commenter cet article …
Les membres de l'association Letia-Catena poursuivent leur travail de mémoire et d'édition. En atteste, la parution du troisième volume de "Letia témoignages et documents" auquel 120 personnes ont participé.
Si cet excellent travail a été réalisé pour Letia, si un autre a été publié sur Figari (voir l'article "150 photographies racontent l'histoire du village" ), pourquoi un groupe ne pourrait-il pas s'organiser pour raconter Poggiolo?
Par ailleurs, Letia-Catena organise ses Scontri 2023 le samedi 12 août prochain: voir l'annonce publiée ici.
---------------------------
Article paru dans Corse-Matin le 30 juillet sur le nouveau livre consacré à Letia:
Un ouvrage radieux
Entre archives, photos noir et blanc prises sur le vif et témoignages "bien vivants", les membres de l'association Letia-Catena présidée par Patrick Cerruti cultivent l'art de la réminiscence. Au point de transformer l'exercice en petite aventure collective. Car, c'est tous ensemble, acteurs associatifs et villageois que l'on brasse les siècles et que l'on fait revivre les scènes de jadis. Et, de volume en volume, le nombre de contributeurs locaux augmente dans des proportions importantes. "120 personnes ont participé à la réalisation du tome III de la série Letia, témoignages et documents, qui vient de paraître. Nous observons un petit engouement", se félicite-t-on au sein de Letia-Catena.
Des retrouvailles et une émotion vive
Les souvenirs se sont fait hommage, aux colporteurs, aux commerçants, aux tailleurs de pierre, aux médecins et autres figures marquantes d'autrefois. "Nous avons fait le choix d'insérer des chapitres qui tiennent lieu de biographie. Les gens retrouvent des visages familiers, des fragments de la vie d'avant. C'est très émouvant", admettent les rédacteurs.
Letia sépia ramène ainsi sur la place du Fondu à Saint-Roch, auprès de Patriziu Fella, le bancarotta italien qui vendait aussi bien des peignes à puces que des coupons de tissus à carreaux et de l'eau de Cologne "extra pour les mouchoirs".
D'autres fois, c'est l'arrivée de Jean-Marie Fieschi, le canistrellaghju que l'on guette avec impatience. Toujours en bleu de chauffe, il vient de Renno, à dos d'âne et "parle fort comme tous les gens" de son village.
Dans la mémoire de Letia se nichent encore Ange-François Padrona, "Néné" qui "monte le pain deux fois par semaine et approvisionne les épiceries", puis Joseph Tidori, "le seul à avoir un CAP de boucher en Corse après guerre". Lorsqu'il n'organise pas des farandoles électorales, il vend sa viande "jusqu'à Muna, Salice et Pastricciola".
Surgissent les silhouettes d'Augustin Mosca, le facteur qui jusque dans les années 1960 faisait sa tournée sur son cheval roux, d'Antoine Nivaggioli, l'épicier dont les deux fils feront partie des morts de la Grande Guerre, ainsi que d'Andria Callegari sur le pas de la porte de sa boutique, "À la ville de Vico".
Les carnets intimes de Letia mettent aussi en lumière Feliciola - Félicie Raffalli -, l'épicière de Poghju à Botte qui offrait des friandises aux enfants, ou César Arrighi, qui chaque année à Pâques avait la responsabilité d'allumer le feu de la Résurrection.
Il y a 60 ans et plus, Sébastien Chiappini, construisait des murs de soutènement du côté de la maison Ragazzacci, de celle de Zia Filiciola ou de la route de Noce. Ils font toujours partie du paysage contemporain. "Lagate fà à Bastianu..."
Mgr BUSTILLO, l’évêque de Corse, sera présent cette année à San Liseu le 29 août.
Les personnes ayant des difficultés à se déplacer auront la possibilité de s' y rendre en hélicoptère au départ d'Orto.
Réservation dès à présent auprès de:
- Nicolas Rutily au 06 10 26 93 50
- Pascale Schaeckis au 06 83 16 87 94
Photo François Quirac.
Il existe des prénoms spécifiques à la Corse et, contrairement à ce qui est communément admis, ils ne sont pas tous liés aux noms de saints.
La démonstration en a été fournie par l'analyse du dernier livre de Philippe OLLANDINI publiée dans le Corse-Matin du 7 juin 2023.
L'article présenté aujourd'hui complète les deux articles récents sur l'origine des noms de famille corses:
et
Les Franceschetti existent-ils?
----------------------------------------------------------
Comment les Corses nommaient leurs enfants au Moyen-Age
par Paule SANTONI
Les saints, les apôtres et la religion en général constituaient une source d'inspiration majeure. La littérature, la nature, la géographie et les préoccupations professionnelles faisaient aussi identité. C'est ce qu'explique Philippe Ollandini dans un ouvrage dense et très bien documenté.
De A comme Abra à Z comme Zuaninco en passant par Amoroso, Argentuccia, Battista, Calzone, Federico, Grisgione ou encore Padovano, Jovani, Sansonetto, Tiberio et Zerbino. Ces noms, comme plus de deux mille autres, collent à la peau des Corses du Moyen-Âge. Un petit stock onomastique qui révèle des parents de jadis, inspirés et en quête d'une certaine originalité.
LIRE AUSSI. Roger Miniconi : "Certains toponymes du littoral de Corse remontent au Néolithique"
Il a été constitué par Philippe Ollandini dans son ouvrage Le nom de personne en Corse à la fin du Moyen-Âge (ed Alain Piazzola). L'approche s'inscrit dans le périmètre formé par les registres de la Taglia - l'impôt direct - établi par les percepteurs génois de 1537. "Ces documents font état de 19 992 ''feux''. Et seuls les noms des chefs de ''feu'', en majorité des pères de famille, sont recensés", précise l'auteur.
Le début de "l'état des âmes" de Poggiolo en 1636 donne une idée des difficultés à déchiffrer les vieux manuscrits.
"Jovanni" en tête
En règle générale, l'identité de chacun passe par un nom unique. Le principe comporte toutefois son lot d'exceptions. Celles-ci sont alors déterminées par l'ajout d'un "deuxième élément". La désignation complémentaire, très en vogue en Balagne notamment, fait appel au nom du père ou de la mère, à l'origine géographique ou autre. Certains individus se démarquent en ayant, "leur nom précédé ou suivi de la désignation de leur statut social, comme prete, capitano, gentilhomo ou bien de leur activité professionnelle spécifique, telle que maestro. D'autres, décédés ou absents voyaient parfois leur nom cité dans le cadre de leur parenté avec le désormais chef de ''feu'', dès lors désigné par une périphrase", développe Philippe Ollandini.
Cette fois, c'est à partir des rapports familiaux qui s'articulent entre eux que l'identité est construite. On est la femme, la veuve, l'orphelin ou l'orpheline de quelqu'un. Comme Gallina vedua / veuve de Fratone, ou encore Lanciano, orfano / orphelin di Manuello. La parentèle sert donc de caractéristique.
Au-delà, les parents médiévaux semblent donner en priorité à leurs enfants le nom d'un chrétien de renom qui les a précédés dans la foi, au point de créer des situations "d'hégémonie onomastiques". Une façon sans doute, de rendre hommage à son apôtre, à son saint de prédilection, tout en s'attirant ses bonnes grâces à une époque où l'Église et les ordres religieux travaillent à la dévotion populaire et au rayonnement des grandes figures de l'Ancien et du Nouveau testament. Dès lors, une mode se crée. Du nord au sud de l'île, on croise, entre autres, des Adamo, Moise ou Salamone, des Lazzaro, Marco, Petro / Pero ou Simone, Francesco, Matteo ou Terramo et Quilico. Certains noms, du type Angelo / Angiolo, Gabriello ou Michele / Micaello sont liés à l'expression de la dévotion chrétienne, d'autres à celle de la piété, à l'image d'Agnello, Cristiano, Pasquale ou Pelicano / Policano. Il y a aussi des Bambino, Gasparo ou Novella.
Mais, c'est Jovanni qui figure en tête du hit-parade. "Et ce succès de Jovanni en Corse se vérifie aussi dans le temps, lui conférant ainsi une longévité remarquable - toujours à la première place - au moins depuis le XIIIe siècle",constate l'auteur. On aime le nom, ses dérivés, 55 au moins au total, ainsi que ses composés.
Des loups et des ours
À un degré moindre, la littérature antique et médiévale fait également son effet sur les esprits cultivés. Les noms seront alors chargés de mythes, de légende et d'humanité glorieuse. Les Alessandro, Arrigo, Cesare / Cesaro, Federico, Lovico, Marcantonio Zinevra, Achille, Ettore, Priano, Chiaramonte, Fioravanti, Manetto, Oliveri, Lancialetto délivrent un message fort.
Certains parents font le choix de se réfugier dans la géographie ou de puiser dans un registre professionnel. Au XVIe siècle, on peut très bien s'appeler Cruzino, Appietuccio, Luri, Casanova ou bien Baccialeri et Taglioferro.
Du surnom au nom, il n'y a qu'un pas très vite franchi aussi. Le mouvement produit des Asinello, Riccione et autres Calcagno, Manodritta, Perfetto et Buffone.
Il arrive encore que la recherche du prénom passe par la faune et la flore. Ce qui donne forme à des Giglio, Provinca, Rosa, Silvestro, Garofalo, ou encore Lupo et Orsu.
L'originalité est plus marquée s'agissant des femmes. Par définition, elles n'ont pas à assurer la continuité de l'identité familiale. Dans ces conditions, toutes les fantaisies ou presque sont permises.
Les noms des hommes, en revanche, se transmettent de grand-père à petit-fils. Les idées saugrenues sont donc proscrites.
Ces noms auront des fortunes diverses. Certains s'éteindront, d'autres subiront quelques modifications et d'autres encore traverseront les siècles intacts. Leur trajectoire sera alors aussi celle de noms de famille.
Le nom de personne en Corse à la fin du Moyen-Âge. Étude du système anthroponymique et des noms, Philippe Ollandini, 383 p, ed Alain Piazzola.
/image%2F0574608%2F20230705%2Fob_2371fd_legende.jpg)
Les FRANCESCHETTI existent-ils? - Le blog des Poggiolais
D'où vient mon nom de famille? Cette question que chacun s'est posé au moins une fois dans sa vie a été détournée de façon un peu provocatrice sous la forme : "Les noms de famille corses ...
http://poggiolo.over-blog.fr/2023/07/les-franceschetti-existent-ils.html
Sur la terrasse d'une famille poggiolaise, il se trouve une pierre taillée particulière. Elle est de forme ovale, creusée comme un petit lavabo ou une bassine à fond plat, avec un de ses bouts entaillé pour permettre à un liquide de s'écouler.
Cette pierre aurait fait partie du fragnu de Poggiolo et aurait été offerte par un membre de la famille CECCALDI, propriétaire du terrain sur lequel se trouvait le moulin à huile disparu peu après la seconde guerre mondiale.
Mais à quoi servait-elle alors?
Un de nos lecteurs peut-il nous éclairer?
A Poggiolo, le Fragnu est l'endroit proche de l'embranchement des routes allant vers Soccia, Orto et Guagno-les-Bains. Il est marqué par une croix comme il en existe souvent à l'entrée des villages corses.
Que signifie ce nom? Quelle est son origine? Quelles sont ses différentes formes?
Le professeur Jean CHIORBOLI a répondu à ces questions dans le numéro du 9 juin 2023 de Settimana où il rédige la chronique "I vostri lochi". Il y décortique les noms de lieux mentionnés sur les cartes de l'IGN ou de personnes de famille.
Voici le texte sur le Fragnu.
FRANGHJU & FRAGNU,
pas de village corse sans pressoir
"Hè bellu u mo paese, cù e muntagne intorno, e case insemme appese, a ghjesa, u fragnu, u fornu, strette, loghje, terrazzoli, tetti fasciati di teghje a piazza cun trè tiglioli ricordu di tante veghje". Ce vieux texte (cité en graphie « modernisée ») présente l’habituelle image du village corse avec son église, son four, son pressoir …
En général, on distingue en corse le pressoir à raisin, palmentu (sur les divers sens du mot voir mes Chroniques corses, J. Chiorboli 2023, à paraître aux éditions Spondi) et le pressoir à olives : fragnu ou franghju (italien frantoia) dérivés du latin frangere dont le premier sens est "briser" (cf sens figuré français enfreindre). Si le verbe corse fragne (franghje, fragnà) a le plus souvent le sens de presser les olives, on a aussi le sens figuré de briser (le cœur) : "Mi sentu fragne lu core » dit la sainte dans U martiriu di Santa Divota (P. Lucciardi 1922). Dans une poésie, les Corses vistuti di piloni sont massacrés à la bataille de Ponte Novu, écrasés comme des fruits dans un énorme pressoir : "Tazzati cume li frutti/ Ch'ellu pesta lu fragnone! » (M. Appinzapalu 1926, Pampane corse). On a aussi pour le pressurage des olives le dérivé franta (le latin fractus a donné dans la langue vulgaire franctus, cf. italien franto) et les variantes franghjera, fragnera. Le suffixe -era est caractéristique du corse qui peut former à partir de toutes sortes de verbes des noms d'action: comparer le corse tribbiera qui indique à la fois l’action et le temps du battage (du blé) et trebbiatura (italien) ou battage (français).
On retrouve dans la topornymie les variantes régulières comme franghju ou fragnu, mais aussi des formes comme frangio ou franghio qui représentent des tentatives maladroites de toscanisation. La base de données de l’IGN relève une trentaine de formes de ce type, en voici quelques-unes:
FRANGIO (Barrettalli 2B)
FRAGNO (San Giovanni-di-Moriani 2B)
FRAGNU (Prunelli-di-Fiumorbo 2B)
FRANGHIO (Matra 2B)
FRANGHIO (Valle-di-Rostino 2B)
FRANGIO (Ersa 2B)
FRANGIO (Meria 2B)
FRANGlO (Pietracorbara 2B)
FRANGIO (Porto-Vecchio 2A)
FRANGIO (Tomino 2Bl
FRANGIO (Ville-di-Pietrabugno 2B)
U FRAGNU (Valle-di-Mezzana 2A)
U FRANGHJU (SISCO 2B)
Le même type de variation est fréquent dans le lexique (et la toponymie) insulaire. Concernant GN, NJ, NG latin (devant I ou E) qui engendrent une platalisation, on distingue pour simplifier trois sous-systèmes en corse. Le système A (majoritaire) généralise la solution affriquée -nghj, le système B (ex. Ajaccio) généralise la palatale -gn- (parfois -ngn-: FRAGNONU Volpajola 2B) ; le système C (Nord-est) présente l'affriquée pour -NG-. On aura pour exemple pour les formes latines JUNlU, LIGNU, ANGELU ("juin", "bois", « ange ») les résultats corses suivants:
-NGHJ- ghjunghju, lenghju, anghjulu (type A)
-GN- ghjugnu, legnu, agnulu (type B)
-GN-/-NGHJ ghjugnu, legnu // anghjulu (type C)
Le même type de variation se produit par exemple pour les résultats corses de « éteindre » (l'étymologie corse est controversée) : spinghje, spenghje, spigne, spegne (INFCOR). Ces formes sont à l'origine d'un néologisme censé traduire "pompier": spenghjifocu, spinghjifocu, spignifocu. Il s'agit d'un néologisme « de luxe » dont la seule motivation est la recherche de « l’écart maximum » par rapport au français. Les dictionnaires corses s’en tiennent jusqu’ici à la forme d'origine probablement expressive qui s'est imposée dans les langues romanes (cf. italien pompiere depuis 1811, avec la forme savante vigile del fuoco) : le dictionnaire corse de M. Ceccaldi atteste comme seule forme pumpieru, le dictionnaire du Muntese (1984) pumpiere, estampillé comme gallicisme. L’édition de 2014 du même Muntese a gommé la marque infamante mais n'a pu éviter de noter à côté de pumpiere la « variante » spegnifocu qui tend aujourd'hui à s'imposer: on notera l'instabilité croissante de la "norme" ...
Certains lecteurs ont réagi en lisant, à la fin de l'article Comment le curé pourra-t-il manger?, que le seul terrain appartenant actuellement à la mairie de Poggiolo avait pour nom "U ouigiare".
Cette orthographe est pratique car purement phonétique mais elle n'a rien de réellement corse. Jean-Baptiste PAOLI l'a fait remarquer avec juste raison.
Longtemps non écrite, la langue corse est maintenant stabilisée grâce au travail de nombreux chercheurs, linguistes et universitaires.
Le nom de ce terrain qui se situe entre la route et le chemin de Saint Siméon doit donc s'écrire "U GHJISGIALE". Qu'on se le dise !
Quel plaisir que d'arriver au moment de l'Ascension. Comme cette fête chrétienne est toujours un jeudi, le 18 mai cette année, elle permet à beaucoup de profiter d'un "pont".
Mais que savez-vous sur l'Ascension, du moins l'Ascension en Corse?
Marthe POLI, de Guagno, avait publié, sur son ancien blog, un texte que nous recopions et qui montre les coutumes corses de cette fête.
------------------
L’Ascension est, d'abord, une fête pour les chrétiens.
Célébrée 40 jours après Pâques, elle intervient toujours un jeudi.
L’Ascension rappelle l’élévation de Jésus vers Dieu, son Père, après sa résurrection.
Jésus n’est plus présent sur terre. Mais il n’abandonne pas les hommes pour autant et leur envoie une force, L’ESPRIT SAINT (que l’on célèbre tout particulièrement lors de la Pentecôte).
Depuis, les Chrétiens vivent sa présence à travers l’Eucharistie (qui est le rappel du dernier repas avant sa mort, où il partage le pain et le vin avec ses apôtres).
Mais, en Corse, nous avons aussi des traditions.. des croyances...
L'HERBE DE L'ASCENSION
Aujourd'hui c'est jeudi de l'Ascension.
C'est ce jour-là qu'il faut cueillir l'herbe dite justement "Herbe de l'Ascension" (Arba di l'Ascinzioni en corse).
Cette herbe pousse dans les murs, dans les coins des rochers. Ses feuilles sont très petites. Il faut la cueillir avec ses racines.
François Bianchini, héritier de certains dons transmis par ses aînés, cueillait cette herbe qui guérit et apaise, spécialement à la Trinité de Bonifacio; puis il en faisait de petits paquets à l'intention de ses amis. ("La Trinité de Bonifacio et du Grand Sud Corse", F. Canonici, A Stamperia, 2002)
Mais attention, il y a tout un programme à respecter.
Il faut se lever de très bonne heure le matin de l'Ascension pour aller cueillir cette fameuse herbe.
Il s'agit du "Sedum étoilé pourpier" que, depuis des générations, les Corses vont chercher dans la campagne avant l'aube (dès que le soleil est levé surtout ne pas cueillir !).
Rapportée à la maison, l'erba di l'Ascinziune est attachée au mur avec un clou, la tête en bas.
Au cours des jours suivants, les tiges remontent lentement; puis la plante fleurit le jour de la Saint Jean (24 juin) et se conserve jusqu'à Sainte Anne ( 26 juillet).
Mais attention ! ses vertus protectrices peuvent se retourner contre ceux qui la cueillent trop tard, quand le soleil est déjà levé.
Dans ce cas, la plante meurt et cela ne présage rien de bon pour les habitants de la maison....
(La plupart des informations de cet article sont tirées de "l'Almanach de la Mémoire et des coutumes de la Corse", Claire Thiévant, Lucie Désideri, Albin Michel, et de "La Trinité de Bonifacio et du Grand Sud Corse", François Canonici, Stamperia).
L'OEUF DE L'ASCENSION
Il y a aussi l'oeuf de l'Ascension qui possède également ses vertus magiques.
L'œuf doit, bien entendu, être pondu précisément le jour du Jeudi de l'Ascension, sinon il n'a aucune vertu,
Phénomène magique ou don de Dieu ?
La première caractéristique de l'œuf de l'Ascension est qu'il est imputrescible.
En effet, l'œuf de l'Ascension, à la différence des œufs ramassés à d'autres périodes de l'année, si il est cassé l'année d'après a simplement séché, il n'a ni pourri ni dégagé durant ce temps aucune odeur de décomposition.
Sa seconde vertu est, dit-on, de préserver les habitants de la maison de plusieurs maladies, ou à tout le moins de diminuer leur fréquence ou leur gravité.
Quand il est posé sur le rebord d'une fenêtre, Il protège également les membres de la famille qui se trouvent éloignés du foyer,
L'œuf de l'Ascension protège enfin les habitations de la foudre et des incendies. Il détourne l'éclair et éteint les flammes qui menacent de destruction l'ensemble d'une bâtisse. (source: Corsica News)
L'existence d'une route n'est jamais un acte innocent et sans effet.
A la fin du XIXe siècle, quand le chemin vicinal n°11, avec son tronçon entre Poggiolo et Santa Anaria, fut ouvert (voir l'article Dur, dur, d'arriver jusqu'à Santa Anaria), la géographie du village en fut bouleversée. Désormais, les flux de produits et d'humains passèrent par là. Il était donc nécessaire d'être bien placé pour en profiter et pour se montrer.
Des maisons furent édifiées au bord de ce nouvel axe. Les familles qui en eurent les moyens financiers mirent leur marque avec des ensembles imposants par rapport à la moyenne du village.
Ces "maisons de notables" avaient des tailles et des formes très proches et furent construites pratiquement dans le même laps de temps. Les travaux de la nouvelle route débutèrent en 1876 et s'achevèrent après 1882.
Cette photo aérienne sur laquelle les dates de construction ont été ajoutées montre bien cette particularité.
En partant du Fragnu, la route est bordée d'abord par la "maison de MARIONE" et, en retrait et en hauteur, la maison FRANCESCHETTI.
La première date de 1886, l'autre de 1899.
Sur le côté gauche, se trouve la maison CECCALDI, construite en 1885.
Un peu plus loin, se trouve la maison MARTINI, de 1879.
Mais cette dernière a une curiosité: pourtant bien au bord de la route, la maison MARTINI lui tourne le dos et a son entrée principale du côté Saint Roch. Pourquoi?
Certains descendants du constructeur, Pierre MARTINI, disent que, au moment de sa construction, en 1879, comme le tracé de la route n'était pas encore bien précisé, il fut demandé à "Muschino" s'il préférait que la route passât devant ou derrière la maison. La réponse fut: "derrière", choix dont la famille n'eut qu'à se réjouir quand on voit le flot quotidien de voitures vers le lac de Crenu l'été.
De nombreux renseignements supplémentaires se trouvent dans la série d'articles publiés sur ce blog en juin 2018.
Les maisons poggiolaises - 2: la maison de Marione - Le blog des Poggiolais
Une série de quatre grandes maisons se trouve à l'entrée de Poggiolo. Leur construction a eu lieu pendant le dernier quart du XIXème siècle. Pourquoi à ce moment? Pourquoi sont-elles là? En ...
/image%2F0574608%2F20180609%2Fob_aa7840_marione-et-franceschetti.jpg)
Les maisons poggiolaises - 3: les autres maisons de notables - Le blog des Poggiolais
Les riches familles poggiolaises construisirent à la fin du XIXème siècle quatre belles maisons entre les Case Suprane et la place St Roch. La maison de Marione a été montrée la dernière foi...
http://poggiolo.over-blog.fr/2018/06/les-maisons-poggiolaises-3-les-autres-maisons-de-notables.html
/image%2F0574608%2F20180611%2Fob_bf98f8_poggiolo-dates-construction-maisons-no.jpg)
Les maisons poggiolaises- 4: les notables et les routes - Le blog des Poggiolais
Les quatre maisons construites à Poggiolo entre 1879 et 1899 ont de nombreux points communs dans leur architecture, évoqués dans les articles précédents. Leur situation dans le village est ég...
http://poggiolo.over-blog.fr/2018/06/les-maisons-poggiolaises-3-les-notables-et-les-routes.html
/image%2F0574608%2F20241218%2Fob_ab3251_image-0574608-20241216-ob-6a2469-img-7.jpg)
---------------
Dates à retenir:
Vacances de Noël:
du samedi 20 décembre 2025 au lundi 5 janvier 2026.
MESSE DE NOËL À POGGIOLO:
Mercredi 24 décembre à 18h30.
SAMEDI 17 JANVIER à 15 h
(Fête de Saint Antoine):
Messe à Guagno-les-Bains.
Vacances de février:
du samedi 14 février au lundi 2 mars.
Vacances de Pâques:
du samedi 11 avril au lundi 27 avril.
Vacances d'été:
à partir du samedi 4 juillet.
---------------
L'album de photos des Poggiolais:
/image%2F0574608%2F20240828%2Fob_77e4eb_couver-nostri.jpg)
Pour le commander, suivre le lien:
-----------------
Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?
Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com
Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
..............
Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.