Attention! La nuit du 31 juillet au 1er août va arriver.
Cette nuit était redoutée en Corse, et particulièrement dans les Deux Sorru, car elle était le moment des mandrache pendant lesquelles s'affrontaient les mazzeri à coups d'asphodèles.
Mandrache? Mazzeri? Asphodèles?
Pour savoir de quoi il s'agit, plongez dans la Corse mystérieuse avec l'article consacré l'an dernier à la nuit des mazzeri.
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Les légendes de chez nous: la nuit des mazzeri (1/10) - Le blog des Poggiolais
Pendant longtemps, dans toute la Corse, la nuit du 31 juillet au 1er août était redoutée car elle était la nuit des mandrache pendant laquelle s'affrontaient les mazzeri. La pieve de Sorru-in-S...
https://poggiolo.over-blog.fr/2024/07/la-nuit-des-mazzeri.html
Les maisons sont nombreuses à être fermées une grande partie de l'année. Elles s'ouvrent pour l'été où elles reçoivent leurs propriétaires et leurs enfants qui vivent sur le continent. Les familles n'oublient pas qu'elles ont des racines, qu'elles ont leurs ancêtres, qu'elles ont un peu de leur âme au village.
Les maisons les attendent, maisons qui ne sont pas des résidences secondaires mais des aides-mémoires familiaux.
Quand elles sont bien entretenues, elles montrent que les membres de la famille y attachent toujours de l'importance, qu'ils souhaitent le montrer et, souvent, que l'un ou l'autre reviendra vivre plus longtemps ou même s'y installera définitivement.
Il est donc important de protéger matériellement les maisons avec des travaux d'entretien et aussi de les protéger spirituellement en les bénissant avec de l'eau bénite. Cette coutume de la spergiata se déroulait autrefois le Samedi Saint.
Ce jour-là, avait lieu la "pulizia di Pasqua", le grand nettoyage des maisons, qui est décrit dans le texte suivant, extrait de "Almanach de la mémoire et des coutumes de la Corse" par Claire TIÉVANT et Lucie DESIDERI (Albin Michel).
"Le samedi saint est, entre la mort du Christ et sa résurrection, un jour d'attente, notamment marqué par des bénédictions et des fêtes. (...) Les fenêtres des maisons sont largement ouvertes et dans les foyers, on accomplit une série de gestes pour "chasser la misère et le diable": les femmes bougent tous les meubles, elles les touchent ou les tapent avec des baguettes en bois. Ainsi remuée et libérée des forces mauvaises, la demeure pourra, l'après-midi, être bénie. C'est en effet l'après-midi du samedi saint que le prêtre procède à la bénédiction des maisons. En guise de contre-don, on lui offrait jadis des provisions de bouche (œuf, jambon et fromages de brebis)."
Bénédiction des maisons à POGGIOLO et GUAGNO-LES-BAINS mardi 29 juillet à partir de 9h 30. S'adresser au couvent de Vico ou, au village, à Marie et Germaine.
Mardi 12 août: GUAGNO
Mercredi 13 août: ORTO
Lundi 18 août: MURZO
Mardi 19 août: SOCCIA
C'est le 22 juillet que se situe la fête d'une des saintes les plus populaires: Marie Madeleine.
A Poggiolo, elle est présente sous la forme d'une statue qui se trouve dans l'église de Saint Siméon, dans la chapelle de droite dédiée à sainte Lucie.
Cette statue n'étant pas inscrite dans l'inventaire de 1905, elle a donc été installée après cette date.
Sans même consulter son nom inscrit sur le socle, on peut la reconnaître à ses cheveux dénoués en signe de repentir.
Dans la même église, Madeleine existe également sur le grand tableau réalisé par Damaso MAESTRACCI en 1939.
Sur cette descente de croix, le corps du Christ est entouré par sept personnages, trois hommes et quatre femmes. Madeleine se trouve tout à fait à droite en bas, à genoux, la tête dans les mains. Le visage et le corps sont cachés par une abondante chevelure rousse.
Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir - Le blog des Poggiolais
La devinette du mois portait sur l'aspect physique de Jésus et plus précisément sur sa couleur de peau. A Poggiolo, il existe un élément important concernant le possible aspect physique du Chr...
https://poggiolo.over-blog.fr/2017/04/solution-a-la-devinette-du-mois-le-christ-etait-noir.html
Le prénom de Jean-Baptiste fait partie des prénoms courants à Poggiolo et en Corse. Le 24 juin, jour de la nativité du saint, est passé sans que nous fassions allusion à sa présence dans le village. Or, elle est importante. Réparons l'oubli.
Le cousin de Jésus est présent quatre fois au village.
Dans l'église Saint Siméon, la chapelle de droite lui est entièrement dédiée.
L'autel est surmonté par une statue mentionnée dans l'inventaire de juin 1905. D'une valeur estimée alors à 30 francs, elle fut donnée en 1875 par Jean-Baptiste PAOLI (1824-1907). Elle a été restaurée entre 2013 et 2016 par Ewa POLI.
Sur le mur de gauche de cette chapelle, est accrochée une peinture à l'huile du baptême du Christ par Jean-Baptiste. Mesurant 1,52 m sur 1,16 m, elle est classée par les Monuments historiques depuis le 26 septembre 2016. Son auteur serait un Corse du XIXe siècle.
Pour terminer, jetons un regard sur la voûte. La scène du baptême est une restauration par Mario SEPULCRE qui, en 2007, avait été chargé de remettre en état les fresques de COPPOLANI et BASSOUL datant de 1903.
Mario SEPULCRE, justement, avait été chargé de la restauration de la chapelle Saint Roch en 2011. Il a utilisé un espace libre sur le mur de droite pour peindre un saint Jean Baptiste de son cru, avec le Christ en petit prés de lui.
L'artiste avait expliqué son travail lors de l'inauguration du 16 août 2012. Son discours est en vidéo.
L'association Culori di Coghja vient de publier "U piattu di Minnana, saveurs d'un village corse".
Il comporte 86 recettes illustrées par des artistes amateurs? C'est un voyage gourmand au coeur des Deux Sorru.
Il sera présenté lors de la soirée de lancement le 19 juillet avec le concours de deux chorales dirigées par Fabrice MASSIANI et Lionel NICOLAI en l'église St Sauveur de Coghja. Il sera vendu au prix de 22 euros.
Le moment le plus important de l'année pour un éleveur de moutons est celui de la tonte.
La tundera se situe en mai ou parfois début juin. Autrefois, elle était l'occasion de réunions de nombreux bergers avec leurs familles avant de commencer la transhumance.
Cette année 2025, à Poggiolo, ils étaient trois hommes, Ange CORRIERAS, Bernard FRANCESCHETTI et Jean-Baptiste PAOLI, pour tondre deux brebis selon les méthodes ancestrales.
En premier lieu, il fallut attraper la bête, la renverser et entraver ses pattes pour l'immobiliser.
Puis, elle fut déposée sur une table constituée de planches.
Les animaux immobilisés et placés à la bonne hauteur, la tonte proprement dite commença.
Les brebis, d'abord apeurées, finirent par se laisser faire.
La toison fut enlevée par des ciseaux particuliers, appelés "e forbice". En français, ils sont nommés "forces".
D'après Wikipédia:
Les forces sont des outils ou instruments de coupe dotés de deux lames qui se chevauchent et travaillent en cisaillement et qui sont réunies par un ressort en acier, le tout formant généralement une seule pièce.
Le dernier brin de laine enlevé, les bêtes sont habituellement bénies selon des rites païens ou chrétiens. Pierre-Jean LUCCIONI et Philippe WALTER décrivent cette cérémonie dans les pages 55 et 56 de "Usi sacri è prufani" (ed Piazzola, 2016):
"De l'eau est versée dans un seau à traire pour permettre aux tondeurs de se laver les mains imprégnées de suint puis de nettoyer leurs forces (ciseaux). A l'aide d'un goupillon, confectionné avec de la laine ou avec une branche de ciste ou de fougère, le propriétaire du troupeau se décoiffe, il fait le signe de croix et bénit les brebis tondues en récitant a pricantula (prière) à haute voix. Les formules varient selon les les régions ou les bergers."
A Pighjolu, la prière choisie et prononcée par Jean-Baptiste PAOLI fut la suivante:
"Pecura nera, pecura bianca,
À chi more more
À chi campa campa"
(Traduction page 60 du livre cité ci-dessus:
Brebis noire, brebis blanche, ou bien vous allez mourir ou bien vous allez prospérer).
Sauf la dernière, les photos sont de Marie-Claude Franceschetti.
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"Tundera" (tonte des moutons) aux ciseaux en Corse.
Tonte des moutons de façon traditionnelle (aux ciseaux) en Corse. Une tradition peu à peu remplacée par une tonte mécanisée.
Même parmi les Poggiolais vivant depuis toujours au village, peu connaissent cette niche vitrée aménagée sur une façade de maison.
Il est vrai qu'elle est peu visible car elle est en hauteur, au premier étage. Il faut donc lever la tête au bon endroit pour l'apercevoir, d'autant plus que la ruelle est étroite, entre la stretta et la place Inghju.
Cette niche cache-t-elle quelque chose? Malgré la vitre, il est difficile de voir l'intérieur. On peut quand même soupçonner la présence d'une statuette.
En grossissant et en éclaircissant la photo, la réponse arrive enfin: une petite statue de saint Joseph tenant l'enfant Jésus.
De facture naïve et artisanale, cette figurine est un témoignage de la piété populaire qui fut si importante dans les villages corses.
Elle fait penser aux "Barchi di a Madonna" qui se trouvent à quelques endroits d'Ajaccio (voir l'article en cliquant ICI).
Mais quand et par qui cette installation a-t-elle été faite?
Hélène DUBREUIL a recueilli le témoignage de Lise qui habite en face. Ce serait l'œuvre de son oncle Jules, qui était garde forestier. Ayant acheté cette maison dans les années 1970, il aurait utilisé ce trou qui existait déjà pour y installer la statue et la protéger par une grosse vitre. Nous n'en savons pas plus pour le moment.
NB: toutes les photos sont de Michel Franceschetti.
Disponible à partir de vendredi 30 mai, MIMORIA MUNTAGNOLA est le nouveau livre édité par l'association Letia-Catena. Que contient-il?
U Libru Mimoria Muntagnola
Letia-Catena a pu réunir dix intervenants qui se sont réparti la tâche, selon leur spécialité mais surtout selon les connaissances que chacun d’eux portait sur différentes matières exposées et, pour les néophytes, selon leur aptitude ou leur penchant exprimé pour traiter le sujet choisi. Ces sujets concernent néanmoins notre communauté, la région et la Corse en général. Le but est, comme chaque année, de répertorier et transmettre aux jeunes générations les acquis et connaissances traditionnelles de la communauté, portées par la tradition orale et la mémoire collective. Il s’agit également de s’efforcer de répertorier les valeurs qui ont forgé le caractère de nos communautés montagnardes, au travers des évènements historiques traversés.
Nos membres actifs ont évoqué de manière exhaustive le Néolithique, sa progression du Proche-Orient vers l’Europe et la Corse, ainsi que les sites connus et visités dans nos régions lors des recherches archéologiques effectuées sous l’autorité du Service Régional d’Archéologie. Ils ont exposé la répartition des statues-menhirs de la région Sorru-Sevi-Cinarca.
Une vaste étude, documentée, a évoqué avec précision les peintres russes et leurs œuvres en Corse.
On a évoqué également l’indignation que manifeste ce vieillard de notre montagne, devant l’ignorance de sa descendance. Il se lève, les bras au ciel et fustige les siens, car ayant proclamé « So statu carbonaru », ces derniers comprennent qu’il a été... charbonnier. Son indignation le conduit à passer outre à son souci de discrétion pour le secret qu’il avait respecté toute sa vie. Il s’efforce ainsi d’expliquer, en détail, la réalité de son engagement du Carbonaru qu’il avait été.
Les événements historiques de notre région ont été détaillés, du Moyen-âge au départ pour l’exil de Pascal Paoli, âgé de 14 ans, avec aussi les combats et la présence dans le Vicolais du fils de Sampiero poursuivant la lutte de son père avec ses compagnons.
Le souvenir des unités britanniques des Corsicans Rangers a été évoqué. Cette étude concerne les troupes corses au service des Britanniques durant les guerres napoléoniennes.
L’un de nos membres actifs à poursuivi les recherches concernant la généalogie au sein de la communauté ; recherches qui ont débuté il y a maintenant douze ans.
Enfin, ce sont les signes de marquages des animaux, datant des temps immémoriaux, qui ont fait l’objet d’une étude détaillée avec la répartition nominative et la description précise pour chacune des familles de la communauté, afin que ces signes de marquage ne se perdent car aucune liste officielle ne subsiste. Le marquage des animaux avait une importance certaine à l’époque où l’élevage constituait la source de revenus essentielle pour les hommes et les familles. Les visiteurs de la Corse dans l’antiquité se sont appliqués à décrire leurs découvertes à ce sujet. Il en est ainsi pour le théoricien grecque Polybe, né vers 200 avant J.C. Il évoque l’appel du troupeau ou comment le rassembler, en décrivant l’Alletu. Diodore de Sicile, né vers 90 avant J.C., découvrant le marquage précis des troupeaux, en visite dans l’île, évoque ce détail de la vie traditionnelle comme une preuve de la structuration sociale de l’île et de la gestion de ses ressources. Il affirme parlant des habitants de Kyrnos : « Ils vivent ensemble selon les règles de la justice et de l'humanité, contrairement aux mœurs de presque tous les autres Barbares…. Les propriétaires ne perdent jamais leurs troupeaux, marqués par des signes distinctifs, lors même que personne ne les garde. Du reste, dans toutes les rencontres de la vie, les habitants de Kyrnos cultivent la pratique de la justice ».
Le Livre Mimoria Muntagnola est en vente au prix de 20 euros aux adresses habituelles :
-A Letia: auprès des membres actifs ;
-A Renno : au siège de SIPOFA ;
-A Sagone : Villa Romana ;
-A Ajaccio : Librairie le Mouflon 19, Bd Fred Scamaroni ;
-A Vico : Librairie du Café National.
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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:
Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.
Mercredi 19 août:
Récital Diana di l'Alba à Poggiolo.
Jeudi 20 août:
Primavera en concert, église de Soccia.
Dimanche 23 août:
Challenge de pétanque Umberto Chiti
Samedi 29 août:
pèlerinage à Saint Elisée.
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L'album de photos des Poggiolais:
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Pour le commander, suivre le lien:
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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?
Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com
Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.