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Les personnes qui sont à Ajaccio au moment de Noël sont privilégiées car elle peuvent admirer la crèche installée par les agents municipaux dans le hall de la mairie.
D'une très grande qualité artistique, cette crèche met en scène la société corse. Comme l'écrit Isabelle LUCCIONI dans "Corse-Matin" de mardi 19 décembre:
"On y découvre des bergers et des citadins, un torrent de montagne qui arrive à la plaine, des maisons traditionnelles, perchées sur des collines. Mais aussi un port de pêche aux eaux turquoise où sont "amarrées " des reproductions de pointus...
La figuration de la Nativité est présente, au milieu de scènes de la vie quotidienne qui renvoient à une forme de nostalgie. Celle d'une cité qui n'était encore que le point de convergence des campagnes alentour, où la vie s'écoulait sur un rythme bien plus lent."
La vidéo proposée à la fin de notre article donne un bel aperçu de la crèche ajaccienne.
Cette crèche a une autre particularité: elle est une des rares de France à se trouver dans un local municipal. Alors que des polémiques ont lieu dans certaines communes, Ajaccio n'en a pas connues, même pendant la municipalité de gauche qui a précédé l'actuelle. Depuis plus de trente ans, cette crèche existe et s'améliore (cette année, pour la première fois, certains santons sont animés).
Le maire, Laurent MARCANGELI, s'était farouchement opposé, en 2015, au laïciste Michel BAROIN, qui, au nom de l'association des maires de France, avait demandé le bannissement de tout symbole religieux des bâtiments publics. Il avait alors déclaré:
"Si nous confondons laïcisme et laïcité, nous tendrons vers une sorte de neutralité qui cèdera une place privilégiée aux extrémismes religieux et de tous bords, plutôt que de favoriser le vivre-ensemble dans le respect des traditions individuelles. Cela reviendrait à renier les fondements de notre république et de notre histoire et je ne peux m’y résoudre."
Laurent MARCANGELI y revient dans "Corse-Matin" en déclarant qu'il est pour une "laïcité raisonnable et raisonnée."
"Les pouvoirs publics doivent être présents et porter un regard intelligent sur le fait religieux. Par exemple, l'hôpital d'Ajaccio s'appelle Notre Dame de la Miséricorde, dans le hall d'entrée, il y a une statue de la Madonnuccia. Tout le monde passe devant. On y croit ou pas, chacun est libre. Mais je suis certain que les Ajacciens seraient mécontents si on nous obligeait à l'enlever".
La journaliste donne d'autres exemples:
La crèche "fait partie du patrimoine de la ville, comme la fête de la Madonnucia le 18 mars où se pressent les élus de tous les bords. Ou celle du 15 août qui célèbre à la fois l'Assomption et la naissance de Napoléon Ier. Une dimension culturelle bien plus que cultuelle dans une ville où le profane et le sacré s'entremêlent sans cesse."
Et de conclure:
"Est-ce totalement étonnant dans une île où on traduit "un cristianu" par "un être humain"?"
La devinette du mois demandait où l'on peut trouver sept espèces végétales (aulne glutineux, châtaignier, chêne blanc, chêne vert, ciste, frêne orne et olivier).
En fait, ces éléments forment une grande partie de la végétation du canton et on peut les voir à peu près partout. Mais un endroit a été aménagé pour bien mettre en valeur notre nature.
C'est:
sur le sentier d'interprétation de LETIA
Le sentier d'interprétation de Letia avait été présenté dans un article publié le 14 octobre dernier (S'instruire sur la Corse en marchant).
Ce circuit, dénommé "Dà u castagnu à l'alivu", a été aménagé afin de "permettre la découverte des richesses naturelles et culturelles d'une région méconnue". Quinze lutrins placés par le Parc Naturel Régional de Corse entre les hameaux de San Roccu et de San Martinu expliquent flore, paysages, pratiques agricoles et vie au village de Letia mais les renseignements sont tout à fait transposables à tous les villages du canton.
Toutes ces photos peuvent être agrandies par un simple clic.
Quatre panneaux avaient été montrés dans l'article précédent. Grâce à Joël CALDERONI, qui est revenu sur les lieux le 23 octobre, nous pouvons publier la quasi-totalité de ce circuit (il manque seulement l'étape numéro 3). Les renseignements en sont plus fiables que ce qui peut être lu sur les panneaux posés à Soccia par le département (voir l'article "Une énorme erreur à Soccia").
L'itinéraire débute à Letia San Roccu et suit l'ordre des numéros tels qu'ils sont indiqués sur le panneau d'introduction, lequel est accompagné d'un texte présentant la situation du village et sa première apparition dans l'histoire de la Corse, au XIIIème siècle.
Le plan du cheminement est imprimé sur le dépliant disponible, entre autres, à l'office de tourisme de Sagone et à la Casa di u mele de Murzo.
Panneau numéro 1: l'Acqua
Au passage d'un pont, rappel des efforts séculaires entrepris pour domestiquer l'eau.
Panneau numéro 2: San Roccu
description du village, de son plan, de la forme des maisons et des matériaux utilisés.
Panneau numéro 3: u Grataghju
Photo absente. Le panneau est consacré au séchoir à châtaignes.
Panneau numéro 4: u Castagnu
L'importance de "l'arbre à pain" qu'était le châtaignier.
Panneau numéro 5: u Quarciu (le chêne blanc)
Un arbre qui avait de multiples utilisations.
Panneau numéro 6: e Croce
Les croix sont le symbole de la présence d'une communauté chrétienne, protègent les voyageurs, sont des lieux de pèlerinage et des points de repère. Un village corse ne peut se concevoir sans croix.
Panneau numéro 7: i Muchji
Le ciste, arbrisseau abondant dans le maquis.
Panneau numéro 8: u Frassu
le frêne orne, autrefois utilisé pour fabriquer des outils.
(à suivre)
Le village de Guagno est placé sous la protection de saint Nicolas. Son église, construite en 1582, a été agrandie en 1883 et en 1902. Elle serait une des plus grandes de Corse. Elle contient bien sûr, une statue du saint qui est portée en procession le 6 décembre, jour de la Saint Nicolas.
Cette année, la fête aura lieu dimanche 10 décembre à 11 heures.
Le calendrier des autres cérémonies religieuses dans notre canton se trouve à la fin de cet article.
Pour le moment, nous vous proposons quelques photos inédites de la saint Nicolas 2003 (images Jean-Martin Franceschetti).
Pour que les traditions ne se perdent pas, la population de Murzu a tenu cette année à partager un grand moment de convivialité et de transmission pour la nuit du 1er novembre.
«Le Journal de la Corse» du 10 novembre consacre une page à cette fête.
Pour l’association «Saint Laurent», qui organise aussi «u mele in festa», la tradition des morts ne consiste pas simplement à fleurir le cimetière.
400 bastelle furent confectionnées dans la journée et dégustées le soir avec du vin chaud sur la place de l’église où un grand feu fut allumée.
Avustinu MASSEY, le dernier sonneur de cloches de Murzu, en profita pour donner quelques leçons dans le clocher.
Cette fête dans laquelle religion et paganisme vont «manu in manu» est, comme l’écrit le journal, une façon de garder «e tradizione antiche chi sveglienu l’estru di i nostri paesi».
Dommage que tous les villages du canton n’aient pas pu organiser une telle soirée!
La situation actuelle et l'avenir de l'établissement thermal de Guagno-les-Bains sont des questions qui touchent fortement les lecteurs du blog des Poggiolais.
L'article "Visite des thermes endormis" a provoqué plusieurs réactions chez nos lecteurs. Elles sont visibles sous forme de commentaires à la fin de l'article en question.
Nous vous engageons à les lire et à participer au débat.
En ce 2 novembre, jour consacré aux défunts par l'Eglise, cette photo d'obsèques est tout à fait à sa place.
Elle montre une douzaine d'hommes (pas de femme visible) dont quatre portent un cercueil sans couvercle et dans lequel se trouve un mort que l'on devine difficilement.
Le lieu est facilement identifiable: le cortège traverse la route devant la maison Ceccaldi, que l'on reconnaît facilement à droite avec ses deux balcons superposés, pour vraisemblablement gravir la Stretta vers l'église Saint Siméon et le cimetière.
Mais cette scène est quasiment hors-la-loi. En effet, il est interdit de sortir un cercueil sans couvercle.
"Dans tous les cas, le corps d'une personne décédée est obligatoirement mis en bière (article R2213-15 du Code Général des Collectivités territoriales) et, il n'est admis en principe, qu'un seul corps dans chaque cercueil. Cependant, l'article R2213-16 du même code autorise deux exceptions, à savoir que peuvent être placés dans un même cercueil, les corps de plusieurs enfants mort-nés de la même mère ou ceux d' un ou plusieurs enfants mort-nés et de leur mère.
L'obligation de la mise en bière interdit en France la pratique encore en vigueur dans certains pays, qui consiste à inhumer un corps simplement revêtu d'un suaire.
De la même manière, les funérailles ne peuvent avoir lieu qu'après la mise en bière du corps, en sorte qu'il n'est pas possible que le défunt soit porté visage découvert à l'église ou au cimetière."
(renseignements trouvés sur le site juritravail.com)
Cette scène est donc en principe illégale. Elle est également paradoxale, paradoxale quand on sait que le défunt a été chargé d'appliquer la loi en tant que maire. Il se nommait Jean "Noël" CECCALDI et présida le conseil municipal de Poggiolo entre 1894 et 1901.
Il était surtout connu par son surnom de "Barretta Vechja".
Il est né le 24 juillet 1850 et décéda le 17 décembre 1925. Donc, la photo a été prise un ou quelques jours après cette date.
Ce qui est encore plus paradoxal est le fait que, au moment des obsèques, le maire était le fils de Noël, Jean François (1876-1968), qui avait dans ses attributions l'observation de la légalité. Il a laissé promener le corps sans couvercle.
Jean François CECCALDI garde toujours le record de longévité à la mairie qu'il dirigea de 1919 à 1941 et de 1943 à 1959.
L'autre fils de Noël, Jean Martin (1883-1918), eut comme enfant Antoine, surnommé "Bébé", qui naquit en 1912 et disparut avec la Caravelle Ajaccio-Nice le 11 septembre 1968. Antoine était le père de Martine et Jeanne, maintenant épouse GRIMALDI.
NOTE SUR UN DES PORTEURS DU CERCUEIL:
Le porteur qui est à droite de la photo et qui tient sa casquette de la main gauche est Félix-Antoine DESANTI (1886-1972). Certains Poggiolais s'en souviennent encore. Il était marié à sa cousine Marie (1892-1979) et certains enfants de la famille le surnommaient "Tonton Pipe".
Pour les bergers de Soccia et de nombreux autres villages corses, la date de la Toussaint était particulièrement importante. Les traditions de ce jour-là sont rappelées par Lucien COLONNA, de Partinellu, et Marius MANENTI, de Soccia, dans "Usi sacri è prufani" (tome 1 de "Pastore di Corsica") par Pierre-Jean LUCCIONI et Philippe WALTER (éditions Alain Piazzola, 2016). Nous en recopions la page 171.
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À Soccia, le jour de la Toussaint, la plus belle bête d'un troupeau était sacrifiée et vendue au profit de l'église du village.
À Partinellu ou à Soccia, le jour de la Toussaint, on entaillait l'oreille d'un bouc ou d'un bélier castré qui était offert à l'église de la paroisse. Une marque spécifique mozzu à e duie arechje (entaillé aux deux oreilles) permettait de l'identifier. On disait de cette bête hè mozza à i Santi (elle a été marquée à la Toussaint). À partir du moment où il était signé, l'animal n'appartenait plus au berger, même s'il restait dans son troupeau. Ces mâles castrés, qui étaient considérés comme des bêtes sacrées, étaient sacrifiés le 13 juin, jour di Sant'Antone et la viande était vendue au profit de l'église di Partinellu.
Colonna Lucien (Partinellu) :
Au début du siècle, mon grand-père, qui était berger, avait signé un bélier le jour de la Toussaint pour l'offrir à l'église du village, le jour di Sant' Antone. Un berger miséreux, avait volé et mangé ce bélier, pensant qu'il n'appartenait plus à personne. Ce geste a été considéré comme un sacrilège par mon grand père qui a préféré ne rien dire au voleur. Quelques semaines plus tard, ce même berger a demandé à mon grand-père de lui prêter quelques béliers pour saillir ses brebis. Mon grand-père a accepté et lui a dit ceci : « je suis très mécontent de toi car tu as volé le bélier signé hè mozza à i Santi (marqué le jour de la Toussaint) réservé à Sant' Antone. Le berger a répondu « I Santi ùn manghjanu » (les Saints ne mangent pas !).
À la fin des saillies au mois de mai, le berger est parti en montagne avec son troupeau. L'herbe avait poussé en abondance. Au mois de septembre, il est revenu au village avec son troupeau bien nourri et en bonne santé. Le soir de son arrivée, il a parqué le troupeau dans l'enclos. Le lendemain plus de la moitié de ses brebis étaient mortes. Mon grand-père est allé voir le berger et lui a dit "avà, i Santi anu manghjatu" (Maintenant les saints ont mangé !).
Manenti Marius (Soccia):
Un mouton ou un bouc, de préférence la plus belle bête du troupeau, était signé a l'anime sante (les âmes saintes) le jour de la Toussaint. Le berger pratiquait une entaille particulière sur l'oreille spuntà l'orechja (écimer l'oreille) pour le reconnaitre et il disait à haute voix "questu sarà par l'anime sante" (ce mâle est pour les âmes saintes).
Au bout de quelques années il vendait l'animal et donnait l'argent au curé en lui demandant de dire des messes pour les gens pauvres. Ces animaux ne sont jamais morts prématurément, ils ont toujours vécu longtemps et ont toujours été bien vendus.
Les 1er et 2 novembre sont des moments importants pour les familles qui vont fêter l'ensemble des saints chrétiens (le 1er novembre ou Toussaint) et se souvenir de leurs morts (le 2 novembre ou jour des Trépassés ou des Défunts). Ces deux jours sont utilisés pour nettoyer les tombes et se souvenir des ancêtres de chaque famille.
Très souvent, les cérémonies religieuses regroupent maintenant les deux fêtes avec, en Corse, la bénédiction du cimetière qui est une cérémonie incontournable.
Calendrier 2017
Mercredi 1er novembre:
VICO: 11h messe de la Toussaint et bénédiction du cimetière
SOCCIA: 11h messe de la Toussaint et bénédiction du cimetière
ORTO: 15h messe de la Toussaint et bénédiction du cimetière
GUAGNO LES BAINS: 16h30 bénédiction du cimetière
Jeudi 2 novembre:
GUAGNO: 11h messe des Défunts et bénédiction du cimetière
POGGIOLO: 15h messe des Défunts et bénédiction du cimetière
MURZO: 16h30 bénédiction du cimetière
(d'après le site du couvent de Vico)
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Vacances de la Toussaint:
du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026
Vacances de Noël:
du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027
Début janvier 2027:
Assemblée générale du Comité des Fêtes.
Vacances d'hiver:
du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027
Vacances de Pâques:
du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027
Vacances d'été:
à partir du samedi 3 juillet
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L'album de photos des Poggiolais:
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