Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 18:00

 

Quelles sont les véritables traditions corses de Noël?  Jean-Pierre BONNAFOUX en a fait la liste dans un article publié dans "Inseme" de décembre 2020.

 

Le Père Noël est-il corse ?

En  tout cas, le chant le plus célèbre sur le gros bonhomme rouge que l'on chante en famille au coin du feu est bien originaire de lIle de Beauté!

De nombreux interprètes l'ont entonné mais c'est Tino ROSSI, chanteur populaire ajaccien, qui demeure son emblématique ambassadeur.

 

 

Bûcher de Noël 2010 à St Siméon de Poggiolo (photo Jean-Martin Franceschetti).

Bûcher de Noël 2010 à St Siméon de Poggiolo (photo Jean-Martin Franceschetti).

 

Le bûcher de Noël

En Corse, on prend la tradition de la bûche de Noël au pied de la lettre ! Cette buche-là, on ne la trouvera pas en dessert mais bien sous forme de bûcher, préparé par les enfants, allumé devant l’église du village, enflammé à la sortie de la messe de minuit le 24 décembre. Le 25 après la disparition du feu, les cendres étaient ramassées par les villageois qui les déposaient dans leur cheminée.

 

La coutume corse des 7 veillées

Jusqu’au début du siècle dernier, plus particulièrement en Haute-Corse, les jeunes du village se rassemblaient en petits groupes et partaient rendre visite à 7 familles du village : c’est la coutume des 7 veillées. Ils apportaient à chaque fois une bûche de bois pour chauffer l’âtre et partager les pâtisseries préparées par la mère de famille.

 

La pratique religieuse de l’Ochju

En Corse, on ne parle pas de « mauvais œil » mais de l’Ochju, qui désigne les forces mystérieuses dont une personne est victime. Pour conjurer ce mauvais œil, il faut apprendre à chasser l’Ochju. Et c’est dans la nuit de Noël qu’a lieu l’apprentissage des incantations.

 

Le repas traditionnel de Noël en Corse

Il reste copieux et très festif ! Traditionnellement, on laisse toujours une assiette en plus à table, « u piattu di u puvarettu » ou l’assiette du pauvre. En entrée, on commence généralement par des œufs de mulet ou une brouillade d’œufs aux d’oursins, mais le prisuttu et la coppa constituent aussi des entrées très répandues. Le plat principal est constitué d’agneau rôti et de polenta. En dessert, on déguste la délicieuse « Ceppu di Natale Castagniu », la bûche de Noël à la châtaigne.

Si vous avez envie de déguster un repas traditionnel corse pour les fêtes de fin d’année, venez découvrir nos plats typiques, de l’entrée au dessert !

 

L’identité corse, au cœur des fêtes de fin d’année

Vous souvenez-vous de l’accent mélodieux qui vous chantait « Petit Papa Noël » dans votre enfance ? C’était celui de Tino Rossi, né dans le centre d’Ajaccio ! Vous pourrez découvrir la façade de sa maison natale dans la rue Fesch, mais aussi visiter sa villa, située dans la pinède du Scudo et consacrée aujourd’hui à l’ensemble de sa carrière. La tombe du chanteur se trouve enfin dans le petit cimetière de la route des Sanguinaires.

 

Natale in Corsica

 

Des traditions de Noël datant de plusieurs générations

Le Noël corse redonne cependant vie à des traditions bien plus anciennes que celle du père Noël dont le succès ne commence qu’à partir des années 50. Parmi les coutumes les plus ancrées, figure celle du Rocchiu, ou bûcher de Noël : les enfants des villages corses avaient en charge de récolter, toute la journée du 24, le bois qui servirait à allumer un grand bûcher devant l’église à la fin de la messe de minuit. Ils arpentaient donc les maisons du bourg et les fermes des hameaux en criant « O Rocchiu ! » afin de rassembler suffisamment de branches et de bûches pour le grand feu du soir. Le bûcher de Noël devait pouvoir brûler toute la nuit et laisser, au matin du 25 décembre, des braises et cendres chaudes que se partageaient les villageois pour les mêler à celles de leur propre âtre. Certains villages perpétuent encore la tradition.

La table du réveillon conserve en Corse les mets partagés à Noël en vertu d’une longue tradition : parmi les spécialités incontournables qui ouvrent le repas figurent les œufs de mulets, la brouillade d’œufs aux oursins et les charcuteries locales comme la coppa et le prisuttu. Le plat principal consiste généralement en un cabri rôti accompagné d’une pulenda aux châtaignes. Le repas de Noël s’achève sur la traditionnelle bûche aux châtaignes, accompagnée d’oranges et de clémentines corses.

 

Noël en Corse, un mélange de superstitions et de convivialité

Le réveillon de Natale a longtemps été accompagné de certaines traditions que certaines familles corses continuent parfois de respecter : c’est le cas, par exemple, de l’assiette supplémentaire laissée à table, dite « u piattu di u puvarettu » ou l’assiette du pauvre. Les personnes les plus superstitieuses veilleront à respecter aussi la coutume qui veut que le feu de la cheminée soit alimenté par un nombre de bûches identique au nombre de convives présents à table : au risque d’être endeuillé l’année suivante à hauteur du nombre de bûches manquantes !

Le soir de Noël est aussi traditionnellement l’unique moment de l’année où il est possible de se transmettre les incantations, prières et savoirs liés à la conjuration du mauvais œil (ochju). Selon la coutume, la Veghja de Natale (veillée de Noël) est aussi l’occasion pour la Signadora de lire et d’interpréter les signes.

Partager cet article
Repost0
21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 17:59

Article écrit par Bernard ALLIEZ et publié dans "Inseme" de décembre 2020.

Noël avant Noël! 

Bernard Alliez

Quand Luc et Matthieu racontent l’enfance du Christ, on nage vers le merveilleux et le magique qui réactivent nos mémoires d’enfants. On a le chant des bergers, les anges, les mages qui suivent une étoile, la douce nuit de Judée qui accentue le coté féérique de la scène, l’étable avec l’âne et le bœuf qui réchauffent l’enfant sera décrite plus tard dans un évangile apocryphe.

 

Ce merveilleux récit n’est pas une belle histoire que l’on raconte pour endormir les enfants, il est écrit, au contraire pour réveiller notre foi et mettre en perspective l’ensemble des récits évangéliques et tout ce qui avait été annoncé par les prophètes dans les Ecritures bibliques. Celui qui vient de naître est le fils du Dieu vivant et il s’agit de susciter notre adhésion afin que nous croyions que cet enfant est Dieu lui même qui vient parmi nous. C’est le mystère de “ l’incarnation “, base essentielle de notre foi.

Toute la merveilleuse mise en scène du récit évangélique et son arsenal d’images doit susciter chez chacun de nous bonheur simplicité et humilité devant le mystère profond et insondable d’une croyance venue du fond des âges.

L’image de “ la mère et l’enfant “ était bien connue du monde antique ; les Babyloniens et les Egyptiens adoraient une “ Madone “ qu’ils révéraient comme “ reine du ciel “, un titre que l’église romaine appliquera des siècles plus tard à Marie mère de Jésus.

En Egypte, Isis était la mère et Horus l’enfant, en Mésopotamie, c’était Ishtar et Tammuz.

Noel viendrait du mot latin “ natalis “ signifiant : relatif à la naissance. Au IVsiècle, en 354, à Rome, le pape nommé Libère, fixe l’incarnation de Jésus le 25 décembre et cette date sera codifiée par l’empereur Théodose en 425, le choix de cette date est des plus symboliques car cela correspond au solstice d’hiver, moment à partir duquel les jours rallongent. Elle marque le début de l’année liturgique. Dans les églises d’orient cette date fut fixée au 6 janvier.

Ce symbole de la victoire de la vie (lumière) sur la mort (obscurité) est utilisé dans de nombreuses religions : à Rome on fêtait les Saturnales fête du dieu Saturne, éga- lement pour les adeptes du dieu Mithra, la naissance du dieu tombe ce jour là, c’est la fête du “ sol invictus “ (soleil invaincu). Cette fête ressemblait étonnamment à notre Noël moderne, on s’offrait des cadeaux, les hostilités cessaient, les banquets s’organisaient.

 

 
Noël avant Noël

La fête juive d’Hannoucca commémorant l’inauguration du temple de Jérusalem tombe également à une date proche du 25 décembre. Cette date n’est pas « récupérée » par les chrétiens. Il s’agit d’un moment à la symbolique forte utilisé par de multiples religions dont le christianisme qui ne souhaite pas laisser le monopole des symboles astronomiques aux païens.

Peu à peu, la fête prend de l’ampleur. A la fin du Vème siècle, Clovis se fait baptiser le jour de Noël; en 506, le concile d’Agde en fait une fête d’obligation, en 529 l’empereur Justinien en fait un jour chômé.

L’habitude d’offrir des cadeaux autour de la période de Noël se fait pour les chrétiens en référence à Saint Nicolas (saint patron des enfants) fêté le 6 décembre ou aux présents apportés par les rois mages à l’enfant Jésus. La date pour offrir fluctue donc entre les régions et les époques, chez nous en général le 25 décembre. Il s’agit d’un évènement bien secondaire  sans commune mesure avec le sens premier de Noël : incarnation de Dieu qui prend chair dans ce qu’il y a de plus fragile  et de plus merveilleux, un enfant qui nait.

La fête de Noël exalte les valeurs d’humilité, de joie et d’espérance pour l’humanité. En Corse et en Provence, les traditions sont comparables : messe de minuit, repas familial, crèche, feu sur la place de l’église.

 Le « père noël » n’a rien de chrétien ni de religieux en dehors d’un lointain lien à Saint Nicolas. Les références à Jésus ont été minimisées et l’aspect commercial et marchand de la fête est très valorisé. Beaucoup affirment que l’on a détourné une fête chrétienne sacrée à des fins uniquement laïques et marchandes.

Le superbe tableau de Sano di Pietro (1445) du musée d’Aléria mais qui décorait auparavant l’église du couvent d’Alesani évoque pour moi cette naissance de l’enfant Dieu avec les deux cerises, l’une évoquant par la douceur de son goût la tendresse de sa mère et donc le paradis, l’autre par le rouge préfigure la passion à venir. L’expression de la Vierge est certes joyeuse mais surtout résignée devant tous les ennuis futurs que son cœur de mère devra endurer !

 

Bernard Alliez

 Oui, il y a eu un Noël païen avant le Noël chrétien ! Oui, la foi chrétienne a repris et christianisé toutes les fêtes liées à la nature ! Mais ATTENTION ! Aujourd’hui, pour beaucoup NOEL n’a plus aucun rapport avec la naissance de Jésus : c’est devenu une fête essentiellement familiale ! Merci Bernard! 

Jean-Pierre Bonnafoux

Partager cet article
Repost0
19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 17:00

Les travaux ont été menés tambour battant mais le résultat est là: l'église d'Orto est prête pour Noël. Le jeudi 24 décembre à 18 heures, les fidèles pourront prier dans une nouvelle église.

 

Les photos de Chantal SINTENAC PAOLI permettent de voir l'œuvre accomplie. Bravo aux habitants d'Orto!

 

Pour les personnes voulant mieux connaître l'église de ce village, il est conseillé de lire la notice écrite par Anna-Maria LECA et Noelle MEDURIO dans la Médiathèque Culturelle de la Corse et des Corseshttp://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1099564

 

L'église avant les travaux

L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël

 

De gros travaux de remise en état

L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël

 

Nettoyage final la semaine dernière

L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël
L'église est prête pour Noël
Partager cet article
Repost0
6 décembre 2020 7 06 /12 /décembre /2020 18:00

 

 

Le 8 décembre, fête de l'Immaculée Conception, est devenu le jour de A festa di a nazione. Martine STOMBONI en a fait le thème du dossier publié vendredi 4 décembre dans la page spéciale Corse "Campà Corsu" de "La Provence".

 

Vous pouvez lire ci-dessous les éléments de ce dossier et notamment l'entretien avec l'historien Antoine-Marie GRAZIANI.

 

 

 

Le 8 décembre, une fête particulière pour la Corse

Le jour où la Corse s’est dotée d’une fête nationale

 

 

Au sujet de A festa di a nazione, beaucoup de choses ont été dites et écrites. Concernant son texte fondateur, ses auteurs ou l’année à partir de laquelle la fête de la nation corse a été célébrée comme telle, le 8 décembre. Mais l’important est ailleurs. Ce qui réunit les Corses ce jour-là, ce n’est pas le souvenir. C’est la conscience. Celle d’appartenir à une terre et de célébrer son histoire, de partager des traditions et une culture commune. La conscience de faire partie d’une même unité, de se retrouver autour d’un hymne, d’un drapeau, d’une langue. La conscience d’être une "nation".

Par Marine STROMBONI

 

 

------------------------------------

 

A festa di a nazione. Chaque année la Corse célèbre la fête de la nation le 8 décembre, jour de l’Immaculée Conception. Une date choisie en référence à un texte rédigé lors de la consulta des 6-8 janvier 1735 où les insulaires en lutte contre la présence gênoise se sont réunis à Orezza. Sur ce texte, de nombreuses choses ont été écrites, le mythe prenant souvent le pas sur la réalité historique. Antoine-Marie Graziani est professeur à l’université de Corse, historien moderniste auteur de nombreux articles et ouvrages traitant de la Corse et de la Méditerranée occidentale, il revient sur cette période complexe de l’histoire des révolutions corses.

 

Que s’est-il passé à Corte, du 6 au 8 janvier 1735 ?

1735 est une période un peu difficile pour les révolutionnaires corses. À l’époque, les généraux de la nation, Andrea Ceccaldi, Luiggi Giafferi et Giacinto Paoli (le père de Pasquale) sont en grandes difficultés. Sur cette consulta, qui est la réunion des responsables des différentes pièves (circonscriptions, NDLR) on sait très peu de chose. On sait qu’un texte a été rédigé, un texte relativement important pour l’histoire des révolutions corses. 

 

Que dit ce texte ?

Il existe deux versions. La première est reproduite par l’historien Ambroggio Rossi et au début, il y a une invocation à l’Immaculée Conception ce qui n’est pas étonnant, l’Immaculée Conception étant une sorte de marque de fabrique des franciscains, et il y en avait beaucoup autour de Giacinto Paoli. Ce texte a été conçu dans une période où les généraux devaient reprendre en main le mouvement révolutionnaire. Son objectif était de remobiliser les troupes et il explique comment va fonctionner la Corse libérée de la présence gênoise. Mais le problème est qu’il existe une seconde version de ce texte, provenant des Mémoire de Sebastiano Costa, publiées par madame Luciani en 1972. Dans cette version, la partie religieuse a été expurgée. J’ai retrouvé la version d’Ambroggio Rossi à l’Archivio di Stato de Gênes qui en explique le contexte.

 

Bannière à la Vierge Marie, église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti)

Bannière à la Vierge Marie, église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti)

 

 

Est-ce ce texte qui place la Corse sous la protection de l’Immaculée Conception ?

Oui, tout en sachant que mettre la Corse sous le gouvernement de la Vierge n’est pas une nouveauté. Les Gênois l’avaient déjà fait un siècle auparavant et la France également, sous Louis XIII. On met souvent des choses dans ce texte qui n’y sont pas. Cela fait partie des deux travers relatifs à l’histoire de la Corse.

Le premier est de déplacer les objets. Le second de vouloir tout mettre sous Pasquale Paoli. Ce texte de 1735 pose les bases d’un cadre politique et juridique de la nation corse. Ce jour-là, les éléments de l’État sont posés et il est notamment question de monnaie mais ce n’est pas une constitution. La constitution date de 1755 et pour moi, ce texte n’est pas une constitution. C’est un texte riche, qui comporte beaucoup d’éléments mais plus institutionnel que constitutionnel. Le mot "constitution" d’ailleurs n’y figure pas.

 

Est-ce néanmoins bien ce texte qui est à l’origine d’une fête de la nation célébrée le 8 décembre ?

Le choix de cette date se base sur l’invocation à l’Immaculée Conception en début de ce texte. Et c’est à la fin du XIXe siècle, dans la période de trouble qui en Corse a précédé la loi de 1905 que l’on parle pour la 1ère fois d’une fête nationale le 8 décembre.

 

Propos recueillis par Marine STROMBONI

 

 

-----------------------------------

 

Les étudiants en première ligne des revendications

 

C’est dans les années 1990 que les étudiants de l’université Pascal Paoli à Corte ont remis sur le devant de la scène cette journée du 8 décembre. "Ils ont décidé de prendre une journée, raconte Antoine-Marie Graziani. Comme beaucoup d’événements de ce type, les revendications sont rapidement passées des étudiants aux lycéens."

Et si l’université décide alors de rendre le jour de l’Immaculée Conception férié, il n’en va pas de même pour le rectorat. "D’abord, la réponse a été ’non, poursuit l’historien. Puis le phénomène a été récupéré pour devenir une journée où on parle de la Corse."

Des ateliers et interventions sont organisés sur l’histoire de la Corse, sa musique, ses chants… le 8 décembre devient l’occasion pour les élèves de se réapproprier la culture insulaire.

Aujourd’hui, certaines associations et communes organisent également des festivités ponctuées de débats, conférences historiques et soirées culturelles mais aussi des messes et processions bien que la fête de la nation corse dépasse largement le cadre religieux.

M.S.

 

Partager cet article
Repost0
5 décembre 2020 6 05 /12 /décembre /2020 18:00

 

L'équipe de "INSEME" vient de publier son numéro de décembre et elle vous engage vivement à le lire.

 

Au menu, entre autres articles:

- l'éditorial de Pascale CHAUVEAU ("Voir le verre à moitié plein, plutôt qu'à moitié vide")

- les horaires des messes de Noël

- "Noël avant Noël" (Bernard ALLIEZ cherche les origines lointaines de Noël)

- Le 4L Trophy 2021

-"Conte de Noël du monde d'après" par Nathalie PRÉVOST

- "Natale in Corsica!", les traditions corses de Noël, par le Père Jean-Pierre BONNAFOUX

 

Vous pouvez lire "INSEME" en vous connectant sur le fichier PDF joint ou sur le site http://inseme-bulletin.hautetfort.com

 

Partager cet article
Repost0
3 décembre 2020 4 03 /12 /décembre /2020 17:52
Solution de la devinette: le meuble mystérieux

Ce grand meuble n'est pas connu par de nombreux Poggiolais. Il a pourtant joué un grand rôle pour de nombreuses cérémonies religieuses.

 

Mais il a été reconnu rapidement sur la photo publiée hier par Joël CALDERONI, Guy TRAMINI, Maryse MORETTI et Bernadette PIETRI. Félicitations pour eux!

 

En effet, il se trouve dans la sacristie de l'église Saint Siméon, là où le prêtre se préparait avant le début de la messe.

 

Le prêtre revêtait les habits liturgiques qui étaient posés bien à plat dans les tiroirs de ce meuble qui est un chasublier.

 

Pour les diverses cérémonies et suivant le moment de l'année, les vêtements utilisés ne sont pas les mêmes. Il en faut donc un certain nombre. De plus, il est préférable de bien les poser à plat, et non pas de les suspendre sur des cintres, surtout quand ils sont décorés de fils d'or ou d'argent.

 

Mais on peut ouvrir les tiroirs maintenant: ils sont vides.

 

Quand il n'y eut plus de curé résident dans la paroisse et quand les messes furent de plus en plus rares dans "l'église d'en haut", le chasublier fut oublié. Voici un peu plus de vingt ans, quand le comité paroissial et le comité des fêtes s'activaient pour sauver les églises de Poggiolo, le chasublier fut vidé des chasubles, surplis et aubes qui s'y trouvaient encore. Certains étaient en lambeaux, grignotés par les rats, d'autres étaient simplement très sales. Il semblerait que la grande partie ait été brûlée.

 

De quand date ce meuble? Il n'est pas mentionné de chasublier dans l'inventaire de 1905. Le style très "Arts Déco" des poignées des portes et des tiroirs peut laisser supposer qu'il a été construit entre les deux guerres mondiales.

 

Solution de la devinette: le meuble mystérieux

 

Il faut bien reconnaître qu'il n'est pas de grande valeur artistique.

 

Il n'en est pas de même pour le chasublier du couvent de Vico.

Situé évidemment dans la sacristie, il datant de 1664. Réalisé sur place par un franciscain ébéniste venu de Corte, appelé Paolo Bonagiunta ou Fra Bonaventura de Perelli, il est conçu pour les ornements sacerdotaux et les objets de culte nécessaires pour 7 prêtres ; dans l’écu les armes des Franciscains.

 

Solution de la devinette: le meuble mystérieux
Partager cet article
Repost0
26 novembre 2020 4 26 /11 /novembre /2020 18:00
Un anniversaire: il y a 230 ans
 
Menton, le 26 novembre 1790.
 
Quelque cent mètres en amont de l’église Saint Michel, dans la ruelle du Vieux-Château, un petit garçon venait de naître. Son père, Jacques Albini et sa mère, Laurence née Bosano, le dotèrent d’un double prénom: Charles-Dominique. 
 
Il y a 230 ans!
 
 
Un anniversaire: il y a 230 ans

 

Charles-Dominique ALBINI s'installa au couvent de Vico en 1836 avec la congrégation des Oblats de Marie Immaculée, fondée par Eugène de MAZENOD, sur la demande de Mgr CASANELLI d'ISTRIA, évêque d’Ajaccio.

 

Les Oblats doivent agir en missionnaires et le Père Albini s’employa sans relâche à ce travail intense dans les Deux Sorru et les Deux Sevi: prédications, catéchismes, confessions. Il aurait même fait des miracles.

 

Le 20 mai 1839, il s’éteignit au couvent dans sa chambre qui sera transformée en chapelle par la communauté.

 

Déclaré officiellement par l’Eglise «Vénérable» en 1968, Charles-Dominique ALBINI est fêté solennellement au couvent de Vico à chaque anniversaire de sa mort.

 

 

Un anniversaire: il y a 230 ans
Partager cet article
Repost0
8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 17:13

La réalité de Saint Roch a été niée dans un dossier de "La Gazette de Montpellier" dont nous nous étions fait l'écho en octobre dernier.

Bernard ALLIEZ a fait le point de la question dans un article qu'il a présenté au Père Jean-Pierre BONNAFOUX et qui vient d'être publié dans le bulletin "INSEME" de novembre.

 

En préambule, copie des courriers échangés entre Bernard Alliez et Jean-Pierre Bonnafoux au sujet de cet article « sensible »


"Depuis de nombreuses années, je m'intéresse à Saint Roch. Cela m'a permis de fouiller les aspects populaires, historiques, légendaires, artistiques, bien sûr religieux de ce saint et de la période où il a vécu. Sa légende connue de tous est imprimée dans la mémoire collective mais il semble qu’elle ne corresponde a aucune réalité historique scientifiquement démontrable. J'ai écrit un court texte illustrant mon propos que je vous envoie. Ce texte pourrait être proposé à notre revue "Inseme" mais je ne veux en rien choquer ou contrarier nos lecteurs. Si vous pensez que ce texte est '"publiable" et intéresserait des lecteurs, un commentaire de votre part me semble indispensable avant de l’envoyer, sinon, je continue à travailler et nous pourrons en parler lors d'une prochaine rencontre à Vico. "

Bernard ALLIEZ

 

Réponse:

"St Roch, saint très populaire en Corse et vous comme moi, nous avons appris son histoire dès notre enfance! Et voilà que des recherches historiques remettent en cause cette histoire !!!
Faut-il les ignorer ? Certainement pas ! Merci Bernard Alliez ! Mais quoi qu'il en soit, saint Roch, priez pour nous! Protégez-nous !"

 Jean-Pierre BONNAFOUX

 

 

Saint Roch de Montpellier, de la légende à l’histoire.

 

Notre bon Saint Roch, celui que nous fêtons tous les 16 Août, à Letia, à Vico, à Poggiolo et partout en Corse comme en Italie, en Provence et bien au-delà, aurait vécu dans la seconde partie du XIVème siècle, il y a donc près de 700 ans! On pensait tout savoir à son propos depuis les travaux d’éminents historiens médiévistes français et italiens qui, dans les années 1960, avaient, établi un récit historique paraissant cohérent à partir de manuscrits et d’incunables à leur disposition.

Or, en 2006, furent publiés les actes d’un colloque réuni à Padoue sous la présidence d’A. Vauchez et A. Rigon suite aux révélations faites par un certain Pierre Bolle dans sa thèse de doctorat soutenue à l’Université Libre de Bruxelles. En effet, ce chercheur a considérablement remis en question des quasi certitudes que l’on avait concernant la biographie du saint et a fait la part des choses entre ce qui relève de la foi, de la légende hagiographique et de l’histoire qui sont trois choses différentes.

La légende connue de tous est celle d’un jeune pèlerin montpelliérain du XIVème siècle parti à Rome à la mort de ses parents après avoir vendu tous ses biens et se consacrant au service des pestiférés. Obtenant en chemin des guérisons miraculeuses, Roch réussit à voir le pape à Rome où il poursuit son apostolat. Sur le chemin du retour vers Montpellier, il contracte la peste à Sarmato, près de Plaisance. Il s’isolera jusqu'à sa guérison et c’est lors de cet épisode que chaque matin un chien lui apportera un morceau de pain. Mais après son départ, il est rapidement pris pour un espion, il est alors emprisonné et meurt dans un cachot à Voghera.

 

Voilà le récit merveilleux que nous connaissons depuis notre enfance, mais les preuves historiques particulièrement minces ont interpellé Pierre Bolle dont le prochain livre paraîtra en 2021 préfacé par Guy Philippart, un des plus grands spécialistes mondiaux de l’histoire des saints.


Pour lui, le récit fondateur du culte de Saint Roch fut écrit en italien et latin en 1474 par un certain Francesco Diedo, diplomate vénitien, gouverneur de Brescia, alors que la peste sévissait à Brescia! Les quelques dates citées par ce récit sont invraisemblables et il n’y a aucune référence à un évènement historique vérifiable. Les historiens modernes parmi les plus éminents avaient donc, à partir de ce récit, tenté de faire cadrer les évènements rapportés à des dates plus crédibles mais tout cela était plein d’incertitudes et d’hypothèses non vérifiées. De plus, le texte de Diedo est truffé de «lieux communs» que l’on retrouve dans beaucoup d’autres traditions destinées à l’édification des fidèles: naissance royale ou aristocratique, reconnaissance par des parents au moment de la mort, etc.

 

Il convient de noter enfin le manque de «matérialité» de ce saint, relativement récent : pas de sépulture ni à Montpellier, ni à Voghera où il serait mort, aucun écrit, aucune parole rapportée, aucun témoin contemporain... Il semble même que les transferts de reliques le concernant présentent beaucoup d’invraisemblances et même des modifications de dates dans les archives consultées !

 

Pour P. Bolle, il faut donc séparer le saint de sa légende et ne pas s’en tenir au récit exclusivement hagiographique destiné à la seule édification des croyants et qui n’est en rien un récit historique ! D’autant plus que d’autres sources, étudiées par ce chercheur, tendent à expliquer que la figure du saint que nous connaissons est en fait une construction syncrétique dans laquelle plusieurs traditions se seraient fondues. Par exemple, sur une xylogravure provençale du début du XVIème siècle on voit apparaître deux saints Roch représentés côte à côte. D’un côté, notre Saint Roch de Montpellier habillé en pèlerin avec l’inscription «Saint Roch glorieux martyr protège-nous de la peste et de tout péril» et de l’autre, Saint Roch d’Autun en tenue d’évêque avec l’invocation: «Saint Roch évêque et confesseur, protège-nous des tempêtes (tempestes en provençal)».

À quel Saint Roch se vouer ?

Les deux saints sont des homonymes et pour P. Bolle, il s’agit bel et bien ici de ce que l’on nomme d’un doublet hagiographique. Cette assimilation courante aurait été facilitée par des vertus protectrices similaires: l’un pour la peste, l’autre pour la (tem)peste. Il s’agit évidemment ici d’un glissement du langage populaire, d’une aphérèse que les linguistes connaissent bien et qui, au fil du temps ont entériné la confusion entre les deux figures. Confusion d’ailleurs en accord complet avec les conceptions moyenâgeuses en épidémiologie qui faisaient dire à Guy de Chauliac, chirurgien des papes en Avignon qu’«une conjonction défavorables des planètes entraine une corruption de l’air qui elle même entraine les miasmes de la pestilence».

Le Saint Roch (Raco) le plus ancien fut évêque d’Autun, connu parmi les signataires du concile de Paris en l’an 614 et pour le coup cela est historiquement prouvé. Au fil du temps, le culte de ce saint bourguignon du VIIème siècle va diffuser en Languedoc où, comme par hasard, on le fêtera déjà le 16 aout! Et P. Bolle en a retrouvé de nombreuses preuves dans les archives municipales, les bréviaires, les calendriers liturgiques, etc. du XIIIème au XVème siècle, à Pamiers, Limoux, Lodève, Clermont l’Hérault, Montpellier...

Le culte de notre Saint bourguignon prendra par la suite le chemin de la via francigena jusqu'à Rome et c’est dans ce contexte, alors que des foyers terrifiants de peste décimaient les populations touchées, qu’il s’est dédoublé en saint protecteur invoqué par le peuple contre la peste. En 1474, cette vénération populaire finira par inspirer à Francesco Diedo son récit fabuleux qui connaîtra une diffusion fulgurante grâce à l’imprimerie naissante. Le culte de ce Roch nouveau, montpelliérain de naissance, se propagera en Vénétie et en Lombardie, sur les voies de pèlerinage puis en Allemagne et en Europe du nord pour atteindre plus tardivement la France, l’Espagne etc.... On parle d’ailleurs, à propos de Saint Roch de Montpellier, du premier saint de l’imprimerie.

Enfin, si nous devions conclure, nous dirions que les études de P. Bolle, sans rien retirer aux vertus prêtées par nos anciens à notre bon et vieux Saint Roch, permettent de faire la part des choses entre ce qui relève de l’histoire et ce qui tiens des traditions populaires et pour rester dans le vocabulaire épidémiologique qui a tant de succès aujourd’hui nous pourrions dire qu’il y a bel et bien eu contamination entre les deux saints.

Bernard ALLIEZ

 

Sans faire de commentaire, nous pourrions ajouter en conclusion ce que Mgr de Germay, qui vient d'être nommé archevêque de Lyon, expliquait à "Famille chrétienne" à propos des dévotions populaires : « La tradition, c’est ce qui transmet le dépôt de la foi. Le danger est de s’attacher à la tradition pour elle-même et non plus pour ce qu’elle transmet.  Une tradition ne vit que si elle se renouvelle. »

 

Partager cet article
Repost0
7 novembre 2020 6 07 /11 /novembre /2020 12:37

Toutes les cérémonies religieuses publiques ayant été supprimées pour cause de Covid, la messe du couvent de Vico peut être suivie sur Facebook.

Le couvent s'adapte au reconfinement
Partager cet article
Repost0
3 novembre 2020 2 03 /11 /novembre /2020 18:00

 

    Depuis sa création, le cimetière de Poggiolo a connu plusieurs extensions mais la tombe la plus ancienne du village ne se trouve pas à l'intérieur de son périmètre.

 

    Elle n'est pas non plus dans le cimetière privé ni dans la chapelle funéraire et pas non plus dans les trois caveaux familiaux qui entourent Saint Siméon.

 

    La première tombe poggiolaise est l'église Saint Siméon elle-même. 

  
Eglise St Siméon (photo Michel Franceschetti).

Eglise St Siméon (photo Michel Franceschetti).

 
    En Corse, pendant longtemps, les sépultures se firent dans le cimetière mais aussi  dans l'arca.
 
 
    L'arca était une tombe collective, sorte de chambre souterraine voutée à orifice étroit fermé par une dalle de pierre, accolée à l'église ou creusée sous celle-ci. Elle permettait aux croyants d'être le plus près possible de l'endroit le plus sacré du village et elle renforçait le sens de la communauté, unie ici et maintenant comme pour l’éternité. C'est à partir du XVème siècle que se répandit, en Corse, la pratique des enterrements dans les églises.
 
 
 
L'arca poggiolaise
 
 
    Cette coutume fut pratiquée à Poggiolo comme le prouvent les rapports des visites apostoliques effectuées par les évêques (de Sagone ou du Nebbio) ou de leur délégué (documents étudiés par le Père DOAZAN).
 
 
    Si en 1587 et en 1589, Mgr MASCARDI écrit que "le cimetière entoure l'église", il mentionne déjà l'existence de l'arca de Vico. Mgr COSTA décrit un siècle plus tard, en 1698, à Poggiolo, un "pavement de pierre avec trois ouvertures d'arca avec trappe de pierre". Ces trois ouvertures signifient qu'une était destinée aux hommes, l'autre aux femmes et la dernière aux enfants. Mais, en 1702, le même Mgr COSTA note que "le cimetière est pourvu d'une croix et bien enclôs"
 
 
    Il est vrai que la sépulture en arca n'était pas bien vue des autorités ecclésiastiques. Ainsi, dès le XVI° siècle, la constitution de Mgr SAULI, évêque d'Aleria, imposait d'ensevelir les morts dans les cimetières et non dans les églises, à moins d'avoir la permission de l’évêque.
 
 
    En 1776, un Edit Royal interdisait les sépultures dans les églises insulaires, et en 1789 un Décret de la Révolution ordonnait la création de cimetières, sans grand succès en Corse.
 
L'église et le cimetière vus du Tretorre (photo Michel Franceschetti).

L'église et le cimetière vus du Tretorre (photo Michel Franceschetti).

   
Quelle fut la situation de Poggiolo?
 
 
Les deux périodes d'inhumation
 
 
    Les registres de catholicité du XVIIIe siècle pour Poggiolo ont été étudiés par Xavier PAOLI, l'historien du village. Ils sont référencés aux Archives départementales, ou Archives Pumonti, sous les côtes 6MI 240/3 (pour 1729 à 1772) et 6MI 240/4 pour la période 1770-1796 qui empiète donc sur la précédente.
 
 
    Deux périodes peuvent être distinguées:
 
    Pour la première, de 1729 à 1756, les inhumations eurent toujours lieu "dans l'église". Les registres utilisent alors les termes "arca", "nel pavimento", "attraco".  
Ainsi, en 1731, pour Maria Sibilia et Damiano, dont les décès se sont suivis, il est écrit: "il suo corpo fu sepelitto nella chiesa di S. Simeone", c'est-à-dire: "son corps a été enseveli dans l'église de Saint Siméon".
    
    Cliquez sur les images pour agrandir les documents.
 
Deux actes de sépulture en 1731.

Deux actes de sépulture en 1731.

 
  Ensuite, après 1770 et jusqu'en 1792, les documents mentionnèrent pratiquement tous que les enterrements avaient lieu dans le "cimetière ordinaire", mais en précisant:
 
"nel grande sepultura", c'est-à-dire dans l'arca collective
                                             ou
"nel picola sepultura" ou "nel cimeterio", donc en tombe individuelle.
 
 
    La première mention d'enterrement "nel cimeterio ordinario" date du 12 juin 1770 (mais il manque les feuillets entre 1762 et 1769) et concernait une nommée Maria Francesca. 
Première mention d'un enterrement dans le cimetière de Poggiolo (12 juin 1770).

Première mention d'un enterrement dans le cimetière de Poggiolo (12 juin 1770).

   

    Mais il y eut des exceptions.

 

    En 1783, Domenico Felice FRANCISCHETTI (orthographe fréquente qui se transforma définitivement en FRANCESCHETTI), âgé de 78 ans, fut enseveli "nel pavimento" (sous le carrelage) de la chapelle du Rosaire, qui se situait alors dans la partie gauche de l'église et avait été construite dans les dernières années du XVIIe siècle.

 

    Le curé Giovanni BONIFACY prit soin d'écrire qu'il avait obtenu du vicaire DEFRANCHI de Soccia "la licenza", l'autorisation de "rompere", de casser le sol. La famille FRANCESCHETTI jouait alors un grand rôle à Poggiolo et Domenico Felice devait être un personnage particulièrement important pour bénéficier d'une telle sollicitude.

 

Domenico Felice enseveli dans la chapelle du Rosaire en 1783.

Domenico Felice enseveli dans la chapelle du Rosaire en 1783.

 

    Un autre exemple, onze ans plus tard, qui concerne encore la famille FRANCESCHETTI. En 1793, Angelafelice fut inhumée sous le carrelage de l'église.

 

    On lit bien dans la marge les mots "sepultura grande".

 

Inhumation sous le carrelage de l'église en 1793.

Inhumation sous le carrelage de l'église en 1793.

 

    La fin de l'arca

 

    Il faudrait vérifier attentivement les registres  mais il semblerait d'ailleurs qu'Angelafelice fut le dernier habitant de Poggiolo à avoir été mis dans l'arca.

 

    Tous les enterrements eurent lieu désormais dans le cimetière situé derrière l'église. 

 

    Pour Soccia, où il existait aussi une arca en deux ou trois parties, l'étude publiée voici quelques années par Jean-Baptiste PAOLI indique que la première inhumation dans le cimetière communal eut lieu en 1812, année où des édits préfectoraux particulièrement coercitifs accélérèrent la fin des arche.

 

L'ancienne église St Siméon, détruite à partir de 1863. Dessin réalisé par M. Bessières en 1856 et mis à notre disposition par Emilie Tomas.

L'ancienne église St Siméon, détruite à partir de 1863. Dessin réalisé par M. Bessières en 1856 et mis à notre disposition par Emilie Tomas.

 

    Avec la démolition de la vieille église en 1863 et la construction de l'actuel Saint Siméon, il ne reste plus rien de l'arca poggiolaise, même pas la dalle qui la recouvrait (alors que le couvent St François conserve des dalles de certaines familles vicolaises).

 

    Mais sous le carrelage de la nef, quelques restes de nos ancêtres de trouvent certainement encore.

 

    Visibles ou invisibles, les morts restent parmi nous et il nous montrent d'où nous venons, quelles sont nos racines. Nous sommes les héritiers d'une histoire et d'une communauté.


Bibliographie:
       - "Le couvent Saint François de Vico" par le R. P. Louis DOAZAN (ed. Alain Piazzola)
    - "Soccia. Santa Maria delle grazie. A nostra ghjesgia" par Jean-Baptiste PAOLI (dactylographié, avec l'aide d'"A Mimoria")

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

---------------

 

 

 

Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.

 

Mardi 4 août:

bénédiction des maisons à Poggiolo.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

---------------

---------------

L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

-----------------

Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

..............

 

 

La météo poggiolaise

Pour tout savoir sur le temps qu'il fait et qu'il va faire à Poggiolo, cliquez sur LE BULLETIN METEO

POGGIOLO SUR FACEBOOK

Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.