Les amateurs d'art ont de la chance avec internet. Ils peuvent, en restant chez eux, voir des peintures exposées dans des musées éloignés ou proposées par les salles de ventes aux enchères. L'historien en bénéficie également car il a ainsi accès à des tableaux qui, en plus de leur intérêt esthétique, sont également des témoignages du temps passé.
De ce point de vue, le lot de peintures corses proposé par la maison Diamonds Auction de Paris est intéressant.
Si l'on s'en tient aux Deux Sorru et à ses environs immédiats, il faut retenir d'abord parmi ces œuvres "PAYSAN ET SON ATTELAGE SURPLOMBANT LE GOLFE DE SAGONE" de Pierre DIONISI (1904-1976).
Cette huile sur toile, considérée comme datant de 1924, montre une activité agraire courante voici quatre-vingt-dix ans et qui a totalement disparu d'une zone qui vit maintenant essentiellement du tourisme. On a là une trace de cette Corse agricole traditionnelle qui a subi une transformation radicale au XXème siècle.
De la même année, et du même artiste, on a aussi "TRANSPORT DU BOIS DANS LA FORÊT D'AITONE", également importante activité traditionnelle pendant longtemps. Les troncs longs et droits des pins laricios, que l'on peut voir sur cette œuvre, étaient recherchés, notamment comme mâts de navires. Ils étaient souvent exportés par Sagone.
Autre exemple de changement:"LA TOUR DE PORTO" par Henri FRANCK (1877-1957). La célèbre tour génoise n'était pas encerclée comme maintenant par les restaurants et boutiques de souvenirs.
Par contre, "LE VILLAGE D'ARBORI", peint par Marcel POGGIOLI (1882-1969), ne semble pas avoir connu d'évolution.
Les quais construits par Napoléon Ier et Napoléon III viennent d'être redécouverts à Ajaccio, au grand dam de la société de parking qui veut vite reprendre les travaux sur le square Campinchi.
Bien qu'il soit à flanc de coteau, le bâtiment de la mairie de Poggiolo ne se voit pas beaucoup de loin.
Deux parties se distinguent dès le premier coup d'œil.
Le côté droite de la façade, le plus étroit, est en saillie, avec une loggia au rez-de-chaussée et une autre à l'étage.
La loggia qui est en haut supporte l'inscription "Mairie" écrite avec des lettres de forme typique des années 1960-1970. Trois drapeaux variés représentant des entités différentes y sont accrochés les jours de cérémonie.
La partie gauche de la façade est ornée d'un petit balcon à la façon de nombreuese maisons du village.
A propos de balcons, la vidéothèque poggiolaise contient dans son catalogue un film mis en ligne en juillet 2009 qu'il est conseillé de regarder.
Il est intitulé "Les "poggioli" de Poggiolo".
Après l'explication du mot "poggiolo", cette vidéo montre les diverses sortes de balcons se trouvant au village et se termine par les utilisations que l'on peut en faire.
Chacun sait que Poggiolo a la particularité d'avoir Saint Siméon comme saint patron et protecteur depuis des temps immémoriaux. L'église qui lui est consacrée domine le village et se voit de loin. Sa fête est donc un moment important.
Elle aura lieu
SAMEDI 22 FÉVRIER à 15 HEURES.
La messe sera suivie d'un goûter, réalisé par les paroissiens, qui aura lieu au fond de l'église ou sur le parvis, selon le temps.
Une belle occasion de se retrouver et de montrer une unité qui dépasse les divisions passionnées et artificielles du moment.
Geneviève MORACCHINI-MAZEL vient de disparaître vendredi 14 février.
Cette archéologue de grande valeur avait révélé la richesse du patrimoine architectural médiéval de la Corse.
L'article paru dans "Corse-Matin" du 15 février, reproduit ci-dessous, donne plus de renseignements sur son œuvre (cliquer sur l'image pour l'agrandir).
Dans son livre sur les églises romanes de Corse, référence incontournable, elle mentionnait Sant'Anorilla (déformation de Santa Maria), qui fut sans doute le premier édifice chrétien de Sorru in Sù et dont il ne reste plus rien que quelques pierres réutilisées dans des murs de clôture, du côté des Trois Chemins.
On nous a signalé sur place, notamment le chanoine A. M. Pastinelli, curé de Soccia, le lieu-dit Sant'Anorilla, très bien situé au centre de la vallée à une croisée de chemins muletiers. Les petites pierres taillées que nous y avons vues dans les murs des propriétés alentours sembleraient effectivement indiquer un édifice du Xème siècle.
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Le chanoine Ange-Mathieu Pastinelli, fut curé de Soccia de 1928 à 1955.
Dans le cadre du Diplôme Universitaire « Formation aux principes et techniques de l’inventaire en situation locale », partenariat entre l’Université de Corse et la Collectivité Territoriale, des étudiants ont été chargés d’un travail d’inventaire du patrimoine bâti (du Ve siècle jusqu’à 1983) sur 20 micro-régions et 149 communes.
Pour les Deux-Sorru, le travail a été réalisé par un binôme de deux Guagnaises: MEDURIO Noelle et LECA Anna-Maria.
Elles ont débuté au mois d’avril. Nous l'avions alors annoncé sur ce blog (voir Appel pour connaître le patrimoine bâti des Deux-Sorru).
Ayant fini leurs recherches en ce mois de décembre, elles viennent de présenter une sélection de leur travail concernant GUAGNO. Il est à noter que leur exposé à été le seul des cinq présentés récemment en public à avoir été prononcé en langue corse.
Cette enquête s'est faite dans le cadre d'une commande de mission de la Collectivité Territoriale de Corse, et, pour l'instant, les étudiants ne sont pas titulaires des données collectées. Or, en principe en juin 2014, lorsque la médiathèque de la Corse et des Corses de l'Université aura effectué un traitement de ce travail, et en aura fait une restitution publique, il pourra être librement utilisé.
MEDURIO Noelle et LECA Anna-Maria pourront même opérer des restitutions dans chaque village si les mairies sont intéressées. Nous espérons que la municipalité de POGGIOLO saura en profitera.
Voici l'enregistrement vidéo de la présentation des deux jeunes filles (de la 33ème à la 45ème minute).
Dans le second film, la directrice de ce travail, Dominique VERDONI, présente problématique et objectifs de cette enquête. Elle dit bien que le patrimoine n'est pas seulement commémoration mais aussi levier pour le développement futur.
Le moment de Noël est habituellement un jour de joie et, à Poggiolo, comme dans d'autres endroits, l'habitude est de partager un verre à l'issue de la messe de la Nativité. Cette année, avec les tout récents décès, il n'en était pas question.
Mais, pour marquer le coup et faire un partage, des paroissiens ont eu l'excellente idée de donner à chacun, à la fin de la cérémonie religieuse, une reproduction de l'image de l'ancienne église de Saint Siméon qui avait été publiée ici à la mi-décembre. Un moyen également de se souvenir de ses racines.
Les cartes postales anciennes représentant Poggiolo sont assez rares. Ce blog en a publié quelques-unes. Mais où trouver des images d'avant la création de la photographie? Le village est mentio...
Véronique EMMANUELLI, dans "La Corse-Votre hebdo" du 20 décembre, présente le nouveau livre "Tempi fà. Fêtes religieuses, rites et croyances populaires de Corse, deuxième tome" (annoncé dans ce blog par l'article Le livre des traditions).
Elle insiste sur le fait que "Tout au long de l'année, saints et saintes font irruption dans le cœur des insulaires, pour susciter une étincelle d'amour divin, exacerber les quêtes de sens et relier à des moments d'exception".
Chaque ville ou village est protégé par un saint particulier, différent selon les parties de la Corse.
Dans son dernier paragraphe, la journaliste donne l'exemple de saint Elisée, bien connu dans nos vilages sorrinesi:
Ce sont les randonneurs, les voyageurs et autres itinérants qui seront les plus sensibles à la parole de san Eliseu. Il y a toujours un trajet à faire pour atteindre "le prophète qui aurait vécu au VIIIe siècle avant JC".
Et pour cause, le saint est "vénéré de manière systématique sur les hauteurs". Dans l'île, il s'est installé "sur le chemin qui menait les bergers de la piève des Deux-Sorru vers le plateau du Camputile".
Chapelle saint Elisée
Il y a une autre chapelle, une autre statue et d'autres messes à "1.555 mètres d'altitude dans une zone d'estive des bergers du Venacais".
Dans tous les cas, il est bienveillant à l'égard des gens de la montagne. "Les bergers sont reconnaissants et ils savent que tant qu'ils seront sous la protection de san Eliseu, ils pourront vivre en paix et heureux", témoigne Catalina Cesari.
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blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).