Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 18:00

L’association Letia-Catena, toujours très active dans sa recherche du passé, publie une nouvelle brochure. En voici le texte de présentation.

Quand Letia attaquait Ajaccio

Notre association diffusera à compter du 30 mars, une brochure sur l'attaque en 1763 du préside génois d'Ajaccio par l'avocat Giuseppe Maria MASSERIA.

Cette action, commanditée par Pascal PAOLI, avait pu s'effectuer grâce à l'implication de la communauté de Letia et de celle de Renno, au sein de laquelle  furent recrutés, par le capitaine d'armes de la communauté de Letia, quatre hommes qui avaient pris le maquis pour différentes raisons et qui acceptèrent de seconder MASSERIA. Deux unités de l'armée nationale, sous le commandement respectif de Titto BUTTAFOCO et Gian Carlu SALICETI, participèrent à cette action.

Afin de diriger les préparatifs et en vue de se tenir au courant du déroulement de ce coup de main sur la citadelle, Pascal PAOLI s'était installé au couvent de Vico puis aux alentours d'Ajaccio d'où il organisa l'action en transmettant ses ordres par différentes missives. En même temps, les nationaux de notre région s'étaient emparés de la tour de Sagone. Celle d'Omigna qui défendait le territoire de Paomia et le fort de Girolata avaient auparavant été enlevés aux Génois, afin qu'il ne demeure plus de garnison génoise retranchée entre Ajaccio et Calvi.

La cité génoise d'Ajaccio pratiquait l'apartheid à l'égard des nationaux, contraints, s'ils devaient résider dans la ville, d'adopter pour identité le nom de leur village d'origine.

Cette action, menée par les nationaux contre la citadelle d’Ajaccio,  allait conduire Gênes à solliciter Versailles pour l’envoi des troupes de Louis XV qui seront ainsi positionnées dans les présides, sur les côtes de Corse, dès 1764.

                                        ******************

Ce recueil sera vendu (12 euros) au bénéfice de notre association.

On pourra se le procurer, début avril, 19, Boulevard Fred  Scamaroni, à la LIBRAIRIE-JOURNAUX  Le Mouflon, à Ajaccio, et à Letia également.

 

Adresse courrier: Letia-Catena. 26, boulevard Madame Mère, 20000 Ajaccio.

Site internet : http://letia-catena.fr/

 

Partager cet article
Repost0
25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 18:00

Les travaux pour l’assainissement collectif de Soccia, qui ont bloqué l’entrée du village du 16 au 26 février (voir l’article «Soccia isolé du reste du monde»), continuent et ont pris la forme d’un chantier impressionnant.

 

Heureusement, tous les acteurs (mairie, entreprise, ouvriers) sont attentifs à chaque situation qui pourrait être génante et ils ne ménagent pas leur peine.

Soccia en chantier
Soccia en chantier
Soccia en chantier
Soccia en chantier
Soccia en chantier
Soccia en chantier
Soccia en chantier
Soccia en chantier
Partager cet article
Repost0
22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 18:00
Peut-on boire de l’eau en toute sécurité ?

Mardi 15 mars, l’Agence Régionale de la santé (ARS) de Corse a fait part du bilan 2015 de la qualité de l’eau potable dans les communes de Corse. Ce bilan révèle que 90 % de la population corse a été desservie par de l'eau respectant les exigences de qualité. Un résultat en nette amélioration sur les dernières années.

Qu’en est-il dans nos villages ?

Le document de l’ARS contient une carte de la qualité bactériologique de l’eau des communes. Nous en avons extrait la partie qui concerne notre haut-canton. La lettre P est placée à l’emplacement de Poggiolo.

Peut-on boire de l’eau en toute sécurité ?

Si l’eau d’Orto est bonne, Soccia et Poggiolo ont une qualité moyenne et Guagno est dans la catégorie «Très mauvaise».

Les résultats complets des analyses se trouvent sur le site gouvernemental orobnat.sante.gouv.fr

Les résultats de toutes les communes de Frances sont en libre accès.

Qu’est-il indiqué pour Poggiolo ?

- Le prélèvement du 4 février 2016 à 8h20 au pont de Guagno-les-Bains a trouvé que l’on a en ce lieu une «eau d'alimentation non-conforme aux exigences de qualité. La présence de germes fécaux impose une surveillance renforcée.»

- Pour le village de Poggiolo lui-même, toujours le 4 février, l’eau est légèrement différente : «Eau d'alimentation conforme aux limites de qualité et ne satisfaisant pas aux références de qualité. La présence de germes coliformes est à surveiller.»

 

Le détail des résultats se trouve sur la même page internet et, très intéressant pour connaître l’évolution de la qualité de l’eau, il est possible de faire des comparaisons avec les examens du 10 février, du 14 août ou du 15 décembre 2015.

Partager cet article
Repost0
20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 18:18

L’ouverture de la pêche, samedi 12 mars, a été décevante, paraît-il.

Une saison ferme, une autre s’ouvre
Une saison ferme, une autre s’ouvre

Il faudra voir l’évolution des prises lors des prochains mois. La saison dure jusqu’au 18 septembre.

Les amateurs de truites doivent se rappeler que certaines portions de rivières sont interdites dans notre partie de la Corse :

- Ruisseau le Sagone au lieu dit Fiuminale, de la source à l'enclos des lièvres, commune de MARIGNANA,

- Ruisseau de  "Belle e Buone", de la source à la confluence avec le Fiume Grossu, commune de GUAGNO,

- Ruisseau de "Purcile" , commune de GUAGNO.

 

La saison de chasse, quant à elle, est cloturée depuis peu. Elle reprendra le 15 août prochain.

Le bilan de 2015-2016 a été plutôt bon, comme le montre Larenzu di Guagnu (http://miniu.skyrock.com/).

Sur ce blog (déjà présenté ici le 22 octobre 2012 par l’article "Les exploits de Sevi et Sorru"), les images d’un film récemment publié montrent des chasseurs de la «squadra guagnese» heureux de faire partager leurs sensations. La réalité de la chasse au sanglier est bien représentée.

 

MAIS ATTENTION !

 

Certaines images sont très difficiles à supporter pour les amis des animaux.

 

 

Partager cet article
Repost0
15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 18:03

Célébration des Rameaux

Samedi 19 mars

15 h: Coggia et Poggiolo

16h: Marignana

17 h: Balogna

17 h 30: Sagone

 

Dimanche 20 mars

9h à Murzo

9h30 couvent de Vico

11h Vico et Soccia

11h30 Evisa

15 h Renno et Guagno

 

Jeudi Saint (jeudi 24 mars) :

15 h: Adoration du St Sacrement à Poggiolo, Balogna, Sagone, Letia St Roch et Marignana

célébration de la Cène pour le secteur : 18 h à Vico

 

Vendredi Saint (vendredi 25 mars)

16 h : Letia St Martin

17 h: Sagone et Poggiolo

20h30: Evisa (avec procession)

A Vico, à 20h, adoration de la croix avec confrérie

21h : chemin de croix et procession à Soccia

 

Vigile pascale (samedi 26 mars)

19 h :  Marignana

21h : Sagone et Guagno

22 h : Arbori

 

Pâques (dimanche 27 mars)

9h30 couvent de Vico

11h Vico, Letia St Roch et Soccia

16 h : Coggia et Balogna

 

Partager cet article
Repost0
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 18:00

La Fête du Printemps de Murzo est devenue un rendez-vous bien ancré dans les Deux Sorru.

Cette année, elle se tiendra dimanche 20 mars et commencera par la messe des Rameaux en l'église St Laurent à 9h, avec une vente de «crucette» au profit de l'église.

A Crucetta désigne en Corse la croix, formée de deux feuilles de palmier, bénie solennellement le dimanche des Rameaux. Cette croix est placée dans les maisons ou les voitures. Elle rappelle la royauté universelle du Christ qui a triomphé du Monde par la Croix. 


 
Dimanche 20 mars, commencez le printemps à Murzo

Puis de nombreux artisans vous accueilleront tout au long de la journée. Parmi eux, des potiers, couteliers, fabricants de bijoux fantaisie, d'objets en bois, etc...

Des stands de chocolat, charcuterie, miel, confiture, pâtisserie vous permettront de vous régaler tout au long de la journée.

Des jeux pour les plus jeunes sont aussi prévus.

Les organisateurs vous espèrent nombreux pour fêter ce premier jour de printemps.

 

Vous pouvez lire l’annonce et le compte-rendu de la Fête de 2015 :

Partager cet article
Repost0
11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 18:00

A l’occasion des protestations et des blocages du centre de déchets de Vico, la figure de Jean-Yves TORRE a souvent émergé au premier rang des contestataires du collectif «per u Pumonte pulitu». Ce militant écologiste et tiers-mondiste (voir l'article Entre Tel-Aviv et Vico), bien connu dans les Deux Sorru, est le sujet d’un grand article paru le 26 février 2016 sur le site Reporterre, le quotidien de l’écologie (http://reporterre.net/index.php). Nous le reproduisons ici avec l’aimable autorisation des animateurs de ce site.

Les propos du créateur du Festival ACQUA IN FESTA (voir l'article L'eau sera en fête du 8 au 10 mai)  ne peuvent laisser indifférent, qu’ils portent sur l’histoire de la Corse, le nationalisme, la souveraineté alimentaire… même s’ils peuvent faire grincer des dents.

------------------------

 

 

Jean-Yves Torre,

le paysan qui plaide pour une autre Corse

26 février 2016 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse

Depuis 40 ans que Jean-Yves Torre travaille la terre de l’île de Beauté, il a vu les campagnes tomber dans l’abandon. Alors que la Corse nationaliste est secouée de soubresauts racistes, le paysan rappelle que l’indépendance se conquiert d’abord par la souveraineté alimentaire.

 Vico (Corse-du-Sud), reportage

Les montagnes verdoyantes plongent dans le bleu azur de la Méditerranée. Sous le soleil d’hiver, la mer scintille comme la neige sur les sommets. Jean-Yves Torre habite dans le creux de la pente, sur des terres squattées qu’il a défrichées à la main après 130 ans d’absence humaine. Autour de la ferme, la broussaille partout, mêlée de buis et de chênes verts. « Ah, ça ! on ne peut pas imaginer que des personnes vivaient ici auparavant », s’exclame le paysan au milieu de son champ.

La maison en ossature bois et en paille de Jean-Yves.

La maison en ossature bois et en paille de Jean-Yves.

Pourtant, sous les ronces, il a retrouvé d’antiques aires à blé, des ruines, « en bas, il y avait une école de 80 gamins au début du XXe siècle. Depuis mon installation, j’en ai vu, des gens partir, abandonner la terre ». Les Corses ont déserté les campagnes pour les villes, répétant l’inexorable refrain de l’exode rural. 80 % d’entre eux vivent dans les grandes agglomérations et, sur les 20 % restants qui s’agrippent aux montagnes, la plupart sont des personnes âgées.

 

 « Le Corse ne fait plus vivre la campagne »

C’est un credo pour Jean-Yves, une certitude. « On a déjà été autonomes, l’île ne dépendait pas de la métropole en 1760 [1] », affirme t-il. Des centaines d’hectares de seigle étaient cultivés, la Castagniccia, dans le nord du pays, comptait 80 personnes au kilomètre carré, vivant de châtaignes et d’élevage. Aujourd’hui, cette zone est complètement vide, atteignant tout juste six habitants au kilomètre carré. Les Agriates, à l’ouest de Bastia, constituaient aussi un immense verger où poussaient figuiers, oliviers, citronniers depuis des siècles, avant de devenir une garrigue désolée, battue par les vents. 
 
« L’autonomie n’était pas seulement alimentaire, on exportait même du liège en Angleterre pour construire les mâts des navires, on possédait des briqueteries. » Mais, à partir de 1818 et de la Restauration, la Corse a été pénalisée par un système douanier pervers : toute exportation insulaire se voyait surtaxée alors que, à l’inverse, les produits de la métropole arrivaient sur l’île détaxés. La souveraineté alimentaire a peu à peu disparu. Et avec l’arrivée du capitalisme, la vie rurale a été sacrifiée sur l’autel du consumérisme.
 

Jean-Yves Torre.

Jean-Yves Torre.

« Aujourd’hui, il y a un paradoxe chez le Corse. Il a un attachement viscéral à son village, à l’image pastorale de la campagne, mais il ne la fait plus vivre, il est devenu fonctionnaire ou commercial à Ajaccio ! » Les petites communes se transforment en villages dortoirs. « Les habitants prennent la voiture le matin à l’aube et reviennent tard le soir. » Le tissu rural se meurt. 
 
La culture corse est née dans les montagnes, au contact des éléments. Une vie brute, sculptée par le vent marin, tannée par le soleil :

A fine di tùttu
Allisciàta u sole
Lambuttàta da u mare
Ghjustu un isulella »
 [2]

« C’est avec les bergers que j’ai appris la langue, pas dans les bouquins, dit Jean-Yves. Quand ils partaient en alpage, ils prenaient dans leur musette un bout de papier, un crayon, ils composaient. » Les paysans parlent la langue du pays, la chantent. Le chjama è rispondi est une joute oratoire et poétique pratiquée à l’origine par les bergers. En perdant son ancrage rural, la culture corse est-elle condamnée à se folkloriser ?
 
 « Je ne veux pas voir ce monde devenir un musée », déclare Jean-Yves. Le regard nostalgique guette la population corse, il pousse à des replis identitaires. À défaut de faire vivre la campagne, certains Corses se tournent vers le passé, s’accrochent à une identité figée, voire mythifiée. L’indépendance, qui au début s’incarnait dans des luttes concrètes contre l’accaparement de terre, la spéculation immobilière ou « le bétonnage des clubs merdes », se mue progressivement en question ethnique, raciale. La Corse est comme un arbre : on s’attache aux racines, alors qu’il faudrait regarder pousser les feuilles.


 

« Ils se sont fermés au plus beau des échanges,

celui entre les hommes » 

« Le nationalisme est une instrumentalisation politique ; je ne sais pas ce que c’est qu’un État nation, c’est abstrait. Le jour où il n’y aura plus de bateaux, nation ou pas nation, ce sera la catastrophe. » La souveraineté alimentaire et l’indépendance se construisent matériellement, petit à petit, en relocalisant l’économie, en installant des jeunes sur les anciennes terres agricoles.
 
Amer, Jean-Yves résume : « Finalement, les Corses se sont ouverts au pire de la mondialisation, à l’afflux de marchandises, en perdant leur autonomie ; mais ils se sont fermés au plus beau des échanges, celui entre les hommes. » Un non sens quand on regarde dans le rétroviseur. « Nous sommes tous métis. » Jean-Yves a de longs cheveux blonds qui lui tombent sur les épaules. Les yeux bleus. Un héritage lointain de ses ancêtres Vikings débarqués sur l’île au Moyen-Âge. Il en gardé le nom : Torre.
 
Le paysan aime se faire provocateur : « Aujourd’hui, la plupart des gens qui ont un regard sur la terre ne sont pas les exploitants agricoles corses – eux, c’est pesticides et compagnie –, ni les éleveurs de primes – ils vivent à la ville et laissent le troupeau en errance dans la brousse. Ce sont des jeunes étrangers qui font vivre le territoire, parfois des Pinzutus [métropolitains, en corse]. Julie, par exemple, produit des légumes bio dans l’est de l’île, elle est Française, c’est une bosseuse, mais on lui pourrit la vie en lui bloquant l’accès à la terre. »

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse


 
Au-dessus de chez Jean-Yves, une nuée d’oiseaux noirs vole dans le ciel. Les milans et les corbeaux tourbillonnent dans les airs comme autour d’une proie. Une énorme déchetterie vient d’être creusée à un kilomètre de sa maison. À côté, dans le village d’Appriciani, les derniers volets ouverts se ferment à cause des odeurs putrides. Chaque jour, on entend les camions déverser, dans un bruit métallique, les immondices d’Ajaccio. « Voilà notre avenir, peste Jean-Yves, l’envers de la carte postale. Notre campagne est devenue la poubelle des villes. »
 
Selon le paysan, ces déchets sont les conséquences de la surconsommation et du tourisme de masse. « Nous sommes la région de France qui possède le plus grand nombre de supermarchés par rapport à sa population. Nos structures de traitement et de tri ne sont pas adaptées, nous n’avons, là aussi, aucune résilience. »


 

 « Apprendre à être à la fois praticien et philosophe »

À son échelle, Jean-Yves s’attelle à inventer autre chose. Retrouver de l’autonomie. Pour lui, elle ne rime pas avec autarcie, « c’est une autonomie avec des fenêtres ouvertes », comme il aime le dire. Il accueille, l’été, le festival Aqua in festa et quelques vacanciers désireux de découvrir une autre forme de tourisme, proche des gens et de la nature.

L’année, il produit des légumes, des fruits. « On fait notre pain, nos conserves. » Un temps, il avait 80 chèvres, et une belle basse-cour. « On fabriquait notre fromage dans notre coin, loin des normes européennes. On a toujours refusé les subventions, pour rester libres. On vendait nos produits à la sauvette, à nos voisins, dans l’illégalité. »
 

Jean-Yves TORRE, le paysan qui plaide pour une autre Corse

En choisissant une vie sobre et économe, il nourrit un combat politique. « On ne s’attaque pas à un système quand on est dedans, pieds et mains liés avec… » Autoconstruction, toilettes sèches, eau de source, chauffage au bois, il a acquis son indépendance à la force du poignet. « C’est du boulot, mais aussi un grand bonheur. »
 
Jean-Yves fait le lien entre toutes ses luttes. Sa vie personnelle se dévoile entre les lignes de l’histoire militante. Plogoff, Larzac, accueil de migrants, lutte pour l’indépendance avec le FLNC, fauchage d’OGM, création d’un front antifasciste… Cet homme a traversé le demi-siècle le poing levé malgré les pires intimidations. Sa maison a été brûlée et son cheptel décimé par des coups de chevrotine ; mais il continue. « Je suis un paysan activiste, c’est ma raison de vivre. »

Pour lui, l’acquisition de l’autonomie matérielle n’est pas séparée du politique, « il faut apprendre à être à la fois praticien et philosophe ». Les mains dans la terre, la parole s’ancre dans le réel. 
 
Dans sa maison en ossature bois et en paille, la soirée s’attarde. « Être paysan, c’est un hymne à la nature, à l’amour et à la révolte », conclut-il. Au coin du poêle, alors que le froid de janvier souffle dehors, le gaillard esquisse un sourire : « Je tiens à la révolte. » 

 

 

[1] La Corse a fait partie, durant près de quatre siècles, de la République de Gênes avant de se déclarer indépendante le 30 janvier 1735 et d’adopter la première Constitution démocratique de l’histoire moderne (1755). Cédée par Gênes à la France le 15 mai 1768, elle est conquise militairement par le Royaume de France lors de la bataille de Ponte-Novo, le 9 mai 1769 (source : Wikipedia).

[2] «  Loin de tout, caressée au soleil, agitée par le mer, juste une petite île  », chant de Jean-Yves Torre.

 

Source : Gaspard d’Allens pour Reporterre

Photos : © Gaspard d’Allens/Reporterre

Partager cet article
Repost0
9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 18:00

Dans le cadre des Rencontres de l’hiver au Couvent de Vico - I scontri di l’invernu, la Confrérie du père Albini, en partenariat avec l’Association des Amis du Couvent, organise le samedi 12 mars 2016, à 18 heures, au couvent de Vico, une conférence-débat sur le thème "Comprendre l’Orient aujourd’hui", avec le concours de Jacques ORSONI, professeur émérite à l’université de Corte.

Rappel : Comprendre l’Orient aujourd’hui

Une rencontre qui a pour objet de nous aider à porter

   - un regard plus éclairé sur l’histoire, la géographie, les populations et les croyances d’une région aux multiples facettes, d’où sont largement issues notre civilisation et notre culture;

   - un regard pour comprendre des événements dont l’origine et le sens nous échappent bien souvent;

   - en un mot, un regard pour comprendre, comme le disait le général De Gaulle, cet "Orient compliqué avec des idées simples".

 

Les participants qui le souhaitent pourront, à l’issue de la conférence-débat, poursuivre sur place les échanges avec Jacques Orsoni, autour d’un repas «tiré du sac». 

 

Partager cet article
Repost0
8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 18:00

La bataille de la Somme, en 1916, a été meurtrière pour les Poggiolais (voir "Pas de Poggiolais à Verdun"). De son côté, un combattant originaire d’Orto a survécu, ce qui est à l’origine de la chapelle de Saint Elisée. Le numéro de mars du bulletin «Inseme» explique ce point d’histoire peu connu.

 

La Grande Guerre, pour la Corse, a été une véritable catastrophe humaine dont elle ne s'est jamais totalement remise. Depuis le village d'Orto, un grand nombre de ses enfants est parti afin de défendre la Mère patrie. Sans doute, le cœur serré, voyaient-ils s'éloigner les côtes de leur île et les visages de ceux si chers à leur cœur.

Parmi ces soldats, deux frères, Jules et Pierre BONIFACJ. Jules est officier d'artillerie. Son régiment l'a conduit dans la Somme. Là, c'est l'horreur indescriptible. Un jour, pire que les autres, où les obus pleuvent abondamment, l'un d'eux se dirige vers Jules, frôle ses jambes, mais....  n'explose pas ! Le militaire est profondément troublé. Très croyant, il fait le vœu suivant: «si cette guerre m'épargne, je ferai édifier une chapelle sur le Mont Saint Elisée». 

La Grande Guerre et Saint Elisée

Dès la fin de la guerre, Jules, son frère Pierre, tous deux pratiquants, mécènes et modestes, respectent, accompagnés par leurs épouses, le serment fait un jour d'épouvante. Jules, maître d’ouvrage, et son épouse Radégonde veillent très attentivement à la réalisation du projet: ils prennent donc très régulièrement le chemin des montagnes.

Le Chanoine PASTINELLI, natif d'Orto, coiffant la casquette de maître d'œuvre, surveille également la bonne exécution des travaux (plans, emplacement sont par lui décidés). L'édification de la chapelle va fondamentalement modifier les habitudes: avant guerre, les pèlerins montaient à Saint Elisée dans la nuit du 28 au 29 août.

Le chemin était éclairé par de nombreux bûchers; l'aube voyait le retour vers le village. Les femmes chapeautées, de long vêtues, certaines montant en amazone, récitaient le rosaire tout le long du chemin.

 A présent, le 29 août, répondant à l'appel de la cloche, avec le lever du jour, les pèlerins de tous âges grimpent toujours en procession vers le mont Saint Elisée et sa chapelle.

Venant du canton, de plus loin encore, isolé ou en groupe, nu-pieds ou non, le pèlerin animé par la foi et l'espérance se dirige, non sans effort, vers le lieu consacré. Les derniers mètres étant les plus difficiles, l'arrivée dans le beau cadre bucolique est un soulagement. Tous se congratulent: les familles reconstituées en tribus, et leurs amis. Certains ne se retrouvant que ce jour-là. Selon la coutume, au pied de la statue de saint Elisée chacun fait brûler des cierges. Que de souhaits à écouter!

La cloche appelle les fidèles pour l'office en plein air et la procession lui succédant. Les yeux levés vers les cieux, munis du coutumier bouquet de genévrier (la plante bénie suscitera de bons augures dans les foyers), tous se recueillent. Prières et chants expriment ce que l'homme a de plus profond.

La Grande Guerre et Saint Elisée

La statue portée vers la vallée semble la protéger. C'est le moment où la cloche de l'église Sainte Marie d'Orto répond à l’appel. Les villageois s'unissent aux pèlerins, prient et chantent de concert. Cantique à San-Liseo, Diu vi Salvi Regina et bénédictions clôturent la célébration dont la fin est très bruyamment saluée. Chacun souhaite se restaurer. Ainsi, s'effectue une longue pause à la fontaine où se joue la seconde phase de la journée: «Après l'effort, le réconfort ».

Aux alentours du point d'eau, comme depuis un poste d'observation, l'on peut voir des têtes émerger des fougères. Tous se retrouvent à proximité de la source, pour l'eau du repas mais principalement l'apéritif. Pendant ce temps, apparaissent dans l'herbe tous nos succulents mets traditionnels (chrétien incontestablement, épicurien, sûrement). Le porteur d’eau revient vers les siens au moment où l'on ne l'attend plus, en chantonnant et les jambes flageolantes. Mais que contient-elle donc l'eau de la source Saint EIisée ? Ces joyeux moments se prolongent tard dans l'après-midi avec une balade au lac de Crena, aux bergeries de Livru. Plus tard dans la soirée, les montagnes retrouvent leur sérénité et notre belle jeunesse danse jusqu'au lever du soleil.

Depuis près de cent ans, avec le soleil ou la pluie, le grand Saint Elisée accueille en sa chapelle haut perchée des générations d'âmes croyantes. Combien de vœux ont-ils été exaucés grâce à son intercession? Nul ne le sait. Ils sont certainement nombreux!!! C'est un secret bien gardé au fond des cœurs/dans le huis clos familial. De Saint Elisée, il est dit: «Pendant sa vie, il fit des prodiges (extraordinaires), résurrection du fils de la femme de Sunem et après sa mort il opéra des merveilles».

Concernant la construction de sa chapelle, nos anciens toujours parmi nous, étant trop «jeunes», les souvenirs précis (datations) sont enfuis dans la nuit des temps, toutefois:

* Ami pèlerin, jamais n'oublies ceux qui ont participé à sa construction et les bénévoles œuvrant actuellement pour la sauvegarde de notre patrimoine spirituel.

* Ami pèlerin, jamais n'oublies les Célébrants, Pères Oblats du Couvent de Vico, nous accompagnant par tous les temps.

*Ami pèlerin, jamais n'oublies la belle histoire de Jules BONIFACJ, dont la dévotion est à l'origine de notre si belle fête. Du chaos peut naître la Lumière!!!

Afin d'éclairer le lecteur, plusieurs personnes, non sans émotion, ont communiqué leurs souvenirs: Hubert-Radegonde et Joëlle, petits-enfants de Pierrc Bonifacj, Agathe Dore, Jean-Pierre Paoli, les familles Battesti / Massimi, cousins des Bonifacj.

 

 

Pierrette-Santa Massimi

 

Partager cet article
Repost0
28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 18:10

Le Tribunal Administratif de Bastia examinait, le 28 janvier,  la demande du préfet d’invalider le statut de résident instauré par quatre communes (Ambiegna, Granace, Lopigna et Orto). Voir l'article "Orto et le statut de résident".

La décision a été rendue publique jeudi 25 février : les quatre délibérations ont été annulées pour "excés de pouvoir". Voici le compte-rendu écrit par Charles Monti et publié sur le site http://www.corsenetinfos.corsica/

Le tribunal administratif de Bastia.

Le tribunal administratif de Bastia.

Saisi par le préfet de la Corse-du-Sud, le Tribunal administratif, en suivant les conclusions du rapporteur public, a annulé les délibérations de quatre communes de ce département : Granace, Lopigna, Orto et Ambiegna. "Ces délibérations visaient à mettre en œuvre la délibération du 24 avril 2014 par laquelle l’assemblée de Corse a institué un statut de résident qui conditionne l’accès à la propriété à une résidence préalable de cinq ans en Corse" explique le tribunal administratif de Bastia.

Après avoir rappelé qu’en vertu de l'article 34 de la Constitution les principes fondamentaux du régime de la propriété relevaient du Législateur, c’est-à-dire l’Assemblée Nationale et le Sénat, le Tribunal a estimé que la détermination des conditions d’accès à la propriété foncière par l’instauration d’une durée de résidence faisait partie de ces principes fondamentaux. Or, les conseils municipaux étaient ainsi intervenus dans une matière réservée au Législateur sans disposer d’une quelconque habilitation de ce dernier pour ce faire.

Ces délibérations étaient donc entachées d’«excès de pouvoir» et le Tribunal n’a pas eu à examiner les autres moyens du préfet tirés, d’une part, de la méconnaissance des principes d’égalité, de non-discrimination et du droit de propriété et, d’autre part, de la violation du droit de l’Union européenne.

Cliquer ici pour lire le texte complet du jugement.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

---------------

Vacances de la Toussaint:

du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026

Vacances de Noël:

du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027

Début janvier 2027:

Assemblée générale du Comité des Fêtes.

Vacances d'hiver:

du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027

Vacances de Pâques:

du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027

Vacances d'été:

à partir du samedi 3 juillet

---------------

---------------

L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

-----------------

Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

..............

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.