Demain, 7 mai, est l'anniversaire de la fin de la bataille de Dien-Bien-Phu, en 1954. Avec la prise du camp retranché français par le Viet-Minh communiste, la guerre d'Indochine prenait fin.
Les accords de Genève du 24 juillet 1954 officialisèrent la disparition de l'Indochine française avec l'indépendance du Laos, du Cambodge et du Vietnam (alors divisé en deux) après huit ans de combats.
Des Corses étaient présents dans le CEF (Corps Expéditionnaire Français) et certains y laissèrent leur vie. Tel fut le sort de Pierre Marie NIVAGGIOLI dont le nom figure devant le monument aux morts de Poggiolo.
Il naquit le 12 septembre 1923, non pas à Poggiolo mais à Sousse, en Tunisie. Cette ville était alors, grâce à Jean François GALLINI, une véritable annexe des Deux Sorru. Pratiquement toutes les familles de nos villages y étaient présentes. Il est recommandé de lire l'article intitulé L'empire sahélien des Sorrinesi qui fait une étude approfondie de cette colonisation très particulière.
Pierre Marie NIVAGGIOLI était lieutenant au 4ème RAC (régiment d'artillerie coloniale) quand il fut tué au combat le 4 mai 1950 près de MY THO, dans le delta du Mékong. Il eut la Croix de guerre des TOE (théâtres d'opérations extérieures) et la Légion d'Honneur.
Une plaque à son nom fut placée devant le monument aux morts de Poggiolo, comme il y en eut une pour les héros de 1939-1945.
En ce soixantième anniversaire, nul doute que chacun aura une pensée pour Pierre Marie NIVAGGIOLI.
Il est dans le passé des faits qu'il ne faut pas oublier car, même s'ils semblent peu importants quand on y pense maintenant, ils eurent ensuite de grandes conséquences.
Le magazine de France 2 "13h15 le dimanche" a diffusé dimanche 30 mars 2014 un reportage sur l'arrivée de la télévision à NOGENTEL, petit village de Picardie, en février 1951.
Ce jour-là, une fourgonnette arriva sur la place communale et des techniciens dressèrent une antenne-râteau pour effectuer des réglages de réception des ondes de télévision.
Du coup, dit le commentaire, fini les jeux de cartes, l'accordéon ou les contes près de la cheminée ! Les familles se retrouvaient à 20h30 à l'école pour.... regarder la télévision, ce village connaissant une expérience originale de télévision communautaire (vu le prix de l'appareil à l'époque, les habitants avaient dû se cotiser).
Ce magazine utilise des images d'un reportage se retrouvant sur le site de l'INA:
https://www.ina.fr/video/I00006758/antenne-de-television-hissee-par-des-techniciens-video.html
Ces images peuvent faire penser à l'irruption de la télévision à Poggiolo.
Poggiolo attendit quatorze ans de plus que Nogentel.
Le mercredi 28 juillet 1965, ce fut le même cérémonial: arrivée d'une fourgonnette, sortie d'une antenne reliée à des instruments de contrôle, essais de réception à l'angle de la stretta et de la route, puis dans les environs du croisement.
Le téléviseur fut ensuite installé, chez les Michelangeli, semble-t-il. Quelques jours plus tard, un autre appareil était placé chez les Tramini.
Les essais des techniciens provoquèrent un attroupement et furent la source de discussions animées. Parmi les jeunes gens, certains récriminèrent contre cette intrusion de la modernité. Ces citadins, habitant toute l'année à Ajaccio ou sur le continent, avaient l'habitude de regarder "Le Palmarès des Chansons" ou "Thierry la Fronde". Mais ils considéraient que la télévision n'avait pas sa place au village et qu'elle allait faire disparaître la culture et les habitudes traditionnelles. A la rigueur, ils pouvaient comprendre la nécessité d'une distraction pour les Poggiolais vivant ici l'hiver.
Pourtant, un an plus tard, plusieurs de ces intransigeants se regroupèrent devant un des petits écrans qui s'étaient multipliés pour suivre la finale de la coupe du monde de football entre l'Angleterre et l'Allemagne le samedi 30 juillet 1966 !
La télé s'était imposée au village.
Pendant longtemps, la réception des signaux venant du réémetteur du col de Sorru fut assez irrégulière. Certaines chaînes ne pouvaient pas être captées. Maintenant, la télévision est bien installée partout. Les antennes ont été remplacées par les paraboles (toutes orientées vers le sud, c'est-à-dire vers le Tretorre). Plusieurs maisons sont équipées de la box et de l'ADSL.
Chacun peut rester dans sa boîte pour regarder sa boîte à images. Et les rues de Poggiolo sont désertes...
Les amateurs d'art ont de la chance avec internet. Ils peuvent, en restant chez eux, voir des peintures exposées dans des musées éloignés ou proposées par les salles de ventes aux enchères. L'historien en bénéficie également car il a ainsi accès à des tableaux qui, en plus de leur intérêt esthétique, sont également des témoignages du temps passé.
De ce point de vue, le lot de peintures corses proposé par la maison Diamonds Auction de Paris est intéressant.
Si l'on s'en tient aux Deux Sorru et à ses environs immédiats, il faut retenir d'abord parmi ces œuvres "PAYSAN ET SON ATTELAGE SURPLOMBANT LE GOLFE DE SAGONE" de Pierre DIONISI (1904-1976).
Cette huile sur toile, considérée comme datant de 1924, montre une activité agraire courante voici quatre-vingt-dix ans et qui a totalement disparu d'une zone qui vit maintenant essentiellement du tourisme. On a là une trace de cette Corse agricole traditionnelle qui a subi une transformation radicale au XXème siècle.
De la même année, et du même artiste, on a aussi "TRANSPORT DU BOIS DANS LA FORÊT D'AITONE", également importante activité traditionnelle pendant longtemps. Les troncs longs et droits des pins laricios, que l'on peut voir sur cette œuvre, étaient recherchés, notamment comme mâts de navires. Ils étaient souvent exportés par Sagone.
Autre exemple de changement:"LA TOUR DE PORTO" par Henri FRANCK (1877-1957). La célèbre tour génoise n'était pas encerclée comme maintenant par les restaurants et boutiques de souvenirs.
Par contre, "LE VILLAGE D'ARBORI", peint par Marcel POGGIOLI (1882-1969), ne semble pas avoir connu d'évolution.
Etes-vous tenté?
Tous les lots de la vente sont visibles au http://diamondsauction.fr/
La vente aura lieu mercredi 16 avril.
UN HALL TRÈS ILLUSTRÉ
En arrivant en haut de l'escalier et après avoir ouvert une porte, on entre dans le hall de la mairie.
Les murs sont ornés de cinq photos faisant référence à des événements importants de Poggiolo.
Cliquez sur chaque image pour la voir en entier.
La première équipe municipale présidée par Angèle PINELLI; deux images de la fiumara du 12 juillet 1983; deux vues de l'inauguration de la nouvelle croix du Fragnu sous la municipalité de Bernard PAOLI.
(à suivre)
Bien qu'il soit à flanc de coteau, le bâtiment de la mairie de Poggiolo ne se voit pas beaucoup de loin.
Deux parties se distinguent dès le premier coup d'œil.
Le côté droite de la façade, le plus étroit, est en saillie, avec une loggia au rez-de-chaussée et une autre à l'étage.
La loggia qui est en haut supporte l'inscription "Mairie" écrite avec des lettres de forme typique des années 1960-1970. Trois drapeaux variés représentant des entités différentes y sont accrochés les jours de cérémonie.
La partie gauche de la façade est ornée d'un petit balcon à la façon de nombreuese maisons du village.
A propos de balcons, la vidéothèque poggiolaise contient dans son catalogue un film mis en ligne en juillet 2009 qu'il est conseillé de regarder.
Il est intitulé "Les "poggioli" de Poggiolo".
Après l'explication du mot "poggiolo", cette vidéo montre les diverses sortes de balcons se trouvant au village et se termine par les utilisations que l'on peut en faire.
(à suivre)
Les élections municipales ont vu s'opposer en 2014 deux listes pour avoir la mairie de Poggiolo. Avoir la mairie, c'est avoir le pouvoir de prendre des décisions sur la gestion de la commune. Mais la mairie est aussi UN BÂTIMENT.
Le connaissez-vous? Nous allons procéder à sa visite.
UN EMPLACEMENT EXCENTRÉ (OU EXCENTRIQUE?)
La mairie a plusieurs fois changé d'emplacement.
Lors de la mandature de Martin PAOLI (1959-1968), elle se trouvait à l'emplacement marqué d'une croix verte sur la photo, dans une maison appartenant alors au maire, juste à côté de la chapelle Saint Roch, endroit devenu inhabité maintenant, pour ne pas dire inhabitable, avec ses vitres brisées et son escalier extérieur éboulé.
Le fils de Martin, Bernard PAOLI, qui lui a succédé de 1968 à 1989, a fait acheter par la commune le bâtiment actuel, construit à la fin des années 1960 (cerclé de bleu sur la première photo).
Le bâtiment est à 574 mètres d'altitude, à 42,17 degrés de latitude Nord et à 8,9 degrés de longitude Est.
Il se trouve sur le bord de la Stretta, la rue principale, mais il est en bas du village, un peu à l'écart de la partie la plus animée.
A l'angle de la Stretta et de la route départementale, avant le Fragnu, un panneau (marqué par une croix rouge sur la première photo) indique la direction "Mairie".
Attention ! Si vous êtes en voiture, ne suivez pas ce chemin ! Il est en sens interdit. Il faut prendre la Stretta par le haut (flèche bleue sur la première photo) pour ne pas être en infraction. Mais là, entre la maison Martini et la maison Ceccaldi, nul panneau pour signaler la Mairie.
Bien sûr, on pourra dire que cette situation est incommode et bien différente de Soccia où la "casa comuna" est à l'entrée du village, sur le bord de la route et avec un espace suffisant pour le stationnement de plusieurs véhicules. Mais la topographie et l'histoire de ces deux communes ne sont pas les mêmes.
Le sport a toujours été présent à Poggiolo.
Ce village est celui qui possède le plus grand nombre de piscines du haut-canton (trois se voient sur la photo publiée dans l'article "Poggiolo vu du ciel (2/3): avec Google" et deux autres ont été creusées depuis un an).
Autre exemple sportif: chaque été, le tournoi Umberto CHITI rassemble un très grand nombre de boulistes venus de toute la Corse.
Organisé par son fils Alexis et sa famille, ce tournoi rappelle la mémoire de celui qui joua un grand rôle à Poggiolo et qui était un grand amateur de pétanque.
La photo ci-dessous, donnée par Jacques-Antoine MARTINI, montre Umberto, voici près de quarante ans, dans cette activité, en partie caché par Doumé (Jean Dominique) PINELLI, qui est accroupi et dont la barbe n'avait pas la blancheur d'aujourd'hui (blancheur visible à droite sur la première photo).
Mais le choix des activités sportives est grand comme le prouvent les petits films suivants:
- Le premier montre des matchs de football à Guagno-les-Bains en 1966 et 1969.
- Le second donne une liste des nombreux sports pratiqués par les Poggiolais à la même époque.
Les Poggiolais n'ont pas peur du danger. Ils ont montré leur courage en de multiples occasions. Plusieurs d'entre eux furent décorés pour leurs hauts faits militaires. Mais le courage se montra pas uniquement pendant la guerre. Plusieurs exemples existent d'une reconnaissance officielle d'actes accomplis par des Poggiolais.
Et rien de plus officiel que le Journal du même nom.
Dans "Le Journal Officiel de la République Française" du dimanche 2 juin 1872, en première page, un nom de Poggiolais fut imprimé.
Comme l'acte de courage mentionné est indiqué comme s'étant déroulé à Poggiolo, on peut supposer que le sauvetage accompli par François-Antoine DEMARTINI eut lieu au bord de la rivière.
La mention du J.O. débute par les termes "M. A. 2e classe" qui signifient: "médaille d'argent de 2e classe".
La médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement a été décernée et organisée le 20 mars 1820 sous Louis XVIII.
Outre la lettre de félicitations et la mention honorable, il existe cinq degrés de récompense :
bronze ;
argent de 2e classe ;
argent de 1re classe ;
vermeil ;
or.
Ces récompenses sont décernées par le Président de la République (Adolphe THIERS en 1872) sur compte rendu du ministre de l'Intérieur (Victor LEFRANC à l'époque).
D'après les relevés d'état-civil publiés par Pierre LECCIA sur Généanet, le Poggiolais médaillé ici devait être François Antoine DEMARTINI, né le 14 août 1845 à Poggiolo et décédé le 7 juillet 1920.
Ses parents étaient Martino DEMARTINI (1813-1891) et Maria Domenica PINELLI (1819-1885). Il se maria le 10 juillet 1879 avec Marie "Graziosa" DESANTI (1858-1948) dont il eut six enfants.
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Une trentaine d'années plus tard, le "Journal Officiel" mit à l'honneur un autre Poggiolais:
En novembre 1902, le Président Emile LOUBET n'octroya, sur la proposition du ministre Emile COMBES, que la mention honorable à ce héros qui avait arrêté des chevaux emballés le 27 août précédent.
Dominique-André ANTONINI était né le 21 juin 1873 à Guagno et décéda le 20 août 1937 à Auribeau en Algérie, à l’âge de 64 ans. Ses parents étaient Antoine Marie ANTONINI (1842-1926) et Marie Madeleine CAVIGLIOLI (née en 1855)
Il se maria le 16 mai 1893, à Marignana, avec Angèle Françoise MASSONI (1873-1919) dont il eut une fille Antoinette (1903-1988).
Il est intéressant d'apprendre par ce texte qu'il y avait un cordonnier (et certainement plusieurs autres artisans) au village.
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Un troisième exemple est celui d'une femme.
Comme la collection du "Journal Officiel" mise en ligne sur le site Gallica n'est pas complet, il a fallu regarder sur le quotidien "La Croix" du 2 novembre 1899, qui reproduit la liste donnée par le président du Conseil et ministre de l'Intérieur Pierre WALDECK-ROUSSEAU. On était encore sous le septennat du président LOUBET.
Encore une fois, son acte de courage concernait une noyade. Cette Madame OTTAVIOLI obtint une mention honorable pour avoir sauvé deux enfants de la noyade à Guagno-les-Bains où, semble-t-il, elle habitait.
D'après Généanet, elle serait née vers 1870 et aurait été la mère de Joséphine OTTAVIOLI née en 1894 et décédée en 1898, à l'âge de 4 ans.
Mariée ensuite avec Desiderio Auguste BERTOLANI, né le 30 août 1874 à Poggiolo, elle en aurait eu Antonine Émilie BERTOLANI en 1904.
Il est difficile d'en savoir plus sur elle.
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La liste de héros poggiolais ne se limite pas à ces trois exemples.
Mais, même si la majorité des Poggiolais a mené une vie sans éclat particulier, il est bon de se souvenir de ceux qui ont su répondre présent au moment où il fallait agir rapidement.
Ce blog est centré sur la vie et l'histoire de Poggiolo. Ce village est un village corse comme il y en a beaucoup d'autres mais il est très important pour ceux qui y habitent ou qui en sont originaires.
Alors il n'est pas interdit d'estimer que son village est le plus beau des villages et que les Poggiolais sont les meilleurs.
Pour aller dans ce sens, nous commençons une petite série d'articles sur les qualités poggiolaises. Même si, comme partout, il y a eu ici des saints et des canailles, nous ne devons pas négliger de mettre en valeur les aspects positifs de notre communauté.
En dehors des divisions électorales, les habitants et originaires de Poggiolo doivent savoir ce qui les unit.
Donc, montrons LES QUALITÉS POGGIOLAISES.
(à suivre)
N. B. : bien sûr, les faits qui seront évoqués dans les six prochains articles sont tous véridiques mais le commentaire peut parfois être pris au second degré.
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Vacances de la Toussaint:
du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026
Vacances de Noël:
du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027
Début janvier 2027:
Assemblée générale du Comité des Fêtes.
Vacances d'hiver:
du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027
Vacances de Pâques:
du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027
Vacances d'été:
à partir du samedi 3 juillet
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L'album de photos des Poggiolais:
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Pour le commander, suivre le lien:
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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?
Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com
Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.