Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 19:05

Un préavis de grève a été déposé à la Poste d’Ajaccio car la direction refuse d’accorder les heures données traditionnellement aux salariés afin qu’ils puissent suivre les festivités de A Madunnuccia, ND de Miséricorde, patronne de la ville.

Au-delà des croyances religieuses personnelles, la décision de la direction de la Poste montre le peu d'importance accordé aux traditions locales par une administration désincarnée.

 

Voici le texte de l'article publié dans "Corse-Matin" aujourd'hui jeudi 14 mars.

photo Emilie Raguz

photo Emilie Raguz

A Madunnuccia, mère de miséricorde au coeur suave et si doux, n'invite pas toujours à la prière et à l'espérance. Au centre financier de La Poste, à Ajaccio, la sainte patronne de la ville d'Ajaccio fêtée le 18 mars ouvrirait même la possibilité d'une cessation du travail.

"Nous avons déposé un préavis de grève pour la journée du lundi 18 mars. Il concerne l'ensemble des métiers de La Poste, c'est-à-dire le courrier, le réseau et le centre financier de la région ajaccienne et du Valinco. Il fait écho à une seule revendication, la fête de la Miséricorde à Ajaccio et à Propriano", indiquent Laurent Torre, délégué STC La Poste de Corse-du-Sud et Roger Bianchini, délégué du personnel STC centre financier.

Du côté de la CGT, on a fait le choix de ne pas appeler à la grève pour le moment. On envisage de relancer les discussions. À ce stade, les modalités d'action divergent, mais les raisons du mécontentement sont identiques.

"La direction du centre financier refuse de nous accorder l'après-midi du 18 mars. Ce qui équivaudrait à une fermeture de l'établissement à 12 heures. Or, cette année, celle-ci est fixée à 16 heures", expliquent Christophe Chrétien - le bien nommé pour la circonstance -, secrétaire CGT et Patricia Curcio, membre du bureau du centre financier et membre fédéral CGT La Poste.

Ce faisant, la direction rompt avec les usages en vigueur. "De tout temps, nous avons bénéficié d'une demi-journée pour pouvoir profiter de la fête de la ville. Il est à la fois très important et très symbolique pour tous de participer à cette célébration qui n'est pas réductible à la procession", insiste Roger Bianchini. À la CGT, on pense aussi discrimination territoriale, "au-delà de toutes considérations religieuses", souligne Christophe Chrétien.

"Il faut savoir que des journées comparables existent ailleurs, par exemple le 26 décembre à Strasbourg, lors des fêtes de fin d'année à Lille et Dijon, ou à l'occasion du carnaval dans les Antilles."

Pour le STC comme pour la CGT, l'absence de dialogue social sur le sujet est un autre motif de colère. "Mardi, le personnel s'est réuni en assemblée générale et a demandé des explications à la direction qui n'a rien voulu écouter, affichant ainsi son mépris pour l'ensemble du personnel", déplore-t-on.

Aux yeux des représentants syndicaux, l'épisode "Madunnuccia" s'assimilerait encore à "la goutte qui fait déborder le vase".

"Le problème lié à cette journée est symptomatique des difficultés et de la souffrance que rencontrent les salariés au quotidien. A Madunnuccia s'inscrit dans le prolongement de trop nombreuses restructurations et transformations", détaille Patricia Curcio. Avant de plaider pour l'organisation d'un Grenelle de La Poste en Corse.

En attendant, "pour sortir de l'impasse, il n'y a qu'une seule décision à prendre : revenir sur la journée du 18 mars". Le message est transmis à la direction. À A Madunnuccia de faire le reste dans sa grande mansuétude.

Partager cet article
Repost0
13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 19:37
Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Parmi les jeunes qui tiennent à travailler dans les villages, une mention particulière doit être attribuée à Jean-Mathieu CORIERAS. Déjà cité parmi les charcutiers des Deux Sorru (voir l'article précédent), il est appelé "l'infatigable muletier-convoyeur" dans l'article qui lui est consacré par  Pascale CHAUVEAU dans "Corse-Matin" du 13 février.

 

Le blog des Poggiolais avait signalé le 2 septembre 2010 le succès de Jean-Mathieu, né le 17 septembre 1991, au brevet professionnel de tourisme équestre.

photo J-M Franceschetti, article du 2/9/2010

photo J-M Franceschetti, article du 2/9/2010

 

Le fils de Dominique est maintenant l'un des rares muletiers corses à pouvoir transporter des marchandises en montagne, là où l'hélicoptère est plus cher.

Lisez ci-dessous l'article de la correspondante des Deux Sorru, qui a été agrémenté de quelques photos issues de Facebook.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Le film L’enquête corse faisait dire à l’un des personnages: " Je connais tous les chemins de mon pays". Sans se vanter, Jean-Mathieu Corieras affirme, à l’identique, connaître tous les sentiers de l’île. Avec son père, qui possède des chevaux et des ânes, le jeune homme, âgé désormais de 27 ans, a commencé très jeune à sillonner la montagne et à se laisser griser par le sentiment de liberté que les espaces d’altitude procurent.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

 

Installé à son compte à Poggiolo, où il se consacre à la châtaigne et à l’élevage de cochons, Jean-Mathieu, titulaire de l’ATE (accompagnateur de tourisme équestre), ajoute une corde à son arc avec cette activité complémentaire. Très vite, la demande de transport de matériel s’avère supérieure au transport de personnes. Ils ne sont plus, en Corse, que quatre ou cinq muletiers à acheminer ainsi les marchandises en montagne, et ce, à bien moindre coût que ce que nécessite le recours à l’hélicoptère.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Les fournitures à transporter sont multiples: des sacs à dos convoyés de refuge en refuge, pour des randonneurs souhaitant faire le GR 20 plus légers, aux groupes électrogènes ou aux planches de coffrage destinées à la rénovation d’une bergerie, à Camputile. Ou encore du matériel de maçonnerie pour remettre en état une chapelle, comme cela a été récemment le cas au-dessus d’Aleria. Le Parc naturel fait souvent appel aux services de Jean-Mathieu Corieras, notamment pour livrer du ravitaillement.

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

 

Mais il arrive aussi que le muletier fasse office d’ambulancier, quand il prend en charge des randonneurs victimes d’une entorse. La demande la plus originale qui lui a été faite reste néanmoins, pour l’heure, le transport des zodiacs d’une équipe de géologues qui devaient carotter le fond du lac de Creno afin d’en étudier la sédimentation.

 

 

Jean-Mathieu le muletier poggiolais

Et quand on demande à Jean-Mathieu Corieras s’il utilise des cartes pour s’orienter dans les régions éloignées de chez lui, la réponse fuse: "Jamais de carte... Tu montes, tu trouves! s’exclame-t-il. Même s’il arrive que j’appelle, parfois, les gens du coin pour savoir si ça passe".

Jean-Mathieu le muletier poggiolais
Partager cet article
Repost0
11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 18:55

Le grand mérite des excellents articles de Pascale CHAUVEAU est de nous montrer des jeunes ont voulu vivre au pays et y travailler en continuant les traditions. Alors qu'il est facile de s'apitoyer sur la désertification de nos villages, la correspondante de "Corse-Matin" pour les Deux Sorru montre souvent des raisons d'espérer.

Ainsi, dimanche 3 février, elle a présenté trois jeunes de Poggiolo, Soccia et Orto qui entretiennent et renouvellent la charcuterie corse.

On charcute dans les Dui Sorru
 
Alerte rouge pour les cochons d'au moins 18 mois, pesant dans les 90 kg, menacés de finir en figatellu et saucisson... Dans chaque village, jusqu’en février, c'est l'époque où l'on charcute

Au siècle dernier, chaque famille élevait, tuait et charcutait ses propres cochons, et ceux qui n'en possédaient pas achetaient un cochon charcuté ou non", rappelle Philippe Pozzo di Borgo, 31 ans, éleveur à Soccia. Aujourd'hui, ils ne sont plus que quelques éleveurs dans les villages des Dui Sorru à perpétuer une tradition qui permet la production d'une charcuterie de qualité. C’est aussi le cas de Jean-Mathieu Corieras, à Poggiolo, âgé de 27 ans et installé depuis quatre ans.

Le premier a fait sa formation au lycée agricole de Borgo, le second à Corte, mais tous les deux s'accordent sur le fait que, même si les formations sont bonnes, la transmission orale est essentielle. "Le métier, on l'apprend chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu qui, après un stage chez les Rutily à Orto, puis chez Toto Canavelli, à Poggiolo, dont le père était boucher, a bénéficié d’un total de... 75 ans d'expérience.

 

"Le métier, on l'apprend d’abord chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu Corieras, âgé de 27 ans et installé à Poggiolo depuis quatre ans.

"Le métier, on l'apprend d’abord chez ceux qui savent faire", souligne Jean-Mathieu Corieras, âgé de 27 ans et installé à Poggiolo depuis quatre ans.

Pourtant, la façon de consommer est différente aujourd'hui. "Autrefois, on pouvait garder les saucissons d'une année sur l'autre. On fabriquait un figatellu spécial, de la taille d'un saucisson, qu'on mangeait le 15 août, rempli dans le tiraculu (le boyau du colon), tandis qu’à Noël on mangeait une mula", se souvient le père de Philippe. Il faut préciser qu'à l'époque la charcuterie était plus salée, pour être sûr de bien la conserver. "E meglio a stupa che a chjità! (il vaut mieux cracher que jeter!)", rappelle Pascal Rutily avec humour, en glissant ce proverbe qui sous-entend que nos anciens mangeaient trop salé... Progressivement, la dose de sel a été réduite de moitié.

Il y a 10 ans, il créait à Orto l'EARL San Liséu, pour perpétuer la tradition et répondre à une demande grandissante de charcuterie artisanale de qualité. Dans ce domaine, la production est vendue avant même d'être fabriquée. Nul besoin de publicité, le bouche à oreille suffit. D'une année sur l'autre, les villageois passent commande, des livraisons réalisées jusqu'à Ajaccio et de nombreux colis expédiés sur le continent pour ravitailler la diaspora en figatelli frais.

A Orto, Pascal Rutily a créé l'EARL San Liséu pour perpétuer la tradition et répondre à la demande croissante.

A Orto, Pascal Rutily a créé l'EARL San Liséu pour perpétuer la tradition et répondre à la demande croissante.

 

"E bonu è cio chi piacce"

Comme pour le brocciu ou le fromage, la dégustation de charcuterie artisanale amène toujours la même question: de qui elle est? On goûte, on compare, mais Philippe rappelle un autre proverbe: "e bonu è cio chi piacce (le meilleur c'est celui qui vous plait)". Certains amateurs ne lui achètent que le figatellu, d'autres que le saucisson. Chaque producteur a sa propre spécificité et les goûts varient aussi en fonction des régions : plus on va vers le Sud, plus la proportion de foie dans le figatellu est élevée, si bien que le figatellu de Bastelica, jugé trop fort en goût, déplaît fortement aux gens de Castagniccia...

 

Pour Philippe Pozzo di Borgo, de Soccia, comme pour les autres producteurs, le passage par l'abattoir garantit une qualité sanitaire et permet de travailler de suite un animal arrivant propre et froid.

Pour Philippe Pozzo di Borgo, de Soccia, comme pour les autres producteurs, le passage par l'abattoir garantit une qualité sanitaire et permet de travailler de suite un animal arrivant propre et froid.

Pour Philippe, Jean-Mathieu ou l'EARL San Liséu, un seul mot d'ordre : la qualité. Chacun élève ses propres cochons, majoritairement de race corse, ou en tous cas nés ici, et apporte un soin particulier à l'alimentation des bêtes en milieu naturel ou en enclos fermé. De bons mélanges de céréales, avec surtout de l'orge au moment de la finition, et pas trop de gras ni de cendres pour assurer la qualité de la chair figurent aussi parmi les éléments essentiels. Par ailleurs, malgré un léger surcoût, le passage obligatoire à l'abattoir leur garantit une qualité sanitaire, et permet de travailler de suite un animal qui arrive propre et froid.

Pourtant, "s’il faut de la charcuterie industrielle, précise Pascal Rutily, elle ne doit pas être vendue au même prix!". Son regret? Que trop peu de restaurateurs ou de commerçants jouent le jeu de la qualité. "Certains achètent un peu de charcuterie artisanale, mais ils vendent majoritairement de l'industrielle, relève-t-il. Or, s'il y avait plus de demandes, l'offre s'amplifierait. Surtout si les quelques producteurs que nous sommes dans le haut-canton se regroupaient, comme cela a été fait à Guitera chez Stéphane Paquet, où ils arrivent à produire 800 cochons de manière professionnelle mais traditionnelle néanmoins." L’idée est lancée...

 PASCALE CHAUVEAU

Partager cet article
Repost0
3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 18:00

Dans les Deux Sorru, en janvier, pour la fête de Saint Antoine, à qui est consacrée la chapelle de Guagno-les-Bains, des petits pains sont distribués aux fidèles.

 

Savez-vous qu'ils sont préparés par la famille Rutily d'Ortu?

 

Pascale CHAUVEAU l'a révélé dans l'article paru le 20 janvier dans "Corse-Matin".

C'est à Orto, dans la famille Rutily, qu'ont été fabriqués les petits pains distribués aux fidèles à l'issue de la cérémonie.

C'est à Orto, dans la famille Rutily, qu'ont été fabriqués les petits pains distribués aux fidèles à l'issue de la cérémonie.

 

Trois heures de travail ont été nécessaires pour pétrir, façonner et cuire 600 petits pains, selon un rituel qui se transmet de génération en génération. "Quand j'étais enfant, c'était Angilarella, assistée de Sauveur et Savetta, qui fabriquaient les petits pains de Saint-Antoine, se souviennent Pascal et Nicolas Rutily. Elle a donné la recette à notre mère, qui nous l'a transmise à son tour."

Transmission

Une recette qui semble pourtant d'une simplicité enfantine: une pâte pétrie avec de la farine et de l'eau, façonnée en petites boules, qui seront ensuite ébouillantées quelques minutes pour ne pas se casser au moment de cuire dans le four. Mais à Ortu la tradition veut que, dans la bassine où cuiront les pâtons, on dépose un morceau de verre blanc pour la pureté, une pomme qui représente l'origine du monde, de la cendre pour le foyer et, enfin, un épi de maïs pour l'abondance. Ces consignes sans plus d'explications sont les seules laissées par Angilarella. "Sa famille était très pieuse, précisent les deux frères. Et aussi étrange que cela puisse paraître, ici à Orto, on applique respectueusement ce procédé."

"À chaque région sa coutume", poursuit Nicolas, remarquant qu'en Balagne c'est à l'autre fête de Saint-Antoine, le 13 juin, que sont distribués les petits pains.

À l’issue de la messe, l'usage veut qu'on mange un petit pain béni pour se purifier, et chaque famille repart avec une poignée de pains qui resteront dans la maison ou dans la voiture pour les protéger.

"Les jours d'orage, les anciens mettaient un petit pain sur la fenêtre, avec de l'eau bénite, pour que la foudre épargne leur maison."

Depuis dix ans, les Rutily fabriquent chaque année les pains de Saint-Antoine distribués à la messe, mais depuis toujours, ils sont restés fidèles à toutes les traditions ancestrales.

"On ne lâche rien, conclut Pascal, les bastelle, les crucette, les cacavelli, le cochon... Notre prochain rendez-vous sera autour du feu du Jeudi Saint".

Partager cet article
Repost0
2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 12:25

Chacun connaît ces très petits pains durcis que l'on met souvent dans la boîte à gants de sa voiture ou dans certaines pièces de la maison. Ces pains de saint Antoine protègent des maladies et de tous les malheurs aussi bien les humains que les bêtes des troupeaux.

A l'origine, des boules de pain étaient distribuées aux pèlerins qui allaient prier saint Antoine abbé en janvier. Puis, une confusion s'est produite avec saint Antoine de Padoue qui est fêté en juin et les petits pains sont donnés lors des deux célébrations. 

La chapelle de Guagno-les-Bains est consacrée à saint Antoine abbé. Voir l'article: celebration-de-sant-antone-abbate

 

D'où, la question du mois:

 

Qui confectionne les petits pains

distribués dans les Deux Sorru?

 

Petits pains de saint Antoine (photo Ville d'Ajaccio)

Petits pains de saint Antoine (photo Ville d'Ajaccio)

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 18:14

Le mot est joli et peu connu du public: le gentilé.

Il s'agit de la dénomination des habitants d'un pays, d'une ville ou d'un village.

 

En Corse, sur les 360 communes, seulement 161 ont un gentilé français, révèle l'article de Ghilormu PADOVANI publié dans le "Settimana" du 11 janvier. La raison en est l'empirisme de la monarchie française:

"Après la conquête française et l'établissement du plan Terrier, organisant l'espace insulaire, la royauté a décidé de maintenir les toponymes toscans ou hérités directement du latin, comme Tox. De ce fait, il n'existe pas de nom de lieu français, en Corse."

Jean Chiorboli (photo extraite de son compte twitter)

Jean Chiorboli (photo extraite de son compte twitter)

 

En conséquence, dit le linguiste Jean CHIORBOLI (qui tient la rubrique "I vostri lochi" dans le supplément hebdomadaire de "Corse-Matin"),

"Tous les noms d'habitants de communes corses en français, comme Ajaccien, sont pure invention, pour coller à la langue française. Sur une base toscane ou corse, on est venu rajouter un suffixe français. Linguistiquement, il s'agit d'une forme artificielle dont certaines sont parvenues à s'imposer avec le temps et grâce à l'usage. Cette forme colle ou non mais personne ne peut empêcher qu'elle soit usitée si les principaux concernés l'emploient." 

 

L'article est illustré par un tableau donnant les communes avec un gentilé en langue corse et en français. Voici la partie concernant Poggiolo (Pighjolu) et ses voisines.

L'image peut être agrandie en cliquant sur elle.

L'image peut être agrandie en cliquant sur elle.

 

On peut remarquer que le gentilé Poggiolais devient Pughjulacci en corse, d'après ce schéma. Or, dans le langage courant, les habitants emploient le terme "Pighjolacci" qui est plus proche du nom de la commune.

 

A l'inverse, Orto (Ortu) est placé dans la liste des communes ayant un gentilé uniquement en langue corse: "Urticesi". Mais, quand on parle en français de ses habitants, le terme "Ortigais" vient assez facilement.

 

En réalité, l'article n'a aucune erreur. Jean CHIORBOLI reconnaît que les formes varient selon les auteurs.

 

Le dogmatisme doit être exclu car, finalement, le plus important est que les gens concernés se comprennent et soient compris.

deux livres de Jean Chiorboli
deux livres de Jean Chiorboli

deux livres de Jean Chiorboli

Partager cet article
Repost0
24 décembre 2018 1 24 /12 /décembre /2018 23:00

Joyeux Noël à tous les Poggiolais

et aux amis de Poggiolo

et Guagno-les-Bains!

 

C'est Noël !

Profitez bien des fêtes. 

Votre blog va prendre une semaine de vacances. Vous le retrouverez mardi 1er janvier. 

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 18:09

Le père Noël est né en Corse !

Vous ne saviez peut-être pas mais le plus célèbre des chants de Noël est… Corse. Eh, oui le petit papa Noël qui ne doit pas oublier notre petit soulier, sort tout droit de l’esprit de Tino Rossi. On ne fait pas plus Corse.

 

Noël traditionnel en Corse

 

Et pourtant, le père Noël est arrivé assez tardivement sur l’île de beauté. Avant les années 50, on disait que c’était l’enfant Jésus qui était le donateur des bonbons et des oranges reçus pendant les fêtes. D’ailleurs, Jésus était un peu la star des festivités. Exemple : il n’y avait pas d’autre personnage dans la crèche…

Au Rocchiu ! Le Rocchiu, c’est le nom corse qui désigne le bûcher de Noël, allumé devant l’église du village. Il était enflammé à la sortie de la messe de minuit le 24 décembre. La tâche de la préparation du bûcher revenait aux enfants du village, qui dès le matin du 24 s’activaient à rassembler et entasser les bûches. Mais pour compliquer la chose, le bois devait uniquement provenir des champs et des jardins du village. Ils passaient donc de fermes en fermes et de maisons en maisons à la recherche d’éclats, de bûches, de branchages, etc. en criant « Au Rocchiu ! ». Tout un programme. Le 25 décembre, après la disparition totale du feu, les cendres encore chaudes étaient ramassées par les villageois, qui les ajoutaient aux cendres de leur propre cheminée pour chauffer leur maison.

Le bûcher de Noël 2010 près de Saint Siméon.

Le bûcher de Noël 2010 près de Saint Siméon.

Toujours en lien avec les bûches, une vieille légende disait qu’il fallait bien compter les membres de la famille présents au repas de Noël et mettre autant de bûches dans la cheminée que de convives. Sinon, les fêtes de fin d’année suivantes seraient endeuillées du nombre de bûches manquant… Angoissant !

Jusque dans les années 1900, en Haute-Corse et plus particulièrement en Balagne, en Castagniccia et dans le Fiumorbu, il y avait une très belle coutume : celle des 7 veillées. Les jeunes gens en petits groupes allaient rendre visite à 7 familles du village. Ils apportaient à chaque fois une bûche de bois pour chauffer l’âtre. Ils restaient alors un petit moment pour discuter et partager les pâtisseries préparées par la mère de famille. Convivial, n’est-ce pas ?

Dans le temps, pour le repas de fête, on mettait toujours une assiette en plus à table… «u piattu di u puvarettu» ou l’assiette du pauvre. Et à la fin du repas, les enfants recevaient enfin leur orange de Noël tant attendue.

Après la messe de minuit, en revenant chez elles, les familles prenaient un petit en-cas. Elles faisaient alors griller à même la flamme des figatelli qui accompagnaient des beignets de courgette (des fritelle) et elles terminaient avec des châtaignes grillées et un fiadone. Une sacrée collation .

Comme partout ailleurs, le repas de Noël est plutôt copieux en Corse ! En entrée, la tradition veut que l’on commence par une dégustation d’œufs de mulet ou d’une brouillade d’œufs aux d’oursins, mais le prisuttu et la coppa constituent aussi des entrées très répandues. Le plat principal est constitué d’agneau roti et de polenta. En dessert, on goûte à la délicieuse «Ceppu di Natale Castagniu», c’est-à-dire: la bûche de Noël à la châtaigne.

Vous en retrouverez les recettes sur Cuisinez-Corse.com.

(texte extrait du site http://www.vacances-corses.com/)

Partager cet article
Repost0
13 novembre 2018 2 13 /11 /novembre /2018 04:58

Depuis quelque temps, un symbole de Poggiolo ne vit plus. On ne s'en rend pas forcément compte quand on passe rapidement dans le village en automobile et pourtant...

 

L'eau ne coule plus dans la fontaine du Lucciu.

 

Elle ne coule plus !!!

 

Plus rien ne se déverse dans un bassin qui est à sec. L'humidité qui suintait sur le côté gauche à cause de diverses fissures n'existe plus. Il n'y a plus aucun risque d'y voir des têtards évoluer (voir article en cliquant ici).

 

La fontaine est-elle définitivement tarie? Rien ne permet de le dire. Les sources ont été bien alimentées cette année et, de toute façon, il y a toujours eu de l'eau au Lucciu. On peut supposer que l'arrêt vient de débris et de racines qui se sont accumulés dans les tuyaux. 
 

Elle ne coule plus !!!

 

Certains pourraient dire que, de toute façon, depuis 1968, l'année où l'eau courante a été installée dans les maisons poggiolaises, entretenir une fontaine publique ne sert à rien. De plus, elle a été déclarée impropre à la consommation.

 

Mais le Lucciu est un monument important de l'histoire et du paysage du village. Il fait partie des douze merveilles de Poggiolo.

 

Et l'eau qui coule, n'est-ce pas le symbole que la vie continue?

La fontaine dans son état normal.

La fontaine dans son état normal.

 

Lisez l'histoire de la fontaine dans cet article:

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 18:00

Evoquer une maison-fantôme n'est pas du tout faire une concession à l'horrible Halloween introduite par la sous-culture américaine, mais qui a quand même des points communs avec la Sant'Andria corse (voir l'article à ce sujet).

 

Parmi les maisons poggiolaises, il en est une qui est particulière car elle est en ruines à l'intérieur même du village, car elle est à une famille qui ne vient plus.. et car, officiellement, elle n'existe pas !

 

Il s'agit de la maison MOZZICONACCI.

 

 

1- Une maison-fantôme bien réelle

Juste au bord de la Stretta, dans le virage situé immédiatement après la maison Franceschetti, un toit sans couverture et dont il ne reste que des poutres émerge presque au niveau du chemin.

Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci
Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci
Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti

Photos Michel Franceschetti

 

D'après Xavier PAOLI, l'historien du village, cette maison aurait été acquise autrefois par un prêtre de la famille FRANCESCHETTI. Elle revint ensuite à Marie-Françoise FRANCESCHETTI, née le 25 avril 1884, qui se maria en 1900 avec Marc Marie MOZZICONACCI, originaire du Sud de la Corse, qui alla travailler au service des Eaux et Forêts en Tunisie. Le couple eut trois garçons et une fille.

 

Marie-Françoise décéda le 17 juillet 1966 à Ghisonaccia. Mais, dès avant sa mort, la maison n'était plus occupée. Et les descendants n'ont plus rien fait pour cette bâtisse.

 

Les photos montrent une situation désolante.

Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti
Photos Michel Franceschetti

Photos Michel Franceschetti

 

 

2- Une maison-fantôme sur les papiers officiels

Une inscription qui comportait peut-être une date se devine sur un linteau mais elle est illisible.

Photo Michel Franceschetti

Photo Michel Franceschetti

En tout cas, la construction est ancienne. Elle est dessinée sur le plan cadastral de 1857.

Elle est coloriée en rose sur la parcelle numéro 455 et l'emplacement porte le nom de Casanova.

 

Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci

Un problème se pose quand on regarde le cadastre actuel sur le site gouvernemental https://www.cadastre.gouv.fr.

En effet, à la suite du renumérotage des parcelles poggiolaises, le même lieu porte maintenant le numéro 228... mais n'a plus du tout de construction, qui aurait dû être représentée en jaune-orange.

Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci

Cette absence est-elle le résultat de l'état de ruine de la maison? 

Il est vrai qu'il en est de même du côté de Pisciatta où le terrain qui appartint à Pascal Ignace MARTINI n'est pas non plus colorié. Or, la maison y est dans le même état. Voir l'article qui lui a été consacré en suivant le lien suivant.

Pourtant, les murs existent bien dans les deux cas.

Les vues aériennes montrent toujours aujourd'hui l'existence de la maison MUZZICONACCI.

 

photo Google
photo Google

photo Google

Sur le site Géoportail de l'I.G.N., la maison est symbolisée par un carré de lignes en noir gras sur fond blanc, alors que les autres sont colorées en crème pâle et la mairie en rouge.

 

Les maisons poggiolaises: 15 - La maison-fantôme des Mozziconacci

Les ruines peuvent être vues par tout le monde mais, sur les papiers officiels, la maison MOZZICONACCI n'existe pas.

 

 Poggiolo a bien une maison-fantôme.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

---------------

Vacances de la Toussaint:

du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026

Vacances de Noël:

du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027

Début janvier 2027:

Assemblée générale du Comité des Fêtes.

Vacances d'hiver:

du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027

Vacances de Pâques:

du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027

Vacances d'été:

à partir du samedi 3 juillet

---------------

---------------

L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

-----------------

Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

..............

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.