5 mai 2010
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Depuis la seconde guerre mondiale, la Corse a connu deux drames qui ont bouleversé la
communauté insulaire.
Le premier fut la disparition, le 11 septembre 1968, de la Caravelle Ajaccio-Nice (cf article du 4 mars 2009).
L'autre fut, voici tout juste dix-huit ans, le 5 mai 1992, l'effondrement de la tribune du stade de
Furiani, au début du match SECB-OM. En prévision d'une grande affluence, et d'une recette importante, cette tribune avait été construite à la hâte sans avoir été expertisée. Les
responsables de la sécurité s'étaient surtout inquiétés de prévenir des incidents entre supporters des deux équipes, tandis plus que le président de l'OM et le maire de Bastia étaient alors tous
deux ministres du même gouvernement.
Il y eut 17 morts et plus de 2.000 blessés, et la Corse
en reste encore traumatisée.
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Faits du XX° siècle
20 avril 2010
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Voici une semaine, le 12 et le 13 avril, sont parus deux articles sur "tenir le mur" qui contenaient plusieurs photos de Poggiolais d'il y a une quarantaine d'années. Ces images sont de nouveau à votre disposition avec les noms de chacun (mais de façon incomplète). Ils sont tous disposés de gauche à droite. Aviez-vous tout trouvé?

Joël CALDERONI, Marie-Thérèse MARTINI (maintenant épouse LECCIA), Hervé CALDERONI
(photo prise par Michel FRANCESCHETTI le 23 juillet 1968)

Pierre MARTINI, Pierrot PIETRI, Raymond MARTINI, Ange MERCURI

Hervé CALDERONI, François ORAZY, Dominique PINELLI (accroupi), Jean Christian LUCCHESI, Francis LUCCHESI, Jules (accroupi), Marie-Thérèse MARTINI (maintenant épouse LECCIA), Antoine CECCALDI (dit "Bébé"), Toussaint MICHELANGELI (accroupi)

Xavière MARTINI, Angèle PINELLI, Chantal MARTINI, Dominique PINELLI, Hervé CALDERONI, Martine CECCALDI
(ces trois photos sont de Jacques-Antoine MARTINI)
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Faits du XX° siècle
22 mars 2010
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Les panneaux électoraux achetés pour l'occasion des élections territoriales par la mairie sont restés
vierges en grande partie. Les partisans des listes en présence les ont presque totalement ignorés. Il est vrai que l'utilisation des panneaux officiels est loin d'être devenue une tradition.
Depuis quelques temps, les isoloirs sont utilisés, ce qui est un progrès énorme par rapport aux habitudes d'il y a une trentaine d'années. Autrefois, les affiches politiques se mettaient
n'importe où, le respect de la nature n'étant pas pris en compte.
Plus visibles sont les inscriptions à la peinture. Il en existe plusieurs à Poggiolo. Par exemple, en bas du
village, à la Tiusa...
Le garage des CALDERONI en supporte depuis longtemps...
Une est visible sur le mur au bord de la route...
L'intérêt, pour les peintres, est que leur œuvre est durable.
Le record de durée est détenu par le morceau de tag qui est encore sur le côté de la maison
CECCALDI.
On voit bien un "A" précédé d'un "C" plus pâle et suivi par des ombres d'autres lettres. Les
spécialistes d'épigraphie pourront y lire "CARLI", ce qui peut paraître ésotérique.
Cette inscription est bien politique sans avoir cependant une signification politique.
En août 1968, le décès de Martin PAOLI, maire de Poggiolo, ayant libéré son siège de conseiller général,
deux candidats s'affrontaient: Jean GAFFORY, maire de Guagno, pour la gauche, Ange CARLI, maire gaulliste de Soccia.
Les jeunes Poggiolais en discutaient évidemment. Il y eut une dispute sur des sujets mineurs et, les esprits s'échauffant, on mélangea opinions politiques et questions personnelles. Du coup, cinq
d'entre eux, pour montrer leur mécontentement et surtout pour agacer d'autres qui se proclamaient de gauche, eurent l'idée de prendre un pot de peinture. En pleine nuit, ils badigeonnèrent
quelques murs du nom du candidat socciais (qu'ils ne soutenaient pas forcément tous). Le lendemain et les jours suivants, les discussions allèrent bon train, chacun y voyant une audacieuse action
de propagande d'un camp. Quant aux jeunes, leur querelle fut vite oubliée.
Un tag (mot qui n'existait pas en 1968), placé sur l'actuelle maison GRIMALDI, fut rapidement barré de
peinture noire et resta en l'état plusieurs années.
L'inscription de la maison de Valère est la seule rescapée.
Avant qu'elle disparaisse, ne faudrait-il pas la protéger et la classer comme monument historique? Ne
fait-elle pas partie du patrimoine poggiolais? Faut-il en faire la demande aux nouveaux élus de la CTC?
P.S.: L'élection cantonale fut remportée par Jean GAFFORY. Un film de la vidéothèque poggiolaise évoque sa victoire.
Cliquez sur l'image ci-dessous pour voir le film
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Faits du XX° siècle
12 novembre 2009
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Les statistiques de l'article précédent pouvant paraître assez désincarnées, nous présentons maintenant plus particulièrement trois des trente Poggiolais tués par la guerre de 1914-1918.
Jean Toussaint MARTINI: le premier
Le premier Poggiolais mort de la guerre 1914/1918. Mort le 19 septembre 1914 à Neuilly en Craonne (Meuse).
Le 8 octobre 1914, alors que les hostilités venaient à peine de commencer, le tocsin sonnait déjà à Poggiolo. Ce fut le
prélude d'une trop longue liste qui devait malheureusement se prolonger au fil des quatre années de la sanglante boucherie que fut la première guerre mondiale.
La mère Dorothée (sœur de l'instituteur du village Bernard Paoli) était restée veuve quelques années auparavant et avait déjà eu à déplorer la perte de sa fillette
de dix ans. Elle n'avait plus de raison de vivre que ce fils, son unique enfant.
Au dire des anciens qui nous l'ont conté, à la réception de la terrible nouvelle, dans le village épouvanté, personne n'osait aller la prévenir. Pourtant il le
fallut bien et, le conflit s'éternisant, la funèbre cérémonie se répéta maintes et maintes fois. Qu'à travers Jean Toussaint soit honorée la mémoire de tous ceux dont le nom figure sur le
monument aux morts.
(texte écrit par Xavier Paoli et publié dans le numéro 10 de novembre 2007 du journal "L'Info U Pighjolu")
Jean Ary Francois Léon LOVICHI: celui qui voulait se battre

Né le 10 novembre 1893 à Constantine, en Algérie.
Déclaré inapte au service armé, ce qu'il refuse, il se fait aider par son père et rejoint l'Ecole des Aspirants d'Alger. Il part aux Dardanelles avec le 2° RMA (Régiment de Marche d'Afrique).
Cité à l'ordre de la brigade pour une action le 21 juin 1915, il décède de blessures de guerre le 14 juillet 1915 dans le ravin de Kérévés-Déré (presqu'ile de Gallipoli). Le même jour, il est
cité à l'ordre de l'Armée. Déclaré Mort pour la France, il reçoit la Médaille Militaire à titre posthume - Repose au cimetière militaire Francais de Seddul-Bahr (presqu'île de Gallipoli). Tombe
N° 269.
(Fiche rédigée par Pierre LECCIA et complétée par
Marcel GERONIMI le 25-10-2009)

cimetière français de Seddul-Bahr
Jean-Baptiste DEMARTINI: une simple photo
(publiée dans le numéro 10 de novembre 2007 du journal "L'Info U Pighjolu")
Les trente morts de cette guerre ne furent pas les seuls héros. Les rescapés accomplirent des actions héroïques mais beaucoup rentrèrent au
village sans raconter beaucoup.
Mais, si vous avez des souvenirs concernant cette guerre, racontez-les.
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Faits du XX° siècle
11 novembre 2009
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Ils étaient trente Poggiolais, trente Poggiolais qui aimaient leur village et leur famille.
Ils étaient trente Poggiolais qui, un beau jour, ont endossé l'uniforme de l'armée française. Certains le firent volontairement, qui s'engagèrent afin de pouvoir recevoir une solde leur permettant de manger régulièrement. D'autres furent appelés par le gouvernement pour aller "casser du boche".
Ils étaient trente Poggiolais qui allèrent loin du Tretorre et de Sorrù, de St Roch et de St Siméon.
Ils étaient trente Poggiolais qui connurent la boue, le sang et l'horreur dans les tranchées de Champagne ou des Dardanelles.
Ils étaient trente Poggiolais qui moururent dans la grande tuerie de la Première Guerre Mondiale.
Ils étaient trente Poggiolais qui sont toujours là, devant nous, leurs noms inscrits sur le monument aux morts, face à la fontaine du Lucciù.
Ce sont ces trente Poggiolais auxquels on pense chaque 11 novembre à Poggiolo.
Le monument aux morts, édifié en 1925 ou en 1930, a la forme d'une pyramide avec une face représentant un médaillon de soldat et des insignes militaires. Les noms des morts sont gravés sur trois des côtés (celui de derrière est difficile d'accès car au bord d'un ravin). La face avant, avec l'inscription "1914-1918 Aux enfants de Poggiolo morts pour la France", est précédée par deux lutrins portant les noms des morts de 1939-1945 et de la guerre d'Indochine.
Mais quels sont ces noms et quels sont les êtres cachés derrière?
Il est possible de le savoir en utilisant l'excellent et méticuleux travail de Pierre LECCIA, et en le croisant avec les fiches des Morts pour la France (publiées par le Ministère de la Défense sur son site SGA/Mémoire des hommes) et avec la liste étudiée par Ours Jean CAPOROSSI.
La tache est difficile car, selon les sources, les prénoms ne sont pas les mêmes et certaines fiches sont incomplètes. Ainsi, sur le monument, sont inscrits deux DEMARTINI François alors que le Ministère nous apprend que l'un était Antoine François et l'autre Dominique François. Cinq autres ont des différences de prénom sur les fiches ministérielles.
LEURS NOMS:
Ils montrent que pratiquement toutes les familles du village ont été touchées et même décimées.
6 sont des DESANTI (dont deux fois deux frères),
6 des MARTINI, 5 des PINELLI (dont un père et son fils),
4 des DEMARTINI.
Sont représentées chacune par un seul nom: ANTONINI, BALDARESCHI, BATTESTI, COLONNA, FRANCESCHETTI, LOVICHI, PAOLI, PATACHINI (dont la véritable orthographe est PATACCHINI) et VINCIGUERRA.
Tous étaient Poggiolais mais sans être tous natifs du village.
Damien BALDARESCHI est plus précisément né à Guagno-les-Bains.Trois étaient nés dans d’autres localités corses : Pierre Toussaint Antonini et Pierre François Battesti à Guagno, Jean Antoine Martin Desanti à Eccica Suarella, Jean André Patacchini à Pastriciola, François Pinelli à Ajaccio.
Deux étaient natifs d’Algérie : Jean Ary Lovichi de Constantine, Noël Martini de Sétif.
Deux avaient ouvert les yeux sur le continent : à Marseille pour François Antoine Paoli et à Paris pour Jean Dominique Martini.
L'ÂGE DE LEUR DÉCÈS?
Sur les 27 dont on connaît le renseignement, la moyenne est de 28 ans et demi. Âge élevé alors que le service militaire se faisait à 20 ans. De plus, 7 sont décédés en ayant dépassé 30 ans. Il faut donc en déduire que plusieurs s'étaient engagés bien avant la déclaration de guerre.
Le plus vieux fut Antoine François FRANCESCHETTI, né le 10 janvier 1857 à Poggiolo et mort le 5 février 1917 en son domicile de Lyon (donc à 60 ans).
Né le 10 février 1897, c'est à 20 ans et 3 mois, le 23 mai 1917, que mourut Franco Antoine COLONNA (prénommé seulement Franco sur le monument), dans une ambulance qui l'emmenait à St Hilaire-au-Temple (Marne), le plus jeune des morts du village.
QUELS GRADES AVAIENT-ILS ATTEINT?
Sur le monument, on peut compter 9 soldats, 5 sergents-majors, 4 sergents, 2 sous-lieutenants (mais en réalité l'un d'eux était aspirant), 2 lieutenants, 2 adjudants, 2 maréchaux des logis, 2 capitaines, 1 caporal, 1 brigadier.
Certains grades atteints montrent, comme les âges, que plusieurs étaient bien des militaires professionnels.
Les deux plus haut gradés (les capitaines) sont Antoine François FRANCESCHETTI et Baptiste PINELLLI.
OÙ S'ACHEVA LEUR VIE?
En dehors de ceux qui disparurent dans les tranchées du Nord-Est de la France,
2 furent victimes de la stupide expédition des Dardanelles en Turquie,
1 mourut sur un bateau qui le ramenait de Salonique
et 1 autre en Serbie.
4 expirèrent loin du front, des suites de leurs blessures ou de maladies contractées sur le front: 1 à Fez, 1 à St-Didier (Vaucluse), 1 à Guagno et 1 à Lyon.
OÙ REPOSENT-ILS?
Un examen des tombes du cimetière de Poggiolo permettrait de savoir qui a été vraiment enterré ici.
En attendant, il peut être certain que DESANTI François Antoine et DESANTI Jacques Antoine (prénommé seulement Jacques sur le monument) n'y sont pas car ils ont été déclarés "disparus" lors de combats dans la Meuse (à Béthincourt et à Vauquois).
COLONNA Franco Antoine est enterré dans la nécropole nationale de Somme-Suippe qui regroupe 4950 corps français.
Les restes de PINELLI Dominique Félix se trouvent dans le cimetière militaire de Flirey (Meurthe-et-Moselle) (tombe n° 118) avec ceux de 4.406 victimes de la guerre.
Beaucoup plus loin, c'est en Macédoine, à Skopje, au cimetière militaire français (voir la vidéo ci-dessous), dans la tombe n° 531, que repose DESANTI Dominique Xavier (dit seulement Dominique sur le monument), mort à Zajeca en Serbie. Pierre Toussaint MARTINI (appellé Toussaint sur le monument), qui s'était engagé dans la Légion, et qui fut tué à l'ennemi le 24 avril 1915, âgé de 46 ans, se trouve dans le cimetière militaire français de Seddul-Bahr, dans la presqu'île de Gallipoli en Turquie. Son nom ne figure pas dans la liste des 2.236 soldats identifiés mais les quatre ossuaires contiennent un total de 20.000 corps.
QUELQUES PARTICULARITÉS
- Le premier tué: Jean Toussaint MARTINI, le 19 septembre 1914 (il en sera question dans le prochain article de ce blog).
- La dernière victime: Dominique Xavier DESANTI décédé le 13 décembre 1918, un mois après l'armistice, de maladie contractée en service.
- Le plus décoré: Antoine François FRANCESCHETTI qui eut la Médaille Militaire, la Croix de Guerre et la Légion d'Honneur.
- La double reconnaissance:
Pierre Toussaint ANTONINI est mentionné sur le monument aux morts de Guagno.
François DEMARTINI est également inscrit sur le monument de Soccia.
Jean André PATACCHINI se trouve aussi sur celui de Pastricciolla.
Damien BALDARESCHI est nommé sur le "Livre d'Or des Corses tombés au Champ d'Honneur" concernant la commune de Zalana.
Ils étaient trente Poggiolais qui connurent les souffrances et le destin des 11.325 Corses tués par la Grande Guerre. P.S.: si vous avez des renseignements complémentaires, ils pourrront être publiés dans ce blog. Si vous constatez des erreurs dans cet article, n'hésitez pas à nous les signaler.
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Faits du XX° siècle
9 octobre 2009
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S'il n'existe pas de commerçants à Poggiolo depuis fort longtemps, Guagno-les-Bains avait autrefois un grand atout: la boutique de Mimi CANALE.
C'était la solution de secours quand on avait râté le passage de la voiture d'un épicier ou quand celui-ci n'avait pas à son bord le produit désiré.
Dans ce magasin, situé près du pont et de l'actuel parking de l'hôtel des thermes, on pouvait trouver de tout: conserves, charcuterie, bonbons, chaussures, journaux, gaz, etc.
La photo ci-dessous montre des jeunes Poggiolais de 1968 qui viennent de sortir de chez Mimi où ils ont acheté le ravitaillement (surtout en cartouches de camping-gaz) pour une excursion en montagne.
Le seul problème est qu'ils n'avaient pas de voiture et qu'ils devaient gravir, ainsi chargés, les 3 kilomètres de la route joignant les Bains à Poggiolo!
Petit concours: êtes-vous capable de mettre un nom sur le visage de chacun?
Merci à Jacques-Antoine MARTINI pour cette photo et merci d'avance à tous ceux qui nous en prêteront d'autres!
26 septembre 2009
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Les projets de privatisation de La Poste inquiètent les Français qui sont attachés à un service postal de
qualité. Cette préoccupation de qualité était vive également voici un siècle.
Le rapport du Directeur des Postes et Télégraphes du 1er juillet 1905, au préfet de Corse, en
vue de la prochaine session du Conseil général, nous apprend que, à ce moment-là, "Il reste encore en Corse 121 communes dépourvues de tout établissement postal", ce qui
fait pratiquement un tiers de l'île.
Le Directeur demandait dans ce texte que les villages fassent un petit effort financier pour
améliorer le service postal:
"A cette occasion, je crois devoir vous signaler les avantages que pourraient retirer certaines communes
desservies par des courriers à pied ou à cheval en s'associant pour augmenter la
subvention de ces dernières, de manière à leur permettre l'emploi de
véhicules.
Les crédits dont dispose l'administration pour le transport des dépêches sont en effet trop limités pour
qu'elle puisse prendre à sa charge les frais qu'entraînerait la transformation des services à pied ou à cheval en services en voiture. Mais il est évident que si les communes intéressées
consentaient à faire un sacrifice, bon nombre de ces courriers n'hésiteraient pas à prendre les dispositions nécessaires pour assurer le transport des voyageurs en même temps que celui des
dépêches." On peut supposer qu'il s'agit bien de voitures à chevaux et non encore automobiles.
Et, en conclusion, il citait trois villages d'avant-garde:
"L'exemple a d'ailleurs été donné par les communes de Vico, Poggiolo et Soccia qui, moyennant une
très modique subvention souscrite par elles, ont permis au courrier de Vico à Soccia de transformer son service à cheval en
service en voiture."
En 1905, parce que leurs villages avaient accepté de coopérer et de suppléer
les insuffisances de la puissance publique, Poggiolais et Socciais étaient mieux desservis que beaucoup d'autres. Voila de bons éléments de réflexion.
L'intégralité du rapport est disponible en cliquant ICI.
(Facteur à Propriano, début XX° siècle)
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Faits du XX° siècle
10 septembre 2009
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En dehors d'un arbre foudroyé qui mit le feu (rapidement éteint par des engins aériens) à ses alentours, en pleine montagne, près de Soccia, le
haut-canton a été totalement exempt d'incendie cet été. Rien à voir avec les désastres qu'ont connu certains endroits de Corse-du-Sud.
Il est vrai que les incendies sont rares à Sorru in sù grâce à l'altitude et aux nombreuses sources. La forêt garde une certaine humidité. Toutefois, certains anciens se souviennent d'un grand
incendie sur les pentes du Tretorre pendant l'été 1936. Les hommes de Poggiolo et des autres villages étaient tous partis avec des seaux et des cordes. Les flammes étaient telles que, la nuit, on
y voyait comme en plein jour. Mais ces renseignements sont trop imprécis et incomplets. Un appel est donc lancé aux lecteurs de ce blog:
Avez-vous des renseignements, des documents ou des témoignages sur l'incendie de 1936?
Ils seront publiés ici afin que tous puissent savoir.
Seront également bien accueillies les contributions évoquant l'incendie qui a eu lieu à Libio après-guerre.
Le blog de Poggiolo compte sur vous!
En dehors de ces deux cas, les sinistres ont toujours eu lieu assez loin. Ainsi, la petite séquence proposée ici (et extraite de la Vidéothèque
poggiolaise) montre quelques images d'incendie filmées en voiture entre Ajaccio et Sagone (descente du col de San Bastiano?) le 15 août 1968 et le panache de fumée
s'élevant du côté de Letia observable depuis Poggiolo quelques jours plus tard.
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Faits du XX° siècle
1 septembre 2009
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Voici exactement deux semaines que, mardi 18 août, avaient lieu à Soccia les obsèques d'Antoine DEMARTINI. Il s'était écroulé sur la scène du
restaurant "U Rasagju" de Cargese, le vendredi précédent. Il était en plein tour de chant, donnant comme toujours toutes ses forces pour rendre les gens heureux.
Pour les membres de la génération 68, Antoine (et son frère François déjà disparu) était un symbole, le symbole des soirées que passaient les adolescents qui, de
Soccia et de Poggiolo, et des autres villages, allaient "Chez Fisché" pour se rencontrer.
Ecouter les 45 ou 33 tours de Johnny, de Claude François, des Beatles, etc, danser, jouer au flipper, au baby-foot ou au billard, boire un (ou plusieurs) verres, tout était possible dans cette
"boîte" située près du pont à l'entrée du village. Le dynamisme et le sourire des deux frères donnaient une ambiance très particulière. Combien de flirts ou d'amours sérieux ont commencé
là! Combien de fois a-t-on bu un peu plus que la mesure! Combien de discussions se sont enflammées autour des tables dans l'atmosphère de l'après-mai 68!
Pour se souvenir d'Antoine, les documents sont peut-être rares mais quelqu'un a, dès le lendemain de son décès, mis sur Youtube un film montrant un extrait de son
spectacle de Cargese.
Un moyen pour les sexagénaires d'aujourd'hui de se souvenir de leurs 20 ans.
28 août 2009
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Le 3 septembre va être le soixante-dixième anniversaire du déclenchement de la seconde
guerre mondiale. Mais, pour un jeune Socciais de l'époque, le grand événement était tout autre.
Le 29 août 1939, Antoine PAOLI s'attendait à tout moment à apprendre la naisssance de son premier enfant. Son épouse Antonia était sur le point d'accoucher. Pourvu que ce soit un garçon
qui puisse continuer la lignée, pensait-il, comme tout Corse de l'époque.
Les événements internationaux avaient bousculé la vie familiale. Si la déclaration de guerre eut lieu le 3 septembre, le gouvernement français avait décrété la mobilisation générale le 30 août
avec mise en application le 2 septembre à 0 heure.

Dès les jours précédents, des réservistes et des permissionnaires avaient été rappelés. Antoine en faisait partie, ce qui explique que, le 29 août, il était sur les quais d'Ajaccio sur le point
d'embarquer pour aller s'opposer aux Allemands, alors que sa jeune femme connaissait les premières douleurs. Pour avoir des nouvelles, la seule solution était de se rendre à la Poste du cours
Napoléon pour téléphoner au bureau de Poste de Soccia. Sa famille, comme pratiquement toutes les autres, n'ayant pas le téléphone, un de ses parents traversait le village pour donner
des nouvelles à la postière qui le lui répétait. Et ainsi plusieurs fois dans la journée...

(photo de la Poste de Soccia en 1930)

(l'agence postale de Soccia en 2009)
Les contractions augmentaient, la naissance approchait. Mais le départ du bateau
était imminent. La sirène appelait les retardataires. Les passerelles allaient être enlevées. Une fois encore, Antoine courut à perdre haleine jusqu'à la Poste pour dire que c'était son dernier
appel. Et, au bout du fil, il entendit quelqu'un arriver dans le bureau socciais et crier à l'autre bout de la pièce: "C'est une fille!".
Soulagé que la naissance ait eu lieu, un peu attristé que ce ne fut pas un garçon, épuisé par ses courses répétées, inquiet de râter le bateau, il ne put que lâcher cette phrase:
"DITES-LUI QUE JE NE LUI EN VEUX PAS".
Et il partit immédiatement et ce ne fut que quelques mois plus tard qu'Antoine put faire connaissance de sa fille, MARIE-ANGE.
Oui, cette anecdote concerne bien Marie-Ange, la dynamique animatrice de tant d'événements à POGGIOLO, et tout dernièrement des animations musicales du 22 juillet (dont vous pouvez voir
les vidéos ICI, LÀ et AUSSI LÀ). Elle est née Socciaise voici 70 ans (mais elle ne les fait pas) et est Poggiolaise depuis longtemps.
Très bon anniversaire,
Marie-Ange!
