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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 19:07

Barthélémy CANALE, connu de tous sous le nom familier de "Mimi", a été facteur très jeune. A quinze ans, il arpentait à pieds les sentiers et les routes de l'ensemble du canton. Il était connu de tous et il connaissait tout le monde bien avant de faire rouler sa camionnette-épicerie.

Cette photo, prise par Marie-Louise MARTINI et transmise par son fils Jacques-Antoine, montre Mimi, béret bien vissé sur le crâne, cherchant dans sa sacoche les lettres qu'il va remettre à des Poggiolais réunis sur la place de la maison MARTINI (la place n'était pas encore fermée par une barrière métallique).

Mimi le facteur
De gauche à droite (cliquer sur la photo pour l'agrandir): François MARTINI, Jean-Pierre CARLI, Mimi, X, François-Antoine MARTINI, Paul MARTINI junior, Jules DESANTI, Paul MARTINI, Jean-Baptiste DESANTI

De gauche à droite (cliquer sur la photo pour l'agrandir): François MARTINI, Jean-Pierre CARLI, Mimi, X, François-Antoine MARTINI, Paul MARTINI junior, Jules DESANTI, Paul MARTINI, Jean-Baptiste DESANTI

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 20:00

En début d'après-midi, aujourd'hui mardi 28 octobre, la nouvelle inattendue a fait le tour de Guagno-les-Bains: Mimi CANALE est mort, d'un arrêt cardiaque à son domicile.

Celui qui était parfois surnommé "l'homme en bleu" à cause des salopettes dont il était perpétuellement habillé était unaniment aimé pour sa gentillesse.

Mimi en 1975.

Mimi en 1975.

Chaque jour, à la belle saison, jusqu'à il y a peu, on pouvait le voir devant sa maison jouer aux boules avec ses amis.

Mais, avant d'être un paisible retraité, Mimi avait eu pendant la guerre une conduite héroïque au sein de la 1ère Armée Française lors des campagnes d'Italie et de France.

Il fut aussi facteur puis épicier à Guagno-les-Bains. Sa boutique fut le dernier commerce de la commune. Plusieurs articles de ce blog l'ont évoquée, comme par exemple: Guagno-les-Bains se réveille (3/3: retour sur l'épicerie de Mimi)

Pendant des années, à une époque où les automobiles étaient encore peu nombreuses, sa camionnette sillonna les routes du canton pour proposer ses marchandises aux villageois, toujours avec un grand sourire.

Une anecdote toute simple sur sa serviabilité. Dans l'été 1977, la 4L de Michel Franceschetti tomba en panne d'essence juste devant son magasin. Sans que rien ne lui fut demandé, Mimi sortit immédiatement de sa boutique avec un jerrycan d'essence pour remplir le réservoir. Il demanda simplement que le bidon lui fut ramené plein. 

Le dernier bonheur de Mimi fut de voir renaître son magasin avec l'installation du Proxi cette année.

TOUTES NOS CONDOLÉANCES À SA FAMILLE, À LOUISETTE ET À PIERROT.

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 22:01

Comme l'an dernier, Soccia a suivi la tradition des "Bastelli des morts" une semaine à l'avance, samedi 25 octobre. La fête s'est déroulée Piazza à l'Aghja, où se trouve le four communal. 

Voici le texte écrit par Jean-Paul-Lottier et paru sur l'excellent site d'informations en ligne Corse Net Infos (http://www.corsenetinfos.fr/)

D'autres photos se trouvent à l'adresse http://www.corsenetinfos.fr/La-tradition-des-Bastelli-respectee-a-Soccia_a11994.html

D'autres photos se trouvent à l'adresse http://www.corsenetinfos.fr/La-tradition-des-Bastelli-respectee-a-Soccia_a11994.html

A Soccia, village de 85 âmes au coeur de l'ancienne Pieve de Sorru in Sù, la tradition des "Bastelli di i morti" a été respectée samedi. Réunie Piazza à l'Aghja, autour du four communal réhabilité, Socciais et Socciaises ont dégusté dans une ambiance très conviviale les Bastel aux oignons, à la courge, aux blettes et à la pomme de terre.

 

Implanté à environ 750 mètres d'altitude,  A Soccia est un village où il fait bon vivre, où l'on sait s'amuser, où l'on sait recevoir et où l'on est très attaché au passé, à ses anciens et aux traditions.
Il y a une dizaine d'années, à l'initiative du comité des fêtes cher à Antoine CHITI, c'est dans cet esprit que la fête des Bastel a été réinstaurée.
Samedi donc, Socciais et Socciaises mais aussi gens de l'extérieur, étaient invités à se réunir autour du four communal Piazza à l'Aghja pour déguster et partager les "BastellI di i morti". Parmi eux, le maire Jean-Baptiste SABIANI et plusieurs membres du conseil municipal.

Ce grand moment de convivialité demande plusieurs jours de préparation. Toutes les bonnes volontés du village sont conviées dans la semaine  à venir participer dans la grande salle du comité des fêtes aux préparatifs : épluchage et cuisson des légumes, réalisation de la pâte et montage des Bastelil.
Pour les néophytes, il faut savoir que les Bastel sont des chaussons. La pâte est réalisée à base de farine de blé, d'oeufs, de beurre, de liqueur d'anis et de sucre.
Pliés dans une forme régulière ils sont fourrés aux oignons, aux blettes, à la courge, à la pomme de terre, voire au brocciu.
Etalée, la pâte doit rester fine.

Les hommes vont chercher le bois et un ou deux jours avant la cuisson allument le four communal, piazza à l'Aghja. C'est aussi pour eux l'occasion de faire la fête tout en surveillant la chaleur du four.
" Il doit exister plus d'un quinzaine de fours à pain dans le village, mais seulement trois ou quatre sont en état de fonctionner", confie une Socciaise.
En véritable chef d'orchestre, Antoine CHITI multipliait les passages et veillait à ce que tout le monde ait à boire et à manger.
La fête se poursuivait tard dans la soirée.      

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 18:00

Un des grands moments de l'année corse est celui de la célébration de la Toussaint et, le lendemain, des Trépassés.

Le Blog des Poggiolais a plusieurs fois, les années précédentes, présenté ce moment de fête.

- L'ensemble des traditions insulaires du 1er et du 2 novembre a été rappelé sous le titre: "Halloween corse".

- "Les bastelle des morts", publié le 1er novembre 2009, est devenu un article de référence (il est le plus lu de ce blog). Il présente la légende sur l'origine des bastelles et un reportage en deux parties sur la confection de ces chaussons aux légumes par la communauté poggiolaise.

- Les fêtes de 2013 ont fait l'objet de deux articles:

+ pour le 1er novembre: "Toussaint 2013: la tradition a été maintenue"

+ pour le 2 novembre: "Les bastelles communautaires" avec un diaporama sur les diverses étapes de l'élaboration des bastelles et de leur dégustation à la salle des fêtes de Poggiolo après cuisson dans le four communal.

 

Les traditions de la Toussaint
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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 17:55

En cette année 2014, les jours de la Toussaint et des Morts sont un peu particuliers. Cent ans après son début, il conviendra de penser plus intensément à toutes les victimes de la Grande Guerre.

Le 1er novembre est consacré par l'Eglise catholique à la fête de tous les saints tandis que le 2 novembre est le jour où l'on honore les trépassés. Mais, dans la liste, établie en 1802, des jours fériés d'origine religieuse reconnus par l'Etat, la Toussaint a été retenue et pas le jour suivant. Pour cette raison, on confond facilement les deux.

De plus, quand les prêtres manquent pour célébrer les deux événements, il faut tout concentrer en une seule journée.

A Poggiolo, la messe de la Toussaint aura lieu samedi 1er novembre à 15h, suivie de la bénédiction du cimetière.

La bénédiction du cimetière de Guagno-les-Bains est prévue pour 16 h 30.

bénédiction du cimetière de Poggiolo à la Toussaint 2013

bénédiction du cimetière de Poggiolo à la Toussaint 2013

DEUX DICTONS POUR CETTE PÉRIODE:

- Senza santi un s'entre in celu
(Sans les saints, on ne peut entrer au ciel)

- S'elle' ùn piove ind'i Santi
Ind'i Morti piuvera!
(Si ce n'est pas à la Toussaint
C'est le Jour des Morts qu'il pleuvra!)

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 11:31

Le tribunal administratif de Bastia vient d'annuler les élections municipales d'Ajaccio. Le scrutin devra être refait sauf s'il y a appel auprès du Conseil d'Etat.

L'information a un écho important car elle concerne la capitale régionale
Pourtant, d'autres communes corses, plus ou moins importantes, ont déjà connu des annulations. Et, notamment, Poggiolo a l'habitude de ces procédures puisque, en un siècle, le Conseil d'Etat a dû rendre SIX fois des arrêts sur les élections poggiolaises. Le rappel en a été écrit dans l'article suivan
t.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 17:59

A moins de cinq mois des élections départementales, les habitants de la Corse-du-Sud ne savent toujours pas si le département passera de 22 à 11 cantons. Le Conseil d'Etat a renvoyé le découpage cantonal, décidé par le décret du 27 février 2014, devant la section du contentieux, ce qui est exceptionnel et ne concerne, en plus de la Corse-du-Sud, que le Gard.

La difficulté provient de la faible population de Poggiolo et des communes voisines. Il en résulte que le canton Sevi-Sorru-Cinarca inventé par le gouvernement est bien moins peuplé que les autres et contrevient au principe mis en avant par le ministre de l'Intérieur lui-même (pas plus de 20% de différence d'habitants). Le cas a été examiné le 17 octobre et sera jugé dans les prochaines semaines.

Voir ci-dessous l'article de "Corse-Matin" du 18 octobre.

Poggiolo va-t-il faire capoter la réforme cantonale?

C'est prioritairement le critère de la population qui a été pris en compte pour procéder à l'opération, la règle étant que chaque canton doit comporter le même nombre d'habitants, soit environ 13 000 dans le département, avec une tolérance de plus ou moins 20 %. Mais la géographie compte également pour beaucoup dans cette nouvelle délimitation.

Les communes de Sorbollano, Quenza, Zoza, le département de la Corse-du-Sud, le député Camille de Rocca Serra, ainsi que Xavier Ceccaldi, ont choisi de déposer une requête devant le Conseil d'État. Elle a été étudiée hier.

Depuis ce nouveau redécoupage, les communes en question sont regroupées au sein du canton de Sevi-Sorru-Cinarca. Avant découpage, l'écart entre le canton de Zicavo, le moins peuplé (1 277 habitants), et le 6e d'Ajaccio, le plus peuplé (plus de 20 000) allait de 1 à 17,39. Avec la nouvelle carte, cet écart ne devrait plus être que de 1 à 3.

Comme c'est systématiquement le cas en pareille audience, le rapporteur du Conseil d'État, Aurélie Bretonneau, a rappelé les principes intangibles qui ont accompagné ces redécoupages : équilibre démographique, désenclavement et caractéristique géographique de la région. « Des massifs montagneux aux zones de garrigue et de plaine, il y a forcément des contrastes. Il faut que les équilibres démographiques et géographiques se rejoignent. »

C'est justement sur cette « disproportion » démographique que les requérants fondent officiellement leur mécontentement pour tenter de faire annuler les décrets. En effet, le canton le moins peuplé de la Corse-du-Sud est justement celui de Sevi-Sorru-Cinarca (33 communes pour 7 400 habitants) alors que le plus important en compte près de 16 000.

On est donc assez éloigné de la tolérance annoncée de plus ou mois 20 %.


Un chiffre non contesté par le rapporteur public, mais qui a fait du contexte géographique l'argument premier de sa conclusion : « La situation géographique n'offre de possibilité d'extension que vers le sud. Le découpage parfait est infaisable, et dans le cas présent, il a été précédé au découpage le moins imparfait. Il présente néanmoins une indéniable cohérence territoriale, et correspondant aux périmètres des communautés de communes. »

Il est évident que, pour le rapporteur public, cette exception géographique ne dénature pas la règle, et que le rejet de toutes les requêtes déposées hier s'impose. Ce qu'elle a conclu. Le Conseil d'État rendra son jugement dans les prochaines semaines.

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 17:54

Une carte postale de Soccia au début du XXe siècle avait été choisie pour illustrer l'article sur "Les bonheurs et les malheurs de Francesca".

Elle représentait, sur les hauteurs du village, un morceau de chemin sur lequel circulaient une femme portant sur la tête une sechja, le seau en bois traditionnel, et un homme suivant des animaux (des chèvres?).

Présent sur la carte postale

 

En voyant cette image, un commentaire a été mis sur la page Facebook du Blog des Poggiolais (https://www.facebook.com/pages/Poggiolo/167056470125907) par Mathide DEFRANCHI:

Le Monsieur de dos sur cette photo est le frère de Francesca, mon arrière-grand père: Jacques Antonini.

Présent sur la carte postale

C'est la preuve que l'illustration était bien choisie et aussi que les cartes postales d'autrefois sont des documents historiques de grande valeur.

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 18:03

Pour les lecteurs qui ont apprécié le beau texte publié sous le titre «Les bonheurs et les malheurs de Francesca» et qui voudraient mieux connaître Francesca et Louis, quelques éléments historiques et biographiques peuvent être nécessaires.

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Francesca était la fille d’Antoine-Toussaint ANTONINI et de son épouse Julie DEMARTINI. Elle naquit à Soccia le 1er février 1889.

C’est à Bastia qu’elle fit la connaissance de Louis CLEMENTI, né le 8 avril 1881 dans cette ville. Il fut incorporé dans l’armée en 1902 et se rengagea en 1904 jusqu’en 1908. Il obtint le grade de caporal.

Libéré, il devint facteur à Paris où Francesca le rejoignit et mit au jour leur fils François-Antoine, surnommé Pierre, le 28 mai 1910, dans le Xe arrondissement.

Renié par sa famille, Louis fut adopté par les ANTONINI de Soccia.

Leur bonheur fut brisé par la guerre. Louis fut mobilisé en 1914. Sa fiche biographique du Ministère de la Défense montre qu’il mourut «tué à l’ennemi» dans l'Oise, le 6 juin 1915 à la Ferme d'Écafaut, à Moulin-sous-Touvent, commune de Tracy-le-Mont (Oise). Il fut inhumé dans le cimetière communal de ce lieu.

Le pompon rouge de Louis

Sur cette fiche, Louis était caporal alors que, d’après les Registres matricules du recrutement militaire, il l’était déjà depuis 1904 et qu’il devint sergent le 30 janvier 1915. Le graveur du monument aux morts de Soccia a donc eu raison d’accompagner son nom de ce grade.

Le pompon rouge de Louis

Contrairement à ce qui est écrit sur certains sites, son nom n’est pas inscrit sur le monument de Matra. Il s’agit d’un homonyme, Charles-Marie Joseph Louis Antoine CLEMENTI, aspirant décédé en 1918.

 

Louis était véritablement devenu Socciais, tout comme son fils Pierre qui tint à ce que son premier enfant, Louis-Pierre, naquit à Soccia en 1935.

Francesca termina sa vie le 20 mai 1978 à Sevran.

Pierre mourut à Paris le 16 avril 1982.

Comme beaucoup d’autres orphelins de guerre, il fut profondément marqué par la mort de son père. La preuve en est le texte suivant que le dernier fils de Pierre, René, né en 1967, posta sur le "Forum Pages 14-18" le 4 février 2007 :

« À la lecture d'un des fils de ce forum, j'ai appris qu'un pompon ornait le képi des soldats avant 1910. 

Cela a fait remonter un souvenir d'enfance à ma mémoire. Ma grand-mère paternelle, veuve de guerre en 1915, morte en 1978 alors que j'avais 11 ans, avait conservé dans ses affaires un pompon, un simple pompon rouge; je crois aussi me souvenir qu'on m'a dit en famille que mon père (né en 1910, mort en 1982), pleurait lorsqu'il tombait dessus (et pour faire pleurer mon père, vous pouvez me croire, il fallait que ce soit spécial). Personne dans la famille ne sait ce que c'était que ce pompon, et il va d'ailleurs falloir, maintenant qu'il est remonté de ma mémoire, que je m'inquiète de savoir ce qu'il est devenu. 

(…) 

Je devine maintenant que le fameux pompon rouge de ma grand-mère devait être un souvenir du grand-père. »

Exemple de képi à pompon d'avant 1910.

Exemple de képi à pompon d'avant 1910.

Dans de nombreuses maisons, il y avait des pompons rouges ou d’autres reliques qui peuvent paraître dérisoires mais qui étaient chargés de souvenirs et d’émotions. Cent ans après, combien a-t-on conservé de ces souvenirs de vies détruites par la Grande Guerre ?

Le pompon rouge de Louis
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 18:10

Si, en cette année du centenaire, l'on pense aux souffrances endurées par les combattants de 1914-1918, il serait injuste d'oublier les chagrins et les difficultés de leurs familles. 

L'article L'annonce du premier mort a montré la douleur de Dorothée MARTINI qui avait perdu son fils unique.

Le document suivant décrit la vie bouleversée d'une des nombreuses épouses à qui la guerre ravit leur époux. En racontant la jeunesse de Francesca à Soccia, il fait comprendre également la pauvreté des villages corses il y a un siècle et la difficulté à y survivre.

Ce texte a été rédigé par Marina CLEMENTI-DAVID, petite-fille de Francesca et de Louis CLEMENTI. La rédaction du blog a rajouté les intertitres. 

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FRANCESCA

NI PLUS MALHEUREUSE NI PLUS HEUREUSE QUE LES AUTRES ENFANTS CORSES

Elle avait  6 ans lorsque sa mère mourut d’une pneumonie. Dernière de six enfants, elle était chargée, à la maison, de toutes les petites corvées que les autres, trop occupés, lui confiaient: balayer le sol de terre battue de la pièce à vivre, aller chercher de l’eau, nourrir les poules; si elle réussissait à tout faire avant que la cloche ne sonne, elle avait le droit d’aller à l’école; cela n’arriva pas souvent. Elle courait pourtant sur le chemin pierreux, la petite Francesca, pour rapporter l’eau à la maison avant qu’il ne soit trop tard, mais en vain. Alors elle s’asseyait sur le chemin et pleurait. Elle pleurait sa maman absente, ses pieds meurtris, ses mains glacées. Elle ne le dit jamais à personne, sauf, beaucoup plus tard, à ses petits-enfants qui rechignaient eux, pour aller à l’école.

Francesca n’était ni plus malheureuse ni plus heureuse que la plupart des autres enfants du village: comme eux, elle allait pieds nus le plus souvent, même en hiver, mangeait la pulenta de châtaignes, la soupe de haricots et de lard de cochon, avec un peu de charcuterie ou de fromage les jours de fête. Les hivers étaient rudes, on s’enfermait et se calfeutrait autour de la cheminée; les journées d’été longues et éreintantes: il fallait profiter du jour pour avancer les travaux  (jardins, troupeaux, récolte des châtaignes, lessives, réparations).

Son père, affectueux mais déjà âgé, laissait les rênes de la maison à Marie sa sœur aînée, qui menait tout son monde avec autorité.

Comme beaucoup de jeunes au village, les garçons partirent pour les colonies; leurs pensions aidaient bien les familles, la subsistance était dure. Angèle-Marie fut mariée jeune à un Italien plus âgé qu’elle, mais qui prenait bien le relais à la maison. A 15 ans, Francesca fut «placée» à Bastia, dans une famille recommandée par le curé.

 

Les bonheurs et les malheurs de Francesca

UN BONHEUR FOUDROYÉ

Elle y était bien traitée, apprenant à tenir la maison, la cuisine, la couture, s’occuper du jeune enfant. Elle resta longtemps en relation étroite avec cette seconde famille. Ses rêves étaient ceux d’une jeune fille simple très croyante. Elle avait une confiance inébranlable en Dieu, la Sainte Vierge et tous les saints. Elle se rêvait religieuse.

Il en fut autrement: le jeune Louis, élevé par des pères jésuites, visitait souvent cette famille. Peut-être ses visites se firent-elles plus fréquentes et assidues après l’arrivée de Francesca ? Toujours est-il qu’il finit par la demander en mariage; elle accepta. Il quitta donc les pères jésuites et partit à Paris se faire une situation dans l’administration française: il fut facteur aux P.T.T.

Francesca, modestement dotée, mais avec une belle robe pour son mariage, le rejoignit un jour.

Ils vécurent leur bonheur simplement, lui travaillant, elle tenant son ménage dans ce grand Paris si différent de son village et même de Bastia! N’étant pas devenue religieuse, elle rêvait d’un autre grand destin féminin: devenir mère de famille nombreuse.

Ils eurent un fils, déclaré François Antoine. Qui décida de l’appeler finalement Pierre? Il était beau en tout cas, le plus beau des garçons du monde évidemment. Puis il y eut la guerre, Louis partit, il fallait bien, et, comme tellement d’autres, ne revint jamais.

Les bonheurs et les malheurs de Francesca
Les bonheurs et les malheurs de Francesca

LE CENTRE DE SA VIE

Restée seule avec son fils âgé de 4 ans, Francesca versa bien des larmes; puis elle fit face. Elle avait le caractère bien trempé, était habituée à lutter pour survivre. En tant que veuve de guerre, on lui offrit une place aux P.T.T.. Elle faisait des colis pour les soldats et les prisonniers le jour, des travaux d’aiguilles à domicile le soir et la nuit pour augmenter son petit revenu, et, de plus, apprit à lire et à écrire, pour améliorer sa situation aux P.T.T.

Pierre restait seul à la maison souvent, sa mère en courant revenait voir si tout allait bien pendant ses temps de pause; puis elle repartait, toujours courant, reprendre son poste. Payer une nourrice à cette époque était réservé aux gens riches;  pour une femme seule, même avec sa pension de veuve de guerre et le fruit de son travail, c’était un luxe peu accessible.

L’enfant devint le centre de sa vie, son bonheur, son trésor, son amour; le plus important tout de suite après Jésus-Christ, et même, à son cœur défendant, peut-être avant ?

Ainsi naquit de cette relation mère-fils un amour fusionnel qui jamais ne rompit et qui ne laissa la place à aucun autre; ils formèrent un couple indestructible. Elle ne se remaria évidemment pas, et Pierre, en âge de prendre femme, ne quitta jamais sa mère, et ne put jamais trouver celle qui l’égalerait; mais il lui fit beaucoup de petits-enfants qui tous furent peu ou prou élevés par leur grand-mère: elle était enfin (grand-) mère de famille nombreuse !

 

Au gré d’une vie mouvementée, l’un d’eux naquit à Soccia, le village de Francesca: Louis-Pierre; et deux autres, Marina et Eva, eurent la chance d’y vivre quelques mois de leur enfance, qui restèrent toujours l’un de leurs meilleurs souvenirs. Chacun d’eux, dans le secret de son cœur, rêvait d’une maison au village. Le besoin de renouer avec ses racines? Le souvenir de cette grand-mère irremplaçable? Un jour, le rêve devint réalité: «CASA FRANCESCA» est là, à SOCCIA, et vous attend, vous tous les descendants de la petite Francesca. N’oubliez pas d’y venir, d’y revenir, et bonne route à tous, dans vos vies.

Les bonheurs et les malheurs de Francesca
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

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Vacances de la Toussaint:

du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026

 

Dimanche 1er novembre, célébration suivie la bénédiction du cimetière:

- Orto 9h30

- Soccia 11h15

- Poggiolo (église St Siméon): 15 h

- Guagno-les-Bains (bénédiction du cimetière seulement): 16h30

 

Vacances de Noël:

du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027

Début janvier 2027:

Assemblée générale du Comité des Fêtes.

Vacances d'hiver:

du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027

Vacances de Pâques:

du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027

Vacances d'été:

à partir du samedi 3 juillet

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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