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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 18:00

momument aux morts.jpeg   

Le rituel du 11 novembre permet d'honorer les Français tués pendant la guerre de 14-18 et même les morts  de toutes les guerres. Les élus et la population se rassemblent autour du monument aux morts où sont écrits les noms des héros. Mais ces noms n'évoquent souvent pas grand-chose aux gens d'aujourd'hui.
    Sur ce blog, deux articles avaient déjà été consacrés au monument de Poggiolo. L'un était une synthèse sur l'ensemble de ces hommes (cliquer ici) et un autre à trois particulièrement caractéristiques (cliquer ici). Nous revenons avec plus de détails sur Jean LOVICHI.

   Jean LOVICHI est particulier car il n'est pas né à Poggiolo et n'y a pratiquement vécu que pour les vacances scolaires. Son nom n'est pas d'origine poggiolaise. Enfin, il aurait pu ne pas être soldat.
    Les renseignements réunis ici viennent de la brochure "L'oncle Jean, Correspondance de Jean LOVICHI", extraite de "Soldats par habitude, Etre soldat de 1720 à 1920", étude publiée par son neveu Romain DURAND (décédé en juin 2010).


La famille LOVICHI
    Lovichi Charles

Jean-Paul LOVICHI, le grand-père de Jean, est né en 1822 à Azzana-Vignamayo (mais le foyer patronymique des Lovichi est Monacia d'Aullène). Instituteur à Poggiolo, Jean-Paul a épousé en 1851 dans notre village Angèle Françoise Eugénie Pinelli (1827-1885). Ils ont eu neuf enfants dont Charles-Désiré-Gabriel-François né à Poggiolo en 1862.
    Charles (photo ci-contre) fait ses études au séminaire d'Ajaccio, passe le baccalauréat de lettres et obtient un emploi de rédacteur à la préfecture de Constantine (Algérie). Il est nommé en 1894 secrétaire particulier du chef de cabinet du préfet, administrateur de commune mixte en 1896, administrateur principal de la commune mixte de l'Edough (avec résidence à Bône) en 1912, sous-préfet en 1918, maintenu à titre exceptionnel jusqu'en 1930, il se retire à Alger où il meurt en 1942. Il était chevalier de la Légion d'honneur, officier d'Académie, chevalier du mérite agricole, officier du Nicham Iftikar.
    Il a épousé à Sèvres, en 1892, Odile Delon, professeur de lettres, fille de Charles  Delon (1839-1900), écrivain et pédagogue. De ce mariage, naissent quatre enfants: l'aîné Jean en 1893, puis ses soeurs Fanny, Charlotte et Odile. 
 

Le philosophe qui voulait se battre
    Lovichi enfants

Jean Ary Francois Léon LOVICHI (photo ci-contre de Jean avec deux de ses sœurs) est né le 10 novembre 1893 à Constantine, en Algérie. Il fait ses étudesau lycée de Constantine et au lycée Henri IV de Paris où il est l'élève d'Alain, le philosophe qui  était alors l'inspirateur de la Troisième République radicale. Agé d'à peine 18 ans, il est licencié de philosophie à la Sorbonne. Diplômé de philosophie, Jean est empêché par la guerre de présenter le concours de l'École normale supérieure. 

    L'article "1914: la fin d'un bel été", publié ici en août 2010, raconte comment Jean, en vacances à Poggiolo, et tous les Poggiolais apprirent la nouvelle de la déclaration de guerre.

    Jean prépare son agrégation comme répétiteur au lycée de Philippeville. et il aurait pu être le plus jeune agrégé de France. Il avait été réformé en 1913 pour sa faible constitution. Mais, patriote, il se porte volontaire à l'appel de la classe 15. De nouveau jugé inapte au service armé, il refuse d'être réformé. Son père, qui préside le conseil de révision, tranche en sa faveur: "C'est mon fils, prenez-le. Il a le droit de vouloir. C'est un cœur et un cerveau qui s'offrent au pays: sa volonté et son amour de la patrie maîtriseront son corps. Service armé!". Contrairement à d'autres, il n'a pas eu un passe-droit pour éviter l'armée mais pour y aller.

    Il rejoint l'école des élèves-officiers d'Alger-Ben-Aknoun. Comme il l'écrit alors à ses parents: "J'ai presque dépouillé le vieil homme et n'aspire plus maintenant qu'à me redresser de toute ma taille de défenseur de la Patrie". A un de ses amis, Joseph ANGELINI-BENEDETTI, rédacteur en chef de "L'Echo de la Corse", il précise: "j'aurais été, si je n'avais pas été appelé, réduit aux sophismes et à la vie misérable. Maintenant une vie nouvelle commence, de force et de responsabilité". L'armée a changé l'intellectuel.

 

La folie des Dardanelles

   Il est affecté aux zouaves du 2e RMA (régiment de marche d'Afrique) qui comprend des Français d'Algérie et de Tunisie. Son unité part aux Dardanelles où elle arrive le 12 mai 1915.  

   Le 24 avril, les troupes alliées (Français et Anglais, Australiens et Néo-Zélandais) avaient débarqué sur la pointe de la presqu'île de Gallipoli qui commande le passage de la mer de Marmara, entre la mer Egée et la Mer Noire. Le but était de s'emparer d'Istanbul, la capitale de l'Empire ottoman allié de l'Allemagne. Attendues par les soldats turcs, les forces de l'Entente se trouvèrent bloquées sur le cap Helles, entre la mer et les collines tenues par leurs ennemis. 

Dardanelles-carte

   Contrairement aux vastes espaces de la Marne ou de Verdun, ici le front est très étroit: 7 kilomètres sur 3. Les combats se concentrent sur les rives du ravin, large et profond, dans lequel coule le Kérévés-Dér et où les Alliés ont creusé des tranchées pour contrer les attaques turques venus de Krithia.

   Dans ses lettres, Jean LOVICHI ne donne pas de détails sur les dures conditions de combat (censure oblige!). Il affirme souvent qu'il est bien nourri mais il demande constamment que sa famille lui envoie de nouvelles lettres.

   Pour les intellectuels comme lui, mais aussi comme Jérôme CARCOPINO, François CHARLES-ROUX ou Jean GIRAUDOUX, eux aussi présents sur ce champ de bataille, les Dardanelles sont un lieu exceptionnel car ils sont très proches du site de l'ancienne Troie. De l'autre côté du détroit, se trouve le lieu des exploits de PRIAM, ACHILLE, HECTOR, ULYSSE et des autres héros chantés par HOMÈRE. Jean demande d'ailleurs l'Iliade et l'Odyssée, ainsi que les oeuvres de MONTAIGNE, dans sa lettre du 30 juin.

 

Mort d'un héros

    Les Français attaquent les 21 et 22 juin et remportent un grand succès: ils avancent de... 200 mètres! et ils perdent 2.500 hommes. Jean reçoit une citation: "Aspirant LOVICHI. A entraîné vaillamment sa section à l'assaut et, pendant près de quinze heures, n'a cessé de commander seul et de donner le meilleur exemple aux défenseurs de la tranchée conquise par lui". Il doit accéder au grade de sous-lieutenant.

     Les combats deviennent terribles à partir du 12 juillet. Le 14 juillet 1915, Jean est tué. Extrait de la lettre du brancardier ZANETACCI à ses parents: "Blessé au visage par des éclats vers 7 heures du soir, puis à l'épaule vers 9 heures par une balle, il persistait à vouloir diriger lui-même l'assaut de sa compagnie déjà privée de tous ses officiers; c'est en allant dans un boyau pris en enfilade par des Turcs qu'une balle l'a frappé au front".

    Il aura une nouvelle citation  (J.O. du 1er octobre 1915) et sera décoré de la Médaille Militaire à titre posthume (décret du 20 octobre 1919).

Lovichi dernière lettredernière lettre de Charles LOVICHI à son fils, arrivée après son décès et renvoyée à l'expéditeur

 

   En dehors de sa famille, sa mort eut un certain retentissement en Algérie où des journaux la mentionnèrent. Joseph ANGELINI-BENEDETTI prononça à Paris le 28 novembre 1915 une conférence reproduite dans la revue "L'Echo de la Corse", organe des Corses de Paris. Il y déplora, dans le style de l'époque, qu'une balle ait anéanti "ce puissant cerveau, remarquable produit du génie français".

Lovichi conférence(cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

Quel souvenir?

   Romain DURAND, fils de Charlotte, sœur de Jean, termine sa brochure avec une conclusion qui pourrait s'appliquer à d'autres disparus:

 

   "Il ne reste de l'oncle Jean qu'un léger souvenir qui disparaîtra avec la dernière de ses sœurs. Pour les neveux et nièces qu'il n'a pas connus, il y a une photographie sur laquelle un officier imberbe croise les bras. On a fixé au cadre la Médaille Militaire et la Croix de guerre avec une palme et une étoile.

   Au village, les vieux disaient: "Ah! votre oncle Jean!", et c'était tout. Grand-père et grand-mère ne disaient rien, mais chaque jour, vivement, ils regardaient la photo. Jean est resté au cimetière français de Gallipoli, face au tombeau d'Achille. Son nom est gravé sur le monument aux morts de Poggiolo avec vingt-six autres: la moitié de ceux qui sont partis".

4066874743_a2af4519d2_b.jpg

  Cimetière militaire francais de Seddul-Bahr (presqu'île de Gallipoli). Jean repose dans la tombe N° 269.

 

P.S.: 1) la dernière sœur, Odile, est décédée en 2004. La maison LOVICHI appartient maintenant à Marie-Ange et Xavier PAOLI.

         2) le nom de Jean LOVICHI se trouvait aussi sur le monument aux morts de Bône qui a été détruit après l'indépendance de l'Algérie

         3) un autre Poggiolais est mort aux Dardanelles: Pierre Toussaint MARTINI (plus de renseignements ICI)

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 18:00

Dans l'article sur "Les feux d'autrefois", il était demandé des témoignages ou des documents sur les sinistres qui ont pu concerner Poggiolo et ses environs.

Merci à Jacques-Antoine MARTINI qui a fait parvenir au blog des Poggiolais le souvenir suivant:

 

Ma tante Xavière m’a raconté qu’elle se souvenait très bien du grand incendie de 1929 qui a « déplumé » les pentes du Ciarvellu. Pendant plusieurs jours tout le canton a été mobilisé. La nuit, toute la vallée était éclairée. Depuis la forêt reprend lentement possession de l’espace.

 

Le Ciarvellu, écrit aussi Ciarbellu ou Cervello ou Cervellu, selon les documents, est le mont qui se trouve à la limite entre les communes de Poggiolo, Murzo, Rosazia et Salice.

 

  cervellu

 

Il domine la forêt de Libbiu et se trouve dans l'alignement du Tretorre, comme le montre cette photo extraite du site http://corse-sauvage.com/index.php qui est très utile pour connaître les randonnées en Corse.

Mais le Tretorre a une hauteur de 1.462 mètres alors que le Cervellu culmine à 1.624 mètres.

 

http://farm2.static.flickr.com/1197/1476370810_cc45e2f3c9.jpg

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16 septembre 2012 7 16 /09 /septembre /2012 18:00

    Au soir de sa carrière, il arrive à un professeur de se demander s'il a fait œuvre utile, si ses élèves ont retenu quelque chose de ses années de cours, s'il a pu les former à affronter la vie. Ces questions se posent particulièrement en ce début de XXIème siècle où les parents et les élèves ont pris une mentalité de simples consommateurs exigeant des résultats qui sont des dus. Le métier d'enseignant est de plus en plus déconsidéré, sans parler des rémunérations dont le montant fait des Français les plus  mal payés de pratiquement toute l'Europe de l'Ouest.

    La situation était tout à fait différente voici un siècle. Pour preuve, voyons, d'après un document conservé aux Archives départementales d'Ajaccio, ce qui s'est passé à Poggiolo.

   Réuni le 17 mai 1925, le conseil municipal, présidé par Jean-François CECCALDI (qui fut maire de 1919 à 1941 et de 1943 à 1959), décida, à l'unanimité des membres présents, de voter "une gratification de cent cinquante francs à l'instituteur PAOLI Bernard, en récompense du zèle et du dévouement qu'il a toujours apporté dans l'accomplissement de ses devoirs professionnels et pour les nombreux succès obtenus par ses élèves au certificat d'études primaires."

    Ce certificat était l'examen qui clôturait la scolarité obligatoire et les familles des villages y attachaient un grand prix.   


 

Cliquer sur le document pour l'agrandir.

Cliquer sur le document pour l'agrandir.

Le compte-rendu continue:

    "Au moment où ce modeste fonctionnaire va être admis à la retraite, l'assemblée communale tient à lui témoigner sa vive reconnaissance en votant la gratification précitée qui sera prélevée sur les excédents de recette."

    Le préfet trouva cette initiative fort bien venue. Le jacobinisme vivait son âge d'or et toutes les décisions municipales devaient alors être examinées par la préfecture avant d'être exécutées. La feuille comporte en bas à gauche l'approbation du préfet qui, le 30 juin, fait inscrire ces 150 francs au budget poggiolais.

    Une telle initiative peut paraître presque extravagante aujourd'hui mais il paraissait alors normal que la mairie (donc les parents) montre sa reconnaissance à l'instituteur qui avait permis aux jeunes Poggiolais d'être instruits (les mieux instruits du canton?).

   Bernard PAOLI, merci encore!

Bernard Paoli avec ses élèves.

Bernard Paoli avec ses élèves.

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4 septembre 2012 2 04 /09 /septembre /2012 18:00

   Les bars de Poggiolo ont fait l'objet de deux articles (voir ICI et ICI) et d'un troisième paru le 29 juin dont nous vous donnons une autre version à la suite de nouvelles informations.


   Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA nous a fait parvenir cette scène de fête de mariage d'avant-guerre.

café gare mariage

   Elle se passe sur la terrasse d'un Café dont le lieu est facile à retrouver: c'est, au début du village, la maison de Marie, Germaine et Pierrot.

 

café gare actuel

 

   La terrasse est toujours là, avec les mêmes portes et fenêtres. La façade, en pierres apparentes avec des joints épais, est toujours la même. Certains se souviennent que ce café était toujours en activité après la seconde guerre mondiale, dans les années 50.

 

   A l'origine, dans cette maison construite en 1931, le bar était au rez-de-chaussée, au niveau de la route. Il fut déplacé à la hauteur de la terrasse quand le bas devint un garage pour voiture à essence.

   Son nom était "Café de la Liberté", comme le prouve cette photo qui date de 1961, alors que son activité s'était arrêtée.

café de la liberté

   La plaque avec ce nom resta encore longtemps.

café de la liberté plaque

  

   Malgré cette inscription, certains Poggiolais (J-M FRANCESCHETTI, Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA) se souviennent qu'il était parfois appellé, dans des conversations, "Café de la Gare", mais l'origine en est inconnue.


   Ce qui est certain, c'est que l'existence de ce Café de la Liberté, tout comme les autres qui ont déjà été évoqués, témoignait d'un temps où Poggiolo était bien peuplé de gens qui restaient toute l'année et qui aimaient se rencontrer.

 

 

NB: au centre de la photo de fête, face au photographe, la jeune fille en robe blanche est Xavière MARTINI. Certains se souviennent encore d'elle.
La personne en robe noire à côté de Xavière est Claire Nicolet.

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 20:31
L'annonce du décès de l'astronaute Neil ARMSTRONG, le premier homme à avoir posé le pied sur la Lune, est l'occasion de republier une note parue le 20 juillet 2009. Ce texte indiquait la façon particulière dont les jeunes Poggiolais de l'époque avaient suivi l'événement.
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 Quarante ans après, tous les médias célèbrent l'anniversaire des premiers pas de l'homme sur la Lune, le 21 juillet 1969 à 3 h 56 (heure française), par Neil ARMSTRONG.
  Il paraît que toute l'humanité était devant la télévision pour participer à l'événement. Ce n'était pourtant pas le cas pour quinze jeunes qui venaient de quitter POGGIOLO pour visiter le nord de la Corse. Pour la première fois, ils étaient assez nombreux à avoir le permis de conduire pour organiser une expédition en voiture, comme ils le faisaient depuis longtemps pour les ballades en montagne.
  Le 20 juillet, alors que Apollo 11 alunissait, ils étaient à Saint-Florent et se préoccupaient surtout de préparer leur repas et leur couchage à la belle étoile sur la plage. Hervé OULIÉ et Michel FRANCESCHETTI étaient un peu agacés d'avoir eu un P.V. pour stationnement interdit sur un rond-point.
  Certains passèrent la soirée à se promener en ville. Quelques-uns écoutèrent la préparation de la sortie d'ARMSTRONG sur un autoradio. Un ou deux veillèrent jusqu'au bout. Après tout, pour une génération qui avait lu Jules VERNE et TINTIN et qui avait grandi en suivant les divers épisodes de la conquête spatiale, il ne s'agissait que d'un aboutissement normal.

  Finalement, la nuit fut tranquille et le réveil comme d'habitude, ce que montre la séquence ci-dessous extraite du film "Expédition dans le grand Nord".
  Tout le monde était prêt pour découvrir les charmes de l'étape suivante: le Cap corse.




Le film entier est visible sur Dailymotion et Youtube.

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 17:55

Parvenu au village, après avoir sorti les bagages de la voiture, il faut savoir comment les ranger.

 

bagages 1976(août 1976)

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 18:10

     La loi du 28 février dernier instaure le 11 Novembre, jour de l'armistice de 1918, comme une journée "en hommage à tous les morts pour la France". Il précise que cet hommage "ne se substitue pas aux autres journées de commémorations nationales". Le 8 mai reste l'anniversaire de la capitulation allemande de 1945. Pour le 8 mai de cette année, nous reproduisons un témoignage de guerre de Mimi CANALE.

    Mimi a été facteur et épicier à Guagno-les-Bains. Sur la place qui est devant son ancien magasin (qui a été le dernier commerce de notre commune), on peut encore voir Mimi jouer aux boules chaque fin de journée, à la belle saison.

     En décembre 2007, "L'Info U Pighjolu" avait publié ce souvenir de Mimi CANALE sur sa campagne d'Italie.


Mimi maison
      Mon régiment, le 1" R.T.A descend en repos aux environ de Naples. On installe le bivouac dans une forêt de châtaigniers à proximité d'un gros village «ROCCAMONFINA». En Italie, c'est la grande famine. Pourtant, les magasins regorgent de marchandises. Mais la population manque de moyens et la prostitution se développe à grande échelle. Bien sûr, les gens du village, jeunes et moins jeunes, viennent «quémander» quelques boites de conserve, chocolat, cigarettes, etc.


Mimi 2      Parmi eux, je remarque une dame d'un certain âge, toute de noire vêtue, avec un foulard sur la tête «un mezzaro» comme portent toutes nos vieilles mamans en Corse. Je m'approche d'elle et là, j'ai un grand choc... En face de moi, j'ai l'impression de voir ma mère. Je lui adresse la parole et immédiatement nous sympathisons. Je m'empresse de lui donner quelques boîtes de conserve. Elle me demande de l'accompagner chez elle. Elle me fait visiter sa modeste demeure et me raconte un peu sa vie. J'apprends ainsi qu'elle est veuve, qu'elle vit seule. Sa fille est professeur à Rome et a deux enfants que, malheureusement elle ne connaît pas. Depuis le début de la guerre, elle n'a plus aucune nouvelle de sa famille. Pour ma part, j'ai encore mes parents, mais il est inutile de vous dire qu'ils se font beaucoup de soucis. Nous sommes six frères dans l'armée. Pendant encore quelques temps, je continue de rendre visite à la vieille dame.


      Un jour, je suis convoqué au P.C du régiment. Je dois me rendre à Rome avec ma jeep pour y conduire deux officiers supérieurs et rester à leur disposition. Je les contacte et prends rendez-vous avec eux. Après avoir fixé le jour du départ, je vais voir la vieille dame pour lui signifier mon départ. Je lui demande l'adresse de sa fille. Elle me remet un paquet. J'ignore ce qu'il y a à l'intérieur ... sûrement une lettre. Me voici rendu à destination. Mes supérieurs me donnent « quartier libre ». Je dois venir les récupérer quelques jours plus tard. Je suis logé et nourri par l'armée. Elle fait bien les choses. Le seul problème, je ne sais pas où laisser la voiture durant la nuit.

 
      Fort heureusement, à proximité du «mess» des sous-officiers, il y a un couvent de religieuses. Parmi elles, certaines parlent français. La mère supérieure, très aimable, me confie la clé de la cour afin que je puisse garer ma voiture. Un problème de régler. Je décide de me mettre à la recherche du professeur... La tache est difficile car Rome n'est pas Ajaccio ... Je m'entoure de deux jeunes Italiens ... Nous voilà partis à l'aventure dans cette grande cité.

      Après plusieurs tours et détours, nous voilà à l'adresse indiquée. Pendant que mes deux jeunes Mimi 1guides montent la garde près de la voiture, je frappe à la porte... Une dame très distinguée m'ouvre. Elle est très impressionnée à la vue d'un militaire... Je la rassure, lui remet le petit paquet après lui avoir expliqué que je viens de la part de sa maman. Bien sûr, il y a une lettre... Fébrilement, elle la lit devant moi ... puis les larmes aux yeux, elle m'embrasse. Auprès d'elle, il y a ses deux petits garçons... Alors, à son tour, elle me remet une longue lettre, quelques photos de ses enfants.


      De retour au bivouac, je m'empresse de rejoindre la vieille dame afin de lui remettre la missive de sa fille. Elle prend connaissance de la lettre qui lui est adressée, elle s'effondre en larmes... Puis, en faisant le signe de la croix,... elle se jette dans mes bras en me disant « que Dieu vous protège » ...

      Je crois bien que son vœu a été exaucé puisque j'ai continué toute la campagne «France Allemagne Autriche»... et me voilà toujours en vie.

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 17:51

   La réputation de fraudeurs aux élections colle à la peau des Corses depuis longtemps. Elle correspond peut-être à des pratiques anciennes qui ont pu exister dans l'île et à Poggiolo.

   Nous reviendrons peut-être plus tard sur certaines contestations et annulations (la dernière ayant eu lieu en 1989) qui ont agité le village. Mais ce diaporama réalisé lors des élections territoriales du 21 mars 2010 montre bien que la légalité est scrupuleusement respectée et que les Poggiolais sont très intéressés par ce devoir civique.

 

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 17:59

 

   Dans l'appel qu'il a lancé, via "INSEME", pour la prière de la Vierge pélerine (voir article précédent), le Père Dominique tient à préciser que "cela n'a rien à voir avec la Vierge du grand retour connue autrefois après la guerre".

  

Il fait référence au grand mouvement de ferveur qui accompagna le passage de la statue de ND de Boulogne en 1947 et 1948: voir l'article "La barca di a Madonna à Guagno".

  

  La pérégrination de cette statue a tellement marqué les esprits qu'elle a inspiré un roman de Jacques THIERS qui a une version française ("La vierge à la barque") et une version en langue corse ("A Barca di a Madonna") publiées aux Editions Albiana.

 

L'intrigue est présentée ainsi par l'éditeur:

Pourquoi donc tous les gens qu’aime Maria Laura lui cachent-ils le mystère qui entoure sa naissance dans la Corse de l’après-guerre ? Et quel rapport avec la blanche statue de Notre-Dame du-Grand-Retour, qu’accompagnent des dévotions d’un autre âge ?


   Une équipe italienne a réalisé en 2006 une présentation vidéo qui mêle l'intrigue du roman et les témoignages sur cette venue en Corse de la statue. Intitulé « La visite », ce court métrage de Serafino Fasulo et Gabriele Benucci est maintenant indisponible sur internet.

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 18:39

Samedi 24 mars, à 14h30, au couvent de Vico, une messe sera célébrée à la mémoire du Père ESTEVE. A cette occasion voici le texte publié par le dernier numéro de "INSEME", lequel utilisait un article paru dans le journal des OMI.

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NOTRE FRERE FERNAND ESTEVE a rejoint la maison du père

le dimanche 29 janvier 2012.


    La célébration des obsèques a eu lieu le 2 février à la chapelle St François d'Assise à Lyon suivie de l'inhumation au cimetière de Ste Foy lès Lyon.

    Fernand est né à Lozanne (69) le 25 mai 1916. Il fait ses études primaires à l'orphelinat des sœurs de l'Immaculée Conception à Annecy et ses études secondaires au juniorat de Ste Foy lès Lyon. Il entre chez les Oblats et accomplit son noviciat à Bon Secours de juillet 1934 à juillet 1935. Viennent ensuite deux ans de philosophie à Lumières, mais ses études sont interrompues par le service militaire, puis dix-huit mois de guerre et de captivité, qui l'ont marqué dans sa chair.

Estève Fernand   Il revient au scolasticat en avril 1941, et y retrouve son frère cadet Louis, qui a été son pôle lumineux et son solide appui fraternel. Il prononce ses vœux perpétuels le 31 mai 1942, et est ordonné prêtre le 27 février 1944. Sa première obédience est pour Lumières comme professeur ... ce qu'il accepte au nom de l'obéissance.

    En 1948, il est nommé professeur et économe au grand Séminaire d'Ajaccio. Vient une année de séminaire pastoral: c'est là qu'il commence à découvrir la Corse et les corses. Il y passera 32 ans.

    Il devient supérieur de la communauté de Vico en 1957, et après deux triennats, il est nommé Cotignac en 1963. En 1968, il retourne en Corse dans le Cruzzini, mais il ne tient pas: c'est la dépression. En septembre 1969, il vient à Lumières où il est affecté au secteur paroissial, il y reste jusqu'en 1979. Il rejoint alors son frère Louis à l'Osier. Toujours en 1979, nouveau retour en Corse au couvent de Vico. D'abord curé de Guagno, il vient ensuite à Soccia, Poggiolo et Orto. Apprenant que Fernand était sur sa fin, la population de ces villages y a allumé des bougies. Il y a été très aimé! Outre la pastorale, il y a exercé avec compétence une activité manuelle qui l'occupait beaucoup: réparer montres et horloges. C'était vraiment une occupation qui lui faisait du bien.

    En 1993, obédience pour Lumières, puis en 1994 pour Entrevaux. En 1995, il retourne à l'Osier, et en 1996, retour à Vico (paroisses). Jusqu'en 1999, date à laquelle il vient en retraite à Lumières où il est aimé spécialement par tout le personnel.

    En 2010, nouvelle dépression qui le pousse à demander à venir rejoindre l'EHPAD de Lyon. Ce ne sera pas toujours facile pour lui, et il y vivra des crises graves, en particulier en décembre 2011. Mais l'environnement du personnel soignant du docteur Emmanuel Henry et de sa communauté lui permettra de surmonter cette crise.

 

    On ne peut comprendre toute l'histoire de Fernand sans savoir que sa fragilité (qui vient de son enfance tragique), a été cause de dépressions qui l'ont marqué profondément, mais aussi à cause de son immense capacité à accueillir, à aimer les autres ... Ce qui fait que partout il a été aimé par ceux auxquels il a été envoyé.

    Hospitalisé, il attendait la fin comme une délivrance. Il n'en pouvait plus ... Il est maintenant auprès de ce Dieu qu'il a servi en toute fidélité, même dans ses périodes de nuit et de désespérance ... Il est maintenant auprès de son frère Louis, décédé le 28 janvier 2002. Fernand a dû attendre dix ans et deux jours pour le rejoindre.
 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Assemblée générale du Comité des Fêtes.

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Vacances d'été:

à partir du samedi 3 juillet

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

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