La détérioration du pont à Guagno-les-Bains près du confluent a fait l'objet d'un article le 8 juillet sous le titre "Tout est-il prêt pour les vacances?" . Depuis, la situation ne semble pas ...
Aujourd'hui, comme prévu, la messe pour Saint Antoine a eu lieu à la chapelle de Guagno-les-Bains. La cérémonie était célébrée par le Père Michel BRUNE.
Merci à Christian Paul DIDIER pour ces photos.
Très certainement, grâce à lui, nombreux parmi nos lecteurs verront ainsi pour la première fois l'intérieur de cette chapelle.
Samedi 16 janvier, une messe est prévue à 15 h à Guagno-les-Bains pour la fête de Saint Antoine Abbé.
Ce saint, qu'il ne faut absolument pas confondre avec Saint Antoine de Padoue, est appelé Antoine le Grand, Antoine d'Egypte, Antoine l'Ermite ou encore Antoine au cochon. Il est considéré comme le fondateur de l'érémitisme chrétien. Il serait né vers 251 et mort vers 356 à l'âge de 105 ans.
Il est le saint patron des vanniers, des fossoyeurs, des bouchers et des charcutiers.
Il est connu pour ses guérisons miraculeuse d'une maladie inflammatoire nommée "le feu de Saint Antoine", provoquée par l'ingestion de l'ergot de seigle, qu'il aurait lui-même subie. Pour cette raison, le feu figure généralement sur sa statue, associé au cochon.
Si Saint Antoine est très populaire en Corse ("une bonne trentaine de sanctuaires lui furent dédiés durant le Moyen Age", a compté Geneviève Moracchini-Mazel), c'est en particulier parce qu'il fait partie de ces saints "antipesteux" dont l'intercession était si nécessaire et efficace lors des grandes épidémies terrorisantes de la peste.
Serait-ce à cause de ses vertus médicales qu'il est honoré dans la station thermale réputée pour la qualité de son eau sulfureuse?
En juillet dernier, ce blog avait déploré l'état désastreux du pont permettant d'aller de Caldane (Guagno-les-Bains) au confluent (voir l'article en cliquant ICI).
Nous ne pouvons donc que nous réjouir de sa remise en état toute récente. Le pont a été complètement rénové et mis en sécurité.
Les chasseurs, les pécheurs, les randonneurs et, cet été, les baigneurs seront heureux de passer à cet endroit.
BRAVO !
Il ne reste plus qu'à évacuer quelques débris mais cela ne saurait tarder.
Merci à Joël CALDERONI de nous avoir envoyé ces photos.
Peu connu mais très important pour l'histoire de Poggiolo et Guagno-les-Bains, un texte fut rédigé voici exactement 170 ans.
Le 17 septembre 1850, le conseil d'arrondissement d'Ajaccio reconnut "qu'il y a opportunité de distraire du territoire de Guagno l'enclave connue sous la dénomination de St Antoine et de la réunir au territoire de Poggiolo, seule commune qui puisse à bon droit la revendiquer".
Les conseils d'arrondissement étaient composés d'élus, à raison d'un par canton, qui donnaient leur avis sur ce qui concernait le territoire de l'arrondissement, qui est une portion du département. Le régime de Vichy les suspendit par la loi du 12 octobre 1940 et ils n'ont jamais été rétablis.
En 1850, ce conseil comptait douze membres. D'après l'annuaire du département, le représentant du canton de Soccia se nommait PINELLI J. N. (Jean Noël?).
Pourquoi cette demande a-t-elle été adoptée et quelles en furent les conséquences?
UNE LONGUE GUERILLA
Pendant longtemps, et surtout au XVIIIe siècle, les moines cordeliers de la chapelle Saint Antoine recevaient les malades qui venaient se soigner à la source d'eau chaude des Bains de Guagno. Le terrain de Caldane était ouvert à tous mais des Guagnais prirent l'habitude de se l'approprier. Les villages voisins s'en plaignirent souvent (la première mention conservée date de 1779), arguant que les moines étaient sous la protection du curé de Saint Siméon de Poggiolo.
Les querelles se compliquèrent avec l'édification de l'établissement thermal par le département en 1821 et avec l'autorisation de la construction de l'hôpital militaire donnée par le roi Louis XVIII en 1822. Les revendications de Soccia se firent de plus en plus insistantes.
Reconstitution de l'établissement thermal construit en 1821-1825.
Louis-Philippe pensa résoudre le conflit par l'ordonnance du 7 septembre 1840 autorisant le Préfet "à acquérir de la commune de Guagno, soit à l'amiable et au prix qui sera déterminé par une expertise contradictoire, soit, s'il y a lieu, par voie d'expropriation pour cause d'utilité publique:
1° les terrains sur lesquels sont situées les sources thermales de St Antoine de Guagno (...)
2° Les bâtiments et constructions actuellement affectés à l'établissement thermal de Guagno et qui seraient la propriété de la commune".
La municipalité de Guagno ayant refusé l'accord amiable, l'expropriation fut prononcée par le tribunal de première instance d'Ajaccio le 3 mars 1841.
Mais les Guagnais continuèrent à occuper les terrains et à entretenir une véritable guérilla juridique contre le département et contre les Socciais.
UN JUGEMENT DE SALOMON
Le vœu du conseil d'arrondissement du 17 septembre 1850 s'inscrivait dans ce contexte.
Les élus furent écoutés. Il est vrai que l'argument invoqué était nouveau: "Fidèle au principe qu'il a proclamé touchant à la suppression des enclaves". Les limites des communes corses créées par la Révolution Française furent longues à être fixées. Voir les difficultés entre Poggiolo et Rosazia dans l'article "La fièvre monte à Libbiu".
Le pouvoir central accéda à la demande. L'attribution de l'enclave de Saint Antoine, c'est-à-dire de Guagno-les-Bains, à Poggiolo fut entérinée par le décret du Prince-Président Louis-Napoléon BONAPARTE (il ne devint empereur que le 2 décembre 1852) en date du 19 septembre 1852. Ce véritable jugement de Salomon mit fin aux oppositions entre Soccia et Guagno.
Désormais, Guagno-les-Bains est officiellement un hameau de Poggiolo mais l'établissement thermal n'appartient pas à la municipalité. Il est propriété du conseil général, et maintenant de la Collectivité de Corse. Et l'on attend son redémarrage...
"La Corse n'est pas pour moi un département comme un autre, c'est ma famille !"
Voici exactement 160 ans que, le 14 septembre 1860, Napoléon III prononça cette phrase à Ajaccio, déchaînant l'enthousiasme des milliers de Corses (peut-être 30.000) qui étaient venus le voir et l'acclamer.
L'empereur ne vint, avec son épouse Eugénie, qu'une seule fois en Corse, et simplement pour 24 heures, les 14 et 15 septembre 1860. Mais ce voyage est le point de départ d'une légende toujours très forte. Napoléon III et l'impératrice auraient "pris les eaux" à Guagno-les-Bains.
La plaque fixée sur la façade de l'établissement thermal s'en glorifie.
Les renseignements qui y sont donnés, et qui sont corroborés par le livre de Paul SILVANI "La Corse des Présidents" (éditions Albiana), montrent qu'il était matériellement impossible pour le couple impérial de se rendre dans les Deux Sorru. Il ne visita qu'Aspretto et Ajaccio.
Napoléon et Eugénie embarquant à Marseille pour la Corse.
Neuf ans plus tard, à l'occasion des cérémonies du centenaire de la naissance de Napoléon Ier, Eugénie de Montijo revint, avec son fils mais sans son mari. "Corse-Hebdo" du 24 février 2012 (non mis en ligne) a donné le compte-rendu de cette visite. L'impératrice débarqua à Bastia pour une journée, puis elle reprit le bateau pour aller le 29 août 1869 à Ajaccio où elle resta une journée avant de revenir sur le continent. Donc, là également, pas de passage possible à Guagno-les-Bains.
Mais la légende avait commencé et elle persiste de nos jours.
L'inscription de la plaque est à revoir totalement, d'autant plus que d'autres personnalités corses sont réellement venues profiter des bienfaits de l'eau sulfureuse de Guagno-les-Bains: Sampiero, Pascal PAOLI, Letizia et son fils Napoléon BONAPARTE.
La détérioration du pont à Guagno-les-Bains près du confluent a fait l'objet d'un article le 8 juillet sous le titre “Tout est-il prêt pour les vacances?“.
Depuis, la situation ne semble pas avoir changé, comme le montrent ces photos prises le 23 juillet par Michel Franceschetti.
Mais il est totalement erroné d'attribuer le délabrement à la municipalité de Poggiolo car, on le sait très peu, cette passerelle n'est pas sur son territoire.
En réalité, ce lieu est à la limite de plusieurs administrations. Nous pouvons nous en rendre compte en utilisant une carte de l'IGN (Institut Géographique National) trouvée sur le site Géoportail. La frontière de chaque commune est dessinée par une succession de petits traits bleus suivis de trois points.
Six endroits particuliers ont été marqués par des numéros à l'intérieur d'un cercle.
Le plan peut être agrandi en cliquant sur l'image.
Numéro 1:
Le pont en pierres, dit de Caldane, à Guagno-les-Bains se trouve bien sur la commune dePoggiolo. Il en est de même pour la route goudronnée qui monte au village.
Numéro 2:
Mais le petit parking en terre à l'extrémité du pont, et d'où partent les sentiers vers Soccia, Letia et le pont du confluent, est territoire socciais.
Numéro 3 (marqué deux fois sur la carte):
De même, sont sur la commune de Soccia le sentier qui longe la rivière et le pont en bois évoqué ci-dessus qui enjambe le ruisseau de Filiccioni.
Numéro 4:
Le confluent entre le Filiccioni et le Fiume Grosso (et non pas la rivière de Guagno comme il est écrit sur la carte) est très apprécié par les baigneurs.
Remarque: la rive droite du Fiume Grosso est à Soccia tandis que la rive gauche est à Poggiolo.
Numéro 5:
Mais, quelques mètres plus loin que le confluent, commence la commune de Letia, du moins sur la rive droite, la rive gauche étant toujours poggiolaise pendant environ 300 mètres.
Les habitués du confluent ignorent certainement que, en faisant quelques pas, ils passent alternativement à Poggiolo, Soccia ou Letia.
Il est certain que le pont du confluent n'est absolument pas sous juridiction poggiolaise.
Mais son entretien dépend-il de la commune de Soccia, de la communauté de communes ou du parc naturel?
Le mille-feuilles administratif français existe toujours bel et bien.
Vendredi 17 juillet, suite aux élections municipales, la communauté de communes Spelunca-Liamone a réélu à sa tête François COLONNA, le maire de Vico. Mais avec 27 voix contre 22 pour François COGGIA, maire de Coggia, candidat inattendu.
Jean-Laurent Pinelli, maire de Poggiolo, fait partie des 12 vice-présidents de la communauté de communes.
Le président retrouve son fauteuil avec un goût d'amertume. Il accuse "une forte sollicitation de l’exécutif pour influencer les votes de certains élus contre moi. Je regrette qu’on ait politisé une élection qui n’a jamais été politique chez nous" ("Corse-Matin" du 19 juillet).
Pascale CHAUVEAU, la correspondante locale, a remarqué que "parmi les critiques avancées, figurent les frais de fonctionnement de la com'com, la gestion des déchets, le projet de centre culturel [à Sagone], le déménagement du FAM (Foyer pour Adultes Médicalisé) de Guagno les Bains vers Vico...".
Le dernier point concernant directement la commune de Poggiolo-Guagno les Bains, il est important de bien relever la réponse de François COLONNA:
en ce qui concerne le centre culturel et le FAM, cela n’a rien à voir avec la com’com ! Le centre culturel est un projet strictement communal, et le FAM est une structure privée, liée comme l’EHPAD de Vico à l’association HD2A. J’ai créé cet outil qui représente aujourd’hui 64 emplois, ce qui profite à tout le canton. Les emplois seront préservés même si le FAM déménage à Vico. En revanche, les frais de fonctionnement de la structure actuelle coûtent la peau des fesses, et cela permettra aussi de libérer l’espace si les thermes de Guagno les Bains sont relancés.
L'entrée des thermes
Il est donc bien clair que la municipalité poggiolaise n'a aucun pouvoir de décision sur l'implantation du FAM.
Le Foyer partira, à un moment que l'on ne connaît pas encore, et "le serpent de mer" des thermes des Bains sera peut-être relancé à une date que l'on ignore.
De toute façon, la décision de relancer la station thermale ne dépend pas de la communauté de communes mais de la Collectivité de Corse.
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blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).