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4 janvier 2025 6 04 /01 /janvier /2025 07:00

 

Chaque nouvelle année est l'occasion d'anniversaires parmi lesquels les plus importants sont ceux qui forment des chiffres ronds (20 ans, 50 ans, 100 ans…).

 

Dans l'histoire d'un village, il existe toujours des événements à rappeler pour bien connaître la communauté dont on est issu, et qui peuvent être prétexte à des commémorations ou à des fêtes. Alors que certains peuvent croire qu'il ne s'est jamais rien passé à Poggiolo, la chronologie poggiolaise comporte plus de 200 dates. 

 

Nous vous présentons les événements concernant Poggiolo et qui se sont déroulés dans des années dont le dernier chiffre est 5, comme 2025. Ont été ajoutées les années se terminant par 0 car l'anniversaire est facile à calculer (55 ans, 135 ans...).

 

Presque tous les événements cités sont accompagnés du lien pour l'article du blog qui leur était consacré.

 

Des erreurs ou des omissions sont toujours possibles. Nos lecteurs ne doivent pas hésiter à les signaler. 

 

Il y a 495 ans, vers 1530:

dans sa «Description de la Corse», Mgr Giustiniani parle du village de Podiolo, de celui des Soprane et des Bains de Guagno.

http://poggiolo.over-blog.fr/2018/04/solution-a-la-devinette.html

 

Mgr Giustiniani.

Mgr Giustiniani.

Il y a 465 ans, en 1560:

Vico et Sagone, ainsi que les lacs de Creno et de Nino, sont mentionnés pour la première fois sur une carte, celle de Giacomo Gastaldi.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-premiere-fois-pour-nos-voisins-48211191.html

  

Il y a 445 ans, entre 1580 et 1585 :

Antonio DANTI peint la carte de la Corse dans la Salle des Cartes du Vatican. On y distingue "P. de Sorno in sù" (pieve de Sorru in sù) et "Bagni di Vico". Serait-ce la plus ancienne représentation de Guagno-les-Bains ?

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/05/la-corse-et-sorru-in-su-au-vatican.html

 

Il y a 285 ans, vers 1740:

création du village de Muna pour permettre l’exploitation forestière.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-bienvenue-a-muna-38194347.html

 

Il y a 280 ans, en 1745:

composition d'un voceru sur la mort de Matteo, médecin de Vico assassiné dans la pieve de Sorru in sù par un nommé Natale.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-le-coup-de-sang-du-doyen-100159769.html

 

Les dates de l'histoire poggiolaise se terminant par 5 et 0. Première partie: jusqu'en 1810.

Il y a 250 ans, le 6 octobre 1775:

tremblement de terre à Vico et dans les villages des alentours.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-30524055.html

 

Il y a 255 ans, en 1770: 

- le dénombrement de la population ordonné par Louis XV donne 25 feux, soit 109 habitants, à Poggiolo.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-le-desert-n-a-pas-toujours-existe-96427469.html

 - les registres de catholicité de Poggiolo précisent désormais si l'inhumation a lieu dans l'arca (tombe commune dans le sous-sol de l’église Saint Siméon) ou en tombe individuelle.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-a-la-recherche-de-l-arca-perdue-38617522.html

 

Il y a 235 ans, en 1790:

- en application de la loi du 11 novembre 1789 créant les communes, le terrain de l'ermitage de Saint Antoine (sur lequel se trouve la source thermale) revient à la commune de Guagno.

http://poggiolo.over-blog.fr/2014/01/les-terrains-départementaux-à-guagno-les-bains.html

 

- le prêtre poggiolais Giovan-Antonio Pinelli, devenu avocat de la Curie et avocat au barreau de Bastia, est élu par le district de Vico à l'assemblée du département. En 1794, avec la création du royaume anglo-corse (armoiries ci-dessous), il se retire de la vie publique jusqu’en 1810.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-homme-le-plus-cultive-de-corse-1-2-67214131.html

 

Les dates de l'histoire poggiolaise se terminant par 5 et 0. Première partie: jusqu'en 1810.

Il y a 230 ans, en 1795:

- le 28 février, au terme d'un long débat, Francesco FRANCESCHETTI et Filippo LECA, contestés par les habitants d'Orto, sont reconnus comme représentants légalement élus de Sorru in sù au Parlement anglo-corse.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-contestation-ortigaise-47996991.html

 

- en mai: reconstruction de la chapelle Ste Lucie d'Azzana. Le maître-autel est formé par une ancienne pierre d'autel de l'église St Siméon de Poggiolo.

http://poggiolo.over-blog.fr/2015/12/la-devinette-du-mois-poggiolo-et-azzana-la-solution.html

 

- le 30 septembre : baptême de Carlo Francesco Pasquale PINELLI. Son parrain est Pasquale PAOLI, u "Babbu di a patria", représenté par Giovan-Antonio PINELLI. En 1822, il devient le plus jeune des maires de Poggiolo.

http://poggiolo.over-blog.fr/2019/03/le-filleul-poggiolais-de-pascal-paoli.1/3-ceremonie-religieuse-ou-politique.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2019/03/le-filleul-poggiolais-de-pascal-paoli.2/3-le-mandataire-di-u-babbu.html

http://poggiolo.over-blog.fr/2019/03/le-filleul-poggiolais-de-pascal-paoli.3/3-le-maire-de-la-francisation.html

 

Il y a 215 ans, en 1810: 

- Giovan-Antonio Pinelli devient secrétaire général de la préfecture jusqu'en 1816. Invité au mariage de Napoléon avec Marie-Louise, il ne peut quitter la Corse à cause de l'opposition du général Morand.

http://poggiolo.over-blog.fr/article-l-homme-le-plus-cultive-de-corse-2-2-113061636.html

 

- édification au-dessus de Guagno-les-Bains d'un premier bassin circulaire à la Goccia (reconstruit entre 1816 et 1818).

http://poggiolo.over-blog.fr/2016/06/heurs-et-malheurs-de-la-goccia-2-3-un-batiment-bien-concu.html

 

(à suivre)

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27 novembre 2024 3 27 /11 /novembre /2024 07:00
Marseille et les deux Napoléon
 
 
Samedi 30 novembre, de 14h à 18h, aura lieu le 32e Carré des Ecrivains au Centre Bourse de Marseille.

 

Organisée chaque année par le Comité du Vieux Marseille, cette manifestation littéraire réunit les écrivains marseillais ou ayant écrit sur Marseille.
 
 
Cette année, sera présenté "Marseille, ville impériale", livre rassemblant les Actes du Souvenir Napoléonien de novembre 2022. Parmi les communications, se trouve celle de Michel FRANCESCHETTI  "Eugénie et Marseille, une histoire d'amour ratée".
 
 
Il est à noter, pour les amateurs de tradition et d'enracinement provençal, qu'une exposition sur Frédéric MISTRAL a lieu au même endroit.

 

Marseille et les deux Napoléon
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17 novembre 2024 7 17 /11 /novembre /2024 07:00

 

Les légendes sur Napoléon III et Eugénie sont nombreuses. La plus connue (et qui continue à être diffusée) est celle qui certifie que l'empereur et l'impératrice vinrent prendre les eaux à Guagno-les-Bains. Voir l'article "Une légende commençait il y a 160 ans".

 

Marseille ville impériale

De même, à Marseille, Napoléon III n'était pas présent à l'inauguration de la rue Impériale, devenue rue de la République, en 1864, malgré ce qui est inscrit sur une plaque posée par un Comité d'Intérêts de Quartier (voir l'article "Napoléon III ni à Marseille, ni à Guagno-les-Bains").

 

Marseille ville impériale

 

Autre légende concernant Marseille: le couple impérial aurait logé au palais du Pharo. Il n'en fut rien.

 

Marseille ville impériale

 

Après la fin du Second Empire, Eugénie entreprit une longue bataille juridique contre la mairie pour se faire reconnaître la propriété du lieu que son mari avait fait construire. Après l'avoir emporté, elle en fit cadeau... à la ville de Marseille.

 

Les rapports de l'impératrice avec les Marseillais jusqu'à la fin de sa vie en 1920 sont racontés par Michel FRANCESCHETTI dans l'article "Eugénie et Marseille, une histoire d'amour ratée". Il fait partie de "Marseille, ville impériale", livre rassemblant les Actes du colloque du Souvenir Napoléonien de novembre 2022 et qui vient d'être publié.

 

Marseille ville impériale
Marseille ville impériale

Cet ouvrage, au prix de 15 euros, peut être commandé au Souvenir Napoléonien de Marseille: aicm13@orange.fr

 

Les personnes se trouvant à Marseille samedi 30 novembre pourront se rendre au 32e Carré des Ecrivains organisé au Centre Bourse par la Comité du Vieux Marseille. Michel FRANCESCHETTI y présentera "Marseille, ville impériale" ainsi que ses œuvres précédentes "Pierre-Antoine Berryer, défenseur de la justice, des libertés et du roi" et "Une drôle d'année à Marseille (3 septembre 1939-10 mai 1940)".

 

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22 octobre 2024 2 22 /10 /octobre /2024 07:00
 
Chant immémorial, généralement à trois voix, la "paghiella" était caractérisée par un répertoire différent dans chaque vallée de la montagne corse. La piéve de Sorru in Sù avait ainsi ses propres chants mais peu ont subsisté jusqu'à nous.
 
 
Il semble que la seule œuvre disponible soit "Addiu, O Soccia", enregistrée en 2002 par Diana di l'alba et en octobre 2009 par A Cumpagnia.
 
 
Cette paghiella a la forme traditionnelle d’un quatrain d’octosyllabes dont les deux derniers vers sont toujours bissés. Le thème est celui de la "partenza", du départ, vraisemblablement pour accomplir le service militaire loin de la Corse.
 
La paghiella de Soccia
 
Ses quatre strophes permettent de voir l'éloignement progressif du chanteur:
   - La première évoque Soccia.
   - La seconde est consacrée à Saint Marcel, à mi-chemin de Soccia et Poggiolo, là où se trouve une source et où a été maintenant placé un héliport pour les pompiers et secouristes.
    - Dans la troisième, le héros arrive à Poggiolo.
   - La quatrième est celle où il parvient au bateau qui l'emmène loin de sa terre familiale et de sa bien-aimée.
 

Voici le texte corse tel qu'il est publié par Wikipedia:

 

Addiu o Soccia
 
Addiu addiu o Soccia
L'umbriccia è lu paese
Addiu donne succese
Mi n'aghju da andà.
 
Quandu partu da A Soccia
Passu per San Marcellu
Faccia ti à lu purtellu
Per vede mi passà.
 
Quandu partu da A Soccia
Passu per U Pighjolu
Un ci hè chè Diu solu
Per pudè mi parà.
 
Quandu serò luntanu
Davanti à i bastimenti
Mi crepu da lu pientu
Sempre pinsendu à tè.



En voici une traduction française:

 Adieu Soccia
 
Adieu, adieu, Soccia,
Lumbriccia et u Paese,
Adieu, femmes socciaises,
Je n'ai qu'à m'en aller.
 
Quand je pars de Soccia,
En passant par Saint Marcel,
Mets-toi à la fenêtre
Pour me regarder passer.
 
Quand je pars de Soccia
Je passe par Poggiolo
Où il n'y a que Dieu seul
Qui pourrait m'en empêcher.
 
Quand je serai loin
Devant les bateaux,
Je meurs de mes plaintes
Toujours en pensant à toi.
 
 
Petite remarque: dans le deuxième vers de la première strophe,  les mots "Lumbriccia" et "u Paese",  désignent deux parties de Soccia. "L'umbriccia" signifie "l'ombre" (car ce quartier est du côté de l'ombre, de l'ubac). "Paese" concerne le centre du village.
 
 
La vidéothèque poggiolaise a mis en ligne il y a 14 ans un film illustrant ce chant (avec la version Diana di l'alba). Pour le voir (et l'écouter), cliquez sur le titre ci-dessous:
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6 octobre 2024 7 06 /10 /octobre /2024 09:00
Pour mieux connaître Pasquale PAOLI

 

En vue de la célébration du trois centième anniversaire de la naissance de Pascal PAOLI, le 6 avril 1765, une série d'articles commence dans Corse-Matin.

 

Chaque mois, sous le titre "Derrière le mythe", paraîtra un article sur la vie du Babbu di a patria. 

 

Aujourd'hui, dimanche 6 octobre: "Dionisia Valentini, une mère puissante et entourée de mystères".

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4 octobre 2024 5 04 /10 /octobre /2024 07:00

 

Le 4 octobre 2024 est particulier. Traditionnellement, il est à la fois le jour de la fête de saint François d'Assise et de Notre-Dame du Rosaire. Mais, cette année, il est surtout le cent-cinquantième anniversaire de l'église Saint Siméon de Poggiolo.

 

L'église de Poggiolo a 150 ans

 

Le 4 octobre 1874, le curé Pierre-Jean OTTAVY, desservant de la paroisse, bénit l'église reconstruite.

 

Une église existait sur les hauteurs de Poggiolo depuis le XVIe siècle. Elle fut mentionnée pour la première fois en 1587 par l'évêque du Nebbiu, Monseigneur MASCARDI, lors d'une visite apostolique. Elle était alors église piétante de Sorru in Sù et le resta jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

 

Elle fut abandonnée un certain nombre d'années (on ne sait pas exactement combien) à la suite de l'assassinat commis en 1634. Elle connut plusieurs modifications qui lui donnèrent l'aspect que montre un dessin de 1856 conservé aux Archives d'Ajaccio. 

 

L'église de Poggiolo a 150 ans

 

Au début du XIXe siècle, le bâtiment était en mauvais état et la mairie poggiolaise demanda souvent l'aide financière des pouvoirs publics pour la rénover. Une partie de cette correspondance est citée dans l'article  A quoi ressemblait l'ancienne église? (2/2) auquel on peut se référer.

 

Finalement, en 1863, le conseil de fabrique (conseil chargé  de l'administration des biens paroissiaux) décida l'édification d'une nouvelle église au même endroit.

 

Xavier PAOLI avait raconté cette construction dans un article publié par le numéro 1 du bulletin "L'info... U Pighjolu" (février 2007).

L'église de Poggiolo a 150 ans



"Le premier argent fut apporté le 4 octobre 1863 par la vente de la "casa chjegale" (presbytère).
Muni de ce premier viatique, la communauté villageoise entama alors un véritable marathon d'opiniâtreté et de volonté qui dura pratiquement 50 ans.
Chaque famille donna soit de l'argent, mais il y en avait peu, soit une part de récoltes : tabac, huile, farine de châtaigne, bétail ...
Il y eu des moments de profond découragement, mais jamais il ne fut envisagé de baisser les bras.
Après bien des vicissitudes, on vint à bout de gros oeuvre le 04 octobre 1874, fête de notre Dame du Rosaire.
Le curé Pierre-Jean OTTAVY, desservant de la paroisse, spécialement délégué par Monseigneur l' évêque François-Xavier André de GAFFORY, bénit l'église reconstruite. Mais il reste encore beaucoup à faire et, dans une lettre émouvante datée du 07 juillet 1889, le Président du conseil de fabrique, en désespoir de cause, envoie une supplique au ministre des cultes où il dit : "Les habitants, épuisés par les sacrifices énormes qu'ils se sont imposés dans le but d'avoir une église, ne peuvent plus rien donner, malgré toute leur bonne volonté". Avec ou sans subvention, on décide pour la décoration de s'adresser au peintre Jean-Noël COPPOLANI de Marignana.
Celui-ci, l'argent manquant, fut le plus souvent rétribué en victuailles diverses: décalitre de pommes de terre, vin, tabac, huile, farine de châtaignes, cabri ...
Mais il mourut avant d'avoir terminé et fut remplacé par Jean-baptiste BASSOUL qui mit un point final à la décoration de l'édifice en 1903.
Puis vint la construction du clocher, la fonte des trois cloches.

Les statues furent, pour la plupart, offertes, selon l'usage, par les familles, qui voulaient ainsi honorer leur Saint Patron.

Aussi après tant d'efforts et de privations, nos ancêtres nous ont laissé ce legs sacré en témoignage de leur foi et de ce que peuvent les hommes lorsqu'ils joignent leur volonté dans un but commun.
Puissions-nous en tirer des leçons .."


 

L'église de Poggiolo a 150 ans
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8 septembre 2024 7 08 /09 /septembre /2024 07:00

 

Cette histoire vraie s'est déroulée voici 390 ans.

 

Dans les premières lueurs de l’aube, quelques hommes s’approchent prudemment de l’église Saint Siméon de Poggiolo. On est au matin du 11 septembre 1634. Dans la nuit, des cris avaient été entendus, et aussi des coups de feu, certainement des déflagrations d’arquebuses à rouet, l’arme par excellence des Corses à cette époque. Puis, il y avait eu le son des sabots de mulets ou de chevaux s’éloignant rapidement. Et encore des cris, puis des râles d'agonie...

arquebuse à rouet

arquebuse à rouet

Les Poggiolais les plus audacieux trouvent la porte complètement enfoncée. A l’intérieur,

 « la vision est celle d’un spectacle d’horreur. Le corps (d’un homme) git dans un coin, sans tête, traîné et déchiqueté par les chiens. Son épouse gémit, un peu plus loin, moribonde, avec le cadavre de son petit garçon mort-né, dont elle a accouché pendant la nuit, à ses pieds, percé de plusieurs coups d’arquebuse. Les portes de l’église ont été fracassées à coups de hache, et le décor, autour de l’autel, a été transpercé par les coups de feu.» («Letia et la région de Vico dans l’histoire de la Corse» par François PAOLI).

 

Même sans avoir son visage, les villageois savent que le corps de l’homme décapité est celui d’AMATO de Soccia, LE FILS DE LEUR CURÉ PAOLO.

 

 

Aux XVIIème et XVIIIème siècles, de nombreux prêtres corses vivaient en concubinage et avaient des enfants. Ce fut le cas pour Lario POLI ou Hilaire (écrit aussi Hylaire), curé de Guagno, qui avait bénéficié de faveurs de la part de Théodore de NEUHOFF, roi de Corse en 1736. En souvenir, le curé aurait prénommé son fils Théodore. Le prénom serait passé ensuite à son petit-fils, le célèbre bandit qui se proclama le "roi de la montagne" (voir l'article "Les exploits de Théodore").

 

LE MARCHÉ DES TÊTES

 

Paolo, curé de Poggiolo, était le père d’Amato qui eut de gros ennuis avec la justice. Il avait été condamné à mort le 22 novembre 1631 pour le meurtre d’un Guagnais et le 27 mai 1633 pour celui d’un Socciais. Pour la législation génoise, il était devenu un «bandito capitalo», c’est-à-dire qu’il était considéré comme très dangereux mais qu’il pouvait échapper à la mort en s’exilant, ce qu’il fit.

 

Malheureusement, au bout d’un an, Amato revint et rencontra Matteo de Soccia dont il avait tué le frère. Or, après la condamnation, les parents des victimes assassinées avaient constitué des primes sur sa tête. Les primes étaient versées à celui qui ramenait la tête du meurtrier aux autorités génoises. On appelait cette coutume le «marché des têtes».

 

Blessé d’un coup d’arquebuse, tiré peut-être par Matteo, Amato se réfugia dans l’église de Poggiolo avec son épouse enceinte. Il était protégé dans ce lieu saint par le droit d’asile. Pendant ce temps, son père obtenait que l’évêque de Sagone (qui résidait alors à Calvi), Mgr Stefan SIRI, et son vicaire général, Gio Martino SAVELLO, négocient avec le Commissaire génois d’Ajaccio un sauf-conduit et un traité de paix avec les familles des victimes, ce qui était fréquent à l’époque.

 

Mais le 10 septembre 1634, alléchés par la prime et certainement poussés par Matteo, Aurelio, fils de Nicomedo de Guagno, et Gregorio, fils de feu Giovan Ghilardo de Muracciole, trouvèrent sa cachette et firent le massacre décrit au début du texte.

 

Les chasseurs de primes présentèrent le lendemain la tête d’Amato à Paolo Ambrosio CARMAGNOLA, le Commissaire de Gênes à Ajaccio, qui leur donna l’argent promis et exposa sa tête dans une cage de fer.

 

L'ÉVÊQUE CONTRE LE GOUVERNEUR

 

Monseigneur SIRI, l’évêque de Sagone, réagit promptement en mettant en avant le fait qu’Amato n’avait pas été tué «in campagna», en pleine campagne, comme le voulait la loi, et surtout qu’un sacrilège avait été commis. Le prélat en appela au Sénat de Gênes et excommunia Aurelio et Gregorio ainsi que Carmagnola.

armoiries de Sagone

armoiries de Sagone

Mgr SIRI ayant décédé en janvier 1635, son action fut poursuivie par le vicaire général SAVELLO et par Mgr Benedetto REZZANI, devenu évêque de Sagone en septembre 1635.

 

Le Commissaire blâma l’action des deux assassins et fit donner une sépulture chrétienne à la tête d’Amato.

 

Aurelio et Gregorio furent condamnés «pour la violence faite à l’Eglise, une balle ayant touché l’autel». Mais, en 1636, la sentence n’était toujours pas appliquée.

 

UNE ÉGLISE DE RECHANGE

 

A Poggiolo, la situation religieuse était catastrophique. Saint Siméon avait été souillée par cet acte ignoble. De plus, elle était église piévane, c’est-à-dire que son curé avait autorité sur tous les villages de Sorru in Su : Poggiolo, Orto, Soccia et Guagno.

 

L’église fut déclarée désacralisée avec interdiction d’y célébrer des cérémonies religieuses.

 

Il fut décidé de bâtir une chapelle en bas du village, sur un terrain offert par les familles DEMARTINI et MARTINI. Elle fut dédiée à saint Roch, choix judicieux car ce saint était imploré pour combattre les épidémies alors fréquentes.

 

Lors de travaux de restauration entrepris en 2011, le peintre Mario SEPULCRE  trouva sur les piliers de Saint Roch une couche de peinture qui était peut-être la décoration originelle (voir l'article Il se passe toujours quelque chose à Poggiolo... et à Saint Roch).

Du sang à Sorru in Sù. N°1: DU SANG À ST SIMÉON

Mais Saint Siméon se releva de son abandon.

 

En 1686, Gio. Battista SPINOLA, évêque de SARZANE en Ligurie, fut envoyé par Rome pour inspecter les diocèses de Corse. Il n’écrivit rien sur Saint Siméon dans son rapport du 4 juin.

 

Mais le 15 juin 1698, Mgr Giovanni Battista COSTA, évêque de Sagone, décrivit une église San Simeone avec autel de pierre, tous les objets liturgiques indispensables, des fonts baptismaux, un confessionnal, une «chapelle du très Saint Rosaire récemment érigée dans l’église» et un «pavement de pierres avec trois ouvertures d’arca avec trappe de pierre». Malgré le toit à réparer, l’église était utilisée et elle était redevenue un lieu sacré.

Les transformations de l'église St Siméon.

Les transformations de l'église St Siméon.

Actuelle église Saint Siméon (construite en 1874)

 

Les horribles meurtres de 1634 sont ainsi la cause de la présence de deux bâtiments catholiques dans ce petit village qui mériterait d’être nommé : «POGGIOLO-LES DEUX ÉGLISES».

 

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Cet article a utilisé les renseignements trouvés dans :

- «La violence dans les campagnes corses du XVIe au XVIIIe siècle» par Antoine-Marie GRAZIANI (ed. Alain Piazzola)

- «Letia et la région de Vico dans l’histoire de la Corse» par François PAOLI (Stamperia Sammarcelli)

- Visites apostoliques et pastorales à Sorru in Su, traduction du Père DOAZAN (non édité)

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31 août 2024 6 31 /08 /août /2024 07:00

 

Dans les siècles passés, les maladies comme la peste ou le choléra firent des ravages. La dernière épidémie de choléra en France eut lieu en 1884, voici 140 ans.

 

Elle débuta le 13 juin de cette année et aurait été provoquée par l’arrivée dans le port de Toulon d’un bateau venant du Tonkin. Le premier cas marseillais fut déclaré le 25 juin.

 

Entre juin et octobre, la maladie fit 1777 décès à Toulon et 1793 à Marseille. L’épidémie resurgit avec l’été 1885 et fit alors 1259 nouveaux décès dans la population marseillaise.

 

L’effroi des populations fut grand. Des Toulonnais et des Marseillais s’enfuirent de leurs agglomérations.

 

A Marseille, la quarantaine fut organisée. Les marins et voyageurs arrivant au port devaient rester au lazaret le temps d'être certain qu'ils n'apportaient pas la maladie. Il n'était possible de leur parler que derrière une double rangée de grilles.

Poggiolo dit "stop" à l'épidémie

La Corse fut touchée au bout de quelques jours. Dans l’île, 6 communes furent atteintes. Il y eut 4 morts en juillet, 16 en août et 6 en septembre. 

 

Près de Poggiolo, Saint André d’Orcino fut victime de l’épidémie. 

 

Il en fut même question en Suisse, dans la « Feuille d’avis de Neuchâtel » du jeudi 28 août 1884 (page 4):

L’épidémie continue à décroître à Marseille où l’on ne comptait lundi que 5 décès. Le même jour, il y a eu 6 décès à Toulon, 5 à l’hospice d’Aix, 3 à Béziers, 4 à Carcassonne, 10 à Perpignan et 7 à Sisteron. Dans plusieurs autres localités, un décès.

Le choléra a été constaté en Corse, à Saint-André-d’Orcino, où trois décès ont eu lieu.

En Italie, 84 décès à la Spezzia
(sic) depuis le 22 août.

 

Cette proximité incita la mairie de Poggiolo à prendre des mesures rigoureuses. Jules Martin DESANTI (1831-1910), qui fut maire de 1880 à 1888, signa, trois jours après cet article de presse, le 31 août 1884, l’arrêté suivant :

 

Le 31 août, pas d'épidémie à Guagno-les-Bains

 

En voici le contenu exact:

 

Nous, Maire de la Commune de Poggiolo :
Attendu qu’il s’est déjà produit quelques cas de cholera dans la commune de Saint-André d’Orcino et qu’ainsi on ne peut plus permettre sans danger l’accès de Guagno (les Bains), aux habitants de ce village contaminé .
Considérant que cette mesure est de toute utilité,
Arrêtons
--------------
Tous les baigneurs et amateurs venus de la commune de St André d’Orcino à Guagno-les Bains, soit en villégiature soit pour y prendre les eaux, sont priés de quitter le territoire à partir du 1er septembre prochain. Le Maire de Poggiolo est persuadé que les habitants de St André d’Orcino qui se trouvent actuellement aux Bains ou qui pourraient s’y rendre ne le forceront pas à prendre contre eux des mesures de rigueur et qu’ainsi ils se conformeront au présent arrêté.
Il est également défendu aux propriétaires des maisons de recevoir chez eux aucun individu venant de la susdite commune de St André d’Orcino, sans encourir les peines édictées par la loi.
Fait à Poggiolo le 31 août 1884.


Le Maire
Desanti

 

Les habitants de Saint André d'Orcino étaient donc interdits sur le territoire de Guagno-Les-Bains. Il faut remarquer qu'il n'est pas question du territoire de Poggiolo.

 

Ce document prouve que la station thermale de Guagno-les-Bains  attirait alors suffisamment de curistes des villages corses pour craindre qu’ils répandent la contagion.

 

Ce refus d’accueil de non-Poggiolais joua-t-il un rôle important dans le reflux du choléra ?

 

Toujours est-il que la Corse ne connut que 6 décès de cholériques en septembre et plus rien après. Et les habitants de Poggiolo et de Guagno-les-Bains furent préservés.

 

Au total, cette épidémie porta sur 30 départements, surtout dans le Sud, atteignit 477 communes et donna lieu à 7.820 décès dans l’ensemble de la France. Elle continua jusqu’en janvier 1885 en Algérie, où elle provoqua 890 décès. Ces chiffres sont extraits du «Journal de la Société Statistique de Paris» (tome 26,1885) p. 459 

 

 

 

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26 août 2024 1 26 /08 /août /2024 18:00
Le livre des anciens de Poggiolo est connecté.

"I nostri antichi di U Pighjolu" est un recueil de photos montrant les Poggiolais d'autrefois. Mais ce livre utilise des procédés modernes comme le QR code qui est présent deux fois.

 

La page 15 propose une expérience immersive originale. En scannant le code, le lecteur se retrouve au cœur du village en août 2000, quand les photos furent exposées dans les rues de Poggiolo. On est connecté à la vidéo qui fut alors réalisée.

 

Le livre des anciens de Poggiolo est connecté.

 

En dernière page, le QR code permet de commander de nouveaux livres.

Ne manquez pas de l'utiliser car tous les exemplaires proposés au village le 16 août ont été épuisés.

Autrement, il suffit de suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

Chaque Poggiolais ou ami de Poggiolo se doit de posséder "I nostri antichi di U Pighjolu".

Le livre des anciens de Poggiolo est connecté.
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9 août 2024 5 09 /08 /août /2024 07:00

 

Avant sa présentation au village le 16 août, vous pouvez voir ici la première page de couverture de "I nostri antichi di U Pighjolu". 

Quelques renseignements sur le livre

 

Parmi ses 100 pages, ce livre contient de nombreuses photos qui, des années 1880 à la fin des années 1970, montrent les Poggiolais dans leur village, au service militaire ou dans les colonies, pendant des fêtes religieuses ou pendant leur vie quotidienne.

 

Certains personnages ont été identifiés, d'autres pas mais leurs descendants pourront certainement le faire.

 

Quelques renseignements sur le livre
Quelques renseignements sur le livre
Quelques renseignements sur le livre

 

 

Dans les premières pages, le projet est présenté par des textes de Philippe PRINCE-DEMARTINI, Michel FRANCESCHETTI, Hélène DUBREUIL-VECCHI, sans oublier le mot du maire Jean-Laurent PINELLI.

 

Une "Histoire abrégée du village avant 1914", écrite par François-Xavier PAOLI, a été reprise.

 

Pour terminer, deux arbres généalogiques à remplir (un pour le côté paternel et un pour le côté maternel) sont proposés au lecteur.

 

Quelques renseignements sur le livre

 

Le livre sera présenté le 16 août à Poggiolo, à l'issue de la procession, et vendu au prix de 11 euros.

 

Il peut également être commandé par internet en suivant le lien:

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Début janvier 2027:

Assemblée générale du Comité des Fêtes.

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du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027

Vacances de Pâques:

du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027

Vacances d'été:

à partir du samedi 3 juillet

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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