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28 juillet 2017 5 28 /07 /juillet /2017 18:00
St François d'Assise

St François d'Assise

A PRIZIUNCULA

Fête de Notre Dame des Anges

 

1er et 2  août 2017

« Va et répare mon Eglise ! » : 

Quel nouveau souffle pour nos Communautés ? 

 

* Mardi 1er août :

. 18h : Rencontre des Confréries avec 

Monseigneur Olivier de Germay,
évêque de Corse

. 21h30 : Procession des Confréries. 

(de l’église Sainte Marie de Vico au Couvent St François)

 

* Mercredi 2 août :

  • 10h30 : Grand’messe présidée par le Père 

Dominique Ndjoko o.m.i

  • 11h30 : Apéritif offert à tous

  • Tirage de la tombola

  • Repas tiré du sac pour ceux qui le souhaitent

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Rappel: qu'est-ce qu'A Priziuncula?

Depuis la fondation du Couvent Saint François d’Assise à VICO par les Franciscains en 1481, la fête de Notre Dame des Anges a toujours été célébrée, d’abord par les Franciscains (jusqu’à la Révolution Française) et ensuite à partir de 1835 par les Oblats de Marie Immaculée ( sauf entre 1905 et 1935); c’est A PRIZIUNCULA qui a lieu le 2 août.

La Portioncule (Porziuncola en italien) est la chapelle qu’a reconstruite François d’Assise en 1209, où il a fondé son OFM (ordre des Frères mineurs), où se sont réunis les premiers chapitres généraux franciscains et où il est mort.

La Portioncule

La Portioncule

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 17:59
Coll. Ange Tomasi

Coll. Ange Tomasi

Le tabac produit en Corse (voir l'article "Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo") a longtemps été consommé beaucoup plus dans les pipes que sous forme de cigarettes. La pipe était toujours présente dans les veillées où l'on écoutait un conteur parler de sorcières et de revenants.

"Comme le disait Austin de Croze, témoin de ces mémorables veghje (veillées) au début du XXème siècle: "En Corse, la fumée est l'horloge des veillées campagnardes". La fumée du fucone ajoutée à  celle des pipes des hommes s'épaississait tant qu'on avait beau s'accroupir, se tasser, venait le moment où elle finissait par atteindre toutes les têtes. Alors on se levait en silence, chacun se serrait la main et, reprenant son fusil à l'aveuglette, quittait les lieux que le maître aérait un instant pour y rentrer dormir avec les siens." ("Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997)

Les belles pipes de Soccia

Les pipes corses furent d'abord en terre, puis en buis et enfin en bruyère. Les qualités de cet arbuste pour la consommation de tabac furent découvertes vers le milieu du XIXème siècle, ce qui fit la richesse de Saint-Claude. Les fabricants de pipes jurassiens utilisèrent beaucoup la scopa corse.

Il se raconte qu'un Corse détenu dans le Jura avait été employé en prison à travailler sur les souches de bruyère et que, à sa libération, il incita des artisans de son village à fabriquer des pipes. Ainsi s'expliquerait que cette activité fut très importante à Valle d'Orezza.

En 1918,  les usines d'ébauchons faisaient vivre 860 personnes en Corse.

La scopa (souche) provenant de l'erica arborea (bruyère arborescente) était extraite de la terre entre octobre et mai. Elle était débitée en ébauchons dans des scieries. Au début du XXème siècle, il y en avait une à Vico et une à Guagno-les-Bains.

Les ébauchons sont "de petits cubes de racine de bruyère grossièrement ébauchés, prêts à être travaillés par le fabricant de pipes", d'après le dictionnaire Larousse.

"La Corse" 20/12/1989
"La Corse" 20/12/1989

"La Corse" 20/12/1989

Il faut les mouiller pour qu'elles ne se fendent pas et les bouillir pour éliminer la sève.

Une bruyère met trente ans pour former une souche de trois kilos. Les pipiers achetaient les ébauchons prêts à l'emploi.

A Soccia, les flancs de montagne dominant l'ancien hameau de l'Aghja produisaient des racines de bonne qualité.

Vers 1955, Gino CAPRINO arrachait de quoi produire près d'un quintal de souches par jour.

Un artisan socciais eut une célébrité peu enviable.

Jean SANTONI était né à Soccia en 1866. Il eut un frère, Joseph Antoine, né en 1877, qui devint prêtre en 1904 et termina sa carrière comme curé d'Orto de 1922 à 1952. Jean était armurier à Cargese quand il creva un oeil à un camarade de beuverie. Après cinq ans de prison (1893-1898), il s'établit dans son village de naissance comme forgeron puis comme scieur d'ébauchons et fabricant de pipes, dont il avait peut-être appris la technique en détention.

S'étant querellé le 28 juillet 1907 avec le maréchal des logis Jean MICHEL, il le blessa d'un coup de fusil et tua le gendarme Marius LATOUR le 2 janvier 1909. Le 6 janvier, Jean SANTONI fut tué par d'autres gendarmes lors d'une embuscade qu'il avait organisée à Guagno-les-Bains.

 

Plus de renseignements dans l'article "Du sang à Guagno-les-Bains"

 

On trouva dans son atelier un millier d'ébauchons et de pipes plus ou moins finies.

 

Petit à petit, la fabrication locale de pipes disparut.

Certains de nos lecteurs auraient-ils chez eux des exemplaires de cet art disparu?

Photo Pierre-Jean Luccioni

Photo Pierre-Jean Luccioni

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Cet article a été rédigé grâce aux documents suivants:

- notes de Jean-Baptiste PAOLI et du Père DOAZAN

- "La Corse" 20/12/1989

- "Tempi fà, Arts et traditions populaires de Corse" par Pierre-Jean LUCCIONI, Albiana, 2007

- "Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, Albin Michel, 1997

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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 18:00

A priori, Poggiolo n'a jamais eu beaucoup de relations commerciales, familiales ou politiques avec Calenzana. Aucune famille d'une de ces localités n'est venue s'installer dans l'autre.

Il existe pourtant un point commun du point de vue religieux:

 

le culte rendu à sainte Restitute.

 

Cette sainte est une sainte née en Corse et qui fut martyrisée pour sa foi sous l'empire romain. Tuée à Calvi après un long supplice avec cinq autres chrétiens, elle fut, après diverses péripéties, enterrée avec ses compagnons à Calenzana où sa tombe se trouve toujours. 

Les détails de sa vie, extraits de "Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri, se trouvent en fin de cet article.

Sainte Restitute est fêtée le 21 mai par les habitants de Calenzana.

 

 

affiche de la fête de sainte Restitute en 2017 à Calenzana.

affiche de la fête de sainte Restitute en 2017 à Calenzana.

En 1729, elle fut nommée seconde patronne du diocèse de Sagone (le patron en est saint Appien à qui est dédiée la cathédrale de Sagone). Il n'est donc pas étonnant de trouver des restes de dévotion dans des églises de cet ancien diocèse.

A Poggiolo, l'église Saint Siméon contient près d'une vingtaine de statues. Celle de sainte Restitute se trouve dans la chapelle de droite la plus proche du chœur, tout près de la représentation de Jeanne d'Arc. La sainte corse est représentée en prière, agenouillée, alors que la statue de Calenzana la montre debout.

Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana
Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana

Cette statue n'a pas été placée pour faire simplement de la décoration. La preuve est fournie par la présence sur le mur d'une plaque en marbre (ou en stuc) avec l'inscription:

 

DON  

DE RECONNAISSANCE

A STE. RESTITUDE

M. M.

1925

Solution à la devinette du mois: Poggiolo et Calenzana

 

Cette plaque soulève deux questions.

Tout d'abord, à qui est-elle vraiment dédiée? Il est écrit Restitude et non pas Restitute. Il existe bien deux saintes appelées Restitude mais elles sont très peu connues et n'ont aucun rapport avec la Corse. On peut donc supposer que le graveur du texte a commis une faute d'orthographe.

L'autre interrogation est de savoir qu'elle est la personne qui a remercié la sainte pour son aide. Les deux initiales M. M. laissent supposer qu'il s'agit d'un membre de la famille Martini mais les prénoms commençant par M ont été portés par de très nombreuses personnes autrefois.

En tout cas, en 1925, un culte était bien rendu à sainte Restitute. Cet ex-voto en montre d'autant plus l'importance que les murs de l'église de Poggiolo ne comportent au total que six plaques de dévotions diverses. Un autre article en parlera.

Une troisième question peut être posée: actuellement, combien des saints présents à Saint Siméon sont-ils encore priés? 

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Rappel de la vie et du martyre de Sainte Restitute

Santa Ristituta. L'Eglise corse célèbre aujourd'hui la fête d'une sainte très populaire dans l'lIe: santa Ristituta di Calinzana (sainte Restitute de Calenzana). La vie de santa Ristituta est assez obscure: certains hagiographes situent son martyre en l'an 225; les autres, en 303. Née en Corse, sainte Restitute était la petite-fille d'un ex-centurion de la flotte prétorienne de Ravenne, nommé Caïus Caninus Germanus, qui vint s'établir à Lurinum, en Balagne. Il commandait là une cohorte recrutée dans la région d'Ulmia après avoir obtenu une concession territoriale. Ristituta naquit donc dans une famille païenne et se convertit au christianisme lorsqu'elle fut jeune fille. Très vite, elle fut dénoncée à Pyrrhus, le préfet de Corse et de Sardaigne.
La cruauté de ce chrétien apostat fut sans limite pour tenter de faire renoncer la jeune fille à sa foi. D’abord battue avec des nerfs de bœuf, puis lapidée, Ristituta fut jetée dans un brasier mais ne brûla pas. Elle survécut encore miraculeusement à toute succession de supplices: sa chair fut d'abord labourée avec des peignes de fer; du lait et non du sang suinta de ses plaies, prodige qui provoqua la conversion d'un certain nombre de soldats. On voulut ensuite la noyer en mer, mais elle fut sauvée par un morceau de liège qui la ramena vivante sur le rivage, tandis que ceux qui cherchèrent à l'immerger, périrent noyés. Confrontée de nouveau au préfet, santa Ristituta le traita de renégat. Ses bourreaux eurent finalement raison de sa vie en lui tranchant la tête; cela se passait à Calvi, un 21 mai. Elle mourut en même temps que cinq autres martyrs: Parthée, Parthénopée, Pargoire, Domnisius et Veranus. D'après la légende, les six martyrs se relevèrent, ramassèrent chacun leur tête et parcoururent ainsi environ quatre kilomètres pour aller la déposer en un lieu appelé Mara (proche de Sainte-Catherine). Dans la nuit qui suivit, des chrétiens vinrent ramasser leurs corps pour les ensevelir à Ulmia, au lieu-dit Loru. Là, on y bâtit un petit mausolée, et plus tard, une église.
L’histoire des reliques de santa Ristituta fut pour le moins extravagante, et les Calzaninchi (habitants de Calenzana) ont bien mérité de les conserver après s'être battus pendant des siècles pour les récupérer et les protéger. Après la conversion de Constantin au IVe siècle, selon les uns, mais au VIe siècle selon les autres, les reliques des six martyrs furent placées dans un sarcophage. La tradition locale donne ensuite différentes versions détailIant les translations de ces reliques au cours des nombreuses invasions qui se succédèrent dans le pays. Quoi qu'il en fût, les reliques égarées furent un beau jour retrouvées sur la plage de Calvi.

"Corse, Almanach de la mémoire et des coutumes" par Claire Tiévant et Lucie Desideri

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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 18:16

Depuis le 1er janvier 2017, les cigarettes sont vendues dans des emballages neutres, tous semblables, avec des photos horribles et des textes de mise en garde, alors que les noms des marques sont écrits en tout petit, tout cela dans le but d'inciter les fumeurs à réduire leur consommation.  

Il n'est donc absolument pas imaginable de voir des paquets décorés par des photos de Poggiolo ou de Guagno-les-Bains.

Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo

Pourtant, au XIXème siècle et au début du XXème, de tels paquets auraient pu exister. Le village avait alors une richesse qui est maintenant totalement oubliée mais qui assura de bons compléments de revenus:

 

L'ERBA CORSA

 

ou, si vous préférez, 

 

LE TABAC.

 

La culture du tabac a été introduite en Corse depuis l'Italie du Nord dès la fin du XVIème siècle. La production et la vente en étaient libres sous les Génois.

Même après avoir instauré en 1810 le monopole de l'Etat sur les tabacs, Napoléon Ier, pour ne pas ruiner les paysans insulaires, accorda aux Corses le privilège de planter et de vendre librement l'herbe à Nicot.

Dans les villages, on cultivait la nicotiana rustica, appelée l'erba corsa, pour la consommation locale.

La plante était souvent semée en avril dans les enclos à bétail momentanément abandonnés. Elle profitait du fumier qui avait engraissé la terre et la récolte avait lieu en août. Puis, les feuilles étaient séchées à l'air libre.

Le détail de toutes ces opérations se trouve dans l'article "La culture du tabac en Corse" de Cyprien GABRIEL (Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 1922).

Plant de tabac sauvage à Lopigna (photo Pipe club de Corse http://pipeclubdecorse.e-monsite.com)

Plant de tabac sauvage à Lopigna (photo Pipe club de Corse http://pipeclubdecorse.e-monsite.com)

Au milieu du XIXème siècle, des variétés plus élaborées furent implantées près de Corte, d'Ajaccio (à Campo dell'Oro) et de Cargese. En 1925, la production corse atteignit 400 tonnes, dont 20 à Cargese.

Liste des planteurs corses aidés par le conseil général en 1930 (photo Pierre-Jean Luccioni)

Liste des planteurs corses aidés par le conseil général en 1930 (photo Pierre-Jean Luccioni)

Les feuilles ramassées étaient vendues aux industriels comme Henri ALBAN. Déjà propriétaire d'une usine de tabac à Bône, ALBAN fonda en 1913, au 89 du cours Napoléon, la manufacture d'Ajaccio célèbre par sa façade de style néo-mauresque décorée de mosaïques, classée depuis 1992 comme monument historique.

Concurrencé par l'usine Job-Bastos de Toga près de Bastia, l'établissement ferma en 1940.

 

photo msoldi1 (https://www.flickr.com)

photo msoldi1 (https://www.flickr.com)

Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo

Pendant la seconde guerre mondiale, la production recula pour faire place aux cultures vivrières. Malgré un rebond après 1945, le tabac corse cessa peu à peu d'être cultivé et disparut entre 1950 et 1970.

 

Certains Poggiolais se souviennent encore d'avoir goûté cette "herbe" au goût particulièrement âpre et fort.

Les animateurs de l'excellente série documentaire "Fora di strada", diffusée le samedi sur Via Stella, ont évoqué cette production dans l'épisode sur les "Lacs des cimes". Paul, allongé sur les bords du lac de Creno, suçote une tige de nénuphar, fleur qui est une des particularités de ce lieu, et il explique à Karine ce qu'était ce tabac corse.

Veillez à augmenter le volume sonore car le son est un peu faible.

Les anciens fumaient l'erba corsa comme tabac à pipe. Ils la chiquaient parfois.

Le tabac était conservé dans dans des zani ou zanetti, petites bourses en peau de chat.

Pour l'allumer, on se servait de l'amadou, matière inflammable extraite de l'amadouvier (u pane d'esca), champignon parasite des arbres.

Photo extraite de http://pipeclubdecorse.e-monsite.com/

Photo extraite de http://pipeclubdecorse.e-monsite.com/

Poggiolo et Soccia (où cette culture est avérée dès avant 1850) produisaient suffisamment de tabac pour la consommation des villageois et dégageaient même un excédent qui était écoulé surtout dans le Niolu en échange notamment de fromages. Les Poggiolais manquaient de produits laitiers car ils étaient plus cultivateurs qu'éleveurs. Mais leur "erba", dont la qualité était assez réputée, permettait au village de retirer un bénéfice appréciable.

Cette richesse a été complètement abandonnée et son existence disparaît rapidement des mémoires.

Maintenant, pour s'enfumer les poumons, il n'est plus possible d'utiliser du tabac autochtone.

Le tabac, richesse oubliée de Poggiolo

Documents utilisés:

- Jean COPPOLANI: "Cargèse. Essai sur la géographie humaine d'un village corse" (1949)

- Cyprien GABRIEL: "La culture du tabac en Corse" (Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, 1922)

- Pierre-Jean LUCCIONI: "Tempi fà, arts et traditions populaires de Corse" (ed. Albiana, 2007)

- Jean-Baptiste PAOLI: "Histoire d'un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud"

- site du Pipe Club de Corse: http://pipeclubdecorse.e-monsite.com/

 

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19 mai 2017 5 19 /05 /mai /2017 17:42

L'article précédent a présenté le site et la page Facebook de l'hôtel-restaurant des Deux-Sorru.

Il faut y ajouter trois vidéos mises en ligne très récemment. Elles montrent l'environnement de l'auberge.

Ces quelques belles images de la nature et de nos villages permettent de s'abstraire un peu du tintamarre politique actuel.

Première vidéo sur "Le lac de Crena depuis Orto".

Ensuite, "Le hameau de Muna".

Et enfin, "La vallée du Fiume Grosso".

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 18:05

Damaso MAESTRACCI n'a pas laissé des œuvres dans les Deux Sorru seulement à Poggiolo et à Vico.

A Orto, il a réalisé également le portrait en platre d'André BATTESTI, arrière-grand-père de Jean-Luc qui a eu la gentillesse d'en envoyer la photo au blog des Poggiolais.

Maestracci est passé à Orto

La signature est bien semblable à celle qui orne le Christ noir de l'église Saint Siméon de Poggiolo.

Maestracci est passé à Orto

La date de 1938 correspond également à la période (1938-1941) à laquelle l'artiste a réalisé les peintures et sculptures évoquées dans l'article précédent.

 

Merci encore à Jean-Luc.

 

Mais certains d'entre vous n'auraient-ils pas quelques trésors ou curiosités artistiques liés à nos villages?

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 17:47

La devinette du mois portait sur l'aspect physique de Jésus et plus précisément sur sa couleur de peau.

 

A Poggiolo, il existe un élément important concernant le possible aspect physique du Christ. 

En entrant dans l'église Saint Siméon, la première chapelle de droite abrite une peinture à huile sur bois de grandes dimensions. Elle représente une descente de croix ou plus exactement la déposition du Christ.

 

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Le corps supplicié posé sur le sol a bien la peau noire tout en étant de type européen. Ce noir, ou plutôt ce gris très foncé, renforce l'impression que la vie est partie et que la pourriture commence.

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Sept autres personnages sont sur ce tableau, quatre femmes et trois hommes. Aucun n'est noir. Selon la tradition, les hommes sont Joseph d'Arimathie et Nicodème qui sont debout et l'apôtre Jean qui tient le cadavre par les épaules.

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Parmi les femmes, Marie, la tête nimbée, a les mains jointes près de son fils. La femme dont on ne voit pratiquement que l'abondante chevelure est Marie-Madeleine. Ses cheveux sont dénoués en signe de repentir de la pécheresse. Les deux autres devraient être Marie Salomé, mère de Jean, et Marie Jacobé, mère de Jacques.

 

 Cette peinture très originale est signée, datée et même localisée par une inscription visible dans le coin inférieur droit:

D. Maestracci

Occhiatana 1939

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

 

Ce tableau a été installé dans l'église paroissiale de Poggiolo peu de temps avant la déclaration de guerre de 1939. Il avait été peint à Occhiatana, en Balagne, près de L'Ile-Rousse, village où vivait le peintre Damaso MAESTRACCI.

 

Damaso MAESTRACCI naquit à Occhiatana en 1888 et y décéda en 1976,

Après avoir participé à la Grande Guerre, il s'inscrivit en 1921 aux Beaux-Arts de Marseille et en obtint le premier prix. Comme l'écrit Julia TRISTANI,

"il présente un profil d'artiste-artisan unique en Corse. Il est le premier sculpteur à introduire et à multiplier dans l'île des œuvres réalisées en plâtre, en ciment, voire en béton armé, reproduisant les techniques des rocailleurs de Provence qu'il côtoie à Bargemon, dans le Var, d'où est originaire son épouse (Apollonie)" ("Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes", page 573).

Il était donc beaucoup plus sculpteur que peintre.

 

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Quand il se retira dans son village natal, il dirigea un atelier de statues et de bas-reliefs religieux, véritable entreprise dénommée "L'art religieux".

MAESTRACCI fit partie du grand mouvement de renaissance artistique que connut la Corse entre les deux guerres mondiales et qui fut illustré par la revue "A Muvra". Il fit paraître de nombreux placards publicitaires dans cette revue. Par contre, au contraire de certains rédacteurs de celle-ci, il ne fut pas tenté par l'irrédentisme italien, tout en étant un fervent partisan du régime de Vichy.

Sa notoriété était grande et il n'hésitait pas à répondre à de nombreuses commandes publiques et privées. Ses productions se trouvent dans toute la Corse, comme le montre cette carte:

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir

Les détails sont disponibles en cliquant ici.

 

L'article de Julia TRISTANI cité plus haut donne la liste des réalisations de Damaso MAESTRACCI à Vico:

 

- statue de la Vierge de Lourdes (couvent)

- statue du Père ALBINI (au couvent)

- Ste Thérèse d'Avila (bas-relief installé dans l'église paroissiale en 1939)

- chemin de croix (église paroissiale Ste Marie), bas-relief monumental béni en 1941 et enlevé dans les années 1980 à cause de la dégradation du plâtre

- reproduction de la grotte de Notre-Dame de Lourdes, installée près du couvent St François en 1938

Photo CTC

Photo CTC

- tombeau du chanoine FRANCHI (cimetière communal)

Photo CTC

Photo CTC

- vase décoratif à l'entrée du cimetière

 

Photo CTC

Photo CTC

- buste en bronze de l'ancien maire François PADRONA, mort en 1938; réquisitionné et fondu par l'armée italienne en 1942, il en reste toujours la base sur la place PADRONA.

Photo CTC

Photo CTC

Il faut y ajouter, tout près de Vico, le chemin de croix de l'église d'Arbori et, bien sûr, le tableau de Poggiolo

Les réalisations effectuées dans les Deux Sorru datent des années 1938 à 1941, créneau dans lequel s'insère parfaitement le tableau de St Siméon.

 

Poggiolo a donc la double particularité de posséder une des rares peintures de Damaso MAESTRACCI et, surtout, de montrer que le Christ était noir.

 

Une vidéo:

une conférence de Julia TRISTANI sur le sculpteur MAESTRACCI est disponible sur le site de TéléPaese en cliquant ICI.

 

Lectures conseillées:

"La commande publique et religieuse au sculpteur Damaso Maestracci: le cas de Vico" ("Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes", pages 572 à 576, ed. Alain Piazzola)

"La maison du sculpteur corse Damaso Maestracci, entre lieu de mémoire et demeure d’artiste", article disponible sur internet: https://insitu.revues.org/13438

"Les rocailles, une architecture oubliée", excellente présentation des rocailles de Marseille et notamment du quartier du Roucas-Blanc, par Yves GAUTHEY (ed. Mémoires millénaires)

Solution à la devinette du mois: pour les Poggiolais, le Christ était noir
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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 18:00
La devinette du mois: le Christ était noir

Une des grandes énigmes historiques est l'aspect physique de Jésus.

Les Evangiles, ni aucun texte contemporain de sa vie, ne donnent le moindre renseignement sur la taille, la robustesse, la couleur des yeux ou des cheveux du Christ. Le physique d'un homme de type européen avec une petite barbe a été adopté au cours du Moyen Age et a été diffusé sur tous les continents, mais avec beaucoup d'adaptations locales. De nombreuses autres théories furent énoncées, y compris, au XXème siècle, celle d'un Christ noir dont Martin Luther King aurait été partisan.

Cette dernière idée semble avoir été adoptée à Poggiolo.

 

Devinette du mois:

Pourquoi les Poggiolais savent-ils que Jésus était noir?

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 18:00

Grâce à un tableau représentant une ruelle de Poggiolo, il a été possible d'apprendre qu'il avait existé un café, maintenant complètement oublié (voir l'article "Le café de la ruelle derrière St Roch").

Il existe aussi dans le village un café caché. Ce débit de boissons est resté dans les mémoires car il a fermé plus récemment. Il se trouvait devant la chapelle Saint Roch. C'était le bar de Jean-Marie ORAZY.

Jean-Marie en 1977.

Jean-Marie en 1977.

Il n'avait pas de nom officiel mais cet endroit était parfois surnommé "le bar des hommes". Il y régnait une ambiance très corsiste avec un large emploi  de la lingua nustrale et des bruyantes conversations dans lesquelles les récits de chasse dominaient. Les soirées se terminaient souvent par des chants.

 

Pourquoi écrire qu'il s'agit d'un "café caché"?

D'abord, parce que rien ne permet de reconnaître son existence depuis la rue. La porte n'a aucune inscription, aucun vestige d'enseigne ou d'écriteau.

Après le café oublié, le café caché

Mais, une fois à l'intérieur, on se retrouve dans une salle de bar où le temps semble s'être arrêté. Les chaises sont bien rangées autour des tables en bois. Le petit comptoir est toujours intact, au fond, avec les verres et les bouteilles, sur des étagères, comme si tout était prêt à reprendre vie trente-quatre ans après sa fermeture. 

Après le café oublié, le café caché

Depuis le décès de Jean-Marie, le Belvédère reste le seul bar du village à exister et à maintenir l'esprit traditionnel.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 17:59

Des peintres ont réalisé des tableaux des rues de Poggiolo comme ceux qui ont été montrés dans les articles "une rue de Poggiolo" et "Le café de la ruelle derrière St Roch".

Mais ces lieux ont été également immortalisés par le crayon ou le fusain de dessinateurs.

Philippe PRINCE doit être vivement remercié pour avoir envoyé au blog le dessin suivant, malheureusement sans date et avec une signature illisible.

 
Un dessin de la stretta

Sans aucune difficulté, tout Poggiolais peut reconnaître le morceau de la rue principale, la Stretta, entre la chapelle St Roch et la Teghia. Nous voyons l'avant de la chapelle et non son arrière comme dans les deux tableaux mentionnés au début de l'article.

Deux personnages masculins, à la tête couverte, sont dessinés en train de discuter près de la porte du lieu de culte, ainsi que deux petits ânes, plus bas, devant le chemin qui, à gauche, descend à la maison FRANCESCHETTI.

La chaussée est empierrée, comme les deux tableaux déjà montrés, ce qui prouve que l’œuvre date d’avant le bitumage qui a été réalisé entre 1963 et 1966.

Ce dessin ressemble beaucoup à une photo de 1936 prêtée par Marie-Thérèse MARTINI-LECCIA et qui a été publiée dans l’article "Les changements de la stretta" pour être comparée à la situation du XXIème siècle:

 
Un dessin de la stretta

Quelques différences peuvent être notées:

Le dessin rapetisse fortement la hauteur de la chapelle mais élargit la dimension de la Stretta; il manque une porte à la maison de gauche.

 

De ces images, l’impression qui se dégage est celle d’une vie villageoise qui se déroulait tranquillement.

 

Pour avoir une image plus récente et plus animée du même endroit, voici une photo du début de la procession du 16 août 2001, pour saint Roch. Marie-Ange PAOLI conduit des enfants qui, depuis seize ans, ont certainement bien changé. Pouvez-vous les identifier?

On peut reconnaître facilement le Père BONNAFOUX, actuel supérieur du couvent de Vico, et Philippe DUBREUIL comme porte-croix.

 

 

 
Un dessin de la stretta
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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
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Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

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Le calendrier poggiolais

 

 

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Vacances de la Toussaint:

du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026

Vacances de Noël:

du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027

Début janvier 2027:

Assemblée générale du Comité des Fêtes.

Vacances d'hiver:

du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027

Vacances de Pâques:

du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027

Vacances d'été:

à partir du samedi 3 juillet

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

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Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.