Dès la rentrée scolaire, écoliers, collégiens, lycéens, étudiants et parents d'élèves ont une même préoccupation: quand les prochaines vacances auront-elles lieu?
Pour la Corse, les dates viennent d'être publiées par le Rectorat:
Il faut évidemment ajouter les jours fériés:
Attention! Il faut se rappeler que la Corse, comme les collectivités d'outre-mer, fixe ses dates comme elle le veut.
Ainsi, en février, elle a les mêmes dates que la zone C (Montpellier, Toulouse, Paris, Créteil et Versailles).
Pour les vacances de Pâques (que le laïcisme d'Etat nomme "de printemps"), la Corse est dans la zone B, avec les Académies d'Aix-Marseille et du tiers Nord de la France.
Voici ce qu'a révélé France Bleu RCFM sur sa page Facebook samedi 3 septembre:
Comme chaque année, la chasse au sanglier a bien démarré le 15 août. Mais le nombre de sangliers a très fortement augmenté, ainsi que les dégâts qu'ils provoquent dans les propriétés. Ils ont d'ailleurs du mal à se nourrir et vont chercher de la nourriture en ville.
De plus, ces animaux sont malins et réussissent à s'échapper à l'attention des chasseurs et de leurs chiens.
Aussi, quel bonheur de ramener des dépouilles au village! Bien sûr, en 2022, la chasse n'est pas bien vue du tout. Végans et amis des animaux se déchaînent contre les "viandards".
Vers 1960, l'état d'esprit n'était pas le même. Il était normal de montrer le résultat de la battue. Ainsi, Etienne PINELLI, le père de Dominique et Félicie, montre un trophée devant Félix PINELLI et René ORTOLA.
Fonds Saveriu PAOLI.
Cette photo fait penser à une autre, déjà publiée sur ce blog en 2014, montrant un retour de chasse d'à peu près la même époque.
Elle avait été donnée par Maryse MORETTI, de Guagno-les-Bains.
Voici la description rédigée par notre correspondante:
sur cette photo, Mimi Canale (assis) avec sa casquette et son éternelle salopette bleue - il y a également, parmi quelques Poggiolais et autres Socciais, le père de Josiane (qui tient le sanglier), Mathieu Canale le frère de Mimi, le petit Mathieu Poli, le fils du garde-champêtre de l'époque, Marie-Angèle Canale, Pierre Leca du Café des Amis, à l'extrême droite, à peine visible, Josèphe Roméo près de son grand-père et, près de lui, mon grand-père Louis Antonini.
Car je crois qu’en plein jour, à travers le bleu voile,
Tu sais prendre pour guide une lointaine étoile,
Tu as, comme autrefois le mage et le berger,
Ta boussole céleste quand tu dois voyager.
Oui, le ciel te conduit, diligente ouvrière,
Unie à l’astre d’or par un fil de lumière !
Et malgré cette gloire, au travail, ton ami,
Modestement tu vas, toi, petite fourmi !
Poggiolo, septembre 1922
Ainsi que l'indique la dernière ligne, ce poème a bien été écrit à Poggiolo il y a exactement cent ans. Un centenaire à ne pas oublier et qu'il aurait fallu fêter.
Mais ce poème ne vient pas d'un Poggiolais ni même d'un écrivain. Il est l’œuvre d’un Suisse et d’un savant,Félix SANTSCHI, dont la découverte est exposée dans ces vers.
DE LA SUISSE À POGGIOLO
Né à Bex (canton de Vaud, en Suisse) en 1872 et mort à Lausanne en 1940, Félix SANTSCHI a connu une carrière qui est résumée ainsi par le «Dictionnaire historique de la Suisse»:
Sa famille s'installe à Menton, puis à Buenos Aires, avant de revenir à Lausanne. Aide-préparateur à l'université de Lausanne, engagé comme assistant d'anatomie par Edouard Frédéric Bugnion (1895-1897). En 1896, S. voyage en Colombie et au Venezuela avec Auguste Forel et Bugnion pour récolter des fourmis. Soutenu par celui-ci, il fait des études de médecine (1895-1900, doctorat), mais, n'ayant pas de maturité fédérale, il n'est pas autorisé à pratiquer. Il s'établit à Tunis en 1901, puis à Kairouan (premier médecin étranger autorisé à y ouvrir un cabinet). S. a décrit quelque 2000 espèces et variétés de fourmis, découvrant certaines de leurs capacités de navigation (d'après le soleil et les odeurs qu'elles sécrètent). Membre de la Société suisse d'entomologie. S. revient en Suisse en 1940. Une fondation créée à l'université de Zurich en 1985 porte son nom.
Observateur infatigable du monde des fourmis, il observa près de 2.000 types de fourmis et publia 188 articles ou ouvrages entre 1906 et 1939 (liste complète sur le site spécialisé:http://www.antcat.org/referencespages 266 à 272). Les Tunisiens le surnommaientTabib-en-neml, le docteur des fourmis.
Dans ses listes de fourmis, il cite plusieurs variétés observées à Poggiolo. Il est difficile, dans l’état actuel de notre documentation, de préciser combien de séjours il fit dans le village mais il est certain qu’il y passa trois moisentre juillet et septembre ou octobre 1922.
L'entomologiste y fit une expérience fondamentale, dont il sera question ci-dessous, le 12 août 1922.
Il nous fournit des indications sur la nature poggiolaise de cette époque, même sur les pluies de septembre de cette année-là en écrivant:
«APoggiolo(Corse), par 750 m. d’altitude, j’ai pu observer par les nuits étoilées mais fraîches du 17 au 26 septembre (il avait plu abondamment les jours précédents) les Crematogaster scutellaris dont j’ai déjà parlé, se presser nombreuses, alertes et actives, comme en plein jour, dans leurs longues files» («L’orientation sidérale des fourmis…», Mémoires de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, n°4, 1923, page 151).
Nous ignorons où il logeait mais nous savons à quelle heure il commençait sa journée car il nota :
«Poggiolo, 30 août 1922. Une seule femelle (de Bothriomyrmex meridionalis Rog., v. corsica), prise au vol pendant mon déjeuner à 7 ½ h du matin. Je n’ai pas pu trouver d’autres individus ni aucun nid durant trois mois de recherches.»(«Note sur les fourmis paléoarctiques», Boletin de la Real Sociedad Espanola de Historia Natural, marzo 1923, page 136).
Ce spécimen était particulier par rapport à d’autres variétés proches car«elle diffère par ses antennes, surtout les scapes(partie des antennes), plus minces.». Félix SANTSCHI remarquait que de nombreuses fourmis poggiolaises ont des différences par rapport au modèle général, comme la Bothriomyrmex corsicus ou la Leptothorax tuberum,«découverte par moi-même sous l’écorce d’un abricotier»àPoggiolo (ce qui prouve qu'il existait alors bien plus d'arbres fruitiers que maintenant) et dont la reine est«plus robuste que le type»(«Messor et autres fourmis paléarctiques»dans «Revue suisse de zoologie», vol. 30, n°12, septembre 1923, p. 331-332).
Il serait fastidieux d’énumérer toutes les observations faites dans notre village mais elles furent très nombreuses et fructueuses.
Ce spécialiste des fourmis ne dédaignait cependant pas les autres insectes puisque, dans«le compte-rendu de l’administration municipal de la ville de Genève pendant l’année 1922», il est fait mention d’un don de«une série d'Araignées de la Corse», effectuée par«M. le Dr F. SANTSCHI, àPoggioloper Soccia (Corse)»
LA BOUSSOLE CÉLESTE
Mais la célébrité de ce savant et dePoggiolovient de ses travaux surla façon dont les fourmis pouvaient s’orienter.
L’article, déjà cité, sur«L’orientation sidérale des fourmis…», publié dans les "Mémoires de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, n°4, 1923", montre que, après avoir éliminé diverses hypothèses, SANTSCHI pensa que le soleil jouait un grand rôle dans les déplacements de ces animaux.
En utilisant un miroir, il fit déplacer l’image du soleil selon des angles différents et, chaque fois, les fourmis modifièrent leur déplacement.
Les expériences décisives eurent lieu àPoggiolo le 12 août 1922.
Les cobayes étaient des Aphaenogaster spinosa de fourmilières différentes et qui avaient été isolées de leur nid. Chaque fois, le reflet solaire artificiel entraîna une déviation. Le miroir retiré, les fourmis rejoignirent leurs congénères sans encombre. La figure reproduite ci-dessous décrit l’expérience.
L’énigme était résolue. L’émotion que ressentit alors Santschi se manifesta avec la composition du poème cité au début de cet article. Cet homme cultivé, ami du peintre Paul KLEE, rédigea ces vers àPoggiolomême.
SANTSCHI accomplit en Afrique du Nord d’autres essais qui donnèrent les mêmes résultats.
Ces travaux firent autorité pendant cinquante ans, jusqu’à ce que Karl von Frisch complète l'explication en apprenant que la lumière du Soleil est polarisée, et en vérifiant que les insectes peuvent le percevoir.
Les fourmis poggiolaises ont permis à la science de faire un pas important. Nous devons donc les respecter en souvenir de leur contribution.
Nous pouvons aussi sourire en imaginant le spectacle de ce Suisse moustachu et barbichu, armé de loupe, pinces, carnet de notes, miroir, etc., examinant les herbes, les mousses, les arbres et les pierres des murs du village sous les yeux de nos aïeux.
Précision: tous les documents cités sont en libre accès sur internet.
La fête de Saint Elisée a été une réussite. En ce lundi 29 août 2022, il y avait du beau temps, du monde et de la ferveur devant la chapelle posée sur la montagne au-dessus d'Orto pour continuer la tradition.
Merci à Thierry CALDERONI pour cet excellent reportage !
Les estivants étant partis, la collecte des déchets porte à porte revient à la situation précédente: à partir du 5 septembre, il faudra sortir les sacs
Si la nécessité de célébrer la messe de saint Roch en dehors de la chapelle à cause de son étroitesse ne fait pas débat, il n'en a pas toujours été de même pour trouver comment s'installer dehors.
Depuis longtemps, l'autel est placé entre la chapelle et la maison Orazy. Mais il n'en fut pas toujours ainsi.
Dans le Fonds Saveriu PAOLI, en voie de constitution, plusieurs photos du 16 août 2002 viennent d'être retrouvées.
Voici exactement vingt ans, bancs et chaises étaient tournés dans le sens opposé, l'autel se trouvant devant la porte de la maison des GRIMALDI.
Cette disposition a-t-elle duré plusieurs années? Quelles en étaient les avantages et les inconvénients?
Si vous n'avez pas la réponse à ces questions, vous pouvez toujours tenter de reconnaître les Poggiolais d'il y a vingt ans.
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blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).