La Corse a été libérée en 1943. Mais les Corses ont combattu dans l'armée française pendant toute la seconde guerre mondiale. Nombreux y ont perdu la vie.
Devant le monument aux morts de Poggiolo pour 1914-1918, une plaque comporte six noms de Poggiolais morts en 1939-1945.
A-t-on encore des souvenirs sur eux dans les familles? Que sait-on sur eux?
- CANALE Pierre: né à Guagno-les-Bains en 1917, il était sergent-chef dans la 5ème compagnie du 144ème RIA et mourut en 1940 à NOGENT L'ARTHAUD dans l'Aisne.
- DESANTI François Marie: soldat du 22e Bataillon Nord-Africain, il avait 20 ans quand il fut tué le 2 octobre 1944 à ROMCHAMP FOUR A COKE (Haute-Saône) près de BELFORT.
- DESANTI Jean: né en 1914, était adjudant au 11e RTAT et décéda le 19 mars 1941 en Allemagne, à RAVENSBURG WEINGARKEN, où il était prisonnier.
- ORAZI François Mathieu: né en 1924, était soldat à la 10e compagnie de tirailleurs algériens et mourut des suites de ses blessures à CITÉ AMÉLIE dans le Haut-Rhin le 28 janvier 1945.
- OTTAVYMarc Jean(orthographié OTTAVI sur la plaque) (photo ci-dessous): Soldat dans la1ère Armée Française. Né le 14/09/1922 à Constantine (Algérie). Mort le 19novembre 1944 àPONT DE ROIDEdans le Doubs. Plus de renseignements dans l'article De l'Algérie aux rives du Doubs.
- VINCIGUERRA Paul (photo ci-dessous): naquit en 1924 à Poggiolo et fut tué au combat le 23 avril 1945 en Allemagne. Il était soldat dans le 1er Régiment de spahis algériens de reconnaissance.
On peut constater que trois sur six ont péri en trois mois, lors des durs combats de l’hiver 1944-45 dans l’Est.
Autre particularité : la grande majorité faisait partie d’unités d’Afrique du Nord, soit pour y avoir été recruté, soit pour y avoir rejoint la France Libre.
En ce quatre-vingtième anniversaire de la libération de la Corse, pensons à leur sacrifice qui nous a permis de vivre libres.
Le grand succès de "Mele in Festa" hier dimanche 24 septembre est raconté par Hélène DUBREUIL dans le texte ci-dessous. Elle a insisté sur l'événement qu'a été la présence de l'évêque de Corse. Ce récit est complété par l'article de Pascale CHAUVEAU dans Corse-Matin qui met l'accent sur la résistance des savoir-faire ancestraux. Bonne lecture.
Hier, c’était la foule des grands jours pour la 27e manifestation du "Mele in festa" à Murzu.
Un soleil éclatant, un nombre jamais aussi important d’exposants, que ce soit évidemment pour mettre à l’honneur le miel mais aussi présenter les produits alimentaires traditionnels de notre île: ovins et caprins comme porcins, frappi, fritelle, bastelle, etc., ainsi que les réalisations artisanales et culturelles les plus variées… Rien ne manquait pour la plus grande satisfaction des locaux, des “frusteri” et des touristes.
Dans son allocution, avant la messe, Monsieur le maire a présenté la manifestation, en remerciant l’ensemble des bénévoles qui, depuis 27 ans, œuvrait à la réalisation et au succès de cette fête.
L’évêque de Corse Monseigneur Bustillo a honoré de sa présence la manifestation en présidant la messe durant laquelle il a évoqué sa rencontre avec le pape à Marseille ainsi que sa prochaine création de Cardinal à Rome. Il a aussi remercié les Corses qui se sont largement manifestés lors de sa nomination et qui vont être 800 à l’accompagner à Rome.
Enfin, après la bénédiction de l’assemblée, il a parcouru les allées de la foire en bénissant les stands.
La messe a été chantée par le chœur d’hommes de Sorru in sù.
La fête s’est poursuivie dans la convivialité et la bonne humeur selon le programme établi…
Un véritable succès et un seul souhait : à l’an prochain !
La libération de la Corse en 1943 fut réalisée en partie grâce aux mouvements de résistance insulaires. A la suite de la capitulation italienne du 8 septembre, le Front National donna l'ordre d'insurrection le 9, ce qui entraîna la décision du général Giraud d'envoyer des troupes depuis Alger.
Les soldats qui débarquèrent faisaient partie du 1er bataillon de choc, du 69e régiment d'artillerie de campagne, de tirailleurs marocains et de tabors marocains. Parmi les soldats, il y avait donc des Marocains, mais aussi des Français d'Algérie engagés ou mobilisés et des Français de métropole qui avaient rejoint l'Afrique du Nord, dont un certain nombre de Corses.
Et parmi eux, Mimi CANALE, de Guagno-les-Bains, décédé le 28 octobre 2014.
Mimi avait donné un long entretien sur sa vie au bulletin "INSEME" d'avril 1998. Au sujet de la guerre, il avait déclaré:
La guerre est arrivée, qu'avez-vous fait ?
J'ai fait la guerre! comme engagé volontaire. En 1943, j'ai participé au débarquement en Corse avec les goumiers marocains.
J'étais le premier soldat arrivé à Vico.
Puis, ça a été Bastia comme "radio", Teghime, San Stefano, puis l'Italie avec le fameux Cassino, la Provence, l'Autriche et l'Allemagne.
Dans la copieuse production d'initiatives très variées inspirées par les 80 ans de la libération de la Corse, deux livres sont à retenir:
1) L'ECPAD, qui dépend du Ministère de la Défense, publie un livre de photos intitulé: La libération de la Corse, septembre-octobre 1943.
À travers plus de cent photographies, cet ouvrage montre les grands moments de l'opération Vésuve et les visages célèbres et anonymes du premier acte de la Libération.
Il peut être commandé sur Amazon ou sur le site de l'ECPAD (15 euros):
2) Opération "Vésuve", l'histoire très secrète de la libération de la Corse (éditions du Cerf, 304 pages, 24€): écrit par Henri-Christian GIRAUD, le petit-fils du général GIRAUD, ce livre a enthousiasmé Robert COLONNA d'ISTRIA qui, dans Settimana du 8 septembre, a écrit: "Aucune synthèse sur les opérations militaires n'est mieux documentée, plus rigoureuse".
Il est également une critique de la façon dont le général de GAULLE a récupéré les lauriers d'une victoire dans laquelle il n'a pas joué un grand rôle.
Les maires de Soccia et Orto viennent de prendre une excellente initiative. Ils ont organisé une formation aux gestes qui sauvent, avec notamment le massage cardiaque et l'utilisation du défibrillateur.
L'article de Pascale CHAUVEAU de mardi 19 septembre, reproduit ci-dessous, décrit comment la séance s'est déroulée.
Et Poggiolo? Le village n'était pas inclus dans ce rendez-vous pour lequel avaient été invités six habitants permanents des deux communes voisines.
Le 7 août 2017 (voir ICI), il y a eu une initiation à l'utilisation des défibrillateurs cardiaques. Elle avait été réalisée en présence de pratiquement uniquement d'habitants temporaires et estivants. D'autres séances ont-elle eu lieu depuis? En tout cas, une remise à niveau régulière est indispensable.
Défibrillateur installé devant la mairie de Poggiolo (photo Michel Franceschetti, août 2022).
Des habitants formés aux gestes qui sauvent.
À la demande des maires de Soccia et d’Orto, une dizaine d’habitants ont bénéficié d’une formation de trois heures aux gestes qui sauvent. Une nécessité, notamment en milieu rural
Hier matin, Anaïs Giacomini et Marie-Paule Sala, formatrices du Cesu (centre médical de soins d’urgence) ont initié les habitants au massage cardiaque et à l’utilisation d’un défibrillateur.
Une demande conjointe des maires de Soccia et d’Orto, qui avaient chacun proposé la formation à six habitants permanents et valides.
« C’est très important que la population soit formée, surtout en milieu rural », insistent-elles, « car on augmente le pourcentage de personnes sauvées en attendant que les secours professionnels n’arrivent ». Pendant trois heures, elles ont expliqué la théorie, puis fait pratiquer des mini-simulations sur des mannequins.
Des exercices plus éprouvants qu’il n’y paraît
Mais l’enseignement allait au-delà des gestes techniques : avoir le réflexe d’appeler en premier lieu le 15, bien se positionner pour ne pas fracturer les côtes, passer le relais à un autre masseur dès que la fatigue fait perdre en efficacité, faire le choix de sauver un adulte qui vient de perdre connaissance plutôt qu’un enfant déjà en arrêt depuis plusieurs minutes. Des choix parfois difficiles, mis en scène à travers des situations. Et des exercices plus éprouvants qu’il n’y paraissait, tant pour le mental qui doit rester très concentré, que pour le physique, quand une session de massages doit durer deux minutes sans discontinuer.
La plupart des communes sont aujourd’hui équipées d’un défibrillateur. « Il a servi deux fois en dix ans », précise Jean-François Bartoli, maire de Soccia, qui envisage de commander prochainement le kit d’électrodes spécialement adaptées pour les plus petits.
Le quatre-vingtième anniversaire de la libération de la Corse, premier département métropolitain soustrait à l'occupation allemande après de durs combats, est célébré par de nombreuses cérémonies. Il faut féliciter Corse-Matin dont le supplémentaire hebdomadaire Settimana ouvre ses pages à cet événement majeur du 8 septembre au 6 octobre.
Dans le premier numéro, il a été proposé un bond dans le passé en revivant les premiers combats, du soulèvement d’Ajaccio à la libération de Bastia.
La semaine du 15, les Journées du patrimoine ont été l'occasion de faire une balade dans les villes et villages où la Seconde Guerre mondiale a laissé des traces, parfois insoupçonnables. Le patrimoine reste vivant, même disparu, grâce notamment à des guides, des historiens, des passionnés qui portent, haut, la bonne parole.
Le numéro du 22 septembre portera un regard sur le quotidien du peuple corse pendant l’Occupation. Il reviendra également sur un monument cinématographique international tourné en Corse, sur la plage de Saleccia, dans les Agriates : Le jour le plus long. Des souvenirs en compagnie de ceux qui ont vécu le tournage.
Le 29 septembre, Settimana sera dans les rangs de l’armée, parmi les goumiers et les soldats américains, dans le maquis aussi avec le témoignage d’un résistant.
Ce mois inédit se termine historiquement le 4 octobre avec le retrait des dernières troupes de Bastia. Mais, comme le devoir de mémoire se fait également auprès des jeunes générations, c’est dans le Zitellina, le 6 octobre, que l’histoire se mettra à hauteur d’enfants. C’était comment d’avoir 10 ans pendant la guerre ? Un Corse, aujourd’hui âgé de 90 ans, racontera.
PS: si vous n'avez pas les deux premiers numéros de cette série, adressez-vous au journal ou à votre revendeur habituel.
L’automne est là. Le cycle naturel des saisons nous offre, à nouveau, de profiter des multiples bienfaits de ces mois savoureux qui suivent l’été et ça, c’est déjà un bonheur en soi. L’autre bonne raison de se réjouir de l’arrivée de cette nouvelle saison, c’est le moment de «U Mele in Festa», 1ère Foire automnale de la FFRAAC* depuis 27 ans, et les abeilles nous en sont reconnaissantes. Anc’assai ! Parce qu’elles le savent, nos célèbres abeilles corses s’activent partout dans nos campagnes, forêts et montagnes superbes, comme si elles nous encourageaient « Bzzzz ! allez, allez ! il faut se bouger, tout préparer, que ce soit une fête très réussie cette année encore! ».
La rentrée scolaire a été placée sous la polémique concernant les vêtements. Le gouvernement a, après beaucoup de retard, décrété l'interdiction dans les établissements scolaires de certains vêtements trop connotés comme islamistes.
A cette occasion, est revenue dans les médias l'idée d'imposer un uniforme aux élèves. Contrairement à ce que certains ont pu raconter, l'obligation n'a jamais existé dans les établissements publics, sauf dans les Antilles. A la rigueur, dans le primaire, il était recommandé d'avoir une blouse ou un tablier (sans style ni couleur imposés) quand l'utilisation du porte-plume et de l'encrier entraînait de gros risques de taches sur les habits.
Ce qui est certain, c'est que les vieilles photos montrent que les écoliers de Poggiolo n'ont jamais porté d'uniforme.
Les écoliers poggiolais en 1900 (liste de leurs identités en cliquant ICI)
Avec Bernard PAOLI dans les années 1920:
Avec Jojo ANTONINI, entre 1945 et 1954:
Au premier plan, François PINELLI, Mélanie PASSONI, Ernestine MALAGUTI et Marie BATTESTI, et au second plan, Toussaint COLONNA, Antoine SICCHI et Jacques DEFRANCHI.
Ensuite, en 1956, avec Angèle POMPEANI:
De gauche à droite, Jean-Marc TRAMINI, Guy TRAMINI, Jean-Martin PINELLI, Germaine SICHI, Noël SICHI, Jean-Marie PASSONI et Rita PINELLI.
Avec Judith OTTAVI, en 1964-1965, la dernière classe de Poggiolo.
Christian PINELLI, Angèle ANGELINI et Lucie OTTAVY.
En prime, une photo des écoliers d'Orto et une de ceux de Soccia, toujours sans uniforme (à dater et à identifier):
:
blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).