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9 décembre 2025 2 09 /12 /décembre /2025 07:00

 

Votée voici cent vingt ans, le 9 décembre 1905, la loi sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est invoquée très souvent dans une société inquiète. Elle sert de prétexte à ceux qui veulent combattre les progrès de l'islam radical tout comme à ceux qui veulent détruire l'identité chrétienne de la France.

 

UNE LAÏCITÉ DE COMBAT

Cette loi de séparation, qui établit en théorie la tolérance et l’indépendance de l’Etat par rapport aux religions, fut interprétée lors de son vote comme un instrument de combat de la République contre la religion catholique. Des députés radicaux l’avaient d’ailleurs conçue ainsi.

Mettant fin au Concordat signé en 1801 entre Napoléon BONAPARTE et PIE VII, qui subventionnait le culte, elle pouvait asphyxier financièrement l’Eglise de France. De nombreux chrétiens le ressentirent. Ayant le sentiment d’être attaqués dans leur foi la plus profonde, ils furent nombreux à s’opposer aux conséquences de la loi sur la laïcité.

 

La loi fut promulguée au «Journal Officiel» le 12 décembre 1905 pour entrer en application le 1er janvier 1906.

Son article 3 prévoyait de dresser un «inventaire descriptif et estimatif» des biens ecclésiastiques avant leur répartition à des associations cultuelles qui devaient être fondées ensuite. Une circulaire du Ministère des Finances publiée le 2 janvier ordonna aux fonctionnaires de procéder de façon approfondie, y compris en demandant l’ouverture des tabernacles.

«Dans les tabernacles, faut-il le rappeler, sont conservées les hosties consacrées qui contiennent, selon la doctrine catholique, la présence réelle du Christ: l’objet sacré par essence. (…) Toute la presse catholique s’enflamme, dénonçant cette menace de profanation. Elargissant la protestation, les journaux appellent au rejet des inventaires, présentés comme le prélude à la spoliation des biens de l’Eglise.» (Jean SÉVILLIA, «Quand les catholiques étaient hors la loi», Perrin, 2005, p. 197).

 

Les villages des Deux Sorru ne furent pas épargnés par cette agitation car, même dans les petits villages comme Poggiolo, le tabernacle est une partie richement décorée et à laquelle on tient particulièrement.

ancien tabernacle de l'église St Siméon

ancien tabernacle de l'église St Siméon

LA COLÈRE CONTRE LES INVENTAIRES

Plusieurs évêques et prêtres tentèrent l’apaisement. Ce fut l’attitude du Père Antoine-Louis OTTAVY, qui avait à la fois les fonctions de professeur au petit séminaire d’Ajaccio et de conseiller général républicain du canton de Soccia élu en 1901.

Mais le mal était fait. De nombreux croyants se mobilisèrent contre le sacrilège. Les premiers incidents se produisirent à Paris les 31 janvier et 1erfévrier

«Le peuple catholique se rebelle, laissant exploser sa colère contre les brimades incessantes que le pouvoir lui fait subir depuis plusieurs années» (Jean SÉVILLIA, op. cit. p. 205-206). 

 

Le sang coula dans plusieurs départements.

En Corse, les inventaires débutèrent à Bastia le 26 janvier et les incidents se succédèrent.

«Dans l’intérieur de l’île, les percepteurs, même escortés par la gendarmerie, ne peuvent le plus souvent instrumenter. Les opérations se déroulent toujours de la même façon. Au jour notifié, l’agent de l’Etat se présente devant l’église. Le curé, généralement assisté du conseil de fabrique, donne lecture d’une protestation et se retire dignement. Si le percepteur tente de pénétrer dans l’église, celle-ci est inabordable. Les hommes s’y opposent, avec violence s’il le faut; les femmes, barricadées à l’intérieur, chantent des cantiques et les cloches sonnent à toute volée. Pour éviter tout affrontement sérieux, le percepteur et son escorte se retirent. Quelques jours plus tard, à la suite d’un arrangement avec le curé, l’inventaire est annoncé comme ayant été effectué, alors qu’il n’est qu’une composition factice du curé» (François J. CASTA, «Le diocèse d’Ajaccio», ed. Beauchesne, 1974, p.222).

Il en fut ainsi dans les Deux-Sorru.

 

A SOCCIA

La Laïcité en action dans les Deux Sorru : des inventaires difficiles (1/6)

 Cette photo montre la population socciaise rassemblée devant son église. On remarque bien les bâtons dont hommes en chapeau et femmes en fichu noir s’étaient armés pour défendre la porte du bâtiment.

Jean-Baptiste PAOLI, dans «Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud», décrit ce qui se passa  alors:

«Le percepteur chargé des opérations d’inventaire ne put instrumenter qu’escorté par la Gendarmerie qui se heurta à une vive résistance de la part aussi bien des hommes que des femmes, malgré la protestation du curé POLI, assisté du conseil de fabrique». 

Plus précisément, les témoins de l’inventaire furent Pierre Antoine MAINETTI, président du conseil de fabrique, et le forgeron Antoine Dominique OTTAVI.

Mais il n’y eut pas de violences comme, par exemple, à Ota où trois gendarmes furent blessés.

 

Les inventaires se déroulaient en pleine campagne électorale, les élections législatives ayant été fixées aux 6 et 20 mai. Sur les 510 prêtres de Corse, 250 firent activement campagne contre le gouvernement anticlérical. De l’autre côté, 160 religieux soutinrent, souvent discrètement, le candidat républicain. L’abbé OTTAVY, qui n’avait pas désavoué la loi de séparation, appuya ouvertement FORCIOLI, qui fut réélu député gauche radicale d’Ajaccio.

La majorité de gauche s’étant renforcée à la Chambre des Députés, la laïcité s’imposa.

 

 

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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 07:00
Les messes de Noël  dans notre haut-canton

 

Les chrétiens viennent d'entrer dans la période de l'Avent, les quatre semaines qui aboutiront à Noël, le moment de la venue du Sauveur. Avent vient du latin adventus qui signifie "arrivée ".

 

La naissance de Jésus sera célébrée dans nos villages mercredi 24 décembre selon l'horaire suivant:

 

 

Les messes de Noël  dans notre haut-canton
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10 novembre 2025 1 10 /11 /novembre /2025 07:00

 

A la Toussaint, porter des fleurs sur les tombes de sa famille est l'occasion de visiter un peu les cimetières et d'y faire des découvertes.

 

Ainsi, à l'angle d'une allée du cimetière Saint-Pierre de Marseille, se trouve une tombe portant l'inscription "O.M.I.".

 

Du Congo à Marseille en passant par Vico

 

Ces trois lettres éveillent l'attention pour qui connait l'histoire de Marseille et des Deux-Sorru. Elles signifient Oblats de Marie Immaculée, ce qui est le nom officiel de la congrégation fondée au XIXe siècle par Eugène de Mazenod, cette congrégation qui gère le couvent de Vico.

 

La pierre tombale porte l'inscription de plusieurs oblats morts après l'an 2000 dont celui du "Père Benoît KABONGO 1933-2020".

 

Du Congo à Marseille en passant par Vico

 

Ce prêtre a été pendant six ans à Vico, de 2002 à 2008. Il fut, semble-t-il, le premier Africain à diriger le couvent.

 

Né au Congo, il avait prononcé ses vœux chez les OMI 8/9/1960 et avait été ordonné prêtre 25/1/1964. Après avoir rempli différentes fonctions, il termina sa vie à Marseille. Sa biographie complète est disponible sur le site oblatfrance.com/

 

Peut-être certains habitants de Poggiolo se souviennent-ils de lui et de sa présence le jour de saint Roch.

 

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8 novembre 2025 6 08 /11 /novembre /2025 07:00
Le 9 décembre, messe des Corses à Paris
Le 9 décembre, messe des Corses à Paris
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30 octobre 2025 4 30 /10 /octobre /2025 07:00

 

Samedi 1er novembre, jour de la Toussaint, la bénédiction des cimetières aura lieu:

 

à 9 heures 30 à Guagno-les-Bains

 

à 10 heures à Poggiolo.

 

Cimetière de Poggiolo fleuri (Michel Franceschetti, juin 2024)

Cimetière de Poggiolo fleuri (Michel Franceschetti, juin 2024)

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21 octobre 2025 2 21 /10 /octobre /2025 07:00

Retour sur l'affaire de la croix de Quasquara avec une vidéo de Via Stella et l'entretien du maire paru dans Corse-Matin du lundi 20 octobre.

 

France 3 Corse Via Stella a consacré un reportage au rassemblement organisé dimanche 19 octobre pour le maintien de la croix à Quasquara.

 

 

"On essaie d'attaquer l'élu que je suis" : Paul-Antoine Bertolozzi, le maire de Quasquara sort du silence

Une semaine déjà que l'affaire de la croix de Quasquara défraie la chronique. Comment cette polémique qui ne cesse de gonfler est-elle vécue par les habitants ?

La population n'en a pas souffert plus que cela dès lors qu'elle est très respectueuse. Les Quasquarais n'ont pas fait de vagues, préférant être en soutien. À la clé, deux camps, les défenseurs de la croix, la majorité, et les autres, minoritaires. Au-delà de la communauté villageoise, et plus largement des Corses qui partagent le point de vue du plus grand nombre, des témoignages nous sont également parvenus de beaucoup plus loin, par-delà les frontières. Le soutien que j'évoque s'exerce en direction de la croix elle-même quasiment en tant qu'entité physique. Aujourd'hui, c'est vers elle que l'on se tourne, vers ce calvaire cloué au pilori.

La vie de la commune se trouve-t-elle affectée par cette actualité qui dépasse, ainsi que vous l'avez décrit, les frontières ?

La commune est affectée, mais plutôt en bien, puisqu'elle n'était pas connue. On ne parvenait pas à placer un point GPS sur une carte, on ne savait pas où le village se nichait. À présent, la Corse, la France entière, l'Europe, et en dehors de cette dernière, le Québec, les États-Unis, s'intéressent à ce qui se passe dans notre village de 53 habitants, lui donnant une dimension assez extraordinaire, je l'admets. J'aurais néanmoins préféré que nous nous fassions connaître autrement de manière à ne pas avoir à évoquer cet ouvrage religieux ou à vivre une telle polémique. Le fait est que nous y sommes désormais plongés totalement.

"Jamais je n'aurais pensé que ce geste ouvrirait à une controverse d'une telle ampleur"

Depuis combien de temps cette croix est-elle érigée à l'emplacement qu'elle occupe à l'entrée du village ?

La croix a été fabriquée et implantée en 2022 sachant qu'il y avait sur la commune deux calvaires répertoriés au cadastre napoléonien, mais qui ont été détruits. J'ai remis en place le premier des deux, installé sur l'emplacement prévu pour accueillir les installations dédiées au tri sélectif. Afin de ne pas l'ériger à nouveau au même endroit, je l'ai déplacé et positionné là où il se trouve actuellement. Jamais je n'aurais pensé, alors, que ce geste ouvrirait à une controverse d'une telle ampleur. Une ampleur inouïe.

Celle-ci a éclaté à la faveur d'un désaccord émanant de l'un de vos administrés, une administrée en l'occurrence. En avez-vous parlé avec cette dernière ?

Il n'y a pas de dialogue possible.

Avez-vous, malgré tout, cherché à comprendre ses motivations ?

Le problème remonte à plusieurs années. À plus de dix ans en arrière lorsque cette concitoyenne a perdu les élections contre notre propre liste à l'époque. L'épisode de la croix est le énième incident d'une longue série ponctuée de divers soubresauts autour des cloches, du tableau d'affichage, des bals, du Corsica giru que nous avions en partenariat avec Corse-Matin, du débroussaillage, autant de prétextes qui ont amené diverses prises de bec successives.

Paul-Antoine Bertolozzi, le maire de Quasquara.

Paul-Antoine Bertolozzi, le maire de Quasquara.

"À Quasquara, on a l'habitude de gérer nos affaires sans que des interventions extérieures interfèrent"

Que demande la requérante qui a saisi la justice, quels sont ses griefs ?

Elle assure qu'elle n'a jamais attaqué la croix, mais souhaite que celle-ci soit déplacée. Or la requête déposée au tribunal réclame bien l'enlèvement pur et simple du calvaire. Nous avons entamé une médiation requise par la présidente du tribunal administratif, procédure à laquelle les deux parties ont accédé avant que la plaignante, voyant que l'affaire dérapait, se retire en arguant qu'elle était une légaliste et que le problème se réglerait autrement. Nous en sommes ainsi arrivés jusqu'au tribunal. Ma porte, celle de la mairie, reste toutefois ouverte.

À qui appartient le terrain sur lequel s'élève la croix ?

C'est ce que l'on appelle un "délaissé". J'ai mandaté quelqu'un pour qu'on m'indique avec précision ses contours exacts. D'aucuns se proposent de le racheter.

La confrérie sant'Antonu di u monti, notamment. Mais aussi le RN, Mossa Palatina et l'UDR qui ont constitué une plateforme politique commune et sont prêts à acquérir la parcelle. Une solution envisageable ?

La proposition n'engage que ceux qui la font. À Quasquara, on a l'habitude de gérer nos affaires sans que des interventions extérieures au territoire communal interfèrent et s'en mêlent. Chacun doit demeurer dans son périmètre, y compris les partis politiques en tant que tels. Nous sommes en train de travailler sur les voies et recours auxquelles la commune a droit et sur les moyens que nous pouvons mobiliser dans le but de sécuriser la croix.

Cela passe forcément par l'achat du terrain ?

Ou par une convention, mais je ne peux pas en dévoiler davantage ayant missionné un expert dont j'attends les conclusions.

"Si pour atteindre un édile, on est capable de prendre pour cible la croix symbolique, cela devient clochemerlesque"

Pourquoi le débat s'est-il cristallisé à Quasquara alors que des croix existent partout en Corse ?

C'est l'élément le plus improbable. Pourquoi se focaliser sur Quasquara ? Pour essayer d'attaquer l'élu que je suis. Mais derrière l'élu que je suis, il y a une famille, la mienne, ma mère, mon épouse, mes enfants - mon père n'est plus de ce monde mais il nous regarde - qui en souffre. Et toute une communauté quasquaraise avec. Si, pour atteindre un édile, on est capable de prendre pour cible la croix symbolique, cela devient tragiquement clochemerlesque.

La croix de Quasquara, définitivement victime de sa récupération ?

Il ne peut y avoir de récupération sous quelque forme qu'elle se manifeste.

Diriez-vous qu'il y a une affaire de la croix ?

Il n'y a pas d'affaire. Il y a ce que l'on est en train de vivre parce que quelqu'un nous a mis sous les feux des projecteurs. Avec un immense élan de solidarité à la suite de la décision du tribunal.

"Les calvaires nous ont précédés, ils nous survivront. Ils sont notre histoire, notre mémoire collective"

Qu'attendez-vous de l'évêque de Corse, le cardinal Bustillo, avez-vous échangé avec lui ?

L'évêque est clair, une croix doit être servie par les fidèles et non desservie par les querelles. Personne ne peut s'approprier ce symbole patrimonial, reflet de notre identité, de notre culture, de notre enracinement, de notre foi dans les valeurs chrétiennes. Les calvaires nous ont précédés, ils nous survivront. Ils sont notre histoire, nous leur devons notre mémoire collective. La croix appartient à tous ceux qui ont envie de se recueillir devant elle, croyants ou non. L'évêque m'a assuré qu'on trouverait une solution.

Comment en sort-on ?

Par le haut, en faisant tout pour sanctuariser cette œuvre, culturelle ou cultuelle, c'est selon. Depuis une semaine, un monde fou se presse face au calvaire de Quasquara. L'autre jour, un petit vieux est arrivé, il l'a regardé et s'est mis à pleurer. C'était triste et beau.

La discorde à l'œuvre est-elle de nature à perturber les municipales à l'horizon ?

Si l'on doit s'y préparer, j'y réfléchis pour le moment, il ne sera pas question de s'adosser à ces turbulences.

Quel regard porterait, selon vous, le pape François, s'il était encore en vie, sur cette querelle, lui qui avait pris la Corse en exemple la présentant comme un modèle de "laïcité saine" en Europe ?

Le pape a disparu, je ne saurais parler à sa place. Mais lors de sa venue en Corse, il avait insisté sur la cohabitation réussie de toutes les religions sur le territoire insulaire. Je pense que le Saint-père serait monté au créneau.

Vous êtes croyant ?

Bien sûr.

 
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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 07:00

 

Ça fait 190 ans aujourd’hui !!!

 

Le 7 octobre 1835 dans la matinée (c’était un mardi!) après 34 heures de traversée, le père Albini avec ses compagnons, les pères Guibert et Sicard, débarquèrent à Ajaccio pour prêcher en Corse.

 

Le couvent de Vico fêtera cet événement le dimanche 19 octobre.

​​​​​​​

Il est arrivé voici 190 ans
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11 octobre 2025 6 11 /10 /octobre /2025 12:00
Croix, justice et identité

Un paysage n’est jamais neutre. Chaque pierre, chaque sentier et chaque signe est un fragment d’histoire. Les effacer ou les interdire au nom de principes abstraits, c’est risquer de vider les lieux de leur âme. Et l’âme, ici, c’est ce lien indissoluble entre les hommes, la terre et les symboles qui les unissent depuis des siècles.

 

La décision du tribunal administratif de faire enlever une croix édifiée dans le village de Quasquara a entraîné de multiples réactions en Corse. 

Nous n'entrerons pas ici dans la discussion sur la définition de la laïcité et de l'application de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (qui aura exactement cent vingt ans le 9 décembre prochain).

Nous proposons simplement à nos lecteurs ce texte anonyme paru sur la page Facebook du groupe La Corse, bons plans, restos, visites. Il est un peu long mais il montre bien le décalage entre "la règle venue d’en haut et la vie enracinée d’en bas".

 

Croix, justice et identité

 

La Croix de Quasquara :

quand la montagne corse parle d’un autre monde

 

Il faut monter vers Quasquara pour comprendre ce que signifie “habiter la Corse”.

Le village, perché dans la montagne au-dessus du Taravo, semble suspendu dans le temps. Les pierres des maisons, les châtaigniers, la lumière qui tourne lentement sur les toits, tout y parle d’un rapport ancien au monde. Sur le bord de la route, une croix de bois se dresse, simple, évidente, enracinée. C’est autour de ce signe qu’un jour, la France administrative a cru devoir intervenir.

À première vue, ce n’est qu’une croix, un symbole discret planté dans un paysage où tant d’autres se dressent depuis des siècles. Mais pour qui regarde attentivement, ce petit monument raconte bien plus que sa forme. Il dit la rencontre, parfois heurtée, entre deux conceptions du monde. Celle d’une République qui veut tout uniformiser et celle d’une île qui vit encore selon ses codes, sa mémoire et ses gestes anciens.

Dans les villages corses, la croix n’est pas un manifeste religieux. C’est un repère. On la trouve au détour d’un chemin, à la sortie d’une maison, au bord d’une source. Elle rappelle les morts, bénit les récoltes et signale un lieu de passage. Elle ne sépare pas, elle relie. Ici, la foi n’est pas un principe, c’est une manière d’habiter la terre. Le sacré se confond avec la montagne, avec le silence, avec le vent.

Mais dans les bureaux des villes, loin des vallées, d’autres règles s’appliquent. La laïcité, conçue à Paris, est devenue un principe abstrait qu’on applique à tout sans nuance, comme un pochoir. Elle oublie que les symboles ne sont pas seulement des signes religieux mais des marques d’appartenance et des empreintes d’histoire.

Alors, quand la croix de Quasquara a été signalée comme contraire à la neutralité de l’espace public, beaucoup ont eu le sentiment que ce n’était pas la croix qu’on voulait effacer mais une part du monde qu’elle représentait.

Cette confrontation se retrouve ailleurs, sous d’autres formes. Certaines mairies interdisent l’installation de crèches dans les bâtiments publics ou imposent des restrictions sur les fêtes traditionnelles, les fanfares, les processions et certains emblèmes locaux. Un autre exemple illustre ce décalage. Le Parisien qui s’installe à la campagne et porte plainte contre l’agriculteur parce que son coq chante trop tôt le matin. Ces conflits, qui semblent anodins, reflètent une incompréhension entre une réglementation venue d’en haut et les rythmes de vie enracinés dans le territoire.

Ce choc n’est pas nouveau. Depuis des générations, la Corse vit entre deux fidélités. Celle à la République et celle à son propre sol. Ici, le lien au territoire est plus fort que toute abstraction. Il se transmet par les noms de lieux, les rites, les fêtes patronales et la langue même. La laïcité telle qu’on la comprend sur le continent peine à saisir cette profondeur. Elle ne voit pas que ces signes visibles ne sont pas des affirmations de pouvoir mais des traces de mémoire.

Dans les villages corses, chaque pierre raconte une histoire. Une croix, un oratoire, une chapelle isolée, une fontaine ou un vieux mur de maison sont autant de bornes qui disent “quelqu’un a vécu ici, a aimé ici, a prié ici”. C’est une manière d’inscrire l’humain dans la durée. Quand on les arrache ou qu’on les interdit, c’est un peu de cette continuité qu’on détruit.

 
Croix, justice et identité
La tension entre la règle venue d’en haut et la vie enracinée d’en bas n’est pas qu’une affaire corse. Elle traverse toute la France chaque fois qu’un paysage local, une langue régionale ou un rite populaire se heurte à l’uniformité administrative. Mais en Corse, elle prend une résonance particulière parce que l’île vit encore au rythme des communautés, des cloches, des voix, des liens visibles entre le ciel et la terre.
Les habitants de Quasquara, en défendant leur croix, ne défendent pas une religion contre la République. Ils rappellent simplement qu’un symbole n’a pas la même valeur selon l’endroit où il se tient. Ici, la croix ne domine pas, elle accompagne. Elle est la marque tranquille d’un monde qui ne sépare pas le profane du sacré, le visible de l’invisible, la vie de la mémoire.
Au fond, c’est cela que la Corse enseigne à qui veut bien l’écouter. Un paysage n’est jamais neutre. Chaque pierre, chaque sentier et chaque signe est un fragment d’histoire. Les effacer ou les interdire au nom de principes abstrait,s c’est risquer de vider les lieux de leur âme. Et l’âme, ici, c’est ce lien indissoluble entre les hommes, la terre et les symboles qui les unissent depuis des siècles.
En quittant Quasquara, on comprend que cette croix de bois n’est pas seulement un objet de polémique mais une clé de lecture de la Corse elle-même. Une île où la mémoire vit à ciel ouvert et où chaque signe, même le plus simple, dit quelque chose d’essentiel sur la manière d’exister au monde.
Croix, justice et identité
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10 octobre 2025 5 10 /10 /octobre /2025 07:00

 

Fêtée le 8 octobre, la patronne de la ville de Nice est sainte Réparate, jeune martyre chrétienne décapitée en 250 lors de la persécution ordonnée par l'empereur Dèce. La barque dans laquelle son corps fut placé échoua sur les rivages niçois.

 

Sainte Reparate est honorée en Provence, en Italie et en Corse où il existe même la commune de Santa-Reparata-di-Balagna.

 

Il n'est donc pas étonnant de trouver une représentation de cette sainte dans l'église Saint-Siméon de Poggiolo.

Avez-vous pensé à Réparate?

 

Cette statue, qui n'est pas mentionnée dans l'inventaire de 1905, a été placée au fond du bras gauche du transept, dans la chapelle de la Vierge à l'enfant.

 

Dans une main, elle tient la palme du martyre. Dans l'autre, elle a un livre, qui est un attribut courant pour cette sainte.

 

Sur le mur voisin, une plaque lui est dédiée.

 

Avez-vous pensé à Réparate?

 

Cet ex-voto contient ces simples mots: "Merci à Ste Reparate". Il est signé et daté: "M. A. 1930".

 

Avec les trois autres plaques présentes dans cette église, elle témoigne du très fort attachement de nos ancêtres à la religion catholique.

 

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6 octobre 2025 1 06 /10 /octobre /2025 07:00

 

Il y a une semaine, mercredi 1er octobre, l'Église célébrait sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, dite aussi "La petiteThérèse de Lisieux". Docteure de l'Église, elle a été proclamée patronne des missions et co-patronne de la France.

 

Sa statue se trouve dans de très nombreuses églises. C'est le cas à St Siméon de Poggiolo. Elle est placée dans la chapelle dédiée à Saint Jean-Baptiste (bras gauche du transept), à côté de la statue de Saint Martin. 

 

Qui est "M. B."?

 

La jeune sainte est vêtue en carmélite tenant des roses. D'autres roses sont à ses pieds.

 

Cette tradition des roses fait référence à une parole de la sainte qui, atteinte de la tuberculose et près de mourir, souhaitait intercéder pour offrir au monde une pluie de bénédictions. « Je passerai mon ciel à faire du bien sur la terre » ; « je ferai tomber une pluie de roses sur la terre ».

 

Près de la statue, une plaque en marbre exprime la reconnaissance d'un fidèle poggiolais.

 

Qui est "M. B."?

 

Fidèle homme ou femme? Les initiales "M. B." ne permettent pas de trancher. A Poggiolo, il n'existe pas beaucoup de familles pouvant y correspondre.

 

L'événement lié à la reconnaissance date du 9 juillet 1931 mais on ne sait rien sur lui.

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Dates à retenir:

Jeudi 14 mai:

à 10h30, messe de l'Ascension à Ortu.

 

Samedi 23 mai:

à 15 heures, à l'église de Soccia, cérémonie du dépôt de l'urne de Guiguite.

 

Samedi 6 juin:

 à 11h, au cimetière de Poggiolo, cérémonie civile pour l’inhumation des cendres d’Edouard Martini, décédé à Chambéry le 26 novembre 2025. Un apéritif amical suivra au bar de Poggiolo.

 

 

5, 6 et 7 juin:

Salon des éditeurs de Corse à Allauch.

 

Vacances d'été:

à partir du samedi 4 juillet.

 

Messe et procession de saint Roch:

Dimanche 16 août après-midi.

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

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