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4 août 2022 4 04 /08 /août /2022 23:00

 

Faire le point sur la recherche historique est toujours nécessaire. L'association Letia-Catena l'a bien compris en organisant cet été une nouvelle rencontre d'historiens corses, le 7 août à Letia.

 

Les historiens se rencontrent à Letia le 7 août

 

Communiqué:

 

Le dimanche 7 août 2022, notre association organise

                     I SCONTRI DI LETIA

                     Les rencontres de Letia   

 

I Scontri di Letia  se dérouleront place de l’église à San Martinu, le dimanche 7 août.

 

  À l’occasion de ces rencontres, divers historiens et essayistes viendront exposer  les résultats de leurs recherches et présenter leurs dernières publications.

 

    - Nous recevrons tout d’abord Jean Pierre POLI, avocat et essayiste. Il est l’auteur, en 2007, du livre Autonomistes corses et irrédentisme fasciste. En mai 2019, il a publié aux éditions Piazzola Vingt ans de résistance corse 1769-1789. Il interviendra en début d’après-midi pour nous présenter son livre Autonomistes corses et Irrédentisme fasciste et pour évoquer le journal «A Muvra », créé à Paris par les frères Rocca. Organe de combat de la mouvance autonomiste corse et de leur parti, le journal A Muvra disparaîtra en 1939, parce qu’on l’assimilait à une revue irrédentiste.

 

      -Ghjuvan  Ghjaseppiu FRANCHI, écrivain et poète, qui a dirigé la revue en langue Corse Rigiru, fera un exposé sur les écrivains et poètes du Vicolais, Santu Casanova,  Petru Santu Leca et Paul Arrighi.

 

      -Antoine Marie GRAZIANI, historien et chercheur, viendra, comme chaque année depuis 2011, animer nos conférences, et clôturer ce cycle. Il fera un exposé sur l’un de ses livres intitulé La Corse vue de Gênes. Il est à l’origine des recherches les plus approfondies sur la Sérénissime dont il a exploré les archives, commenté et disséqué les contenus. Il est aussi l’auteur du livre La Corse Génoise.

                    

 

        Nous comptons sur votre présence amicale et active.

 

    Ouverture du Site, place de l’église, Letia Saint Martin,

à compter de 13H,

début à 14H00.

 

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28 juillet 2022 4 28 /07 /juillet /2022 18:00

 

   Contre l'insécurité, il faut avoir la volonté de la combattre et s'en donner les moyens.  Un exemple en fut fourni voici exactement deux cents ans. 

 

 

Le ratage du guet-apens

    Entre 1820 et 1827, le bandit Théodore Poli, de Guagno, faisait régner la terreur dans la région vicolaise. Le 29 juillet 1822, le trésorier-payeur Pozzo di Borgo se trouvait à Guagno-les-Bains et devait se rendre à Vico porteur d'une grosse somme. Mais il avait reçu plusieurs messages de plus en plus menaçants de Brusco, le principal lieutenant de Théodore, qui voulait le racketter (même si le mot n'existait pas encore).

 

    Le maire de Poggiolo décida de faire escorter le fonctionnaire par une quarantaine de villageois armés.

 

   Théodore et Brusco s'étaient postés derrière un rocher, sur la route de Sorru, à environ 4 kilomètres de la station thermale. En voyant arriver la troupe, les bandits renoncèrent à lancer l'assaut. Ils se contentèrent de tirer quatre balles qui tombèrent aux pieds des paysans et ils s'enfuirent en montrant le poing tandis que les Poggiolais se moquaient d’eux.

 

   Il faut reconnaître que de tels actes furent rares et que Théodore poursuivit sa carrière jusqu'à sa mort cinq ans plus tard mais la réputation du maire en fut renforcée.

 

 

 

Pascal Paoli parrain d’un Poggiolais

    L’édile courageux était Carlo Francescu Pasquale Pinelli et il était le filleul de Pascal Paoli.

 

   Pour montrer leur attachement au Général de la Nation, plusieurs familles de notables lui demandèrent d’être le parrain de leurs fils. Jean-Laurent Arrighi a répertorié trois cas à Vico, entre 1756 et 1764, pendant la période de l’indépendance («Vico Sagone, Regards sur une terre et des hommes», ouvrage collectif, ed. Piazzola, 2016, pages 81 et 82).

 

   Le cas poggiolais est particulier car le baptême eut lieu en l’église Saint Siméon le 30 septembre 1795. Depuis juin 1794, sous l’influence de Pascal Paoli, la rupture avec la France révolutionnaire avait été votée par la Consulte de Corte et le royaume anglo-corse avait été institué. 

 

Fonts baptismaux de l'église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

Fonts baptismaux de l'église St Siméon de Poggiolo (photo Michel Franceschetti).

   

Le nouveau chrétien, fils de Gioan Natale Pinelli et de son épouse Maria Leca, reçut les prénoms de «Carlo francesco Pasquale».

 

   Le dernier prénom est aussi celui du parrain que l'acte de baptême appelle «Sua Xccelonza il Signore Generale Pasquale de Paoli», formule mise en valeur car écrite avec des lettres plus grosses que les autres et avec de grandes boucles. Elle est encadrée en rouge dans la reproduction ci-dessous.

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo

 

   Le doute n’est pas permis: ce personnage est bien Pascal Paoli, u «Babbu di a Patria», le Père de la Patrie corse.

 

   Le parrain n’était pas présent mais cette absence n’avait rien d’étonnant. Pascal Paoli n’était pas venu non plus aux baptêmes vicolais mentionnés ci-dessus. Il était remplacé par un mandataire. 

 

   Au moment de la cérémonie de Poggiolo, le vieux chef corse n’était d’ailleurs pas libre de ses mouvements. A Bastia, où il se trouvait alors, il était sous la surveillance constante des Anglais. Le 14 octobre, deux semaines après le baptême, il s’embarqua à Saint-Florent pour son exil en Angleterre où il finit sa vie. 

 

 

L’homme le plus cultivé de Corse

 

   Il est bon de savoir qui était l’homme qui représenta Pascal Paoli.

 

   L’acte du baptême indique que la procuration avait été attribuée «nella persona del Signor Dottor Giovantonio pinelli».

 

   Il est facile de reconnaître sous ces mots Gian Antonio Pinelli, surnommé «l’homme le plus cultivé de Corse».

 

   Né le 6 septembre 1760, Gian Antonio était le grand-oncle du jeune baptisé. Dans le document, il est qualifié de «Signor Dottor» car, entré dans les ordres, il devint docteur en théologie (1785) et en droit (1789).

 

   Au début de la Révolution Française, il fut élu à l’assemblée départementale puis à la consulte de 1794 qui désigna le roi d’Angleterre comme roi de Corse. Gian Antonio serait allé habiter Florence pendant la période du royaume anglo-corse. Mais il était pourtant bien présent au baptême de son petit-neveu. Sa signature est bien visible en bas du document, juste au-dessus de celle du curé Giovanni Bonifacy.

 

   Le nom et la signature sont mis en évidence ici par un soulignage vert. 

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo


 

 Une longue carrière

 

   Le filleul de Pascal Paoli vécut à Poggiolo.

 

   Carlo Francesco Pasquale devint greffier de justice de paix du canton de Soccia, peut-être avec l’aide de son grand-oncle Gian Antonio. Le représentant du Père de la Patrie lors du baptême était devenu un personnage important: dernier vicaire général du diocèse de Sagone, secrétaire général de la préfecture sous Napoléon Ier, invité au mariage de l’empereur avec Marie-Louise, il fut nommé sous la Restauration conseiller général du canton de Soccia, tout en étant curé de deuxième classe de Soccia avec autorité sur les desservants de Guagno, Orto et Poggiolo. 

 

   Il n’est pas interdit de penser qu’il ait permis à Carlo Francesco Pasquale de devenir maire de Poggiolo en été 1821 (à 26 ans!). A cette époque, les maires des petites communes n’étaient pas élus mais désignés par le préfet, donc avec l’accord du gouvernement.

 

    «L’homme le plus cultivé de Corse», qui avait, disait-on, la plus grande bibliothèque de Corse, servit fidèlement l’administration, favorisant la diffusion de la langue française dans la presse et les écoles corses. 

 

    Le filleul de Paoli fit de même dans son domaine. A partir de 1824, tous ses actes d’état-civil furent rédigés en français. En revanche, dans les documents où il fut remplacé par son adjoint Antoine François Pinelli, le texte était entièrement en italien. 

 

   Rappelons que l'obligation de rédiger les actes d'état-civil dans la seule langue française date de 1852.

 

   Le maire de Poggiolo n’utilisait chaque fois que son premier prénom sous la forme française de Charles, oubliant complètement Francesco et surtout Pasquale. Très souvent, il écrivait simplement: «Pinelli maire».

 

Pascal Paoli avait un filleul à Poggiolo

 

   Sa fonction l’entraîna à enregistrer le décès de son grand-oncle Gian Antonio Pinelli, rappelé à Dieu le 26 décembre 1832 en la maison familiale de Poggiolo.   

 

Maison Pinelli (photo Michel Franceschetti).

Maison Pinelli (photo Michel Franceschetti).

 

   Maintenu à la tête de la municipalité poggiolaise sous la Monarchie de Juillet, Charles signa son dernier acte d’état-civil le 2 juillet 1847. Il décéda le 14 avril 1849 à l’âge de 54 ans. Il ne s’était pas marié et n’avait pas d’enfant.

 

    Paradoxalement, le filleul de Pascal Paoli fut un acteur docile de la francisation à Poggiolo.

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La vie de Gian Antonio PINELLI, l'homme le plus cultivé de Corsea fait l'objet de trois articles de ce blog auxquels il est bon de se référer.

 

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19 juillet 2022 2 19 /07 /juillet /2022 18:00

 

Il n'existe plus aucune trace de l'hôpital militaire qui eut pourtant pendant soixante ans un rôle important dans la renommée de Guagno-les-Bains comme station thermale. Son histoire commença il y a deux cents ans.

 

 

L'AUTORISATION OFFICIELLE

 

Voici exactement deux siècles, en 1822, en même temps que put être édifié l'établissement thermal. Cette année-là, Jean MULTEDO, originaire de Vico, obtint l'autorisation du roi Louis XVIII de construire un hôpital destiné aux soldats malades ou blessés. 

L'ordonnance est datée du 26 juin 1822. Elle est signée par le roi et par "le Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur" Jacques-Joseph CORBIÈRE.

 

Elle comporte deux articles dont voici le texte:

Art. 1er

Le maire de Guagno, département de la Corse, est autorisé à vendre, au nom de cette commune, au Sr MULTEDO un terrain de vingt-trois mètres vingt-neuf centimètres de long sur quatorze mètres quatre vingt six centimètres de large, moyennant la somme de deux cent quarante francs; montant de l'estimation, et à la charge pour l'acquéreur d'y élever un bâtiment propre à recevoir douze officiers et cinquante sous-officiers ou soldats, en exécution d'un projet arrêté par notre Ministre secrétaire d'Etat au Département de la guerre.

Art 2

Notre Ministre Secrétaire d'Etat au département de l'Intérieur est chargé de l'exécution de la présente ordonnance.

 

L'hôpital militaire autorisé le 26 juin 1822, il y a deux cents ans
L'hôpital militaire autorisé le 26 juin 1822, il y a deux cents ans

 

 

La décision royale intervenait après tout un processus administratif:

 

"Le montant de l'estimation avait été préalablement fixé de manière contradictoire par MM. Jean PINELLI et Jean-Toussaint CASANOVA, maçons de la commune de Guagno, experts nommés par délibération de cette commune le 30 septembre 1821. Vu l'enquête de commode et incommodo faite à Guagno le 13 février 1822, le préfet de la Corse avait autorisé cette aliénation le 28 février 1822" (François VAN CAPPEL DE PRÉMONT, Guagno-les-Bains à travers la petite histoire du thermalisme).

 

 

 

LA CREATION

 

Le terrain acquis par MULTEDO et sur lequel fut construit l'établissement destiné aux militaires se trouvait à l'endroit où la route venant de Vico se divise entre, d'un côté, la direction de Guagno et, de l'autre côté, celle d'Orto, Poggiolo et Soccia.

 

Le plan général "dressé et présenté" par l'architecte COTIN le 20 décembre 1838 permet de connaître la forme et les dimensions de ce bâtiment (qui est entouré de vert sur le plan).

 

L'hôpital militaire autorisé le 26 juin 1822, il y a deux cents ans

 

Le cadastre napoléonien de 1857 le montre également.

 

Les images de l'irrésistible dégradation de l'hôpital militaire

 

Les lettres E.T. signifient: Etablissement Thermal.

Les lettres H. M. (Hôpital Militaire) montrent que la construction de Jean MULTEDO était composée de deux parties. La parcelle 169 (cerclée de rouge ici) correspond à la chapelle Saint-Antoine. Elle était englobée dans l'ensemble.

 

Mais on ne voit pas les "petites cellules placées à l'extérieur et adossées à la chapelle de Saint-Antoine et à l'une des ailes de l'hôpital militaire, (qui) servent logemens (sic) de domestiques", mentionnées par le docteur Jean-Baptiste THIRIAUX, à la page 4 de son Essai sur la topographie physique et médicale de Saint-Antoine de Guagno, publié en 1829.

 

Progressivement, après une période glorieuse sous le Second Empire, l'hôpital fut délaissé. Un décret décida de sa fermeture définitive le 1er juin 1883.

 

La ruine du bâtiment fut ensuite une longue agonie. Il n'en reste plus rien. Sur le terrain autrefois occupé par l'hôpital, il ne reste plus que la chapelle Saint Antoine.

 

Etat actuel de la chapelle Saint Antoine.

Etat actuel de la chapelle Saint Antoine.

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6 décembre 2021 1 06 /12 /décembre /2021 18:00

 

Le récit quotidien de la répression policière de 1931, entamé le 8 novembre, sur le Blog des Poggiolais s'est terminée le 5 décembre, la majorité des forces de l'ordre engagées ayant alors rembarqué.

 

Une synthèse de la question du banditisme et de sa répression à l'époque a été publiée par le quotidien La Provence vendredi 3 décembre. Dans sa rubrique hebdomadaire "Campà corsu", Marine STROMBONI a signé un article intitulé "Le jour où l'Etat a décidé "d'épurer le maquis" corse"". Elle remet l'expédition de 1931 dans le cadre de l'ensemble de l'histoire du banditisme dans l'île.

 

Une seule remarque: l'arrestation d'André SPADA n'eut lieu que le 29 mai 1933, un an et demi après la "répression du maquis". Mais il est vrai que le bandit avait perdu sa tranquillité, ses complices et ses abris à cause de l'opération de retour à la loi et à l'ordre.

 

Les documents peuvent être agrandis en cliquant sur eux.

La débanditisation en un seul article
La débanditisation en un seul article
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5 décembre 2021 7 05 /12 /décembre /2021 08:00

 

   L'alerte était passée. L'expédition avait réussi. L'ordre et la loi étant rétablis en Corse, le dispositif policier pouvait se relâcher. 

 

   LE PETIT PROVENÇAL le démontra jeudi 5 décembre 1931 en publiant en première page deux photos de gardes mobiles débarquant à Marseille et montant dans des camions. En plus des hommes arrivés par le "Ville d'Ajaccio" le 2 décembre (voir article ICI), le journal annonçait qu'un autre contingent venait d'arriver avec le "Cap Corse". La cause était entendue.

 

Chronique de la répression du maquis - 5 décembre: la boucle est bouclée

 

   La boucle était bouclée. Pratiquement un mois après l'appareillage de l'armada, le maquis corse avait été "épuré".

 

   En réalité, les grandes vedettes se cachaient encore dans les Deux Sorru et la Cinarca.

 

   Les villages, et notamment ceux du canton de SOCCIA, subirent encore pendant de longs mois une forte surveillance policière.

 

   Ce maintien eut d'ailleurs une conséquence dramatique à GUAGNO à la fin du mois de décembre: les armes ayant été confisquées, il ne fut pas possible de tirer un coup de feu pour prévenir la population d'un incendie, incendie que les gendarmes mobiles cantonnés dans le village auraient pu contribuer à éteindre. Lisez l'article paru le 29 décembre dans LE PETIT MARSEILLAIS.

 

Chronique de la répression du maquis - 5 décembre: la boucle est bouclée

 

   Il faudra attendre le 11 février 1932 pour prendre Jean-Baptiste TORRE à MUNA, le 1er juin pour que Bastien SPADA se constitue prisonnier à AJACCIO et, enfin, le 29 mai 1933 pour capturer André SPADA à COGGIA.

 

   Le gouvernement eut peu de temps pour se glorifier d'avoir rétabli la loi et l'ordre en Corse, car le ministère dirigé par Pierre LAVAL fut renversé le 14 janvier 1932 par la Sénat... pour avoir voulu changer la loi électorale.

 

 

Ainsi s'achève la série d'articles consacrée à cette expédition qui secoua fortement la Corse et dans laquelle Poggiolo, Guagno-les-Bains et Sorru se trouvèrent en position centrale. Un grand merci aux lecteurs qui nous ont suivis et encouragés dans cette étude.

 

 

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4 décembre 2021 6 04 /12 /décembre /2021 08:00

 

   On pouvait feuilleter et refeuilleter toutes les pages du PETIT PROVENÇAL et du PETIT MARSEILLAIS du vendredi 4 décembre 1931 mais il fallait se rendre à l'évidence: aucune nouvelle sur la Corse.

 

    Profitons de l'occasion pour publier un autre texte de chanson de l'époque: "u lamentu di Spada", copié dans le livre de Lucia MOLINELLI-CANCELLIERI consacré à "SPADA, dernier bandit corse".

 

Chronique de la répression du maquis - 4 décembre: u lamentu di SPADA

 

    Contrairement au chant déjà publié, nous avons ici à la fois la version corse et la version française. Censé parler en personne, le plus célèbre des bandits y évoque son père, sa mère, son frère Bastien, son ami RUTILI, l'attaque de la voiture postale de LOPIGNA et sa maîtresse Marie CAVIGLIOLI.

Chronique de la répression du maquis - 4 décembre: u lamentu di SPADA
Chronique de la répression du maquis - 4 décembre: u lamentu di SPADA
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3 décembre 2021 5 03 /12 /décembre /2021 08:00

 

   Après l'arrestation de Toussaint CAVIGLIOLI,  les journaux du jeudi 3 décembre annoncèrent celle de Jacques GARDELLA près de ZIGLIARA. Il avait été la cause du meurtre de deux gendarmes qui l'avaient arrêté et qui furent abattus par Joseph BARTOLI dans un café de PALNECA le 29 avril 1931.

 

  LE PETIT MARSEILLAIS coupla l'annonce concernant GARDELLA avec la photo de Toussaint CAVIGLIOLI entouré par les gendarmes. 

 

   Le filet semblait se resserrer de plus en plus sur les bandits restants.

 

 

Chronique de l'épuration du maquis - 3 décembre: bientôt la fin?

 

   Il n'est donc pas étonnant de trouver, en pages locales du PETIT PROVENÇAL, l'annonce de l'arrivée à Marseille du navire "Ville d'Ajaccio" avec une trentaine de gardes mobiles et leurs autos-mitrailleuses. Le retour à l'ordre ne nécessitait plus de gros effectifs.

 

    L'article reprit les propos de M. TOMASI, commissaire de police mobile, qui confirma que les têtes des deux frères SPADA, de BORNÉA et de TORRE étaient mises à prix pour 100.000 francs chacune. Il déclara également sa certitude que l'arrivée de la mauvaise saison allait les obliger à se rendre.

 

Chronique de l'épuration du maquis - 3 décembre: bientôt la fin?
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2 décembre 2021 4 02 /12 /décembre /2021 08:00

 

   Une grande victoire put enfin être annoncée par LE PETIT PROVENÇAL du mercredi 2 décembre 1931: "Toussaint Caviglioli a été capturé par la police mobile et la gendarmerie".

 

   Cette capture s'est déroulée entre Vico et Murzo, près du pont de Belfiore, plus exactement "dans une bergerie abandonnée, située entre le col de Belfiore et le village de Vico".

 

Pont de Belfiore (photo publiée sur la page Facebook de Cyrnea Découverte).

Pont de Belfiore (photo publiée sur la page Facebook de Cyrnea Découverte).

 

   D'après cet article, "Caviglioli était très fatigué, déprimé par les privations et la vie errante qu'il menait depuis un mois". 

 

   LE PETIT MARSEILLAIS, bien que titrant "Le jeune bandit Toussaint Caviglioli tombe dans une embuscade et se rend", laissa entendre qu'un accord avait été conclu entre le bandit et la gendarmerie. 

 

"La nuit précédant l'arrestation, il l'avait passée dans une bergerie du col de Belfiore et c'est quelques minutes après avoir quitté la bergerie, vers 3 heures du matin, qu'il rencontra sur la route les deux commissaires et les trois gendarmes embusqués, qui le trouvèrent, en effet, désarmé et disposé à éviter toute résistance."

 

 

 

Chronique de l'épuration du maquis - 2 décembre: Victoire à Belfiore

 

    Toussaint CAVIGLIOLI fut jugé avec Jean-Baptiste TORRE par les Assises de Bastia du 16 au 20 novembre 1933. Il plaida avoir été sous l'influence de son oncle François CAVIGLIOLI et, la Cour lui ayant accordé les circonstances atténuantes, il fut condamné aux travaux forcés à perpétuité alors que TORRE subit la peine de mort pour avoir tiré le coup de feu qui coûta la vie à Antoine GUAGNO lors de l'attaque de GUAGNO-LES-BAINS.  

 

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1 décembre 2021 3 01 /12 /décembre /2021 08:00

 

   Pendant que les policiers s'activaient, les affaires courantes continuaient.

 

   Ainsi, LE PETIT MARSEILLAIS du 1er décembre 1931 titra en première page sur la visite des chantiers de La Ciotat et La Seyne par le ministre de la Marine et ne livra aucune information sur la Corse.

 

Chronique de l'épuration du maquis - 1er décembre: une complainte populaire

 

   LE PETIT PROVENÇAL du même jour, dans sa rubrique habituelle "Nouvelles de la Corse", donna un compte rendu de la réunion du conseil municipal d'Ajaccio du 16 novembre, avec seulement deux semaines de retard! Les décisions prises concernaient l'immobilier. Elle se firent "sous la présidence de M. H. Campiglia, premier adjoint, faisant fonctions de maire". Rappelons que François COTY avait été élu maire le 25 janvier précédent mais qu'il ne remit ensuite plus jamais les pieds en Corse (voir article ICI).

 

extrait du site http://paghjella.blogspot.com

extrait du site http://paghjella.blogspot.com

 

   Faute de mieux, nous reproduisons une complainte qui, d'après Lucia MOLINELLI-CANCELLIERI dans son livre sur SPADA (voir article précédent), fut composée et chantée dans les tavernes et vieilles rues corses lors de l'opération policière de novembre 1931. Malheureusement, l'auteur ne donne que la version française. Un lecteur aurait-il la version corse?

 

"Sur un rocher éloigné de la France

Qui des Français doit être vénéré

La tête haute et l'œil plein de méfiance

Ainsi parlaient les bandes assemblées.

 

Quels sont ces bruits qui courent dans nos villes

De Brest jusqu'au port de Toulon?

Il va venir six cents gardes mobiles

Pour conquérir l'île de Napoléon.

 

Toi Bornea, toi qui étais gendarme,

Tu as pu juger de leur hypocrisie.

Jamais, jamais, ne mets bas les armes,

Sache mourir en crachant ton mépris.

 

Toi, Torre, malgré ta jeunesse,

Ne flanche pas, fais comme tes anciens,

Avec Caviglioli, marche sans faiblesse,

L'œil aux aguets et le doigt sur le chien."

 

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30 novembre 2021 2 30 /11 /novembre /2021 08:00

 

ELOGE DE PASCAL PAOLI

 

   Grande satisfaction pour tous les marins: les journaux du lundi 30 novembre 1931 publièrent le compte-rendu du lancement du paquebot "Pascal Paoli" aux chantiers de PORT-DE-BOUC, en présence de Louis de CHAPPEDELAINE, ministre de la Marine marchande, et de François PIETRI, ministre du Budget, mais aussi député et président du conseil général de la Corse.

 

Le Petit Marseillais du 30 novembre 1931.

Le Petit Marseillais du 30 novembre 1931.

 

   Ce fut en ces deux dernières qualités que PIETRI prononça une allocution dans laquelle il évoqua la mémoire de Pascal PAOLI qui "fut moins l'adversaire de la puissance française que l'apôtre passionné des libertés corses".

 

Photo parue dans Le Petit Provençal du 30 novembre 1931.

Photo parue dans Le Petit Provençal du 30 novembre 1931.

 

   Il ajouta ensuite:

 

"Si Bonaparte est tout notre orgueil, Paoli est toute notre émotion. Napoléon, au demeurant, est à la France entière, ou à l'Europe; Paoli est à nous seul. Ne cherchez pas à débrouiller les tréfonts (sic, au lieu de tréfonds) d'une sensibilité collective, faite d'éléments qui échappent à la dure logique nationale. Laissez-nous croire simplement que le héros de nos dernières luttes, en mettant fin, chez nous, à cinq siècles de désordres, en y faisant régner une impartiale justice, une justice à laquelle, par le plus éclatant hommage que la postérité puisse rendre à un homme, son nom sert encore d'éloge - giustizia paolina - en fondant l'université de Corse, en abaissant la tyrannie des seigneurs, en dotant notre pays d'une constitution libérale, nous a préparés dignement à l'honneur d'être un jour des Français".

 

 

UN SILENCE SUSPECT

 

   Aucune allusion ne fut faite sur la chasse aux bandits qui avait alors lieu sur l'île. L'HUMANITÉ de ce même jour trouvait d'ailleurs ce silence suspect: 

 

"A la débauche de publicité qui accompagna les débuts de l'expédition policière en Corse a succédé la consigne du silence.

(...)

Après les <<communiqués>> et les reportages sensationnels des journalistes de police festoyant avec les officiers au <<Canari>>, à Ajaccio, on est revenu au régime des petites nouvelles sobres, des dépêches laconiques de l'Agence Havas.

(...)

Ce qui ressort de ces nouvelles devenues si modestes, c'est que plus que jamais la présence d'un corps expéditionnaire pour donner la chasse à cinq ou six individus serait absolument ridicule, s'il n'y avait pas autre chose.

 

Mais il y a autre chose. Il y a le plan militaire de l'impérialisme français sur la Corse."

 

   Egalement suspecte pour les communistes était la toute récente condamnation à mort de MATTEI.

 

   En effet, "nul doute que cette condamnation n'ait été obtenue que par une pression spéciale des autorités françaises."

 

   Le journal décrivit ensuite la bagarre, terminée par un coup de feu, qui valut la peine capitale à MATTEI et il termina:

 

   "Il a déclaré regretter profondément son geste, commis dans un moment de fureur. Ajoutons, pour les patriotes, que cinq de ses frères ont été tués à la guerre. Mais les circonstances atténuantes lui ont été refusées. Il aura la tête tranchée sur la place publique de Bastia.

   Il est clair que cette exécution a été décidée en connexion de l'occupation militaire, pour terroriser la population."

 

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Présentation

  • : Le blog des Poggiolais
  • : blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù). Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
  • Contact

Qu'est-ce que ce blog?

Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité.
POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici.
Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO.
Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images.
Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).

Recherche

Le calendrier poggiolais

 

 

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Le mercredi jusqu'au 2 septembre:

Marché communal de Vico du mercredi de 8h à 13h place Padrona.

 

Du 20 au 29 juillet:

Festival Sorru in musica.

La première soirée, en l'église Ste Marie de Vico, sera en hommage à Philippe DUBREUIL, fidèle ami et pilier du festival.

 

Mardi 4 août:

bénédiction des maisons à Poggiolo.

 

Dimanche 16 août après-midi.

Messe et procession de saint Roch:

 

Mercredi 19 août:

Récital Diana di l'Alba

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L'album de photos des Poggiolais:

Pour le commander, suivre le lien:

https://www.collectiondesphotographes.com/i-nostri-antichi-di-u-pighjolu-de-philippe-prince-demartini.html

 

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Votre ancêtre a participé à la guerre de 1914-1918?

Envoyez une photo de lui à l'adresse larouman@gmail.com

Elle pourra être publiée dans notre dossier des combattants poggiolais.

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La météo poggiolaise

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