3 août 2025
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A la suite du récent article sur la fontaine de Poggiolo, des lecteurs du blog ont fait remarquer que, malgré le travail de Jean-Marc, il reste de la mousse sous le bec verseur.
Il faudra également enlever les arums morts qui ornaient la surverse, servant parfois autrefois de lavoir.
Mais cela ne durera pas. Déjà, depuis plus de deux ans, Aurel CHITI, Jean-Baptiste PAOLI, Brigitte et Marie-Pierre ont brossé et nettoyé à fond ce monument emblématique du village, et ils ont bien l'intention de continuer.
La volonté des Poggiolais permettra de retrouver au Lucciu un endroit aussi agréable qu'il le fut autrefois.
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24 juillet 2025
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C'est le 22 juillet que se situe la fête d'une des saintes les plus populaires: Marie Madeleine.
A Poggiolo, elle est présente sous la forme d'une statue qui se trouve dans l'église de Saint Siméon, dans la chapelle de droite dédiée à sainte Lucie.
Cette statue n'étant pas inscrite dans l'inventaire de 1905, elle a donc été installée après cette date.
Sans même consulter son nom inscrit sur le socle, on peut la reconnaître à ses cheveux dénoués en signe de repentir.
Dans la même église, Madeleine existe également sur le grand tableau réalisé par Damaso MAESTRACCI en 1939.
Sur cette descente de croix, le corps du Christ est entouré par sept personnages, trois hommes et quatre femmes. Madeleine se trouve tout à fait à droite en bas, à genoux, la tête dans les mains. Le visage et le corps sont cachés par une abondante chevelure rousse.
10 mai 2025
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07:00
Votre blog continue la présentation des trésors de l'église Saint Siméon de Poggiolo.
Dans le mois de mai, qui n'est pas avare en jours de fête, une date passe au second plan, quand elle n'est pas carrément complètement oubliée: la fête de Jeanne d'Arc.
Depuis une loi promulguée le 10 juillet 1920 après avoir été votée par les députés et les sénateurs, il existe "la fête de Jeanne d'Arc, fête du patriotisme". La date en est fixée au "deuxième dimanche de mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans", qui eut lieu en 1429. Elle est donc très proche de la commémoration de l'armistice du 8 mai 1945, mais elle ne bénéficie pas d'un jour férié ou chômé !!!
Il est à noter que le 8 mai n'est férié que depuis 1981, avec MITTERRAND, alors que de GAULLE, dont l'attitude pendant la guerre n'avait pas été aussi équivoque, l'avait supprimé.
"Journal Officiel" du 14 juillet 1920
Il fallut du temps à l'Eglise pour reconnaître la jeune Lorraine de Domrémy qui sut rendre courage à Charles VII et aux Français dans la guerre de Cent Ans. Elle ne fut béatifiée qu'en 1909 et sa canonisation intervint le 16 mai 1920.
Aussitôt, le député nationaliste Maurice BARRÈS proposa la loi votée en juillet. Son adoption rapide s'explique par un contexte particulier: la première guerre mondiale venait de s'achever. L'idée était de continuer d'unir des Français comme ils l'avaient été pendant quatre ans dans les tranchées pour résister à l'envahisseur. On tirait ainsi un trait sur les décennies de luttes acharnées entre la République et l'Eglise qui avaient abouti à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905. La laïcité était alors essentiellement conçue comme une politique anti-catholique.
La loi de 1920 fut votée par la République laïque mais elle n'est pas une loi religieuse. Le texte cite "Jeanne d'Arc" sans lui attribuer le titre de "Sainte". Et la date choisie est "le jour anniversaire de la délivrance d'Orléans", pas la cérémonie religieuse du sacre de Reims.
Elle institue bien une fête de l'union et du patriotisme, pas celle d'un parti ou d'une secte.
Leca Anna-Maria ; Medurio Noelle, “église Saint-Siméon,” Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corses
Pour en revenir à la statue de l'église de Poggiolo, elle se trouve dans la chapelle placée dans le bras droit du transept. La sculpture est placée à gauche, entre le tableau du baptême de Jésus et l'autel dédié à saint Jean-Baptiste.
Elle n'est pas mentionnée dans l'inventaire rédigée le 2 juin 1905 à la demande de l'évêché d'Ajaccio "pour contrer la "spoliation" annoncée" (Michel CASTA, page 193, "Histoire de la Corse", tome 2, sd Antoine-Marie GRAZIANI, ed. Piazzola). Rien que de plus normal puisque la libératrice d'Orléans n'était même pas encore béatifiée.
Les évêques d'Ajaccio entre les deux guerres mondiales, Mgr Augustin SIMEONE (1916-1926) et surtout Jean-Marie-Marcel RODIÉ (1927-1938), encouragèrent les paroisses à installer des statues de Jeanne d'Arc, ce qui fut facilement accepté. Certains considèrent que la sainte fut instrumentalisée au profit de la francisation de la Corse. La question peut être posée et débattue mais cela dépasse le cadre de ce blog.
Photo Michel Franceschetti.
Une chose est certaine: la statue poggiolaise n'est pas un chef-d'œuvre.
Jeanne est représentée, comme souvent, en guerrière avec armure et épée. De la main gauche, elle tient une bannière blanche avec un ruban tricolore, symbole patriotique. Derrière elle, on peut distinguer des bûches rappelant son supplice à Rouen en 1431.
La valeur esthétique est une chose mais la valeur symbolique n'est-elle pas plus importante?
7 février 2025
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08:52
Obligatoirement, toutes les personnes qui sont passées à Soccia, ne serait-ce que quelques minutes pour aller à Crena, sont passées devant lui. Elles ne l'ont peut-être pas remarqué mais il est là depuis 96 ans.
Il s'agit du monument aux morts de Soccia, place de la croix, près du bar qui anime le centre du village.
Pourquoi l'évoquer alors que le 11 novembre est passé depuis trois mois et qu'aucune autre cérémonie n'est prévue dans l'immédiat? La responsabilité en revient à Settimana, le supplément hebdomadaire de Corse-Matin. Il publie chaque semaine, en partenariat avec le musée de Bastia, la rubrique "Pièces de musée" qui montre des objets exposés dans ce lieu. Le 31 janvier, Ariane JURQUET présentait une sculpture intitulée "Femme corse" et dont l'auteur est Antoine Elie OTTAVY.
Dans la biographie de celui-ci, la responsable de la conservation et de la documentation du musée écrit:
"en 1929, il réalise [le monument aux morts] de son village d'origine, Soccia (Corse-du-Sud), qui représente une jeune bergère et, à l'arrière-plan, un village corse, iconographie originale qui s'éloigne des représentations allégoriques ou convenues des autres monuments corses".
Et il est vrai que l'œuvre de l'artiste socciais, né à Lyon en 1877 et mort à Paris en 1951, ne ressemble en rien aux très classiques monuments de Poggiolo, Guagno ou Orto, qui ne sont pas signés et datés. A propos, qui pourrait donner la date exacte de l'érection du monument de Poggiolo?
15 juin 2024
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07:59
104-PINELLI Laurent Antoine, combat et meurt au Maroc
Né le : 20/4/1893- Décédé le : 28/5/1918 à Fez (Maroc)
Parents : Dominique Félix PINELLI (1867-1938) et Marie Françoise DEMARTINI (1871-1960).
Frère d’Antoine François PINELLI (fiche 89).
Taille : 1,70 m.
Engagé le 23 octobre 1911 au 7e groupe d’artillerie à pied en Algérie puis au 4e groupe d’artillerie de campagne d’Afrique à Casablanca en 1912.
Maître pointeur le 1er avril 1913.
Médaille militaire agrafe « Maroc » le 28 avril 1914.
Brigadier le 13 septembre 1917.
Mort pour la France le 28 mai 1918 de dysenterie à l’hôpital de Fez (Maroc).
Est inscrit sur le monument aux morts de Poggiolo avec le prénom de Laurent.
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20 mai 2024
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16:00
Le Saint Esprit a-t-il soufflé sur Poggiolo?
Dimanche 19 mai, jour de Pentecôte, au matin, la fontaine du Lucciu a été nettoyée par ses voisins immédiats: Brigitte, Marie-Pierre et Jean-Baptiste.
Le résultat est excellent.
Bravo pour cette initiative !
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monument
21 avril 2024
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18:00
Autre croix poggiolaise très connue, celle qui côtoie le monument aux morts, face à la fontaine du LUCCIU.
Elle a la particularité d'être en béton mais elle a été en bois, comme le prouve cette vieille carte postale qui date d'entre les deux guerres mondiales puisque l'on y voit le monument aux morts de 14-18. Photo prise un matin, comme le prouve l'ombre du poteau électrique sur la chaussée.
L'année de la construction du monument n'est pas connue. En tout cas, elle est d'après 1923, date du décès d'un des Poggiolais inscrits sur ses faces.
La photo suivante pourrait montrer la mise en place de la croix. Il y en avait peut-être déjà une à cet endroit qui fut, jusqu'aux années 1930, le bout de Poggiolo. On sait que de nombreux villages ont un calvaire à leur entrée et à leur sortie.
Cette croix était très haute. Comme elle domine la vallée du Fiume Grosso, n'était-ce pour être bien vue de Guagno-les-Bains? Ou bien n'aurait-elle pas été installée par le Père ALBINI lors de ses missions en 1837 et 1838? Au terme de chacune d'elles, il en érigeait une haute de douze à quinze mètres.
On remarquera l'étroitesse de la route, inimaginable aujourd'hui.
Cette croix supporta bien le temps de la guerre. Elle est toujours présente sur cette photo de 1947.
Quand a-t-elle été changée pour une croix en béton, qui réutilise le même socle, et de hauteur nettement moins imposante? Certains des lecteurs de cet article ont peut-être la solution.
Le voisinage de cette croix avec le monument aux morts fait qu'elle participe chaque 11 novembre à la commémoration de l'armistice et des Poggiolais morts pendant les guerres.
9 avril 2024
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18:00
La rénovation du couvent de Vico est incessante. La dernière étape en date a été la pose d'un nouveau vitrail inauguré le 17 mars.
Pascale CHAUVEAU s'est entretenue avec Bernard CAMURAT, l'auteur de cette nouvelle décoration (entretien publié dans "Corse-Matin" de lundi 8 avril 2024).
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Après une messe dominicale au couvent de Vico, les fidèles étaient conviés le 17 mars à l'inauguration du nouveau vitrail qui orne la porte du gîte d'étape. Une création de Bernard Camurat, qui ne pratique l'art du vitrail que depuis trois ans.
Vous avez accompli une carrière de luthier, un autre métier d'art. Comment êtes-vous passé des instruments à cordes aux vitraux ?
Ma mère entretenait une passion pour l'art du verre, notamment le vitrail Tiffany. Malheureusement, elle n'a pas eu l'occasion de me transmettre son savoir-faire. À sa mort il y a deux ans, j'ai hérité d'un stock de feuilles de verre, qu'elle avait acheté en Allemagne. À la retraite, j'ai pris le temps de m'initier à mon tour.
Comment vous êtes-vous formé ?
J'ai fait un stage de deux semaines à la Grande Motte, chez l'artisan vitrailliste David Hoblingre, pour acquérir les bases : souder les plaques de verre, peindre les lettres avec de la grisaille, cuire dans un four. Heureux hasard, l'artisan Pierre-Olivier Gendron a arrêté à ce moment-là son activité à L'Île-Rousse, je lui ai acheté son four et l'outillage nécessaire pour me lancer. Par ailleurs, la peinture sur vitrail est enseignée à Chartres. Peut-être que je m'y aventurerai.
Bernard Camurat est à droite.
Quelles sont les différences entre le vitrail Tiffany et le vitrail de cathédrales ?
Le verre utilisé dans les cathédrales est transparent, alors que le verre Tiffany est opaque, mais on peut marier les deux. Et la technique aussi est différente : les soudures des lignes de cathédrales sont faites en profilé de plomb, alors que les soudures Tiffany sont faites en étain et en cuivre. L'art du verre offre de multiples possibilités, de la mosaïque à la technique du fusing, où l'on fait fondre le verre à 1 000 degrés pour obtenir de petites billes.
Quelle œuvre avez-vous réalisée pour le couvent de Vico ?
Les pères m'ont permis d'installer mon atelier au couvent, dans la mezzanine de la salle Albini. J'ai réalisé un vitrail pour le gîte, les pères m'avaient donné un thème : Pax et bonum, qui est la devise des Franciscains.
Sur quel nouveau projet travaillez-vous ?
Le père Greg accomplit depuis quelques années un formidable travail pour redonner sa grandeur au couvent. J'aimerais y apporter ma contribution en y mettant des touches de couleur et de lumière.
10 décembre 2023
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18:00
Le patrimoine artistique de Poggiolo risque d'être fortement touché par la dégradation du portail décoré du cimetière privé. Un article précédent a déjà présenté ce chef-d'œuvre et un autre a évoqué la vie de son créateur, Félix DESANTI.
Une lettre a été envoyée au maire de Poggiolo pour lui demander d'intervenir, bien qu'il s'agisse d'un lieu privé et non pas public. En voici le texte.
25 novembre 2023
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L'artiste à qui Poggiolo doit le superbe portail du cimetière privé (voir l'article Un chef-d'œuvre qui disparaît) se nommait DESANTI Félix, surnommé « Custione ».
Il naquit le 18 février 1872. Ses parents étaient François Marie DESANTI et son épouse Jeanne CECCALDI.
Appelé pour le service militaire, il fut ajourné pour défaut de taille en 1893 et 1894 (il mesurait 1,53 m alors que la taille minimale exigée était 1,54). Finalement déclaré bon pour le service en 1895, il fut affecté au 40e RI (régiment d'infanterie) mais mis en congé en septembre 1896.
Marié le 30 novembre 1899 avec Marie Marphise MARTINI (1875-1917), il habita Bizerte (Tunisie) à partir de 1910.
UNE FAMILLE ÉPROUVÉE PAR LA GUERRE
Rappelé à la suite de la déclaration de guerre en août 1914, Félix fut affecté au 163e RI. Il fut blessé à la jambe droite par des éclats de bombes lancées d’avion le 22 octobre 1914, ce qui entraîna son détachement dans son foyer à Poggiolo en février 1915. Il réintégra ensuite le 173e RI jusqu’au 18 juin 1917. Il fit donc partie des 108 Poggiolais touchés directement par la guerre (voir l'article "Les 108 Poggiolais qu'il ne faut pas oublier"). En fait, ils furent 109, comme un prochain article le montrera.
Sa famille souffrit durement de la guerre. Deux des frères de Félix ont leur nom inscrit sur le monument aux morts de Poggiolo: Jean (1892-1915) et Jean Toussaint (né le 29 novembre 1873, décédé après le 1er août 1923, mais il n’est pas mentionné sur les fiches des Morts pour la France).
Un autre de ses frères, Joseph, blessé le 7 mars 1917 à Douaumont par un éclat d’obus, resta défiguré par une paralysie faciale. Enfin, Paul, fut prisonnier en Allemagne du 27 février 1915 au 7 décembre 1918.
Toutes les photos de cet article sont de Michel Franceschetti.
LE MAÎTRE DU FEU POGGIOLAIS
Félix rentra vivre à Poggiolo et s'installa comme forgeron. Son atelier se trouvait A Vazzina, en-dessous du Fragnu, près de l'actuelle maison de Josiane et Toto CANAVELLI. Il semblerait qu'il se trouvait même à l'endroit où Toto et Jean-André rangent leur matériel.
Félix fournissait tout le village en fers à cheval et faisant aussi fonction de maréchal-ferrant. Certains Poggiolais, alors très jeunes, se souviennent encore nettement de l'odeur de sabot brûlé qui montait jusqu'au quartier de Saint Roch.
De cette activité, il reste des pierres creusées qui servaient de réservoirs d'eau pour refroidir le métal. Elles se trouvent en face de la maison des CANAVELLi, en contrebas de la route et décorent le terrain où un bungalow a été construit.
La réalisation majeure de Félix DESANTI est le portail du cimetière privé, actuellement en grand danger de disparition (voir l'article Un chef-d'œuvre qui disparaît).
Il décéda le 6 avril 1951. Qui se souvient de lui? Qui pourra encore s'en souvenir si son portail est détruit?