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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 18:01

La question de la laïcité revient de plus en plus souvent au premier plan de l'actualité, qu'il s'agisse de l'hésitation du président de la République à saisir le goupillon pour bénir le cercueil de Johnny Hallyday ou de diverses décisions judiciaires sur la présence ou non d'une crèche ou d'une croix dans des lieux publics. 

L'application de la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat (voir "La laïcité en action dans les Deux Sorru") n'est pas toujours conçue de la même façon. 

 

Avant cette date, de telles questions ne se posaient pas. Certains documents en conservent de curieuses traces, comme ce fut le cas à Poggiolo en 1885.

Le registre d'état-civil de cette année-là a noté la découverte d'un enfant abandonné. 

 

Tous les documents qui suivent peuvent être agrandis en cliquant sur leur image.

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes
Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

Le 15 mars 1885, DESANTI Jules Martin Marie, qui fut maire de Poggiolo de 1880 à 1888, a vu arriver à "la maison commune" Joseph COLONNA, habitant Guagno-les-Bains, pour lui présenter un bébé de sexe masculin. Il déclara "l'avoir trouvé à la porte de sa maison dans la nuit du treize au quatorze mars. Le père et la mère sont inconnus".

Nous avons là un exemple typique d'abandon d'enfant, dont la littérature a souvent donné des exemples jusqu'au début du XXème siècle.

Mais, ici, il s'agissait d'un être en chair et en os.

Que fit alors le maire? 

Une inscription à l'état-civil?

Oui, mais tout d'abord un baptême !

 

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

Jules DESANTI écrit en toutes lettres sur le registre officiel: "nous lavons fait Baptisé".

L'apostrophe manquant à "lavons" a été rajoutée au dessous du mot. Quant à "Baptisé", il aurait fallu écrire "baptiser". Mais ce sont des détails. 

Pour un chrétien, le salut de l'âme est primordial. Et, surtout à cette époque, il fallait baptiser rapidement pour faire partie de l'Eglise et effacer le péché originel. Or, les chances de vie terrestre étaient faibles pour un nouveau-né abandonné dans la nuit.

Le maire a rapidement organisé la cérémonie. On peut supposer qu'il a fait quérir le curé, à moins qu'il n'ait emporté le nourrisson au presbytère. Nous ignorons si le baptême a eu lieu sur les fonts baptismaux de l'église  Saint Siméon.

Fonts baptismaux de St Siméon.

Fonts baptismaux de St Siméon.

 

De même, nous ignorons l'identité du parrain et de la marraine. Il est vrai que, dans les cas d'extrême urgence, on peut se passer de ces deux personnes. Or, l'enfant pouvait passer à tout instant de vie à trépas. Il faudrait pouvoir consulter les registres paroissiaux pour avoir des renseignements plus précis.

Il fallait aussi donner une identité à cet enfant trouvé. Le maire écrit donc: "nous lui avons donné les prénoms de Desanti saint antoine Bains de Guagno" (nous avons respecté les majuscules et les minuscules employées dans le registre).

Le premier prénom, qui devint son nom officiel, est tout simplement celui du maire. Le reste de sa nouvelle identité faisait référence au saint protecteur du village où il avait été trouvé.

 

Jules DESANTI n'en était pas à sa première déclaration d'enfant trouvé. Six mois auparavant, le 7 octobre 1884, GROS Pierre, habitant lui aussi à Guagno-les Bains, lui avait présenté un enfant de sexe masculin qu'il avait trouvé devant sa maison à cinq heures du matin. Le maire lui avait donné "le nom de BOURGAMANO et les prénoms de françois bains de Guagno". Il avait alors bien fait la distinction entre nom et prénoms. Le choix de BOURGAMANO reste obscur. Mais, grosse différence, il n'est pas fait mention de baptême en 1884.

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes
Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

Pourquoi l'acte religieux a-t-il été noté en 1885? Même si la séparation de l'Eglise et de l'Etat n'intervint que vingt ans plus tard, l'état-civil était laïc depuis la Révolution.

Est-ce une erreur du maire qui avait peut-être fait procéder au baptême pour BOURGOMANO mais qui fut certainement pris par l'émotion pour l'enfant suivant?

Ces deux actes posent une infinité de questions.

 

Si BORGOMANO n'apparaît plus dans aucun acte officiel, même dans les décès, il existe quelques renseignements sur ce que devint DESANTI Saint Antoine.

La partie finale de ses prénoms "Bains de Guagno" ne semble plus usitée. Le registre des matricules militaires le mentionne comme "né à Guagno", au lieu de Guagno-les Bains, avec la profession de "cultivateur". La partie consacrée à la filiation porte la mention "enfant assisté". Ses véritables parents n'ont jamais été identifiés et il fut confié à l'Assistance publique. Dans quelle village et dans quelle famille?

Le registre signale qu'il fut condamné en 1903 par le tribunal d'Ajaccio "pour violences et voies de fait à 10 mois de prison". Mais il fut amnistié et il   incorpora l'armée le 7 octobre 1906.

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes

Bénéficiant d'une permission, il se rendit à Guagno (le village, pas les Bains). Peut-être est-ce là qu'il avait été élevé?

Mais le 30 décembre 1906, deux cantonniers guagnais vinrent déclarer à la mairie le décès de Saint Antoine la veille 29 décembre.

L'enfant baptisé grâce au maire de Poggiolo avait rendu son âme à Dieu.

Le maire de Poggiolo a le souci des âmes
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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 18:00

La devinette du mois demandait où l'on peut trouver sept espèces végétales (aulne glutineux, châtaignier, chêne blanc, chêne vert, ciste, frêne orne et olivier).

En fait, ces éléments forment une grande partie de la végétation du canton et on peut les voir à peu près partout. Mais un endroit a été aménagé pour bien mettre en valeur notre nature.

C'est:

sur le sentier d'interprétation de LETIA

 

Le sentier d'interprétation de Letia avait été présenté dans un article publié le 14 octobre dernier (S'instruire sur la Corse en marchant).

Ce circuit, dénommé "Dà u castagnu à l'alivu", a été aménagé afin de "permettre la découverte des richesses naturelles et culturelles d'une région méconnue". Quinze lutrins placés par le Parc Naturel Régional de Corse entre les hameaux de San Roccu et de San Martinu expliquent flore, paysages, pratiques agricoles et vie au village de Letia mais les renseignements sont tout à fait transposables à tous les villages du canton.

 

Toutes ces photos peuvent être agrandies par un simple clic.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

Quatre panneaux avaient été montrés dans l'article précédent. Grâce à Joël CALDERONI, qui est revenu sur les lieux le 23 octobre, nous pouvons publier la quasi-totalité de ce circuit (il manque seulement l'étape numéro 3). Les renseignements en sont plus fiables que ce qui peut être lu sur les panneaux posés à Soccia par le département (voir l'article "Une énorme erreur à Soccia").

L'itinéraire débute à Letia San Roccu et suit l'ordre des numéros tels qu'ils sont indiqués sur le panneau d'introduction, lequel est accompagné d'un texte présentant la situation du village et sa première apparition dans l'histoire de la Corse, au XIIIème siècle.

 

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)
Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

 

Le plan du cheminement est imprimé sur le dépliant disponible, entre autres, à l'office de tourisme de Sagone et à la Casa di u mele de Murzo.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

Panneau numéro 1: l'Acqua

Au passage d'un pont, rappel des efforts séculaires entrepris pour domestiquer l'eau.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

Panneau numéro 2: San Roccu

description du village, de son plan, de la forme des maisons et des matériaux utilisés.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

Panneau numéro 3: u Grataghju

Photo absente. Le panneau est consacré au séchoir à châtaignes.

 

Panneau numéro 4: u Castagnu

L'importance de "l'arbre à pain" qu'était le châtaignier.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

Panneau numéro 5: u Quarciu (le chêne blanc)

Un arbre qui avait de multiples utilisations.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

Panneau numéro 6: e Croce

Les croix sont le symbole de la présence d'une communauté chrétienne, protègent les voyageurs, sont des lieux de pèlerinage et des points de repère. Un village corse ne peut se concevoir sans croix.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)
Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)
Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)
Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

Panneau numéro 7: i Muchji

Le ciste, arbrisseau abondant dans le maquis.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

Panneau numéro 8: u Frassu

le frêne orne, autrefois utilisé pour fabriquer des outils.

Solution de la devinette du mois: les panneaux de Letia (première partie)

 

 

(à suivre)

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 18:10

Le village de Guagno est placé sous la protection de saint Nicolas. Son église, construite en 1582, a été agrandie en 1883 et en 1902. Elle serait une des plus grandes de Corse. Elle contient bien sûr, une statue du saint qui est portée en procession le 6 décembre, jour de la Saint Nicolas.

Cette année, la fête aura lieu dimanche 10 décembre à 11 heures

Le calendrier des autres cérémonies religieuses dans notre canton se trouve à la fin de cet article. 

Pour le moment, nous vous proposons quelques photos inédites de la saint Nicolas 2003 (images Jean-Martin Franceschetti).

La Saint Nicolas guagnaise
La Saint Nicolas guagnaise
La Saint Nicolas guagnaise
La Saint Nicolas guagnaise
La Saint Nicolas guagnaise
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7 novembre 2017 2 07 /11 /novembre /2017 18:02

Les caveaux privés paraissent être des vestiges d'une époque révolue.

Il est plus simple de mettre les cercueils dans le cimetière communal.

Pourtant, les trois caveaux privés qui ont déjà été présentés sur ce blog dans des articles précédents ne sont pas du tout abandonnés et ils ont servi voici peu de temps.

Aujourd'hui ou dans l'avenir, il n'est pas impensable qu'une famille décide la construction d'un quatrième caveau privé. Contrairement à ce que l'on croit souvent, chacun peut installer son propre caveau dans son domaine.

"Corse-Matin" a fort opportunément rappelé, le 1er novembre, les règles à suivre dans ce cas.

"En vertu de l'article L. 2223-9 du Code général des collectivités territoriales, toute personne peut être enterrée sur une propriété privée pourvu que cette propriété soit hors de l'enceinte des villes et des bourges et à la distance prescrite, soit 35 mètres de l'habitation la plus proche".

Les caveaux poggiolais sont bien hors de "l'enceinte" puisqu'il n'y en a pas. Le seul problème pourrait être pour le caveau PINELLI-VENTURINI-OTTAVY car il est proche de la maison CALDERONI. Mais les mesures réalisées montrent que la distance est de 45 mètres, donc tout à fait conforme à la loi.

Bientôt un quatrième caveau privé à Poggiolo?

L'article précisait qu'il fallait quand même une autorisation préfectorale après avis de "la commission compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques." Il reproduisait la mise en garde de la préfecture:

"une inhumation d'un cercueil ou d'une urne funéraire dans une propriété privée grève le terrain où se situe la sépulture d'une servitude perpétuelle de passage au profit des descendants du défunt".

Chaque descendant peut venir près du caveau, quel que soit son degré de parenté avec le propriétaire du terrain. Pour l'instant, ce n'est pas une difficulté pour les familles des trois caveaux. Mais qu'en sera-t-il dans une ou plusieurs générations, quand le nombre de descendants aura augmenté?

Le problème est même aigu pour le cimetière privé qui est au-dessus de l'église. Il a recueilli des corps de plusieurs familles et, maintenant, les MARTINI, DEMARTINI, CALDERONI, FRANCESCHETTI, et d'autres encore, ont parfaitement le droit d'y entrer.

Mais à qui revient l'entretien? A toutes ces familles ou au seul propriétaire du terrain (d'ailleurs, qui est-il?)? La mairie, qui a, certaines années, opéré un débroussaillage, peut très bien ne pas s'en occuper.

Il faut réfléchir à tous ces éléments avant d'engager la construction du quatrième caveau privé.

 

entrée du cimetière privé

entrée du cimetière privé

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28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 17:25

Pour les bergers de Soccia et de nombreux autres villages corses, la date de la Toussaint était particulièrement importante. Les traditions de ce jour-là sont rappelées par Lucien COLONNA, de Partinellu, et Marius MANENTI, de Soccia, dans "Usi sacri è prufani" (tome 1 de "Pastore di Corsica") par Pierre-Jean LUCCIONI et Philippe WALTER (éditions Alain Piazzola, 2016). Nous en recopions la page 171.

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À Soccia, le jour de la Toussaint, la plus belle bête d'un troupeau était sacrifiée et vendue au profit de l'église du village. 

À Partinellu ou à Soccia, le jour de la Toussaint, on entaillait l'oreille d'un bouc ou d'un bélier castré qui était offert à l'église de la paroisse. Une marque spécifique mozzu à e duie arechje (entaillé aux deux oreilles) permettait de l'identifier. On disait de cette bête hè mozza à i Santi (elle a été marquée à la Toussaint). À partir du moment où il était signé, l'animal n'appartenait plus au berger, même s'il restait dans son troupeau. Ces mâles castrés, qui étaient considérés comme des bêtes sacrées, étaient sacrifiés le 13 juin, jour di Sant'Antone et la viande était vendue au profit de l'église di Partinellu. 

 

Colonna Lucien (Partinellu) :

Au début du siècle, mon grand-père, qui était berger, avait signé un bélier le jour de la Toussaint pour l'offrir à l'église du village, le jour di Sant' Antone. Un berger miséreux, avait volé et mangé ce bélier, pensant qu'il n'appartenait plus à personne. Ce geste a été considéré comme un sacrilège par mon grand père qui a préféré ne rien dire au voleur. Quelques semaines plus tard, ce même berger a demandé à mon grand-père de lui prêter quelques béliers pour saillir ses brebis. Mon grand-père a accepté et lui a dit ceci : « je suis très mécontent de toi car tu as volé le bélier signé hè mozza à i Santi (marqué le jour de la Toussaint) réservé à Sant' Antone. Le berger a répondu « I Santi ùn manghjanu » (les Saints ne mangent pas !). 

À la fin des saillies au mois de mai, le berger est parti en montagne avec son troupeau. L'herbe avait poussé en abondance. Au mois de septembre, il est revenu au village avec son troupeau bien nourri et en bonne santé. Le soir de son arrivée, il a parqué le troupeau dans l'enclos. Le lendemain plus de la moitié de ses brebis étaient mortes. Mon grand-père est allé voir le berger et lui a dit "avà, i Santi anu manghjatu" (Maintenant les saints ont mangé !). 

photo extraite du livre

photo extraite du livre

Manenti Marius (Soccia):

Un mouton ou un bouc, de préférence la plus belle bête du troupeau, était signé a l'anime sante (les âmes saintes) le jour de la Toussaint. Le berger pratiquait une entaille particulière sur l'oreille spuntà l'orechja (écimer l'oreille) pour le reconnaitre et il disait à haute voix "questu sarà par l'anime sante" (ce mâle est pour les âmes saintes).

Au bout de quelques années il vendait l'animal et donnait l'argent au curé en lui demandant de dire des messes pour les gens pauvres. Ces animaux ne sont jamais morts prématurément, ils ont toujours vécu longtemps et ont toujours été bien vendus. 

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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 17:43

 Dans les Deux Sorru et les Deux Sevi, l'importance du couvent de Vico est bien reconnue. On sait que l'endroit est occupé par les Oblats de Marie Immaculée. Mais, en Corse, on connaît moins bien le fondateur de cet ordre: Eugène de MAZENOD. 

La vie d'Eugène de MAZENOD a été racontée au Comité du Vieux Marseille le 10 octobre dernier par Michel FRANCESCHETTI.

Né à Aix-en-Provence en 1782, Eugène fut profondément marqué par les années d'exil imposées à sa famille par les troubles révolutionnaires. Il créa sa congrégation pour aider les enfants et les pauvres. Il fut évêque de Marseille de 1837 à 1861 et fit une grande œuvre de bâtisseur et de pasteur, tout en continuant à diriger les Oblats.

L'enregistrement vidéo de la conférence du 10 octobre est visible sur internet. Vico et Poggiolo y sont cités à la 39ème minute.

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24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 17:44

Les 1er et 2 novembre sont des moments importants pour les familles qui vont fêter l'ensemble des saints chrétiens (le 1er novembre ou Toussaint) et se souvenir de leurs morts (le 2 novembre ou jour des Trépassés ou des Défunts). Ces deux jours sont utilisés pour nettoyer les tombes et se souvenir des ancêtres de chaque famille.

Très souvent, les cérémonies religieuses regroupent maintenant les deux fêtes avec, en Corse, la bénédiction du cimetière qui est une cérémonie incontournable.

 

Bénédiction du cimetière de Poggiolo (Toussaint 2013).

Bénédiction du cimetière de Poggiolo (Toussaint 2013).

 

Calendrier 2017

Mercredi 1er novembre:

VICO: 11h messe de la Toussaint et bénédiction du cimetière

SOCCIA: 11h messe de la Toussaint et bénédiction du cimetière

ORTO: 15h messe de la Toussaint et bénédiction du cimetière

GUAGNO LES BAINS: 16h30 bénédiction du cimetière

 

Jeudi 2 novembre:

GUAGNO: 11h messe des Défunts et bénédiction du cimetière

POGGIOLO: 15h messe des Défunts et bénédiction du cimetière

MURZO: 16h30 bénédiction du cimetière

 

(d'après le site du couvent de Vico)

 

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16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 17:47

Même pour des lieux très connus, il est parfois difficile de connaître leur origine et leur histoire.

Il en est ainsi de la chapelle Saint Elisée , au-dessus d'otto.

Un article paru le 15 septembre dans "Corse-Matin" a suscité des réactions apportant des précisions intéressantes. Pascale CHAUVEAU a réalisé une synthèse de ces nouvelles informations le 4 octobre dans le quotidien insulaire sous le titre "Querelle de clochers autour de San Eliseo". Le texte en a été reproduit dans le bulletin "Inseme" d'octobre (pages 6 et 7).

Nous le mettons à votre disposition ci-dessous:

 

 

Ortu: San Eliseu: l'histoire et les petites histoires


A Orto, chaque publication sur Saint Elisée déclenche réactions et polémiques. Non pas sur le Saint lui-même, patron du village, qui rassemble chaque 29 août les habitants d'Orto, Soccia et environs au pèlerinage vers la petite chapelle située à 1 500 mètres d'altitude où une messe est célébrée. 

Les controverses viennent plutôt de l'origine de la chapelle et de la statue de Saint Elisée. 

Récemment, un article, paru dans Corse Matin, faisait allusion à l'origine de la chapelle. « En 1916, deux frères d'Orto, Jules et Pierre Bonifaci, participent à la bataille de la Somme. Un obus se dirige vers Jules, frôle ses jambes ... mais n'explose pas ! Profondément troublé, le militaire, très croyant, fait le vœu, si la guerre l'épargne, d'ériger une chapelle sur le Mont Saint Elisée ». 

Or, sur le mur sud de la chapelle, un gros bloc de granit taillé de type « sobra porta» porte gravé la date « 1800 » avec la mention « Orto », le tout surmonté d'une croix. Dans le village, les recherches se sont organisées, chacun faisant appel à la mémoire des anciens ou à la recherche d'archives. 

Les travaux de Claudine Levie, archéologue et historienne de l'art, indiquent que la chapelle actuelle remplace certainement une ancienne chapelle qui aurait été brûlée ou détruite par la foudre au début du XXème siècle, et ce, à plusieurs reprises. D'ailleurs, en 1900, le site était déjà référencé sur les cartes d'état-major de l'armée, avec la mention « chapelle en ruines ». 

document Géoportail

document Géoportail

Enfin, des blocs en place délimitent les vestiges de fondation de la chapelle d'origine, de taille supérieure : 12,90 m x 3,70 m contre 4 m x 3,70 m pour la chapelle actuelle. Et Claudine Levie de conclure que les indices sont insuffisants pour affirmer que les origines de la chapelle soient romanes, mais que l'idée d'établir un sanctuaire au sommet des crêtes, sur le chemin des pacages, date bien du Moyen-Age. 

Et d'ailleurs tout le monde s'accorde à dire qu'avant 1934, il existait déjà un pèlerinage sur les ruines, sans prêtre, qui partait du village à la nuit tombée à la lueur des torches en bois gras (a deddà). Le chapelet était récité et les villageois redescendaient aussitôt. 
 

document Corse-Matin

document Corse-Matin

La chapelle actuelle œuvre d'un Bonifaci ou d'un Pastinelli ? 

Pour la chapelle actuelle, les avis divergent.

Henriette Fioravanti se souvient de son cousin, Ange-François Pastinelli (qui avait fait fortune en Algérie, d'où son surnom « U ricchu»), et du chanoine Ange-Mathieu Pastinelli, qui avaient entrepris, dans les années 20, la rénovation du clocher et du carrelage de l'église d'Ortu. Travaux qui étaient demeurés inachevés depuis la construction de l'église en 1872. Une fois ces travaux terminés, ce sont eux qui auraient entrepris la rénovation de la chapelle en ruines de Saint Elisée, dans les années 30. On évoque également le maçon Philippe Massoni, dit « Massunellu ». 

A l'opposé de cette version, les petits-enfants de Pierre Bonifaci, et les familles Dore, Paoli, Battesti et Massimi, cousins des Bonifaci, affirment qu'à la fin de la guerre, Jules et son frère Pierre Bonifacj, pratiquants, mécènes et modestes, ont voulu respecter, accompagnés de leurs épouses, le serment fait un jour d'épouvante. Dans cette version, Jules aurait été maitre d'ouvrage, prenant régulièrement avec son épouse Radégonde le chemin des montagnes pour veiller à la réalisation du projet. Ajoutant que le chanoine Pastinelli n'aurait été que le maitre d'oeuvre des travaux, dont il aurait décidé des plans et de l'emplacement. 

Reste la statue du saint, qui reste toute l'année en montagne dans la petite chapelle. Incontestablement un don d'Ange-François Pastinelli, comme l'en témoignent les initiales AF. Pastinelli gravées sur le socle. Sachant que le même richissime Ange-François aurait également offert à l'église du village la statue de Saint Dominique, et fait construire l'actuelle chapelle du col de Sorru, il semblerait probable qu'il soit aussi à l'origine du financement de la chapelle des hauteurs. 
 

chapelle du col de Sorru

chapelle du col de Sorru

Enfin pour la petite histoire, c'est un certain Polo Castellani qui aurait monté sur son dos, seul, la statue du saint du village jusqu'à la chapelle, en 1934 ou 1935. 

Depuis des lustres, San Eliseo accueille en sa chapelle haut perchée des générations d'âmes croyantes, et on dit qu'il a exaucé bien des vœux. Au-delà des querelles, il aura au moins permis qu'à Orto des bénévoles continuent à œuvrer pour la sauvegarde de leur patrimoine spirituel. 

Pascale Chauveau 
 

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 17:42

Une erreur visible par tous et qui n'est pas rectifiée devient une vérité. Il faut la rectifier au plus tôt. Mais encore faut-il se rendre compte de la contre-vérité.

Le conseil général de Corse-du-sud a fait installer des pupitres d'information dans les villages de Sorru in Sù en octobre 2015. Pendant l'été, les touristes, avides de renseignements sur cette région si particulière, s'arrêtent pour les lire. Par contre, les habitués des lieux n'y ont pas particulièrement attaché d'importance. Et c'est là leur erreur...

Dans ce blog, plusieurs erreurs et approximations concernant Poggiolo et Guagno-les-Bains avaient été relevées.

Mais les panneaux de Soccia auraient dû être examinés car une même grosse erreur se trouve deux fois.

Lisez le texte placé devant la mairie puis celui du lutrin qui est un peu plus loin, à la bifurcation de la route faisant le tour du village. Cliquez sur les images pour bien lire. 

Voyez-vous le problème?

devant la mairie

devant la mairie

à la bifurcation

à la bifurcation

Les éminents lecteurs habituels du Blog des Poggiolais n'ont aucune difficulté à trouver l'erreur, tant elle est manifeste:

Il est écrit par deux fois que san Marcellu était église piévane et que, après son abandon, ce rôle fut rempli par l'église paroissiale de Soccia.

Rien de plus faux !

Une énorme erreur à Soccia
Une énorme erreur à Soccia

 

Une église piévane était l'église principale de la pieve. Pendant longtemps, au Moyen Age, les baptêmes ne se déroulaient que dans ce bâtiment, même si des églises secondaires et des chapelles existaient dans le même territoire. Le lieu servait aussi de siège à l'assemblée qui attribuait les pâturages collectifs et de tribunal local (renseignements trouvés sur Wikipedia).

 

Pour Sorru in Sù, l'église piévane fut au Xème siècle Sant'Anorilla ou Sant'Anarilla, aux Trois Chemins, entre Poggiolo et Soccia.

L'archéologue Moracchini-Mazel en avait trouvé quelques pierres dont une a été retrouvée en 2013 par Noelle MEDURIO et Anna-Maria LECA dans le cadre de leur recherche sur le patrimoine bâti des Deux-Sorru (voir le compte-rendu ICI).  

pierre vestige de Sant'Anarilla (site m3c.univ-corse.fr)

pierre vestige de Sant'Anarilla (site m3c.univ-corse.fr)

Cette église fut remplacée, peut-être au début du XVIème siècle, par Saint Siméon de Poggiolo.

Quant à San Marcello, elle n'a jamais été qu'une chapelle, édifiée peut-être à cause de la présence d'une source qui coule toujours près de la route. En dehors de quelques pierres éparses, il reste un vestige important: le triptyque peint sur bois à la fin du XVème et représentant la Vierge à l'enfant entourée de saint Marcel et de saint Pierre, classé monument historique depuis 1957. Or, le texte de présentation placé sous cette peinture dans l'église de Soccia indique bien qu'elle se trouvait "dans une modeste chapelle située non loin du village au lieu dit "San Marcello" dont les vestiges ont pratiquement disparu aujourd'hui".

 

 

Une énorme erreur à Soccia

Questionné en août dernier, Jean-Baptiste PAOLI, le spécialiste de l'histoire socciaise, nous a confirmé l'impossibilité que San Marcello ait jamais été église piévane.

A Soccia, l'église Santa Maria delle Gratie était une simple chapelle installée au XVIème siècle. Elle devint paroissiale en 1713, avec autorisation par l'évêque de Sagone d'ouvrir des registres paroissiaux.

L'église de Poggiolo resta piévane jusqu'en 1781, année où l'évêque choisit celle de Guagno. Mais le curé poggiolais s'y opposa jusqu'à la fin de la Révolution.

 

Il est inutile de chercher quel est l'auteur de cette bourde mais il est indispensable de ne pas la laisser perdurer.

Elle risque de devenir vérité officielle, tout comme le mythe des séances de cure thermale de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie à Guagno-les-Bains.

Nos villages ne méritent pas une Histoire travestie.

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24 septembre 2017 7 24 /09 /septembre /2017 17:47

Même si tout paraît aller de soi, une fête ou une cérémonie demande un minimum de préparation.

Cette année, dès le matin du 16 août, un groupe de préparateurs a été mobilisé pour décorer la chapelle en vue de la messe et de la procession de saint Roch.

Certains sont allés couper des branches d'arbousiers aux Trois Chemins pour confectionner un arc de triomphe autour de l'entrée de l'église. Ils ont également pris plusieurs tables et chaises à la salle des fêtes en vue de l'apéritif prévu sur la place.

Une fête, ça se prépare
Une fête, ça se prépare

Il a fallu descendre la statue du saint qui trône au dessus de l'autel pour l'attacher sur le brancard processionnaire.

Une fête, ça se prépare
Une fête, ça se prépare

L'intérieur de la chapelle a été soigneusement nettoyé, en n'oubliant pas d'enlever les toiles d'araignée dans les coins du plafond.

Une fête, ça se prépare

Surtout, l'ensemble a été superbement fleuri.

Une fête, ça se prépare
Une fête, ça se prépare
Une fête, ça se prépare
Une fête, ça se prépare
Une fête, ça se prépare

L'entrée et la statue ont également été bien agrémentées de fleurs.

Une fête, ça se prépare
Une fête, ça se prépare
Une fête, ça se prépare

Un grand merci à tous les préparateurs:

 

- Germaine

- Jeannine

- Jean-Baptiste

- Marie

- Nénette

- Nico

- Philippe

- Pierre

- Valère

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Dates à retenir:

Jeudi 14 mai:

à 10h30, messe de l'Ascension à Ortu.

 

Samedi 23 mai:

à 15 heures, à l'église de Soccia, cérémonie du dépôt de l'urne de Guiguite.

 

Samedi 6 juin:

 à 11h, au cimetière de Poggiolo, cérémonie civile pour l’inhumation des cendres d’Edouard Martini, décédé à Chambéry le 26 novembre 2025. Un apéritif amical suivra au bar de Poggiolo.

 

 

5, 6 et 7 juin:

Salon des éditeurs de Corse à Allauch.

 

Vacances d'été:

à partir du samedi 4 juillet.

 

Messe et procession de saint Roch:

Dimanche 16 août après-midi.

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.