C'est du moins la conclusion que l'on peut en tirer maintenant que les panneaux signalant l'entrée ou la sortie des deux villages ont complètement disparu.
Non, pas totalement disparu puisque, aujourd'hui 14 novembre, l'on peut en voir un comme épave dans la rivière.
Il s'agit bien de la pancarte qui était au pont de Guagno-les-Bains. Voici ce qu'il en reste sur la terre ferme et comment il était auparavant:
Dans la foulée de cette initiative très intelligente, l'indication de Poggiolo-U Pighjolu vient de disparaître à la Chiusa, avant les premières maisons.
Ce maigrelet poteau ne porte plus que le numéro de la route départementale alors que, auparavant, il était ainsi:
En ajoutant à ce tableau de chasse, le panneau des Trois Chemins dont l'article "Le village est tombé bien bas" signalait la chute dès le 28 juin 2011 (depuis, il a complètement disparu lui aussi), la signalisation des deux hameaux de la commune a bien été vandalisée.
Les services techniques vont avoir beaucoup de travail. Mais, comme dans toute situation de ce genre, la même question revient: QUI PAIERA?
Guagno-les-Bains est connu depuis des siècles pour la qualité de son eau thermale sulfureuse. Elle a permis à la station thermale de connaître des périodes de gloire. Cette époque reviendra quand l'établissement pourra recevoir à nouveau des curistes.
Mais, paradoxalement, les habitants actuels ont des difficultés avec l'eau potable. Hier, vendredi 7 novembre, vers midi, l'alimentation en eau du hameau à été coupée. La coupure à duré jusqu'à samedi 8 à 11 heures.
La raison serait la rupture de la vanne générale du Foyer d'Aide Médicalisée. Pour éviter l'inondation du FAM, il aurait fallu procéder à une coupure de tout le village. La situation a donc été difficile pendant 23 heures. Comme l'a écrit à notre blog une habitante: "En attendant, on se lave dans les bassines et pour le reste... ça se passe dans le maquis... un peu frais!".
L'eau coule maintenant dans toutes les maisons mais de nouveaux ennuis peuvent encore se produire. Il y a déjà eu quelques coupures les mois précédents. L'équipement du foyer (qui occupe une partie de l'ancien Hôtel des Thermes) est à bout de souffle à cause de son âge. La pompe qui distribue l'eau aux robinets est également ancienne.
Mais nul doute que ces désagréments finiront par disparaître bientôt.
Le Conseil d'Etat a finalement tranché mercredi 5 novembre sur les recours déposés contre le nouveau découpage des cantons de Corse-du-Sud. Les demandes ont été rejetées. L'avis du Conseil d'Etat reconnaît bien que, avec 7.400 habitants pour 33 communes, le canton de Sevi-Sorru-Cinarca est bien moins peuplé que la moyenne départementale qui est de 13.000. Il dépasse largement la tolérance de 20% de variation admise par la loi.
Mais la haute juridiction estime que l'augmentation de la superficie de ce canton aurait "déséquilibré la répartition des cantons". Les considérations géographiques sont "suffisantes pour justifier la dérogation au principe du découpage essentiellement démographique".
Voici le texte officiel de l'arrêt du Conseil d'Etat tel qu'il a été publié sur son site internet et qui donne une leçon de géographie de la Corse:
Le canton n° 10 (Sevi/Sorru/Cinarca) s’écarte de – 43,55% de la population moyenne des cantons du département. Un tel écart ne correspond pas à un découpage sur des bases essentiellement démographiques. Cependant, le Conseil d’État estime qu’il ressort des pièces du dossier que le Gouvernement a procédé à la délimitation de ce canton en se fondant, à titre principal, sur les nécessités résultant des considérations géographiques du territoire du département.
En effet, ce canton, qui est le deuxième du département en nombre de communes, représente déjà 20 % de la surface du territoire départemental, et il n’aurait pu voir sa superficie augmentée sans déséquilibrer la répartition des cantons. Le canton est bordé au nord et à l’est par le département de la Haute-Corse, et à l’ouest par la mer Méditerranée. Si sa limite Sud est constituée par le canton n° 8 (Gravona/Prunelli) du même département, le juge relève que cette limite suit, comme celles du canton n° 8 de la Corse du Sud et de nombreux autres cantons d’ailleurs, l’orientation générale nord-est/sud-ouest du relief montagneux de la Corse, juxtaposant des vallées séparées par des lignes de crête d’altitude difficilement franchissables par les voies de communication existantes.
Eu égard à cet ensemble de contraintes, le Conseil d’État estime les considérations géographiques suffisantes pour justifier la dérogation au principe du découpage essentiellement démographique.
Bref, le canton de Sevi-Sorru-Cinarca est particulier. Il échappe ainsi à l'égalitarisme administratif obligatoire. Poggiolo et ses 32 communes voisines auront donc le privilège de faire partie d'un canton atypique.
A moins de cinq mois des élections départementales, les habitants de la Corse-du-Sud ne savent toujours pas si le département passera de 22 à 11 cantons. Le Conseil d'Etat a renvoyé le découpage cantonal, décidé par le décret du 27 février 2014, devant la section du contentieux, ce qui est exceptionnel et ne concerne, en plus de la Corse-du-Sud, que le Gard.
La difficulté provient de la faible population de Poggiolo et des communes voisines. Il en résulte que le canton Sevi-Sorru-Cinarca inventé par le gouvernement est bien moins peuplé que les autres et contrevient au principe mis en avant par le ministre de l'Intérieur lui-même (pas plus de 20% de différence d'habitants). Le cas a été examiné le 17 octobre et sera jugé dans les prochaines semaines.
Voir ci-dessous l'article de "Corse-Matin" du 18 octobre.
C'est prioritairement le critère de la population qui a été pris en compte pour procéder à l'opération, la règle étant que chaque canton doit comporter le même nombre d'habitants, soit environ 13 000 dans le département, avec une tolérance de plus ou moins 20 %. Mais la géographie compte également pour beaucoup dans cette nouvelle délimitation.
Les communes de Sorbollano, Quenza, Zoza, le département de la Corse-du-Sud, le député Camille de Rocca Serra, ainsi que Xavier Ceccaldi, ont choisi de déposer une requête devant le Conseil d'État. Elle a été étudiée hier.
Depuis ce nouveau redécoupage, les communes en question sont regroupées au sein du canton de Sevi-Sorru-Cinarca. Avant découpage, l'écart entre le canton de Zicavo, le moins peuplé (1 277 habitants), et le 6e d'Ajaccio, le plus peuplé (plus de 20 000) allait de 1 à 17,39. Avec la nouvelle carte, cet écart ne devrait plus être que de 1 à 3.
Comme c'est systématiquement le cas en pareille audience, le rapporteur du Conseil d'État, Aurélie Bretonneau, a rappelé les principes intangibles qui ont accompagné ces redécoupages : équilibre démographique, désenclavement et caractéristique géographique de la région. « Des massifs montagneux aux zones de garrigue et de plaine, il y a forcément des contrastes. Il faut que les équilibres démographiques et géographiques se rejoignent. »
C'est justement sur cette « disproportion » démographique que les requérants fondent officiellement leur mécontentement pour tenter de faire annuler les décrets. En effet, le canton le moins peuplé de la Corse-du-Sud est justement celui de Sevi-Sorru-Cinarca (33 communes pour 7 400 habitants) alors que le plus important en compte près de 16 000.
On est donc assez éloigné de la tolérance annoncée de plus ou mois 20 %.
Un chiffre non contesté par le rapporteur public, mais qui a fait du contexte géographique l'argument premier de sa conclusion : « La situation géographique n'offre de possibilité d'extension que vers le sud. Le découpage parfait est infaisable, et dans le cas présent, il a été précédé au découpage le moins imparfait. Il présente néanmoins une indéniable cohérence territoriale, et correspondant aux périmètres des communautés de communes. »
Il est évident que, pour le rapporteur public, cette exception géographique ne dénature pas la règle, et que le rejet de toutes les requêtes déposées hier s'impose. Ce qu'elle a conclu. Le Conseil d'État rendra son jugement dans les prochaines semaines.
Quand l'été va sur la fin, avant de laisser la place à l'automne avec ses feuilles de platanes qui tombent, chacun a le plaisir de recevoir des feuilles, mais en papier, par la Poste. Ce sont les feuilles d'impôt. Parmi elles, les avis de taxes foncières sont particulières cette année pour Poggiolo.
La particularité n'est pas l'augmentation de la somme à verser aux services fiscaux. La croissance est plus modérée que l'année précédente. La nouveauté est que la colonne "Intercommunalité" est désormais remplie pour la première fois.
Poggiolo n'avait pas adhéré à la communauté des communes des Deux-Sorru. Mais, avec la réforme des institutions locales, le Préfet a regroupé les 24 communes des Deux-Sorru, de Cinarca et du Cruzzini dans l'intercommunalité du Liamone.
Ces changements avaient été suivis par le Blog des Poggiolais, notamment avec les articles auxquels on peut se référer:
La première conséquence est donc financière avec un prélèvement nouveau. Mais nous ne doutons pas que les moyens ainsi donnés à l'intercommunalité vont profiter à tous les contribuables.
Au-dessus de nos têtes, les nombreux fils téléphoniques et électriques forment un maillage parfois dense comme l'embrouillamini montré dans l'article Les changements de la Stretta.
Cet exemple concerne les façades. Mais des poteaux sont également très chargés. Le record semble être atteint par le poteau qui est près de la cabine téléphonique, en bordure du terrain des Grimaldi.
Toutefois, sans être très chargé, un poteau peut être très dangereux.
Devant la mairie de Poggiolo, un poteau électrique menaçant de tomber, une équipe d'urgence a simplement mis une pancarte "Danger de mort". Depuis huit mois, l'EDF de Corse n'a rien fait malgré les appels du maire et des riverains. L'embrouillamini est peut-être administratif. C'est le progrès !
En pleine saison estivale, Poggiolo est chaque année victime du succès de Crena. Pour voir de près le célèbre lac, des centaines de personnes traversent chaque jour notre village à vive allure, faisant fi des panneaux signalant l'entrée dans une agglomération.
Ces chauffards devront être prudents car des ralentisseurs viennent d'être fixés sur la chaussée. Du type "coussin berlinois", ils sont deux à Guagno-les-Bains et trois à Poggiolo. On appréciera notamment la présence d'un ralentisseur près du croisement entre la route et la Stretta, là où la visibilité est très réduite, pour les piétons comme pour les automobilistes, et où, avec la forte pente, les enfants descendent souvent en courant.
Ces "coussins" sont homologués en France pour être utilisés dans les zones où la vitesse est limitée à 30 km/h. Si des cyclistes peuvent passer à côté, les automobiles sont obligées de mettre au moins une roue dessus.
Le principe de ces obstacles et leur financement avaient été adoptés par le conseil municipal voici plusieurs mois. Avec cette réalisation, Poggiolo rejoint Vico et Guagno dans la lutte contre les chauffards.
Même si internet et les smartphones sont largement utilisés, la carte postale reste toujours un moyen important pour envoyer un message de vacances. Elle permet d'écrire quelques mots, mais pas trop longs, pour montrer que l'on n'oublie pas les parents et les amis. La photo imprimée montre le lieu où l'on a séjourné.
De très nombreux endroits se sont ainsi affichés sur ces rectangles de carton. Après la deuxième guerre mondiale, le village de Poggiolo se présentait avec cette vue:
Ceux qui furent jeunes dans les années 1950 et 1960 et qui venaient l'été doivent se souvenir d'en avoir envoyé, eux ou leurs parents, plusieurs fois, puisqu'il s'agissait du seul modèle existant, qui s'achetait essentiellement dans la boutique de Mimi Colonna à Guagno-les-Bains. Cette carte fut en vente un bon nombre d'années, jusqu'à ce que le stock fut totalement écoulé. Depuis, aucun modèle ne l'a remplacée.
Mais de quand exactement date cette photo?
Au verso de l'exemplaire trouvé récemment par Nicolas MARTINI, la partie correspondance peut-elle donner quelques précisions?
Le cachet montre que la carte a été envoyée le 7 septembre 1953 depuis le bureau de poste de Soccia. Vraisemblablement, elle avait été mise dans la boîte aux lettres de Poggiolo.
Elle a été imprimée par les Editions A. Tomasi d'Ajaccio. C'est dans les archives de cette société que l'on pourrait trouver la date exacte de sa fabrication. Le nombre de 1975, en bas à gauche est un numéro de série et non pas une date.
Ce modèle a donc plus de soixante ans et certains Poggiolais sont formels: dans leurs souvenirs, cette carte était encore utilisée dix ans plus tard.
Elle est, en tout cas, un document historique de valeur car elle montre le village à cette époque et, de plus, sous un angle peu courant. Le clocher de la chapelle Saint Roch est bien mis en valeur. Le photographe s'était placé au-dessus de la bifurcation du Fragnu.
Nicolas MARTINI a tenté de retrouver la localisation et a photographié Poggiolo avec le même angle, et en noir et blanc pour mieux se rapprocher du modèle.
La comparaison à une soixantaine d'années d'écart est donc facile. Alors, quelles sont les ressemblances et les différences? Poggiolo a-t-il beaucoup changé?
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blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).