La mise en place de nouvelles barres pour récipients n'a pas été la seule modification connue par la fontaine de Poggiolo ces derniers mois.
Entre le bassin de réception et le banc de droite, sur le mur du fond, on peut distinguer une tache blanche de quelques centimètres de diamètre (elle n'est pas visible sur la photo ci-dessus).
Elle est entourée d'une bordure métallique sur laquelle est sculpté "NIVELLEMENT GENERAL IGN" et en son centre des lettres et des chiffres en relief indiquent "ALTITUDE 596 m".
En réalité, il n'y a là rien de vraiment nouveau.
Ce morceau de métal rond enfoncé dans le mur est une borne de nivellement posée par l'Institut Géographique National (IGN), c'est-à-dire un repère dont l'altitude est déterminé avec précision. Les 596 mètres sont destinés au grand public et ne comportent pas les décimales. Le Lucciu est exactement à 596,194 mètres.
Cette borne avait été placée depuis longtemps et elle avait fait l'objet d'un article du blog en février 2010. Elle vient seulement d'être rénovée.
Ancienne version de la borne de nivellement de la fontaine. Toutes les photos de cet article sont de Michel Franceschetti.
Dans la commune, il existe depuis 2008 trois autres bornes de nivellement:
- au pont de Genice, sur le Fiume Grosso (443,498 m)
- au Fragnu (578,838 m)
- à la maison Martini, à l'angle de la route et de la stretta, mais cachée par des câbles électriques (589,660 m)
Grâce au sérieux du travail des employés de l'IGN, nous savons que "Oh, c'est haut, Poggiolo" (allusion à une chanson peu connue de Serge Gainsbourg sur New-York).
Des articles viennent de montrer le succès qu'a pu avoir la fontaine de Poggiolo autrefois. De nos jours, elle est moins fréquentée mais elle fournit un élément agréable dans le décor poggiolais.
Son bassin a même depuis l'an dernier des locataires: des poissons rouges.
Mais le Lucciu avait perdu depuis plusieurs années, depuis au moins 2014, ses deux barres, les barres métalliques sur lesquelles on posait brocs, seaux ou cruches, ces marques de son utilisation séculaire.
Heureusement, tout est revenu à la normale cette année: la fontaine est de nouveau barrée. En plus des deux grandes barres, elle est équipée de dix petites barres transversales qui peuvent assurer une meilleure stabilité des récipients. Mais va-t-on les utiliser?
Hier et maintenant: la fontaine des élégances - Le blog des Poggiolais
La fontaine du Lucciu, bien abandonnée maintenant, fut un centre d'animation important à Poggiolo. Avant l'installation de l'eau courante, pratiquement chaque famille venait remplir cruches, broc...
http://poggiolo.over-blog.fr/2022/07/hier-et-maintenant-la-fontaine-des-elegances.html
/image%2F0574608%2F20221007%2Fob_f157f4_1951-fontaine.jpg)
Hier et maintenant: Un groupe sur la fontaine - Le blog des Poggiolais
La fontaine de Poggiolo attirait les groupes voulant se faire photographier assis ou debout devant elle. Des exemples ont été montrés dans un article paru à la mi-août. L'image d'un autre grou...
http://poggiolo.over-blog.fr/2022/10/hier-et-maintenant-un-groupe-sur-la-fontaine.html
La fontaine du Lucciu, bien abandonnée maintenant, fut un centre d'animation important à Poggiolo. Avant l'installation de l'eau courante, pratiquement chaque famille venait remplir cruches, brocs ou seaux pour la boisson ou même pour la toilette.
De nombreuses personnes pouvaient se retrouver en ce lieu et elles en profitaient pour raconter les dernières nouvelles, et surtout les ragots les plus déplaisants. Il valait donc mieux ne pas paraître trop négligé en allant remplir son récipient.
Les personnages de cette photo l'avaient bien compris.
Ils étaient habillés de façon décontractée mais très correcte.
Leurs noms?
A gauche, Marcel ANGELINI.
Au centre, Gisèle ANGELINI.
A droite, accroupi, Félix PINELLI, et, derrière lui, Jules OLIVA.
La date n'est pas précisée mais la scène pourrait se situer dans les années 1950. Nous serions heureux qu'un lecteur nous donne plus de précision.
Un indice existe: "le bar des fauchés".
Cette inscription humoristique, tracée soigneusement à la peinture noire (ou au goudron, disent certains) en arc de cercle au-dessus de la sortie de l'eau, daterait des années 1930 et aurait subsisté longtemps, jusqu'au début des années 1960.
Autre photo, autre date, mais toujours avec de beaux habits:
De gauche à droite, on reconnaît facilement:
- François OLIVA
- Bernard FRANCESCHETTI
- Jeanne CECCALDI
- Martine CECCALDI
- Dominique PINELLI
- Michel FRANCESCHETTI
- Joël CALDERONI
- Hervé CALDERONI
La photo est bien datée: le 15 août 1967. Ce jour étant la fête de l'Assomption, on peut penser que l'habillement avait été un peu plus soigné que d'habitude.
Attention, cette photo est historique: L'eau courante ayant été installée dans les maisons poggiolaises lors des mois suivants, nous avons certainement là le dernier cliché de la corvée d'eau.
Le retour de la fontaine avait été photographié vingt ans auparavant, en 1947, avec cette bande de joyeux drilles eux aussi tirés à quatre épingles.
La scène se déroulait sur la route, un peu plus haut que l'entrée du bar Le Belvédère, pratiquement en face de l'actuelle maison de Fosca, qui n'était pas encore construite. En revanche, la casette du fond n'existe plus depuis très longtemps. On peut remarquer, près du monument aux morts, la grande croix en bois remplacée maintenant par une croix en maçonnerie.
Le porteur de seau était Jean-Martin FRANCESCHETTI. Près de lui, se trouvait André PINELLI. Qui peut identifier les autres membres du groupe?
Le lieu montré par cette photo est connu: le Fragnu, à l'entrée de Poggiolo, avec la route qui, venant de Guagno-les-Bains, se sépare entre la partie conduisant à Orto et celle allant à Soccia.
Cet endroit, qui doit son nom à la présence ancienne d'un moulin à huile, a toujours été marqué par la présence d'une croix en bois qui a plusieurs fois été remplacée, la dernière fois en février 2015. Elle est plantée sur des rochers qui peuvent servir de sièges plus ou moins confortables, comme l'ont fait les deux hommes de cette photographie. Ils sont bien habillés à la mode de 1925-1930: costume, chemise blanche, cravate, chapeau. Peut-être était-ce un dimanche ou un jour de fête.
Leurs identités ont été données par le regretté Xavier PAOLI qui avait utilisé cette image pour l'exposition du 16 août 1999 (voir l'article "Quand les Poggiolais regardaient leurs ancêtres").
Le personnage de gauche se nommait Toussaint CECCALDI. Nous n'avons pas pu faire des recherches sur lui mais il faisait partie d'une famille connue Si vous avez des renseignements, faites-en part au blog.
A droite et en avant, se trouve François SIAS. Nous allons porter notre attention sur lui.
Son nom n'a rien de corse. Son père, Napoléon Auguste SIAS, était né à Marseille en 1855. Il s'établit à Poggiolo comme cordonnier. A cette époque-là, les artisans étaient nombreux dans les villages dont les habitants allaient rarement faire des achats en ville.
De son union avec Marie-Hélène BONIFACJ (d'après l'état-civil d'Orto) ou BONIFACCI (d'après l'état-civil de Poggiolo) qui était née en 1861 à Orto, naquit François le 18 août 1899.
Il s'engagea le 19 janvier 1918 dans l'armée et fut l'un des près de quatre-vingt-dix Poggiolais ayant participé à la première guerre mondiale. Il fut affecté à l'artillerie lourde. Après l'armistice du 11 novembre 1918, il fit partie de l'armée du Levant jusqu'à sa démobilisation, le 12 février 1922.
La seconde guerre mondiale le rattrapa: il dut reprendre l'uniforme le 2 septembre 1939 pour rejoindre un dépôt du train des équipages. Il fut démobilisé le 6 août 1940, après la défaite française.
Il décéda à Poggiolo le 1er octobre 1958.
Même s'ils ont été légèrement arrangés et un peu réduits pour mieux installer les diverses versions de la croix, les rochers sur lesquels s'assirent Toussaint et François sont toujours là. Mais, à l'époque, l'arbre du fond ne s'était pas encore développé.
Le temps humide n'a pas empêché la tenue de la célébration du 11 novembre à Poggiolo.
Les élus et les habitants présents se sont réunis auprès du monument aux morts.
Après un mot du maire Jean-Laurent, Lucie a lu le message de Geneviève DARRIEUSSECQ, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants.
Ceux qui croient que rien ne change à Poggiolo se trompent lourdement. Il suffit d'ouvrir un peu les yeux pour voir des transformations.
Il en est ainsi de la fontaine du Lucciu.
Elle ressemble de moins en moins à la photo prise en 1952 par Jean-Martin FRANCESCHETTI.
Depuis l'an dernier, l'eau ne sort plus seulement par une petite rigole creusée dans une pierre: elle passe par un tuyau gris en plastique dur. Ce tuyau était scellé hermétiquement à la sortie du canal souterrain afin de ne pas perdre une goutte.
Le débit est ainsi plus régulier et la pression de sortie est plus forte, empêchant l'eau de couler le long de la paroi en donnant naissance à la si peu agréable mousse verdâtre présente depuis de nombreuses années.
Mais maintenant le tuyau n'est plus aussi bien scellé.
Les changements concernent également la décoration.
Regardez l'état actuel de la fontaine.
Ce sont bien des géraniums qui ont été placés par des voisins soucieux d'embellir l'endroit.
Ils en avaient mis sur les deux côtés de la fontaine mais le pot de droite a disparu. Il ne reste que les traces des points de colle. Dommage!
Et si l'on se penche sur le bassin, on aperçoit des taches rouges qui se déplacent. Mais oui: ce sont des poissons rouges. Ils sont difficiles à distinguer car ils se réfugient souvent sous le jet d'eau. Curieusement, leur nombre a varié plusieurs fois cet été. Seraient-ils victimes d'un quelconque prédateur?
Ces pensionnaire changent des têtards que l'on a pu déjà observer certaines fois comme à l'été 2016 (voir l'article ICI).
Il reste encore un problème récurrent mais difficile à régler: les infiltrations du côté gauche, qui demandent une révision complète de l'étanchéité.
Sauf la première, toutes les photos sont de Michel Franceschetti.
Les baignoires de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains ont droit à une considération différente selon qu'elles sont au village ou à la préfecture (voir l'article précédent).
Mais il est difficile de croire que, très loin de la Corse, il est possible de se trouver nez à nez avec une baignoire semblable à celle des Bains.
Et pourtant en voici une...
Cet objet se trouve…
sur l'île grecque de CORFOU,
dans le jardin de l’Achilleion, la résidence que l’impératrice Elisabeth d’Autriche se fit édifier en 1889-1891 sur une hauteur dominant l’île. SISSI, comme le cinéma l’a baptisée dans une série de films avec Romy Schneider, y séjourna deux fois par an jusqu’à son assassinat en 1898 à Genève.
La baignoire est posée contre un mur.
Ce mur sépare deux niveaux du jardin, entre la terrasse où est placée la statue d’Achille mourant voulue par Sissi...
... et celle où Guillaume II, l’empereur d’Allemagne qui acquit les 80 hectares de la propriété dominant Corfou en 1907, fit ériger un énorme Achille victorieux en acier.
/image%2F0574608%2F20210604%2Fob_5012c3_achille-victorieux.jpg)
Avons-nous là une baignoire de Guagno-les-Bains qui aurait été transportée à Corfou pour l'impératrice ?
La coïncidence ne viendrait-elle pas plutôt d’une mode de décoration qui se serait répandue en Europe au XIXème siècle ?
Sissi garde la clef du mystère pour elle.
Toujours est-il que, même en Grèce, on peut penser à Poggiolo ou Guagno-les-Bains.
Toutes les photos sont de Michel Franceschetti (30 septembre 2016).
Mais oui! Des monuments de Guagno-les-Bains sont bien présents à Ajaccio par l'intermédiaire de deux baignoires provenant de l'établissement thermal. Ces deux blocs de marbre taillé décorent les jardins de la Préfecture, le palais Lantivy.
Ce n'est pas un secret. De nombreux Poggiolais se souviennent que, lors d'une rénovation (en 1973?), les baignoires ont été abandonnées de très longs mois au bord de la route, près du bâtiment de l'Indigence.
Une seule baignoire a été conservée pour décorer la façade des thermes.
Des particuliers ont pris certains de ces cuves pour eux. On trouve des exemplaires à Appietto et à la mairie de Levie.
On peut en être désolé mais c'est ainsi.
Pourtant, il y a plus curieux.
Dans la liste des monuments historiques de Corse publiée par la CDC comme sur la base Palissy du Ministère de la Culture, il est fait mention des deux baignoires de la Préfecture. Il est d'ailleurs précisé qu'elles viennent bien de "la station thermale de Guagno". Elles sont classées comme objets depuis le 2 mai 1984. Il est vrai qu'elles le méritent car le travail est soigné.
/image%2F0574608%2F20210604%2Fob_1d899d_image-0574608-20210525-ob-64f554-logo.png)
Pourquoi les autres baignoires rescapées ne sont-elles pas classées? Celle qui reste devant l'établissement thermal de Guagno-les-Bains est totalement identique à celle que le préfet que admirer. La présence de deux anneaux sur le côté montre bien que leur origine est la même. Cet oubli montre bien le peu de cas qui est fait d'un petit village éloigné de la grande ville.
La baignoire restante doit être reconnue comme monument historique. Ce ne serait que justice. Le principe d'égalité doit jouer aussi bien pour les vestiges d'Ajaccio que de Guagno-les-Bains.
La municipalité de Poggiolo et la CDC, à qui appartiennent les thermes, doivent agir, faire pression pour que notre village ait un nouveau monument historique. Le bon sens l'exige.
Pendant le mois de mai, de grands travaux ont rénové le clocher de l'église paroissiale de Vico.
D. CAMPINCHI en a fait le résumé avec l'article paru lundi 24 mai dans "Corse-Matin".
La première photo accompagnait son texte dans le journal. Les autres se trouvent sur le site de la mairie de Vico.
"L'entreprise spécialisée U Campanile, basée dans le Nebbiu, est intervenue dans le clocher de l'église paroissiale Santa Maria Assunta pour "soigner un malade" de plus d'une centaine d'années: le beffroi. Comme le souligne Natacha Cossa qui dirige la société U Campanile, la réparation était devenue une urgence. Raison pour laquelle la mairie a fait engager les travaux.
Le beffroi en chêne et de forme trapézoïdale possède certes une grande résistance à l'environnement humide mais il est livré aux vents, attaqué par les oiseaux, victime donc de la corrosion et, surtout, il porte trois cloches d'un poids conséquent. Santa Maria, 658 kg, Sant'Appianu et San Roccu, 454 kg chacune.
Le plancher au-dessus de la chambre des cloches et la dalle de béton située dessous étaient à refaire. Les battants ont été descendus; puis ce fut au tour des cloches et de la motorisation car le système est électrifié. L'éclairage intérieur du clocher a été remis aux normes. L'entreprise U Campanile s'est adjoint les services d'un spécialiste des métiers du bois, l'entreprise Pieri de Corte. La cloche qui, il y a un an, sonnait pour rendre hommage aux soignants de la Covid, héros du quotidien qui soutenaient les malades et leurs familles, peut reprendre du service pour le bonheur de tous."
/image%2F0574608%2F20241218%2Fob_ab3251_image-0574608-20241216-ob-6a2469-img-7.jpg)
---------------
Le mercredi jusqu'au 2 septembre:
Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.
Jeudi 13 août:
Grand bal animé par Sirocko.
Dimanche 16 août après-midi.
Messe et procession de saint Roch, suivies par un apéritif convivial.
Lundi 17 août:
- Messe à la mémoire de Marie-Antoinette PRINCE-DEMARTINI à 10h30 église St Siméon.
- Messe à la mémoire de Christiane TRAMINI à 18h église St Siméon.
Mercredi 19 août:
Récital Diana di l'Alban Poggiolo.
---------------
/image%2F0574608%2F20260520%2Fob_647f75_outlook-z3zn1q3u.jpg)
---------------
L'album de photos des Poggiolais:
/image%2F0574608%2F20240828%2Fob_77e4eb_couver-nostri.jpg)
Pour le commander, suivre le lien:
-----------------
Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?
Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com
Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
..............
Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.