Le Conseil d'Etat a finalement tranché mercredi 5 novembre sur les recours déposés contre le nouveau découpage des cantons de Corse-du-Sud. Les demandes ont été rejetées. L'avis du Conseil d'Etat reconnaît bien que, avec 7.400 habitants pour 33 communes, le canton de Sevi-Sorru-Cinarca est bien moins peuplé que la moyenne départementale qui est de 13.000. Il dépasse largement la tolérance de 20% de variation admise par la loi.
Mais la haute juridiction estime que l'augmentation de la superficie de ce canton aurait "déséquilibré la répartition des cantons". Les considérations géographiques sont "suffisantes pour justifier la dérogation au principe du découpage essentiellement démographique".
Voici le texte officiel de l'arrêt du Conseil d'Etat tel qu'il a été publié sur son site internet et qui donne une leçon de géographie de la Corse:
Le canton n° 10 (Sevi/Sorru/Cinarca) s’écarte de – 43,55% de la population moyenne des cantons du département. Un tel écart ne correspond pas à un découpage sur des bases essentiellement démographiques. Cependant, le Conseil d’État estime qu’il ressort des pièces du dossier que le Gouvernement a procédé à la délimitation de ce canton en se fondant, à titre principal, sur les nécessités résultant des considérations géographiques du territoire du département.
En effet, ce canton, qui est le deuxième du département en nombre de communes, représente déjà 20 % de la surface du territoire départemental, et il n’aurait pu voir sa superficie augmentée sans déséquilibrer la répartition des cantons. Le canton est bordé au nord et à l’est par le département de la Haute-Corse, et à l’ouest par la mer Méditerranée. Si sa limite Sud est constituée par le canton n° 8 (Gravona/Prunelli) du même département, le juge relève que cette limite suit, comme celles du canton n° 8 de la Corse du Sud et de nombreux autres cantons d’ailleurs, l’orientation générale nord-est/sud-ouest du relief montagneux de la Corse, juxtaposant des vallées séparées par des lignes de crête d’altitude difficilement franchissables par les voies de communication existantes.
Eu égard à cet ensemble de contraintes, le Conseil d’État estime les considérations géographiques suffisantes pour justifier la dérogation au principe du découpage essentiellement démographique.
Bref, le canton de Sevi-Sorru-Cinarca est particulier. Il échappe ainsi à l'égalitarisme administratif obligatoire. Poggiolo et ses 32 communes voisines auront donc le privilège de faire partie d'un canton atypique.
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