Belle cérémonie aujourd'hui dimanche à Orto pour l'installation de la nouvelle confrérie Sant'Antone Abbate.
Photos de Marie Pierre MAISETTI.
Belle cérémonie aujourd'hui dimanche à Orto pour l'installation de la nouvelle confrérie Sant'Antone Abbate.
Photos de Marie Pierre MAISETTI.
A la suite de la réunion du 28 septembre, une nouvelle confrérie est née à Ortu, celle de Sant'Antone Abbate.
Elle sera installée solennellement dimanche 27 octobre à 10h30 dans l'église du village en présence du cardinal BUSTILLO, évêque de Corse.
L'Office de tourisme intercommunal Ouest Corsica vient de publier sur Youtube une visite de l'église de Guagnu.
Les images sont commentées par une personne que l'on ne voit pas mais on peut supposer qu'il s'agit du maire de la commune.
On apprend ainsi que cette église, l'une des plus grandes de Corse, d'une surface de 600 mètres carrés avec ses dépendances, a été construite par étapes de 1582 à 1883 et que sa pièce maîtresse est un triptyque représentant la Vierge avec l'enfant Jésus, entourée par saint Pierre et saint Nicolas.
Un tableau, qui serait un don du cardinal FESCH, montre saint Charles BORROMÉE visitant les lépreux.
Les vitraux ont été remis à neuf (voir les détails dans l'article Les nouveaux vitraux guagnais).
Mario SEPULCRE est l'auteur de deux fresques sur l'ascension et le couronnement de la Vierge.
Tout cela, et d'autres choses encore, sont à voir dans cette vidéo. N'hésitez pas à monter le son car il est très bas.
A quand une visite de ce genre pour Saint Siméon à Poggiolo?
La procession de Soccia d’octobre 1923 (voir les articles précédents ICI et ICI) a tourné au pugilat entre PALELLU et MATTONE qui en a perdu son pantalon. L’homme déculotté va se plaindre auprès des gendarmes.
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Para è teni, teni è para Cazzotti annant’à la nappa ! À chì mena à chì sipara, À la fin Mattone scappa ! Senza calzoni, s’avvia Versi la giandarmaria.
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On sépare, on retient, Coups de poings sur le nez ! Qui frappe et qui se défend, A la fin Mattone se sauve ! Sans pantalon, il se dirige Vers la gendarmerie. |
La gendarmerie de Soccia se trouvait à l’entrée du village. Son emplacement exact est marqué par une croix entourée d'un cercle rouge sur cette carte postale envoyée avant la première guerre mondiale par un gendarme alors affecté dans ce chef-lieu de canton. Les cartes postales étant rares, il n’avait trouvé que ce moyen pour montrer à sa famille le lieu où il travaillait.
Cette brigade avait été durement éprouvée trente ans plus tôt, en 1892, par la mort de deux de ses membres (voir l’article : http://poggiolo.over-blog.fr/article-les-mexicains-arrivent-48859828.html).
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S’incammina cù sbaldanza È, trinchendu lu francese, Ellu face una lagnanza Contr’à u santu di u paese Dicendu : o sgiò brigatteru, S’hà furatu u me bragheru !
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Il s’achemine avec assurance Et, maniant parfaitement le français, Il porte plainte Contre le saint du village Disant : monsieur le brigadier, Il m’a volé mon pantalon ! |
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A brigata, in cinturone, Ne parte à scuppettu cintu, Accampa la prucissione È dopu u paese avvintu, Dice à lu prete la voglia Di fà in la stacca la foglia.
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La brigade, en ceinturon, Part avec le tromblon à la ceinture Elle encercle la procession Et après avoir entouré le village, Dit au prêtre sa volonté D’établir le procès-verbal
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Ma Palellu hà la paura È scappa pà li pulloni : - Una lagnanza hè sicura, Dev’esse pà li calzoni ! Disse l’omu intarruritu Chì ghjurò d’esse banditu.
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Mais Palellu prend peur Et s’échappe par les châtaigniers : -Il a certainement porté plainte, Ce doit être pour le pantalon ! Se dit l’homme terrorisé Qui jura d’être bandit. |
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Banditu cù la carchera Vulia esse par cent’anni È prima d’andà in galera À cent’omi fà li panni, Ma a fece pà u sacristanu È a sera si messe in manu.
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Bandit avec la cartouchière Il voulait l’être pour cent ans Et avant d’aller aux galères Faire « la peau » à cent hommes, Mais le faisant pour le sacristain Il se rendit le soir même. |
Le brigadier enregistre la plainte de MATTONE qui, contrairement à de nombreux villageois de l’époque, sait bien s’exprimer en français.
L’affaire est jugée suffisamment importante pour que les représentants de la loi emportent leurs armes. Ils s’assurent que la procession puisse aller sans encombre jusqu’au bout de l’itinéraire prévu.
Mais leur venue a fait fuir PALELLU qui s'imagine déjà contraint à devenir un bandit. En 1923, les Deux Sorru étaient le terrain d’élection de nombreux malfaiteurs. Voir les séries d’articles parus sous les titres « Mauvaise pub pour Guagno-les-Bains » et notamment
http://poggiolo.over-blog.fr/article-mauvaise-pub-pour-guagno-les-bains-n-2-l-82765801.html
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Di u stomacu chì Mattone Fece vede in tribunale Hè sfidatu, in paragone, Ancu Foccu u generale : Cù a lingua, par fassi crede, Alzò la manu è lu pede.
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Par l’audace dont Mattone Fit preuve devant le tribunal Fut défié, en comparaison, Même Foch le général : Avec la langue, pour être cru, Il leva main et pied. |
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Benchì Soccia ùn sia Palneca Palellu, cum’è in l’uttava, Si dede à la santa nega Ma una sedina ùn cullava ! Cridì chì la mataccina Finissi in la caglittina.
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Bien que Soccia ne soit pas Palneca Palellu, comme à la huitaine, Nia autant qu’il put Mais il ne faisait pas le fier ! Il crut que la bagarre Allait finir à la guillotine. |
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- O Madonna, chì tarrore ! O San Francescu, chì sorte ! Ci era lu pricuratore Chì dumandava la morte. U giandarme in catarochju, Mi guardava cù tant’ochju !
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-Ô Madonna, quelle terreur ! Ô Saint François, quel sort ! Il y avait le procureur Qui réclamait la mort. Le gendarme qui me regardait De travers de tous ses yeux ! |
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- Chì manera d’avè minatu À Mattone quì prisente , À l’amenda cundannatu ! Mi lampò u prisidente. Cusì vidu in prucissione À San Roccu in lu stagnone !
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-Cette façon d’avoir frappé Mattone ici présent, A l’amende condamné ! Me déclara le Président. Ainsi je vis en procession Saint Roch dans le bidon ! |
La plainte n’est pas enterrée et un procès a lieu. Le nom du tribunal et son emplacement ne sont pas désignés dans le poème mais, comme il y a un procureur et un président, la scène doit s’être déroulée à Ajaccio. Soccia avait alors un juge de paix mais, visiblement, il n’était pas compétent pour cette si grosse affaire.
A propos des débats, il est fait référence à FOCH:
"Ancu Foccu u generale
Même Foch le général"
L'action se situe peu après la première guerre mondiale, en tout cas avant 1924. La popularité du maréchal FOCH était alors grande, ainsi que celle de JOFFRE. Des enfants nés à ce moment reçurent le prénom d'un de ces militaires. On se souvient peut-être à Poggiolo que ce fut le cas d'une personne.
Dans le récit du procès, trois strophes avant la fin, un vers peut étonner :
« Benchi Soccia un sia Palneca » (Bien que Soccia ne soit pas Palneca).
Quel rapport avec Palneca, ce village du Taravo, dont le nom traditionnel est Palleca, et qui est bien loin de Sorru ?
D’après Sixte UGOLINI, dans « Macàgna e detti di i paesi corsi » (Ed. Piazzola, 2008), Palneca avait autrefois une très mauvaise réputation dont témoignaient plusieurs proverbes comme celui-ci :
« In Palleca, un ci vive mancu una serpa »
(A Palneca, même un serpent n’y vivrait pas)
Il en est un autre qui pourrait s’appliquer à l’attitude de PALELLU pendant son procès :
« Palleca, Palleca,
a chi fura e a chi nega ! »
(Palneca, Palneca,
les uns volent et les autres nient !).
Le procès se termine par la condamnation de MATTONE à une amende.
Les deux vers de conclusion expriment la honte de PALELLU d’avoir été condamné :
« Cusi vide in prucissione
A san Roccu in lu stagnone »
(Ainsi je vis en procession
Saint Roch dans le bidon).
Cette expression peut être traduite par: j'en ai vu de toutes les couleurs. Mais que vient faire saint Roch?
L'explication sera donnée dans un très prochain article.
Attention. Ce récit est une mise en garde : les processions ne sont pas toujours un long fleuve tranquille.
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Une procession tragi-comique à Soccia: une belle organisation (1/3) - Le blog des Poggiolais
Voici un siècle qu'un grave incident troubla la sérénité du village de Soccia. Le récit, intitulé "Una prucissione in Soccia", en fut publié en 1924 par la revue A Muvra, de Petru ROCCA, sou...
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Une procession tragi-comique à Soccia: la pantalonnade (2/3) - Le blog des Poggiolais
Comme indiqué dans l'article précédent , la procession qui eut lieu à Soccia le 4 octobre 1923 (ou 1922 ou 1921) en l'honneur de saint François d'Assise avait été minutieusement préparée. ...
Une bonne nouvelle: à la suite de la réunion du 28 septembre, une nouvelle confrérie est née à Ortu, celle de Sant'Antone Abbate.
Elle sera installée solennellement dimanche 27 octobre à 10h30 dans l'église du village en présence du cardinal BUSTILLO, évêque de Corse.
Longue vie à elle.
Comme indiqué dans l’article précédent, la procession qui eut lieu à Soccia le 4 octobre 1923 (ou 1922 ou 1921) en l’honneur de saint François d'Assise avait été minutieusement préparée.
Elle très différente de celle de Poggiolo présentée dans "I nostri antichi di U Pighjolu" et dont les participants n'avaient pas de confrérie en habits et ne portaient pas de torches.
Mais le désordre arrive avec l’attitude de MATTONE. L’auteur, MAISTRALE, décrit l’incident avec force détails.
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Ma Mattone, chì hè ghjilosu, Par daretu s’avvicina È c’un tonu maistosu Li dice : sangue di tina ! Sì u santu ùn voli ch’e porti Ci sarà quattru omi morti.
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Mais Mattone, qui est jaloux, Par derrière s’approche Et d’un ton majestueux Lui dit : sang de la cuve ! Si tu ne veux pas que je porte le saint Il y aura quatre hommes morts. |
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- Ùn ai drittu à purtallu Ch’ùn ti sè mancu vistutu, Lasciami fà lu camallu Par no’ tù sè troppu astutu Vai à vede versi Vicu Sì tù trovi u me billicu.
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-Tu n’as pas le droit de le porter Tu n’es même pas habillé, Laisse-moi faire le porteur Pour nous tu es trop rusé Va voir du côté de Vico Si tu y trouves mon nombril. |
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- O Palè, par Diu Santu ! Mì ! crosciu sò di sudore, Aiò, dà, dammi issu santu Altrimenti lu priore, À la fin di la faccenda, Mette mi vole à l’amenda.
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-O Palè, par Dieu Saint ! Je suis trempé de sueur, Allez, donne, donne-moi ce saint Sans cela le prieur, A la fin de la cérémonie, Va vouloir me mettre à l’amende. |
MATTONE est jaloux de PALELLU qui a la meilleure place. Il va déstabiliser la belle organisation car il veut être vu et, surtout, car il ne veut pas être mis une nouvelle fois à l’amende par le prieur. Il exige de porter la statue à la place de PALELLU.
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- Amende ne dia sette Parchì sè troppu pultrone ! Incù le to barzulette Dannaristi à Sant’Antone ; Volimi sorte di via, Ghjuru lu beccu di Maria !
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-Des amendes, qu’il t’en donne sept. Car tu es trop fainéant ! Avec tes balivernes Tu damnerais Saint Antoine ; Ôte-toi de mon chemin, Par le bouc de Marie.
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- Ai bisognu di ghjurà Sangue di lu porc’acellu ! Sì t’ùn poni u santu avà, Vogliu ellu nasca un flagellu, È poi in quattru è quattru ottu Mandatti un bellu cazzottu.
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-Tu as besoin de jurer Sang de « porc’acellu » ! * Si tu ne poses pas le saint maintenant, Je veux que naisse une bagarre, Et puis en quatre et quatre huit T’envoyer un bon coup de poing.
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- Un cazzottu ? s’e t’agguantu Di tè ne facciu un stuppone ; Portu rispettu à lu santu Parchì semu in prucissione È s’eiu ùn ti pigliu in manu, A facciu pà lu piuvanu.
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-Un coup de poing ? si je t’attrape De toi j’en fais une bouchée ; Je respecte le saint Parce que nous sommes en procession Et si je ne te prends pas en main Je le fais pour le curé.
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- Ghjuru lu Ponziu Pilatu ! Tontu, scemu ed “imbacille” Più cà tè l’aghju amparatu À cantà lu diesille ; Poni quici à San Francè Chì hè più parente di mè.
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-Je jure par Ponce Pilate ! Fou, insensé et “imbacille” Mieux que toi j’ai appris A chanter le diesille ; Pose ici saint François Avec qui je suis plus parent que toi. |
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- Hè tamanta issa bugia Ch’ùn la sentu vulinteri : U santu ùn ci hà parintita In Soccia cù li sumeri, O piattati ind’un tafone, O sinnò levi un pattone.
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-Il est tellement gros ce mensonge Que je ne l’entends pas volontiers : Un saint n’a pas de parenté A Soccia avec les ânes, Ô cache-toi dans un trou, Ou je te mets une gifle.
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- Ma sè tù chì ai runcatu Cù le to ragione torte, S’eiu sò dissunuratu Tù farè la malamorte : Postu chì tù sè numicu, Par daretu ti pizzicu !
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-Mais c’est toi qui as brai Avec tes raisonnements tordus, Si je suis déshonoré Tu auras une mort violente : Puisque tu es mon ennemi Je te pince par derrière ! |
Le ton monte vite. Avec le refus de PALELLU, les insultes et les menaces ont commencé.
Parmi elles, l'expression "Sangue di lu porc’acellu !" est assez obscure. Augustin CASANOVA, dans le bulletin "A Mimoria" n°45, année 2002, pense qu'il s'agit du Saint Esprit car, dans la religion catholique, celui-ci est représenté par le vol d'une colombe ("acellu").
Des échanges de gentillesses, on peut retenir une expression peu connue mais qui, après tout, pourrait toujours servir de nos jours :
« Vai a vede versu Vicu
Si tu troviu me billicu. »
(Vas voir du côté de Vico
Si tu y trouves mon nombril)
MATTONE est le premier à en venir aux mains, de façon ridicule, en pinçant son adversaire.
Un autre exemple de procession perturbée. Dessin de Nicolas CARLOTTI extrait de « Grosso Minuto » (La Marge, 1996)
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À lu pizzicu Palellu Falà si face la cappa, Dopu tiratu un ghjumellu Par una braga l’achjappa È falendu pà la stretta, Ciattu, li face l’anchetta.
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Au pinçon Palellu Fait tomber la cagoule, Après avoir tiré sur la cordelette Par une jambe de pantalon le tire Et descendant par la ruelle, Sans rien dire, lui fait un croc-en-jambe. |
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Calci, pugni, urli, brioni ! Ribumbavanu in l’Umbriccia, Mattone senza calzoni, Li s’appittica à la ciccia Incù l’ugne, in modu tale, Par pilalli u barbazzale.
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Coups de pieds, de poings, hurlements et cris Retentissaient jusqu’à l’Umbriccia. Mattone sans pantalon L’attrape par les cheveux Avec les ongles, de façon A lui peler sa grande barbe. |
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Ma Palellu, da la sista, Lestru s’ammira à lu brugnu Piglia a livata è l’inquista Par mandalli un bruttu pugnu : A bighina sbiguttita Casca morta è supillita.
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Mais Palellu, plein d’effroi, Leste, vise la tête (le museau), Prend son élan et l’observe Pour lui envoyer un bon coup de poing sur le nez : La bigote effarée Tombe morte et enterrée. |
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- Ohimè ! chì m’arruvina ! Grida Mattone tribbiatu ; Di mè ne face pappina, Chjamatemi lu curatu, Tinite ad ellu, o ziu Frognu, Parch’à mene ùn ci hè bisognu.
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- Ohimè ! Il m’esquinte! Cria Mattone battu; Il me met en bouillie, Appelez le curé, Tenez-le, ô zio Frognu, Car il n’y a pas besoin de me tenir. |
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- Quare mene ripulisti ? Risponde Palellu in cesta ; Datemi bandera è cristi Chì vogliu saltalli in cresta. È c’un pizzicu in daveru, Li strisciula lu bragheru.
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-Pourquoi me repousse-tu ? (extrait d’un psaume), répond Palellu nu-tête ; Donnez-moi bannière et crucifix Je veux lui sauter dessus. Et d’un pincement pour de bon, Lui arrache le pantalon. |
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Un priore cuncorre è tene, Ma vistu l’omu spugliatu Zia Coditorta si svene À perde quasi lu fiatu È lu prete, in stu micidiu, Ricitò lu visibiliu.
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Un prieur accourt et le tient, Mais voyant l’homme dévêtu Zia Coditorta s’évanouit A en perdre la respiration Et le prêtre, dans ce massacre, Récita le visibiliu. |
Les coups pleuvent et les cris des deux hommes s’entendent jusqu’à l’Umbriccia, quartier de Soccia éloigné de l’église.
La bagarre tourne à la farce : MATTONE perd son pantalon, ce qui fait s’évanouir une femme.
La bagarre va-t-elle dégénérer ? Le sang va-t-il couler ? La procession ira-t-elle jusqu’à son terme ? Les réponses seront données dans le troisième article de cette série.
A suivre
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Une procession tragi-comique à Soccia: une belle organisation (1/3) - Le blog des Poggiolais
Voici un siècle qu'un grave incident troubla la sérénité du village de Soccia. Le récit, intitulé "Una prucissione in Soccia", en fut publié en 1924 par la revue A Muvra, de Petru ROCCA, sou...
Voici un siècle qu’un grave incident troubla la sérénité du village de Soccia.
Le récit, intitulé «Una prucissione in Soccia», en fut publié en 1924 par la revue A Muvra, de Petru ROCCA, sous la signature du poète MAISTRALE.
MAISTRALE (Dumenicu Antone VERSINI), surnommé « le barde de la Corse », naquit en 1872 à Marignana et mourut en 1950 à Ajaccio. Il était marié avec une Poggiolaise, Marie-Thérèse LOVICHI (1867-1948), fille de Giovan Paolo LOVICHI, instituteur à Poggiolo, et de son épouse Angela Francesca PINELLI (biographie détaillée en cliquant ICI).
Connaissant bien le haut-canton, MAISTRALE avait entendu parler de l’incident qui resta longtemps dans la mémoire socciaise car il est rare qu’une cérémonie religieuse soit troublée et finisse dans le plus grand désordre.
Ce poème de 37 strophes de 6 vers était écrit en corse, dans la graphie utilisée au début du XXe siècle par A Muvra et qui diffère de celle utilisée maintenant. Ainsi, le titre « prucissione in Soccia » s’écrirait désormais « prucessione di A Soccia ».
Vous pourrez lire face à face la version originale et la traduction française. Celle-ci fut assurée par Jean-Baptiste PAOLI, dit « Jeannot », l’historien de Soccia, qui en réalisa une petite brochure voici quelques années. Elle a été revue par le Poggiolais Jean-Baptiste PAOLI, chef de projet de Cunghjugatore corsu à Canopé Corse.
La longueur du texte nécessite de le publier et de l’expliquer en plusieurs fois.
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U quattru uttobre passatu Hè statu un ghjornu niellu, In Soccia ciò chì hè stalvatu A sà ancu megliu Palellu ; À casu, par tistimone, Ci saria ancu Mattone.
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Le quatre octobre dernier Fut une triste journée, Après ce qui est arrivé à Soccia Palellu le sait mieux que personne Et dans cette affaire, pour témoin, Il y eut aussi Mattone.
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In stu ghjornu, a san Francescu, Fù dicisa a prucissione ; U tempu era pocu frescu È durava u caldione, Ma malgradu lu calore, Cusì parlò lu priore :
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En ce jour, fête de saint François, La procession fut organisée; Le temps était peu frais Et la forte chaleur persistait, Mais malgré cette chaleur, Ainsi s’exprima le prieur:
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- Cù lu camisgiu stiratu, Riunitevi o fratelli, Ch’ognunu sia priparatu Sta sera, vechji è zitelli, Sia par purtà lu santu O par dà forza à lu cantu.
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-Avec l’aube repassée, Réunissez-vous, mes frères, Que chacun soit prêt Ce soir, jeunes et vieux, Pour porter le saint Ou pour chanter à pleine voix. |
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Chì, à la statula d’intornu, Cum’è par l’epifania, U fratellu à lu so tornu, Ci canti le Litanie È senza ghjatta nè topi, Ellu dica : ora pro nobi.
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Que, entourant la statue, Comme pour l’épiphanie, Chaque frère à son tour, Chante les “Litanies” Et “à bon chat, bon rat”, Dise “ora pro nobi”. |
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Quandu faraghju l’appellu, Cù lu libru in sacristia, Subitu ch’ogni fratellu Mi rispondi : Ave Maria ! À chì ùn porta à San Francè, Amende ne avarà trè.
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Lorsque je ferai l’appel, Registre en main à la sacristie, Que chaque confrère aussitôt Réponde: ave Maria! Celui qui ne portera pas Saint François Sera mis à l’amende trois fois. |
La première ligne indique que les faits se sont produits le « quatre octobre dernier » qui était le jour de la « fête de saint François » d’Assise. La parution de l’œuvre datant de 1924, la fameuse procession doit avoir eu lieu le jeudi 4 octobre 1923, ou peut-être une année ou plusieurs années auparavant.
Les premières strophes nous apprennent qu’il existait à Soccia une confrérie bien organisée qui possédait un prieur, un registre d’appel des membres et des amendes.
Cette confrérie était celle du Saint Rosaire qui, depuis 1919, avait comme prieur un autre Jean-Baptiste PAOLI et pour sous-prieur Antoine Dominique PIETRI.
Il existait à Soccia, en 1728, lors de la visite de l’évêque de Sagone Pier Maria GIUSTINIANI, une confrérie du Saint Rosaire mais elle était féminine. Celle qui existait au XXème siècle était entièrement masculine.
La ferveur à Notre-Dame du Rosaire était importante dans ce village. (voir http://poggiolo.over-blog.fr/la-fête-d-octobre-à-soccia). Mais, dans ce texte, c’est bien la statue de saint François d’Assise (« San Francè ») qui est sortie de l’église.
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Cù u santu si vaca pianu È lu passu si misuri, Incù lu missale in manu, A voce chì nimu ùn curi ; Cù candeli è bella cera, Si cumenci à sicut era.
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Avec le saint on chemine lentemant A pas comptés, Le missel à la main, Sans écouter son voisin; Avec cierges en bonne cire, On commence à “sicut era”. |
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Incù camisgiu è curdone È cappa sopr’à la testa Sta sera à la prucissione Si canti pà sta gran festa, Fendu quattru o cinque tondi, L’agnus dei speccat’a mondi.
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Avec l’aube et le cordon Et cagoule sur la tête Ce soir à la procession Que l’on chante pour cette grande fête, En faisant quatre ou cinq ronds L’agnus dei speccat’a mondi. |
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Appress’à issu parlamentu, Dopu betu à la funtana, U sacristanu cuntentu Fece un colpu di campana È par ùn esse in ritardu Lustrò i scarpi di lardu.
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Après ce discours, Ayant bu à la fontaine, Le sacristain content Sonna un coup de cloche Et pour ne pas être en retard Lustra ses chaussures avec du lard. |
Les confrères ont reçu des consignes précises et très détaillées sur leur allure pendant la procession, leur habillement, leur façon de chanter…
On pourra remarquer que tous les chants sont en latin, comme l’était alors toute la célébration de la messe.
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Infine à l’ultimu pichju, Ancu Grillu in filacchina S’avvicinò da lu nichju Pà a porta masciulina : Intuppendusi una panca, Messe a scicca à parte manca.
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Enfin au dernier coup Même Grillu en habit de cérémonie S’approcha de la niche Par l’entrée des hommes: Saisissant un banc, Il posa sa chique sur la gauche.
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À lu son di a campanella Ognunu cacciò la barretta, Ogni donna ancu zitella Pigliò l’acqua binadetta È cum’è pà le gran messe U camisgiu omu si messe.
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Au son de la clochette Chacun retira sa casquette Chaque femme, même jeune fille Prit l’eau bénite Et comme pour les grand-messes Les hommes mirent leur aube. |
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Dopu ghjunta Mariola À fà vede e so puntette, U prete messe la stola È le so bianche faldette ; À tutti messe lu siscu Cù lu domine vobiscu.
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Après l’arrivée de Mariola Pour faire voir ses dentelles, Le prêtre mit l’étole Et ses surplis blancs; Il fit sursauter tout le monde En entonnant le domine vobiscu. |
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Appress’à tutti i zitelli Eccu e figlie di Maria Cù midaglia è frisgitelli È filari in fantasia : In li cantichi puliti Quesse cherenu mariti.
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Derrière les enfants Voici les filles de Marie Avec médailles et fanfreluches Et foulards de fantaisie; A travers les cantiques pieux Celles-ci cherchent des maris.
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Eccu lu piuvanu accantu À quattru omi infurcazzati ; Dopu ne vene lu santu Cù li panni tarulati È Palellu, à lu so dettu Pare u parente più strettu.
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Voici le curé à côté Des quatre hommes ployant sous l’effort Puis vient le saint Avec ses vêtements mités E Palellu, qui selon lui, Parait son plus proche parent. |
La procession est bien organisée, avec une place précise pour chacun:
- en avant, les enfants
- puis, les « filles de Marie », ou enfants de Marie, adolescentes engagées dans ces groupes fondés en 1837 pour approfondir leur foi, mais qui à Soccia, visiblement, pensent à autre chose, petit clin d’œil sur la différence entre l’aspect extérieur et la réalité profonde
- le curé qui était Jean-François BONIFACI depuis 1917
- la statue de saint François d’Assise (qui avait été offerte en 1893 par des paroissiens) avec ses porteurs
- le reste de la confrérie
- les autres habitants.
Tout est magnifique mais, très rapidement, ce bel ordre va se détraquer et la procession tournera à la grosse farce.
A suivre
MAISTRALE de Marignana (et de Poggiolo ?) - Le blog des Poggiolais
Le style très plaisant du poème " Una prucissione in Soccia ", publié ces jours derniers sur ce blog, est caractéristique de Dumenicu Antoniu VERSINI, journaliste et écrivain qui fut surnommé...
http://poggiolo.over-blog.fr/2015/10/maistrale-de-marignana-et-de-poggiolo.html
Bonsoir,
Nous vous informons qu’une réunion d’information se tiendra à l’église d’Orto le samedi 28 septembre 2024 à 16h00.
À l’ordre du jour, la création de la Confrérie Sant’Antone Abbate d’Ortu.
Nous évoquerons au cours de la réunion nos engagements et nos projets à venir. Nos cartes d’adhésions seront disponibles.
A Cunfraterna Sant’Antone Abbate d’Ortu
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Vacances de la Toussaint:
du samedi 17 octobre au lundi 2 novembre 2026
Vacances de Noël:
du samedi 19 décembre 2026 au lundi 4 janvier 2027
Début janvier 2027:
Assemblée générale du Comité des Fêtes.
Vacances d'hiver:
du samedi 13 février 2027 au lundi 1er mars 2027
Vacances de Pâques:
du samedi 10 avril 2027 au lundi 26 avril 2027
Vacances d'été:
à partir du samedi 3 juillet
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L'album de photos des Poggiolais:
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Pour le commander, suivre le lien:
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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?
Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com
Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.
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Les articles du blog se trouvent sur la page Facebook du groupe Guagno-les-Bains Poggiolo.