’atelier se trouve au quartier de TEGGIA.
COLONNA Jean Silius a 3 filles et 1 garçon, mais la succession est assurée par OTTAVI Antoine Dominique, fils de OTTAVJ François et COLONNA Julie Xavière, son neveu.
A STAZZONA DI PIDJOLU
En 1881, OTTAVY Antoine Dominique dettu PEDIOLA est le seul forgeron en activité à Soccia. Sa forge était une construction en bois qui a été démolie dernièrement. Nous avons tous connu cet atelier qui n’ouvrait plus ses portes qu’en été, car après la Grande Guerre, en raison de son grand âge, notre forgeron était parti en Tunisie auprès de ses enfants.
Mais au retour des « Tunisiens » l’activité reprenait pour le plus grand plaisir des enfants que nous étions. Lequel d’entre nous n’a pas actionné le puissant soufflet, pour pouvoir être au premier rang et observer le travail du fer, parmi les gerbes d’étincelles ?
Que faisait Ziu Pediola pendant ces vacances ? Réparations d’outils, de serrures, mais surtout les croix mortuaires en fer forgé pour les défunts de l’année. On peut encore les voir dans l’ancien cimetière, soit sur les tombes, soit entassées à l’entrée.
La maison d’OTTAVY Antoine Dominique a été vendue par les héritiers. Le nouveau propriétaire a pu récupérer une partie du matériel et constituer une sorte de musée d’artisanat. Le dernier vestige de l’antre de Vulcain, l’enclume, est visible sur le mur du jardinet édifié à l’emplacement de l’ancienne forge.
L’USINE DE JEAN SANTONI dettu Jiovanello.
On ne peut passer sous silence l’usine de Jean SANTONI. Cet artisan génial avait aménagé, à Lavatoggio, dans un bâtiment qui existe toujours, un équipement pour utiliser l’énergie hydraulique. C’était « l’usine ». Il y travaillait le bois, les souches de bruyères pour les ébauchons de pipe grâce à un tour, mais aussi le fer car il était armurier. Après sa fin tragique (meurtres de gendarmes), l’établissement fut désaffecté au début du siècle.
LES MARÉCHAUX FERRANTS
Le regretté Jules OTTAVY, à la retraite après une carrière militaire dans l’artillerie, avait installé à Soccia une forge qu’il comptait développer. Malheureusement, en 1948, il fut emporté par une courte maladie sans pouvoir réaliser son projet.
Antoine Marie MAINETTI, retraité militaire, avait également appris à l’armée l’art de ferrer les chevaux, les mulets et les ânes. Pendant longtemps, il a rendu service aux gens de Soccia.
Dominique OTTAVI
Le patrimoine artistique de Poggiolo risque d'être fortement touché par la dégradation du portail décoré du cimetière privé. Un article précédent a déjà présenté ce chef-d'œuvre et un autre a évoqué la vie de son créateur, Félix DESANTI.
Une lettre a été envoyée au maire de Poggiolo pour lui demander d'intervenir, bien qu'il s'agisse d'un lieu privé et non pas public. En voici le texte.
Bertrand CERVERA vient de lancer une campagne de financement participatif ("crowdfunding" en sabir mondialisé) pour permettre la réalisation des prochains festivals de Sorru in Musica, cette initiative originale qui a permis depuis 20 ans de faire entrer la musique dans les villages du canton.
Lisez l'appel qui vient de paraître sur Facebook.
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Ils ne furent pas 108 Poggiolais à avoir participé à la première guerre mondiale, comme l'indique la liste publiée dans l'article Les 108 Poggiolais qu'il ne faut pas oublier. Il convient d'ajouter François Marie CECCALDI et Jean-Pierre CARLI et on arrive à 110.
Le premier, surnommé "U Messicanu", a été présenté dans l'article L'expédition sanglante de 1892: U Messicanu (6/6) et, plus récemment, dans La mort a frappé un jeune... en 1851.
Un de nos lecteurs nous a signalé également l'oubli de Jean-Pierre CARLI, ce Poggiolais d'adoption qui eut une longue carrière militaire, puis une activité commerciale dont la trace est toujours bien visible dans le village.
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Jean-Pierre CARLI était originaire d'Orto où il naquit le 16 octobre 1871. Ses parents : Jean-Baptiste CARLI et son épouse Marie-Françoise PASTINELLI.
Engagé volontaire au 63e régiment d’infanterie de ligne le 20 octobre 1890, il devint caporal en 1891 et sergent en 1892.
Rengagé en 1893, il passa au 2e régiment d’infanterie de marine. Jusqu’à sa libération du service actif, il fut affecté à différentes unités d’infanterie de marine, d’infanterie coloniale, de tirailleurs sénégalais et de tirailleurs soudanais. Adjudant en 1905, il participa à de nombreuses opérations au Sénégal, au Soudan (Mali actuel) et en AOF (Afrique Occidentale Française).
Il fut récompensé par de nombreuses décorations :
-médaille coloniale « agrafe Soudan » 1898
-médaille coloniale « agrafe Afrique occidentale française » 1903
-Etoile noire du Bénin (juillet 1904) (ordre créé par le roi Toffa, devenu souverain du Dahomey grâce à l’aide française, et reconnu comme un ordre colonial français)
-médaille militaire (30 décembre 1908)
Le 22 octobre 1901, il épousa à Poggiolo Marie Lucie MARTINI (1866-1928). Ils eurent une fille Toussainte Marie Madeleine Jeanne, dite Toussainte, (1905-1977), épouse de Jean PINELLI (1885-1940), qui donna naissance à sept enfants.
Libéré le 21 juillet 1908, il fut mis à la disposition du ministère de la Guerre. Sous-lieutenant de réserve, il fut affecté au 116e régiment d’infanterie territoriale (RIT) à Ajaccio et devint lieutenant de la territoriale en 1911.
La guerre arrivant, l'armée rappela Jean-Pierre CARLI le 1er août 1914 et l'envoya en Tunisie avec le 116e RIT. Il retrouva les troupes coloniales en mars 1915.
D’après sa famille, il aurait été chargé de trouver des volontaires pour l’armée française auprès des autochtones d’Afrique de l’Ouest.
Démobilisé le 4 mars 1919, il résida à La Ferrière, en Algérie.
Revenu à Poggiolo, il bénéficia d’une licence qui lui permit d’ouvrir le café Saint-Roch au rez-de-chaussée de sa maison, voisine de la chapelle. Cette maison, datant de 1816, est encore nommée "la maison de Santa Joffre" par quelques anciens Poggiolais (voir l'article Les maisons poggiolaises: 5 - autour de St Roch).
L'entrée du café, en face de la maison de Pierre et Jeanne GRIMALDI, est fermée depuis longtemps. Elle est surmontée de l'inscription "Café St Roch" qui a été en grande partie cachée par du ciment. Après que ces photos aient été prises, la porte s'est détériorée et elle vient d'être renforcée par des planches.
Jean-Pierre CARLI décéda le 1er septembre 1953 à Poggiolo. Il était bien le cent-dixième Poggiolais.
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Dates à retenir:
Vacances de Noël:
du samedi 20 décembre 2025 au lundi 5 janvier 2026.
MESSE DE NOËL À POGGIOLO:
Mercredi 24 décembre à 18h30.
SAMEDI 17 JANVIER à 15 h
(Fête de Saint Antoine):
Messe à Guagno-les-Bains.
Vacances de février:
du samedi 14 février au lundi 2 mars.
Vacances de Pâques:
du samedi 11 avril au lundi 27 avril.
Vacances d'été:
à partir du samedi 4 juillet.
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L'album de photos des Poggiolais:
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Pour le commander, suivre le lien:
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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?
Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com
Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.