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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 19:05

Un préavis de grève a été déposé à la Poste d’Ajaccio car la direction refuse d’accorder les heures données traditionnellement aux salariés afin qu’ils puissent suivre les festivités de A Madunnuccia, ND de Miséricorde, patronne de la ville.

Au-delà des croyances religieuses personnelles, la décision de la direction de la Poste montre le peu d'importance accordé aux traditions locales par une administration désincarnée.

 

Voici le texte de l'article publié dans "Corse-Matin" aujourd'hui jeudi 14 mars.

photo Emilie Raguz

photo Emilie Raguz

A Madunnuccia, mère de miséricorde au coeur suave et si doux, n'invite pas toujours à la prière et à l'espérance. Au centre financier de La Poste, à Ajaccio, la sainte patronne de la ville d'Ajaccio fêtée le 18 mars ouvrirait même la possibilité d'une cessation du travail.

"Nous avons déposé un préavis de grève pour la journée du lundi 18 mars. Il concerne l'ensemble des métiers de La Poste, c'est-à-dire le courrier, le réseau et le centre financier de la région ajaccienne et du Valinco. Il fait écho à une seule revendication, la fête de la Miséricorde à Ajaccio et à Propriano", indiquent Laurent Torre, délégué STC La Poste de Corse-du-Sud et Roger Bianchini, délégué du personnel STC centre financier.

Du côté de la CGT, on a fait le choix de ne pas appeler à la grève pour le moment. On envisage de relancer les discussions. À ce stade, les modalités d'action divergent, mais les raisons du mécontentement sont identiques.

"La direction du centre financier refuse de nous accorder l'après-midi du 18 mars. Ce qui équivaudrait à une fermeture de l'établissement à 12 heures. Or, cette année, celle-ci est fixée à 16 heures", expliquent Christophe Chrétien - le bien nommé pour la circonstance -, secrétaire CGT et Patricia Curcio, membre du bureau du centre financier et membre fédéral CGT La Poste.

Ce faisant, la direction rompt avec les usages en vigueur. "De tout temps, nous avons bénéficié d'une demi-journée pour pouvoir profiter de la fête de la ville. Il est à la fois très important et très symbolique pour tous de participer à cette célébration qui n'est pas réductible à la procession", insiste Roger Bianchini. À la CGT, on pense aussi discrimination territoriale, "au-delà de toutes considérations religieuses", souligne Christophe Chrétien.

"Il faut savoir que des journées comparables existent ailleurs, par exemple le 26 décembre à Strasbourg, lors des fêtes de fin d'année à Lille et Dijon, ou à l'occasion du carnaval dans les Antilles."

Pour le STC comme pour la CGT, l'absence de dialogue social sur le sujet est un autre motif de colère. "Mardi, le personnel s'est réuni en assemblée générale et a demandé des explications à la direction qui n'a rien voulu écouter, affichant ainsi son mépris pour l'ensemble du personnel", déplore-t-on.

Aux yeux des représentants syndicaux, l'épisode "Madunnuccia" s'assimilerait encore à "la goutte qui fait déborder le vase".

"Le problème lié à cette journée est symptomatique des difficultés et de la souffrance que rencontrent les salariés au quotidien. A Madunnuccia s'inscrit dans le prolongement de trop nombreuses restructurations et transformations", détaille Patricia Curcio. Avant de plaider pour l'organisation d'un Grenelle de La Poste en Corse.

En attendant, "pour sortir de l'impasse, il n'y a qu'une seule décision à prendre : revenir sur la journée du 18 mars". Le message est transmis à la direction. À A Madunnuccia de faire le reste dans sa grande mansuétude.

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 15:18

Une délégation chaldéenne doit être accueillie au couvent de Vico mercredi 20 mars. A 18 heures, il est prévu une rencontre et une messe auxquelles sont conviés tous ceux désireux d'échanger avec ces chrétiens d'Orient.

D'autres rencontres sont prévues à Corbara et à Ajaccio.

Or, l'administration française refuse de donner les visas nécessaires en raison "d'un risque migratoire manifeste".

 

 

Pas d'Irakiens ni à Vico, ni dans toute la Corse?

La page Facebook de "I cristiani Corsi" a publié la réaction suivante:

Sustegnu corsu à i cattolichi iracheni !
U sughjornu in Corsica di 12 preti, diaconi è fedeli cattolichi iracheni ( chjesa caldea ) impeditu da i servizii di u statu francese, per "risicu d'immigrazione" ! 
U testimoniu di i Cristiani orientali face paura à a Ripublica Francese ! 
Sulidarità incù i nostri fratelli cristriani vittimi di a "pulitica di morte" di a Francia ind'u Mediu Oriente !

 

Il faut espérer que ce problème puisse se résoudre rapidement. 

 

Il permet de mettre l'accent sur la situation difficile des chrétiens d'Orient qui sont trop souvent oubliés en Occident.

 

 
église assyro-chaldéenne de Marseille (photo Michel Franceschetti)

église assyro-chaldéenne de Marseille (photo Michel Franceschetti)

 

Yves GAUTHEY, enseignant marseillais petit-fils d'un chrétien assyro-chaldéen, vient de publier une biographie romancée de son grand-père. Venu des confins de la Perse et de la Turquie pour fuir le génocide dont sa communauté fut victime, Yonan Ischaria s'engagea dans la Légion étrangère, participa à la guerre de 14-18 et épousa une bourgeoise marseillaise malgré l'hostilité de sa famille.

Son livre "L'exil, de Malana à Marseille" est disponible aux éditions Phénix d'Azur.

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 18:00
Le rôle du café de village

Ils sont devenus trop nombreux, ces villages dont les ruelles sont vides, les maisons toujours fermées et les soirées silencieuses. Au cœur de l'hiver, quand il fait bien trop froid pour refaire le monde sur un muret ou maltraiter le cochonnet sur la place, les habitants de ces communes ont comme refuge et comme passe-temps leur canapé et leur écran de télé.

Parce qu'au terme d'un long processus qui a vu partir la boulangerie, l'épicerie, l'école, la Poste et finalement le café, le village est devenu un joli dortoir, avec une église au milieu. Et le lien social s'est affaibli.

Ces phrases sont l'introduction d'un article signé par Morgane QUILICHINI et Marc-Ange INGRAND qui est paru samedi 2 mars dans "Corse-Matin" sous le titre "Ces cafés qui maintiennent le lien social dans les villages";

Après cette triste constatation, l'article devient optimiste en montrant quelques exemples de villages où le bar subsiste, parfois avec l'aide de la mairie, et, comme le déclare le maire de Bustanicu, reste "un lieu qui permet d'entretenir le lien social dans un village". 

 

On ne peut que faire la relation avec l'expression de "agora" qui fut employée par Bernard FRANCESCHETTI dans l'article de Marie-Joseph ARRIGHI-LANDINI qui présentait la vie à Poggiolo ("Corse-Hebdo" du 29 décembre 2000).

Poggiolo reste optimiste, à l'image de son bar où l'on aime se réunir. Ouvert depuis 1960, ce sont les CHITI qui le tiennent depuis trois générations: Argia et Antoine ont commencé, Umberto, leur fils, et sa femme Monique ont pris la suite. Aujourd'hui, c'est Alexis, mari de Martine, qui l'ouvre quotidiennement.

Pour Bernard FRANCESCHETTI, "c'est sans doute le bar le plus actif. Nous sommes presque tous les jours une dizaine à l'apéritif. C'est un lieu de convivialité. On ne s'invite pas forcément, le bar devient donc l'endroit où l'on peut se retrouver. C'est une agora, presque un service public, il permet de confronter les générations et de transmettre les savoirs, les idées. Quant un bar ferme, c'est presque aussi grave qu'une école".

Photo de Pierre-Antoine FOURNIL

Photo de Pierre-Antoine FOURNIL

La légende de cette image est un peu confuse. Dans l'ordre, de gauche à droite, on peut reconnaître: Christian, Monique, Umberto, Roger et Bernard.

Cliquer sur la photo pour l'agrandir.

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 18:00
Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais

Les Jeux Olympiques de 2024 auront lieu à Paris. On peut être heureux que la France ait été choisie. Mais une décision assombrit le tableau: les jeux de boules seront exclus de ces compétitions.

Dans "La Provence" du 24 février, Franz-Olivier Giesbert a publié un éditorial furieux intitulé "L'offense faite au Sud".

 

Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais
Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais

Tout le Midi est effectivement offensé, et particulièrement la Provence et la Corse.

A Poggiolo, le challenge Umberto Chiti donne chaque été la preuve que la pétanque est bien un sport, et un sport réellement populaire.

Tant pis! Aucun Poggiolais ne viendra concourir aux J. O. de Paris. 

Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais
Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais
Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais
Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais
Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais
Pas de Jeux Olympiques pour les Poggiolais
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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 17:55

Le couvent Saint François de Vico est célèbre. Il fait partie du paysage de Vico depuis des siècles et même ceux qui ne l'ont pas visité croient le connaître.

Mais l'utilisation de plus en plus fréquente des drones donne des points de vue très différents sur les villages et les monuments.

Admirez le couvent filmé par ce moyen.

De belles images avec en fond sonore l'excellent chant "I novi celi" par Aria d'aRena.

Merci au Père Joseph pour cette publication.

D'autres vidéos prises par drone dans les Deux Sorru ont déjà été publiées sur ce blog:

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 18:00
Photo PNRC

Photo PNRC

Le marché de printemps aura lieu à Murzu le dimanche 14 avril. Les commerçants et artisans désirant avoir un stand sont invités à s'inscrire au plus tôt.

Le marché de printemps se prépare à Murzu
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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 18:00
"La Provence" est daltonienne

Le supplément économie du quotidien "La Provence" publie aujourd'hui mardi 5 mars une étude, au demeurant fort intéressante, sur "la bataille navale" entre Corsica Linea et La Méridionale.

Malheureusement, un graphique censé éclairer le lecteur contient une grosse erreur.

L'illustration montre le nombre de passagers empruntant chacune des compagnies desservant la Corse selon le port. Or, les couleurs représentant Corsica Ferries et La Méridionale ont été inversées. La confusion est évidente pour Toulon qui, au lieu d'être entièrement colorié avec l'orange de La Méridionale, aurait dû avoir seulement le bleu de Corsica Ferries.

"La Provence" est daltonienne
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4 mars 2019 1 04 /03 /mars /2019 17:59
Le dixième anniversaire du Blog des Poggiolais

 

Ce blog a dix ans. 

 

En effet, le 1er mars 2009 était publié le premier article: le film de la procession du 15 août 1966.

 

L'idée d'un blog consacré à Poggiolo et Guagno-les-Bains était venue d'une suggestion d'une lectrice, habitant alors Montpellier, du mensuel "L'Info U Pighjolu", publiée en juin 2007.

 

En lançant cette initiative, il n'était pas prévu qu'il y aurait assez de sujets pour assurer une si grande durée. Pourtant, au bout de ces dix années, 2.332 articles ont été diffusés (soit 233 par an). Ce site a reçu 392.940 visiteurs et 749.169 pages ont été vues. En 2018, on a compté 53.623 visiteurs et 89.340 pages vues.

 

En principe, les articles sont accessibles à 18 heures. Chaque article est lu en moyenne 200 fois. Le plus demandé est celui sur "les bastelle des morts", publié la première année, le 1er novembre 2009. Il explique la tradition et la recette des bastelle, illustré de deux vidéos. 

Autre succès: "la nuit des mazzeri", publiée le 30 juillet 2014, qui évoque des très anciennes traditions magiques. 

 

 

 

70 abonnés à la "newsletter" reçoivent une annonce à chaque nouvelle parution et 189 personnes sont amies de la page Facebook.

 

 

 

 

Merci à tous les lecteurs qui suivent cette aventure et font connaître ce blog.

 

Merci à tous les Poggiolais et amis de Poggiolo et de Guagno-les-Bains qui apportent des idées et des documents pour de nouveaux articles.

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27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 17:58

Suite de l'article consacré à la génération 1968 à Poggiolo.

 

 

Le téléphone fut longtemps un luxe exceptionnel. Les FRANCESCHETTI se souviennent que la maison de Rosine servait quasiment de cabine publique. Combien de fois n’ont-ils pas été réveillés au petit matin par une voix claironnant: «Allo Vico ? Pour le 6 à Soccia, je voudrais le …» ? Il en était de même chez Xavière MARTINI.

 

L’information ne nous noyait pas à flot continu comme maintenant. Si chaque maison avait son grand poste de radio à lampes dans le salon, la télévision ne fit son entrée à Poggiolo qu’en 1965.

 

L’essentiel des nouvelles venait des deux quotidiens «Le Provençal Corse» et «Nice-Matin Corse».

Même si l’information arrivait à petites doses, elle fournissait le sujet de discussions politiques, nourries des idées acquises en ville, idées parfois opposées mais il n’y avait pas de quoi se fâcher. Les discussions avaient lieu sur les marches de Xavière, dans le «magasin», la chambre donnant sur la Stretta, ou chez les BARTOLI.

 

 

 

sur les marches de Xavière

sur les marches de Xavière

Nous faisions tourner sur des électrophones à piles des disques microsillon 33 et 45 tours (on ne disait pas encore vinyle) pour écouter du rock mais aussi du BRASSENS et du BREL qui choquaient les vieux.

écoute de disques sur la stretta (juillet 1968?)

écoute de disques sur la stretta (juillet 1968?)

écoute de disques chez les Bartoli (20 août 1966)

écoute de disques chez les Bartoli (20 août 1966)

Dans nos repaires, nous organisions d’homériques parties de cartes de belote, de sept et demi et de rami.

Les autres distractions? Les boules, le foot (à Guagno-les-Bains, sur un terrain vague derrière l'épicerie de Mimi car le stade n’existait pas).

Equipe poggiolaise à Guagno-les-Bains (juillet 1966).

Equipe poggiolaise à Guagno-les-Bains (juillet 1966).

 

 

Les soirées se passaient en groupe, puisque la télévision ne nous enfermait pas à la maison, souvent en promenade à pied sur la route de Soccia. Et cette route était fréquentée ! Notre groupe (entre huit et vingt individus), nos parents prenant le frais avant de se coucher, des jeunes venant de Soccia et même des Bains. Nous pouvions parler de tout, chanter à tue-tête, délirer. Ces promenades pouvaient aboutir en «boîte», au «Robinson», installé près de la source de St Marcel, ou à Soccia, au bar tenu par François et Antoine DEMARTINI. 

On pouvait boire, jouer au baby-foot ou danser rock, twist et slow loin du regard parental. Beaucoup, qui ne sortaient jamais en ville dans l’année, y allaient régulièrement, avec la désapprobation des grands-parents et l’accord résigné des parents, rassurés de savoir que tout le monde s’y connaissait. Mais un contrôle social existait toujours. Certains matins, avant notre lever, la famille savait souvent ce que nous avions fait la veille.

Des bals se déroulaient chez Fosca, avec Charles ROCCHI par exemple, ou aux Bains, avec Regina et Bruno. Mais on en était encore aux chansonnettes genre Tino ROSSI et il fallait supporter des séries de tango et de paso doble.

La soirée du lundi était celle de la séance cinéma, au rez-de-chaussée de ce qui n’était pas encore l’hôtel «U Paese», pour voir les westerns de l’époque projetés sur un drap de lit fixé au mur. 

Certains soirs, deux ou trois faisaient une sopracena avec une bouteille et un saucisson dérobés dans la cave familiale. Elle pouvait être de grande ampleur avec plus de préparation et de participants. Qui n’a pas vu, à cette occasion, le torse nu de Jean-Pierre  FRANCESCHETTI ou de Jean-Marc OULIÉ tenant à bout de bras une branche servant de broche à un poulet au-dessus d’un feu de bois la nuit aux Trois Chemins ignore ce qu’est un homme musclé.

Sopracena aux Trois Chemins le 29 août 1968.

Sopracena aux Trois Chemins le 29 août 1968.

La sopracena et la sérénade sont des traditions anciennes. 

Mais la sérénade, cette séance de chants sous les fenêtres des jeunes mariés, avait changé de nature. Autour de 68, elle était devenue une manifestation ostentatoire de plus en plus énorme avec des pique-assiettes venus de tout le canton, dans un grand gaspillage de nourriture et de boissons.

 

Les excursions en montagne avaient une grande importance car nous en faisions plusieurs chaque été et nous les préparions très sérieusement, grâce notamment à Jacques-Antoine MARTINI. Même ceux qui ne marchaient pas pendant l’année voulaient y participer. C’était l’occasion de s’aérer, de montrer la vigueur de nos muscles. C’était aussi marcher sur les sentiers foulés par les générations de paysans dont nous sommes issus. C’était surtout la possibilité de montrer notre indépendance, loin des adultes, de créer notre propre monde, de nous organiser, se sentir que nous étions une force. Bien sûr, il y eut des épisodes mémorables comme, en juillet 1966, quand dix d’entre nous  furent bloqués vingt-quatre heures dans une bergerie à cause du brouillard.

Bergerie de Bellebonne le 7 août 1965.

Bergerie de Bellebonne le 7 août 1965.

Mais notre jeunesse, comme toute jeunesse, ne pouvait durer. Les voitures devinrent plus nombreuses. Après François OLIVA et Rose-Marie BARTOLI, Jean-Marc TRAMINI, Hervé OULIÉ et moi, nous avons eu le permis de conduire. Les déplacements à Soccia et à Sagone devinrent plus faciles et rapides. Il y eut en juillet 1969 une grande balade de quinze d’entre nous en quatre voitures dans le Nord de la Corse.

Calanques de Piana (20 juillet 1969)

Calanques de Piana (20 juillet 1969)

Mais les groupes devinrent plus réduits. Les mariages commencèrent : Hélène, puis Jean-Pierre et Joël. 

Une autre vie commençait. Rien n’est à regretter. Ce fut un temps, un temps particulier, un temps qui nous a marqués, un temps qui explique le plaisir plus ou moins implicite à se retrouver, un temps qui nous a donnés nos racines, un temps qui, même si nous n’y habitons pas en permanence, nous attache pour toujours à quelques maisons accrochées sur un versant de montagne.

 

Michel FRANCESCHETTI

 

 

 

Photos Jacques-Antoine Martini et Michel Franceschetti. 

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24 février 2019 7 24 /02 /février /2019 17:56

Commencer l’année 2019 est une façon de dire adieu à 1968. Le cinquantenaire de cette année mythique a été célébré par des livres et quelques émissions de télévision médiocres et qui n’ont pas eu de succès. Les «baby-boomers» qui firent bouger, un peu, la société sont étudiés dans le récent et très bon livre de Jean-François SIRINELLI «Génération sans pareille» (éditions Tallandier). 

Adieu au cinquantenaire (1/2)

Voici dix ans, «L’Info U Pighjolu» avait, pour les quarante ans de cette année, publié un article de Michel FRANCESCHETTI sur «La génération 68 à Poggiolo» qui montrait comment cette jeunesse s’était comportée au village, apportant des comportements nouveaux pour l’époque mais parfois bien éloignés d’aujourd’hui.

Nous reproduisons une version mise à jour de cet article, avec des liens sur les articles du blog donnant des informations complémentaires.

 

---------

 

 

LA GÉNÉRATION 68 À POGGIOLO

 

 

Cet article a pour ambition de montrer une partie de ce qu’ont connu au village ceux qui sont maintenant pratiquement tous des retraités. Nulle nostalgie ici mais simplement le désir de faire connaître un monde  à la fois proche et lointain. Malheureusement, la place manque pour donner tous les renseignements qu’il faudrait fournir.

 

En regardant les photos prises voici un demi-siècle, il est évident que l’on ne peut s’empêcher de penser: «Nous avons tous pris un sacré coup de vieux». Notre classe d’âge est maintenant presque entièrement entrée dans une nouvelle période de sa vie: la retraite. Toutes sortes de publications, souvent médiocres, rappellent que nous avons eu 20 ans en 1968, voici 50 ans. 

Le Poggiolo d’il y a 50 ans n’était plus tout à fait le Poggiolo d’antan mais il était bien loin du Poggiolo d’aujourd’hui. La génération 68 (en fait, le groupe des jeunes ayant entre 16 et 24 ans en 1968) a connu ce changement. 

Le professeur Jean-François SIRINELLI avait intitulé «Génération 68» l’article paru en mars 2003 dans la revue «L’Histoire».

Adieu au cinquantenaire (1/2)

Il y expliquait la place particulière de cette génération qui a vécu sa jeunesse dans une France emportée par la croissance. 

«Place à part: jamais une génération n’a été plus différente de celle de ses pères et grands-pères; dans un contexte d’exode rural accéléré, cette génération est celle de l’adieu aux terroirs.»

 

Si certains sont nés à Poggiolo, nous avons, pour la très grosse majorité d’entre nous, vécu en ville (à Paris, Marseille, Nice, Epinay, Troyes…), parfois même, conséquences de l’époque coloniale, en Algérie ou en Afrique noire. Très rares sont ceux qui ont suivi des cours à l’école de Poggiolo avant sa fermeture. 

Mais SIRINELLI ajoutait: «reste que les jeunes gens du baby-boom, souvent petits-fils de paysans, fils de citadins aux racines paysannes proches, ont conservé des attaches avec le village et retournent en vacances chez les grands-parents. ».

 

Il nous semblait naturel de passer les vacances d’été au village, vacances longues: tout le mois de congé annuel de nos parents et même bien plus car plusieurs étaient laissés à la garde des grands-parents ou oncles et tantes. Nous baignions bien dans la vie du village qui restait ce que SIRINELLI nommait « une sorte de réserve naturelle des comportements collectifs ».

Ainsi, au début et à la fin du séjour, la tournée de bises était obligatoire pour saluer des vieux et vieilles dont nous connaissions à peine l’identité.

Il fallait respecter scrupuleusement les heures de repas (à midi et à 20 heures, notre grand-père Jean-Antoine était assis en bout de table, le chapeau sur la tête ; il l’enlevait quand nous étions tous là et le repas commençait).

La tenue vestimentaire était surveillée. Les jours de fête, les Poggiolais de tous les âges tenaient à être bien habillés. Ce fut un beau scandale quand certaines filles passèrent un jour en maillot de bain dans la Stretta. 

 

Adieu au cinquantenaire (1/2)

La présence à la messe, qui avait lieu tous les dimanches, célébrée par Mgr Demartini ou par le curé Milleliri, était impérative même pour ceux qui étaient modérément intéressés. 

curé Milleliri le 15 août 1965

curé Milleliri le 15 août 1965

Ce contrôle strict, encore plus sur les filles que sur les garçons, était difficile à supporter pour les demi ou trois quarts citadins que nous étions.

Les matins poggiolais étaient agités avec les allers et venus au Lucciu pour remplir seaux et brocs, l’eau courante n’étant pas encore installée. Nous devions assumer notre part de la tâche. Les femmes en robe et fichu noir étaient encore nombreuses et la fontaine (dite Radio-Poggiolo) permettait d’échanger les informations et de faire des commentaires sur chacun (en corse pour que les jeunes ne comprennent pas). 

Adieu au cinquantenaire (1/2)
Adieu au cinquantenaire (1/2)

Chaque jour, plusieurs voitures de commerçants arrivaient et klaxonnaient pour attirer les clients (Marie-Thérèse qui était aux premières loges s’en souvient bien). 

Les hommes, leur binette à la main, passaient pour surveiller les rigoles d’arrosage des jardins.

N’oublions pas le facteur tout heureux de se débarrasser d’une bonne partie de son courrier entre nos mains dès qu’il arrêtait sa voiture au centre du village, méthode pas trop réglementaire mais fort conviviale. 

Adieu au cinquantenaire (1/2)

N’oublions pas non plus les passages et les cris des ânes, chiens et cochons, et puis les cocoricos des coqs. Le village était bruyant le matin et le soir. Un bruit était rare: celui des automobiles, dont le nombre augmentait peu à peu chaque année.

 

L’après-midi était souvent consacré à la rivière où nous allions à pied pour mieux nous laver qu’à la maison sans eau courante et surtout pour nous détendre entre nous, libres, avec parfois un poste à transistor pour écouter les débuts de Jean-Pierre Foucault sur RMC, seule station pouvant être captée correctement. 

 

(à suivre)

 

 

 

Sauf une, les photos sont de Jacques-Antoine Martini et Michel Franceschetti.

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

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Samedi 20 juin:

Fête de la musique avec le groupe Millishake à la salle des fêtes.

 

Dimanche 21 juin:

Concours de boules au Belvédère à 11 heures.

 

Mercredi 24 juin:

début du marché communal de Vico (le mercredi jusqu'au 2 septembre de 8h à 13h place Pardona).

 

Vacances d'été:

à partir du samedi 4 juillet.

 

Jusqu'au 16 juillet:

Exposition de photos "A quoi tu penses" au FAM de Guagno-les-Bains, du lundi au vendredi de 9h à 16h.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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