Comme signalé dans l'article d'hier, un concert de chants de Noël est organisé à Letia le 13 décembre. L'association qui l'organise a pour but de restaurer l'église Saint Roch.
Une asociation du même genre a été créée voici peu à SOCCIA. Le bulletin "INSEME" de novembre l'annonçait en ces termes:
CREATION DE L'ASSOCIATION SANTA MARIA DI A SOCCIA pour l'entretien et la restauration de l'église et du bâti ancien du village.
Dans un premier temps, les efforts seront concentrés sur l'église, notamment pour l'installation d'un chauffage et de la sonorisation, et à terme la rénovation des fresques.
Le bureau est composé de:
Présidente: Marie-Hélène Bartoli; Président adjoint: François Buteau
Secrétaire: Gilles Poli; secrétaire adjointe: Marie-France Mainetti
Trésorière: Marie-Rose Bartoli; trésorière adjointe: Yvonne Pinelli.
Vous pouvez adresser votre cotisation, d'un montant de 15 €, à l'association Santa Maria di a Soccia, chez Madame Yvonne Pinelli, quartier Umbriccia 20125 Soccia. De même pour les dons de soutien d'un montant à votre convenance.
Par ailleurs, l'association organisera régulièrement des animations culturelles et festives, pour lesquelles nous vous tiendrons informés.
Marie-Hélène Bartoli
Les églises font partie du patrimoine villageois. Dans leurs nefs, les baptêmes, communions, mariages, obsèques rassemblent les familles. Leurs clochers permettent de reconnaître chaque village. Leur bon état de conservation est donc une nécessité, ce qui explique la création d'associations comme à Letia ou à Soccia.
A Poggiolo, un tel souci n'existe pas car la municipalité a fourni un gros effort pour entretenir les bâtiments religieux de la commune. Les derniers travaux ont été la restauration des fresques de Saint Roch en 2012 et 2013.
Mais, voici quelques années, le comité paroissial avait entrepris d'importantes initiatives (vente de gâteaux, tombola, etc) le 16 août pour sauver la chapelle, comme le proclamait l'inscription qui traversait la route.
Une illustration en est fournie par la première moitié de ce film de 1997 intitulé "Les gâteaux de Saint Roch".
L'association pour la restauration de l'église Saint Roch de Letia vous invite à venir nombreux écouter chanter Noël en notre église: chœurs, chorales, solistes, enfants de notre pieve... Moments à partager de joie et d'émotion garantis !
L'entrée est fixée à 10 €... mais il n'est pas interdit d'être plus généreux ! Nous avons besoin de vous, de toutes les bonnes volontés pour progresser dans la réhabilitation de cet héritage patrimonial.
Rendez-vous le samedi 13 décembre à 17 h 30.
Convivialité assurée à la fin du concert.
Avec le bureau, la présidente de l'association
Louise ARRIGHI
(texte publié dans "Inseme" du mois de décembre)
Pour avoir des renseignements sur cette association, se référer à l'article suivant, déjà paru sur ce blog:
Le titre de cet article est destiné à vous tromper. &Au chevet de l'église Saint Roch& concerne l'église de LETIA et pas celle de POGGIOLO. Ce blog est centré sur la communauté poggiolaise ma...
Le chant "Dio vi salvi regina" est toujours interprété à Poggiolo à la fin de la procession de la statue de saint Roch le 16 août. Après la version de 2008, voici la version de 2010.
Cette fois, la cunfraternità n'était pas présente et l'hymne corse a été entonné par la chorale féminine du village.
Vous pourrez comparer.
Petite remarque: comme le vent était important ce jour-là, il s'est fait remarquer par des crachotements dans le micro lors des premières secondes.
Le dimanche 14 décembre , aura lieu la 10e édition du marché de Noël de Poggiolo.
Le public aura l'occasion de circuler entre les nombreux stands pour préparer les cadeaux de Noël. Avec des bijoux, de la farine de châtaigne, du miel, des bandes dessinées corses, les livres de la Librairie La Marge et bien d'autres choses encore, on pourra faire plaisir aux petits comme aux grands dans des domaines variés.
Ce marché aura lieu à la salle polyvalente chauffée et éclairée et bénéficiera de toutes les installations nécessaires mises à la disposition de l'Association Artistique et Culturelle de Sorru in Sù, par la municipalité de Poggiolo.
Pour tout renseignement, contacter Pierre GRIMALDI au 06-10-35-56-56.
Mais tout aussi considérable est la place tenue par "Dio Vi salvi Regina".
"Corse-Matin" consacre, aujourd'hui dimanche 7 décembre, sa "une" et deux pages au chant qui est considéré comme l'hymne officiel de l'île. Le "Dio" est un chant religieux du XVIIIème siècle dédié à la Vierge, laquelle est fêtée le 8 décembre, jour de l'Immaculée Conception.
Dans ce dossier, il faut retenir les éléments historiques apportés par Eugène Gherardi. Il explique les rares renseignements qui existent sur la naissance de ce chant et sur sa propagation en Corse. A cette époque,"l'idée même d'hymne national n'existe pas". Mais il est très populaire puis n'a plus qu'un sens religieux. Au XXème siècle, dans les années 60-70, le Riacquistu le remet en valeur. Malgré la concurrence temporaire de "U Culombu", le "Dio Vi salvi Regina" est devenu le chant dans lequel tout un peuple se rassemble.
Lire l'intégralité de l'entretien avec Eugène Gherardi en cliquant sur l'image ci-dessous.
Dans le même journal, le Père Gaston Pietri rappelle que ce chant est "le témoin d'une époque où culture et religion se confondaient". Il trouve qu'il ne faut pas en faire des "usages abusifs (qui) banalisent un chant pas comme les autres. Il a une histoire, une singularité".
A Poggiolo, entonné à la fin de la procession de la Saint Roch, le 16 août, le"Dio Vi salvi Regina" montre bien son rôle à la fois religieux et communautaire.
Regardez comment il a été chanté à Poggiolo en 2008 avec la Cunfraternita di u Padre Albini.
Pour compléter l'article sur l'apposition du drapeau corse sur les maisons de Poggiolo, il est bon de se rappeler que le 8 décembre est le jour de la Festa di a nazione, la Fête Nationale Corse, qui a été choisi parce que c'est aussi le jour de l'Immaculée Conception, sans se soucier d'une quelconque idée de laïcité.
Patrizia, l'animatrice de "La musique corse dans tous ses états", consacre à cette journée une émission dans laquelle sont diffusés des chants sacrés dédiés à Marie, et des chansons sur la Corse, son drapeau, ses symboles.
Elle présente sur son blog l'origine du drapeau et le choix de cette date:
Emission 321 du 7 décembre 2014
Spéciale fête de la Nation Corse et de l'Immaculée Conception du 8 décembre 2014 :
En 1735, à la Consulta d'Orezza, les chefs de la rébellion Corse contre Louis XV, roi de France, donnent naissance à la Nation Corse, lui donnent une constitution et placent la Corse sous la protection de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie ; adoptent un hymne, le Dio vi salvi Regina et un drapeau : une Vierge sur un fond blanc, immaculé. Le jour de la fête nationale sera donc celui de l'Immaculée Conception, le 8 décembre.
Par la suite, la Vierge sera remplacée par la Tête de Maure "Testa Mora", venue d'Aragon et de Sardaigne. On la trouve dans des blasons dès la seconde moitié du XVIème siècle, dessinés sur d'anciennes cartes de la Corse.
Ensuite, en 1736, le Roi Théodore la reprend d'abord dans son blason. On la trouve ensuite sur un drapeau par Gaffori lors de l'assaut de Corte en 1745. La Testa Mora sera sur fond blanc pour rappeler l'Immaculée Conception de la Vierge Marie, protectrice de la Nation Corse.
C'est avec Pasquale Paoli, "Babbu de la Patria", que la Testa Mora devient emblème officiel de la Nation Corse indépendante, on la retrouve sur la monnaie, en en-tête des documents officiels…
Cette émission s'écoute sur plusieurs radios locales et sur internet à l'adresse:
De nombreuses maisons poggiolaises arborent fièrement le drapeau corse depuis quelques jours. L'événement n'a aucun rapport avec les élections. Les familles de Poggiolo appliquent le mot d'ordre "Una Casa, una bandera", riposte symbolique proposée à la suite des incidents impliquant le symbole corse lors de matchs de football.
Le gardien du SC Bastia, Jean-Louis Leca, a été suspendu pour avoir brandi un drapeau corse en fin de rencontre à Nice le 18 octobre dernier, alors qu'un arrêté pris par le Préfet des Alpes-Maritimes avait interdit "le port la détention et l’utilisation de tout objet ou vêtement à l’effigie de la Corse ou d’un club sportif corse à proximité du stade de Nice".
Les décisions du préfet comme de la Fédération Française de Football font partie des actes incohérents qui ne servent qu'à exaspérer les Corses.
Pourquoi interdire ou punir l'emblème insulaire quand tous les autres drapeaux régionaux ont droit de cité, comme la croix bleue sur fond blanc de Marseille qui est devenu le symbole de l'O.M.? Même le ridicule patchwork du conseil régional de la région PACA a droit de cité.
Le drapeau à tête de More était brandi avec le drapeau tricolore par les Corses qui allèrent se faire tuer en 1914. Il n'est pas un insigne terroriste ou partisan. Comme l'a déclaré le maire de Bastia, Gilles SIMEONI:
«La bandera appartient à tous les Corses. C'est le symbole de notre identité auquel nous voulons réaffirmer notre attachement et réagir, au-delà du football, à cette nouvelle agression.»
Ces quatre photos sont dues à Bernard Franceschetti.
En connaissant notre identité, en sachant d'où nous venons, et quelles sont nos racines, nous pouvons vivre et nous développer. Le poète provençal Frédéric Mistral l'avait écrit dans "Les Iles d'or": «Lis aubre que van founs soun li que mounton aut» («Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut»).
Photo de Michel Franceschetti.
P.S.: cette question de drapeau rejoint les propos tenus par Edmond SIMEONI lors du débat sur "Où va la Corse?" samedi 29 novembre à Allauch. Le vieux sage de l'autonomisme corse a rappelé que, comme il l'a écrit sur son blog, maintenant que les élus corses ont bien discuté, c'est:
"L’Etat, maître du jeu, (qui) va devoir se prononcer sur le «Peuple corse», sur les nouvelles institutions, le Padduc, la coofficialité, la Résidence, les Arrêtés Miot, la compétence fiscale, l’autonomie dans le cadre de l’Union Européenne etc.".
Mais il a surtout dit très nettement, devant le public rassemblé à Allauch, que, dans sa longue vie de militant, il n'avait jamais vu de pouvoir aussi fermé au dialogue que le gouvernement actuel. Dont acte.
Il ne faut pas réduire les 30 Poggiolais dont les noms sont gravés sur le monument aux morts à ces quelques lignes. Il ne faut pas non plus les cantonner à des hommes en uniforme. Leur vie, arrêtée net par la première guerre mondiale, avait commencé bien avant. Ils furent des enfants qui connurent de beaux moments auprès de leurs parents, à Poggiolo ou, pour certains, dans d'autres localités (voir la partie "Pas tous de Poggiolo" dans l'article "Les surprises des trente Poggiolais").
Ils allèrent à l'école obligatoire et laïque de la Troisième République triomphante. Grâce à leur scolarité, on peut connaître les visages de plusieurs de ces futurs soldats.
L'HUMANITÉ DES PHOTOS
La photo de l'école de Poggiolo en 1900 est exposée dans la salle du conseil municipal.
Elle a été "donnée le 1er mai 1990 à la municipalité par Françoise, Marie-Jeanne et Dominique-François DESANTI, en souvenir de leur mère Marthe DESANTI née DEMARTINI." Ce magnifique et émouvant document est accompagné de l'identité de pratiquement toutes les personnes visibles sur ce cliché.
La présentation en a été réalisée dans l'article paru sur ce blog le 9 septembre 2010 sous le titre: "La cent dixième rentrée scolaire".
On peut ainsi en extraire quatre visages de jeunes garçons qui firent partie de ces trop nombreux «jeunes Français couchés froids et sanglants sur leur terre mal défendue" (Charles Maurras dans "Kiel et Tanger").
Le plus à gauche avec le numéro 19 est Jean DESANTI, né le 8 octobre 1892, qui avait 8 ans sur cette photo. Au moment de son incorporation, en 1912, il s'engagea dans le 46ème régiment d'infanterie. Il fut "tué à l'ennemi" le 26 février 1915 à Vauquois dans la Meuse.
Le numéro 32 est celui de Dominique Xavier DESANTI, né le 31 janvier 1890, engagé dans l'infanterie coloniale et mort en Serbie "des suites de maladie contractée en service" le 13 décembre 1918, un mois après l'armistice !
A côté, se trouve le visage de Charles Marie VINCIGUERRA (numéro 34) qui a fait l'objet d'un hommage particulier et d'un article intitulé "Hommage à Charles Marie Vinciguerra". Il avait 9 ans au moment de ce cliché.
Le dernier (numéro 36) est Laurent Antoine PINELLI, né le 20 avril 1893 (donc 7 ans sur la photo). Engagé volontaire, il décéda lui aussi "des suites de maladie contractée en service" le 28 mai 1918 à l'hôpital de Fez (Maroc).
Il ne faut pas oublier d'ajouter à cette liste Jean Ary LOVICHI qui était né le 10 novembre 1893 à Constantine, en Algérie, et mourut en juillet 1915 aux Dardanelles. Sa biographie est parue dans l'article "Enterré face au tombeau d'Achille". Il pose ici avec ses deux sœurs.
LA FROIDEUR DES CHIFFRES
Une photo de classe n'est pas forcément utilisée pour faire remonter des souvenirs et larmoyer. Elle peut servir à fabriquer des statistiques et à comparer froidement des séries de chiffres.
La photo de l'école poggiolaise en 1900 réunissait, avec l'instituteur, 29 filles et 26 garçons. Parmi ceux-ci, les renseignements donnés par la famille Desanti sont insuffisants pour 4 dont on n'a pas les noms, prénoms, dates de naissance et de décès. Il en reste 22 à l'identité bien reconnue et qui naquirent entre 1882 et 1895, dates permettant de participer à la guerre. Trois décédèrent avant 1914. Sur les 19 restants, les 4 moururent pendant la guerre, comme vu précédemment. Cela représente un taux de 21 %. Un cinquième des Poggiolais mobilisables ont perdu la vie pendant la guerre.
Si l'on en croit les tableaux de George PINEAU utilisant les chiffres officiels et édité par le JOURNAL DES MUTILES ET COMBATTANTS (http://vestiges.1914.1918.free.fr/Pertes.htm), la moyenne de pertes de la XVème région militaire, dont la Corse faisait partie, fut de 11,89%.
Les chiffres réels des pertes corses sont encore prétexte à controverses. Voir la recension qui en est présentée ici:
La question de l'identification d'un Socciais représenté sur une vieille carte postale a suscité un grand intérêt (plus de 600 connexions sur la page Facebook du blog) et a trouvé rapidement une réponse. Il s'agissait de CUMPARE, un personnage très connu autrefois dans le village.
Voici ce qu'écrit une de nos correspondantes:
L'oncle socciais barbu avec son chien est le père de Marie Jeanne, Julie et Louis Maïnetti. Il était surnommé Cumpare. C'est aussi le grand-père de Nico, Fanfou,.. frères et soeurs de Nenette Michelangeli.
Cumpare: un personnage haut en couleurs ....
:
blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).