9 octobre 2009
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S'il n'existe pas de commerçants à Poggiolo depuis fort longtemps, Guagno-les-Bains avait autrefois un grand atout: la boutique de Mimi CANALE.
C'était la solution de secours quand on avait râté le passage de la voiture d'un épicier ou quand celui-ci n'avait pas à son bord le produit désiré.
Dans ce magasin, situé près du pont et de l'actuel parking de l'hôtel des thermes, on pouvait trouver de tout: conserves, charcuterie, bonbons, chaussures, journaux, gaz, etc.
La photo ci-dessous montre des jeunes Poggiolais de 1968 qui viennent de sortir de chez Mimi où ils ont acheté le ravitaillement (surtout en cartouches de camping-gaz) pour une excursion en montagne.
Le seul problème est qu'ils n'avaient pas de voiture et qu'ils devaient gravir, ainsi chargés, les 3 kilomètres de la route joignant les Bains à Poggiolo!
Petit concours: êtes-vous capable de mettre un nom sur le visage de chacun?
Merci à Jacques-Antoine MARTINI pour cette photo et merci d'avance à tous ceux qui nous en prêteront d'autres!
26 septembre 2009
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Les projets de privatisation de La Poste inquiètent les Français qui sont attachés à un service postal de
qualité. Cette préoccupation de qualité était vive également voici un siècle.
Le rapport du Directeur des Postes et Télégraphes du 1er juillet 1905, au préfet de Corse, en
vue de la prochaine session du Conseil général, nous apprend que, à ce moment-là, "Il reste encore en Corse 121 communes dépourvues de tout établissement postal", ce qui
fait pratiquement un tiers de l'île.
Le Directeur demandait dans ce texte que les villages fassent un petit effort financier pour
améliorer le service postal:
"A cette occasion, je crois devoir vous signaler les avantages que pourraient retirer certaines communes
desservies par des courriers à pied ou à cheval en s'associant pour augmenter la
subvention de ces dernières, de manière à leur permettre l'emploi de
véhicules.
Les crédits dont dispose l'administration pour le transport des dépêches sont en effet trop limités pour
qu'elle puisse prendre à sa charge les frais qu'entraînerait la transformation des services à pied ou à cheval en services en voiture. Mais il est évident que si les communes intéressées
consentaient à faire un sacrifice, bon nombre de ces courriers n'hésiteraient pas à prendre les dispositions nécessaires pour assurer le transport des voyageurs en même temps que celui des
dépêches." On peut supposer qu'il s'agit bien de voitures à chevaux et non encore automobiles.
Et, en conclusion, il citait trois villages d'avant-garde:
"L'exemple a d'ailleurs été donné par les communes de Vico, Poggiolo et Soccia qui, moyennant une
très modique subvention souscrite par elles, ont permis au courrier de Vico à Soccia de transformer son service à cheval en
service en voiture."
En 1905, parce que leurs villages avaient accepté de coopérer et de suppléer
les insuffisances de la puissance publique, Poggiolais et Socciais étaient mieux desservis que beaucoup d'autres. Voila de bons éléments de réflexion.
L'intégralité du rapport est disponible en cliquant ICI.
(Facteur à Propriano, début XX° siècle)
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10 septembre 2009
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En dehors d'un arbre foudroyé qui mit le feu (rapidement éteint par des engins aériens) à ses alentours, en pleine montagne, près de Soccia, le
haut-canton a été totalement exempt d'incendie cet été. Rien à voir avec les désastres qu'ont connu certains endroits de Corse-du-Sud.
Il est vrai que les incendies sont rares à Sorru in sù grâce à l'altitude et aux nombreuses sources. La forêt garde une certaine humidité. Toutefois, certains anciens se souviennent d'un grand
incendie sur les pentes du Tretorre pendant l'été 1936. Les hommes de Poggiolo et des autres villages étaient tous partis avec des seaux et des cordes. Les flammes étaient telles que, la nuit, on
y voyait comme en plein jour. Mais ces renseignements sont trop imprécis et incomplets. Un appel est donc lancé aux lecteurs de ce blog:
Avez-vous des renseignements, des documents ou des témoignages sur l'incendie de 1936?
Ils seront publiés ici afin que tous puissent savoir.
Seront également bien accueillies les contributions évoquant l'incendie qui a eu lieu à Libio après-guerre.
Le blog de Poggiolo compte sur vous!
En dehors de ces deux cas, les sinistres ont toujours eu lieu assez loin. Ainsi, la petite séquence proposée ici (et extraite de la Vidéothèque
poggiolaise) montre quelques images d'incendie filmées en voiture entre Ajaccio et Sagone (descente du col de San Bastiano?) le 15 août 1968 et le panache de fumée
s'élevant du côté de Letia observable depuis Poggiolo quelques jours plus tard.
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Faits du XX° siècle
1 septembre 2009
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Voici exactement deux semaines que, mardi 18 août, avaient lieu à Soccia les obsèques d'Antoine DEMARTINI. Il s'était écroulé sur la scène du
restaurant "U Rasagju" de Cargese, le vendredi précédent. Il était en plein tour de chant, donnant comme toujours toutes ses forces pour rendre les gens heureux.
Pour les membres de la génération 68, Antoine (et son frère François déjà disparu) était un symbole, le symbole des soirées que passaient les adolescents qui, de
Soccia et de Poggiolo, et des autres villages, allaient "Chez Fisché" pour se rencontrer.
Ecouter les 45 ou 33 tours de Johnny, de Claude François, des Beatles, etc, danser, jouer au flipper, au baby-foot ou au billard, boire un (ou plusieurs) verres, tout était possible dans cette
"boîte" située près du pont à l'entrée du village. Le dynamisme et le sourire des deux frères donnaient une ambiance très particulière. Combien de flirts ou d'amours sérieux ont commencé
là! Combien de fois a-t-on bu un peu plus que la mesure! Combien de discussions se sont enflammées autour des tables dans l'atmosphère de l'après-mai 68!
Pour se souvenir d'Antoine, les documents sont peut-être rares mais quelqu'un a, dès le lendemain de son décès, mis sur Youtube un film montrant un extrait de son
spectacle de Cargese.
Un moyen pour les sexagénaires d'aujourd'hui de se souvenir de leurs 20 ans.
28 août 2009
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Le 3 septembre va être le soixante-dixième anniversaire du déclenchement de la seconde
guerre mondiale. Mais, pour un jeune Socciais de l'époque, le grand événement était tout autre.
Le 29 août 1939, Antoine PAOLI s'attendait à tout moment à apprendre la naisssance de son premier enfant. Son épouse Antonia était sur le point d'accoucher. Pourvu que ce soit un garçon
qui puisse continuer la lignée, pensait-il, comme tout Corse de l'époque.
Les événements internationaux avaient bousculé la vie familiale. Si la déclaration de guerre eut lieu le 3 septembre, le gouvernement français avait décrété la mobilisation générale le 30 août
avec mise en application le 2 septembre à 0 heure.

Dès les jours précédents, des réservistes et des permissionnaires avaient été rappelés. Antoine en faisait partie, ce qui explique que, le 29 août, il était sur les quais d'Ajaccio sur le point
d'embarquer pour aller s'opposer aux Allemands, alors que sa jeune femme connaissait les premières douleurs. Pour avoir des nouvelles, la seule solution était de se rendre à la Poste du cours
Napoléon pour téléphoner au bureau de Poste de Soccia. Sa famille, comme pratiquement toutes les autres, n'ayant pas le téléphone, un de ses parents traversait le village pour donner
des nouvelles à la postière qui le lui répétait. Et ainsi plusieurs fois dans la journée...

(photo de la Poste de Soccia en 1930)

(l'agence postale de Soccia en 2009)
Les contractions augmentaient, la naissance approchait. Mais le départ du bateau
était imminent. La sirène appelait les retardataires. Les passerelles allaient être enlevées. Une fois encore, Antoine courut à perdre haleine jusqu'à la Poste pour dire que c'était son dernier
appel. Et, au bout du fil, il entendit quelqu'un arriver dans le bureau socciais et crier à l'autre bout de la pièce: "C'est une fille!".
Soulagé que la naissance ait eu lieu, un peu attristé que ce ne fut pas un garçon, épuisé par ses courses répétées, inquiet de râter le bateau, il ne put que lâcher cette phrase:
"DITES-LUI QUE JE NE LUI EN VEUX PAS".
Et il partit immédiatement et ce ne fut que quelques mois plus tard qu'Antoine put faire connaissance de sa fille, MARIE-ANGE.
Oui, cette anecdote concerne bien Marie-Ange, la dynamique animatrice de tant d'événements à POGGIOLO, et tout dernièrement des animations musicales du 22 juillet (dont vous pouvez voir
les vidéos ICI, LÀ et AUSSI LÀ). Elle est née Socciaise voici 70 ans (mais elle ne les fait pas) et est Poggiolaise depuis longtemps.
Très bon anniversaire,
Marie-Ange!

23 juillet 2009
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Actuellement, il est de mise, quand on est en vacances, de se relâcher et d'avoir une tenue plus que décontractée.
Autrefois, les parents obligeaient les jeunes à être très corrects même les dimanches d'été et, bien sûr, le 15 août
(photo de 1967).

Et les aînés prenaient soin de leur apparence (photo de 1968? communiquée par Jacques-Antoine MARTINI)

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18 juillet 2009
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La fête qui a eu lieu à Guagno pour les 100 ans de Marie-Madeleine POLI amène deux remarques:
- Tout d'abord, Marie-Madeleine contribua à l'encadrement de l'empire colonial français, comme beaucoup d'autres Corses de l'époque chassés par la misère. Née à Guagno le 22 juin 1909, elle est
devenue institutrice et s'est mariée le 27 août 1929 à Sébastien POLI à Bizerte. Le couple et ses enfants vécurent à Bizerte et Sfax jusqu'à l'indépendance de la Tunisie.
- Marie-Madeleine eut aussi un rôle dans l'histoire poggiolaise. L'article publié dans "Corse-Matin" le 14 juillet révèle que "de 1941 à 1944, c'est à Poggiolo qu'elle effectuera, avant
l'heure, ce qu'on découvre aujourd'hui: "le soutien scolaire". Nombre de Poggiolais ont bénéficié de ses conseils pédagogiques avisés, avec succès." L'école était alors à classe
unique et le dévouement de l'institutrice en poste ne suffisait pas toujours à aider chaque enfant.
P.S.: l'école de Poggiolo a été fermée en 1965 pour manque d'effectifs. Auparavant, elle n'était pas dans un bâtiment particulier et eut plusieurs localisations dans le village. Ci-dessous, des
photos des entrées de deux des maisons qui l'abritèrent.

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Faits du XX° siècle
16 mai 2009
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Les membres de la génération 68 (qui avaient 20 ans autour de 1968) se souviennent certainement des séances de cinéma qui avaient alors lieu à Soccia.

Chaque lundi, la séance était annoncée par une affiche apposée dans les villages de Sorru in Sù. A Poggiolo, elle était fixée sur la porte de la maison MARTINI ou près de la boîte aux lettres qui se trouvait alors sur le mur de la route, en face de la maison CECCALDI. Elle y restait jusqu'à ce que le briquet d'un jeune malicieux la réduise en cendres!!!
La séance débutait vers 21h ou 21h30. De Poggiolo, on venait à pied, évidemment (pas en voiture), et en groupe. On s'asseyait sur des chaises hétéroclites dans une ambiance bon enfant car tout le monde se connaissait. Le projectionniste ambulant faisait cliqueter son appareil qui montrait une première partie d'actualités ou de reportages avant le grand film. Ce film n'était jamais une nouveauté de l'année mais avait bien déjà 2 à 6 ans d'exploitation en ville.
Chaque changement de bobine permettait un entracte plus ou moins long. On houspillait parfois les filles qui passaient devant l'écran pour récupérer leurs sacs que les garçons avaient chipé.
1966 fut la première année où les séances se tinrent "chez Marco", comme on disait alors, c'est-à-dire dans l'actuel hôtel
"U Paese", alors en construction. C'était dans une salle qui est sous la terrasse de l'hôtel.
Le mur étant suffisamment blanc, il n'était pas nécessaire d'y accrocher des draps de lit comme dans le lieu des années précédentes.
Le prix de la soirée était de 3 Francs, ce qui équivaut à 0,46 euro. Pas de quoi se ruiner!
Voici, avec les anecdotes qui y sont liées, la programmation que je connus pendant mon séjour de l'été 66 (en cliquant sur les titres ou les noms d'acteurs, vous aurez des renseignements sur ces chefs-d'œuvre impérissables):
- lundi 18 juillet: "Tonnerre apache" western avec Charles BRONSON.
- lundi 25 juillet: "Au bord du volcan", film d'espionnage avec Martine CAROL.
- lundi 1er août: les jeunes Poggiolais ne sont pas allés au cinéma car ils préparaient (à treize participants) une excursion à Camputile pour le lendemain (et le départ était fixé à 4 heures du matin!).
- lundi 8 août: "Houla-Houla", film comique avec Fernand REYNAUD.
- lundi 15 août: "Les trois sergents" , western avec Dean MARTIN, Franck SINATRA et Sami DAVIS jr. Il fallut attendre la fin de la traditionnelle procession aux flambeaux et bougies pour commencer. Certains Poggiolais, lassés des "navets", avaient préféré aller aux "Trois Chemins" écouter des 45 tours à la belle étoile.
- lundi 22 août: "Exodus" film exceptionnel par sa longueur et son thème (super-production hollywoodienne sur les débuts d'Israël). Le prix fut donc exceptionnel: 4 Francs.
- lundi 29 août: "Le vice et la vertu". Film de Roger VADIM d'après le marquis de Sade, avec Robert HOSSEIN, Annie GIRARDOT et Catherine DENEUVE. Il était en principe interdit aux moins de 18 ans mais cette limitation, à peine entrevue lors de la projection de la bande-annonce le 22 août, n'était pas indiquée sur les affiches.
- lundi 5 septembre: séance annulée pour cause d'une panne de courant dans le canton, commencée depuis le matin et qui dura jusqu'au lendemain!!!
Lors d'étés sans télévision (premier poste au village: dans la famille MICHELANGELI en 1965, semble-t-il), ces soirées étaient des distractions qui permettaient de se rassembler, de s'amuser et d'entretenir l'esprit communautaire de l'époque.APPEL À TOUS: Ma mémoire étant défaillante, pourriez-vous m'aider à trouver les réponses à ces trois questions suivantes?
1) Où avaient lieu les projections avant 1966?
2) En quelle année les séances de cinéma prirent-elles fin?
3) Certains Poggiolais et Socciais tentèrent une brève résurrection de ce genre de spectacle dans les années 80 ou 90. Pourrait-on me fournir des renseignements à ce sujet?
Published by Michel Franceschetti
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Faits du XX° siècle
13 mai 2009
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Comme annoncé, à l'occasion de l'anniversaire de la capitulation allemande de 1945, une cérémonie a eu lieu
vendredi 8 mai au monuments aux morts.
Une gerbe a été déposée par Jean-Martin FRANCESCHETTI, de l'association des combattants de moins de vingt ans, et par Fosca PINELLI, veuve de guerre.
On pouvait noter la présence de Jean-Silius PAOLI, adjoint au maire, et de Hervé CALDERONI, neveu de l'un de nos héros, Marc-Jean OTTAVI.
(photos de Marie OTTAVY)


La gerbe a été protégée de l'appétit d'un voisin.

Des cérémonies identiques ont eu lieu à Soccia et à Guagno (photo de Marthe POLI).
Un reportage sur la cérémonie guagnaise est
disponible ICI.
Published by Blog Poggiolo
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Faits du XX° siècle
12 mai 2009
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Mai 1968 a donné une impulsion au mouvement féministe qui a eu des répercussions même à Poggiolo.
Une photo très aimablement donnée par Jacques-Antoine MARTINI nous montre une manifestation qui eut alors lieu au centre du village. Les visages montrent une grande
détermination. Peut-être ces dames (que certains reconnaîtront facilement) sont-elles en train de défendre une barricade que l'on devine sur le cliché?