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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 18:03

Comme indiqué dans l’article précédent, la procession du 4 octobre 1923 en l’honneur de saint François avait été minutieusement préparée.

Elle pouvait ressembler, les torches mises à part, à cette procession qui se déroula à Poggiolo vers 1960.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Mais le désordre arrive avec l’attitude de MATTONE. L’auteur, MAISTRALE, décrit l’incident avec force détails.

Cliquer sur les documents pour les agrandir.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

MATTONE est jaloux de PALELLU qui a la meilleure place. Il va déstabiliser la belle organisation car il veut être vu et, surtout, car il ne veut pas être mis une nouvelle fois à l’amende par le prieur. Il exige de porter la statue à la place de PALELLU.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Le ton monte vite. Avec le refus de PALELLU, les insultes et les menaces ont commencé.

Des échanges de gentillesses, on peut retenir une expression peu connue mais qui, après tout, pourrait toujours servir de nos jours :

« Vai a vede versu Vicu

Si tu troviu me billicu. »

(Vas voir du côté de Vico

Si tu y trouves mon nombril)

MATTONE est le premier à en venir aux mains, de façon ridicule : en pinçant son adversaire.

Un autre exemple de procession perturbée. Dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de « Grosso Minuto » (La Marge, 1996)

Un autre exemple de procession perturbée. Dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de « Grosso Minuto » (La Marge, 1996)

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)
Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Les coups pleuvent et les cris des deux hommes s’entendent jusqu’à l’Umbriccia, quartier de Soccia éloigné de l’église.

La bagarre tourne à la farce : MATTONE perd son pantalon, ce qui fait s’évanouir une femme.

 

La bagarre va-t-elle dégénérer ? Le sang va-t-il couler ? La procession ira-t-elle jusqu’à son terme ? Les réponses seront données dans le troisième article de cette série.

A suivre

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 19:35

Les cérémonies officielles ne se déroulent pas toujours comme prévu. Même les processions religieuses de village peuvent finir dans le plus grand désordre. Il en fut ainsi à Soccia dans une occasion décrite avec ironie par le poète MAISTRALE.

MAISTRALE (Dumenicu Antone VERSINI), surnommé le barde de la Corse, est né en 1872 à Marignana et est mort en 1950 à Ajaccio. Un article lui sera ultérieurement consacré sur ce blog car il avait des liens avec Poggiolo.

Il publia en 1924, imprimé par «A Muvra», ce texte intitulé «Una prucissione in Soccia».

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Ce poème de 37 strophes de 6 vers évoque un incident qui n’a pas dû être inventé par le poète. Les précisions de date et de personnages sont  suffisamment grandes pour le supposer.

Ce texte va être présenté en plusieurs parties afin de mieux le comprendre.

L’œuvre était écrite en corse. La traduction française a été assurée par Jean-Baptiste PAOLI, l’historien de Soccia, qui en avait réalisé une petite brochure vendue au profit de l’église voici quelques années. Les renseignements historiques cités ici viennent en grande partie de son opuscule « Soccia : Santa Maria delle Grazie, a nostra ghjesgia », publié à l’aide d’A Mimoria.

 

Cliquer sur le texte pour l'agrandir.

 

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

La première ligne indique que les faits se sont produits le « quatre octobre dernier » qui était le jour de la « fête de saint François » d’Assise. La revue datant de 1924, la fameuse procession doit avoir eu lieu le jeudi 4 octobre 1923.

Les premières strophes nous apprennent qu’il existait à Soccia une confrérie bien organisée qui possédait un prieur, un registre d’appel des membres et des amendes.

Cette confrérie était celle du Saint Rosaire qui, depuis 1919, avait comme prieur un autre Jean-Baptiste PAOLI et pour sous-prieur Antoine Dominique PIETRI, comme le montre le procès-verbal ci-dessous, extrait de la brochure mentionnée plus haut.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Associations de laïcs à vocation pieuse, les confréries sont apparues en Corse sont avec celles de la Sainte-Croix à la fin du XIVe siècle. Les confréries du Rosaire et du Saint-Sacrement sont, elles, fondées aux XVe et XVIe siècles. Après des périodes d’essor et de déclin, elles connaissent de nos jours un renouveau notable. Au-delà de l’engagement spirituel et religieux toujours présent, elles constituent un espace de sociabilité essentiellement masculin et un lieu de transmission des chants religieux traditionnels. (texte extrait du site : www.musee-corse.com)

D’après les notes du Père Louis DOAZAN sur les visites épiscopales, il existait en 1728, lors de la visite de l’évêque de Sagone Pier Maria GIUSTINIANI, une confrérie du Saint Rosaire mais elle était féminine.

Son nom n’apparaît pas dans les listes de confréries dressées pour 1789 et 1810 par François CASTA dans son article « Paroisses, confréries et dévotions de Corse à l’épreuve de la Révolution Française » (Revue « Provence historique », 1989).

Celle qui existait au XXème siècle était entièrement masculinisée.

La ferveur à Notre-Dame du Rosaire était importante dans ce village.

L’origine de cette dévotion à Soccia a été expliquée dans l’article paru dans ce blog:

http://poggiolo.over-blog.fr/la-fête-d-octobre-à-soccia 

 L’actuelle église Sainte Marie avait été même inaugurée le 1er octobre 1843 par la messe du Rosaire. Jusqu’à voici quelques années, une procession avait lieu le premier dimanche d’octobre, avec des fenêtres illuminées, comme au 15 août.

Mais, dans ce texte, il s’agit bien de la saint François. Maistrale mentionne bien la statue du saint et pas de Marie.

Faut-il penser qu’il y avait une procession pour saint François d’Assise le 4 octobre et aussi une le dimanche de Notre-Dame du Rosaire ? A moins que l’écrivain ait commis une confusion…

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Les confrères ont reçu des consignes précises et très détaillées sur leur allure pendant la procession, leur habillement, leur façon de chanter…

On pourra remarquer que tous les chants sont en latin, comme l’était alors toute la célébration de la messe.

 

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Chacun a une place précise :

- en avant, les enfants

- puis, les « filles de Marie », ou enfants de Marie, adolescentes engagées dans ces groupes fondés en 1837 pour approfondir leur foi, mais qui, visiblement, pensent à autre chose, petit clin d’œil sur la différence entre l’aspect extérieur et la réalité profonde

- le curé qui était Jean-François BONIFACI depuis 1917

- la statue de saint François d’Assise (qui avait été offerte en 1893 par des paroissiens) avec ses porteurs

- le reste de la confrérie

- les autres habitants.

Costumes de confréries (Musée de Corte)

Costumes de confréries (Musée de Corte)

Tout est magnifique mais, très rapidement, ce bel ordre va se détraquer et la procession tournera à la grosse farce.

 

A suivre

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 18:02

Après le dessin extrait du livre de l'abbé GALLETTI, les images du lac de Ninu publiées dans l'article précédent (Le paysage mystérieux : la solution) montraient la sécheresse de l'été.

En voici une autre, une photo prise en 1966 par Jacques-Antoine MARTINI (que nous remercions beaucoup). Le paysage n'est vraiment pas le même.

Ninu comme on le voit peu
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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 18:00
Le paysage mystérieux : la solution

Cette image a intrigué plusieurs des lecteurs du blog, surtout par la densité de sa végétation quasi-tropicale. La solution se trouvait sur la marge supérieure qui avait été dissimulée:

Le paysage mystérieux : la solution

Oui, il s’agit bien du lac de Nino (ou de Ninu comme on l’écrit maintenant) qui est fréquenté depuis longtemps par les Poggiolais, Socciais, Ortigais ou Guagnais.

Ce dessin est extrait de l’« Histoire illustrée de la Corse, contenant environ 300 dessins représentant divers sujets », livre écrit entre 1836 et 1841 par l’abbé Jean-Ange GALLETTI (1804-1866) et publié en 1863.

L’auteur de cette somme de 600 pages a lui-même dessiné une grande partie des illustrations « de géographie et d’histoire naturelle, les costumes anciens et modernes, les usages, les superstitions, les vues des paysages et des monuments, les plans des golfes et des ports, des vignettes de faits historiques et les portraits des hommes célèbres. » («L’histoire de la peinture en Corse au XIXe et XXe siècles» par Pierre Claude GIANSILY, Colonna Edition).

Le paysage mystérieux : la solution

La représentation du lac de Ninu est signée J. P. Cela pourrait correspondre à Jeanne PETIT-JEAN qui aida l’abbé GALLETTI à illustrer ce livre. Très certainement, cette artiste ne s’est pas rendue près du lac et n’a fait qu’imaginer ce que suggérait la description se trouvant à la page 18 :

 

« Moins étendu que le Rotondo, mais plus remarquable pour la beauté des sites qui l’environnent, le lac Nino ou Ino garnit l’une des extrémités du plateau du Campo-Tile. Sa superficie est de 4 hectares 74 centiares ; ses bords, émaillés de fleurs pendant le printemps, sont toujours couverts d’un gazon épais et velouté. Ses eaux sont profondes, limpides et peuplées par des myriades d’excellentes truites. Il donne naissance à la rivière du Tavignano. »

 

Sur l’image, le « gazon épais et velouté » est devenu une végétation épaisse et hirsute. Pour savoir à quoi ressemblent vraiment les paysages du lac, il est possible de se servir de trois photos, prises autrefois par Michel FRANCESCHETTI.

La première, vue du Monte Tozzu en 1973, montre l’ensemble de la forme du lac.

Le paysage mystérieux : la solution

La seconde, de la même année, montre mieux les plantes. 

Le paysage mystérieux : la solution

La troisième, datant de 2001, est du même endroit que la précédente, mais de l’autre côté des arbustes. 

Le paysage mystérieux : la solution

Une quatrième, cette fois envoyée par Jean-Marc TRAMINI et déjà utilisée dans un article de février dernier, montre, en 2006, celui-ci et Jean-Pierre FRANCESCHETTI sur un autre côté du lac.

Le paysage mystérieux : la solution

Pas de doute : le réchauffement climatique a fortement transformé les lieux depuis 1863 !

 

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 10:58

Le 11 septembre 1968 est toujours présent dans la mémoire des Corses.

 

Ce jour-là, la Caravelle de la Compagnie Nationale Air France qui assurait le vol AF 1611 Ajaccio-Nice s'est abîmée en mer. Pendant sa descente, au large du cap d’Antibes, elle a subi un incendie violent et a piqué dans la mer tuant les 6 membres d'équipage et 89 passagers dont deux Poggiolais.

L'enquête officielle sur l'accident fut publiée le 14 décembre 1972. Ses conclusions indiquèrent qu'un incendie s'était déclenché dans la cabine à partir des toilettes arrières. Cette hypothèse n'a pas convaincu toutes les familles des victimes. Certaines trouvent que  la thèse d'un tir accidentel de missile, lors de manœuvres de l'armée, n'a pas été sérieusement étudiée.

Dans le cimetière de Poggiolo, une plaque garde la mémoire de ce drame.

Caravelle Ajaccio-Nice: un anniversaire toujours douloureux

Cette année, des cérémonies sont prévues jeudi 10 septembre à Nice.

Vendredi 11 septembre, à Ajaccio, Mgr Olivier de GERMAY, évêque de Corse, célèbrera une messe à 10 h 30 devant la chapelle du souvenir.

Le groupe I Muvrini sera présent pour animer cette messe au cimetière marin.

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 17:40
Marthe est de retour

Marthe POLI est revenue sur internet.

Depuis 2007, son blog était très actif. Il faisait partie des "sites amis" du blog de Poggiolo car il était agréable d’y lire ses articles sur son village, Guagno, sur Ajaccio et sur sa famille. Comme elle se présente elle-même sur son nouveau site, Marthe se trouve :

« *Plutôt gentille… *Un peu "rigolote" à mes heures…

*Sérieuse... de temps en temps!! "Givrée"... aussi !

*Altruiste à en être un peu "neuneu"quelques fois!

*Grande gueule... mais souvent pas pour rien… c'est juste que, si je dois "exploser", autant le faire là. Non? »

Malheureusement, Club Corsica, qui hébergeait ses productions, a cessé son activité. Marthe POLI vient de faire repartir un blog sur Eklablog. Mais il a été impossible de récupérer les anciens articles.

Depuis quelques semaines, son dynamisme a permis de publier ou republier de nombreux articles.

Les montages musicaux sont particulièrement réussis. De très nombreuses photos anciennes du village de Guagno et de ses habitants font revivre la vie d’autrefois.

Connectez-vous à l’adresse :

https://www.eklablog.com/profile/28328122

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 17:59

Le récent article comportant une carte sur les chemins de la transhumance a été très apprécié. Le don par Maryse MORETTI d’une photo de troupeau à Guagno-les-Bains en témoigne.

La carte accompagnait un article de Jean COPPOLANI sur Cargese, publié dans la "Revue de géographie alpine" en 1949.

Une transhumance bien organisée

Une partie de cette étude décrivait assez précisément la vie pastorale. La complémentarité entre la plage et la montagne explique les relations très conflictuelles entre les Corses des Deux Sorru et les Grecs de Cargese. Voir l’article : La rage contre les Grecs    http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-rage-contre-les-grecs-116790059.html

Il est intéressant de lire ce que le géographe avait publié il y a trois quarts de siècle. On découvre que l’élevage était très organisé et qu’il s’accompagnait même de travaux agricoles.

 

   "Aujourd’hui, certains bergers sont légalement domiciliés à CARGESE, d’autres à VICO, à RENNO, à GUAGNO, à LETIA, ou plus loin encore, à CALASIMA, dans le NIOLO. Mais tous sont Corses et tous mènent la même existence nomade.

   La descente «à la plage» se fait en général dans le courant d’octobre, lorsque le froid commence à se faire sentir «à la montagne» et que les pluies d’automne ont fait reverdir les pâturages; le berger arrive, par des chemins traditionnels qui empruntent pour partie les routes nationales avec sa famille à dos d’âne, son outillage et son bétail, et s’installe dans sa demeure d’hiver. Il lui faut une journée pour venir de VICO ou de LETIA, deux pour descendre de CALASIMA (70 km)." 

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

Sur cette carte postale ancienne, la famille utilisait une charrette.

    "Sur une ou plusieurs des parcelles qui lui appartiennent ou qu’il a louées, il installe quelques cultures. Autrefois, il commençait par brûler les herbes sèches pour engraisser la terre – quelques semaines avant la descente de la montagne - ; cette coutume, extrêmement dangereuse en raison de l’extrême sècheresse du pays au début de l’automne, a été interdite à plusieurs reprises ; elle est cependant encore pratiquée de temps à autre, mais ordinairement le berger fauche plutôt le terrain qu’il se propose de cultiver. Après les premières pluies, il le laboure avec une charrue et une paire de bœufs empruntés le plus souvent à un gros propriétaire. Ensuite, il sème, un peu de blé pour lui, de l’orge et de l’avoine pour son âne ou son mulet. Dans le jardin attenant à sa maison, le berger sème quelques légumes. S’il possède en outre des oliviers, il récolte ses olives.

   Pendant ce temps, les bêtes broutent l’herbe à qui l’humidité de de la saison a rendu la fraîcheur. Les nuits sont généralement assez douces pour qu’on laisse le bétail dehors en tous temps : le système est évidemment très économique, mais ne va pas sans inconvénients, et lors des hivers froids, comme celui de 1945-46, de nombreuses bêtes meurent. Comme les parcellles sont encloses, le bétail ne demande guère de surveillance ; cependant il arrive que les chèvres franchissent les clôtures et aillent saccager les cultures des voisins.

   Vers le mois de mai, les bêtes ont épuisé tout le pâturage (il faut en moyenne un demi-hectare par tête d’animal) : le berger repart alors pour la montagne, où il va mener une existence analogue jusqu’à l’automne. A l’époque de la moisson, le berger lui-même ou un membre de sa famille redescend pour quelques jours, fauche ses céréales et les dépique sur l’aire adjacente à sa maison. A son retour définitif, il labourera de nouveau la parcelle cultivée l’an passé, et cela jusqu’à ce que les rendements soient devenus trop faibles (en général, au bout de 2 ou 3 ans) ; il défriche alors une autre parcelle, tandis que le champ précédent redevient pâturage pour 8 ou 10 ans. Cette culture itinérante ne donne évidemment que des rendements bien faibles (7-8 quintaux à l’hectare pour le blé).

   Mais la production des céréales est secondaire pour le berger. Sa grande affaire, ce sont les produits du troupeau."

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 18:17

L'expression "Bagni di Vico", qui se trouve sur la représentation de la Corse dans la Galerie des Cartes du Vatican (voir l'article "La Corse (et Sorru in sù) au Vatican"), peut intriguer.

La station thermale de Guagno-les-Bains a souvent (et est encore) nommée "les Bains de Guagno". Mais elle a parfois été appelée "Bains de Vico", expression pouvant concerner également les thermes, abandonnés depuis très longtemps, de Caldanelle, près de Balogna. L'usage de ce nom s'est de plus en plus raréfié au cours du XIXème siècle. 

En 1851, le périodique d'informations "Le Magasin pittoresque" présenta les "Bains de Vico", gravure à l'appui. Et aucun doute n'est possible: il s'agit bien de Guagno-les-Bains.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Il n'est pas nécessaire de décrire cette image car le magazine en donne une description très précise:

 

"Vico, situé à 12 kilomètres de la mer, au couchant du monte Rotondo, offre peu d'intérêt; mais en s'approchant de la montagne, on arrive, par les paysages les plus pittoresques, à une source d'eaux minérales, près des rives du Liamone; elle attire les malades pendant la saison des bains. Une vue de cet établissement, construit d'une manière fort simple, est gravée à la page 132. Le Liamone, sur lequel est jeté un pont de bois, coule au premier plan; les eaux minérales sont distribuées dans des cellules dont on voit le sommet au delà du fleuve, par-dessus les maquis; une auberge occupe le haut d'une colline voisine; au fond, une chaîne de montagnes couvertes de pins, et servant de contre-fort au monte Rotondo, se dirige vers l'ouest. Cette chaîne est dominée par trois points culminants, dont l'un, composé d'un immense rocher qui a la forme d'un crâne, est nommé le Cervello."

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 17:40

La façade de l’établissement thermal de Guagno-les-Bains s’orne d’une inscription dont il a déjà été indiqué le caractère historiquement douteux. Au-dessous de la plaque, la décoration du mur est complétée par une jardinière couverte d'herbes folles.

Le récipient dans lequel la terre a été accumulée est en réalité une baignoire en marbre avec deux anneaux sculptés de chaque côté. L’idée de convertir un ustensile de bain pour faire pousser des plantes est excellente pour ce cadre.

La baignoire de l'impératrice

Cet objet est d’ailleurs mentionné dans plusieurs sites internet touristiques sous le nom de « la baignoire de l’impératrice », sous-entendant « l’impératrice Eugénie »,  épouse de Napoléon III. Mais il a déjà été démontré (dans l’article Napoléon Ier à Guagno-les-bains et pas Napoléon III (1/2)) que le couple impérial n’a jamais pu se rendre à Guagno-les-Bains.

D’autre part, il ne peut s’agir de LA baignoire de l’impératrice car il existe DES baignoires identiques.

 

PLUSIEURS  BAIGNOIRES

Sur un dépliant publié par la Préfecture de Corse-du-sud à l’occasion des Journées du Patrimoine d’il y a quelques années, on peut lire dans la partie consacrée aux jardins du Palais Lantivy:

« Les trois baignoires en marbre, 2ème moitié du XIXème siècle, proviennent de la station thermale de Guagno-les-Bains. »

La photo d’accompagnement ressemble beaucoup à ce qui est visible maintenant dans la cour de la station thermale.

 

La baignoire de l'impératrice

 

Nous en arrivons à quatre baignoires du même type. Mais on est loin du compte car les baignoires se trouvaient dans les 17 cabinets particuliers (dont 3 avaient des baignoires jumelles) installés dans les thermes lors de leur reconstruction de 1846-1855. Le total était donc de 20 baignoires.

Le devis du Conducteur des Ponts et Chaussées GIERYNSKI, daté du 13 novembre 1846 et cité par François VAN CAPPEL DE PREMONT, architecte du Patrimoine, dans son livre « Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme », nous apprend que ces baignoires étaient plaquées de marbre de Corte et coûtaient 84,84 francs l’unité.

 

SOUVENIR PERSONNEL

Les personnes qui ont plus de 60 ans maintenant se souviennent certainement s’être baignées dans ces baignoires, surtout avant 1968, quand l’eau courante n’avait encore été installée à Poggiolo.

Après un match de football ou après une simple promenade, si l’on n’allait pas se tremper dans la rivière, on se présentait à l’établissement thermal. Pour un prix modique, ou même gratuitement pour ceux qui résidaient toute l’année au vilage, on était introduit dans une petite pièce fermée par une porte en planches de châtaignier disjointes. La baignoire était placée contre un mur. Au-dessus d’elle, un robinet en cuivre doré permettait de faire couler une eau chaude à l’odeur de soufre très caractéristique que l’on gardait un bon moment. On était en forme pour gravir les trois kilomètres de montée jusqu'à Poggiolo.

 

DEUX MYSTÈRES ET UNE INJUSTICE

Ces baignoires ont certainement été enlevées lors des travaux qui permirent un redémarrage temporaire de la station. La date exacte serait à rechercher. Mais on se souvient que, pendant de  très longs mois, des baignoires étaient abandonnées le long des rues du village.

Les exemplaires qui se trouvent à la Préfecture d’Ajaccio seraient présentées dans le jardin depuis 1984, d’après la base de données Palissy des monuments historiques. En effet, elles ont été classées depuis le 2 mai 1984.

Mais il y a encore deux mystères :

- le dépliant des Journées du Patrimoine cite le chiffre de trois baignoires. Pourquoi la troisième n’est-elle pas dans cette liste ?

- la baignoire-jardinière de Guagno-les-Bains n’est pas mentionnée sur la liste des monuments historiques. Est-ce parce qu’elle est se trouve dans un petit village éloigné de la métropole ajaccienne ?

Même sans être LA baignoire de l’impératrice, il serait normal qu’elle soit classée.

 

EXIGEONS LA RECONNAISSANCE DU CARACTERE DE MONUMENT HISTORIQUE À LA BAIGNOIRE DE GUAGNO-LES-BAINS !

La baignoire de l'impératrice

En tout cas, monument historique ou non, l'exposition de cette baignoire et son placement sous la plaque "1808" sont les symptômes de la nostalgie que l'on ressent à Guagno-les-Bains et à Poggiolo, celle de "l'âge d'or de Guagno-les-Bains, quand des centaines de curistes se succédaient tout au long de l'été, faisant vivre le commerce local", comme le fait dire le romancier Didier DAENINCKX, dans son livre "Têtes de Maures", au conseiller général (voir l'article "Guagno-les-Bains, cadre de roman (1/3: des Archives à la fin de "l'âge d'or")").

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 17:52

A l'occasion de ce 8 mai 2015 qui est le soixante-dixième anniversaire de la capitulation allemande, nous pouvons nous souvenir de Mimi CANALE, dont tous les amis de Poggiolo et de Guagno-les-Bains déplorent le décès le 28 octobre 2014, et qui fut un grand soldat de la seconde guerre mondiale. 

Ce blog a déjà publié un très attachant souvenir de sa guerre en Italie (voir La campagne d'ITALIE de Mimi CANALE).

Mimi avait donné un long entretien au bulletin "INSEME" d'avril 1998. Nous en extrayons les parties qui concernent d'autres moments de ses souvenirs de soldat.

La guerre de Mimi

La guerre est arrivée, qu'avez-vous fait ?

J'ai fait la guerre! comme engagé volontaire. En 1943, j'ai participé au débarquement en Corse avec les goumiers marocains. J'étais le premier soldat arrivé à Vico. Puis, ça a été Bastia comme "radio", Teghime, San Stefano, puis l'Italie avec le fameux Cassino, la Provence, l'Autriche et l'Allemagne.

 

Racontez-nous quelques anecdotes de la guerre.

Je vais vous en raconter trois:

 

- En Allemagne, je suis tombé malade et l'année française m'a laissé sur le chemin prés d'un village. J’ai été récupéré par trois femmes, des coiffeuses qui m'ont soigné si bien que, quand l'armée a pris le bourg, ils ont mis un signe sur leur maison pour qu'elles ne soient pas inquiétées.

 

- La deuxième, c'est les Vosges. Il faisait très froid, moins 42°, on faisait des trous dans la neige et on survivait avec du schnaps et de l'alcool solidifié qui arrivait dans de gros sacs de jute ; on en cassait des morceaux puis on les faisait fondre.

 

- La troisième, c'est quand nous étions installés à Lyon très confortablement. On nous a fait descendre à Marseille pour partir en permission. Là, les conditions d'hébergement étaient très difficiles et en plus il n'y avait pas de bateaux pour partir à Bastia ou Ajaccio, alors que quand il s'agissait de nous faire partir pour la guerre, là, il n'y avait pas de problèmes: ils en trouvaient! Donc, nous voilà partis à Marseille bien impatients! Un jour, bien que n'étant pas sur la liste des 20 désignés pour le départ, nous sommes descendus sur les quais et ceux qui s'occupaient de l'embarquement nous ont dit qu'il y avait de la place mais pas de quoi nous nourrir pendant la traversée. Cela nous était égal; alors nous voilà partis !

 

A la libération, il fallait travaiIler. Je n'avais pas envie de rester dans l'armée; mon régiment partait pour Madagascar.

J'ai hésité entre la police et la poste, puis j'ai fait l’école de croupier, nous étions mieux rémunérés et pendant quelques années j'ai exercé ce métier. L'hiver par exemple, j'étais au casino de l'Eldorado à Nice, et c'est là que j'ai retrouvé celle qui allait devenir ma femme et dont j'avais fait la connaissance à Lyon où elle était la marraine de notre régiment.

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Vacances de la Toussaint:

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Début janvier 2027:

Assemblée générale du Comité des Fêtes.

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Vacances de Pâques:

du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027

Vacances d'été:

à partir du samedi 3 juillet

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

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