Après avoir échappé de justesse au quadrillage opéré par le capitaine MARINETTI, chef des voltigeurs corses (opération décrite dans l'article précédent), Théodore et Mathieu Poli avaient quitté les deux cantons de Sorru pour se réfugier dans la Cinarca.
Ils se reposèrent dans une cabane de MORTOLA, dans la commune d'AMBIEGNA, où ils furent encerclés par des voltigeurs.
Sur l'affrontement final, les versions diffèrent.
Henri PIERANGELI dit PIERHOME (dans "La vie du bandit Théodore") raconte comment le berger Toussaint COLONNA s'était rallié aux voltigeurs et s'était embusqué près de la bergerie avec les voltigeurs GRAZIANI et FORNARI.
Pour François ROBIQUET (dans "Statistique de la Corse"), ces trois hommes étaient tous voltigeurs et rôdèrent douze jours avant de tomber sur Théodore le 5 février 1827 (au matin du 4 février pour PIERHOME). Dans le combat, GRAZIANI et FORNARI furent blessés mais ce fut ce dernier qui tua Théodore.
Une troisième version est fournie par l'écrivain Santu CASANOVA (1850-1936). Originaire du village d'AZZANA, élevé à ARBORI et scolarisé à VICO (donc dans la zone des exploits de Théodore), Santu Casanova avait recueilli le récit des exploits du bandit auprès des anciens des villages.
Il en fit le texte ci-dessous qui est traduit de la version parue en langue corse dans le périodique "L'Annu Corsu" de 1932. L'auteur commet une grande erreur en datant la mort de Théodore de l'année 1831 au lieu de 1827. Il décrit une trahison d'un berger. Il invente l'intervention d'une jeune fille pour vérifier le décès du bandit (qu'il place le 6 février). Enfin, il décrit avec des détails scabreux ce qui arriva à son corps. Le coup de théâtre final laisse planer le doute sur ce qui advint de celui qui avait imposé la loi du maquis pendant sept ans.
"On ne put avoir raison du bandit que par la trahison.
Arrivé le soir du samedi 5 février 1831 sur les bords du Liamone, il attrapa une pneumonie et se réfugia dans la cabane d’une veuve de Guagno qui passait là l’hiver avec ses chèvres. Le malade passa la nuit avec une forte fièvre. Au matin, la veuve envoya son berger à COGGIA pour chercher un pain en recommandant bien de ne pas faire savoir que Théodore était dans la cabane. Mais le berger ne pouvait rester sans parler. Quand il arriva à COGGIA, tous les villageois étaient à l’église. Seuls trois voltigeurs: COLONNA, FORNARI et GRAZIANI, écoutaient la messe sous l’orme de la place de l’église. Le berger, ne pouvant plus garder son secret, s’approcha de ces trois pénitents et leur demanda s’il n’y avait rien de nouveau à COGGIA. Ces derniers, intrigués de la demande, lui répondirent :
« Ici, il n’y a rien ; mais toi, sais-tu quelque chose ? »
- Moi, je sais quelque chose, mais il faut que je garde le secret pour moi »
- Et que sais-tu? Parle. Qui est le gros poisson ? »
- Théodore a une pneumonie dans la cabane de ma patronne. Si vous descendez, vous le prenez comme un mulet ».
Le poisson étant gros et désiré ardemment. Les voltigeurs partirent en courant et encerclèrent la cabane en hurlant :
« Attention Lorelli, attention Colombani, attention Catignio ! tous prêts ! ».
Burghellu, le frère de Théodore qui était au maquis, en entendant l’appel de COLONNA, s’éloigna en croyant que toutes les brigades étaient là-bas. En voyant la cause perdue, Théodore fit une dernière tentative pour sortir après avoir tiré sur GRAZIANI. Celui-ci avait un bras en morceaux mais les deux autres firent feu, et le bandit tomba à quatre pas de la cabane avec son fusil tendu sur un genou dans une attitude de défense. Les voltigeurs surpris ne savaient s’il était vivant ou mort. Une fille de la patronne regardait le bandit qui ne bougeait plus.
COLONNA lui dit :
« Va voir s’il est mort »
- J’irais si vous me donnez le foulard qu’il a autour du cou »
- Vas-y; nous te le donnerons ».
Quand la petite fille le toucha, Théodore était mort et ne faisait plus peur, ni aux gendarmes ni aux voltigeurs. Au comble de la satisfaction, les héros de la mort de Théodore Poli, qui devait résonner dans toute l’Europe, sautaient de joie et improvisèrent un vocero sur le mort au nom de sa compagne enceinte et sur le point d’accoucher.
Stava tutta addulurata
Di Tiadoru la cunsorte
Quandu intese la nuvella
Ch'ell'era firitu à morte.
Oh ! s'eiu un era in partu
Aggravata da i dulori
Vulia sfugà lu me sangue
Contru li vultisgiatori.
(Elle était toute affligée,
la compagne de Théodore,
quand elle entendit la nouvelle
qu’il était blessé à mort.
Oh si je n’étais pas enceinte
Accablée par les douleurs
J’aurai voulu épancher mon sang
Contre les voltigeurs)
Pour s’assurer qu’il ne ferait pas feu même après sa mort, les voltigeurs déchargèrent un fusil puis prirent le mulet de la bergère, attachèrent le mort par les pieds à la croix du bât et partirent vers VICO en criant à voix étouffée:
Compra stacci, ciarnìgliuli, ferru,
acciaghju, chjodi, stacchette è carne fresca !
(Achetez des tamis, des cribles, de la ferraille,
de l’acier, des clous, des pointes à chaussure et de la viande froide !)
La nouvelle se répandit dans toute la région. De chaque village, accoururent des hommes, des femmes, des vieux et des enfants. Quand le cortège entra dans VICO, il était escorté de plus de deux mille personnes. Déposé dans l’église de VICO qui était sur la route, le mort fut confié à un certain ORSONI, ancien voltigeur installé comme boucher à VICO. Théodore, pendant le voyage sur la mule, avait eu la tête cassée. ORSONI lui souda sa blessure avec des herbes parfumées et lui fit une raie sur sa coiffure qu’il avait abondante.
Dans la nuit, six hommes armés entrèrent dans l’église et prirent le mort devant ORSONI. On n'a jamais su où il a été enterré. Quand le tribunal arriva à VICO avec tout son attirail, ils ne trouvèrent que les murs."
Le plus fameux des premiers bandits corses abattu, le banditisme n'en avait pas moins de beaux jours devant lui. La même année 1827 où mourut Théodore, on compta 125 assassinats en Corse. Pour éradiquer cette violence, il faudra l'expédition militaire de 1931.
MARSEILLE - POGGIOLO
Michel FRANCESCHETTI, son époux,
Philippe et Delphine,
Catherine et Michel,
Mathieu et Adeline,
ses enfants et leurs conjoints,
ses petits-enfants,
les familles FRANCESCHETTI, ISKARIA, GAUTHEY, CAO, FERRERO, SEISSON, CALDERONI et VERNHET,
ont la douleur de vous annoncer le décès de
Brigitte FRANCESCHETTI
née RACOL
à l'âge de 74 ans.
Les obsèques auront lieu
le mardi 25 mars 2025 à 11 heures
en l'église Saint-Antoine de Padoue,
240 chemin du Roucas-Blanc, à Marseille (7e)
Service Catholique des Funérailles - 04-91-95-18-18
INSEME, le bulletin trimestriel de l'Association des Amis du Couvent St François, vient de paraître. Etant sous forme numérique, il a été envoyé par internet aux abonnés mais il peut être téléchargé avec le lien se trouvant à la fin de cet article.
L'éditorial de première page tranche avec la morosité ambiante car il montre les nombreux points positifs qui existent comme, en Corse, la mobilisation anti-mafia et la très forte augmentation de baptêmes d'adultes et d'enfants. Et en conclusion:
La théologienne et bibliste Sophie Ramond nous le dit : il faut du courage pour être dans l’espérance. Elle est une attitude qui nous met dans l’attente, avec confiance. L’espérance s’appuie sur la patience.
Trois pages sont consacrées au concile de Nicée qui s'est tenu il y a 1700 ans, en 325, et dont l'importance a été considérable car il a pris des décisions sur la date de Pâques et la définition de la vraie nature du Christ, ce qui a abouti à la rédaction du "credo" qui, complété par le concile de Constantinople en 381, est récité à chaque messe chrétienne.
Enfin, est présentée la figure de Carlo ACUTIS, ce jeune "cyber-apôtre" décédé en 2006 à l'âge de 16 ans et qui sera canonisé le 27 avril prochain.
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Par ailleurs, un appel est lancé:
Ce modeste bulletin trimestriel, rédigé par l’Association des Amis de Couvent, aimerait recevoir des écrits pour nourrir ses pages. Son objectif n’est pas de relater tous les évènements qui ont lieu dans le secteur pastoral, autour du couvent St. François. Il y a pour cela le site du couvent, le blog des poggiolais très richement fourni, les horaires des messes transmis par le père Charles et affichés aux portes des églises. Les propositions sont à envoyer, en présentation word, à la secrétaire, maryfrinat@yahoo.fr Deux pages maximum, et pourquoi pas un dessin original, une prière.
Le 19 mars est le jour d'un saint important: Joseph.
L'époux de la Vierge Marie est présent dans bien des églises. A Poggiolo, il pose trois questions.
Dans l'église Saint Siméon, une statue de Joseph tenant l'enfant Jésus sur son bras gauche a été placée au fond du chœur, à gauche du tabernacle. Elle est du même style que les seize autre statues qui décorent l'intérieur du bâtiment.
Cependant, elle n'est pas mentionnée dans l'inventaire du 2 juin 1905. On peut donc supposer qu'elle a été placée après cette date.
Première question: quand cette statue a-t-elle été installée dans l'église?
Deuxième question: d'où vient-elle? d'un achat de la paroisse ou du don d'un fidèle?
Par ailleurs, l'inventaire en question mentionne l'existence d'un "tableau à l'huile de Saint Joseph", placé "au fond de la nef à gauche" et estimé à 25 francs. Il avait été donné par l'abbé Philippe Antoine FRANCESCHETTI (1840-1924). Or, il n’y est plus.
Troisième question : qu’est devenu ce tableau ?
La mairie de Poggiolo-Guagno-les-Bains a publié mardi 18 mars le communiqué suivant:
Le Sénat vient de jouer un très mauvais tour aux petites communes en adoptant mardi 11 mars la généralisation du scrutin de liste aux élections municipales pour les communes de moins de 1.000 habitants. Le texte ayant déjà été voté par les députés voici trois ans, il va entrer en vigueur dans quelques mois.
Corse-Matin vient de titrer en première page "Le Sénat raie le panachage", c'est-à-dire la possibilité de rayer des noms sur les bulletins et d'en ajouter. Cette pratique permettait d'élire des candidats individuels et surtout de supprimer ceux dont on ne voulait pas tout en faisant élire sa liste, ce qui pouvait provoquer quelques coups fourrés. Ainsi, des candidats d'une même liste avaient des scores parfois assez différents. En 2026, à Poggiolo, les candidats ont eu entre 120 et 129 voix (voir L'élection a eu lieu).
Mais l'autre changement, et bien plus important, est que l'obligation du scrutin de liste rend obligatoire la parité homme-femme. Il faudra une alternance entre les deux sexes sur toutes les listes, ce que l'on a appelé des listes "chabada bada", en référence à la chanson du film "Un homme, une femme" réalisé par Claude Lelouch en 1966.
Corse-Matin s'est fait l'écho de réactions critiques dans les communes corses. En premier lieu, cette loi va s'appliquer aux prochaines élections municipales qui ont lieu dans un an et elle oblige de nombreuses municipalités à revoir d'urgence les projets de candidatures. Il est vrai que les femmes élues en mairie ne sont que 37,6% dans les petites communes. La recherche va parfois être difficile.
Le conseil municipal poggiolais élu en 2021 comprend deux femmes et neuf hommes. Des changements de tête seront obligatoires.
Poggiolo a cependant montré que des femmes peuvent être maire sans avoir besoin de l'obligation de parité: Angèle PINELLI a dirigé la commune pendant 27 ans.
Communiqué de la mairie de Poggiolo-Guagno-les-Bains:
La légère décrue nous a permis de retrouver la pompe. Malheureusement, le fil d’alimentation électrique est coincé sous un rocher inaccessible. Un système de pompage provisoire a été installé. Cependant, nous vous demandons d’utiliser l’eau avec modération, cette pompe ne permettant pas un remplissage rapide du réservoir. Nous vous tiendrons au courant de l’évolution de la situation.
Théodore POLI a défié les autorités pendant plusieurs années (voir les articles précédents: le n° 1, le n° 2, le n° 3 et le n° 4).
Au début, il bénéficiait d'une certaine sympathie dans la population de Sorru. Il pouvait ainsi parader en uniforme d'opérette dans les rues du village de GUAGNO près duquel se trouvait son premier refuge.
Ensuite, il s'installa "dans un bois situé aux confins du village d'ORTO, une maison confortable dont il avait fait son hôtel de plaisance", écrit Henri PIERHOME. Dans cette maison, résidaient une de ses maîtresses et son oncle UCELLONE. Théodore n'avait pas à craindre d'intervention policière car un passage souterrain dans la cave lui permettait de rejoindre "à deux cents mètres derrière la maison, (...) un ravin profond (Malavia), tapissé d'une végétation extrêmement touffue", qui rejoignait un bois de châtaigniers (à Isoletta).
Le refuge était sûr. Mais, après la période de gloire où il avait regroupé des dizaines de contumaces dans la forêt d'Aitone, Théodore vit les difficultés s'accumuler. La création du corps des voltigeurs corses lui porta un rude coup car ces auxiliaires connaissaient bien le terrain. Des défections se produisirent parmi ses lieutenants. D'après PIERHOME, ce fut UCELLONE qui permit aux forces de l'ordre de monter l'embuscade où périt BRUSCO, le grand ami de Théodore. A la fin de l'été 1826, il jugea préférable de quitter la maison d'ORTO avec son frère Joseph.
Le Capitaine MARINETTI, commandant la troisième compagnie de voltigeurs corses, entreprit alors une véritable expédition pour traquer les bandits. Le cheminement peut être suivi sur la carte ci-dessous (cliquez sur elle pour l'agrandir).
MARINETTI rentra à VICO. Les deux fuyards dévalisèrent plus tard le curé de PASTRICCIOLA et se cachèrent à AMBIEGNA où leur carrière prit fin, comme l'indiquera un prochain article.
(à suivre)
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Lundi 8 juin:
à 19h, messe des Corses célébrée par le cardinal Bustillo à la cathédrale de la Major à Marseille.
Dimanche 14 juin:
messe à Soccia en présence du cardinal Bustillo.
Vacances d'été:
à partir du samedi 4 juillet.
Messe et procession de saint Roch:
Dimanche 16 août après-midi.
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L'album de photos des Poggiolais:
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Pour le commander, suivre le lien:
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Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com
Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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