Ce titre est celui de l'excellent dossier de Pascale CHAUVEAU sur les retraités vivant toute l'année à Soccia que vient de publier "Settimana" (le supplément hebdomadaire de "Corse-Matin") du 16 avril.
L'isolement peut faire peur mais les témoignages recueillis dans le village montrent les bons côtés de ce choix, loin du stress et de l'isolement ressentis dans les grandes villes.
A lire absolument.
"J’ai dû partir travailler à Paris, mais je considère que pendant 30 ans, j’étais juste de passage ailleurs.’’ Pour Madeleine, la question de revenir dans son village de Soccia à l’heure de la retraite ne s’est jamais posée. «Tous mes souvenirs sont ici, tout me parle». Profitant d’un rayon de soleil pour faire un tour de village avec sa fille, d’autres promeneuses leur emboîtent le pas. Madeleine fait une pause devant le mur d’une maison, sur lequel sont plantés une rangée de clous.
Elle se souvient que, jadis, il y avait un reposoir à cet endroit. Pour la procession du mois de mai, on accrochait aux clous des draps et des fleurs, au-dessus d’un autel avec des lampes, et le cortège s’arrêtait quelques minutes faire des prières. Plus loin, il suffira d’une odeur pour lui rappeler d’autres souvenirs.
Comme elle, Judith, 84 ans, est revenue après une carrière dans l’enseignement en région parisienne. « Je n’ai jamais regretté d’être partie, pour l’ouverture d’esprit que ça m’a apportée et toutes les belles rencontres que j’ai faites, mais j’avais ma terre chevillée au corps : pas la Corse, ni même Ajaccio, mais mon village ! Et ma maison fait partie de ma vie. Une partie a été construite par mon arrière-grand-père, l’autre par mon père que j’ai vu en train de casser les pierres et les charrier à dos d’âne. Et quand il avait besoin de petites pierres pour faire les jointures, c’est moi-même qui les lui ramassais. »
Au village il y a l’essentiel et peut-être même plus
Pourtant, Judith refuse de sombrer dans la nostalgie, même si elle glisse que l’eau courante dans les maisons, en apportant un confort bien agréable, a quand même remplacé les bavardages joyeux des séances de lavage du linge à la rivière. « Le village ne peut plus être celui qu’on a connu avant, et c’est normal. Beaucoup de gens de ma génération ont disparu, et ce n’est pas facile tous les jours car on est loin de tout, mais finalement, il y a l’essentiel et peut-être même plus ! ».
Les deux médecins du canton montent chaque semaine, les infirmiers tous les jours, mais aussi le kiné, la pédicure, la coiffeuse. Sans compter l’ADMR qui offre ses services pour le ménage, le repassage, les courses et même le jardinage.
Autant de prestations à domicile et sur mesure qui assurent le bien-vieillir au village. « Ce qui marche le moins bien, c’est le service public ! », fulmine Judith, « malgré toutes les promesses faites par les politiques pour soutenir la ruralité. » Concrètement, elle cite en vrac les deux mois d’attente pour que sa ligne fixe en panne soit réparée, l’absence de moyens de transport pour se rendre en ville, l’impossibilité de faire des retraits à La Poste sans demande préalable, ou de renouveler ses papiers périmés à la mairie. « Heureusement, il y a l’entraide villageoise qui pallie bien des problèmes. »
L’âme de la Corse
« Entraide et solidarité », des mots qui reviennent dans toutes les bouches. Et notamment dans celle de Ceccè. La retraite au village, c’était pour lui une évidence, mais aussi un engagement politique personnel.
« Pour construire quelque chose de cohérent et d’acceptable pour ce pays, le modèle de société qu’on pouvait créer ne pouvait se faire qu’à partir du village. L’âme de la Corse, je ne la trouve qu’ ici. Ce qui avait fait la Corse, ce n’était pas les villes, qui ont tendance à créer des inégalités, à coups de violences et d’écrasement des individus. Au village, on se connaît tous, ce qui n’empêche pas les antagonismes car on est tous différents. Ne faisons pas d’angélisme. Mais la notion d’entraide et de solidarité qui ressort a toujours été une obligation pour tenir le coup : la survie de la microsociété que représente le village est au-dessus de tout. La société agropastorale a disparu de façon foudroyante, mais la résistance des gens qui continuent à vivre au village me fascine ».
« Il y a toujours quelque chose à bricoler, quelque chose à faire au village »
Sanvito, 71 ans.
« J’aurais pu rester à l’étranger où j’ai fait carrière, et constitué un large cercle d’amis, mais c’est ici au village que j’ai la sensation d’être chez moi. Mais sans une maison confortable et une voiture, j’aurais peut-être hésité. »
Marie-Rose, 60 ans, jeune retraitée.
« La qualité de vie est supérieure, loin de la frénésie de la ville. En s’éloignant de toutes les tentations factices, tu te rends compte que ça ne te manque pas. Il y a toujours quelque chose à bricoler dans la maison, ou à faire pour son village, et c’est valorisant. »
Jean-Thomas, 95 ans, doyen du village.
« J’étais cordonnier à Ajaccio. Dans mon quartier, tout le monde se connaissait et se parlait, on prenait le café ensemble, on était tous des personnalités. Maintenant, les gens ont pris une mentalité parisienne et sont devenus orgueilleux. Quand je restais en bas, tous les membres de ma famille travaillaient, et je restais seul à m’embêter. Ici, c’est la liberté. »
Simone.
« Quand tu restes au village, ça oblige ceux de ta famille qui travaillent en bas à monter régulièrement pour te voir. Grâce à ça, le lien avec le village est maintenu. Mon frère avait fait une grave dépression en région parisienne. Son psy lui avait dit de trouver un endroit où il pourrait taper, casser, crier. Il est revenu au village et n’en est plus jamais reparti. C’est là qu’il se sentait apaisé. »
Pascale CHAUVEAU
Avec 21,1% de sa population ayant reçu la première dose de vaccin, la Corse du Sud est la championne de France de la vaccination.
Le reportage diffusé dans le journal de 20 heures sur France 2 jeudi 8 avril a insisté sur la mobilisation exceptionnelle qui s'est produite sur l'île. L'illustration en a été fournie par des images sur la maison de santé de Cargese qui vaccine les habitants des 33 petites communes des alentours regroupées pour lutter ensemble.
Seul petit regret: on ne voit pas le docteur Sophie Desnault Burle qui participe à cette opération et qui est bien connue des Poggiolais.
Pâques est un moment particulièrement important pour les chrétiens. Pour le vivre pleinement, voici le programme des cérémonies dans les villages de notre petite région.
On pourra remarquer l'absence totale de POGGIOLO.
SECTEUR DES DEUX SORRU ET SEVI IN GRENTU
SEMAINE DE PÂQUES
Samedi Saint Vigile Pascale (3 Avril)
MARIGNANA 15h00
RENNO 15h00
SOCCIA 15h00
Dimanche de Pâques (4 Avril)
COUVENT 9h30
VICO 11h00
LETIA St MARTIN 11h00
GUAGNO 11h00
Ils étaient venus de Gualdicciolu, de Piazza a l’Aghja, d’Umbriccia ou de la place de la Croix, quasiment tous les habitants de Soccia étaient sortis en ce matin du mois de mars 1906, voici exactement 115 ans, pour se rassembler devant la porte de l’église. Une photo de l’époque montre les hommes à chapeau de feutre et surtout les femmes avec chapeau de paille rond ou fichu noir, brandissant de longs bâtons.
Leur but était d’empêcher l’inventaire des biens de la paroisse imposé par la politique laïque du gouvernement républicain.
L’offensive anticléricale
A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, la Troisième République radicale et anticléricale imposa aux catholiques la laïcité de façon brutale.
Votée en 1901, une loi sur les congrégations aboutit à chasser les oblats du couvent de Vico qui fut nationalisé en 1903, mais pour peu de temps.
Puis, la loi du 5 décembre 1905, dite de Séparation de l’Eglise et de l’Etat, mit fin au Concordat de 1801. La République ne subventionnait plus aucun culte, car elle se séparait de la religion, au contraire de la loi sur le « séparatisme » d’aujourd’hui qui veut sanctionner l’islam radical accusé de se séparer de l’Etat.
L’article 3 de la loi de 1905 prévoyait de dresser un « inventaire descriptif et estimatif » des biens ecclésiastiques avant leur répartition à des associations cultuelles qui devaient être fondées ensuite, ces mêmes associations que le gouvernement actuel veut utiliser pour surveiller les mosquées.
En 1906, de nombreux croyants se mobilisèrent contre ce qui était considéré comme un sacrilège. Plusieurs évêques et prêtres tentèrent l’apaisement. Ce fut l’attitude du Père Antoine-Louis OTTAVY, qui avait à la fois les fonctions de professeur au petit séminaire d’Ajaccio et, depuis 1901, de conseiller général républicain du canton de Soccia. Mais le mal était fait. Les premiers incidents se produisirent à Paris les 31 janvier et 1er février, et se propagèrent dans de nombreux départements.
Les incidents de Soccia et de Guagno
En Corse, les inventaires débutèrent à Bastia le 26 janvier 1906. Jean-Baptiste PAOLI, dans « Histoire d’un petit village de montagne au cœur de la Corse du Sud », décrit ce qui se passa alors à Soccia:
« Le percepteur chargé des opérations d’inventaire ne put instrumenter qu’escorté par la Gendarmerie qui se heurta à une vive résistance de la part aussi bien des hommes que des femmes, malgré la protestation du curé POLI, assisté du conseil de fabrique ».
Le journal « Le Petit Marseillais » de l’époque donne plus de précisions sur les incidents de Guagno du 15 mars :
« Dès l’arrivée de l’agent de l’administration, les cloches sonnent à toute volée le glas funèbre, la population, hommes et femmes au grand complet, se masse devant l’église, prête à en défendre l’entrée à n’importe quel prix. Les hommes se tiennent, pour la plupart taciturnes, aux abords du grand escalier de l’entrée principale, mais tous décidés à ne pas laisser passer. Les femmes, en plus grand nombre, armées de fourches, de grosses bûches, de bidons de tout calibre, font un tintamarre infernal, proférant des imprécations, se tiennent plus serrées sur le perron de la porte d’entrée, versent des larmes, acclament le clergé et conspuent le percepteur chargé de cette pénible mission. Le maire et la gendarmerie prêchent le calme ; rien n’y peut. Le vacarme devient plus intense. Les clous s’enfoncent à grand bruit dans les portes, et des fidèles, barricadés dans l’église, entonnent des cantiques. Le percepteur, terrifié, se rend à la sacristie ; mais, partout, on fait bonne garde et le flot populaire en défend l’entrée. »
Le représentant de l’Etat revint le 22 mars mais il dut de nouveau battre en retraite. De plus, dans sa retraite, sa voiture versa dans un ravin et « le pauvre percepteur, déjà boiteux, [vit] sa jambe valide fortement endommagée ».
Finalement, pour calmer les esprits, un simulacre d’inventaire fut enregistré. Pour résoudre le blocage, le gouvernement fit voter le 2 janvier 1907 une loi attribuant les églises paroissiales aux communes qui pouvaient ensuite en laisser la jouissance aux curés, oubliant les associations cultuelles prévues en 1905. Tous les conseils municipaux des Deux Sorru votèrent rapidement cette autorisation.
Puis, le temps apaisa petit à petit les blessures…
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Vacances de la Toussaint:
du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026
Vacances de Noël:
du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027
Début janvier 2027:
Assemblée générale du Comité des Fêtes.
Vacances d'hiver:
du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027
Vacances de Pâques:
du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027
Vacances d'été:
à partir du samedi 3 juillet
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L'album de photos des Poggiolais:
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Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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