On était le samedi 23 février mais en 2013, voici dix ans.
Le temps était mauvais sur Poggiolo. La pluie avait cessé mais la neige menaçait. Comme il était dangereux de grimper jusqu'à l'église d'en haut, la fête de saint Siméon prévue pour ce jour-là eut lieu à la chapelle saint Roch. Ensuite, l'apéritif, accompagné de frappi, fut offert au bar.
A cette occasion, le conseil paroissial, après avoir rendu les comptes, quitta ses fonctions. Il ne fut pas remplacé et il ne l'est toujours pas.
Ensuite, la neige tomba sans discontinuer à partir de 22 heures et toute la journée de dimanche, et encore le lundi. La couche dépassa largement 50 centimètres. Le dimanche, l'électricité fut même coupée longuement (de 6 h à 13 h).
Poggiolo, comme tous les villages de Sorru in sù, devint tout blanc.
Les habitants furent à la peine pour dégager leurs habitations. Ici, Philippe DUBREUIL s'active pour créer un passage entre la route et l'entrée de sa maison.
L'hiver avait montré qu'il fallait compter avec lui.
Jusqu'au 17 décembre, j'expose à la bibliothèque universitaire de Corte !
L'exposition est axée sur mes photographies de nuit réalisées en Corse. Il y a près d'une quarantaine d'images sur plaque en dibond visible, et achetables (récupérables à la fin de l'exposition).
La bibliothèque est ouverte 7j/7 à tous publics (horaires exacts sur leur site). Voici l'adresse de la bibliothèque : 42.30029, 9.15257
Antoine
Pour ceux qui cherchent des cadeaux (Noël est dans moins d'un mois), pensez à commander vos tirages photos le plus tôt possible !
1 - Le village d'Evisa de nuit, avec l'église Saint-Martin illuminant le ciel. En fond, le sommet du capu d'Ortu.
2 - Orage très esthétique en fin de nuit sur le golfe de Sagone au mois d'août, avec la lumière de la Lune. Au premier plan nous pouvons voir Soccia , mais aussi Guagno-les-Bains et Vico au fond. [Photo N °1061]
3 -Le lac de Crena, les aiguilles d'Ortu et Guagnu vu du ciel.
On voit le Tretorre, le Cervellu et le golfe d'Ajaccio au fond. En regardant de plus près on voit aussi la chapelle Sant'Eliseu. [Photo du Jour N°1017]
Jusqu'à présent, l'automne a été exceptionnellement doux. Il est vrai que la micro-région de Sorrù est en général assez bien protégée des excès climatiques, tout comme elle est rarement touchée par les incendies (voir article du 10 septembre 2009).
Mais, comme souvent en climat méditerranéen, le pire peut aussi se produire en automne. Les pluies peuvent être catastrophiques car torrentielles et tombant pendant plusieurs jours. Ce fut le cas en 1992 pour tout le sud-est de la France. Le 22 septembre, Vaison-la-Romaine avait été cruellement frappée. En Corse, en octobre, les précipitations tombèrent pendant 18 jours. Le résultat en fut des inondations et des coulées de boue qui décidèrent le gouvernement à classer plusieurs communes corses en état de catastrophe naturelle.
Il a fallu cependant attendre cinq mois, jusqu'au 19 mars 1993, pour qu'un arrêt ministériel reconnaisse ce classement pour les dégâts ayant eu lieu du 20 au 23 octobre 1992, pour les communes de Poggiolo, Marignana, Osani, Ota-Porto, Partinello, Piana et Serriera.
A Guagno-les-Bains, le Fiume Grosso atteignit un niveau record et le Riosecco (la rivière que la route enjambe entre le col de Sorrù et les-Bains) n'avait plus rien à voir avec son aspect habituellement aride de l'été.
Photo du 23 juillet 2009 (par Michel Franceschetti).
La seule vidéo disponible sur cette inondation concerne Serriera:
Extrait de l'émission de Via Stella (adsl) MCSP "Ma Corse me Suit Partout" rediffusée jeudi 23 oct 2008. Titre de l'émission: Ma Corse me Suit Partout Thème de ce reportage : évennement passé...
La mise en place de nouvelles barres pour récipients n'a pas été la seule modification connue par la fontaine de Poggiolo ces derniers mois.
Entre le bassin de réception et le banc de droite, sur le mur du fond, on peut distinguer une tache blanche de quelques centimètres de diamètre (elle n'est pas visible sur la photo ci-dessus).
Elle est entourée d'une bordure métallique sur laquelle est sculpté "NIVELLEMENT GENERAL IGN" et en son centre des lettres et des chiffres en relief indiquent "ALTITUDE 596 m".
En réalité, il n'y a là rien de vraiment nouveau.
Ce morceau de métal rond enfoncé dans le mur est une borne de nivellement posée par l'Institut Géographique National (IGN), c'est-à-dire un repère dont l'altitude est déterminé avec précision. Les 596 mètres sont destinés au grand public et ne comportent pas les décimales. Le Lucciu est exactement à 596,194 mètres.
Cette borne avait été placée depuis longtemps et elle avait fait l'objet d'un article du blog en février 2010. Elle vient seulement d'être rénovée.
Ancienne version de la borne de nivellement de la fontaine. Toutes les photos de cet article sont de Michel Franceschetti.
Dans la commune, il existe depuis 2008 trois autres bornes de nivellement:
- au pont de Genice, sur le Fiume Grosso (443,498 m)
- au Fragnu (578,838 m)
- à la maison Martini, à l'angle de la route et de la stretta, mais cachée par des câbles électriques (589,660 m)
Grâce au sérieux du travail des employés de l'IGN, nous savons que "Oh, c'est haut, Poggiolo" (allusion à une chanson peu connue de Serge Gainsbourg sur New-York).
Car je crois qu’en plein jour, à travers le bleu voile,
Tu sais prendre pour guide une lointaine étoile,
Tu as, comme autrefois le mage et le berger,
Ta boussole céleste quand tu dois voyager.
Oui, le ciel te conduit, diligente ouvrière,
Unie à l’astre d’or par un fil de lumière !
Et malgré cette gloire, au travail, ton ami,
Modestement tu vas, toi, petite fourmi !
Poggiolo, septembre 1922
Ainsi que l'indique la dernière ligne, ce poème a bien été écrit à Poggiolo il y a exactement cent ans. Un centenaire à ne pas oublier et qu'il aurait fallu fêter.
Mais ce poème ne vient pas d'un Poggiolais ni même d'un écrivain. Il est l’œuvre d’un Suisse et d’un savant,Félix SANTSCHI, dont la découverte est exposée dans ces vers.
DE LA SUISSE À POGGIOLO
Né à Bex (canton de Vaud, en Suisse) en 1872 et mort à Lausanne en 1940, Félix SANTSCHI a connu une carrière qui est résumée ainsi par le «Dictionnaire historique de la Suisse»:
Sa famille s'installe à Menton, puis à Buenos Aires, avant de revenir à Lausanne. Aide-préparateur à l'université de Lausanne, engagé comme assistant d'anatomie par Edouard Frédéric Bugnion (1895-1897). En 1896, S. voyage en Colombie et au Venezuela avec Auguste Forel et Bugnion pour récolter des fourmis. Soutenu par celui-ci, il fait des études de médecine (1895-1900, doctorat), mais, n'ayant pas de maturité fédérale, il n'est pas autorisé à pratiquer. Il s'établit à Tunis en 1901, puis à Kairouan (premier médecin étranger autorisé à y ouvrir un cabinet). S. a décrit quelque 2000 espèces et variétés de fourmis, découvrant certaines de leurs capacités de navigation (d'après le soleil et les odeurs qu'elles sécrètent). Membre de la Société suisse d'entomologie. S. revient en Suisse en 1940. Une fondation créée à l'université de Zurich en 1985 porte son nom.
Observateur infatigable du monde des fourmis, il observa près de 2.000 types de fourmis et publia 188 articles ou ouvrages entre 1906 et 1939 (liste complète sur le site spécialisé:http://www.antcat.org/referencespages 266 à 272). Les Tunisiens le surnommaientTabib-en-neml, le docteur des fourmis.
Dans ses listes de fourmis, il cite plusieurs variétés observées à Poggiolo. Il est difficile, dans l’état actuel de notre documentation, de préciser combien de séjours il fit dans le village mais il est certain qu’il y passa trois moisentre juillet et septembre ou octobre 1922.
L'entomologiste y fit une expérience fondamentale, dont il sera question ci-dessous, le 12 août 1922.
Il nous fournit des indications sur la nature poggiolaise de cette époque, même sur les pluies de septembre de cette année-là en écrivant:
«APoggiolo(Corse), par 750 m. d’altitude, j’ai pu observer par les nuits étoilées mais fraîches du 17 au 26 septembre (il avait plu abondamment les jours précédents) les Crematogaster scutellaris dont j’ai déjà parlé, se presser nombreuses, alertes et actives, comme en plein jour, dans leurs longues files» («L’orientation sidérale des fourmis…», Mémoires de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, n°4, 1923, page 151).
Nous ignorons où il logeait mais nous savons à quelle heure il commençait sa journée car il nota :
«Poggiolo, 30 août 1922. Une seule femelle (de Bothriomyrmex meridionalis Rog., v. corsica), prise au vol pendant mon déjeuner à 7 ½ h du matin. Je n’ai pas pu trouver d’autres individus ni aucun nid durant trois mois de recherches.»(«Note sur les fourmis paléoarctiques», Boletin de la Real Sociedad Espanola de Historia Natural, marzo 1923, page 136).
Ce spécimen était particulier par rapport à d’autres variétés proches car«elle diffère par ses antennes, surtout les scapes(partie des antennes), plus minces.». Félix SANTSCHI remarquait que de nombreuses fourmis poggiolaises ont des différences par rapport au modèle général, comme la Bothriomyrmex corsicus ou la Leptothorax tuberum,«découverte par moi-même sous l’écorce d’un abricotier»àPoggiolo (ce qui prouve qu'il existait alors bien plus d'arbres fruitiers que maintenant) et dont la reine est«plus robuste que le type»(«Messor et autres fourmis paléarctiques»dans «Revue suisse de zoologie», vol. 30, n°12, septembre 1923, p. 331-332).
Il serait fastidieux d’énumérer toutes les observations faites dans notre village mais elles furent très nombreuses et fructueuses.
Ce spécialiste des fourmis ne dédaignait cependant pas les autres insectes puisque, dans«le compte-rendu de l’administration municipal de la ville de Genève pendant l’année 1922», il est fait mention d’un don de«une série d'Araignées de la Corse», effectuée par«M. le Dr F. SANTSCHI, àPoggioloper Soccia (Corse)»
LA BOUSSOLE CÉLESTE
Mais la célébrité de ce savant et dePoggiolovient de ses travaux surla façon dont les fourmis pouvaient s’orienter.
L’article, déjà cité, sur«L’orientation sidérale des fourmis…», publié dans les "Mémoires de la Société Vaudoise des Sciences Naturelles, n°4, 1923", montre que, après avoir éliminé diverses hypothèses, SANTSCHI pensa que le soleil jouait un grand rôle dans les déplacements de ces animaux.
En utilisant un miroir, il fit déplacer l’image du soleil selon des angles différents et, chaque fois, les fourmis modifièrent leur déplacement.
Les expériences décisives eurent lieu àPoggiolo le 12 août 1922.
Les cobayes étaient des Aphaenogaster spinosa de fourmilières différentes et qui avaient été isolées de leur nid. Chaque fois, le reflet solaire artificiel entraîna une déviation. Le miroir retiré, les fourmis rejoignirent leurs congénères sans encombre. La figure reproduite ci-dessous décrit l’expérience.
L’énigme était résolue. L’émotion que ressentit alors Santschi se manifesta avec la composition du poème cité au début de cet article. Cet homme cultivé, ami du peintre Paul KLEE, rédigea ces vers àPoggiolomême.
SANTSCHI accomplit en Afrique du Nord d’autres essais qui donnèrent les mêmes résultats.
Ces travaux firent autorité pendant cinquante ans, jusqu’à ce que Karl von Frisch complète l'explication en apprenant que la lumière du Soleil est polarisée, et en vérifiant que les insectes peuvent le percevoir.
Les fourmis poggiolaises ont permis à la science de faire un pas important. Nous devons donc les respecter en souvenir de leur contribution.
Nous pouvons aussi sourire en imaginant le spectacle de ce Suisse moustachu et barbichu, armé de loupe, pinces, carnet de notes, miroir, etc., examinant les herbes, les mousses, les arbres et les pierres des murs du village sous les yeux de nos aïeux.
Précision: tous les documents cités sont en libre accès sur internet.
Le ministre de l'Intérieur vient de publier au Journal Officiel la liste des 73 communes reconnues comme en état de catastrophe naturelle à cause de la tornade du 18 août.
En application du code des assurances, les demandes de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle ont été examinées pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue et l...
Parmi elles, on peut trouver Ota, Vico, Piana, Coggia, dont une partie du territoire est sur le rivage qui a particulièrement souffert. Ainsi, Sagone fait partie de la commune de Vico. Mais l'ensemble du territoire communal est-il alors concerné, même la partie la plus éloignée de la mer?
D'autres communes, situées plus à l'intérieur des terres, sont sur cette liste: Evisa, Marignana.
En tout cas, Poggiolo en est exclu, ainsi que les autres villages de Sorru in Sù.
Crue du 12 juillet 1983 au pont des Bains.
Rappel historique: Poggiolo a déjà été classé deux fois en catastrophe naturelle, pour des pluies tombées en octobre 1992 et décembre 2019.
"La commission interministérielle, réunie lundi 6 janvier dans le cadre de la procédure accélérée à la suite de la tempête Fabien, a émis un avis favorable à la reconnaissance en état de...
Se prélasser dehors à l'ombre est un moyen de lutter contre la canicule, comme montré dans un article précédent.Mais la nature en fournit un autre.
Après le repas de midi, il est agréable de faire une petite sieste avec un journal ou un magazine dans les mains. Mais cette occupation est souvent mission impossible car le vent vient froisser les pages et les fait tourner avant que la lecture soit terminée.
La difficulté se constate uniquement dans les parties de Poggiolo qui ne sont pas protégées d’un éventuel vent venant de l’Ouest. En fait, au lieu du mot «éventuel», il faut écrire «habituel».
Tous les jours, en fin de matinée et pendant une partie plus ou moins longue de l’après-midi, l’air est en mouvement, pas forcément très fort mais fréquemment. On le constate notamment place Saint Roch qui est enfermée par des constructions sauf du côté de la mer.
Ce phénomène avait déjà été constaté par le docteur Jean-Baptiste THIRIAUX, dans son "Essai sur la topographie physique et médicale de Saint-Antoine de Guagno", publié en 1829. En page 5, il écrivait :
« En raison de l'élévation du sol et de l'entourage des makis (bois composés d'arbustes hauts de six à dix pieds, dont la majeure partie du territoire de la Corse est couverte); l'air y est vif, élastique, chargé d'humidité, surtout avant le lever et après le coucher du soleil. Sa température est de plusieurs degrés au-dessous de celle de l'air que l'on respire à Ajaccio; en Juillet de l’année dernière elle offrait de 5 à 4° de différence, c'est-à-dire que le thermomètre de Réaumur y étant à 28° (1), se maintenait entre 24 et 25° aux bains. Le mercure dans le baromètre oscillait alors entre 27 et 27 pouces 1/2.
(...)
Les vents dominans (sic) sont, comme à Ajaccio, les vents périodiques ou journaliers: le sud-ouest, dit vent du golfe ou brise de mer pendant le jour, et le nord-est ou brise de terre pendant la nuit.
Ils ne soufflent pas ordinairement avec une grande intensité; cependant il n'en est pas de même sur la côte orientale de l'île, et notamment à Bastia, où le sud-ouest est souvent très-incommode. Mais quelquefois à Saint-Antoine de Guagno, comme dans tout le département, le sud-est en été, et dans les autres saisons le vent du nord, ont une influence sensible: le premier produit une chaleur accablante; le second, quoique parfois très-fort, est presque toujours plus salutaire que nuisible. »
(1) 28° Réaumur sont équivalents à 35° Celsius, 24° R à 30° C et 25° R à 31,25° C.
Cette « brise de mer » provient du golfe de Sagone. Même si Poggiolo et Guagno-les-Bains sont dans un cirque de montagnes, il existe une ouverture constituée par le col de Sorru. L’air de la mer vient ainsi frapper directement nos villages, et plus particulièrement Poggiolo qui est en hauteur par rapport aux Bains.
Le passage est très visible du village, encore plus depuis St Siméon.
La renommée de Guagno-les-Bains a effacé le souvenir de Caldanelle, la source thermale se trouvant sur une bretelle de la route Sagone-Vico, en bas du hameau d'Appriciani.
Corse-Matin de mercredi 13 juillet nous apprend qu'elle reprend son activité. A l'initiative des propriétaires de l'exploitation agricole dans laquelle coule l'eau sulfurée, une inauguration avec bénédiction vient d'avoir lieu. Pour attirer le public à Caldanelle, un nouveau concept a été mis en place: l'apéribain. Pour en savoir plus, lisez l'article de Pascale CHAUVEAU.
On ne pourra que regretter encore plus l'arrêt de l'activité de Guagno-les-Bains.
:
blog consacré à Poggiolo, commune de Corse-du-Sud, dans le canton des Deux-Sorru (autrefois, piève de Sorru in sù).
Il présente le village, ses habitants, ses coutumes, son passé et son présent.
Accroché à la montagne, pratiquement au bout de la route qui vient d'Ajaccio et de Sagone, POGGIOLO est un village corse de l'intérieur qui n'est peut-être pas le plus grand ni le plus beau ni le plus typé. Mais pour les personnes qui y vivent toute l'année, comme pour celles qui n'y viennent que pour les vacances, c'est leur village, le village des souvenirs, des racines, un élément important de leur identité. POGGIOLO a une histoire et une vie que nous souhaitons montrer ici. Ce blog concerne également le village de GUAGNO-LES-BAINS qui fait partie de la commune de POGGIOLO. Avertissement: vous n'êtes pas sur le site officiel de la mairie ni d'une association. Ce n'est pas non plus un blog politique. Chaque Poggiolais ou ami de POGGIOLO peut y contribuer. Nous attendons vos suggestions, textes et images. Nota Bene: Les articles utiliseront indifféremment la graphie d'origine italienne (POGGIOLO) ou corse (U PIGHJOLU).