Samedi 24 mars, à 14h30, au couvent de Vico, une messe sera célébrée à la mémoire du Père ESTEVE. A cette occasion voici le texte publié par le dernier numéro de "INSEME", lequel utilisait un article paru dans le journal des OMI.
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NOTRE FRERE FERNAND ESTEVE a rejoint la maison du père
le dimanche 29 janvier 2012.
La célébration des obsèques a eu lieu le 2 février à la chapelle St François d'Assise à Lyon suivie de l'inhumation au cimetière de Ste Foy lès Lyon.
Fernand est né à Lozanne (69) le 25 mai 1916. Il fait ses études primaires à l'orphelinat des sœurs de l'Immaculée Conception à Annecy et ses études secondaires au juniorat de Ste Foy lès Lyon. Il entre chez les Oblats et accomplit son noviciat à Bon Secours de juillet 1934 à juillet 1935. Viennent ensuite deux ans de philosophie à Lumières, mais ses études sont interrompues par le service militaire, puis dix-huit mois de guerre et de captivité, qui l'ont marqué dans sa chair.
Il revient au scolasticat en avril 1941, et y retrouve son frère cadet Louis, qui a été son pôle lumineux et son solide appui fraternel. Il prononce ses vœux perpétuels le 31 mai 1942, et est ordonné prêtre le 27 février 1944. Sa première obédience est pour Lumières comme professeur ... ce qu'il accepte au nom de l'obéissance.
En 1948, il est nommé professeur et économe au grand Séminaire d'Ajaccio. Vient une année de séminaire pastoral: c'est là qu'il commence à découvrir la Corse et les corses. Il y passera 32 ans.
Il devient supérieur de la communauté de Vico en 1957, et après deux triennats, il est nommé Cotignac en 1963. En 1968, il retourne en Corse dans le Cruzzini, mais il ne tient pas: c'est la dépression. En septembre 1969, il vient à Lumières où il est affecté au secteur paroissial, il y reste jusqu'en 1979. Il rejoint alors son frère Louis à l'Osier. Toujours en 1979, nouveau retour en Corse au couvent de Vico. D'abord curé de Guagno, il vient ensuite à Soccia, Poggiolo et Orto. Apprenant que Fernand était sur sa fin, la population de ces villages y a allumé des bougies. Il y a été très aimé! Outre la pastorale, il y a exercé avec compétence une activité manuelle qui l'occupait beaucoup: réparer montres et horloges. C'était vraiment une occupation qui lui faisait du bien.
En 1993, obédience pour Lumières, puis en 1994 pour Entrevaux. En 1995, il retourne à l'Osier, et en 1996, retour à Vico (paroisses). Jusqu'en 1999, date à laquelle il vient en retraite à Lumières où il est aimé spécialement par tout le personnel.
En 2010, nouvelle dépression qui le pousse à demander à venir rejoindre l'EHPAD de Lyon. Ce ne sera pas toujours facile pour lui, et il y vivra des crises graves, en particulier en décembre 2011. Mais l'environnement du personnel soignant du docteur Emmanuel Henry et de sa communauté lui permettra de surmonter cette crise.
On ne peut comprendre toute l'histoire de Fernand sans savoir que sa fragilité (qui vient de son enfance tragique), a été cause de dépressions qui l'ont marqué profondément, mais aussi à cause de son immense capacité à accueillir, à aimer les autres ... Ce qui fait que partout il a été aimé par ceux auxquels il a été envoyé.
Hospitalisé, il attendait la fin comme une délivrance. Il n'en pouvait plus ... Il est maintenant auprès de ce Dieu qu'il a servi en toute fidélité, même dans ses périodes de nuit et de désespérance ... Il est maintenant auprès de son frère Louis, décédé le 28 janvier 2002. Fernand a dû attendre dix ans et deux jours pour le rejoindre.
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