Pour succéder à l'équipe d'Antoine CHITI qui a brillamment assumé pendant des années l'animation du village, un nouveau comité des fêtes vient d'être constitué à Soccia.
Le 18 septembre, un bureau de huit membres a été élu par les membres présents. Sans attendre, le programme des bastelle pour la fin octobre a été élaboré.
Jean-Baptiste PAOLI était l'historien de Soccia. Il a notamment publié avec l'association A Mimoria "La vie religieuse d'une communauté villageoise" et "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud" consacrées à son village.
Le mystère des manuscrits de l'écrivain CÉLINE réapparus voici un an avait passionné le monde littéraire pendant tout l'été 2021.
Il a connu de nouvelles péripéties pendant les vacances avec les révélations distillées peu à peu par Jean-Pierre THIBAUDAT qui fut longtemps dépositaire de ces précieux papiers. Il a fini par révéler qu'il avait reçu ce dépôt de la part des héritiers d'Yvon MORANDAT à qui l'appartement de l'écrivain antisémite avait été attribué à la Libération.
Mais l'ancien critique littéraire reconnaît, dans l'entretien ci-dessous, diffusé sur France-Inter le 30 août, qu'il reste des mystères. Pourquoi CÉLINE n'est-il pas venu reprendre les feuilles que le résistant disait tenir à sa disposition? Pourquoi a-t-il plusieurs fois accusé Oscar ROSEMBLY de vol? N'y avait-il vraiment rien dans la maison de Poggiolo? N'y a-t-il vraiment pas d'autres documents?
Un grand merci à Antoine MANGIAVACCA qui a répondu à l'appel plusieurs fois publié dans ce blog et nous a transmis des photos intéressantes provenant de son grand-père datant des années 60.
Dans son envoi, nous avons remarqué cette image.
Cliquer sur la photo pour l'agrandir.
L'établissement thermal de Guagno-les-Bains est vu de face, avec sa forme en U caractéristique, l'aile de gauche un peu moins visible que celle de droite. Les véhicules stationnés sur le bord de la route sont bien des modèles de l'époque et, à part eux, rien ne semble avoir changé.
Pourtant, cette photo est impossible à refaire maintenant.
Dans les années 1989-1991, fut réalisé le grand ensemble de l'Hôtel des Thermes dont l'exploitation s'avéra calamiteuse. Il sert maintenant, pour quelques mois encore, au FAM (foyer pour adultes médicalisé).
Le photographe des années 60 était placé en face, en contrebas, près de l'ancienne épicerie de Mimi. Mais le bâtiment cache complètement les thermes, d'autant plus que des arbres ont été plantés sur ce qui était un terrain vague, qui servait souvent de terrain de football.
Photo du 13 Août 2022, par Michel Franceschetti
Il faut aller sur la route de l'autre côté de la rivière, près de la bifurcation du Genice, pour voir tout le village de biais.
Photo Michel Franceschetti, avril 2022.
Et, en agrandissant, on aperçoit l'établissement en partie caché par l'ancien hôtel aux fenêtres en arc de cercle.
Même de biais, une photo du bâtiment de bains est impossible à réaliser alors que la vue était bien plus dégagée voici un siècle, comme le montre cette carte postale.
Il arrive que des habitants de Guagno-les-Bains se plaignent de dépendre de Poggiolo car ils trouvent que la mairie les délaisse. Il existe encore au village de Guagno des gens qui disent que la station thermale ne doit pas être poggiolaise.
L'attribution de l'enclave de Saint Antoine, c'est-à-dire de Guagno-les-Bains, à Poggiolo fut entérinée par le décret du Prince-Président Louis-Napoléon BONAPARTE (il ne devint empereur que le 2 décembre 1852) en date du 19 septembre 1852, il y a 170 ans.
Etait-ce un caprice du futur empereur? Pas du tout.
Il voulait mettre fin à la guerilla permanente qui empoisonnait les relations entre Guagno et les villages voisins, notamment Soccia.
UNE LONGUE GUERILLA
Pendant longtemps, et surtout au XVIIIe siècle, les moines cordeliers de la chapelle Saint Antoine recevaient les malades qui venaient se soigner à la source d'eau chaude des Bains de Guagno. Le terrain de Caldane était ouvert à tous mais des Guagnais prirent l'habitude de se l'approprier. Les villages voisins s'en plaignirent souvent (la première mention conservée date de 1779), arguant que les moines étaient sous la protection du curé piévan de Saint Siméon de Poggiolo.
Les querelles se compliquèrent avec l'édification de l'établissement thermal par le département en 1821 et avec l'autorisation de la construction de l'hôpital militaire donnée par le roi Louis XVIII en 1822. Les revendications de Soccia se firent de plus en plus insistantes.
Reconstitution de l'établissement thermal construit en 1821-1825.
Louis-Philippe pensa résoudre le conflit par l'ordonnance du 7 septembre 1840 autorisant le Préfet "à acquérir de la commune de Guagno, soit à l'amiable et au prix qui sera déterminé par une expertise contradictoire, soit, s'il y a lieu, par voie d'expropriation pour cause d'utilité publique:
1° les terrains sur lesquels sont situées les sources thermales de St Antoine de Guagno (...)
2° Les bâtiments et constructions actuellement affectés à l'établissement thermal de Guagno et qui seraient la propriété de la commune".
La municipalité de Guagno ayant refusé l'accord amiable, l'expropriation fut prononcée par le tribunal de première instance d'Ajaccio le 3 mars 1841.
Mais les Guagnais continuèrent à occuper les terrains et à entretenir une véritable guérilla juridique contre le département et contre les Socciais.
LE TROISIÈME LARRON POGGIOLAIS
Le 17 septembre 1850, le conseil d'arrondissement d'Ajaccio frappa un grand coup en reconnaissant "qu'il y a opportunité de distraire du territoire de Guagno l'enclave connue sous la dénomination de St Antoine et de la réunir au territoire de Poggiolo, seule commune qui puisse à bon droit la revendiquer".
En votant cette proposition, les élus écartaient Socciais et Guagnais au profit d’un troisième larron. Comment se sont-ils justifiés?
L'argument invoqué était simple: "Fidèle au principe qu'il a proclamé touchant à la suppression des enclaves". Il s’agissait de continuer à rationaliser les frontières communales. Les limites des communes corses créées par la Révolution Française furent longues à être fixées et il fallut presque tout le XIXe siècle pour aboutir. Voir les difficultés entre Poggiolo et Rosazia dans l'article "La fièvre monte à Libbiu".
Le texte proclame bien que Poggiolo est «la seule commune qui puisse à bon droit la revendiquer», donc parce que le découpage sera alors plus rationnel. Mais il est peut-être également sous-entendu qu’il fallait se souvenir que la source avait longtemps été sous la protection du curé de Saint-Siméon.
Les élus furent écoutés. L'attribution de l'enclave de Saint Antoine, c'est-à-dire de Guagno-les-Bains, à Poggiolo fut entérinée deux ans plus tard, par le décret du Prince-Président Louis-Napoléon BONAPARTE en date du 19 septembre 1852. Ce véritable jugement de Salomon mit fin aux oppositions entre Soccia et Guagno.
Désormais, Guagno-les-Bains est officiellement un hameau de Poggiolo mais l'établissement thermal n'appartient pas à la municipalité. Il est propriété du conseil général, et maintenant de la Collectivité de Corse. Et l'on attend son redémarrage...
Les journées du patrimoine, les 17 et 18 septembre, permettent de faire connaître les trésors du passé. Par "trésors", il ne faut pas forcément comprendre "beaux et riches monuments". Les "trésors", ce sont les témoignages de ce que nos ancêtres ont pu faire et vivre.
Il n'est pas nécessaire de rester bloqué sur les 17 et 18 de ce mois pour se replonger dans le passé. Ainsi, Rennu a organisé une balade culturelle et historique le 7 août dernier.
Le thème de cette visite était la vie rurale des années 1940 et 1950, avec des témoins de cette époque placés à des étapes de la promenade.
L'article de Corse-Matin qui décrit cette spassighjata est reproduit ci-dessous.
A Poggiolo, les mêmes possibilités existent. Pourra-t-on les utiliser?
Ne soyons pas modeste. Quand on est à Poggiolo, on peut voir douze merveilles. Pour les découvrir, l'idéal serait d'installer un sentier de découverte comme le sentier d'interprétation de Leti...
Sur les douze merveilles de Poggiolo, l'article précédent en avait présenté six. Voici la suite du chemin qui pourrait être créé dans le village pour les faire découvrir. Station 7: les res...
La marque jaune est présente depuis cet été dans de nombreux lieux de Poggiolo, essentiellement murs et poteaux.
Les spécialistes de BD et les vieilles générations vont penser à des marques à la craie jaune représentant la lettre grecque M entourée d'un cercle. Cette signature était celle du criminel que pourchassaient Blake et Mortimer dans le sixième album de leurs aventures, écrite et dessinée par Edgar P. Jacobs en 1953-1954.
Mais ici, ce sont des rectangles de plastique sur lesquels ont été apposés des chiffres et des lettres.
Chacune de ces petites pancartes correspond à un élégant col de cygne placé en hauteur.
Nous avons là le nouvel éclairage public du village, constitué par des LED qui, tout en donnant une bonne lumière, permet une importante économie d'énergie, et donc d'euros.
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blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).