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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 18:00

 Le bâti patrimonial a besoin d’être constamment entretenu, même s’il se trouve en pleine montagne et loin des villages.

Il en est ainsi de la chapelle Saint Elisée (San Eliseu) au-dessus d’Orto. Un article de Pascale CHAUVEAU publié dans le «Corse-Matin» de jeudi 22 octobre dernier (voir ci-dessous) nous apprend que les travaux de restauration du toit de la chapelle et de la statue du saint ont commencé.

Le site a été entouré par une nouvelle clôture en palissade traditionnelle, avec un portail d’entrée surmonté d’une croix, réalisée par Christophe CHAUVEAU. L’outillage et les matériaux ont été amenés par des hélicoptères du Parc Naturel et par les mules de Dominique CORRIERAS. De nombreuses autres bonnes volontés se sont manifestées.

La journaliste montre l’importance de Saint Elisée comme lieu de pèlerinage en faisant référence à un bon article de Véronique EMMANUELLI paru le 20 décembre 2013 et repris le lendemain dans le Blog des Poggiolais.

Mais ce n'est pas la première fois que que cet édifice connaît des transformations. Le site Corse romane, qui donne une étude très précise de la chapelle, estime qu’il devait y avoir autrefois un bâtiment plus grand que l’actuel, lequel pourrait dater de 1800 (1810 d’après «Corse-Matin»). L’article est accompagné d’une série de photos montrant tous les détails de l’édifice.

Se connecter sur l’adresse : http://corse-romane.eu/spip.php?article173

Saint Elisée sera plus beau

Après la très réussie restauration des bergeries de Livru, les travaux à San Eliseu montrent l’intérêt de la communauté d’Orto, et de l’ensemble de Sorru in Sù, à la préservation du patrimoine.

Le prochain pèlerinage du 29 août n'en aura que plus d’éclat.

Saint Elisée sera plus beau
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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 17:59
Le Vésuve et Pompéi : la solution

Le Vésuve et les ruines de Pompéi, montrés la dernière fois, font partie d’une fresque qui comporte également des montagnes (très certainement les Apennins).

Le Vésuve et Pompéi : la solution

Le décor est très fleuri.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

Le golfe de Naples et les montagnes sont vus depuis les arcades à demi-ruinées d’une terrasse en trompe-l’œil.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

Toutes sortes d’oiseaux volent sur le plafond.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

La pièce est toute entière recouverte par ce décor qui permet d’oublier les murs épais qui sont de chaque côté.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

Cette décoration se trouve tout simplement… au couvent de Vico.

Au XIXème siècle, Mgr CASANELLI d’ISTRIA, évêque d’Ajaccio de 1833 à 1869, résidait l’été au couvent. Il y avait fait aménager, au rez-de-chaussée de l’aile Est, cette pièce de réception qui fut peinte par Aglaé MEURON, artiste corse née à Calenzana en 1836 et décédée à Ajaccio en 1925. Parmi ses œuvres, figurent des représentations de paysages et de personnes de Vico (comme Mme Rose SANVITO ALATA dont le portrait se trouve au Musée Fesch).

Egalement, d’après le Père Louis DOAZAN, «Aglaé MEURON aurait décoré de motifs religieux la chambre de l’évêque» (page 71 de son livre «Le couvent Saint François de Vico»).

 

Evoquer ce lieu est d’actualité. Les fresques de cette pièce ont été restaurées par Sophie (originaire d’Orto) et Yves TOTI-LUTET. Les habitués du salon des artistes-peintres de Poggiolo ont déjà eu l’occasion de voir des œuvres de ce couple et connaissent le soin apporté à ses travaux.

Un article paru dans "Corse-Matin" du mercredi 28 octobre 2015 présente cette «médecine artistique» réalisée à Vico. Le texte fait une petite erreur en donnant à Madame MEURON le prénom d’Agathe.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

La salle de réception se trouve dans l’aile qui est à droite de la photo.

Le Vésuve et Pompéi : la solution

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Photos Michel Franceschetti, sauf la dernière.

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 18:00

Le groupe musical qui connaît un succès grandissant en Corse est Sirocko. Sa réputation déborde sur le continent. Après avoir joué à Aix-en-Provence, il va animer trois grandes soirées à Marseille. Les 29, 30 et 31 octobre, il se produira au Palais de la Major, établissement de qualité qui allie restaurant et boîte de nuit dans le quartier de la Joliette.

PASCAL BUTEAU FAIT SOUFFLER LE SIROCKO TOUTE L'ANNÉE.

Pour mieux connaître ce trio de musiciens et chanteurs, nous reproduisons l’entretien publié à la fois dans «Inseme» du mois d’octobre et dans «Corse-Matin».

 

Par quel miracle trois quasi-quadragénaires encravatés, jouant des musiques corses traditionnelles ou du Brassens, ont-ils réussi tout l'été à embraser les pistes de danse, suivis par un fan-club de fidèles déchainés? Grâce au talent bien évidemment, couplé de professionnalisme et d'un petit brin de folie. Ce trio s'appelle Sirocko, derrière lequel se cachent le Socciais Pascal Buteau, et les frères François et André Paoli, dont le père n'est autre que Xavier Paoli, directeur de l'école de musique d'Ajaccio.

 

Rencontre avec Pascal Buteau de repos quelques jours dans son village avant d'entamer une saison d'hiver qui s'annonce très active. Avant la formation actuelle, Sirocko existait et se produisait déjà dans le canton depuis quelques années.

 

Pascal Buteau : En 2002 avec mon frère Jean-Claude et cinq copains de Sagone nous avions formé un premier groupe pour s'amuser, et on faisait quelques dates l'été dans les restaurants. Certains n'étaient même pas musiciens mais se mettaient à la guitare basse car il fallait un bassiste. Notre répertoire était très rock et nous avons progressé en même temps. Il y avait notamment Francis Rezoali qui a joué trois ans avec nous et a fait ensuite une tournée avec I Muvrini.

Et puis j'ai fait cette rencontre avec François et André Paoli qui a été décisive. Nous animions des soirées ensemble et j'ai pris énormément de plaisir à jouer avec eux. Ce sont de vrais professionnels. Il faut dire qu'André a créé le jazz band de Corse que beaucoup de gens allaient écouter le lundi au kiosque de la place du Diamant, et qu'il est également le batteur du Big Band de Monaco avec lequel il fait des tournées internationales. Quant à François, qui est prof au conservatoire d'Ajaccio, il a quand même initié Paul Mancini au saxo.

Je vendais des piscines depuis 13 ans et j'ai vendu ma société pour faire de la musique mon activité principale.

 

PC :Quand on est trois sur scène à interpréter des reprises, comment se font les choix de programmation, d'arrangements ... et de look?

 

PB : Le look est le fruit du hasard. Un jour le Hussard nous appelle à 15h car un groupe s'était désisté pour animer le soir même la soirée du conseil d'administration d'une banque. On s'est dit qu'il fallait arriver «un peu classe», c'est-à-dire avec des chemises blanches et des cravates noires. En fin de soirée, le patron nous a complimentés car c'était la première fois qu'il voyait des musiciens habillés avec une tenue de scène identique. Mais ceux qui savaient que j'avais travaillé un temps dans les pompes funèbres nous ont baptisés «les Pichett's boys» pour nous «magagner». Il a suffi de mettre une cravate rose à la place de la noire, de la dénouer un peu, et la tenue est restée.

Quant aux choix musicaux, j'ai compris après avoir joué du rock pendant longtemps pour me faire plaisir, qu'il ne fallait pas jouer ce dont tu avais envie, mais ce qui amusait les gens. Avec François aux claviers, André à la batterie, et moi-même à la guitare et au chant, toutes les chansons qu'on reprend ont des arrangements très dansants et festifs. D'ailleurs, je n'oublierai jamais la tête de mon oncle Ceccè (Buteau du groupe Canta U Populu Corsu) la première fois qu'il nous entendu interpréter «Compagnero» en version rock. Il avait un peu fait la grimace mais, aujourd'hui, il ne la trouve pas si mal ainsi. Mais notre chanson-référence reste "l'Orage" de Brassens, que tous les jeunes du canton auto-baptisés «la team de rêve» réclament à chaque concert pour danser dessus.

Nous avons environ 180 chansons au répertoire, et sommes conditionnés pour faire un show de 3 heures sans jamais de blanc. François et moi avons juste deux Ipad synchronisés qui donnent les paroles, la partition, et indiquent la tonalité. On répète chaque soir 3 ou 4 chansons pendant les réglages, mais François et André sont tellement bons que, si j'ajoute une nouvelle chanson pendant le concert, ils s'adaptent et enchainent à la perfection.

 

PC : Quels sont vos projets ? Etre plus connus, faire un disque, une tournée plus loin que dans la région ajaccienne ?

 

PB : Pour être connus, il faut s'exporter. J'ai demandé à une amie de Porto-Vecchio, Cécile Colonna Cesari, de me trouver des dates là-bas, mais c'est un milieu très fermé, sauf si quelqu'un te présente pour t'introduire. Elle nous a fait faire 12 dates à Porto-Vecchio, et les patrons d'établissements l'ont remerciée d'avoir insisté pour nous faire jouer. Elle gère notre planning entièrement, et nous a fait jouer aussi à Calvi et Ile-Rousse. Aujourd'hui elle aussi a tout quitté pour devenir notre agent, et s'occupe également de Jean-Charles Papi.

Pour l'heure, nous venons de signer un contrat avec le cabaret «Le son des guitares» à Marseille dont le patron travaille souvent avec des groupes corses. Nous nous y produirons deux semaines par mois, du mercredi au samedi, jusqu'à fin décembre.

 

 

Recueilli par Pascale Chauveau

 

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 17:55

Ouvert depuis plusieurs mois, le magasin Super U de Sagone a été inauguré officiellement le 9 octobre. Pour l’occasion, Serge PAPIN, PDG de Système U, avait fait le déplacement.

Même si ce supermarché est conçu comme un élément de la lutte actuelle entre U et Auchan contre Leclerc, ainsi que le montre l’interview de M. PAPIN dans «Corse-Matin», ce magasin facilite la vie quotidienne des estivants et des résidents permanents des Deux Sorru.

 

On est loin des commerçants ambulants qui, avec leur camionnette aménagée, allaient de village en village proposer leurs produits à une population plus nombreuse et qui avait peu de voitures. On a pu compter que, voici cinquante ans, en 1965, le parc automobile poggiolais ne dépassait pas douze voitures l’été, vacanciers compris.

Il fallait se mettre en embuscade près de la route et tendre l’oreille pour écouter les coups de klaxon qui annonçaient l’arrivée proche du marchand. Comme les heures de passage n’étaient jamais tout à fait les mêmes, on s’inquiétait d’avoir râté l’un ou l’autre. On pouvait ainsi entendre des questions comme : «As-tu entendu si Jules-Antoine est passé?».

Il faut connaître ce contexte pour comprendre l’intérêt d’un document qui a été retrouvé par Rose-Marie CHABROLLE.

Sur une feuille de papier préparée par son père, le docteur BARTOLI, les jours de passage des commerçants sont marqués avec leurs noms (Mimi CANALE, CASALTA, JULES-ANTOINE, qui étaient les principaux épiciers de l’époque) ou leurs spécialités (pain, légumes, viande). Cet aide-mémoire date du début des années 70, certainement entre 1972 et 1975. Il a été complété en 1990 par d’autres membres de la famille (encre plus fine).

Cliquez sur la photo pour l'agrandir.

Mimi, Jules-Antoine, Casalta. Un document inédit sur les commerçants disparus.

Il n’existait pas seulement le commerce alimentaire. Ce document ne mentionne pas GRIFFONI. Chaque mardi après-midi, ce Vicolais venait proposer du prêt-à-porter, des vêtements de travail, des maillots de bain, des chaussures…

Sa boutique était située à l’entrée de Vico, en face de la pharmacie, remplacée maintenant par l’étude notariale Alexandre. Maintenant fermée, elle devait voir s’implanter le nouveau bureau de Poste mais le projet semble avoir été abandonné (voir article du 27 novembre 2012 : http://poggiolo.over-blog.fr/article-la-poste-fait-peau-neuve-112436267.html).

Mimi, Jules-Antoine, Casalta. Un document inédit sur les commerçants disparus.

Déjà, après 1970, la voiture particulière s’était largement développée et une part grandissante des courses se prenait directement dans les magasins. Le mouvement n’a fait que s’amplifier et il est devenu normal de parcourir plusieurs kilomètres pour n’importe quel achat.

Mais bien des services sont rendus par le Proxi de Jean-Marc à Guagno-les-Bains et par les passages de Pierrette et de Marie-Jo.

Il faut les remercier, les commerçants d'aujourd'hui comme ceux d'hier.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:09

Le texte suivant mérite toute votre attention. Il est paru dans le numéro de « INSEME » du mois d’octobre et a pour but d’alerter sur les difficultés de diffusion de cette publication. Rédigé, mis en page et imprimé par une équipe de bénévoles autour des pères du couvent de Vico, ce mensuel est un lien indispensable pour les habitants de notre canton. Loin d’être seulement un bulletin paroissial, il permet de faire connaître les activités et les multiples facettes de la micro-région.

DISTRIBUTION D'INSEME DANS LES VILLAGES

 

Jusqu'à présent, la distribution était assurée: soit par les facteurs, soit par les commerçants ambulants, soit remis directement aux responsables des comités paroissiaux qui se chargent de les dispatcher. Depuis quelque temps, certains villages se plaignent de la difficulté d'obtenir chaque mois le mensuel Inseme : soit reçu tardivement, soit pas reçu du tout.

L'équipe de rédaction d'Inseme demande à ce que, dans chaque village, un représentant du comité paroissial ou un bénévole quel qu'il soit se fasse connaitre auprès de nous: 04 95 26 83 83 (le matin seulement), afin d'organiser la distribution dans des meilleures conditions. Par exemple, vos exemplaires peuvent être récupérés directement au couvent en début de mois, soit vous être apportés par le père le jour de la première messe du mois (qui peut être tardive), ou remis par nos soins à un responsable de votre village, ..... Toutes les solutions sont à envisager.

Par ailleurs, nous tirons l'hiver 1 200 exemplaires, portés à 1 500 pendant la saison estivale. Pour remettre à jour le nombre de tirages à effectuer chaque mois, merci de nous indiquer à combien d'exemplaires vous estimez le besoin pour votre village, plus particulièrement en période hivernale.

Cela réduira d'autant le nombre d'exemplaires inutilement imprimés, pliés par les comités paroissiaux, et jetés par la force des choses dans des poubelles déjà bien saturées ...

Si aucune solution n'est trouvée pour certains d'entre vous, sachez que vous pourrez trouver comme toujours Inseme dans la plupart des commerces de Vico et de Sagone.

 

Le comité de rédaction

« INSEME »  a besoin de vous

Le bulletin peut être envoyé par voie postale aux personnes souhaitant le recevoir régulièrement contre une participation de 12 euros (à envoyer à : Inseme, Association des Amis du Couvent, 20160 VICO).

Il est également consultable par internet, mais avec toujours un peu de retard, à l’adresse :

http://inseme-bulletin.hautetfort.com/

Tous les numéros depuis décembre 2012 y sont présentés.

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 18:02

La procession de Soccia d’octobre 1923 (voir les articles précédents) a tourné au pugilat entre PALELLU et MATTONE qui en a perdu son pantalon. L’homme déculotté va se plaindre auprès des gendarmes.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

La gendarmerie de Soccia se trouvait à l’entrée du village. Son emplacement exact est marqué par une croix entourée d'un cercle vert sur cette carte postale envoyée avant la première guerre mondiale par un gendarme alors affecté dans ce chef-lieu de canton. Les cartes postales étant rares, il n’avait trouvé que ce moyen pour montrer à sa famille le lieu où il travaillait.

 

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

Cette brigade avait été durement éprouvée en 1892 par la mort de deux de ses membres (voir l’article : http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-mexicains-arrivent-48859828.html).

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)
Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

Le brigadier enregistre la plainte de MATTONE qui, comme beaucoup de villageois de l’époque, a du mal à s’exprimer en français.

L’affaire est jugée suffisamment importante pour que les représentants de la loi emportent leurs armes. Ils s’assurent que la procession puisse aller jusqu’au bout de l’itinéraire prévu. Mais leur venue a fait fuir PALELLU qui s'imagine déjà contraint à devenir un bandit. En 1923, les Deux Sorru étaient le terrain d’élection de nombreux malfaiteurs. Voir les séries d’articles parus sous les titres « Mauvaise pub pour Guagno-les-Bains » et notamment

http://poggiolo.over-blog.fr/article-mauvaise-pub-pour-guagno-les-bains-n-2-l-82765801.html

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

 

La plainte n’est pas enterrée et un procès a lieu. Le nom du tribunal et son emplacement ne sont pas désignés dans le poème mais, comme il y a un procureur et un président, la scène doit s’être déroulée à Ajaccio. Soccia avait alors un juge de paix mais, visiblement, il n’était pas compétent pour cette si grosse affaire.

MATTONE est condamné à une amende.

 

Dans le récit du procès, trois strophes avant la fin, un vers peut étonner :

« Benchi Soccia un sia Palneca » (Bien que Soccia ne soit pas Palneca).

Quel rapport avec ce village du Taravo, bien loin de Sorru ? D’après Sixte UGOLINI, dans « Macàgna e detti di i paesi corsi » (Ed. Piazzola, 2008), il avait autrefois une très mauvaise réputation dont témoignaient plusieurs proverbes comme celui-ci :

« In Palleca, un ci vive mancu una serpa »

(A Palneca, même un serpent n’y vivrait pas)

Effectivement, il en est un qui s’applique à l’attitude de PALELLU pendant son procès :

« Palleca, Palleca,

a chi fura e a chi nega ! »

(Palneca, Palneca,

les uns volent et les autres nient !).

 

Les deux vers de conclusion expriment la honte de PALELLU d’avoir été condamné :

« Cusi vide in prucissione

A san Roccu in lu stagnone »

(Ainsi je vis en procession

Saint Roch dans le bidon).

Jean-Baptiste PAOLI ajoute un point d’interrogation et des points de suspension car la traduction de cette expression lui a donné du fil à retordre. Normalement, les lecteurs habituels du blog doivent la connaître, s'ils se souviennent des renseignements qui avaient été donnés dans l’article paru le 15 août 2014 et intitulé « Saint Roch peut vous « en faire baver » ».

http://poggiolo.over-blog.fr/2014/08/saint-roch-peut-vous-en-faire-baver.html​

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la maréchaussée intervient (3/3)

Ce récit est une mise en garde : les processions ne sont pas toujours un long fleuve tranquille.

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 20:39
Le blocus de la décharge est levé

Le blocus du centre de tri de Vico est levé. Le collectif qui interdisait toute entrée depuis le 19 septembre a tenu compte du désir de sortir de la crise manifesté par le président du Syvadec. Celui-ci a accepté de réserver le site aux 33 communes du canton jusqu'au 31 décembre 2015 et de geler les travaux d'extension.

Le blocus de la décharge est levé
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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 18:03

Comme indiqué dans l’article précédent, la procession du 4 octobre 1923 en l’honneur de saint François avait été minutieusement préparée.

Elle pouvait ressembler, les torches mises à part, à cette procession qui se déroula à Poggiolo vers 1960.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Mais le désordre arrive avec l’attitude de MATTONE. L’auteur, MAISTRALE, décrit l’incident avec force détails.

Cliquer sur les documents pour les agrandir.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

MATTONE est jaloux de PALELLU qui a la meilleure place. Il va déstabiliser la belle organisation car il veut être vu et, surtout, car il ne veut pas être mis une nouvelle fois à l’amende par le prieur. Il exige de porter la statue à la place de PALELLU.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Le ton monte vite. Avec le refus de PALELLU, les insultes et les menaces ont commencé.

Des échanges de gentillesses, on peut retenir une expression peu connue mais qui, après tout, pourrait toujours servir de nos jours :

« Vai a vede versu Vicu

Si tu troviu me billicu. »

(Vas voir du côté de Vico

Si tu y trouves mon nombril)

MATTONE est le premier à en venir aux mains, de façon ridicule : en pinçant son adversaire.

Un autre exemple de procession perturbée. Dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de « Grosso Minuto » (La Marge, 1996)

Un autre exemple de procession perturbée. Dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de « Grosso Minuto » (La Marge, 1996)

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)
Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : la pantalonnade (2/3)

Les coups pleuvent et les cris des deux hommes s’entendent jusqu’à l’Umbriccia, quartier de Soccia éloigné de l’église.

La bagarre tourne à la farce : MATTONE perd son pantalon, ce qui fait s’évanouir une femme.

 

La bagarre va-t-elle dégénérer ? Le sang va-t-il couler ? La procession ira-t-elle jusqu’à son terme ? Les réponses seront données dans le troisième article de cette série.

A suivre

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 19:35

Les cérémonies officielles ne se déroulent pas toujours comme prévu. Même les processions religieuses de village peuvent finir dans le plus grand désordre. Il en fut ainsi à Soccia dans une occasion décrite avec ironie par le poète MAISTRALE.

MAISTRALE (Dumenicu Antone VERSINI), surnommé le barde de la Corse, est né en 1872 à Marignana et est mort en 1950 à Ajaccio. Un article lui sera ultérieurement consacré sur ce blog car il avait des liens avec Poggiolo.

Il publia en 1924, imprimé par «A Muvra», ce texte intitulé «Una prucissione in Soccia».

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Ce poème de 37 strophes de 6 vers évoque un incident qui n’a pas dû être inventé par le poète. Les précisions de date et de personnages sont  suffisamment grandes pour le supposer.

Ce texte va être présenté en plusieurs parties afin de mieux le comprendre.

L’œuvre était écrite en corse. La traduction française a été assurée par Jean-Baptiste PAOLI, l’historien de Soccia, qui en avait réalisé une petite brochure vendue au profit de l’église voici quelques années. Les renseignements historiques cités ici viennent en grande partie de son opuscule « Soccia : Santa Maria delle Grazie, a nostra ghjesgia », publié à l’aide d’A Mimoria.

 

Cliquer sur le texte pour l'agrandir.

 

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

La première ligne indique que les faits se sont produits le « quatre octobre dernier » qui était le jour de la « fête de saint François » d’Assise. La revue datant de 1924, la fameuse procession doit avoir eu lieu le jeudi 4 octobre 1923.

Les premières strophes nous apprennent qu’il existait à Soccia une confrérie bien organisée qui possédait un prieur, un registre d’appel des membres et des amendes.

Cette confrérie était celle du Saint Rosaire qui, depuis 1919, avait comme prieur un autre Jean-Baptiste PAOLI et pour sous-prieur Antoine Dominique PIETRI, comme le montre le procès-verbal ci-dessous, extrait de la brochure mentionnée plus haut.

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Associations de laïcs à vocation pieuse, les confréries sont apparues en Corse sont avec celles de la Sainte-Croix à la fin du XIVe siècle. Les confréries du Rosaire et du Saint-Sacrement sont, elles, fondées aux XVe et XVIe siècles. Après des périodes d’essor et de déclin, elles connaissent de nos jours un renouveau notable. Au-delà de l’engagement spirituel et religieux toujours présent, elles constituent un espace de sociabilité essentiellement masculin et un lieu de transmission des chants religieux traditionnels. (texte extrait du site : www.musee-corse.com)

D’après les notes du Père Louis DOAZAN sur les visites épiscopales, il existait en 1728, lors de la visite de l’évêque de Sagone Pier Maria GIUSTINIANI, une confrérie du Saint Rosaire mais elle était féminine.

Son nom n’apparaît pas dans les listes de confréries dressées pour 1789 et 1810 par François CASTA dans son article « Paroisses, confréries et dévotions de Corse à l’épreuve de la Révolution Française » (Revue « Provence historique », 1989).

Celle qui existait au XXème siècle était entièrement masculinisée.

La ferveur à Notre-Dame du Rosaire était importante dans ce village.

L’origine de cette dévotion à Soccia a été expliquée dans l’article paru dans ce blog:

http://poggiolo.over-blog.fr/la-fête-d-octobre-à-soccia 

 L’actuelle église Sainte Marie avait été même inaugurée le 1er octobre 1843 par la messe du Rosaire. Jusqu’à voici quelques années, une procession avait lieu le premier dimanche d’octobre, avec des fenêtres illuminées, comme au 15 août.

Mais, dans ce texte, il s’agit bien de la saint François. Maistrale mentionne bien la statue du saint et pas de Marie.

Faut-il penser qu’il y avait une procession pour saint François d’Assise le 4 octobre et aussi une le dimanche de Notre-Dame du Rosaire ? A moins que l’écrivain ait commis une confusion…

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Les confrères ont reçu des consignes précises et très détaillées sur leur allure pendant la procession, leur habillement, leur façon de chanter…

On pourra remarquer que tous les chants sont en latin, comme l’était alors toute la célébration de la messe.

 

Une procession tragi-comique à Soccia racontée par Maistrale : une belle organisation (1/3)

Chacun a une place précise :

- en avant, les enfants

- puis, les « filles de Marie », ou enfants de Marie, adolescentes engagées dans ces groupes fondés en 1837 pour approfondir leur foi, mais qui, visiblement, pensent à autre chose, petit clin d’œil sur la différence entre l’aspect extérieur et la réalité profonde

- le curé qui était Jean-François BONIFACI depuis 1917

- la statue de saint François d’Assise (qui avait été offerte en 1893 par des paroissiens) avec ses porteurs

- le reste de la confrérie

- les autres habitants.

Costumes de confréries (Musée de Corte)

Costumes de confréries (Musée de Corte)

Tout est magnifique mais, très rapidement, ce bel ordre va se détraquer et la procession tournera à la grosse farce.

 

A suivre

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 15:34
Trente corps étendus sur la chaussée

Les riverains et les proches des personnes accidentées au col de San Bastiano ont bloqué la route hier à la mi-journée.

Une manifestation pacifique qui avait été précédée d'une campagne d'informations pour demander que des barrières de sécurité soient mises en place.

Une grande partie de la route n'en dispose pas alors que la chaussée longe un ravin particulièrement vertigineux. Une réunion est prévue à la mairie d'Appietto (dont dépend le col) mercredi prochain, en présence des élus du département.

(texte paru sur le site de "Corse-Matin" dimanche 4 octobre)

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Lundi 8 juin:

à 19h, messe des Corses célébrée par le cardinal Bustillo à la cathédrale de la Major à Marseille.

Dimanche 14 juin:

messe à Soccia en présence du cardinal Bustillo.

 

Vacances d'été:

à partir du samedi 4 juillet.

 

Messe et procession de saint Roch:

Dimanche 16 août après-midi.

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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