Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 18:17
Préparons le centenaire

L'année prochaine, nous serons cent ans après 1918, la dernière année de la Grande Guerre. Comme en 2014, les commémorations seront nombreuses ainsi que les émissions de télévision et les livres.

Poggiolo peut participer à cet anniversaire. Depuis sa création, ce blog a consacré vingt-six (oui: 26 !) articles aux Poggiolais pendant cette guerre. Il y a là matière à réaliser une publication imprimée.

Ces articles vont être revus et modifiés mais ils ont besoin d'être mieux illustrés. 

 

APPEL:

Si vous avez des documents (photos, lettres, ...) sur la guerre de 1914-1918 par les Poggiolais, et sur la vie du village pendant cette époque, faites-les nous connaître à l'adresse:

larouman@gmail.com

 

Merci d'avance.

Partager cet article
Repost0
9 juillet 2017 7 09 /07 /juillet /2017 18:21

On croit être tranquille dans nos villages éloignés des grandes villes. Pourtant, des faits divers peuvent se produire. Ainsi, un vol et une agression ont eu lieu le même jour à Poggiolo.

 

Le journal raconte ces deux incidents:

- M. CARLOTTI, habitant Poggiolo, a donné l'hospitalité à un nommé MAÏSANI qui s'est enfui après l'avoir dépouillé.

- Alors qu'il marchait sur la route, le Poggiolais François POLI a été frappé par deux personnes, COLONNA Marc Ange et son fils Martin. 

 

De tels faits sont totalement inadmissibles!

 

L'insécurité: vol et agression à Poggiolo

 

Une petite précision a toutefois son importance: ces articles sont parus dans le journal "L'éveil de la Corse"... le 9 octobre 1921!!!

"L'éveil de la Corse" était le quotidien de François COTY, qui avait été élu conseiller général du canton de Soccia le 11 septembre 1921 (voir les articles ICI et ICI).​​​​​​​

L'insécurité: vol et agression à Poggiolo

La sécurité des citoyens n'était donc pas bien assurée voici presque un siècle?

 

De plus, en étudiant les documents, on peut s'apercevoir que ces affaires se sont vite dégonflées.

"L'agression" est expliquée dès le 18 octobre:  Martin COLONNA descendait à Poggiolo quand il vit François POLI et COLONNA Marc Ange se disputer. Il intervint pour aider son père et des coups de poing furent échangés. Il n'y a pas eu d'agression et il n'est pas possible de savoir qui a frappé le premier.

L'insécurité: vol et agression à Poggiolo

 

Les protagonistes de cette querelle étaient:

- François POLI né en 1896 à Marseille

- Archange (Marc Ange) COLONNA (1874-1938)

- son fils, Martin COLONNA, né en 1897 à Orto et décédé en 1961 à Poggiolo.

 

Et le vol?

L'affaire alla jusqu'au tribunal correctionnel d'Ajaccio. Finalement, François MAÏSANI était accusé seulement d'avoir dérobé un pantalon à Dominique CARLOTTI et il fut acquitté, nous apprend "L'éveil de la Corse" du 27 novembre 1921.
 

L'insécurité: vol et agression à Poggiolo

Bizarrement, le jugement est publié sous le titre "Balogna", alors que l'article du 9 octobre indiquait bien que l'auteur du vol était "de passage à Poggiolo".  D'autre part, CARLOTTI n'est pas un nom poggiolais mais est courant à Balogna. Dominique CARLOTTI aurait-il été originaire de ce village et se serait ensuite installé à Poggiolo? 

Peut-être qu'un de nos lecteurs pourrait donner la solution.

---------------

En tout cas, ces deux exemples poggiolais montrent le danger des médias: réagir à chaud sans réfléchir et faire grossir démesurément des petits faits.

Partager cet article
Repost0
25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 18:25
photo Corse net infos

photo Corse net infos

Dans les périodes de grande chaleur, de nombreuses précautions sont à observer. Poggiolo est en altitude et les nuits peuvent être très douces l'été mais les journées sont parfois bien chaudes. Il faut veiller, par exemple, à la façon dont on est habillé. Sinon, on peut connaître la même mésaventure que Michel FRANCESCHETTI.

 

Cet été 1963, au matin d'un dimanche de juillet (était-ce le 21 ou le 28?), la messe allait commencer. A l'époque, la célébration avait lieu chaque dimanche. 

Michel, qui avait treize ans et demi, prit soin de s'habiller correctement. Comme on disait alors, et ça avait une réalité, il se mit en dimanche. Il termina avec le blazer amené de Marseille, un beau blazer bleu marine pratiquement neuf. Ce vêtement était bien un peu lourd et chaud mais qu'importe. Il prit bien soin de le fermer en passant les gros boutons métalliques dans les boutonnières. Et en route pour l'église avec sa mère et ses deux sœurs!

Une chapelle étroite et peu aérée.

Une chapelle étroite et peu aérée.

La chapelle Saint Roch est connue pour avoir de petites dimensions. Elle donnait encore plus l'impression de petitesse car un grand nombre de Poggiolais allait à la messe. Plus exactement, les femmes et les enfants entraient dans le bâtiment tandis que les hommes, toujours sur leur "trente et un", restaient sur la place pour discuter un peu. Il fallait parfois qu'un paroissien sorte pour leur dire de parler moins fort. Mais, au moment de l'offertoire, la quêteuse venait leur présenter le panier pour qu'ils y déposent leur écot. Une des sœurs de Michel savait insister pour que personne ne se défile.

Ce jour-là, Michel était donc à l'intérieur et suivait la cérémonie. Qui la présidait? Le chanoine DEMARTINI ou le curé MILLELIRI? Pas d'importance car Michel commença à dodeliner et à fermer les yeux. 

......

 

Quand il se réveilla, il était à demi-allongé sur la place St Roch et sa mère lui passait un linge mouillé sur le visage. Il apprit qu'il était tombé, entraînant une chaise en paille dans sa chute, et qu'il avait été évacué complètement inconscient. Bref, il avait eu un gros coup de chaleur.

Il se remit rapidement d'aplomb mais le blazer ne fut plus utilisé ni à Poggiolo, ni sur le continent.

 

Partager cet article
Repost0
7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 17:59
Coll. Ange Tomasi

Coll. Ange Tomasi

Le tabac produit en Corse (voir l'article "Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo") a longtemps été consommé beaucoup plus dans les pipes que sous forme de cigarettes. La pipe était toujours présente dans les veillées où l'on écoutait un conteur parler de sorcières et de revenants.

"Comme le disait Austin de Croze, témoin de ces mémorables veghje (veillées) au début du XXème siècle: "En Corse, la fumée est l'horloge des veillées campagnardes". La fumée du fucone ajoutée à  celle des pipes des hommes s'épaississait tant qu'on avait beau s'accroupir, se tasser, venait le moment où elle finissait par atteindre toutes les têtes. Alors on se levait en silence, chacun se serrait la main et, reprenant son fusil à l'aveuglette, quittait les lieux que le maître aérait un instant pour y rentrer dormir avec les siens." ("Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997)

Les belles pipes de Soccia

Les pipes corses furent d'abord en terre, puis en buis et enfin en bruyère. Les qualités de cet arbuste pour la consommation de tabac furent découvertes vers le milieu du XIXème siècle, ce qui fit la richesse de Saint-Claude. Les fabricants de pipes jurassiens utilisèrent beaucoup la scopa corse.

Il se raconte qu'un Corse détenu dans le Jura avait été employé en prison à travailler sur les souches de bruyère et que, à sa libération, il incita des artisans de son village à fabriquer des pipes. Ainsi s'expliquerait que cette activité fut très importante à Valle d'Orezza.

En 1918,  les usines d'ébauchons faisaient vivre 860 personnes en Corse.

La scopa (souche) provenant de l'erica arborea (bruyère arborescente) était extraite de la terre entre octobre et mai. Elle était débitée en ébauchons dans des scieries. Au début du XXème siècle, il y en avait une à Vico et une à Guagno-les-Bains.

Les ébauchons sont "de petits cubes de racine de bruyère grossièrement ébauchés, prêts à être travaillés par le fabricant de pipes", d'après le dictionnaire Larousse.

"La Corse" 20/12/1989
"La Corse" 20/12/1989

"La Corse" 20/12/1989

Il faut les mouiller pour qu'elles ne se fendent pas et les bouillir pour éliminer la sève.

Une bruyère met trente ans pour former une souche de trois kilos. Les pipiers achetaient les ébauchons prêts à l'emploi.

A Soccia, les flancs de montagne dominant l'ancien hameau de l'Aghja produisaient des racines de bonne qualité.

Vers 1955, Gino CAPRINO arrachait de quoi produire près d'un quintal de souches par jour.

Un artisan socciais eut une célébrité peu enviable.

Jean SANTONI était né à Soccia en 1866. Il eut un frère, Joseph Antoine, né en 1877, qui devint prêtre en 1904 et termina sa carrière comme curé d'Orto de 1922 à 1952. Jean était armurier à Cargese quand il creva un oeil à un camarade de beuverie. Après cinq ans de prison (1893-1898), il s'établit dans son village de naissance comme forgeron puis comme scieur d'ébauchons et fabricant de pipes, dont il avait peut-être appris la technique en détention.

S'étant querellé le 28 juillet 1907 avec le maréchal des logis Jean MICHEL, il le blessa d'un coup de fusil et tua le gendarme Marius LATOUR le 2 janvier 1909. Le 6 janvier, Jean SANTONI fut tué par d'autres gendarmes lors d'une embuscade qu'il avait organisée à Guagno-les-Bains.

 

Plus de renseignements dans l'article "Du sang à Guagno-les-Bains"

 

On trouva dans son atelier un millier d'ébauchons et de pipes plus ou moins finies.

 

Petit à petit, la fabrication locale de pipes disparut.

Certains de nos lecteurs auraient-ils chez eux des exemplaires de cet art disparu?

Photo Pierre-Jean Luccioni

Photo Pierre-Jean Luccioni

-------------

Cet article a été rédigé grâce aux documents suivants:

- notes de Jean-Baptiste PAOLI et du Père DOAZAN

- "La Corse" 20/12/1989

- "Tempi fà, Arts et traditions populaires de Corse" par Pierre-Jean LUCCIONI, Albiana, 2007

- "Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997

Partager cet article
Repost0
2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 18:00

A priori, Poggiolo n'a jamais eu beaucoup de relations commerciales, familiales ou politiques avec Calenzana. Aucune famille d'une de ces localités n'est venue s'installer dans l'autre.

Il existe pourtant un point commun du point de vue religieux:

 

le culte rendu à sainte Restitute.

 

Cette sainte est une sainte née en Corse et qui fut martyrisée pour sa foi sous l'empire romain. Tuée à Calvi après un long supplice avec cinq autres chrétiens, elle fut, après diverses péripéties, enterrée avec ses compagnons à Calenzana où sa tombe se trouve toujours. 

Les détails de sa vie, extraits de "Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, se trouvent en fin de cet article.

Sainte Restitute est fêtée le 21 mai par les habitants de Calenzana.

 

 

affiche de la fête de sainte Restitute en 2017 à Calenzana.

affiche de la fête de sainte Restitute en 2017 à Calenzana.

En 1729, elle fut nommée seconde patronne du diocèse de Sagone (le patron en est saint Appien à qui est dédiée la cathédrale de Sagone). Il n'est donc pas étonnant de trouver des restes de dévotion dans des églises de cet ancien diocèse.

A Poggiolo, l'église Saint Siméon contient près d'une vingtaine de statues. Celle de sainte Restitute se trouve dans la chapelle de droite la plus proche du chœur, tout près de la représentation de Jeanne d'Arc. La sainte corse est représentée en prière, agenouillée, alors que la statue de Calenzana la montre debout.

Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana
Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana

Cette statue n'a pas été placée pour faire simplement de la décoration. La preuve est fournie par la présence sur le mur d'une plaque en marbre (ou en stuc) avec l'inscription:

 

DON  

DE RECONNAISSANCE

A STE. RESTITUDE

M. M.

1925

Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana

 

Cette plaque soulève deux questions.

Tout d'abord, à qui est-elle vraiment dédiée? Il est écrit Restitude et non pas Restitute. Il existe bien deux saintes appelées Restitude mais elles sont très peu connues et n'ont aucun rapport avec la Corse. On peut donc supposer que le graveur du texte a commis une faute d'orthographe.

L'autre interrogation est de savoir qu'elle est la personne qui a remercié la sainte pour son aide. Les deux initiales M. M. laissent supposer qu'il s'agit d'un membre de la famille Martini mais les prénoms commençant par M ont été portés par de très nombreuses personnes autrefois.

En tout cas, en 1925, un culte était bien rendu à sainte Restitute. Cet ex-voto en montre d'autant plus l'importance que les murs de l'église de Poggiolo ne comportent au total que six plaques de dévotions diverses. Un autre article en parlera.

Une troisième question peut être posée: actuellement, combien des saints présents à Saint Siméon sont-ils encore priés? 

-----------------------

 

 

Rappel de la vie et du martyre de Sainte Restitute

Santa Ristituta. L'Eglise corse célèbre aujourd'hui la fête d'une sainte très populaire dans l'lIe: santa Ristituta di Calinzana (sainte Restitute de Calenzana). La vie de santa Ristituta est assez obscure: certains hagiographes situent son martyre en l'an 225; les autres, en 303. Née en Corse, sainte Restitute était la petite-fille d'un ex-centurion de la flotte prétorienne de Ravenne, nommé Caïus Caninus Germanus, qui vint s'établir à Lurinum, en Balagne. Il commandait là une cohorte recrutée dans la région d'Ulmia après avoir obtenu une concession territoriale. Ristituta naquit donc dans une famille païenne et se convertit au christianisme lorsqu'elle fut jeune fille. Très vite, elle fut dénoncée à Pyrrhus, le préfet de Corse et de Sardaigne.
La cruauté de ce chrétien apostat fut sans limite pour tenter de faire renoncer la jeune fille à sa foi. D’abord battue avec des nerfs de bœuf, puis lapidée, Ristituta fut jetée dans un brasier mais ne brûla pas. Elle survécut encore miraculeusement à toute succession de supplices: sa chair fut d'abord labourée avec des peignes de fer; du lait et non du sang suinta de ses plaies, prodige qui provoqua la conversion d'un certain nombre de soldats. On voulut ensuite la noyer en mer, mais elle fut sauvée par un morceau de liège qui la ramena vivante sur le rivage, tandis que ceux qui cherchèrent à l'immerger, périrent noyés. Confrontée de nouveau au préfet, santa Ristituta le traita de renégat. Ses bourreaux eurent finalement raison de sa vie en lui tranchant la tête; cela se passait à Calvi, un 21 mai. Elle mourut en même temps que cinq autres martyrs: Parthée, Parthénopée, Pargoire, Domnisius et Veranus. D'après la légende, les six martyrs se relevèrent, ramassèrent chacun leur tête et parcoururent ainsi environ quatre kilomètres pour aller la déposer en un lieu appelé Mara (proche de Sainte-Catherine). Dans la nuit qui suivit, des chrétiens vinrent ramasser leurs corps pour les ensevelir à Ulmia, au lieu-dit Loru. Là, on y bâtit un petit mausolée, et plus tard, une église.
L’histoire des reliques de santa Ristituta fut pour le moins extravagante, et les Calzaninchi (habitants de Calenzana) ont bien mérité de les conserver après s'être battus pendant des siècles pour les récupérer et les protéger. Après la conversion de Constantin au IVe siècle, selon les uns, mais au VIe siècle selon les autres, les reliques des six martyrs furent placées dans un sarcophage. La tradition locale donne ensuite différentes versions détailIant les translations de ces reliques au cours des nombreuses invasions qui se succédèrent dans le pays. Quoi qu'il en fût, les reliques égarées furent un beau jour retrouvées sur la plage de Calvi.

"Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri

Partager cet article
Repost0
15 mai 2017 1 15 /05 /mai /2017 18:00

L'histoire de la Poste à Poggiolo est très simple car le village n'a jamais eu de bureau de Poste. Mais la commune en avait une dans le hameau de Guagno-les-Bains.

 

Le 25 octobre 1912, Charles Chaumet, sous-secrétaire d'Etat aux Postes et Télégraphes, décida la création d'un établissement de facteur-receveur à Guagno-les-Bains (décision publiée au "Journal Officiel" du lendemain). Le nombre important de curistes fréquentant les lieux à l'époque avait certainement pesé sur cette décision.

Par la voix d'Antoine LECA, alors conseiller général du canton, le village de Guagno avait pourtant demandé l'année précédente (le 2 octobre 1911) l'ouverture d'un bureau de Poste particulier car les Guagnais devaient parcourir dix kilomètres pour retirer des mandats au bureau de Soccia. Mais le gouvernement lui avait répondu quelques mois plus tard que cette commune n'était pas prioritaire et qu'il n'était "pas possible d'indiquer, même approximativement, l'époque à laquelle pourra être réalisé le vœu que" le Conseil général avait adopté...

 ... et Guagno-les-Bains passa devant Guagno!

Demande de création d'un poste de facteur-receveur à Guagno (réunion du Conseil Général de Corse du 2 octobre 1911)

Demande de création d'un poste de facteur-receveur à Guagno (réunion du Conseil Général de Corse du 2 octobre 1911)

 

Désormais, pour envoyer une lettre à Poggiolo, à une époque où, jusqu'en 1964, le code postal n'existait pas encore, il fallait écrire sur l'enveloppe:

 

"Poggiolo par Guagno-les-Bains".

 

Le courrier était oblitéré avec un cachet particulier.

Des bureaux de Poste très nomades. 2/2: Poggiolo, Guagno et Guagno-les-Bains

Même si l'inscription est difficile à lire, on peut voir sur cette carte postale de 1922 qu'il est écrit dans la couronne:

"GUAGNO-LES-BAINS CORSE"

Au centre, on a la date qui montre que l'envoi a été effectué pendant l'été 1922:

"10 - 8

22"

 

En 2013, les commentaires suscités sur le blog par l'article "Poggiolo vu par un adolescent de 1963" avaient permis de préciser où se trouvait le bureau de Poste et l'importance qu'il avait jusqu'à sa fermeture.

 

maria canale chailloux14/02/2013 22:57


La poste se trouvait derrière l'établissement dans une maison occupée maintenant, de façon épisodique, par la famille Colonna. Elle se situait au troisième niveau et le soir à l'arrivée du car nous étions regroupés sur le muret en attendant la distribution du courrier. Elle a dû disparaître dans les années 68-70.

 

 

 

 

Maryse moretti15/02/2013 19:35

Bonjour, juste pour confirmer que la poste de Guagno les Bains se situait derrière l'établissement thermal, derrière la maison des FRANCO (où se situait d'ailleurs l'école de Guagno les Bains que j'ai pu fréquenter avec quelques enfants du village et quelques enfants d'ouvriers italiens de l'époque).

 Quant au"courrier" comme nous disions, nous allions le chercher tous les soirs vers 18 ou 19 h à l'arrivée du car de Toussaint et le facteur de l'époque (dont j'ai oublié le nom et qui avait 3 petites filles), puis ensuite M. Roméo, qui a pris la relève au poste de receveur, faisait la distribution et l'on attendait tous sur la petite passerelle de bois devant le bureau de poste - tout près se situait une ruine qui est devenue bien des années plus tard le gîte - cette ruine était pleine de puces et n'avait plus de toit - le "courrier" était un rituel que nous n'aurions manqué pour rien -
on s'y retrouvait tous les soirs, puis ensuite venait la corvée d'eau chaude à l'établissement puisque à l'époque, nous n'avions pas l'eau courante dans les maisons -et des rituels, nous en avions:
-aller chercher l'eau fraîche à la fontaine vers 11 h 30, l'eau chaude à l'établissement pour la vaisselle, la rivière l'après-midi (laver le linge et baignade) et le courrier le soir, avant le grand tour du "Genice" pendant que les "vieux" jouaient à la pétanque devant la maison de mon grand-père. De merveilleux et inoubliables souvenirs. Pace et Salute à tuti

 

Maintenant, le bureau des Bains n'existe plus et les enveloppes doivent afficher le code 20125 qui est aussi celui de Soccia, prétexte pour des Socciais d'annexer Poggiolo à leur commune !!!

 

 

Informations pratiques:

Dans le haut-canton, le bureau de Poste de Guagno (Guagno-Village) est ouvert le matin de 8h30 à 11h. de 8h30 à 11h.

A Soccia, les heures d'ouverture sont de 13h30 à 16h15. de 9h à 11h30.

La Poggiolaise Jeanne Grimaldi au guichet de la Poste de Soccia.

La Poggiolaise Jeanne Grimaldi au guichet de la Poste de Soccia.

Partager cet article
Repost0
13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 18:08
Des bureaux de Poste très nomades. 1/2: Vico et Soccia

Depuis le 23 mars, Vico dispose d'un nouveau bureau de Poste, moderne, bien accessible (fini les quatorze marches en pierre de l'ancien bureau), avec un distributeur de billets fort bienvenu (auparavant, le plus proche du haut-canton était à Sagone) et avec des services au public tels que Pôle Emploi, la CAF, la CARSAT, la MSA...).

Ce déménagement était prévu depuis longtemps mais le projet initial (utiliser l'ancien magasin Griffoni), présenté dans l'article "La Poste fait peau neuve"... de novembre 2012, avait été abandonné. Les locaux trouvés sont ceux qui étaient auparavant à l'ADMR.

La Poste a ainsi quitté l'emplacement de l'ancienne gendarmerie utilisé depuis 1962, quand la brigade s'était installée au col de St Antoine.

Auparavant, les services postaux étaient place Casanelli, au premier étage de l'immeuble où se trouve le magasin Casalta.

Tous ces renseignements sont donnés par Emilienne Callegari sur le site de la mairie de Vico.

Des bureaux de Poste très nomades. 1/2: Vico et Soccia

Le nomadisme des bureaux de Poste a également existé à Soccia.

Cette commune étant chef-lieu de canton, elle devait avoir un bureau de Poste. Une Recette auxiliaire fut donc ouverte en 1883. Elle devint Recette ordinaire en 1890. 

"Pour l'établissement du Bureau, l'installation du télégraphe et l'aménagement du logement du Receveur, un emprunt sera fait auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations et une taxe communale créée pour le remboursement de cet emprunt.

LECA Dominique fut le premier facteur municipal."

("Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud", J-B PAOLI)

Avant guerre, la Poste se trouvait au-dessus de la fontaine, face au monument aux morts. La pancarte, complètement effacée, est encore fixée sur la façade

Des bureaux de Poste très nomades. 1/2: Vico et Soccia

 

C'est l'intérieur de ce lieu qui a été photographié en 1930.

Des bureaux de Poste très nomades. 1/2: Vico et Soccia

Ensuite, l'agence postale a été installée comme locataire dans une maison derrière le monument aux morts. Le guichet était au premier étage, en haut d'une quinzaine de marches d'un escalier en bois particulièrement raide.

Des bureaux de Poste très nomades. 1/2: Vico et Soccia

Le propriétaire voulant reprendre le local, le maire a proposé à l'administration postale une salle contigüe à la maison communale, à l'entrée du village. Le bureau y fonctionne depuis novembre 2003.

 

Des bureaux de Poste très nomades. 1/2: Vico et Soccia

(à suivre)

Partager cet article
Repost0
5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 18:05

Damaso MAESTRACCI n'a pas laissé des œuvres dans les Deux Sorru seulement à Poggiolo et à Vico.

A Orto, il a réalisé également le portrait en platre d'André BATTESTI, arrière-grand-père de Jean-Luc qui a eu la gentillesse d'en envoyer la photo au blog des Poggiolais.

Maestracci est passé à Orto

La signature est bien semblable à celle qui orne le Christ noir de l'église Saint Siméon de Poggiolo.

Maestracci est passé à Orto

La date de 1938 correspond également à la période (1938-1941) à laquelle l'artiste a réalisé les peintures et sculptures évoquées dans l'article précédent.

 

Merci encore à Jean-Luc.

 

Mais certains d'entre vous n'auraient-ils pas quelques trésors ou curiosités artistiques liés à nos villages?

Partager cet article
Repost0
3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 17:47

La devinette du mois portait sur l'aspect physique de Jésus et plus précisément sur sa couleur de peau.

 

A Poggiolo, il existe un élément important concernant le possible aspect physique du Christ. 

En entrant dans l'église Saint Siméon, la première chapelle de droite abrite une peinture à huile sur bois de grandes dimensions. Elle représente une descente de croix ou plus exactement la déposition du Christ.

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Le corps supplicié posé sur le sol a bien la peau noire tout en étant de type européen. Ce noir, ou plutôt ce gris très foncé, renforce l'impression que la vie est partie et que la pourriture commence.

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Sept autres personnages sont sur ce tableau, quatre femmes et trois hommes. Aucun n'est noir. Selon la tradition, les hommes sont Joseph d'Arimathie et Nicodème qui sont debout et l'apôtre Jean qui tient le cadavre par les épaules.

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Parmi les femmes, Marie, la tête nimbée, a les mains jointes près de son fils. La femme dont on ne voit pratiquement que l'abondante chevelure est Marie-Madeleine. Ses cheveux sont dénoués en signe de repentir de la pécheresse. Les deux autres devraient être Marie Salomé, mère de Jean, et Marie Jacobé, mère de Jacques.

 

 Cette peinture très originale est signée, datée et même localisée par une inscription visible dans le coin inférieur droit:

D. Maestracci

Occhiatana 1939

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

 

Ce tableau a été installé dans l'église paroissiale de Poggiolo peu de temps avant la déclaration de guerre de 1939. Il avait été peint à Occhiatana, en Balagne, près de L'Ile-Rousse, village où vivait le peintre Damaso MAESTRACCI.

 

Damaso MAESTRACCI naquit à Occhiatana en 1888 et y décéda en 1976,

Après avoir participé à la Grande Guerre, il s'inscrivit en 1921 aux Beaux-Arts de Marseille et en obtint le premier prix. Comme l'écrit Julia TRISTANI,

"il présente un profil d'artiste-artisan unique en Corse. Il est le premier sculpteur à introduire et à multiplier dans l'île des œuvres réalisées en plâtre, en ciment, voire en béton armé, reproduisant les techniques des rocailleurs de Provence qu'il côtoie à Bargemon, dans le Var, d'où est originaire son épouse (Apollonie)" ("Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes", page 573).

Il était donc beaucoup plus sculpteur que peintre.

 

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Quand il se retira dans son village natal, il dirigea un atelier de statues et de bas-reliefs religieux, véritable entreprise dénommée "L'art religieux".

MAESTRACCI fit partie du grand mouvement de renaissance artistique que connut la Corse entre les deux guerres mondiales et qui fut illustré par la revue "A Muvra". Il fit paraître de nombreux placards publicitaires dans cette revue. Par contre, au contraire de certains rédacteurs de celle-ci, il ne fut pas tenté par l'irrédentisme italien, tout en étant un fervent partisan du régime de Vichy.

Sa notoriété était grande et il n'hésitait pas à répondre à de nombreuses commandes publiques et privées. Ses productions se trouvent dans toute la Corse, comme le montre cette carte:

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Les détails sont disponibles en cliquant ici.

 

L'article de Julia TRISTANI cité plus haut donne la liste des réalisations de Damaso MAESTRACCI à Vico:

 

- statue de la Vierge de Lourdes (couvent)

- statue du Père ALBINI (au couvent)

- Ste Thérèse d'Avila (bas-relief installé dans l'église paroissiale en 1939)

- chemin de croix (église paroissiale Ste Marie), bas-relief monumental béni en 1941 et enlevé dans les années 1980 à cause de la dégradation du plâtre

- reproduction de la grotte de Notre-Dame de Lourdes, installée près du couvent St François en 1938

Photo CTC

Photo CTC

- tombeau du chanoine FRANCHI (cimetière communal)

Photo CTC

Photo CTC

- vase décoratif à l'entrée du cimetière

 

Photo CTC

Photo CTC

- buste en bronze de l'ancien maire François PADRONA, mort en 1938; réquisitionné et fondu par l'armée italienne en 1942, il en reste toujours la base sur la place PADRONA.

Photo CTC

Photo CTC

Il faut y ajouter, tout près de Vico, le chemin de croix de l'église d'Arbori et, bien sûr, le tableau de Poggiolo

Les réalisations effectuées dans les Deux Sorru datent des années 1938 à 1941, créneau dans lequel s'insère parfaitement le tableau de St Siméon.

 

Poggiolo a donc la double particularité de posséder une des rares peintures de Damaso MAESTRACCI et, surtout, de montrer que le Christ était noir.

 

Une vidéo:

une conférence de Julia TRISTANI sur le sculpteur MAESTRACCI est disponible sur le site de TéléPaese en cliquant ICI.

 

Lectures conseillées:

"La commande publique et religieuse au sculpteur Damaso Maestracci: le cas de Vico" ("Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes", pages 572 à 576, ed. Alain Piazzola)

"La maison du sculpteur corse Damaso Maestracci, entre lieu de mémoire et demeure d’artiste", article disponible sur internet: https://insitu.revues.org/13438

"Les rocailles, une architecture oubliée", excellente présentation des rocailles de Marseille et notamment du quartier du Roucas-Blanc, par Yves GAUTHEY (ed. Mémoires millénaires)

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir
Partager cet article
Repost0
28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:59

Des peintres ont réalisé des tableaux des rues de Poggiolo comme ceux qui ont été montrés dans les articles "une rue de Poggiolo" et "Le café de la ruelle derrière St Roch".

Mais ces lieux ont été également immortalisés par le crayon ou le fusain de dessinateurs.

Philippe PRINCE doit être vivement remercié pour avoir envoyé au blog le dessin suivant, malheureusement sans date et avec une signature illisible.

 
Un dessin de la stretta

Sans aucune difficulté, tout Poggiolais peut reconnaître le morceau de la rue principale, la Stretta, entre la chapelle St Roch et la Teghia. Nous voyons l'avant de la chapelle et non son arrière comme dans les deux tableaux mentionnés au début de l'article.

Deux personnages masculins, à la tête couverte, sont dessinés en train de discuter près de la porte du lieu de culte, ainsi que deux petits ânes, plus bas, devant le chemin qui, à gauche, descend à la maison FRANCESCHETTI.

La chaussée est empierrée, comme les deux tableaux déjà montrés, ce qui prouve que l’œuvre date d’avant le bitumage qui a été réalisé entre 1963 et 1966.

Ce dessin ressemble beaucoup à une photo de 1936 prêtée par Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA et qui a été publiée dans l’article "Les changements de la stretta" pour être comparée à la situation du XXIème siècle:

 
Un dessin de la stretta

Quelques différences peuvent être notées:

Le dessin rapetisse fortement la hauteur de la chapelle mais élargit la dimension de la Stretta; il manque une porte à la maison de gauche.

 

De ces images, l’impression qui se dégage est celle d’une vie villageoise qui se déroulait tranquillement.

 

Pour avoir une image plus récente et plus animée du même endroit, voici une photo du début de la procession du 16 août 2001, pour saint Roch. Marie-Ange PAOLI conduit des enfants qui, depuis seize ans, ont certainement bien changé. Pouvez-vous les identifier?

On peut reconnaître facilement le Père BONNAFOUX, actuel supérieur du couvent de Vico, et Philippe DUBREUIL comme porte-croix.

 

 

 
Un dessin de la stretta
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

---------------

 

 

 

Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.

 

Mardi 4 août:

bénédiction des maisons à Poggiolo.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

---------------

---------------

L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

-----------------

Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

..............

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.