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Il y a quelques jours, Eric HARROCH nous a quittés.
Depuis cinquante ans, il avait adopté et avait été adopté par la Corse et plus particulièrement par Poggiolo. Tous ici le connaissaient et l’appréciaient. C’était l’époux de Madeleine BONIFACJ, de vieilles familles de Poggiolo et d’Orto.
Tous les deux, la retraite venue, avaient l’habitude de passer une bonne partie de l’année au village dans la maison familiale ouverte aux amis et à la famille. Chacun se souvient des bons moments passés sur la terrasse face au panorama époustouflant du Tritore et du Cervellu.
Éric, en bon Méditerranéen, aimait aussi la mer dont il profitait à Sagone et à Portigliolu.
Selon ses vœux, il repose auprès des siens en Israël.
A Madeleine son épouse,
A ses enfants Jean-Pascal, Laurence, Vincent,
A ses petits-enfants…
nous adressons nos plus sincères et affectueuses condoléances.
Riposa in Pace, Eric.
H. D.
Les dernières semaines ont été assez éprouvantes à Poggiolo et dans les villages voisins à cause des orages qui ont amené de la pluie pratiquement tous les jours.
Mais quand le ciel se calme, il peut permettre d'admirer un bel arc-en-ciel. Philippe PRINCE a su en profiter pour réaliser quelques belles photos que nous pouvons tous admirer.
En 1803, voici deux cent vingt ans, Poggiolo connut un épisode foncier assez compliqué qui était la conséquence des décisions anti-religieuses de la Révolution Française.
Sans que le terme de laïcité ait existé à l’époque, la mise à l’écart de l’Eglise par rapport à l’Etat avait débuté en 1789. Après le 14 juillet et l’abolition des privilèges le 4 août, la situation financière du gouvernement était préoccupante. Un financement fut trouvé avec la nationalisation de toutes les propriétés de l’Eglise le 2 novembre 1789. Ses bâtiments et ses terres formèrent les biens nationaux qui servirent à émettre les assignats, rapidement utilisés comme papier-monnaie, et qui furent vendus aux citoyens.
En Corse, ces ventes furent très difficiles à cause des multiples querelles et de la période du royaume anglo-corse (1794-1796) pendant laquelle l'île ne fut plus sous la domination de Paris.
Finalement, la mise en vente des biens nationaux de Poggiolo n'eut lieu qu’en l’an XI de la République, c’est-à-dire en 1803, quinze ans après la confiscation !
Nous sommes bien informés sur cette vente car le procès-verbal de la cession des biens de Poggiolo est resté intact et complet aux Archives Départementales, ce qui n’est malheureusement pas le cas de tous les documents poggiolais.
Une affiche annonça dès le 18 pluviose (7 février 1803) que la vente de «propriétés nationales (…) provenant de l’Eglise paroissiale de Poggiolo» aurait lieu le 19 ventose dans la grande salle des séances publiques de la Préfecture du département du Liamone, à Ajaccio.
UNE LONGUE LISTE POUR LES RICHES
Neuf lots étaient proposés (orthographe originale respectée):
1° un bacinate de terres au lieu dit Tignosa, aboutissant au levant avec terres Nationales, et au nord avec françois marie Desanti (estimé à) 60 francs
2° trois mezzinate de terres, quarante deux chataigniers fruitiers, la moitié de deux cent vingt sept non fruitiers, la moitié de dix noiers non fruitiers, trois noiers fruitiers, et la moitié de cinq petits cerisiers au lieu dit Costa alla chiesa… 415 francs
3° trois mezzinate de terres, vingt huit chataigniers fruitiers, et la moitié de soixante dix chataigniers non fruitiers au lieu dit Griscetto… 245
4° cinq bacinate de terres avec sept chataigniers fruitiers, et quinze non fruitiers au lieu dit Pollastra, bien entendu que la rente ne s’étand qu’à ce qui revient au Curé… 75
5° deux mezzinate de terres, vingt trois chataigniers fruitiers et cinquante non fruitiers au lieu dit Sialello aboutissant au midi aux terres communales, et au nord avec Joseph Defranchi… 180
6° trois mezzinate de terres, et huit chataigniers non fruitiers au lieu dit Santa Maria… 180
7° dix bacinate de terres, et vingt six chataigniers non fruitiers au lieu dit Fango… 120
8° huit bacinate de terres, et trois chataigniers non fruitiers au lieu dit Pesatoggia… 35
9° cinq chataigniers fruitiers au lieu dit Gentilone… 45
Cette énumération permet de connaître l’étendue et la valeur des terres de l’Eglise à Poggiolo.
En effet, il faut savoir que:
«la bacinata est la superficie de terrain capable de recevoir un bacinu de semence en céréales.
Pour un bacinu déterminé, cette mesure variait en fonction de la qualité de la terre. (…) En comptant l’arpent de Paris 34,18869 ares, on obtient pour la bacinata : 2,44 ares en bonnes terres, 3,19 en terres médiocres, 4,04 en terres mauvaises.
La mezinata = 6 bacinate.» ("Essai sur les anciennes unités de mesure utilisées en Corse avant l’adoption du système métrique" par Anton Dumenicu MONTI, ADECEC CERVIONI 1982).
Pour estimer la valeur de ces parcelles et en dresser procès-verbaux, un commmissaire-expert, Jean Noël PINELLI, s’était déplacé sur place avec le maire de Poggiolo, Dominique Félix FRANCESCHETTI, du 20 au 29 frimaire (11 au 20 décembre 1802). La valeur totale atteignait 1.355 francs.
Il faut remarquer que tous les terrains étaient vendus en une seule fois et sans être morcelés, interdisant aux petits villageois le moindre espoir d’acquérir une parcelle.
Cette situation illustre bien ce qu’écrivaient Antoine CASANOVA et Ange ROVERE à la page 181 de «La Révolution française en Corse» (Privat, 1989) :
«Dans la province de Vico, la vente et l’adjudication des biens nationaux est l’affaire des notables des villages ou de Vico ; les lots sont importants, bien au-dessus des possibilités des petits paysans».
D’autre part, la vente aux enchères se faisait à Ajaccio, bien loin du village. Les pauvres ne pouvaient accomplir un tel déplacement pour une vente aléatoire.
Mais tout ne se déroula pas aussi bien que prévu. C'est ce que nous verrons dans l'article prochain.
Il aura fallu une bonne semaine pour que Corse-Matin réagisse au décès de Jacques ROZIER et évoque son film Adieu Philippine! tourné en Corse en 1960.
Le texte du 9 juin, signé Dominique LANDRON, définit l'esprit de la "Nouvelle Vague", reprend un article de l'époque du tournage et évoque la façon dont le public de l'époque avait reçu cette œuvre. Ii complète l'article paru dans ce blog le 4 juin.
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Adieu Jacques Rozier! Adieu Philippine! Adieu l'insouciance! - Le blog des Poggiolais
Décédé le 2 juin, le cinéaste Jacques Rozier n'avait rien de corse, mais il est connu pour un film tourné en partie sur l'Ile de Beauté : Adieu Philippine , œuvre considérée comme embléma...
Au rebours du vandalisme qui se manifeste de plus en plus souvent et attaque les symboles les plus sacrés, les Corses d'autrefois se rassemblaient souvent à l'occasion de cérémonies religieuses et les insignes cultuels étaient respectés. Il en était ainsi surtout à la Fête-Dieu qui était l'occasion de faire sortir de l'église des objets particulièrement précieux.
Qui connait la Fête-Dieu maintenant?
Instituée en 1264 par le pape Urbain IV et nommée également Corpus Christi ou Fête du Saint-Sacrement, elle a lieu en principe le jeudi qui suit la Sainte Trinité, soit soixante jours après Pâques. Pour des raisons pratiques, on la repousse au dimanche suivant. Ainsi, en 2023, elle a été fixée au dimanche 11 juin.
Elle eut une grande popularité, d'autant plus qu'elle se manifestait en se déroulant sur la voie publique et avec un grand décorum. L'eucharistie devait être portée en cortège solennel dans les rues et les chemins pour les sanctifier et les bénir.
La photo ci-dessous, prise par Marie-Louise MARTINI et se trouvant dans le Fonds Saveriu PAOLI, le montre bien.
On reconnait immédiatement que la scène se situe sur le côté gauche de la chapelle St Roch.
A gauche, un prêtre tient avec ses deux mains l'ostensoir qui contient le corps du Christ sous la forme de l'hostie consacrée. Un abri est constitué par un dais formé d'un baldaquin mobile à quatre hampes tenues par quatre paroissiens.
Tout à fait à droite, des enfants de chœur en aube blanche, dont un balance l'encensoir, ouvrent la procession. Ils viennent de franchir la rigole qui était alors à ciel ouvert.
Au centre, des enfants et une adulte ont des corbeilles. Ils y puisent des pétales de rose qui sont jetés sur le sol où marche l'ecclésiastique. On les voit très bien juste devant ses pieds.
Cette scène date de 1956, nous a affirmé un des participants.
Justement, qui sont-ils?
Le prêtre qui tient l'ostensoir est Jacques Antoine MARTINI, dit "prête Ghjacumu".
Il était né à Poggiolo le 4 juillet 1873 et y décéda le 14 juin 1956, après avoir été curé à Renno, Calcatoggio et Piana. Cette image de la Fête-Dieu date donc de peu avant son décès. Paul MILLELIRI devint curé de Poggiolo et Soccia quelques mois après.
Au centre, au premier plan, se distingue très bien un jeune garçon qui est en train de prendre des pétales dans son panier: c'est Jean-Marc TRAMINI.
Les autres participants toujours vivants de cette procession sont:
- Germaine SICCHI (la fille avec le bandeau dans les cheveux)
- Noël SICCHI (l'enfant de chœur qui tient l'encensoir)
- Jean-Marie PASSONI (l'enfant de chœur le plus à droite).
Parmi les adultes, certains de nos lecteurs reconnaîtront plus ou moins facilement:
Toussainte PINELLI, Achille SICCHI, Ange MERCURI, Agathe PINELLI, Lulu NIVAGGIOLI, Noelline SICCHI, Angèle MARTINI (Angiulucci)...
Dans les archives de Saveriu PAOLI, cette photo est accompagnée de deux autres:
-une prise juste avant, qui permet de voir que "Tatanella" participait au jet de pétales
- une autre prise juste après, devant la porte de la chapelle, qui montre que Guy TRAMINI, à droite, avait le même rôle (et le même habillement) que son frère Jean-Marc, à gauche.
Tous deux, ainsi que Germaine, semblent écouter les observations que leur fait Rosine FRANCESCHETTI (1900-1994).
Rosine n'est pas habillée suivant la tradition corse. Elle porte cependant sur la tête un foulard noir ou une mantille, comme toutes les femmes de l'époque qui devaient cacher leurs cheveux dans les cérémonies religieuses par respect et dignité envers Dieu.
Cette obligation, répétée dans le Code de droit canon de 1917, se référait au Premier Épitre de Saint Paul aux Corinthiens, Chapitre 11, Versets 1 à 16 (d'après le site La femme catholique). Elle n'existe plus du tout maintenant.
Des images d'il y a 67 ans, deux tiers de siècle !
Ou peut-être bien d'il y a plusieurs siècles ?
Arbori va montrer qu'il se souvient d'un de ses enfants. L'après-midi du samedi 10 juin va être consacré à Santu CASANOVA.
Né à Azzana le 3 juillet 1850, il était d'Arbori par sa mère et ses restes reposent dans ce village depuis 1962.
"Ziu Santa", comme on le surnomma à la fin de sa vie, fut un poète de grand talent dont les œuvres sont à connaître. Il réussit le coup de maître de fonder en 1889 le journal A Tramuntana qui eut une grande influence au début du XXe siècle. Il y montra ses qualités de polémiste et de conteur.
Il dissocia le corse de l'italien, considérant que le corse était une langue à part entière, et milita pour un important régionalisme.
Accusé d'irrédentisme, Santu CASANOVA finit par s'établir en Italie et mourut à Livourne le 27 décembre 1936.
Le 10 juin permettra de mieux le connaître. Regardez la richesse du programme prévu. Rendez-vous au Bar A Riscontra.
Présence des Editions Albiana.
Décédé le 2 juin, le cinéaste Jacques Rozier n'avait rien de corse, mais il est connu pour un film tourné en partie sur l’Ile de Beauté : Adieu Philippine, œuvre considérée comme emblématique de la Nouvelle Vague.
Elle avait été tournée en 1960 mais ne put sortir en salle qu’en 1962.
L’histoire met en scène Michel, simple machiniste à la télévision, qui fait la connaissance de Liliane et Juliette, deux filles très amies (comme une philippine, deux amandes jumelles). Aprés diverses péripéties, Michel part en vacances en Corse où les deux filles le rejoignent.
Michel va jouer des sentiments de chacune sans pouvoir se décider à dire laquelle il préfère. Il est surtout obsédé par son prochain départ pour le service militaire. De Porto-Vecchio, le trio va passer par Ajaccio, Ota, Porto et Girolata avant d’arriver à Calvi d’où Michel doit embarquer pour rejoindre son unité, peut-être en Algérie.
Ce film montre l’insouciance des jeunes sixties qui veulent profiter du yé-yé, de la plage, de la civilisation des loisirs alors que, de l’autre côté de la Méditerranée, les violences culminent.
La Corse commençait à subir les transformations touristiques : on voit le Club Med et des restaurants de plage.
Le tourisme de masse commençait.
Mais les routes étaient encore étroites et peu fréquentées.
Près de Porto, les techniciens durent amener leur matériel sur des chemins accessibles seulement à dos de mule.
Deux scènes sont à retenir.
D’abord, la soirée dans une paillote où les deux philippines dansent chacune à tour de rôle pour séduire Michel (voir la vidéo en fin d'article).
Enfin, la scène finale où Le Cyrnos quitte le port de Calvi en emportant le jeune homme.
D'un haut-parleur, est diffusé « U leone di Roccapina ».
Puis, quand le bateau a largué les amarres et que les deux filles courent en agitant leurs mouchoirs, on entend un couplet de « Il monta la fronta », prévu à l’origine pour un séquence sur la route de Porto, chanté en mineur et en récitatif, qui donne une tournure tragique à cette fin. Malheureusement, la scène n'existe pas sur Youtube.
Il s’agit bien d’un adieu : Liliane et Juliette ne reverront pas Michel. Va-t-il mourir en Algérie ? En tout cas, n’ayant pas choisi entre elles, il a laissé passer sa chance. Le départ du navire est l’adieu à la jeunesse, au temps du plaisir, et marque l’entrée dans l’âge adulte.
A quel endroit était-ce?
En quelle année était-ce?
Deux questions aux réponses difficiles.
La photo, qui vient du Fonds Saveriu PAOLI, a certainement été prise tout près de Poggiolo mais il est difficile de mieux préciser.
Quant à la date, nous n'en savons rien. Simplement, le troisième personnage en partant de la gauche serait Philippe FRANCESCHETTI, frère de Jean-Antoine. Sachant que "Filipone" est né en 1901 à Poggiolo (et décédé à Marseille en 1970), on peut raisonnablement estimer que l'image aurait été prise vers 1920, certainement entre 1918 et 1920. Le moment est important car la jeunesse des visages montre que ces garçons ont échappé de justesse à la mobilisation pour la première guerre mondiale qui venait à peine de s'achever. N'oublions que trente Poggiolais venaient de mourir dans ce massacre.
Philippe fut ensuite mobilisé pour la "drôle de guerre" en 1939-1940 mais les combats furent d'un tout autre ordre.
Les identités de ces sept jeunes seraient, de gauche à droite:
Jean Noël PINELLI,
François DEMARTINI,
Philippe FRANCESCHETTI,
Jean-Baptiste DESANTI,
Jean-Baptiste CECCALDI,
Toussaint CECCALDI.
et en hauteur, au second plan, Jean DESANTI (de u Rossignolu).
Mais si un de nos lecteurs a plus de renseignements...
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Samedi 20 juin:
Fête de la musique avec le groupe Millishake à la salle des fêtes.
Dimanche 21 juin:
Concours de boules au Belvédère à 11 heures.
Mercredi 24 juin:
début du marché communal de Vico (le mercredi jusqu'au 2 septembre de 8h à 13h place Pardona).
Vacances d'été:
à partir du samedi 4 juillet.
Jusqu'au 16 juillet:
Exposition de photos "A quoi tu penses" au FAM de Guagno-les-Bains, du lundi au vendredi de 9h à 16h.
Du 20 au 29 juillet:
Festival Sorru in musica.
Dimanche 16 août après-midi.
Messe et procession de saint Roch:
Mercredi 19 août:
Récital Diana di l'Alba
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L'album de photos des Poggiolais:
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Pour le commander, suivre le lien:
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Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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