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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 17:48

Le décès de l'abbé Jean-Claude MONDOLONI, lundi 3 novembre, a touché de nombreux militants de la cause nationaliste corse. Cet homme d'Eglise a connu une vie très dynamique, depuis la défense de l'Algérie française au sein de l'OAS jusqu'à son adhésion à l'ANC (Accolta Naziunalista Corsa), tout en s'occupant de sa paroisse de Ponte Leccia. Il était devenu une référence incontournable.

Nous reproduisons ici l'article qui lui a été consacré par Morgane QUILICHINI dans "Corse-Matin" de dimanche 4 novembre.

Prêtre et militant
 

MORGANE QUILICHINI

L’homme d’Église le plus charismatique et le moins conventionnel de Corse est décédé. Toujours cash et sans compromis, il n’avait pas pour habitude de mâcher ses mots. Il laisse des milliers de fidèles orphelins

On le savait affaibli depuis longtemps, mais comme c’est souvent le cas pour ces gens que l’on a toujours connu, on espérait que, quelque part, il serait immortel.

Pourtant hier, Dieu a rappelé à lui l’abbé Jean-Claude Mondoloni. Au terme d’une vie à nulle autre pareille, qui l’a fait passer d’un prytanée militaire à la paroisse de Ponte-Leccia, après un détour par l’OAS et quelques séjours en prison, l’homme d’Église peut enfin goûter un repos qu’il n’a pas volé.

Cette existence qui aurait mérité que l’on en fasse un film, avait commencé en 1939, au Liban, à l’époque où le pays était sous protectorat français. "Je suis né sous les bombes, nous avait-il un jour confié. Des fois, on me dit que j’aime la bagarre, mais forcément... C’est de l’atavisme !"

Jean-Claude est au milieu d’une fratrie qui compte trois frères et deux sœurs jumelles. Papa est militaire, dans les chasseurs alpins.

Quelques années plus tard et alors que la famille est rentrée en France pour s’installer à Nice, il conserve comme le plus précieux des souvenirs les étés passés à arracher les patates chez son grand-père, "un p’tit paysan fauché comme tout" qui louait des terres au sgiò Fieschi à Petreto-Bicchisano.

Les années passent. Et celui qui est devenu un jeune homme plutôt remuant est inscrit au prytanée militaire de La Flèche, une prépa pour Saint-Cyr où, de son propre aveu, il ne foutra rien pendant deux ans. À l’issue, la prestigieuse école militaire lui tend les bras. Mais Jean-Claude préfère ceux de l’Organisation armée secrète, où il rejoint d’autres Corses, des juifs et des Suisses allemands. Vendu par son capitaine, le commando sera arrêté en Belgique et Jean-Claude Mondoloni ira derrière les barreaux. Pour la première des six fois où cela lui arrivera.

La foi, c’est en Espagne qu’il finira par la rencontrer.

Alors qu’il est en cavale de l’autre côté des Pyrénées, le fils d’un médecin de Montpellier le convainc de faire les exercices de Saint-Ignace. La décision d’entrer dans les ordres date de cette rencontre, mais avant, il reste un détail à régler. Car Jean-Claude Mondoloni est alors toujours poursuivi par la justice. Rentré en France, il fait "un petit tour par Fleury-Merogis", puis est présenté devant la Cour de sûreté de l’État qui le condamne "à 15 ans de taule" et l’amnistie le lendemain.

Prêtre et militant
Obsèques demain à Morosaglia

Au cours d’une longue entrevue, il s’en était amusé : "Je suis retourné en Espagne où j’ai fait un an de probation, un an de noviciat et deux ans de scolasticat. Et là on m’a dit - je ne sais pas où ils sont allés chercher ça - que je ne pourrais pas être religieux parce que j’avais trop mauvais caractère." Il aura pourtant le parcours que l’on sait, malgré son surnom de Cassius Clay. Et pendant trente-cinq ans, aura la responsabilité de la paroisse de Ponte-Leccia et de ses fidèles. Jusqu’au bout, l’abbé Mondoloni aura été présent et ce, malgré un départ à la retraite en 2016, où Leon-Papé Gnacadja lui succéda.

Jusqu’au bout, il fut un militant. Militant politique et culturel. Militant pour la paix et pour le peuple corse. En mai dernier et alors qu’il donnait la messe des commémorations de Ponte-Novu aux côtés du diacre Franceschi, il s’en était pris directement à l’État, arguant que l’on ne peut pas "débarquer dans un pays qui n’est pas le sien comme si on était chez soi. Quand on arrive en Corse, on est chez les Corses."Il avait également conjuré les élus locaux à tenir leurs promesses et à ne pas oublier "la maison de cristal".

 

Prêtre et militant

Emporté dans la nuit de vendredi à samedi par la maladie, l’abbé Mondoloni s’est éteint à la clinique Maymard de Bastia, entouré des siens. Bien qu’originaire du sud de l’île, il a décidé d’être inhumé à Morosaglia, au cœur de la paroisse qu’il dirigea pendant plus de trois décennies. C’est donc là que seront célébrées ses obsèques demain lundi, à 15 heures. "Il a demandé une messe très sobre, souligne l’archiprêtre Culioli qui, en l’absence de l’évêque de Corse, sera chargé de la présider. Il s’est éteint dans une grande sérénité, heureux d’aller retrouver le Seigneur."

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 17:59
Réponse à la devinette du mois: Poggiolais et aviateur?

Aucun Poggiolais ne combattit dans l’aviation pendant la première guerre mondiale.

Mais un représentant de notre village, Jean Noël Pinelli (1879-1954), participa néanmoins à cette arme nouvelle.

 

Né à Poggiolo le 14 décembre 1879, Jean Noël PINELLI était le fils de Philippe PINELLI et de son épouse Jeanne OTTAVI. Il ne faut pas le confondre avec un autre Jean Noël PINELLI qui vécut de 1885 à 1940 et combattit en 14-18 dans les troupes marocaines.

Installé en Algérie, près de Constantine, il fit son service militaire entre 1900 et 1903. Il fut incorporé dans le Génie et devint télégraphiste au Mont Valérien.

Revenu à la vie civile, il fut rappelé en août 1914, au début de la guerre. Jean Noël retrouva le Génie, au 8e Régiment, puis il fut affecté à la section radio de l’escadre C/39 et ensuite au centre TSF du GDE (Groupe des Divisions d'Entraînement) du Plessis-Belleville (Oise), importante base d’entraînement des pilotes d’avion.

Vue aérienne du terrain de la GDE du Plessis-Belleville en mars 1916 - Photo Jean Amigues ((site https://www.escadrilles.org)

Vue aérienne du terrain de la GDE du Plessis-Belleville en mars 1916 - Photo Jean Amigues ((site https://www.escadrilles.org)

Juillet 1917: crash d’un Letord et mort de son pilote (Coll. J-P Amigues) (site https://www.escadrilles.org)

Juillet 1917: crash d’un Letord et mort de son pilote (Coll. J-P Amigues) (site https://www.escadrilles.org)

Il n'était donc pas du tout aviateur mais avait une fonction essentielle pour les communications de l'armée de l'air. 

 

Il sortit de la guerre avec le grade de sous-lieutenant, la Croix de Guerre et deux citations liées aux bombardements allemands subis par la base du Plessis-Belleville au printemps 1917.

Le registre matricule mentionne une citation à l'ordre du régiment en date du 3 avril 1917: "Attaché au Groupe comme radio depuis plus d'un an, s'y est montré excellent  spécialiste, remplissant sa mission dans des conditions souvent difficiles et périlleuses. Au cours des bombardements du 28 mars au 1er avril, a été légèrement blessé à son poste."

Dans la citation à l'ordre du général du 29 mai 1917, on peut lire: "Excellent chef de poste, son antenne ayant été détruite le 4 mai et son poste incendié par le bombardement, s'est prodigué au milieu des plus grands dangers, d'abord pour sauver son matériel, puis retirer des flammes un de ses hommes blessé mortellement".

 

Tranchée abri pour protéger le personnel en cas d'attaque aérienne sur le terrain du GDE du Plessis-Belleville (Oise) en février-mars 1916

Tranchée abri pour protéger le personnel en cas d'attaque aérienne sur le terrain du GDE du Plessis-Belleville (Oise) en février-mars 1916

La Légion d’Honneur lui fut attribuée par décret du 27 décembre 1923. Mais ne cherchez pas Jean Noël PINELLI parmi les Poggiolais dans la base Léonore, le site internet des titulaires de la Légion d'Honneur: il figure comme originaire de Poggioli, près de Figari !

Ce lieu est même inscrit sur la première page de son dossier. Par contre, l'extrait d'acte de naissance a bien été fourni par la mairie de Poggiolo: déclaration enregistrée par le maire de l'époque DESANTI Jules, extrait certifié conforme par Jean-François CECCALDI, maire en 1923, et par le juge de paix de Soccia.

 

L'administration devrait savoir que les héros ne peuvent venir que de PoggiolO !

 

Jean Noël PINELLI reçut sa décoration à Cervione où il termina sa vie. 

Pour en savoir plus sur  le GDE du Plessis-Belleville:

-un livre:

     http://www.aerostories.org/~aerobiblio/article5032.html

Réponse à la devinette du mois: Poggiolais et aviateur?

- et une exceptionnelle galerie de photos:

     http://albindenis.free.fr/Site_escadrille/GDE.htm

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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 18:00
La devinette du mois: Poggiolais et aviateur?

Lors de la première guerre mondiale, les soldats d'origine poggiolaise étaient dans leur quasi-totalité des fantassins ou des artilleurs avec une forte proportion dans les troupes coloniales. Mais ils furent dispersés dans des unités très diverses et furent présents sur de très nombreux fronts en Europe, en Afrique et en Asie.

On peut donc se demander si des Poggiolais ne furent pas présents dans la toute jeune armée de l'air. Des enfants de Poggiolo furent-ils aviateurs en 14-18? Et, si oui, de qui s'agissait-il?

Réponse demain. 

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 07:00
Appel à nos lecteurs: où sont les restes des héros?

Avec le centenaire de la fin de la première guerre mondiale, les cérémonies s'enchaînent à un rythme de plus en plus rapide et atteindront leur maximum le 11 novembre.

Les monuments aux morts sont, dans chaque commune, un lieu de rassemblement pour se souvenir des soldats tués dans ce conflit. A Poggiolo, trente noms sont inscrits.

Les familles peuvent également se recueillir, par exemple le 2 novembre, près des tombes de leur parent tombé pour la France. Encore faut-il savoir où se trouvent ces tombes. 

Ce blog a déjà publié les lieux d'inhumation de la majorité des trente héros poggiolais mais la liste est incomplète.

 

 

APPEL À NOS LECTEURS:

où se trouvent les restes des Poggiolais suivants?

 

 

DEMARTINI Dominique François (prénommé seulement François sur le monument aux morts de Poggiolo), né en 1888, mort le 26 septembre 1915 à Massiges (Marne)

DESANTI Jean, né en 1892, mort le 26 février 1915 à Vauquois (Meuse)

MARTINI Martin, né en 1877, mort le 5 septembre 1916 à Cléry (Somme)

MARTINI Noël Ange-François, né le 25 décembre 1890, mort le 5 septembre 1914 à Neufmontiers (Seine-et-Marne)

PAOLI François Antoine, né en 1887, mort le 12 septembre 1915 à Toul (Meurthe-et-Moselle)

PINELLI Jean Baptiste (prénommé Baptiste sur le monument aux morts), né en 1848, mort le 15 juillet 1917 à Paris

PINELLI François, né en 1889, mort le 1er janvier 1920 à Ajaccio

PINELLI Laurent, né en 1893, mort le 28 mai 1918 à Fez

 

 

Merci d'avance à tous leurs descendants qui pourront fournir les renseignements (à l'adresse: larouman@gmail.com).

 

Les endroits où se trouvent les corps des autres morts seront bientôt publiés.

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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 18:09

Poggiolo a de nombreuses singularités, dans de nombreux domaines, par rapport aux villages voisins. La preuve en fut fournie au niveau sanitaire à la fin de 1918.

Cette année est connue pour être la dernière de la première guerre mondiale. Mais, dans le bilan de la guerre, on oublie souvent les victimes de l’épidémie de grippe, appelée alors grippe espagnole.

"Entre 25 et 40 millions de personnes sont mortes de la grippe espagnole d'avril 1918 au printemps 1919, davantage de victimes que celles causées par la Grande Guerre" (Claude Quétel, "L'Histoire", n°449, juillet 2018).

malades de la grippe dans un hôpital du Kansas

malades de la grippe dans un hôpital du Kansas

La France eut à déplorer 240.000 morts.

Des célébrités comme Edmond Rostand et Guillaume Apollinaire moururent de cette pandémie.

 

 

La Corse ne fit pas exception et fut touchée fin juillet 1918.

"L'on dénombra quatre-vingts morts à Sartène, quarante à Levie et Zevaco, et soixante à Sollacaro. Mais le triste record reste dans la cité paoline", c'est-à-dire Corte, où il y eut 136 morts, écrit Daniel CERANI dans "Corse-Matin" du 7 août 2018.

 

A Corte, la grippe dura du 4 août à fin septembre.

 

La tradition orale rapporte que, pendant l’été 1918, il y eut plusieurs victimes dans le village voisin de Soccia et que l’on entendait tous les jours les cloches des enterrements. Par contre, Poggiolo aurait été épargnée. S'agit-il d'une légende ou de la réalité?

 

 

Pour répondre, il faut étudier la mortalité de ces communes pendant l'année 1918, ce qui est possible avec les tables décennales d’état-civil disponibles sur internet.

Elles montrent effectivement une forte poussée de mortalité à Soccia en septembre et octobre 1918 avec dix-huit décès pour ces deux mois, soit autant que dans l’ensemble de chacune des années précédentes.

A Poggiolo, il n’y eut qu’un décès pour la même période, sur un total annuel de onze, soit moins qu’en 1917 où l'on avait compté quinze morts. 

Il semble que Guagno ait également été touché par l’épidémie car on enregistra dix-neuf morts en octobre 1918, soit exactement la moitié du total de l’année pour cette commune. Il n'y avait eu que onze morts pour toute l'année 1917.

Le tableau ci-dessous compare mois par mois la mortalité en 1918 des quatre communes du canton: Poggiolo, Soccia, Guagno et Orto.

 

 POGGIOLOSOCCIAGUAGNOORTO
janvier1000
février0210
mars0041
avril3021
mai2111
juin0121
juillet0012
août0121
septembre1820
octobre110190
novembre1341
décembre2200
total 19181128388

 

La hausse des morts en septembre et octobre pour Soccia et Guagno est évidente. Même si tous les décès ne viennent pas de cette maladie, la grippe espagnole a bien été présente et Poggiolo en fut épargnée, ainsi qu'Orto.

L'air serait-il donc plus sain à Poggiolo? Pourquoi ne pas le penser?

La mairie aurait-elle pris des mesures coercitives, comme lors de l'épidémie de choléra de 1884 où l'utilisation des thermes de Guagno-les-Bains fut interdite aux habitants de St André d'Orcino?

 

 

Il se peut qu'à l'armée certains Poggiolais mobilisés aient été atteints par le virus mais aucun n’en mourut. Le seul cas certain de malade est François Antoine Demartini. Né à Poggiolo en 1899, il avait été incorporé au 111e régiment d'infanterie le 18 avril 1918, il fut touché par la maladie et en réchappa. Il vécut jusqu'en 1975.

 

Poggiolo = bonne santé

 

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 18:00
Solution de la devinette du mois: deux soldats sur une photo centenaire

 

Rare exemple de deux Poggiolais photographiés ensemble pendant la guerre de 1914-1918, l'image publiée hier permettait de poser plusieurs questions.

Elle peut être agrandie en cliquant sur elle.

 

1) L'identité de ces deux soldats: 

A gauche, Jean-Antoine FRANCESCHETTI (1897-1987) en uniforme de chasseur à pied et, à droite, Jean-Baptiste PAOLI (1896-1993) habillé en artilleur.

Ils se trouvaient, en 1918, en permission à Marseille. Ils allèrent se faire tirer le portrait au studio Photo-Eclair du 18 rue de la Cannebière (qui ne devint La Canebière, avec un seul « n » qu’en 1927). Le nom et l'adresse sont mentionnés sur la partie supérieure de la photo.

Les deux amis ont encore un peu le visage juvénile. Ils regardent attentivement l’objectif et sont serrés l'un comme l'autre pour bien être sur la photo. On distingue dans leurs regards le soulagement d’être vivants et l’inquiétude pour l’avenir car la guerre n’était pas encore terminée.

La date de ce document peut être estimée avec une petite marge d'incertitude. Jean-Baptiste PAOLI porte sur son col le nombre 283. Or, incorporé en avril 1915, il fut affecté au 283e régiment d'artillerie lourde en octobre 1917. D'autre part, Jean-Antoine FRANCESCHETTI, mobilisé en janvier 1916, déjà blessé par un éclat d'obus en avril 1917, fut ensuite gravement intoxiqué par les gaz de combat en août 1918. La photo a été réalisée entre octobre 1917 et août 1918, plus vraisemblablement au début de 1918.

 

2) Quel record ont-ils établi?

La réponse se lit dans la phrase présentant leur identité. Jean-Antoine étant décédé en 1987, à 90 ans, et Jean-Baptiste en 1993,  à 97 ans, ils furent les derniers survivants des anciens combattants poggiolais.

Il en restait 46 en 1945 et encore 22 en 1965.

 

Deux autres questions ayant des rapports plus lointains avec les deux Poggiolais ont été suscitées par cette photo.

 

3) Quel est le rapport entre ces deux soldats et la Foire Internationale de Marseille?

Le rapport est le parc Chanot. Pendant la Grande Guerre, Marseille était un centre de transit important pour les troupes arrivant ou partant par la mer et, dans l'attente d'un embarquement pour une permission en Corse ou d'un départ par train vers le front, ces deux Poggiolais, comme des milliers d'autres militaires, logeaient dans le camp de l'American Park, près du rond-point du Prado. L'American Park était un parc d'attractions qui avait été pris par l'armée pour servir de camp d'hébergement.

Après la guerre, ce lieu, rebaptisé Parc Chanot, en l'honneur d'un maire de Marseille, fut utilisé (et il l'est toujours) pour implanter la Foire-exposition qui se déroule chaque seconde quinzaine du mois de septembre.

 

Affiche de l''American Park en 1910.

Affiche de l''American Park en 1910.

 

4) Quel est le point commun entre ces deux Poggiolais et la famille de Charles Aznavour?

A première lecture, cette question semble vraiment saugrenue. Pourtant, il faut regarder le nom du studio de photographie où les deux Poggiolais s'étaient rendus: Photo-Eclair.

Pour donner une identité et des papiers aux Arméniens ayant fui le génocide perpétré par les Turcs, et qui débarquaient tous à Marseille, les autorités françaises décidèrent de réaliser des photos d'identité et Photo-Eclair fut chargé de cette besogne. L'Eglise arménienne marseillaise réalisa des actes de naissance et de baptême qui, accompagnés de ces photos, servirent de certificats d'état-civil provisoires.

On sait que les parents de Charles Aznavour (qui naquit un peu plus tard à Paris) passèrent par Marseille. Ils furent certainement photographiés à cet endroit.

 

Comme quoi, une simple photo peut donner des renseignements sur de nombreux sujets.

exemple d'acte de baptême arménien avec photo d'identité

exemple d'acte de baptême arménien avec photo d'identité

Des renseignements supplémentaires se trouvent dans l'article de Michèle Delaage "Photographie et photographes" dans Une, deux, trois... La Canebière, Comité du Vieux Marseille, novembre 2017.

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 18:00
La devinette du mois: deux soldats sur une photo centenaire

En cette année du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, voici une photo de 1918. Elle n'est pas du moment de l'armistice, en novembre, mais de quelques mois plus tôt.

Ces deux soldats sont deux Poggiolais photographiés à Marseille lors d'une permission. Leur image permet de poser plusieurs questions.

1) Tout d'abord, quelles sont les identités de ces deux hommes?

2) Ensuite, parmi les Poggiolais ayant participé à la guerre, quel record ont-ils établi tous les deux?

 

Il est également possible de se raccrocher (très indirectement) à l'actualité pour deux autres questions:

3) Quel rapport entre ces deux soldats et la Foire Internationale de Marseille dont l'édition 2018 vient de fermer ses portes (et dans laquelle les stands corses ont tenu une grande place)?

4) Quel est le point commun entre ces deux Poggiolais et la famille de Charles Aznavour?

 

Réponses demain 

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 18:00
Mémoire des "poilus" corses

A la veille du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, les initiatives mémorielles se multiplient.

En Corse, depuis le 22 septembre, on peut visiter une exposition intitulée "I nostra "poilus" in a mémoria famigliale". Organisée par le CCCE (comité de coordination des Corses de l'extérieur), l'association RHFC (recherche sur l'histoire des familles corses) et l'ADECEC (association développement des études du centre Est de la Corse), elle montre aux archives départementales de Haute-Corse, chemin de l'Annonciade, à Bastia, une trentaine de panneaux sur l'histoire personnelle des Corses qui ont combattu et souvent donné leur vie dans la Grande Guerre.

 

Mémoire des "poilus" corses
Mémoire des "poilus" corses

L'exposition s'achève à Bastia le 4 octobre mais elle sera présentée du 6 au 12 octobre à la médiathèque de Folelli.

 

Mémoire des "poilus" corses

Puis, à partir du 20 octobre, elle sera visible à Marseille, à la Maison de la Corse, 69 rue Sylvabelle.

Mémoire des "poilus" corses

Par contre, il n'est pas prévu que ces panneaux aillent en Corse du Sud  et c'est bien dommage.

Mais pourquoi ne pas imaginer de réaliser une exposition sur les soldats poggiolais de 14-18? Il existe suffisamment de documents, comme de prochains articles de ce blog le montreront.

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 17:00

Depuis une quarantaine d'années, le mensuel L'Histoire est réputé pour le grand nombre d'universitaires y collaborant et la qualité de ses articles sur tous les sujets historiques. Il publie également un trimestriel thématique nommé Les Collections de l'Histoire dont le thème d'octobre est "Les Corses, 2000 ans d'aventures et d'utopies".

 

2000 ans d'aventures et d'utopies

 

Ces cent pages tentent une synthèse d'une histoire encore largement méconnue.

Parmi les signataires, on peut trouver Jean Guilaine, Jean-André Cancellieri, Antoine Franzini, Michel Vergé-Franceschi, Ange Rovere, Jean-Paul Pellegrinetti, Michel Winock, André Fazi, etc. 

Ce dossier est à lire et à discuter.

 

 

Au niveau des préoccupations habituelles de ce blog, trois éléments sont à relever:

1) La couverture reproduit une partie du tableau de Henry Benbrige sur Paoli à la bataille de Ponte-Novo. Sur cette peinture, le deuxième personnage à partir de la droite a été identifié comme Circinellu, le curé de Guagno qui ne voulut pas se soumettre aux Français.

 

 

2) En page 63, Jean-Paul Pellegrinetti cite la mort de deux gendarmes à Soccia en 1892 comme exemple de la violence liée aux dissensions politiques. Une petite erreur a été commise dans le magazine qui a imprimé la date de "1893".

 

 

3) Enfin, un document tout à fait nouveau est constitué à la page 24 par une carte sur la Corse génoise. Son grand mérite est de montrer pour la première fois les zones qui, comme Poggiolo et les villages voisins, furent "soumises à une tentative de dépeuplement dans la seconde moitié du XVe siècle", à la disabitazione.

 

2000 ans d'aventures et d'utopies

 

La disabitazione a fait l'objet d'un article de ce blog:

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 18:00

Il est suffisamment rare qu'un Poggiolais fasse l'objet d'un article de journal pour qu'il ne faille pas trop tarder à le faire savoir. 

Voici près de deux mois, dans "Settimana"du 3 août, qu'a été publié un portrait avec un article sur Noël PINELLI.

La rubrique "Pièces de musée", réalisée en partenariat entre l'hebdomadaire et le musée de Bastia, montre chaque semaine une œuvre d'art liée à l'histoire de la Corse. On avait pu déjà y voir le portrait de l'évêque Agostino GIUSTINIANI, le premier à avoir cité Poggiolo dans un livre.

Le journal du 3 août publiait une sculpture réalisée par Louis Patriarche. Elle se trouve actuellement au musée de Bastia dans le cadre de l'exposition "Identità, les Corses et les migrations XVIIe-XXIe siècles" qui dure jusqu'au 22 décembre et qu'il est conseillé d'aller visiter car le thème est un des plus importants pour l'histoire de la société corse.

Un Poggiolais au musée et dans le journal

L'œuvre d'art en question est un profil avec l'inscription "Noël Pinelli conseiller municipal de Paris" et a certainement été réalisée entre 1929 et 1936. Ce Poggiolais fut la seule personne originaire de notre village à avoir été parlementaire et membre d'un gouvernement.

Voici la notice écrite par Sylvain GREGORI, directeur du Musée, à ce sujet.

Un Poggiolais au musée et dans le journal

L'intégration de la Corse à la France a engendré l'émergence d'une élite politique d'origine insulaire qui, émigration oblige, a également obtenu des mandats hors de l'île. Parmi les nombreux exemples de parlementaires, le cas de Noël Pinelli illustre ce phénoméne.

Né en 1871 à Clermont-Ferrand au sein d'une vieille famille de notables de Poggiolo, il fait de brillantes études à Ajaccio. Diplômé en droit par la faculté d'Aix-en-Provence, il devient ensuite avocat dans la cité impériale avant de prendre les fonctions de commissaire de la Marine. Après avoir participé à la Grande Guerre, il occupe divers postes de responsabilité dans le secteur privé.

Conservateur, il entame une carrière politique dans la capitale et est ainsi élu conseiller général de la Seine en 1929 puis conseiller municipal de Paris. De 1936 à 1940, il siège sur les bancs de l'Assemblée nationale comme député de la Seine, succédant ainsi à une autre grande personnalité politique corse de la diaspora: André Grisoni (1886-1975). Proche du préfet de police de Paris, l'ajaccien Jean Chiappe (1878-1941), il est aussi lié à une figure de la colonisation, devenu lui aussi conseiller municipal de la capitale: Jean Ferrandi (1882-1935). Il est enfin - et surtout - président de l'Amicale des Corses de Paris démontrant sa parfaite insertion dans la communauté insulaire de la capitale. Bien que très marqué par ses relations avec les Jeunesses patriotes et le Parti social français (PSF), il est choisi par Paul Reynaud pour entrer au gouvernement en qualité de sous-secrétaire d'état à la Marine du 21 mars au 10 mai 1940.

Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs à Pétain. Désigné comme conseiller national sous Vichy, il participe activement à la Révolution nationale. La Libération marque la fin de sa carrière politique.

Véritable intellectuel, éminent bibliophile et remarquable italophone, il conservera tout au long de sa vie, à l'image de milliers d'insulaires ayant fait leur carrière hors de l'île, un profond attachement pour la Corse. Il décède à Paris en 1970. C'est dans cette ville qu'il fit exécuter ce profil en 1932 par un des plus importants sculpteurs corses du XXe siècle, également émigré dans la capitale, Louis Patriarche. Cet artiste recevait régulièrement des commandes de portraits de la notabilité insulaire installée ou séjournant dans la ville-lumière. 

Sylvain GREGORI, Directeur du Musée 

 

 

 

Pour mémoire, l'article sur le portrait d'Agostino GIUSTINIANI, le premier à avoir écrit sur Poggiolo:

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Jeudi 13 août:

Grand bal animé par Sirocko.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch, suivies par un apéritif convivial.

 

Lundi 17 août:

- Messe à la mémoire de Marie-Antoinette PRINCE-DEMARTINI à 10h30 église St Siméon.

- Messe à la mémoire de Christiane TRAMINI à 18h église St Siméon.

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alban Poggiolo.

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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