"La tête de Maure incarne la puissance et la force". Cette curieuse phrase sert de titre à l'éditorial du numéro de "Inseme" d'août.
Elle fait référence à des articles de journaux et des reportages de télévision selon lesquels de nombreux automobilistes font placer sur la plaque d'immatriculation de leur voiture l'un des numéros des deux départements de la Corse ainsi que le logo de la tête de Maure. Ce choix, autorisé par la réforme de 2009 sur les immatriculations, viendrait de la réputation qu'ont les Corses de ne pas se laisser marcher sur les pieds. Des gens sans aucune attache insulaire utiliseraient un tel procédé.
Mais il est possible d'aller encore plus loin, comme pour cette voiture dont la plaque a été photographiée le 9 juillet dernier.
Au symbole corse, a été ajouté le nom du village. Même si la deuxième lettre est un "U" au lieu d'être un "I", on comprend bien qu'il s'agit de "U Pighjolu".
La présence de ce nom ne s'explique pas seulement par le désir de montrer "la puissance et la force" mais aussi de faire savoir d'où l'on vient, quelles sont les racines auxquelles on se réfère. Pour visualiser leurs origines, d'autres Poggiolais utilisent les autocollants créés l'an dernier par l'AACSIS, comme sur les deux véhicules photographiés le même jour.
Les messes et les processions en l'honneur de Saint Roch se déroulent d'année en année sans anicroche et sans surprise. Il est donc étonnant d'écrire que l'on peut "en baver" à cette occasion.
Pourtant, cette expression a bien été accouplée au protecteur de Poggiolo par Ghjuvan-Ghjaseppiu FRANCHI dans les colonnes de "La Corse, Mon Hebdo" le 30 avril 2010. Dans le cadre du dictionnaire français-corse qu'il remplissait semaine après semaine, l'écrivain, ancien directeur de la revue "RIGIRU", en était arrivé au verbe "baver" qui, de façon familière, donne l'expression "en baver" et "en faire baver à quelqu'un" qui se dit: "falli vede a San Roccu in lu stagnarone". Littéralement: "lui montrer Saint Roch dans un récipient étamé".
Pour comprendre cette curieuse expression, le rédacteur citait l'explication donnée par le grand universitaire Fernand ETTORI (1919-2001) dans son ouvrage: Anthologie des expressions corses, éd. Rivages, Marseille, 1984.
"Aux fêtes patronales, arrivaient des ermites portant sur la poitrine, suspendu au cou, une sorte de petit cadre en bois dans lequel était exposée, sous verre, l'image du saint qu'ils servaient, le plus souvent saint Roch. Ces cadres s'appelaient "paci" (paix); d'où le nom de "paciaghji" (porteurs de paix) donné dans le sud de la Corse à ces ermites qu'on appelait ailleurs "rimiti".
Moyennant aumône, chacun était admis à baiser l'effigie du saint, tandis que l'ermite effaçait, à chaque fois, avec un chiffon la trace des lèvres. On glissait l'aumône dans une sorte de tronc en fer blanc appelé "stagnalonu" par analogie avec le seau du même nom.
Vénérer ainsi saint Roch était gage de prospérité, mais si quelque jeune impertinent faisait mine d'esquiver l'aumône, l'ermite, furieux, menaçait de le prendre par les cheveux et de lui plonger la tête dans le bidon pour lui faire voir saint Roch".
La fête de la Vierge Marie et le jour de Saint Roch sont l'occasion de nombreuses fêtes dans nos villages à la mi-août.
Vendredi 15 août, des messes de l'Assomption seront notamment célébrées à Vico et à Soccia à 11 h, avec une procession à 21 h 30.
Samedi 16, la Fiera di San Roccu di Rennu débutera par la messe traditionnelle à 10 h. Pour le programme des deux jours de cette Foire, consulter le programme à l'adresse:
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MAIS SURTOUT N'OUBLIONS PAS POGGIOLO:
SAMEDI 16 À 18H: MESSE ET PROCESSION
SUIVIE D'UN BON MOMENT DE CONVIVIALITÉ:
- APÉRITIF OFFERT PAR LA MUNICIPALITÉ
- ACCOMPAGNEMENT SALÉ ET SUCRÉ À L'INITIATIVE DES HABITANTS DE POGGIOLO ET DE GUAGNO-LES-BAINS.
Les lacs ne sont pas toujours les repaires des démons. Même le lac de Crena (ou de Creno), après que Satan en eut été chassé (voir l'article Les légendes de chez nous (1/7): Le lac de Satan), abrite plusieurs fées dont la reine intervient dans le conte ci-dessous.
Cette histoire était racontée dans plusieurs endroits de Corse. Elle a donc plusieurs versions. Certaines localisent la famille de Francescu à Orezza et non pas dans le Niolu. D'autres citent la localité de Cervione, au lieu de Mariana, comme la ville du jeu. Mais il est évident que la seule véritable version que peut être que celle qui concerne les Deux-Sorru!
Le texte est celui de l'"Almanach de la mémoire et des coutumes de la Corse" écrit par Claire TIÉVANT et Lucie DESIDERI (Albin Michel, 1986) et dont sont extraites les deux premières illustrations.
FRANCESCU RENCONTRE LA FÉE
Un beau jour, en temps de disette dans le Niolu, un pauvre père de famille dut déclarer à ses douze enfants qu'ils devaient quitter la maison paternelle pour aller gagner de par le monde le pain que le pays ne pouvait leur procurer. Le pauvre petit Francescu, cadet de la famille, se mit à pleurer à chaudes larmes. Comment pourrait-il suivre ses frères, lui qui était boiteux? Le père consola l'enfant, fit promettre à ses fils aînés de ne jamais abandonner leur petit frère et la mort dans l'âme, dit adieu à ses enfants. Ceux-ci décidèrent de gagner Bunifaziu (Bonifacio) afin de s'embarquer pour la Sardaigne. La route était longue et Francescu les retardait. Ils convinrent donc de l'abandonner. Lorsqu'ils atteignirent Bunifaziu, le temps se couvrit. Ils embarquèrent et la tempête se leva. Le bateau fit naufrage et les onze frères périrent en même temps.
Mais retrouvons Francescu qui, délaissé en chemin, avait tant pleuré ses frères qu'il s'était endormi. Lorsqu'il s'éveilla, une vieille femme était assise à ses côtés et il réalisa soudain que sa jambe était miraculeusement guérie. Il comprit alors que la vieille femme avait profité de son sommeil pour lui frotter la jambe avec des herbes merveilleuses, et il lui manifesta une émouvante reconnaissance.
Touchée par la bonne nature de ce garçon, la vieille femme reprit donc son apparence de fée et, avec une grâce infinie, avoua à Francescu qu'elle était la reine des fées du lac de Creno, et proposa, avant de disparaître, de lui accorder deux bienfaits. Francescu obtint ainsi un sac dans lequel pouvait entrer tout ce qu'il désirait, et un bâton qui faisait toutes ses volontés. A peine les avait-il en main que la belle fata disparut. Francescu demanda à son sac une perdrix rôtie qu'il dégusta séance tenante.
Une fois restauré, le garçon décida que ses pas le mèneraient à Mariana. Combien de fois n'avait-il pas entendu raconter que là-bas, tous les joueurs de Corse et d'Italie venaient jouer leur fortune? On disait encore que le diable, sous l'aspect d'un élégant jeune homme, y était le maître du jeu et que nulle victime, attirée là par l'appât du gain, ne savait lui résister. Ainsi donc, le diable achetait son âme et chaque jour, il trouvait une nouvelle proie.
LA PARTIE DIABOLIQUE
Fort de son sac et de son bâton, Francescu se dirigeait d'un pas sûr en direction de Mariana. Arrivé aux portes de la ville, Francescu commanda : « Cent mille écus dans mon sac ! » et aussitôt les écus pesèrent de tout leur poids dans le sac. Le diable qui avait l'apparence d'un beau jeune homme n'avait pas tardé à repérer Francescu aux tables de jeu. Il lui proposa de jouer avec lui et, trois jours durant, ne cessa de gagner.
Au bout de trois jours, le diable pensa que son adversaire était sur le point d'être ruiné. Il lui proposa donc, s'il voulait recouvrer sa fortune perdue, d'aller violer la jeune fille qu'il lui désignerait. Ainsi achetait-il les âmes !
« Saute dans mon sac », s'écria Francescu. Et le diable se retrouva aussitôt prisonnier dans le sac magique. Alors Francescu ordonna à son bâton de frapper le sac sans relâche. Le diable finit par crier grâce et accepta de rendre la vie à tous les jeunes hommes qui, ruinés par ses soins, s'étaient donné la mort de désespoir. Enfin, Francescu donna à chacun d'entre eux une petite somme d'argent pour quitter la ville et aller gagner honnêtement sa vie. Sa mission accomplie, Francescu décida de rentrer au pays.
LE BON USAGE DE LA MAGIE
En chemin, il corrigea un certain docteur Brancaziu qui refusait de soigner un malheureux vieillard. Puis il arriva chez lui, dans le Niolu. Là, la famine qui l'avait jeté sur les routes avec ses frères continuait à sévir cruellement. Francescu ouvrit une auberge : grâce à son sac et son bâton, il put offrir deux repas par jour aux villageois, jusqu'à ce que l'abondance revînt. Alors il cessa ses largesses pour ne pas rendre son entourage paresseux. On ne peut dire que Francescu vécut heureux. Regrettant ses onze frères, il eut beau essayer de les faire rentrer dans son sac en les nommant un à un, il n'y recueillit que des os.
Francescu vécut longtemps. Lorsqu'il fut très vieux, la mort vint le trouver. Mais souhaitant revoir une dernière fois la bonne fée qui avait favorisé sa vie, il demanda à la mort de lui accorder un délai. Devant son refus obstiné, le vieux Francescu usa une dernière fois de son pouvoir :
« Saute dans mon sac », dit-il à la mort. Et celle-ci se trouva prisonnière dans le sac.
La reine des fées du lac de Creno lui apparut alors, toujours d'une égale beauté. «Tu as fait si bon usage du sac et du bâton, Francescu, dis-moi comment je puis te récompenser; je peux t'offrir la jeunesse, la richesse, le pouvoir, tout ce que tu désireras». Mais le vieux Francescu s'estimait rassasié de jours. Il demanda donc à la bonne fée que la Corse fût débarrassée à jamais des Sarrasins. Le vœu accordé, la fée disparut pour toujours.
Quant à Francescu, il prépara un bon feu pour réchauffer ses pauvres membres déjà froids et, libérant la mort, il jeta son sac et son bâton dans le feu, craignant qu'on n'en fit mauvais usage. Et le feu n'était pas encore éteint que la mort était venue faucher la vie du brave Francescu.
Avec ses 41 kilomètres, le Liamone est un long fleuve pour la Corse. Prenant sa source près de Letia, sur le versant ouest du massif du Cimatella, il descend vers le golfe de Sagone après avoir traversé tout le canton des Deux Sorru. Le Fiume Grosso qui passe à Guagno-les-Bains est un de ses principaux affluents.
Ce cours d'eau qui paraît tranquille l'été connaît de fortes variations de débit en fonction des pluies et des saisons. Le phénomène de la fiumara est particulièrement impressionnant (voir l'article Gare à la fiumara).
Chaque année, les rives du Liamone connaissent des événements dramatiques (voir les articles Hélitreuillage à Zoicu et Mort dans le Fiume Grosso).
Mais savez-vous que l'origine de ces dangers vient d'un pacte avec le Diable?
Daniela RADUT le raconte dans son livre "Vivant entre deux mondes" paru en 2013 (ed. Société des Ecrivains).
Golu, Tavignanu et Liamone étaient trois frères, nés dans les montagnes de l’île.
Un jour, comme ils ne pouvaient plus se résigner à continuer à vivre dans le terrible froid qui s'était installé dans les montagnes, les trois frères ont décidé de descendre vers les plaines, à la recherche d'un endroit avec des températures plus douces et c'est pour ça qu’ils sont partis, chacun sur un chemin, pour se réunir de nouveau, tous les trois, à un certain point sur le rivage.
Golu et Tavignanu ne perdirent pas de temps, ils descendaient donc le plus vite possible de la montagne et, en un temps assez court, ils atteignirent le lieu de rencontre prédéterminé. Ce ne fut pas la même chose avec Liamone qui, après avoir erré à travers les montagnes et les vallées, tout à coup, s'est rendu compte qu'il était très en retard et ne serait pas en mesure d'atteindre le point de rencontre au bord de la mer, selon leur décision prise avant le départ. Alors, un grand désespoir l'envahit, car il ne savait pas comment tenir sa promesse envers ses frères. Ce fut pour Satan le moment propice, très attendu, et il s'est présenté immédiatement devant Liamone, lui proposant une transaction simple mais horriblement cruelle: lui, Satan, permettrait à Liamone d'arriver à temps au point de réunion avec ses frères sur le rivage et, en échange de cela, Liamone donnera à Satan une âme chaque année. N'ayant pas le choix, Liamone accepta l'accord.
Donc, c'est comme ça que la légende corse explique pourquoi, dans les eaux de la rivière Liamone, ou dans les eaux de l’un de ses trois affluents, Catena, Fiume Grossu ou Cruzzini, chaque année, se noie au moins une personne, son âme étant le prix payé par Liamone à Satan.
L'article sur "La nuit des mazzeri" (Les légendes de chez nous (4/7): la nuit des mazzeri) a mentionné Dorothy CARRINGTON. Il est indispensable de connaître cette grande dame qui joua un rôle important dans le lancement de l'archéologie et de l'ethnologie de la Corse.
"Lady Rose, l'insulaire", un reportage de France 3 réalisé en 2006, montre la vie aventureuse de cette Anglaise de la haute société qui se voua à une île qui n'était pas la sienne jusqu'à son décès en 2002.
Cette vidéo de 52 minutes insiste sur le voyage de 1948 et le choc de la révélation des statues-menhirs de Filitosa, alors totalement inconnues.
Dessins de Francis ROSE, images de vieux villages, paysages de ce Niolu que Miss CARRINGTON sillonna si souvent à pieds, illustrent les passages de ses livres et d'anciennes interviews. Il faut voir (à partir de la 17ème minute) les extraits d'un film sur la foire de Casamaccioli en 1948.
Les mazzeri sont présentés au bout de 45 minutes. Pour l'infatigable Britannique fascinée par la Corse, le mazzérisme, auquel elle consacra un livre, n'est pas une légende mais la survivance d'une croyance traditionnelle.
Dans les Deux Sorru, après le mois de juillet qui est dominé par le Festival de Musique, le mois d'août se caractérise par les "débats de l'été" qui se déroulent dans l'enceinte du couvent Saint-François de Vico. Dans ce haut lieu spirituel et intellectuel, des universitaires, des écrivains, des journalistes, des hommes politiques se rencontrent pour débattre entre eux et avec le public sur des questions qui concernent la Corse.
Voici les thèmes qui vont alimenter la réflexion des participants de cette année:
- Vendredi 8 août à 21 h
Soirée inaugurale sur le thème:
"QUELLE PLACE EN CORSE POUR UNE ECONOMIE SOCIALE ET SOLIDAIRE?"
Intervenants:
. Xavier Péraldi, économiste, maître de conférences à l'Université de Corse;
. Paul-Jo Caïtucolli, conseiller général, Président de la F.R.E.S.C.
- Mercredi 13 août à 21 h
"2014, ANNEE DU CENTENAIRE DE LA GUERRE DE 14-18. UNE MEMOIRE TOUJOURS VIVE."
Intervenants :
. Véronique Emmanuelli, journaliste;
. Pauline Vittori Sallembien, écrivain;
. Hubert Lenziani, écrivain.
- Vendredi 22 août à 21 h
"OÙ EN EST LA DEMOGRAPHIE DE LA CORSE? CONSTATS ET PERPECTIVES."
Intervenants:
. Jacques Orsoni, professeur émérite des universités, docteur d'Etat;
. Noël Pinzuti, écrivain, conservateur honoraire des Archives Départementales de la Corse du Sud.
- Vendredi 29 août à 21h : soirée de clôture
"LA NON-VIOLENCE ACTIVE, QUEL SENS POUR LA CORSE?".
Intervenant : Jean-François Bernardini, créateur du groupe l Muvrini, et créateur de la Fondation UMANI.
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Vacances de la Toussaint:
du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026
Dimanche 1er novembre, célébration suivie la bénédiction du cimetière:
- Orto 9h30
- Soccia 11h15
- Poggiolo (église St Siméon): 15 h
- Guagno-les-Bains (bénédiction du cimetière seulement): 16h30
Vacances de Noël:
du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027
Début janvier 2027:
Assemblée générale du Comité des Fêtes.
Vacances d'hiver:
du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027
Vacances de Pâques:
du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027
Vacances d'été:
à partir du samedi 3 juillet
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L'album de photos des Poggiolais:
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Pour le commander, suivre le lien:
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Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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