La nuit de Noël est la plus merveilleuse de l'année, celle où se produisent des faits extraordinaires. Et, à minuit, l'enfant Jésus est né.
L'hymne "Minuit Chrétiens" exprime ce moment d'allégresse pour les chrétiens. Antoine CIOSI le chante en langue corse avec quelques images poggiolaises.
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Un grand nombre de légendes locales se rapporte aux cloches et au carillon de minuit, le soir de Noël.
Ainsi, près d'Ajaccio, on peut entendre sonner des cloches dans la mer, au large de la tour de la Parata; ce sont les cloches du village de Zicavo que des pirates emportèrent un jour après avoir massacré les habitants. Mais, à la suite de la prière du curé du lieu qui avait échappé, le Seigneur fit couler les galères des assaillants.
Près des Deux-Sorru, de l'autre côté du Tretorre par rapport à Poggiolo, il existe la légende des cloches de Scanafaghiaccia.
Cette localité, à 500 mètres au sud-est de Rezza, au-dessus de la rive droite du Cruzzini, a souffert des actions militaires menées par la République de Gênes et l’Office de Saint-Georges contre les derniers seigneurs féodaux Cinarchesi au cours de la deuxième moitié du XVe siècle. Le repeuplement du territoire ne reprit qu’au début du XVIIIe siècle avec l’implantation d’habitants venus de la piève de Sorro in sù et notamment de Guagno.
Si l'on a le courage de s'aventurer, la nuit de Noël, à minuit, dans la pinède de Rezza, on entend, dit-on, des cloches d'une tonalité exquise sonner dans l'obscurité. Ce sont les cloches du hameau de Scanafaghiaccia, jadis placées dans le clocher de l'église et qui faisaient l'orgueil du pays, car elles étaient coulées dans un bronze merveilleusement sonore.
Durant l'occupation génoise, les habitants de Scanafaghiaccia se révoltèrent contre leurs oppresseurs et en abattirent quelques-uns. En représailles, la République envoya quelques mercenaires à sa solde avec mission de châtier les insurgés. Ces derniers s'empressèrent de cacher leurs biens: deux paysans eurent l'idée de décrocher les cloches et d'aller les dissimuler dans des rochers en un endroit connu d'eux seuls.
Malheureusement, ils furent tués tous deux, emportant leur secret dans la tombe. Les cloches ne purent jamais être retrouvées.
("Guide de la Corse mystérieuse" par Gaston d'ANGELIS et Don GIORGI)
La nuit de Noël n'est pas seulement celle de la venue de Jésus sur Terre ou de la tournée du Père Noël. En Corse, elle est également le moment où certaines traditions peuvent être transmises.
"L'almanach de la mémoire et des coutumes" de Claire TIEVANT et Lucie DESIDERI (Albin Michel, 1986), auquel ce blog a plusieurs fois fait des emprunts, l'explique fort bien.
C'est dans la nuit du 24 au 25 décembre que peuvent se transmettre les formules d'incantation (incantesimi) dont les signatori font usage pour lever les sorts et conjurer le mauvais œil. Révélées au profane en toute autre occasion, ces formules perdent toute efficacité, et entraînent parfois la mort, dit-on, de celui qui les a divulguées de la sorte.
Selon les régions, cette initiation la nuit de Noël doit se faire dans certaines conditions précises; il faut parfois qu'il y ait grand vent ou orage pour que la formule puisse être transmise. D'après un autre témoignage; « les jeunes gens ont l'habitude de courir de maison en maison de manière à faire sept veillées avant la messe de minuit afin d'être jugés dignes d'apprendre, de vieilles femmes, certains signes superstitieux qui leur permettent, le cas échéant, de rendre impuissantes et inoffensives les piqûres de scorpions et autres animaux nuisibles. Ces signes ne peuvent valablement se communiquer que la nuit de Noël el seulement à ceux qui ont fait les sept veillées » ("La nuit de Noël dans tous les pays" par Mgr CHABOT, 1912).
La transmission permet de découvrir le mauvais œil dans l'eau et l'huile de l'assiette. Photo du blog des Amitiés corses de Lyon http://upaese.net/blog
La transmission est un moment unique où l’on n'entre pas dans un autre monde mais où l'on trouve sa place dans une grande chaîne qui relie les générations corses, et surtout les femmes, depuis longtemps.
Cet acte est rappelé dans le dernier numéro de "La Corse-Votre hebdo" (19 décembre 2014) par Véronique EMMANUELLI dans un grand article très documenté intitulé "Une nuit pour apprendre" dont voici la première partie.
À travers l'île, à minuit tapante, les Signadore - celles qui signent - seront aussi contraintes à l'action nocturne. En qualité de passeuses de relais, parce qu'elles sont liées par un pacte indissoluble avec un monde mystérieux. Leur mission est alors d'apprendre quelques gestes aux générations futures, de transmettre dans un murmure une prière en langue corse et au-delà une culture. Elles seront gagnées par la hâte. Et pour cause. La nuit de Noël sera la seule occasion dans l'année de créer de la continuité et de faire en sorte qu'une mémoire étrange perdure.
Durant quelques précieuses minutes, dans le huis clos de la maison, l'apprentie Signadora sera à l'écoute du souffle court et inquiet de celle qui enseigne. Peu à peu, à mesure que l'assiette, la bougie et la lumera - la veilleuse avec son huile - trouvent leur place sur la table, elle verra se dessiner quelques enjeux. Une fois que l'échange sera terminé, qu'elle sera en pleine possession de ses moyens, elle pourra se prévaloir de savoir prélever l'huile de l'index, de pouvoir interpréter la fusion des gouttelettes avec l'eau.
Au final, des désastres seront évités et le monde autour d'elle ira un peu mieux.
Cette année, dans nos villages, qui va être initié à ces connaissances?
Ils peuvent paraître parfois un peu nunuches, les chants de Noël, mais on a toujours plaisir à les entonner en famille.
Patrizia a réuni une vingtaine de chants de Noël corses pour les émissions 323 et 324 des 21 et 28 décembre 2014 de sa chronique "Corsica ... ou la musique corse dans tous ses états".
Vous pouvez l'écouter en cliquant sur le lien qui est en bas.
Liste des chants :
Corsica; Petru Guelfucci; Corsica
Carillons de Pioggiola; Artiste inconnu; Anthologie 1916-2009
He mezzanote -Minuit chrétien; Antoine Ciosi; Natale d'amore
Introitu di a Messa di a Natività; Meridianu; Meridianu canta Natale
Natalellu; Meridianu; Meridianu canta Natale
Adeste fideles; Meridianu; Meridianu canta Natale
Dumane Natale; I Muvrini; Rundinella
L'anghjuleddi; Filu d'Amparera; Incanti di Natali
Natali; Les enfants; Antoine Tramini
Ghjesù Bambinu; Meridianu; Meridianu canta Natale
Pace di Natale; Meridianu; Meridianu canta Natale
Sunate campane; Les Voix de l'Emotion; Canti corsi di Natale
Tra lu boie è lu sumere; Diana di l'Alba; Sumenti d'acqua
Tu Scendi da le Stelle; Caramusa; Viaghju / Nanni È Natali Tradiziunali Di L'Isula Corsa (Disc 1)
Notte Santa; Chjami Aghjalesi; Canti per u Presepiu
Caro Ghjesù Bambinu; A Vuciata; Canti di Natale
O Ghjallico (mon beau sapin); Les Voix de l'Emotion; Canti corsi di Natale
Alba Serena; Gérard Poletti; Corsica les plus belles balades
Petit Papa Noël - Babbucciu Natale; Christophe Mondoloni
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Emissions 323 et 324 des 21 et 28 décembre 2014 - MEZZANOTTE
http://corsica-musica44.podomatic.com/entry/2014-12-06T11_55_09-08_00
Crédit photo : La pochette du CD de Meridianu
Les 6 et 7 décembre, ont eu lieu les Etats Généraux du couvent de Vico qui avaient été annoncés dans l'article "Le Couvent de Vico... retour vers le futur!".
Nous en ferons un compte-rendu ultérieurement mais voici l'impression qu'en a retiré le Père Jean-Pierre BONNAFOUX qui vient d'être installé comme nouveau supérieur du couvent.
Ce texte est tiré de sa page Facebook: https://www.facebook.com/jeanpierre.bonnafoux
Fin des Etats Généraux du Couvent Saint François de VICO il y a une semaine!
Pour moi, immense réussite et très grande gratitude !
Merci à tous les présents actifs venus malgré le mauvais temps,
à Vincent GRUBER, notre responsable religieux OMI, qui a créé un climat de franchise et d’ouverture,
à Jean-Yves COEROLI, notre Vicaire Général du diocèse d’Ajaccio, qui nous a rappelé des objectifs importants: écoute de la Parole, accueil et ouverture, les jeunes, la formation…....
Jacques, l’animateur de la rencontre, nous avait demandé de marquer sur des « thermomètres » nos notes pour l’ambiance, la méthode, les objectifs ; la majorité des présents ont noté entre 9 et 10 pour l’ambiance, entre 8 et 9 pour la méthode, plus dispersé pour les objectifs… parce que nous avons ouvert des pistes de recherche !
Oui ! nous avons vécu un temps de liberté, d’ouverture et de dialogue.
Réaction d’un participant : "La Démocratie? Ni dans l’Etat Français, ni dans les partis politiques, mais c’est au Couvent que je l’ai vécue !"
MERCI A TOUS ! Maintenant, il nous faut avancer dans des pistes ouvertes, même si elles ne sont pas toujours évidentes !
PS: La salle ALBINI était décorée par cette peinture murale faite par Joseph NGUYEN, omi arrivé depuis août au Couvent.
Il n'y aura pas de messe de Noël à Poggiolo cette année.
Il faudra aller dans les villages voisins.
D'après "INSEME", les messes de la NUIT DE NOËL auront lieu:
mercredi 24 décembre 19 h à Orto, 21 h à Soccia, 22h30 à Vico et 23 h à Guagno.
Pour le 25 décembre, il faudra se rendre à 11h à Arbori ou à Murzo.
Pour le RINGRAZIAMENTU:
mercredi 31 décembre à 17 h à Guagno et à Soccia.
La tradition du ringraziamentu sert à marquer le passage de l’année nouvelle et remercier le Ciel d’avoir vécu l’année entière. Elle est souvent perpétuée dans l'île par les confréries, encore très actives, et dont on connaît le rôle à la fois social et religieux.
Les héros de la Première Guerre Mondiale ne sont pas seulement les soldats qui sont morts entre 1914 et 1918 comme ceux qui ont été présentés dans des articles précédents.
Ceux qui sont revenus vivants de cette grande boucherie ont été marqués toute leur vie par des blessures physiques et psychologiques.
A eux peut s'appliquer cet extrait de la chanson de Jean Ferrat "Nuit et brouillard" qui concernait les déportés de la seconde guerre mondiale:
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues
Voici trois exemples poggiolais.
Certains ont pu être profondément marqués dans leur chair comme Joseph DESANTI, né le 1er février 1889 à Poggiolo. Mobilisé au 173e Régiment d’Infanterie (le régiment des Corses), il fut blessé à la tête et au bras droit par un éclat d’obus à Douaumont. Il en fut profondément défiguré. Bien longtemps après, ses souffrances lui valurent la Légion d’Honneur par décret du 31 août 1960, mais à titre posthume… car il était mort le 16 juin 1959.
Autre Poggiolais chevalier de la Légion d’Honneur mais décoré de son vivant, lui aussi en 1960: le greffier Antoine François Léonard PINELLI (1893-1964) qui eut sa main gauche paralysée par une balle en 1917.
Jean-Antoine FRANCESCHETTI fut également un grand blessé, avec des blessures moins visibles bien que très réelles.
Né le 24 septembre 1897 à Poggiolo, il fut incorporé en 1917 au 29e Bataillon de Chasseurs à Pied dans lequel il fut un bon soldat comme le prouve le certificat de bonne conduite donné lors de son retour à la vie civile.
L’illustration de ce document est un tableau de Louis-Théodore Devilly qui montre le dernier jour de la bataille de Sidi-Brahim devenue le symbole des chasseurs, le 26 septembre 1845, au moment où les rescapés du 8e bataillon de chasseurs à pied vont succomber devant les troupes de l’émir Abd El-Kader.
Jean-Antoine fut blessé le 19 avril 1917 à Corbeny, dans l’Aisne. Un éclat d’obus lui infligea une grande plaie à l’avant-bras gauche et à la hanche. Soigné, il repartit au front et fut intoxiqué par une attaque aux gaz le 6 août 1918.
Les conséquences furent graves. Sa cicatrice de la crête iliaque gauche était grosse et douloureuse. Ses poumons et son cœur fonctionnaient souvent difficilement.
Mais il passa outre pour avoir une vie normale. Jean-Antoine FRANCESCHETTI épousa en 1922 Rose DESANTI, nièce de Philippe CERATI dont la biographie a été publiée dans l'article "La réponse à la devinette guagnaise".
Il eut deux fils, Jean-Martin et Philippe, et mena une carrière de fonctionnaire à Marseille. Après son retour à Poggiolo en 1958, il s’acharna à soigner ses arbres, à prendre soin de ses chèvres, cochons et ânes, et à cultiver quotidiennement son jardin jusqu’à quelques jours avant son décès le 27 août 1987, après une vie de labeur incessant. S’il ne parlait pas beaucoup de la guerre, celle-ci le fit souffrir chaque jour. Il en fut de même de beaucoup d’autres.
Sorru in Musica NATALE 2014
Au programme de son édition Natale 2014, Sorru in Musica
offre une série de
concerts de Noël
dans le canton des Deux-Sorru.
Avec et sous la direction de Bertrand Cervera (violon solo),
le quatuor à cordes composé de
Caroline Cervera-Collombel (violon), Daniel Vagner (alto) et
Miwa Rosso (violoncelle)
interprètera
avec Ghislaine Roux, mezzo-soprano de l’Opéra national de Paris,
les plus beaux
AVE MARIA et Arias célèbres.
Rendez-vous donc, à l’approche de Noël,
pour un voyage musical festif en virtuosité !
Samedi 20 décembre 18h30 ARBORI Concert en l’église Sainte-Marie
Dimanche 21 décembre 14h BALOGNA Concert en l’église San Quilicu
Rappelons, par ailleurs, que l’on retrouvera le quatuor
dimanche 21décembre à 19h à l’Espace Diamant
lors d’un concert donné à l’invitation de la Ville d’Ajaccio.
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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:
Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.
Du 20 au 29 juillet:
Festival Sorru in musica.
La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.
Mardi 4 août:
bénédiction des maisons à Poggiolo.
Dimanche 16 août après-midi.
Messe et procession de saint Roch:
Mercredi 19 août:
Récital Diana di l'Alba
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L'album de photos des Poggiolais:
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Pour le commander, suivre le lien:
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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?
Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com
Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.